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Full text of "Bulletin de l'Institut archéologique liégeois"

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THE  J.  PAUI.  GLTÏY  MUSEUM  LIBRARY 


BULLETIN 


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i;iNS'riTl]T   A RCHI-lOLdOIOl I !• 


IuIIÎIAjïKOIM. 


BULLETIN 


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LIEGEOLS. 


TOME    XIII. 


LIÈGE 
H.     YAILLANT-CARMANNE, 

Rue  Sl-A(lalbert,  8. 


1877 


6£T[Y  Ctctlch  uont^r 


STATUTS   CONSTITUTIFS. 


Art.  I,  —  Une  Société  est  fondée  à  Liège  pour  rechercher, 
rassembler  el  conserver  les  œuvres  d'art  elles  monuments 
archéologiques,  pariiculiôrement  ceux  de  la  province  et  des 
anciennes  dépendances  du  pays  de  Liège. 

Elle  prend  le  titre  ûlnstitut  archéologique  liégeois  et  corres- 
pond avec  les  Sociétés  savantes,  belges  ou  étrangères,  instituées 
dans  des  vues  analogues. 

Art.  il  ~  Ulnstitut  se  compose  : 

i"  De  seize  Membres  eftectifs  au  moins  et  de  vingt  an  plus  (l;; 
ils  doivent  être  domiciliés  dans  la  province; 

2"  D'un  Président  et  d'un  Vice-Président  honoraires,  à  savoir: 
le  Gouverneur  de  la  province  et  le  Bourgmestre  de  la  ville  de 
Liège  ; 

3"  De  vingt  Membres  honoraires  ; 

4"  De  cinquante  Membres  correspondants  ; 

5°  De  Membres  associés. 

Art.  IIL  —  Les  places  vacantes  pour  le  titre  de  Membre 
effectif,  honoraire  ou  correspondant,  seront  mentionnées  sur  les 
convocations  afin  que  l'on  puisse  procéder  aux  présentations 
de  candidats.  Ces  présentations  devront  être  faites  par  écrit  et 
signées  par  trois  membres  effectifs.  L'admission,  décidée  par 
bulletins  secrets  et  à  la  majorité  absolue  des  suffrages,  aura 
lieu  dans  la  séance  qui  suivra  celle  où  auront  été  faites  les 

(1,  Par  décision  de  la  Socif^të  (13  avril  1877),  le  nombre  des  membres  effectifs 
est  porté  à  trenif. 


M    — 


présentations,  et  dont  elle  devra  être  distante  d'au  moins  huit 
jours. 

La  moitié  au  moins  des  membres  etîectifs  existant  devra 
être  présente  pour  pouvoir  procéder  h  l'élection  d'un  membre 
effectif,  et  le  tiers  après  une  seconde  convocation. 

Lorsqu'il  y  aura  lieu  d'augmenter  le  nombre  des  membres 
effectifs,  conformément  au  §  1  de  l'article  II,  il  faudra  une 
délibération  expresse  de  V Institut  avant  de  pouvoir  procéder  à 
la  présentation  de  candidats. 

Art.  IV.  —  Les  réunions  ordinaires  ont  lieu  mensuellement, 
sauf  pendant  les  mois  d'août,  septembre  et  octobre.  Le  bureau 
fixe  le  jour  et  l'heure  des  séances  ('). 

Les  membres  effectifs  qui,  dans  le  courant  de  l'année,  n'auront 
pas  payé  leur  cotisation,  seront,  après  avertissement,  considérés 
comme  démissionnaires. 

Aucune  résolution  ne  peut  être  prise  si  sept  Membres 
effectifs  au  moins  ne  sont  présents  à  la  séance. 

Les  Membres  honoraires,  correspondants  ou  associés, 
peuvent  assister  aux  séances.  Ils  ont  voix  consultative. 

Toute  discussion  étrangère  au  but  de  Ylnstitut  est  interdite. 

Les  décisions  sont  prises  à  la  majorité  des  voix.  En  cas  de 
parité,  la  proposition  est  rejetée. 

Sur  la  demande  de  trois  Membres,  on  procède  au  scrutin 
secret. 

Art.  V.  —  Le  Bureau  se  compose  du  Président,  du  Vice- 
Président,  du  Secrétaire,  du  Conservateur,  du  Bibliothécaire  et 
du  Trésorier. 

Les  fonctions  des  Membres  du  Bureau  sont  annuelles.  Les 
membres  sortants  sont  rééUgibles.  L'élection  a  lieu  h  la 
séance  du  mois  de  décembre. 

('   Ce^l  îiPlHcllenoftril  le  dernier  vendrflfii  du   rnoij». 


—    VII    — 

Art.  VI.  —  Le  Président  veille  à  l'exécution  du  Règlement; 
il  dirige  les  travaux  et  les  discussions  des  réunions. 

En  cas  d'absence  du  Président  et  du  Vice-Président,  le 
Membre  le  plus  âgé  en  remplit  les  fonctions. 

Art.  VII.  —  Le  Secrétaire  tient  les  procès-verbaux  des 
séances,  la  correspondance,  etc. 

Tout  procès-verbal  ou  décision  de  la  Société  est  signé  par  le 
Président  et  par  le  Secrétaire.  Ce  dernier  signe  seul  les  pièces 
qui  n'impliquent  aucune  décision  de  la  Société. 

En  cas  d'empêchement  du  Secrétaire,  ses  fonctions  sont 
remplies  par  un  membre  que  désigne  le  Président. 

Le  Secrétaire  a  la  garde  du  sceau  et  des  archives  de  la 
Société. 

II  présente  chaque  année,  au  mois  de  janvier,  un  rapport  dé- 
taillé sur  les  travaux  de  YInstitut,  sur  les  acquisitions  faites  et 
sur  les  objets  et  livres  offerts. 

Art.  VIII.  —  Le  Conservateur  a  la  direction  du  Musée 
provincial. 

II  dresse,  tous  les  ans,  un  inventaire  qui  est  vérifié  et 
approuvé  par  le  Président.  Cet  inventaire  indique  la  provenance 
de  chaque  objet  et  l'époque  de  son  acquisition. 

Pendant  les  trois  mois  de  vacances,  le  Conservateur  peut, 
avec  l'assentiment  du  Bureau,  faire  les  acquisitions  qu'il  croira 
utiles. 

Art.  IX.  —  Le  Bibliothécaire  tient  un  catalogue  des  livres 
offerts  à  V Institut  ou  acquis  par  lui. 

Il  rend  compte  chaque  année  des  accroissements  de  la 
bibliothèque. 

Art.  X,  —  Le  Trésorier  est  chargé  des  receltes  et  des 
dépenses. 
Il  n'effectue  de  paiement  que  sur  ordonnance  signée  par  le 

Président  et  par  le  Secrétaire. 


—    VIll    — 

Il  rend  compte  de  sa  gestion  dans  la  séance  du  mois  de  janvier 
de  chaque  année. 

Afit.  XÏ.  —  Les  recettes  de  la  Société  se  composent  de  la 
cotisation  annuelle  des  Membres  effectifs,  associés,  ou  corres- 
pondants et  des  subventions  à  obtenir  de  l'Etat,  de  la  Province 
et  de  la  commune. 

La  cotisation  annuelle  des  membres  effectifs  est  tixée  à  la 
somme  de  quinze  francs;  celle  des  membres  associés  est  de  dix 
friincs.  Elle  est  également  de  dix  francs  pour  ceux  des  membres 
correspondants  qui  désirentrecevoirlespublicalionsde  l'Institut. 

Ces  cotisations  sont  payables  dans  le  courant  du  mois  de 
janvier  qui  commence  l'année  pour  laquelle  elles  sont  dues.  (M 

Akt.  XII.  —  Les  objets  réunis  par  la  Société  forment  un 
Musée  qui  est  la  propriété  de  la  Province. 

Les  moindres  dons  sont  reçus  avec  reconnaissance.  Le  nom 
du  donateur  est  inscrit  sur  l'objet  offert  et  dans  un  registre 
ouvert  h  cet  effet. 

Les  objets  qui  se  trouvent  en  double  au  Musée  ne  pourront 
être  échangés  qu'après  une  délibération  expresse  de  Vfnstitiit  el 
du  consentement  des  donateurs.  {  Cet  article  ne  s'applique  pas 
aux  monnaies  et  aux  livres.  ) 

Tout  objet,  même  en  double,  auquel  se  rattache  un  souvenir 
personnel,  ne  pourra  être  échangé. 

La  proposition  d'échange  devra  être  portée  à  l'ordre  du  jour 
un  mois  avant  la  délibération,  afin  que  les  Membres  puissent 
prendre  connaissance  des  objets. 

Tous  les  Membres  sont  invités  à  faire  hommage  de  leurs  pu- 
blications à  la  Société. 

Art.  XIII.  -  UhistHut  publie  un  recueil  intitufé  tiulklin  de 
l'Institut  archéologique  liégeois. 

I  '  I   l»pciî.iui.  <lii  13  ;<vnl  187' 


IX 


Une  commission  spéciale,  composée  de  trois  membres,  élus 
à  l'époque  du  renouvellement  du  bureau,  est  chargée  de  tout 
ce  qui  a  rapport  à  la  publication  du  Bulletin. 

Le  Bulletin  est  distribué  aux  institutions  publiques  qui  en- 
couragent l'Institut,  aux  compagnies  savantes  avec  lesquelles 
il  entretient  des  relations,  et  aux  membres  qui  ont  payé  leur 
cotisation. 

Les  auteurs  des  articles  publiés  ont  droit  à  vingt-cinq  tirés  à 
part,  qui  devront  porter  sur  le  litre  cette  mention  :  Extrait  du 
Bulletin  de  rimtitut  archéologique  liégeois.  Ils  sont  du  reste 
autorisés  h  faire  tirer  à  leurs  frais  un  nombre  indéterminé 
d'exemplaires. 

Les  tirés  à  part  ne  peuvent  être  distribués  qu'à  dater  du 
jour  de  la  mise  en  vente  de  la  livraison  du  Bulletin  d'où  ils  sont 
extraits. 

Art.  XIV.  Le  présent  règlement  ne  pourra  être  changé  que 
sur  la  proposition  écrite  de  cinq  membres  effectifs;  toute 
modification  devra  obtenir  l'assentiment  des  deux  tiers  au  moins 
des  membres  effectifs  existants. 

Après  révision  des  dispositions  organiques  des  12  avril  1850, 
iS  janvier  1852,  17  janvier  1857,  et  13  avril  1877,  les  présents 
Statuts  ont  été  adoptés  par  l'Institut  archéologique  réuni  en 
assemblée  générale,  à  Liège,  le  13  avril  1877. 

Pour  copie  conforme  : 

l.e  Secrétaire,  Le  Présidetit, 

N.   HENROTTE.  Ch.   GRANDGAGNAGE. 


TABLEAU 


DES 


Membres  de  l'Institut  archéologique  liégeois. 


Président  honoraire. 

Le  Gouverneur  de  la  province  de  Liège, 

De  LUESEMx\NS  (Charles),  C.  ®,  ancien  membre  de  la  Chambre 
des  représentants,  ancien  bourgmestre  de  Louvain,  etc. 

Vice-Président  honoraire. 

Le  Bourgmestre  de  Liège, 
PIERCOT  (Ferdinand),  C.  ®,  ancien  ministre  de  l'intérieur,  etc. 

BUREAU  DE  LA  SOCIÉTÉ  POUR  i877. 

Président,  Ch.  GRANDGAGNAGE. 
Vice-Président,  baron  Ed.  de  SÉLYS-LONGCHAMPS. 
Secrétaire,  Nie.  HENROTTE. 
Conservateur-Trésorier,  .T.  ALEXANDRE. 
Bibliothécaire  et  Secrétaire-adjoint,  Ed.  JAMAR. 

Signes  employés  pour  les  décorations  :  ^;, Ordre  de  Lëopold  ;  >J<,  Croix  de  fer; 
:^,  Croix  commémoralive  ;  D.  C,  Décoration  civique;  G.  €.,  Grand'Croix  on 
r>rariiî  Cnrdoti  ;  G.  0.,  Grand  Officier;  C,  Commandeur;  O.,  Oflicipr, 


—   XII 


Membres  ettectlfu. 


ALEXANDRE  (Joseph),  docteur  en  médecine. 

ANGENOT  (Félix),  greffier  provincial. 

BORMANS  (.J.-H.),  0.  ®,  professeur  émérite  à  l'Université. 

Vax  de  CASTEELE  (Désiré),  conservateur-adjoint  des  archives 

de  l'Etat. 
DE.ÎARDIN  (Ad.),  capitaine  du  génie  pensionné. 
DEJARDIN  (Jos.),  notaire. 

DEWALQUE  (Gustave),  ®,  professeur  à  l'Université. 
DOGNÉE  (EuG.),  #,  avocat. 
FABRY-ROSSIUS  (L.),  agrégé  à  l'Université. 
FRÉSART  (Jules),  banquier. 
GOER  DE  HERVE  (baron  de),  propriétaire. 
GRANDGAGNAGE  (Ch.),  ®,  sénateur. 
HELBIG  (Jules),  artiste  peintre. 
HELBIG  (Henri),  homme  de  lettres. 
HENROTTE  (Nie),  chanoine  de  la  cathédrale. 
HOCK  (Alg.),  rentier 
JAMAR  (Edm.),  architecte. 
LE  ROY  (Alph.),  ^,  professeur  h  l'Université,    membre   de 

l'Académie. 
LOOZ-CORSWAREM  (comte  Geouges  de),  membre  de  plusieurs 

sociétés  savantes. 
MAGIS  (Alfred),  échevin  de  la  ville  de  Liège. 
xMARTL\L  (Ep.),  avocat. 
NOPPIUS  (Lamberts  archilecie  provincial. 
POSWIGK  (Eug.),  homme  de  lettres. 
SCHOOLMESTERS  \Lj,  doyen  de  Suiht-Jacqucs. 
SCHOONBROODT   iJ.-G.),  ^',  conservateur  des  archives  de 

l'Etat. 
SELYS-LONGCUAMl'ï^  iKdm.  de),   baron,  sénateur,  membre  de 

l'Académie. 
TERME  (Amom\),  lîjhnca.'il  d'armes. 
THIHR  iflHNnr.F.s  df.',  conseiilei  à  la  Cour  d'appel. 


XIII    — 


Membres    honoraire». 


BORMANS  (Stanislas),  conservateur  des  archives  de  l'Etal,  h 

Namur. 
GACHARD  (L.-P.i,  C.  •^,   archiviste  général  du   royaume,  h 

Bruxelles. 
DECKER  (P.   DEi,   C.   ®,    ancien  ministre   de  l'intérieur,   à 

Bruxelles. 
CHALON  (Renier),   0.  ^,    membre  de  l'Académie  royale,  à 

Bruxelles. 
CLERC  (V.  LE),  C.  ^,   membre  de  l'Institut   de  France,   à 

Paris. 
LECLERCQ  (M.-N.-J.),  G.  C.  )g;,  procureur-général  honoraire 

près  de  la  Cour  de  cassation,  à  Bruxelles. 
LIMBOURG  (Ph.  de),  propriétaire,  à  Theux. 
MERCY-ARGENTEAU  «M»^  Ch.  comte  de),  archevêque  de  Tyi-, 

prélat  domestique  de  S.  S.,  etc.,  à  Liège. 
PARIS  (P.),  gc,  professeur  au  Collège  de  France,  à  Paris. 
Van  den  PEEREBOOM   (Alph.i,   G.  0.  ®,  ancien  ministre  de 

l'intérieur,  à  lèpres. 
PITRA  (S.  E  le  cardinal  J.-B.),  à  l'abbaye  de  Solesmes  {Sarthej. 
ROGIER  (Ch.),   G.   0.  g:,   ancien   ministre  de  l'intérieur,   à 

Bruxelles. 
ROULEZ  (J.-E.-A.),  0.  )g;,  professeur  à  l'Université,  à  (land. 
TROYON  (Fr.),  à  Lausajwe. 

Meinbret»   curreapunclniits. 

BLONDEN  (G.),  ingénieur-directeur  des  travaux  do  la  ville,  à 

Liège. 
BODY  (Al.),  homme  de  lettres,  à  Spa. 

BORMAN  (chevalier  C.  de),  conseiller  provincial,  à  Schalkhoven. 
BOSARD  (N.-J.),  curé,  à  Jupille. 
BUSSCHER  ( DE), ^, membre  de  l'Académie  de  Belgique,  à  Gand. 


XIV    — 


COSTEK   ^L.  DEj,  membre  de  plusieurs   sociétés   savantes,  à 

Bruxelles. . 
CRASSIER  (L.-D.-J.  baron  dej,  0.  )g(,  premier  président  de  la 

Cour  de  cassation,  à  Bruxelles. 
DELAHAYE  (A.-J.),  0.  ^,  ancien  ingénieur  en  chef  des  ponts 

et  chaussées,  à  Namur. 
DELHASSE  (Perd.),  homme  de  lettres,  à  Bruxelles. 
DESNOYERS  (J.),  bibliothécaire  du  muséum,  à  Paris. 
DIEGERICK  (J.),  ^,  archiviste,  à  Ypres. 
FRÉSON  (J.),  juge  au  tribunal,  à  Huy. 
GROTEFEND  (C.-L.),  archiviste  de  l'Etat,  à  Hanovre. 
HAGEMANS  (G.),  représentant,  à  Bruxelles. 
HAHN  (Al.),  greffier  à  la  justice  de  paix,  à  Luzarches. 
KAUSLER    (E.-H.),    archiviste    général    du    Wurtemberg,    à 

Stuttgart. 
KEMPENEERS  (Alg.|,  docteur  en  droit  canon,  h  Montenahen. 
LEFÈVRE  (J.),  instituteur  communal,  k  Landen. 
LEQUARRÉ  (N.),  professeur  à  l'Athénée,  à  Liège. 
LOBET  (J.),  homme  de  lettres,  à  Auxerre. 
LOOZ  (Hyp.  de),  comte,  à  Liège. 
MATHIEU  (J.),  p)-ofesseur,  à  Verviers. 
MAYNZ  (G.),  professeur  ordinaire  à  l'Université,  à  Liège. 
NAUTET-HANS  (G.),  imprimeur-libraire,  à  Verviers. 
NEYEN   (AuG.),  docteur  en  médecine  et  archéologue,  à   Wiltz 

(Luxembourg). 
NOUE  (Ars.  de),  docteur  en  droit,  à  Malmèdy. 
OTREPPE  DE  BOUVETTE  (baron  Ad.  d'),  propriétaire,  à  Liège. 
PETY  DE  ROSEN  (J.).  représentant,  kGrurie. 
PINSAIlD  (H.-J.),  ingénieur  en  chef  de  la  province  de  Liège,  à 

Liège. 
REMONT  (J.-E.),  ^,  architecte  à  Liège. 
RENIER  (J.-S.),  professeur  à  l'école  industrielle,  à  Verviers. 
SCHOOFS  (,L.-H.),  curé  de  Tilleur. 
THEUX  DE  .MONJARDIN  (chevalier  X.  de),  à  Bruxelles. 


—   XV   — 

Van  den  STEEN  de  JEHAY  ^comte  X.),  à  Bassines. 

Van  der  STRAETEN-PONTHOZ  (comte  F.),  à  Metz. 

VIERSET^GODIN,  architecte,  à  Huy. 

VILLE  (Em.  de),  consul  de  Belgique,  à  Quito. 

WARZÉE  (A.),  chef  de  division   au   ministère   des  travaux 

publics,  à  Bruxelles. 
WURTH-PAQUET  (H.-X.),  ancien  ministre,  à  Luxembourg. 
ZOPF  (H.),  professeur  de  droit,  à  Heidelberg. 

Membres  associéfi. 

BARBIER  (Al.),  docteur  en  médecine,  à  Liège. 

BIOLLEY  (François  de),  industriel,  à  Verviers. 

CASTERMAN  (Aur..),  architecte,  à  Liège. 

COENEGRACHT  (E.),  bourgmestre,  à  Teuven. 

COUCLET  (Fr.),  graveur,  h  Liéqe. 

D'ANDRIMONT  (Julien),  industriel  et  représentant,  à  Liège. 

DEJARDIN  (L.),  docteur  en  médecine,  à  Liège. 

DEMANY  (E.),  architecte,  à  Liège. 

DELLEUR  (Al.),  bijoutier,  à  Liège. 

DEMARTEAll  (Jos.),  rédacteur  en  chef  de  la  Gazette  de  Liège,  à 

Liège. 
DIGNEFFE  (L  ),  rentier,  à  Liège. 
nOREYE  (L.-A.-J.),   0.  ®,   premier  président  honoraire  de  la 

Cour  d'appel,  è  Liège. 
DU  VAL  (H.),  rentier,  à  Liège. 
FALLIZE  (L.),  industriel,  consul  de  Russie,  à  Liège. 
GRAND-RY  (Ed.  de),   industriel,  à  Verviers. 
DE  HASSK  deVILLERS  (Aug.),  industriel,  à  Liège. 
HEMRICOURT  de  GRUNNE  (Comte  Arthur  de),  au  château  de 

Hamal. 
LELIÈVRE  (X.),  substitut  du  procureur-général,  à  Liège. 
LOHEST-DE  WAHA  (Pascal),  rentier,  h  Liège. 
LOOZ-CORSWAREM  (Prince  Camille  de),  à  Huy. 


—    XVI    — 

LUOZ-CORSWAREM  (Comte  Hipp.  m,  à  Uéoe. 

MAGNÉE  (L.),  rentier,  à  Hervé. 

MALHERBE  (E.),  ®,tabricanl  d'armes,  à  Liège. 

MARNEFFE  (Eue.  de),  propriétaire,  à  F^iel-Gingelom. 

PIROTTE  (A.),  entrepreneur,  à  Liège. 

POSWICK  (.!.},  ingénieur,  \\  Verviers. 

RICHARD-LAMAKCHE  (H.),  ^,  propriétaire,  h  Liège. 

SOPERS  (J.),  sculpteur,  l\  Liège. 

THIMISTER  (Ol.),  chanoine  honoraire  de  la  cathédrale,  à  Liège. 

THYS  (En.?,  abbé,  à  Liège. 

VORST-GUDENAU  (Ernest  baron  dej,  à  Ziadlowitz  (Moravie). 

WAUTERS-CLOES  (H.),  tanneur,  à  Liège. 

ui:  WANDRE  (Fekd.),  avocat,  h  Liège. 


JEAN  DE  WILDE, 

ÉTUDE    HISTORIQUE    SUR    UN   CHEF    LIÉGEOIS    DU    XV*   SIÈCLE. 


Aux  époques  de  troubles,  on  voit  souvent  apparaître  sur  la 
scène  de  l'histoire  des  personnages  nouveaux  qu'on  ne  s'at- 
tendait pas  à  y  rencontrer.  Les  uns,  sortis  du  peuple,  portent 
un  nom  qui,  la  veille  ignoré,  ne  devra  d'ordinaire  qu'à  eux 
seuls  sa  part  de  célébrité.  Les  autres,  appartenant  aux  classes 
privilégiées,  se  rencontrent  parfois  dans  les  rangs  d'où  leur 
condition  semblait  devoir  à  jamais  les  exclure.  Depuis  les 
Gracques  jusqu'à  La  Fayette,  combien  n'en  voit-on  pas  qui, 
avec  des  passions  et  des  tendances  diverses,  ont  combattu 
pour  des  intérêts  qui  n'étaient  point  ceux  de  leur  caste  ? 

Nulle  part  ces  divergences  n'ont  été  plus  fréquentes  que  dans 
la  principauté  de  Liège,  et  elles  n'y  sont  pas  sans  importance 
dans  l'appréciation  des  luttes  soutenues  par  la  bourgeoisie. 
Capitaines  ou  tribuns,  Henri  de  Diiiant,  Arnould  de  Blanken- 
heim,  Raes  de  Heers,  Baré  de  Surlet,  appartenaient  tous  à  la 
noblesse.  Ce  phénomène  est  particulièrement  remarquable  dans 
le  cours  du  XV«  siècle,  où,  à  côté  de  noms  plébéiens,  figurent, 
souvent  travestis  et  méconnaissables,  ceux  des  plus  vieilles 
races  du  pays.  Combien  savent,  par  exemple,  que  le  chef 
liégeois  nommé  tour  à  tour  Jean  de  Wilde,  ViUanus,  Saiwagius, 
de  Villers,  de  Ville,  voire  même  simplement  Jean /InioW,  que  ce 
chef  si  populaire  était  un  seigneur  de  Kessenich  de  l'illustre 
maison  de  Horne  !  Abry  (i),  qui  l'appelle  le  capitaine  de  Villers, 

(')  Recueil  héraldique  des  bourgmestres  de  Liège,  p.  178. 


—  2  — 

blasonne  hardiment  son  écu  en  le  faisant  naître  au  village  de 
Villers,  près  de  Tongres.  Dewez,  d'après  Olivier  de  La  Marche, 
le  désigne  sous  le  nom  de  seigneur  de  Hautepeniie,  De  nos 
jours  seulement,  l'élude  particulière  de  notre  histoire  baronale, 
provoquée  surtout  par  les  exigences  de  la  numismatique,  a  fait 
découvrir  l'identité  du  seigneur  de  Ressenich  avec  le  mysté- 
rieux adversaire  de  la  politique  bourguignonne  (  i). 

Kessenich  était  une  seigneurie  du  pays  de  Juliers,  enclavée 
dans  le  comté  de  Horne  avec  celle  de  Brunsliorn,  qui  relevait  du 
Brabant.  L'une  et  l'autre  appartenaient,  depuis  la  fin  du  XIV* 
siècle,  à  la  branche  de  la  maison  de  Horne  coiniue,  chez  les 
Flamands,  sous  le  nom  de  Wilde,  c'est-à-dire  Sauvage.  Entre  les 
années  1435  et  1U7  mourut  Arnold  de  Horne,  dit  de  Wilde, 
laissant  deux  enfants  de  son  mariage  avec  Elisabeth  ,  fille 
naturelle  de  Jean  de  Looz,  seigneur  de  Heinsberg  et  de  Juliers  : 
c'étaient  Jean,  son  successeur,  et  Catherine  (2). 

Les  renseignements  que  nous  fournissent  les  chartes  sur  le 
nouveau  seigneur  de  Kessenich  se  réduisent  11  peu  de  chose. 
Dans  un  relevé  des  limites  du  village  de  Neeritter,  fait  par 
ordre  du  Chapitre  de  Liège,  le  il  février  1447,  on  trouve  que 
l'évêque  Jean  de  Heinsberg,  le  comte  Jacques  de  Horne,  Jean 
de  Wilde,  sire  de  Kessenich,  et  l'abbesse  de  Thorn,  assistèrent 
à  la  lecture  du  procès-verbal  des  jurés  (3). 

En  1457,  Jean  de  Horne  vendit  au  couvent  des  Cisterciennes 
de  Kuremonde,  devant  les  hommes  de  fief  et  la  Cour  de  justice 
de  Kessenich,  deux  boniers  de  terre  enclavés  dans  la  ferme  de 
Visscher-Oe,  sauf  à  en  conserver  la  seigneurie.  Sa  mère  Elisa- 


{')  Voyez  ,  à  ce  sujet,  la  noie  de  M.  l'abbé  Habets  insérée  dans  Van  ded  Chys, 
De  Munteu  der  Leenen  van  Brabaud  en  Limburrj,  p.  •147. 

Ci  M.  GOETHALS,  dans  son  Histoire  généalof/ique  de  la  maison  de  Hovnes,  croit 
a  tort  que  Calherine  fut  la  fille  et  non  la  sœur  de  Jean  de  Wilde. 

(')  J.  Habets,  dans  les  Publications  de  la  Société  historique  et  archéologique  du 
duché  de  Limbourg,  t.  iv,  pp.  221  et  361. 


bellî  et  sa  sœur  Catherine,  avec  son  époux  Jean  Kollaert, 
consentirent  à  celte  aliénation  (  i  ). 

Nous  ne  savons  à  quel  propos  il  releva,  l'année  suivante,  la 
seigneurie  de  Kessenich  devant  la  Cour  féodale  du  duché  de 
Juliers  (-2).  Mais  ce  détail  importera  peu,  quand  on  saura  qu'à 
l'époque  où  nous  sommes  arrivés,  le  rôle  de  Jean  de  Wilde 
commence  à  sortir  des  limites  étroites  de  sa  patrie,  pour  se 
mêler  aux  plus  graves  événements  de  l'histoire. 

Ou  admettra  volontiers  que  les  relations  de  Jean  de  Wilde 
avec  les  Liégeois  devaient  remonter  assez  loin,  si  l'on  consi- 
dère que  l'évêque  Jean  de  Heinsberg  était  son  oncle.  Il  est  vrai 
que  cette  parenté  n'était  pas  très-régulière  ;  mais  outre  que  la 
rudesse  des  mœurs  permettait  alors  d'admettre  les  bâtards  des 
grands  seigneurs  dans  l'intimité  de  la  famille,  la  naissance  de 
Jean  de  Wilde  n'était  entachée  d'illégitimité  que  du  côté  de  sa 
mère.  Lors  donc  que  Heinsberg  se  fut  retiré  h  Maestricht, 
après  son  abdication,  et  qu'il  devint  notoire  à  Liège  que  tous 
ceux  qui  avaient  joui  de  sa  confiance  étaient  odieux  ou  suspects 
à  l'élu  Louis  de  Bourbon,  Jean  de  Wilde  n'hésita  pas  à  saisir  la 
première  occasion  de  fraterniser  avec  les  mécontents. 

Sa  mère  avait  une  sœur  appelée  Philippine,  autre  fille  natu- 
relle de  Jean  de  Looz,  sire  de  Heinsberg.  Elle  était  mariée 
à  Jean  de  Bunde,  seigneur  du  village  de  Bocholt,  en  Campine, 
qui  avait  jadis  appartenu  aux  sires  de  Kessenich.  Dès  que  Jean 
de  Bunde  fut  mort,  Jean  de  Wilde,  qui  était  alors  chevalier, 
éleva  des  prétentions  sur  le  fief  de  Bocholt,  sous  prétexte  qu'il 
en  était  le  plus  proche  héritier  (3).  Sûr  de  n'être  pas  agréé  par 

I,')  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Ruremonde,  manuscrit.  —  Le  chevalier  Jean 
Collard  appartenait,  selon  toute  apparence,  à  la  maison  dite  de  Nunhem. 

(-)  Voy.  le  mémoire  intitulé:  Gerichts-zwaiig,  herrligkeit  und  herrschaffi  von 
Kessenich,  par  le  baron  J.-A.  de  Metternic:!. 

(')  Le  récit  de  ces  contestations  a  déjà  paru  dans  un  article  spécial,  où  nous 
croyons  avoir  établi  que  la  seigneurie  de  Grand-Brogel,  qui  relevait  du  duc  de 
Juliers,  fut  associée,  pendant  toute  cette  période,  aux  destinées  de  celle  de  Bocholt. 
Voy.  Revue  belge  de  numismatique,  année  1875,  p.  4ûi. 


-  4  - 

le  prince,  il  résolut  d'en  prendre  possession  à  son  insu  :  pour 
cela,  il  acheta,  moyennant  mille  florins  du  Ilhin,  le  concours 
armé  des  Liégeois,  traversa  Maestricht,  entra  dans  la  seigneu- 
rie avec  leurs  magistrats,  en  grand  cortège  et  au  son  des  trom- 
pettes, et  en  chassa  les  propriétaires  légitimes  ;  puis,  sans 
tenir  compte  des  droits  de  l'Elu,  il  fit  relief  de  son  domaine  à 
Curange,  le  16  octobre  1456,  «  sauf  à  respecter  les  droits  usu- 
fructuaires  de  sa  tante  Philippine,  dans  les  limites  indiquées  par 
son  oncle,  messire  Jean  de  Heinsberg  (i).  » 

Cette  restriction  donna  naissance  à  un  procès  qui  ne  tarda 
pas  à  se  dérouler  devant  la  Cour  de  Curange.  Le  23  octobre 
1457,  le  tribunal  finit  par  donner  gain  de  cause  h  Philippine  et 
la  réintégra  dans  sa  possession,  «  en  lui  mettant  dans  la  main 
la  corde  de  la  grande  cloche  et  lui  livrant  terre  et  gazon  ;  »  en- 
suite de  quoi  la  dame  de  Bocholt  reçut  l'hommage  des  échevins 
et  des  manants  de  sa  seigneurie. 

Cependant  dix  jours  après  le  relief  de  Jean  de  Wilde,  le  26 
octobre  1456,  Otlon,  frère  de  Jean  deBunde,  s'était  également 
fait  investir  de  la  terre  de  Bocholt,  au  palais  de  Liège,  comme 
étant  le  plus  proche  héritier  du  dernier  seigneur.  11  en  résulta 
un  second  procès  ;  mais  sur  ces  entrefaites  Philippine  étant 
venue  à  mourir  et  l'usufruit  s'éteignant  avec  elle  ,  Otton  de 
Bunde  renouvela  son  relief  au  château  de  Huy,  le  22  mai  li58; 
puis  il  se  hâta  de  transporter  tous  ses  droits  au  comte  Jacques 
de  Horne,  qui  releva  son  fief  i"»  Curange,  le  29  du  même  mois. 

Le  procès  n'en  poursuivit  que  plus  vivement  son  cours, 
Jean  de  Wilde  alléguant  son  droit  de  retrait  (lignnger?)  contre 
son  adversaire,  qui  se  trouvait  en  possession.  Il  ne  se  désista 
que  le  3  mars  1464,  en  cédant  au  comte  de  Horne  tous  ses 
droits  sur  la  seigneurie  (2). 

,  ')  De  Ram,  hocuments  relatifs  aux  troubles  du  pays  de  Licge,  p.  505.  — 
ScFrRiDiis  PETRI,  apud  CnAi'EAUVii.LE,  l.  III,  p.  1,35.  —  WoLTEKS,  Horties, 
annexes,  n"  -42. 

(*;  Archives  de  la  salle  de  Curange,  à  Hasselt.  — Wolters,  annexes,  n»  21. 


-    5  — 

Débarrassé  des  soucis  de  toute  cette  procédure,  Jean  de 
Wilde  put  se  livrer  entièrement  à  la  lutte  entreprise  par  la 
bourgeoisie  contre  Louis  de  Bourbon.  On  le  voit  s'associer  à 
Raes  de  Heers  et  à  Baré  de  Surlet,  pour  exciter  le  peuple 
après  la  sentence  d'excommunication  lancée  par  le  pape,  en 
1465  (1). C'est  lui  quelesTongrois  choisissent  pour  chef  de  leur 
milice,  à  la  fin  de  l'année  suivante,  quand  ils  rejettent  les 
conditions  de  paix  proposées  par  le  comte  de  Charolais,  après 
son  entrée  à  Saint-Trond.  C'est  lui  que  l'historien  Fisen  appelle, 
à  cette  occasion ,  «  insigni  prudentia  et  fortitudine  vir,  »  sans 
penser  que  les  métiers  les  plus  exaltés  de  Liège  avaient  seuls 
désapprouvé  ces  propositions;  et  sans  se  douter  que  le  beau- 
frère  même  de  l'ardent  chevalier,  était  ce  Jean  GoUard  qui 
avait  fait  tous  ses  efforts  pour  déterminer  le  peuple  à  les 
accepter  (2). 

La  mort  de  Philippe,  duc  de  Bourgogne,  survenue  le  15  juin 
1467,  ne  fit  qu'enhardir  les  mécontents,  et  fut  pour  Jean 
de  Wilde  une  occasion  nouvelle  de  les  exciter  à  la  révolte  (3). 
Les  Liégeois  avaient  confié  le  commandement  de  leurs 
troupes  à  Raes  de  Heers  et  à  Baré  de  Surlet,  qui  dirigeaient 
en  même  temps  leur  politique  ;  on  leur  adjoignit  comme  lieu- 
tenants Vincent  de  Bueren,  Hubert  Surlet,  Jean  de  Wilde  et 
Eustache  de  Straile(4).  Ainsi  organisés  ils  allèrent  assiéger 
la  ville  de  Huy,  où  Louis  de  Bourbon  s'était  enfermé.  Les  mi- 
lices des  bonnes  villes  du  pays,  entre  autres  celle  de  Tongres, 
les  accompagnaient  :  il  n'est  donc  pas  douteux  que  le  seigneur  de 
Kessenich  n'ait  fait  partie  de  cette  expédition,  qui  se  termina, 
comme  on  sait ,  par  la  prise  de  Huy  et  la  fuite  de  l'évêque. 


(*)  Theodoricus  Pauli  ,  De  cladibus  Leodiensium ,  apud  DE  Ram  ,  p.  203. 

{')  Bouille  ,  Histoire  de  la  ville  et  pays  de  Liège,  t.  II,  p.  96. 

(*)  Theod.  Pauli,  p.  206. 

(*)  Bouille  ,  t.  II,  p.  -126.  On  remarquera  encore  ici  que  tous  ces  capitaines 
sortaienl  des  rangs  de  la  noblesse.  Vincent  de  Bueren  notamment  était  fils  de 
Guillaume,  sire  de  Bueren,  et  d'Ermengarde,  comtesse  de  Lippe. 


A  cette  nouvelle,  le  duc  Charles  de  Bourgogne  entra  dans 
une  violente  colère.  Déjà  son  armée  était  rassemblée  dans  les 
environs  de  Louvain,et  si  grosse,  au  rapport  de  Gommines, 
qu'il  ne  lui  vit  jamais  tant  de  gens  ensemble.  11  avait  h  peine 
investi  Saini-ïrond,  que,  le  28  octobre,  sur  les  dix  heures  du 
matin ,  les  Liégeois  vinrent  camper  à  Brusthem,  dans  le  voisi- 
nage de  celte  ville.  Ils  étaient  environ  30,000,  tant  bons  que 
mauvais,  avec  cinq  cents  chevaux  et  une  nombreuse  artillerie. 
Leur  armée  fut  divisée  en  trois  corps.  Au  centre,  le  sire  de 
Berlo,  revêtu  d'une  armure  blanche  et  monté  sur  un  cheval 
blanc,  portait  l'étendard  de  Saint-Lambert.  Ils  se  retranchèrent 
derrière  de  grands  fossés  pleins  d'eau,  pendant  que  le  duc 
se  disposait  à  la  bataille.  Ses  deux  ailes  étaient  appuyées  et 
couvertes  par  des  marais,  et  il  y  plaça  en  réserve  sa  cavalerie 
et  les  cinq  cents  Anglais  qui  lui  étaient  venus  de  Calais.  Pour 
lui,  il  commandait  en  personne  le  corps  de  bataille  et  le  sire 
de  Raveslein  marchait  en  tête  de  l'avant-garde. 

Cejiendant  les  milices  du  comté  de  Looz  n'étaient  pas 
arrivées.  C'est  pourquoi  les  chefs  liégeois  voulaient  différer  le 
combat  jusqu'au  lendemain  ;  mais  rien  ne  put  retenir  hi  folle 
impétuosité  des  Tongiois  commandés  par  Jean  de  Wilde  : 
à  quatre  heures,  ils  se  ruèrent  sur  l'ennemi,  sans  ordre,  dis- 
persés, entraînant  après  eux  le  reste  de  l'armée  (i  ). 

Aussi  ils  furent  rompus  d'abord  et  troublèrent  les  rangs  de 
telle  sorte  que  l'avanl-garde  bourguignonne,  formée  d'archers 
et  de  quelque  artillerie  légère,  put  s'avancer  jusqu'au  fossé,  et 
tira  si  serré  qu'elle  ht  reculer  les  Liégeois.  Leur  retranchement 
fut  emporté  ;  mais  lorsqu'ils  s'aperçurent  que  les  Bourguignons 


'M  FovLLOti,  Ui'ftorialeodiensis,  t.  II,  p.  i07.  —  Le  récit  laissé  par  les  historiens 
liégeois  du  commencement  de  l'action,  diffère  essentiellement  de  la  relation  qu'en 
écrivit  Charles-le-Téméraire  aux  magistratsd'Ypres.S'il  faut  en  croire  le  duc,  l'ennemi 
se  bornait  à  tirer  contre  les  Bourguignons,  quand  il  donna  l'ordre  d'engager  le 
combat,  pour  ne  pas  être  pris  dans  la  nuit  qui  s'approchait.  Gachard,  Collection 
de  documiuit  inédits,  etc.,  t.  I,  p.  ib9. 


7  — 


avaient  épuisé  leurs  traits,  ils  vinrent  d'un  grand  courage,  et 
avec  leurs  longues  piques  commencèrent  à  faire  un  terrible 
massacre  parmi  les  archers.  Déjà  «  branloient  toutes  nos  en- 
seignes, dit  Commines,  comme  gens  quasi  desconfits  »,  lorsque 
le  duc  fit  avancer  le  reste  de  ses  archers.  Ils  rétablirent  le 
combat,  et,  pendant  que  l'artillerie  éclaircissait  les  rangs  des 
Liégeois,  ils  tombèrent  dessus  avec  leurs  fortes  épées  et  bientôt 
la  déroute  commença  (i). 

Plus  de  trois  mille  Liégeois  restèrent  sur  le  champ  de 
bataille;  mais  il  y  eut  peu  de  prisonniers.  Le  duc  avait  jugé 
prudent  de  ne  pas  engager  sa  réserve  :  les  ailes  et  la  cavalerie 
virent  donc  passer  l'ennemi  fugitif  et  en  désordre  le  long  des 
marais  qui  les  en  séparaient.  La  plupart  échappèrent  à  la  faveur 
de  la  nuit,  et,  à  dix  heures  du  soir,  le  brave  Berlo,  accompagné 
seulement  de  sept  chevaliers,  rapporta  à  Liège  l'étendard  de 
St-Lambert  brisé  et  déchiré. 

Les  villes  de  St-Trond  et  de  Tongres  ne  tardèrent  pas  à  se 
soumettre,  et  peu  de  jours  après,  l'armée  bourguignonne  se 
trouva  aux  portes  de  Liège.  Le  sire  de  Humbercourt  était 
chargé  d'y  entrer  le  premier  ;  mais  dans  celte  ville  infortunée 
le  trouble  était  si  grand  qu'on  n'y  savait  quel  parti  prendre. 
Le  11  novembre,  on  résolut  enfin  d'ouvrir  les  portes  aux  vain- 
queurs. Aussitôt  les  habitants  les  plus  compromis  s'empres- 
sèrent de  fuir  pendant  la  nuit,  et  quelques  jours  plus  tard,  le 
duc  prononçait,  dans  une  sentence  terrible,  le  bannissement 
perpétuel  et  la  confiscation  des  biens  de  tous  ceux  qui  avaient 
abandonné  la  cité  (2). 

Jean  de  Wilde  et  la  plupart  des  proscrits  se  réfugièrent  en 

(')  M.  de  Barante,  que  nous  nous  sommes  fait  un  devoir  de  suivre  textuellement 
dans  une  partie  de  ce  récit,  le  termine  en  disant  :  «  Le  sire  de  Wilde,  qui  com- 
mandait les  Liégeois,  fut  tué,  et  bientôt  la  déroule  commença.  »  Ces  mots 
renferment  évidemment  une  erreur  et  doivent  s'entendre  de  Baré  de  Surlet,  qui 
périt  glorieusement  à  Brusthem. 

(')  Notes  insérées  par  M.  Gachard,  dans  son  édition  de  ['Histoire  des  ducs  de 
Bourgogne,  par  M.  DE  Barante,  t.  II,  pp.  294  et  suiv. 


—  8  — 

Fiance,  pour  y  attendre  l'heure  de  la  vengeance.  Ils  y  restèrent 
aussi  longtemps  que  Humbercourt,  digne  lieutenant  d'un  maître 
inexorable,  gouverna  la  patrie  de  sa  main  de  fer.  En  vain  le 
pape  avait  envoyé  à  Liège  un  légat  chargé  de  ramener  le  calme 
dans  les  esprits  :  ser.  efforts  pour  rappeler  les  exilés  échouèrent 
devant  la  jeunesse  et  l'incurie  de  l'évéque,  uniquement  occupé 
de  ses  plaisirs.  Tel  était  le  triste  état  du  pays,  quand  au  com- 
mencement d'août' 1468,  on  apprit  que  le  sire  de  Humbercourt 
venait  de  partir,  afin  de  rejoindre  le  duc  de  Bourgogne  qui  se 
préparait  h  entrer  en  campagne  contre  la  France.  L'occasion 
parut  favorable  aux  proscrits  pour  regagner  leurs  foyers.  For- 
tifiés par  l'arrivée  de  ceux  qu'avait  éloignés  la  tyrannie  des 
Bourguignons,  il  se  répandirent  dans  le  Condroz,  occupèrent 
Monlfort  et  firent  même  une  tentative  contre  le  château  de 
Bouillon.  D'autres  arrivèrent  d'Allemagne  et  parurent  dans  le 
marquisat  de  Franchimont  ;  de  sorte  que  pendant  près  d'un 
mois,  on  vil  leurs  bandes  parcourir  le  pays. 

Cela  n'empêcha  pas  l'évéque  d'entreprendre  un  voyage 
d'agrément  à  Maestricht.  Cependant  Liège  était  sans  armes  et 
sans  remparts;  mais  on  s'y  refusait  à  croire  les  bruits  alarmants 
qui  commençaient  i\  courir.  Tout-à-coup,  le  9  septembre  au 
matin,  on  annonce  qu'un  messager  vient  d'apporter  la  nouvelle 
qu'une  troupe  nombreuse  de  proscrits  est  campée  dans  le 
voisinage  et  menace  déjà  la  cité.  C'étaient  Jean  de  Wilde  et 
240  de  ses  compagnons,  qui,  dérobant  leur  marche  à  travers 
les  bois,  venaient  d'arriver  à  Seraing,  où  ils  avaient  occupé  le 
gué  de  la  Meuse.  Leur  plan  était  de  se  glisser  de  bonne  heure 
dans  la  ville,  d'y  surprendre  et  d'égorger  les  Bourguignons  dans 
leurs  lits,  puis  de  reconnaître  l'autorité  de  Louis  de  Bourbon. 
Le  complot  découvert,  les  conjurés  surentprofiter  de  l'hésitation 
du  grand-bailli  de  l'évéque,  pour  enrôler  les  Rivageois  sous 
leur  bannière:  "Vincent  de  Bueren  se  mit  à  leur  tête  et  peu  après 
la  troupe  entière  s'avança  en  tumulte  sur  les  hauteurs  de  St- 
Gilles. 


—  9 


A  leur  aspect,  quelques  cavaliers  sortis  au-devant  d'eux 
s'enfuirent  au  plus  vite,  et,  vers  onze  heures,  les  bannis  firent 
leur  entrée  dans  la  ville,  aux  cris  de  Vive  le  Roi.  Ils  portaient 
une  croix  droite  sur  leurs  vêtements  (i),  dont  l'aspect  misérable 
témoignait  des  souffrances  qu'ils  avaient  endurées.  A  mesure 
qu'ils  avançaient,  les  mécontents  et  le  bas  peuple,  accourus  au 
devant  d'eux,  grossissaient  leurs  rangs  :  «  Liégeois,  vous  êtes 
libres,  s'écriaient-ils,  Liège  est  délivrée!  A  bas  les  tributs  et  la 
gabelle  !  Le  roi  Louis  de  France  vous  enverra  ses  hommes 
d'armes,  quand  il  faudra  tenir  tête  au  duc  Charles  de  Bour- 
gogne. »  Ayant  ensuite  rencontré  Amel  de  Velroux,  qui  voulait 
fuir,  ils  s'emparent  de  l'ancien  bourgmestre  et  le  convertissent 
à  leur  cause.  Les  citoyens  paisibles  se  cachent  dans  les  églises, 
d'autres  s'échappent  par  les  portes  St-Léonard  ou  d'Amercœur  ; 
mais  ils  sont  précipités  dans  la  Meuse  ou  massacrés  par  les 
bandes  qui  arrivent  du  pays  de  Franchimoiit.  Presque  en  même 
temps,  leurs  demeures  sont  envahies  et  servent  de  logements 
aux  exilés,  tandis  que  Jean  de  Wilde  et  Vincent  de  Bueren 
s'installent  au  palais  (2). 

Liège  était  affranchie  du  joug  bourguignon,  les  métiers 
venaient  d'être  rétablis,  enfin  les  proscrits  avaient  retrouvé  leur 
patrie.  Les  principaux  d'entre  eux  n'en  demandaient  pas 
davantage  ;  comprenant  du  reste  ce  que  leur  position  avait  de 
hasardeux,  ils  se  rendirent  dès  le  lendemain  au  monastère  de 
StJacques,  pour  se  jeter  aux  pieds  du  légat,  en  le  suppliant  de 
leur  pardonner  et  d'intercéder  auprès  de  Louis  de  Bourbon. 
Le  prélat,  qui  pour  lors  assistait  à  la  messe,  leur  envoya  sa 

(')  Piip  opiiosiiioii  à  la  croix  en  sautoir  des  Bourguignons  On  ne  peut  douter 
que  Louis  XI  ne  s'entendît  avec  les  exilés  ;  mais  il  n'est  pas  croya'de  que  de  Wilde 
et  Bueren  fussent  devenus  ses  agents, comme  le  pense  Koullon.  D'ailleurs  Coinniines, 
SuIVridus  Pelri  ft  Waclilendonck  {Supplément  à  la  vie  rie  Bourbon)  déclarent  posi- 
tivement que  le  roi  dépêcha  des  ambassadeurs  chargés  de  soulever  les  Liégeois. 

(')  ADRiANUs  DE  VEiKF!!  Busco  (  Adrien  d'Oudenhosch),  apud  Marieneei  Durand, 
col.  1327  et  suiv.  —  Thkod.  Pauli,  p.  2i0. 


—  10  - 

réponse,  les  engageant  avant  tout  à  donner  satisfaction  au 
prince.  Mais  la  prudence  des  chefs  devait  nécessairement 
contrarier  les  projets  d'une  populace  composée  de  gens  ivres 
de  vengeance  et  avides  de  butin.  Avec  les  Flamands  du  comté 
de  Looz,  que  leur  avait  amenés  Jean  de  Lobos  (-i)^  ils  étaient 
plus  de  5,000,  armés  seule.iient  de  bâtons  et  de  frondes.  On 
parvint  néanmoins  à  les  calmer  et  h  les  conduire  devant  le 
nonce.  Là,  dans  la  posture  la  plus  humble,  ils  crièrent  merci, 
implorant  sa  médiation  et  promettant  d'obéir  à  leur  légitime 
seigneur.  «  Voudra-t-il  donc  encore,  disaient-ils,  laisser  son 
peuple  s'abriter,  h.  l'instar  des  bêtes,  au  fond  des  cavernes  et 
mourir  de  faim  dans  les  forêts  ?  Ne  pouvons-nous  donc  pas 
rentrer  dans  nos  foyers,  pour  y  gagner  du  pain  à  la  sueur  de 
notre  front  ?  Songez  à  ce  qui  pourrait  arriver,  si,  restant  sourd 
à  nos  prières,  vous  nous  réduisiez  à  la  dernière  extrémité  (2).  » 
Leur  attitude  et  le  spectacle  de  leurs  misères  touchèrent 
le  légat  :  ayant  obtenu  qu'ils  missent  bas  les  armes,  il  leur 
donna  quelque  espoir,  et,  le  14  septembre,  il  partit  pour 
jlaestricht,  avec  une  députalion  des  proscrits.  A  leurs  propo- 
sitions l'évêque  répondit  qu'il  consentait  à  les  recevoir  en 
grâce,  s'ils  voulaient  venir  sans  armes  à  sa  rencontre,  pour 
implorer  son  pardon.  Il  exigeait  aussi  la  dissolution  des 
métiers  ;  mais  sur  ce  point  on  ne  put  s'entendre,  les  négo- 
ciations furent  rompues,  et  de  part  et  d'autre  on  se  prépara  à 
la  guerre. 

Tandis  que  Louis  de  Bourbon  rassemblait  sa  noblesse  aux 
environs  de  Toiigres,  le  légat  ne  discontinuait  point  de  faire  les 
plus  louables  efforts  pour  ramener  la  paix.  Le  30  septembre,  il 
pouvait  la  croire  assurée  et  déjà  il  s'acheminait,  à  la  tête  des 

(*  )  Probablement  Jean  Vilters,  seigneur  de  Lobos  (el  non  Lovinfosse).  Voyez  la 
généalogie  de  celle  famille  dans  UE  HEHCKENiiODE,  Collection  de  tombes,  épitaphes 
el  blasons,  p.  81. 

{•)  Commentaires  du  cardinal  IMccoi.OMiNi,  dans  Cuapeautille,  t.  II,  pp.  178 
el  suiv. 


—  11  — 

Liégeois,  au  devant  du  prince,  lorsqu'on  remit  à  celui-ci  une 

lettre  du  duc  de  Bourgogne,  qui  l'engagea  tout-à-coup  à 
rebrousser  chemin  (i).  Leduc  lui  mandait  que,  étant  sur  le 
point  de  traiter  avec  le  roi  de  France,  il  viendrait  à  Liège 
réduire  les  rebelles  ;  qu'il  se  gardât  bien  d'entrer  en  composi- 
tion avec  eux  ;  qu'en  attendant,  il  lui  enverrait  Humbercourt 
avec  un  corps  de  troupes  en  état  de  le  défendre. 

En  effet,  le  8  octobre,  on  apprit  que  l'évêque  attendait  à 
Tongres,  au  milieu  de  l'allégresse  et  des  feux  de  joie,  l'arrivée 
des  Bourguignons.  La  situation  était  désespérée  :  jamais  on  ne 
pourrait  compter  sur  la  clémence  du  prince,  tant  qu'il  serait  au 
pouvoir  de  l'étranger.  Il  fallait  donc  agir,  sans  laisser  à  l'ennemi 
le  temps  de  s'organiser  et  de  recevoir  de  nouveaux  renforts. 
Jean  de  Wilde  avait  jadis  commandé  les  Tongrois  ;  il  connais- 
saitleur  ville  :  ce  fut  lui  qu'on  chargea  dediriger  l'expédition  qui 
devait  ramener  à  Liège  Louis  de  Bourbon.  Aussitôt  il  rassembla 
ses  compagnons  ;  Goswin  de  Straile  (2)  et  Jean  de  Lobos  se 
mirent  à  la  tête  de  leurs  gens,  et  vers  la  soirée,  ces  trois 
détachements  sortirent  de  la  ville  par  des  portes  différentes, 
en  évitant  de  paraître  sur  la  route  de  Tongres. 

A  onze  heures  de  la  nuit,  les  conjurés  se  trouvèrent  réunis 
sous  les  remparts  détruits  de  la  vieille  cité,  du  côté  de  Hasselt. 
L'évêque  était  entouré  Je  plus  de  2,000  hommes  (3);  mais,  avec 
sa  légèreté  habituelle,  il  n'avait  pas  voulu  laisser  la  garde  des 
portes  à  Humbercourt.  Les  Liégeois  entrèrent  sans  obstacle  et 
se  partagèrent  en  trois  corps  :  l'un  occupa  les  avenues,  l'autre 
se  dirigea  vers  la  demeure  de  Bourbon,  et  le  troisième  pénétra 
dans  la  maison  de  Humbercourt.  Les  serviteurs  de  ce  dernier 

(  ^  1  Telle  est  la  version  d'AoRiEH  (TOudenbosch,  que  nous  considérons  comme  le 
guide  l:  plus  complet  el  le  plus  sur  pour  l'élude  de  ces  temps  agités. 

(')  Vulgairement  Goes  el  non  pas  Josse,  ni  Georges  de  Slraile.  Il  étail  neveu 
d'Eustachij  et  lils  du  bourgmeslre  Jean  de  Slraile. 

(3)  CoMMiNES,  édit.  BucHON,  p.  46.  PiccoLOMiNi  portc  au  même  chiffre  le  nombre 
des  assaillants,  tandis  que  Jean  de  Los  ne  l'évalue  qu'à  cinq  cents. 


-    1-2  — 

eurent  h  peine  le  temps  de  se  défendre;  quelques  uns  se  firent 
tuer,  pendant  que  leur  maître,  sautant  de  sou  lit  et  se  couvrant 
de  ses  armes,  franchissait  la  haie  d'un  jardin  pour  gagner  le 
quartier  de  l'évêque.  Le  plus  grand  trouble  régnait  dans  la  ville; 
chacun  s'enfuyait  comme  il  pouvait  ;  quelques  chanoines  et 
gentilshommes  périrent  dans  la  bagarre,  mais  la  plupart  furent 
épargnés.  Quant  h  Louis  de  Bourbon,  il  s'était  enfui  chez  le 
légat,  par  un  trou  pratiqué  dans  le  mur  mitoyen  ;  il  y  passa  le 
reste  de  la  nuit,  laissant  au  courageux  prélat  le  soin  de 
s'expliquer  avec  les  assaillants  (i). 

Dès  que  les  premières  lueurs  du  jour  permirent  de  se  recon- 
naître, l'évêque  parut  à  une  fenêtre  et,  s'adressant  aux  groupes 
armés  qui  occupaient  la  place,  il  leur  demanda  qui  ils  étaient 
et  ce  qu'ils  voulaient  :  «  Nous  sommes  les  exilés,  repartit  Jean 
de  Wilde,  et  nous  ne  demandons  qu'une  chose,  à  savoir  de 
ramener  notre  prince  à  Liège  ;  il  y  va  de  nos  intérêts  et  vous 
ne  vous  en  repentirez  point  (2).  »  L'évêque  ayant  témoigné  la 
crainte  de  ne  pas  être  accompagné,  le  sire  de  Kessenich  lui 
donna  l'assurance  qu'il  aurait  un  sauf-conduit  pour  toutes  les 
personnes  de  sa  suite,  hormis  les  traîtres.  «  Mais  qui  entendez- 
vous  par  \li,  reprit  Bourbon?  »  —  «  Ceux,  répondit  de  Wilde,  que 

(•  )  •  Ayant  fait  appeler  leurs  cliefs,  le  nonce  demanda  comment  il  se  faisait  que 
des  hommes  qui  naguère  imploraient  la  paix  à  genoux,  se  présentassent  maintenant 
en  armes  devant  lui.  Us  répondirent  respectueusement  que  leurs  sentiments 
n'étaient  en  rien  changés  ;  qu'ils  n'avaient  d'autre  but  que  de  prévenir  les  desseins 
des  ennemis  ;  que  pour  cela,  le  légat  devait  revenir  à  Liège  avec  l'évêque,  auquel 
ils  voulaient  remettre  le  soin  de  les  gouverner  et  de  les  défendre  ;  sinon  tous  deux 
s'exposeraient  à  péril  dans  l'embrasement  général  de  la  ville,  tant  étaient  surexcitées 
les  passions  de  la  multitude.  Le  légal  comprit  qu'il  ne  .s'agissait  point  de  résister  : 
après  avoir  reçu  l'assurance  qu'il  n'y  aurait  plus  de  sang  versé,  il  n'hésita  pas  à 
promettre  ses  boas  oflices  auprès  du  prince.  )■  C'est  ainsi  que  les  faits  sont 
rapportés  par  Piccolomini  et  le  poète  Angélus  de  Guuribus  Sabinis  {De  excidio 
civitatis  leoiliensis,  apud  RUrtène  et  durand,  l.  iv,  col.  1444  et  suiv.).  Ce  dernier 
met  directement  en  scène  le  seul  Jean  de  Wilde,  qu'il  appelle  Joa«?jei  Amoldus, 
sans  doute  pour  Jean,  fils  d'Arnold. 

(')  Foi'i.i.ON,  t.  II,  pp.  124  et  12S.  —  Henricus  de  Merica,  De  cladibus 
Uodiensiiim,  apud  DE  Ram,  p.  178. 


—  13  — 

la  cité  a  flétris  de  ce  nom,  tels  que  Jean  de  Seraing  et  les  autres 
de  son  parti.  »  A  ces  mots,  on  vit  un  chevalier,  caché  sous  sa 
visière,  se  pencher  à  l'oreille  de  l'évêque,  qui  ajouta  aussitôt  : 
«  Et  le  sire  de  Humbercourt,  le  comptez-vous  parmi  eux  ?  » 
—  «  Non  certainement  répliqua  le  Sauvage  ;  j'estime  que  c'est 
un  noble  et  loyal  soldat.  Est-il  donc  ici  ?  »  Humbercourt  levant 
alors  sa  visière,  le  chef  des  proscrits  ôta  son  casque,  s'avança 
et  salua  profondément  :  «  Seigneur,  lui  dit-il,  qui  de  nous  est 
maintenant  le  plus  fort  ?  Vous  n'avez  qu'à  vous  rendre,  il  le 
faut.  »  Après  un  moment  d'hésitation  :  «  Puisqu'il  le  faut, 
répondit  Humbercourt,  je  serai  votre  prisonnier,  à  condition 
de  conserver  mes  armes,  de  ne  pas  porter  la  croix  de  France, 
ni  d'être  emmené  h  Liège.  Octroyez-moi  une  trêve  de  quarante 
jours  pour  mettre  ordre  h  mes  affaires,  au  bout  de  quel  temps 
je  vous  promets  de  me  rendre  en  tel  lieu  qu'il  vous  plaira. 
Jurez-moi  seulement,  entre  les  mains  de  monseigneur  de  Liège 
et  du  légat,  d'observer  ces  engagements.  »  L'honnête  Jean  de 
Wilde  consentit  à  tout,  ne  demandant  pour  prix  de  sa  généro- 
sité que  l'intervention  de  Humbercourt  auprès  du  duc  de  Bour- 
gogne en  faveur  de  la  paix  (i  ). 

Bientôt  la  foule  se  rassembla  autour  de  la  demeure  du  prince, 
le  pressant  à  grands  cris  de  hâter  son  départ.  H  venait  de 
monter  à  cheval,  lorsque Straile,  s'apercevant  que  Humbercourt 
était  resté  en  arrière,  le  força  de  le  suivre.  Arrivé  à  la  porte 
de  la  ville,  le  capitaine  bourguignon  ht  appeler  Jean  de  Wilde: 
«  Seigneur,  demanda-t-il,  est-ce  là  ce  que  vous  m'avez  promis?  » 
Ce  que  j'ai  promis,  messire,  je  le  tiendrais  volontiers,  repartit 
Jean;  mais  vous  voyez  que  je  ne  suis  pas  seul.  «  Eh  bien, 
reprit  Humbjrcourt,  faites  publier  à  son  de  trompe  que  chacun 
ait  à  quitter  la  ville,  et  rendons-nous  sous  les  arbres  que  voici. 
J'y  resterai,  pendant  que  vous  ferez  proclamer  bien  haut  que 
tous  doivent  suivre  à  Liège  monseigneur  l'évêque  et  le  sire  de 

(*)  Adrianus  DE  Veteri  Bdsco,  col.  1334  et  1335.  —  Foullon,  loc,  cil. 


-  14  — 

Humbercourt.  »  Non  seulement  Jean  de  Wilde  lui  octroya  ce 
qu'il  désirait,  mais  il  donna  la  liberté  aux  gens  de  sa  suite  en 
ajoutant  :  «  Vous  voyez  comment  nous  agissons  avec  vous  ; 
rendez-en  compte  à  votre  maître.  » 

Après  avoir  rapporté  ce  dernier  trait,  M,  de  Gerlache,  dans 
son  Histoire  de  Liège,  continue  ainsi  :  «  Les  débris  du  corps  de 
Humbercourt  le  devancèrent  au  quartier-général  :  mille  bruits 
absurdes  se  répandirent  aussitôt  dans  l'armée  sur  ce  qui  s'était 
passé  h  Tongres.  On  disait  que  les  Liégeois  avaient  fait  violence 
au  prince  pour  le  reconduire  dans  leur  ville  et  massacré  seize 
chanoines  de  la  cathédrale  sous  ses  yeux  pendant  la  route;  que 
le  légat  trempait  dans  ce  complot,  qu'il  aspirait  à  devenir  lui- 
même  évoque  de  Liège.  Ces  nouvelles  répandues  à  dessein,  re- 
cueillies par  Comines,  et  par  quelques  écrivains  plus  récents  (i) 
se  trouvent  formellement  démenties  dans  les  commentaires  du 
cardinal  Piccolomini  où  les  faits  sont  tellement  détaillés  et 
précisés  que  l'auteur  doit  avoir  été  témoin  ou  parfaitement 
informé  de  ce  qu'il  raconte.  Il  est  vrai  qu'arrivé  à  Liège,  Bour- 
bon ayant  demandé  à  voir  le  chanoine  Robert  de  Morialmé, 
blessé  à  Tongres  dans  le  lumulte,  on  lui  apprit  que  Morialmé 
avait  été  rencontré  sur  la  routepar  des  brigands  de  la  verte  tente 
qui  l'avaient  massacré.  Ce  chanoine,  fiivori,  compagnon,  con- 
fident intime  de  l'évêque,  en  paix  et  en  guerre,  au  conseil  et 
dans  le  cabinet,  était  odieux  au  peuple  qui  l'accusait  d'abuser 
de  la  confiance  de  son  maître.  Toutefois  sur  la  plainte  de  ce 
dernier  les  assassins  furent  punis.  Ces  événements  dénaturés 
par  les  Bourguignons  échappés  de  Tongres  exaspérèrent  au 
plus  haut  point  l'humeur  orgueilleuse  du  duc,  etc..  »  (2) 


(*)  Entre  autres  par  M.  de  Baranle. 

(  *i  Nous  sommes  heureux  d'avoir  pu  opposer  ici  l'opinion  d'un  erainent  historien 
catholique  a  celle  de  M.  de  Villenfagne,  qui  s'obsline  à  ternir  de  ses  accusations  le 
patriotisme  des  Liégeois;  el  pourtant,  depuis  longtemps,  le  père  Foulion  avait 
fait  justice  des  exagérations  répandues  pour  servir  d'excuse  aux  cruelles  repré- 
sailles des  Bourguignons,    il  s'appuyait  sur  la    double  autorité  de  Piccolomini  et 


—  IS  — 

Parti  de  Tongres  à  neuf  heures,  Louis  de  Bourbon  fit  son  entrée 
à  Liège  à  une  heure  après-midi,  accompagné  du  légat  et  suivi 
de  quelques  prisonniers.  C'était  un  dimanche  :  une  foule  innom- 
brable, Vincent  de  Bueren  en  tête,  se  porta  à  sa  rencontre,  pen- 
dant que  les  cloches  des  églises  et  les  instruments  de  musique 
mêlaient  leur  bruit  aux  acclamations  de  la  multitude  (i).  Le  mardi, 
on  convoqua  le  peuple  au  palais,  en  présence  des  deux  prélats. 
Au  moment  où  ils  parurent,  on  remarqua  Jean  de  Wilde 
qui  marchait  devant  eux,  portant  la  verge  de  justice  ou 
baguette  de  grand-mayeur,  comme  insignes  de  ses  fonctions  (2). 
Quelques  paroles  de  conciliation  prononcées  par  l'évêque 
furent  couvertes  d'applaudissements,  et  l'on  résolut  incontinent 
de  lui  rendre  tous  les  chevaux  de  sa  maison.  Cette  décision 
ayant  fait  éclater  certains  murmures,  le  bourgmestre  Amel  de 
Velroux  se  tournant  vers  le  grand-mayeur  :  «  Je  vous  requiers, 
dit-il,  de  faire  justice,  de  par  le  serment  que  vous  avez  prêté 
hier  entre  les  mains  de  Monseigneur.  »  —  «  Ainsi  ferai-je,  » 

d'un  excellent  manuscrit,  qui  n'est  autre  que  celui  du  moine  Adrien.  Or,  l'un  ne 
pouvait  guère  avoir  élé  informé  que  par  le  légat,  et  l'autre  déclare  tenir  de  la  bouche 
même  de  Humbercourt  les  nombreuses  particularités  qu'il  nous  a  transmises.  En 
présence  de  témoins  aussi  peu  suspects,  il  n'est  plus  permis  de  croire  au  récit  de 
Theodoricus  Pauli,  chanoine  de  Gorcum,  qui  écrivait  d'après  le  témoignage  d'un 
homme  d'armes  de  Charles-le-Téraéraire.  Suivant  lui,  l'évêque  et  le  légat  auraient 
cherché  un  refuge  dans  l'église  Notre-Dame  ;  les  insurgés  auraient  envahi  la 
maison  du  prince  et  couru  toute  la  nuit,  «  comme  des  loups  rapaces,  »  pour  le 
retrouver  ;  à  la  fin,  rayant  découvert,  ils  l'auraient  contraint  par  leurs  menaces  à 
demander  quelque  noble  auquel  il  pût  se  rendre  ;  qu'alors  Vincent  de  Bueren  et 
Jean  de  Wilde  se  seraient  présentés  et  l'auraient  emmené  avec  respect;  mais  qu'en 
route  et  k  Liège,  il  aurait  été  exposé  aux  huées  de  la  populace.  Puis  il  ajoute  que 
cela  se  passait  le  10  octobre.  Voyez  de  Ram,  pp.  211  et  249. 

(')   Adrianus  de  Vet.  Busco,  col.  1336.—  Angélus  de  Curr.  Sab.,  col.  1449. 

(  *)  «  En  ce  temps-là,  dit  Suffride  Pétri  (p.  172),  raessire  Jean  de  Wilde  était 
souverain-mayeur  de  Liège  ;  il  y  faisait  tout  ce  qu'il  lui  plaisait,  quod  libuit  licuit  ; 
son  principal  appui  était  la  faction  des  couleuvriniers  ou  compagnons  de  la  Verte- 
Tente.  »  D'après  M.  de  Villenfagne  (Recherches  t.  I,  p.  345),  le  grand-mayeur 
était  choisi  par  le  prince,  parmi  les  nobles feudataires  de  Téglise  de  Liège;  il  devait 
avoir  des  propriétés  dans  le  pays  et  y  être  né,  ainsi  que  son  père  et  son  grand- père. 
11  était  le  chef  des  échevins  et  rendait  la  justice  tant  au  civil  qu'au  criminel. 


16  - 


répondit  le  Sauvage  ;  et  aussitôt  il  fit  saisir  deux  des  «îoupables, 
dont  l'un  tut  pendu  et  l'autre  banni. 

Dès  que  la  paix  fut  promulguée,  on  déposa  partout  les  insignes 
du  roi  de  France,  qui,  en  ce  moment  même,  sacrifiait  à  sa  propre 
sûreté  l'existence  de  ses  anciens  alliés.  On  sait  comment  Louis 
XI,  surpris  ii  Péronne  par  la  rapidité  des  événements,  se  vit 
contraint  de  marcher  avec  le  duc  Charles  contre  les  Liégeois. 
Le  maréchal  de  Bourgogne  commença  par  envahir  la  Hesbaye  : 
Tongres  fut  pillée  et  cette  même  ville  où  Humbercourt  avait  reçu 
la  vie,  ne  se  racheta  de  l'incendie  qu'en  lui  payant  une  énorme 
rançon  (i). 

Pierre  de  Hagenbach,  maître  d'iiôtel  du  duc,  se  rendit  à 
Liège,  et  faisant  appeler  Vincent  de  Bueren,  Jean  de  Wilde  et 
les  autres  bannis  :  «  Par  ordre  de  monseigneur  notre  très-il- 
lustre duc,  leur  dit-il,  je  vous  enjoins,  sous  peine  de  mort,  de 
partir  sans  retard  et  de  laisser  en  paix  les  habitants  de  cette 
cité.  Faute  de  quoi  vous  éprouverez  bientôt  que  votre  châti- 
ment lie  Unira  qu'avec  la  perte  et  la  destruction  de  vous  tous.  » 
Ces  menaces  n'ayant  reçu  des  chefs  liégeois  qu'une  réponse 
méprisante,  l'envoyé  bourguignon  leur  annonça  que  son  maître 
et  le  roi  arrivaient,  déterminés  à  assiéger  rigoureusement  leur 
ville  et  à  les  exterminer;  puis,  comme  ils  se  refusaient  encore 
à  tenir  compte  de  ces  terribles  avertissements,  Hagenbach, 
remontant  à  cheval,  leur  dit  adieu  et  partit  {'2). 

Ne  doutant  plus  de  l'imniiaence  du  danger,  Liège  tit  un 
suprême  appel  à  la  patrie,  et  aussitôt  on  vit  de  nombreux 
volontaires  accourir  dans  ses  murs.   Le  22  octobre,  le  sire  de 

{ ')  FouLLO.N,  [>,  128.  Il  est  à  remarquer  que  cet,  historien,  toujours  si  conscien- 
cieux, lixe  au  20  octobre  l'entrée  des  Bourguignons  à  Tongres.  Cependant  en  ad- 
mettant cette  date,  on  ne  saurait  où  placer  les  faits  postérieurs  qui  se  passèrent 
avant  le  2-2.  Cette  fois-ci,  Sufl'ride  l*etri  semble  mieux  informé,  et  le  jour  du  13 
octobre,  qu'il  assigne  à  rinvasion,  concorde  parfaitement  avec  l'ordre  rigoureu- 
sement chronologique  d'Adrien  d'Oudenbosch. 

(«j  Théod.   I»auh,  pp.  217  et  218. 


-    17  - 

Ravestein ,  avec  une  partie  de  l'armée  bourguignonne  et  le 
corps  venu  de  Tongres,  avait  établi  son  camp  à  Lantin  ,  à 
une  lieue  et  demie  de  la  cité.  Un  silence  de  rnort  planait 
autour  de  ses  nombreux  clochers,  et  ses  rues,  d'ordinaire  si 
bruyantes,  paraissaient  désertes.  Les  Bourguignons  s'imaginant 
que  ses  défenseurs  désespérés  l'avaient  abandonnée,  n'étaient 
point  sur  leurs  gardes.  Les  Liégeois  s'en  aperçurent  :  conduits 
par  Jean  de  Wilde,  ils  sortirent  en  masse  de  la  ville  et  se 
ruèrent  sur  tous  ces  gens  en  désordre.  Bon  nombre  de  ceux-ci 
furent  tués  ;  mais ,  le  premier  moment  de  trouble  passé,  ils 
rétablirent  le  combat  et  repoussèrent  cruellement  les  assail- 
lants. 

Jean  de  Wilde  ne  se  faisait  plus  d'illusion  sur  le  sort  réservé 
à  ses  amis.  Il  alla  rendre  compte  à  l'évêque  de  la  mort  glorieuse 
des  Liégeois  tombés  à  Lantin ,  du  nombre  toujours  croissant 
des  ennemis,  et  le  pria,  pour  finir,  de  l'aider  à  obtenir  la  paix. 
Louis  de  Bourbon  y  donna  son  consentement  et  en  renouvela 
l'assurance  pleine  et  entière  dans  une  assemblée  du  peuple  au 
palais.  En  même  temps  on  décida  qu'il  irait  trouver  les  princes 
alliés,  et,  sans  perdre  une  heure,  il  partit  avec  le  légat,  escorté 
par  Jean  de  Wilde  qui  l'accompagna  jusqu'en  vue  du  camp  de 
Ravestein  (i). 

La  réponse  de  Charles  fut  désespérante.  Rapportée  à  Liège, 
il  n'y  eut  qu'une  voix  pour  se  défendre  jusqu'à  la  dernière 

(*)  ScFFRiDus  Pétri  ,  pp.  17:2  et  173. —  Henricus  de  Merica,  pp.  174  et  suiv. 
La  version  du  moine  Adrien  diffère  sensiblement  du  récit  de  ces  deux  chroni- 
queurs :  '<  Le  bruit  s'élant  répandu  ,  dit-il,  que  l'ennemi,  chargé  des  dépouilles 
de  Tongres,  allait  se  retirer,  les  Liégeois  ne  craignirent  point  de  se  mettre 
a  sa  poursuite.  Sans  prendre  conseil  de  l'évêque  ni  des  bourgmestres,  4,000 
fantassins  et  700  cavaliers  sortent  de  la  ville  avant  le  jour.  Parvenus  à 
Othée,  ils  rencontrent  un  détachement  bourguignon  qui  se  hàle  de  déguerpir  à 
leur  aspect.  Mais  bientôt  toute  une  armée  apparaît  à  leurs  yeux  étonnés  :  ils 
rompent  les  rangs  et  tournent  le  dos  à  l'ennemi  ;  en  vain  leur  chef  descend  de 
cheval  pour  les  arrêter,  on  ne  l'écoute  plus.  Ceux  qui  restent  en  arrière  sont 
massacrés,  et  les  autres,  assaillis  près  de  Lantin,  sont  refoulés  jusqu'aux  faubourgs 
de  la  cité.    Plus  de  huit  cents  hommes  avaient  succombé  dans  la  mêlée  :  Liège 

2 


—  18  — 

exirémité.  Mais  laissons  parler  M.  de  Gerlaclie,  qui,  le  premier 
parmi  les  modornes,  a  retracé  dignement  la  dernière  lutte 
soutenue  pur  le  héros  limbourgeois  :  «  Le  maréchal  de  Bour- 
gogne s'étanl  établi  avec  son  corps  d'arm;'e  au  faubourg  St- 
Léonard,  on  vint  dire  ;iu  capitaine  Jean  de  Ville,  que  les  Bour- 
guignonserraient  en  désordre  dansée  faubourg;  qu'ils  n'avaient 
pas  même  posé  de  sentinelles,  tant  ils  méprisaient  les  Liégeois  ! 
Jean  de  Ville  résolut  de  leur  donner  une  leçon.  Lorsque  la  nuit 
fut  venue  il  rassembla  un  petit  nombre  de  gens  éprouvés, 
anciens  compagnons  d'armes  ei.  d'infortunes,  lit  taire  toutes  les 
cloches,  ordonna  aux  chefs  des  méliers  de  se  tenir  en  silence 
aux  porlcs  de  St-Léonard  et  de  Vivegnis  avec  leur  monde,  pour 
attaquer  i'ennemi  quand  il  en  donnerait  le  signal.  Ensuite  il  se 
mit  h  gravir  avec  les  siens,  et  en  se  cachant,  les  sentiers  qui 
conduisent  dans  les  vignobles  jusqu'à  ce  qu'ils  fussent  parvenus 
à  la  partie  la  plus  élevée  de  celte  colline  qui  regarde  la  Meuse 
à  l'extrémité  du  faubourg.  Là  il  réunit  sa  troupe  et  se  lua  sur 
les  Bourguignons  d'une  telle  furie,  qu'en  moins  d'une  heure  il 
en  déconfit  plus  de  huit  cents,  parmi  lesquels  se  trouvaient  bien 
cent  hommes  d'armes  ;  il  leur  enleva  deux  drapeaux.  Le  prince 
d'Orange  et  Humbercourt  y  furent  blessés.  Croyant  avoir  sur 
les  bras  toute  une  armée,  deux  mille  archers  bourguignons 
pcirent  la  fuite  dans  la  plus  grande  confusion  en  abandonnant 
leurs  bagages  ;  car  comme  il  avait  beaucoup  plu,  les  voitures 
s'enfonçaient  dans  la  boue  et  y  restaient.  Jean  de  Ville  refoula 
le  gros  de  l'armée  ennemie  vers  la  porte  St-Léonard,  ainsi  que 
cela  était  convenu,  pour  pouvoir  l'assaillir  des  deux  côtés  à  la 

dtail  dans  ly  consternalion  (*).  Louis  de  Bourbon  et  le  légal,  réfugias  d'abord 
diins  la  calliédralc  de  Saint-Lambert ,  partirent  le  lendemain,  âo  octobre,  poul- 
ie earap  bourguignon  ,  etc.  » 

(')  Quelques  furieux  ne  parlaient  de  rien  moins  que  de  mettre  â  mort  Jean  de 
Wilde  : 

portam   exierc  fureniea. 

El  quuniam  Aruoldus    Joliuuiies    aetus   adivit , 

Hum:   cives  Legii    voluenmt    tradcrc  letho.  (ANC.  Di:  CunR.) 


—   19  — 

fois  ;  mais  là  se  pressait  l'élite  des  Bourguignons  avec  de 
l'artillerie,  et  à  mesure  que  le  peuple  voulait  sortir  ils  le  repous- 
saient à  coups  de  bombarde.  Cette  multitude  ne  montra  pas 
d'ailleurs  la  même  intrépidité  que  la  faible  troupe  de  Jean  de 
Ville.  Les  Bourguignons,  réunissant  toutes  leuis  forces  après 
s'être  ralliés,  attaquèrent  vigoureusement  ce  dernier,  qui  ne 
pouvant  soutenir  le  choc  avec  si  peu  de  monde,  se  fit  un 
rempart  des  chariots  et  des  bagages  qu'il  venait  d'enlever 
aux  ennemis  en  continuant  de  leur  opposer  la  plus  vive  l'ésis- 
tance.  Cependant  le  feu  ayant  pris  par  hasard  à  une  maison 
occupée  par  les  Bourguignons,  ils  reconnurent  h  la  lueur  de 
l'incendie  le  petit  nombre  des  Liégeois  et  se  mirent  en  devoir  de 
les  envelopper.  Alors  Jean  de  Ville  donna  le  signal  delà  retraite. 
Comme  il  rentrait  le  dernier  il  trouva  la  porte  du  vieux  Vivegnis 
fermée.  Il  voulut  gravir  le  rempart  qui  était  fort  élevé;  épuisé 
de  fatigue  et  surchargé  du  poids  de  ses  armes,  il  se  laissa 
retomber  de  la  hauteur  du  mur  :  on  le  releva  tout  froissé  de  sa 
chute  ;  il  mourut  deux  jours  après.  La  perte  d'un  tel  homme, 
dans  de  telles  circonstances,  fut  plus  sensible  aux  Liégeois  que 
l'avantage  éclatant  qu'ils  venaient  de  remporter  sur  leurs  en- 
nemis (i).  » 

;*)  On  ne  peut  a.jouler  grand'chose  à  cette  page  d'Iiistoire.  Nous  tâcherons  de 
grouper  ici  les  faits  qui  s'en  écarlent  ou  n'y  sont  pas  rapportés  :  Dans  la  soirée  du 
26,  l'avant-garde  des  Bourguignons  s'était  avancée  jusqu'à  la  porte  Si-Léonard. 
Animés  par  le  désir  du  butin,  ils  prétendaient  entrer  dans  la  ville  avant  l'arrivée  dti 
duc.  Personne  n'était  sous  sa  bannière  ;  les  chefs  se  reposaient  en  attendant  le 
triomphe  du  lendemain.  Ils  venaient  de  rejeter  de  nouvelles  propositions  de  paix  et 
de  soumission  des  Liégeois.  Ceux-ci  aimèrent  mieux  mourir  que  de  se  livrer  à  la 
merci  du  vainqueur.  Comptant  peut-être  encore  sur  la  fortune  qui  l'avait  servi  à 
Tongres,  Jean  de  Wilde  [Legios  inier  celeberrimas-  omnes)  rassembla  les  Rivageois 
et  les  hommes  du  pays  de  Franchimont.  Après  s'être  assuré  qu'ils  persistaient 
dans  leurs  sentiments,  il  fil  cesser  tout  bruit  dans  la  cité,  comme  si  elle  avait  élé 
abandonnée,  puis,  vers  quatre  heures  du  matin,  il  sortit,  avec  ses  compagnons,  par 
la  porte  Vivegnis  et  les  brèches  de  la  muraille.  Bientôt  on  entend  crier  Vive  Liège 
et  Verdure  (  *)  :  lesennemis  attaqués  par  derrière  sont  dispersés  ;  le  sire  de  Sargines 
est  tué.   Cependant  les  gentilshommes    et  les  hommes    d'armes   bourguignons 

{■*)  C'était  le  cri  de  ralliement  des  compagnons  de  ta  Verte  Tente. 


—  20  — 

Jean  de  Wilde  laissa  de  sa  femme  (N.  Van  Balveren  ?  ),  un 
fils  que  M.  Goelhals  nomme  Jean  de  Horne,  dit  le  Discret.  Peut- 
être  aussi  lut-il  le  père  de  cet  Arnold  de  Horne,  dit  le  Sauvage, 
qu'on  rencontre  plus  tard  en  qualité  de  seigneur  de  Kessenicli. 
Enfin,  pour  ne  rien  omettre  de  ce  qui  concerne  cet  homme 
célèbre,  ajoutons  qu'il  lit  forger,  dans  ses  villages  de  Kessenicli 
et  surtout  de  Kinroy,des  deniers  noirs  aux  types  contemporains 
de  Liège,  de  Namur  et  de  Flandre.  Il  paraît  même  qu'il  fit 
monnayer  à  Grand-Brogel,  pendant  sa  domination  éphémère  à 
Bocholl.  On  pourrait  donc  dire  de  lui,  comme  de  son  parent 
Jean  de  Bunde,  que  ce  qu'il  ne  se  serait  pas  permis  en  qualité 
de  feudataire  du  comté  de  Looz,  il  le  fit  au  beau  milieu  de  ce 
pays,  comme  vassal  de  Juhers  (  i  ).  J.  de  CH. 

parviennent  à  se  rallier  devant  la  porte  St-Léonard,  par  où  Vincent  de  Bueren,  à  la 
lueur  des  torches,  est  sur  le  point  de  sortir.  Messire  Jean  de  Berghes  y  est  blessé. 
Quelques  soldats  bourguignons  se  défendent  dans  une  maison  :  irrités  de  leur 
résistance,  les  Liégeois  y  mettent  le  feu,  etc....  Jean  de  Wilde  continua  de  se  battre 
comme  un  lion, 

Et  muHos  Sljifiium  Bunjundos  niittil  ad  orcum, 

j'usqu'à  ce  que,  perdant  son  sang  et  la  main  droite  coupée,  il  parvint,  en  rampant 
et  s'aidant  d'une  échelle,  à  gravir  les  escarpements  du  rempart.  Reconnu  par  les 
gardes,  il  fut  ramené  chez  lui,  où  il  expira  le  29  octobre,  la  veille  du  jour  où  fut  prise 
cette  malheureuse  ville  de  Liège  qu'il  avait  tant  aimée.  Ainsi  Gui  de  Humbercourt 
fut  délié  de  son  serment,  sans  avoir  payé  la  dette  de  reconnaissance  qu'il  avait 
contractée  envers  son  gdnéreu,\  protecteur. 

Ce  fait  d'armes  a  donné  lieu  à  de  nombreuses  confusions.  Piccolomini  le  place 
avant  le  départ  du  légat  ,  comme  s'il  s'agissait  du  combat  de  Lantin.  Les 
trois  chroniques  publiées  par  M.  de  Ram  ne  s'accordent  ni  entre  elles,  ni  avec 
l'histoire,  sur  le  jour  et  le  lieu  qui  virent  tomber  le  seigneur  de  Kessonich  ;  ce  qui 
donne  une  médiocre  idée  de  leur  valeur.  Théod.  Pauli  ajoute  qu'il  fut  enterré  secrè- 
tement et  qu'on  fit  accroire  au  peuple  qu'il  était  resté  prisonnier. 

(  *  j  Voy.  Hcvue  belge  de  tiuminmatiquc,  année  -ISSB,  p.  70,  et  année  1875,  pp. 
451  et  suiv. 


MISCELLANÊES 

'Suite  voir  vol.  XII  p.  MO  a  366). 


Les  deux  pièces  par  lesquelles  nous  continuons  la  publication 
commencée  dans  le  dernier  volume  du  Bulletin  de  pièces 
inédites  que  nous  avons  rencontrées  en  nous  livrant  h  d'autres 
recherches,  nous  ont  paru  offrir  de  l'intérêt.  Peu  de  personnes, 
croyons-nous,  savent  qu'il  existait  à  Liège  une  compagnie  ou 
société  de  musiciens  et  de  cuisiniers  dont  les  statuts  avaient 
été  approuvés  par  le  prince,  par  les  magistrats  de  la  cité  et  par 
les  échevins  de  Liège.  La  plupart  de  ces  statuts  devant,  à 
notre  avis,  exciter  la  curiosité  du  lecteur,  nous  avons  jugé 
convenable  de  publier  en  entier  cette  pièce  quoiqu'elle  soit 
un  peu  longue. 

XVIL 

Copie  faicte  par  nous  les  eschevins  de  Liège  extraicte  hors  de 
iiostre  regitre  autenticque. 

Lan  quinse  cens  et  trengte  qiiattre,  le  diexemme  jour  de 
feverier,  comparurent  par-devant  nous  niaieur  et  eschevins  de 
Liège,  Jean  Waterken  et  Pacquea  Dozin  syque  maistres  de  la 
compangnie  et  confraternité  des  ménestrels  et  cuysiniers  de 
la  cité,  franchiese  et  banlieu  de  Liège,  ordonnée  en  l'honneur 
de  Monseigneur  Saint-Giele  en  Publemont  leis  Liège,  lesquelz 
flous  remonstrarent  que  comme  par  ci-devant  et  d'anchiennité 


ai 


euisl  esté  ordonné  et  uzeit  faire  par  lesdis  de  la  compangnie, 
service  et  révérence  en  l'église  dudit  Saint-Giele  h  Dieu  et 
ledit  glorieu  Saint-Giele,  pour  acquérir  vie  éternelle,  neant- 
moins  la  choese,  por  les  fortunes  des  guerres  ayantes  regueil, 
inesmeiit  la  négligence  et  mal  police  de  ceulx  de  ladite  compan- 
gnie, la  choese  naroit  esté  entretenue  ne  observée,  par  quoy 
desirans  soy  lionnestemeni  conduir,  vivre  selon  équité  et 
raison,  a  l'honneur  de  Dieu,  sa  très  digne  mère,  monseigneur 
Saint-Giele  et  acquérir  conséquamment  la  gloire  de  paradis, 
ilz  lesdis  delledile  confraternité  avoient  unanem^nt  délibéré, 
conclud  et  passeitles  points  et  ordonnances  teles  qu'ilz  avoient 
apporté  on  noz  mains,  dont  la  tenurre  sera  enfin  de  ces  pré- 
sentes escripies  de  mot  a  autres,  requérant  par  lesdis  maistres 
ou  nom  dicelle  ditte  compangnie,  que  les  volsissiemmes  visenter 
et  passer,  d'aultretant  qu'ilz  seroient  raisonnables,  affin  les 
mettre  en  warde  de  loy  et  sortir  leur  effect.  A  laquele  leur 
requeste  fundée  en  raison  condescendans,  lesdis  ordonnances, 
poincts  et  articles  ont  esté  par  nous  visentées,  corrigées  et 
passées  en  tele  forme  et  manière  qu'ilz  sont  ci-apres  redigiés 
par  escript,  de  si  avant  qu'ilz  ne  soient  préjudici-îbles  à  la 
haultainté,  jurisdiction  de  nostre  très  redoublé  Seigneur  et 
prince.  Monseigneur  le  cardinal  de  Liège,  ne  contrevenantes 
aux  franchieses,  statuts,  paix  faicies  et  privilèges  des  bourgeois 
de  I;iditte  cité,  en  tele  manière  et  az  protestations  qu'ilz  lesdits 
de  ladilte  confraternité  mesme  avoient  declareit  par  lesdittes 
ordonnances,  furent  icelles  par  Jean  Junccis  nostre  confrère, 
submayeur  de  Liège,  mieses  en  warde  de  loy,  lesqueles  s'en- 
suyent  de  mot  a  autrez  : 

In  nomine  Domini  amen.  Nous  les  maistres  et  confrers  de  la 
compangnie  entirement  des  ménestrels  et  cuisiniers  de  la  cité, 
franchiese  et  banlieu  de  Liège  ordonnée  en  l'honneur  de 
Monseigneur  Saint-Giele  en  l'ublemont  lez  Liège,  a  tous  ceulx 
qui  ces  présentes  veront  et  oront,  salut.  Comme  par  ci-devant 
aieleslé  ordonné  en  laditte  engliese  Saiut-Gielo  de  cuers  aftèc- 


28  — 


tueux  faire  service  et  révérence  à  glorieux  troisiie,  toutes  voyes 
combien  que  par  forlune  des  guerres,  la  chose  nat  pas  esté 
eiitretenue  comme  auparavant,  ce  nientmoins  désirans  acquérir 
la  gloire  éternelle  et  entretenir  laditte  confraternité  à  nostre 
leal  pouvoir  et  puissance,  comme  aiants  le  greit  et  consente- 
ment de  Monseigneur  l'abbé  et  couvent  dédit  Saint-Giele, 
avons,  par  forme  de  l'énovatioii,  fait,  ordonné  et  passé  Testa, 
conditions  d'icelluy  en  la  forme  et  manière  qui  s'ensuyt,  par 
protestation  de  non  vouloir  préjudicier  à  la  jurisdiclion  de 
très  révérend  père  en  Dieu  très  hault,  très  puissant  et  nostre 
très-redoubté  Seigneur  et  prince.  Monseigneur  Erard  de  la 
Marck,  cardinal,  archévesque  de  Valence,  évesque  de  Liège, 
duc  de  Buillion,  conte  de  Looz  etc.  ne  semblable  ment  à  la 
jurisdiction  des  maistres,  jureis  et  conseil  de  sa  cité. 

Premièrement,  avons  ordonné  que  tous  ceulx  de  la  compan- 
gnie  seront  tenus,  cliascun  an,  le  jor  que  on  fait  la  feste  Mon- 
seigneur Saint-Gifile,  de  venir  à  huyt  heures  du  matin  apporter 
leurs  offrandes  sur  lebanck  devant  la  Violette  et  icelles  offrandes 
paier  et  présenter  sur  l'auteil  de  monseigneur  Saint-Giele, 
ainsy  comme  il  appartient;  car  s'il  advenoit  que  aucuns  deulx 
fuissent  troveis  défailhans,  seront  tenus  paier  au  proffîtde  leurs 
dis  maislres,  pour  chacune  fois  qu'ilz  commectront  la  défaulte, 
assavoir  chacun   défailhant,   l'amende  de  quattre   boddreaz. 

Item,  ledit  jour  que  l'on  portera  laditte  chandelle,  ny  devera 
avoir  que  deux  compangnons  de  noz  confrèrez  pour  joweir  de 
leurs  instrumens  et  choisis  par  lesdis  maistres,  lesquelz  deux 
contrerez  seront  ledit  jour  (Va nckz  de  leurs  disner. 

Item,  ordonnons  que  nulz  ou  nulle  de  laditte  compangnie  ne 
poroni  eskondiic  leur  corouiie.le  jour  que  l'onferat  chascun  an 
laditle  fieste  à  Monsegneur  Saini-Giele  ;  car  celuy  qui  escondui- 
roit  ou  y  contrediroit,  seroit  tenus  vers  leurs  dis  maistres 
d'une  amende  de  vingt  aidans  communs. 

Item,  que  nulz  de  laditte  compangnie,  soit  menestreit  ou 
!  uisinicr,  s'il  ne  prent  congiet,  ne  se  poratloweir  pour  alleir 


"^.i  _ 


faire  aucun  service  le  jour  de  ladite  (este  et  quiconque  sera  en 
ce  trouvé  defailhant,  il  paierat  une  amende  ausdis  maistres  de 
ung  postulat  Erard. 

Item,  tout  et  quante  lois  que  lesdis  maistres  et  ceulx  de  laditte 
compangnie  sy  trouveront  ensembles  dorsenavant,  soit  à  laditte 
feste  ou  par  autre  temps,  en  aucun  lieu  comme  ôs  tavernes  ou 
autre  part,  s'il  advenoit  (que  Dieu  ne  veuille)  que  aucun  diceulx 
esmove  aucun  débatz  par  ire  ou  indignation  telemcnt  qu'il  y 
ait  cops  férus  jusques  a  elïusion  de  sang  ou  autrement,  est 
ordonné,  pour  éviter  entre  eulx.toutes  contentions  et  débats  et 
povoir  demourer  a  tousjours  ensembles  a  bonne  paix,  amour  et 
union,  que  celluy  d'entre  eulx  qui  serat  trouvé  premier  delin- 
quer  d'avoir  esmeu  ludit  débat  et  frappé  les  premiers  cops, 
sera  puny  et  corrigé  d'unne  amende  pecuniele  tele  que  jugié  en 
sera  par  juge  compétent,  à  applicquier  la  tierce  part  à  nostre 
très  redoubté  Seigneur  et  prince  et  uiine  autre  tierce  part  à 
l'église  de  Saint-Giele  H  l'autre  ausdis  maistres. 

Item,  et  ossy  s'il  advenoit  que  les  maistres  ou  aulcuns  de 
ceulx  estans  ausdities  assemblez,  esmovissent  ou  faisissenl 
aulcuns  débas  allencontre  d'aulcuns  d'icelle  compangnie  et  de 
leurs  confrerez,  ainsi  et  par  la  mannière  qu'il  est  contenu  en 
l'article  précédent,  le  premier  délinquant  d'iceulx  maistres  sera 
à  double  amende  tele  que  jugié  sera  (comme  dit  est),  à  applic- 
quer  comme  desseur. 

Item,  au  regard  de  celluy  qui  seroit  injuriet  simplement  par 
parolles,  il  s'en  porat  plaindre  et  faire  parsuytte  par-devant 
lesdis  maistres  d'icelle  leur  compangnie,  reserveit  les  cas  de 
cryme  et  ceux  qui  toucheroient  à  l'hoinieur  d'hommes  ou  fem- 
mes ;  mais  se  ledit  injureit  faisoit  ou  alloit  à  contr.iire  de  ce 
que  dit  est,  toute  et  quanteffois  que  ceadviendroit,  il  en  seroit 
pugny  d'unne  amende  d'uiig  postulat  Erardus  ou  la  vraye 
valleur,  la  moitié  à  proflit  desdis  maistres  et  l'autre  moitié  à 
coffre  de  ladite  compangnie. 

Ilem,  que  dorsenavant  nul  de  nous  ne  porat,  le  jour  de  nostre 


91, 


ditte  feste  qui  est  le  jeudy  après  le  Saint-Jean,  avoir  ne  deman- 
der avantaige  pour  estre  affranchiet  de  leurs  escots  non  plus 
l'ung  que  l'autre,  se  ce  n'est  par  le  congiet  de  leursdis  maistres 
qui  au  présent  sont  ou  seront  au  temps  futur  ;  car  se  deffaulte 
y  avoit,  le  défailhant  en  paierat  à  proffit  d'iceulx  maistres  une 
amende  de  dix  boddrealz. 

Item,  aussy  est  ordonné  que  nul  de  laditte  compangnie  ne 
porat  demander  l'office  d'icelle  pour  luy  ne  par  aultruy,  sur 
paine  d'estre  privé  toute  l'année  dédit  office  d'icelle  compangnie. 

Item,  en  après,  quiconque  dorsenavant  voirai  acquérir  la 
compangnie  et  estre  confrère  de  la  compangnie  susditte,  il 
paierat  à  son  entrée  la  somme  de  trois  florins  d'or  ou  la  vraye 
valleur,  l'ung  d'iceulx  à  proifit  desdis  maistres  et  les  deux 
autrez  à  la  généralité  de  laditte  compangnie. 

Item,  ung  fil  de  maislre  qui  volut  relever  laditte  compangnie, 
sera  tenu  paier  pour  son  relieff'ung  postulat  Erardus,  la  moitié 
à  proffit  desdis  maistre  et  l'autre  à  ladite  compangnie. 

Item,  d'oultre  est  ordonné  que  nul  d'icelle  compangnie  dorse- 
navant ne  porat  joweir  que  d'unne  sorte  d'instrument,  soit  à 
noepces,  novelle  messe,  feste  de  village,  ou  autrement  ensditte 
cité  et  banlieu  ou  ilz  seroient  loweis  ;  car  quiconcque  fera  au 
contraire  et  ftiist  prouveit,  il  seroit  à  l'amende  à  proffit  desdis 
maistres  d'ung  griffon. 

Item,  et  aussy  qu'il  ne  soit  nulz  de  laditte  compangnie  qui 
dorsenavant  soy  ingère  ou  avanche  aucunement  de  prendre 
deux  lùwiers  pour  servir  à  ung  mesme  personnaige  et  à  ung 
jour  mesme  tout  à  une  seule  fois,  le  fait  bin  prouvé,  sera  h  une 
amende  d'ung  postulat  Erardus,  à  applicquer  la  moitié  aux 
maistres  et  l'autre  à  laditte  compangnie. 

Item,  s'il  ad venolt  pour  grever  et  faire  dommaige  à  leurs 
autres  confrers,  qu'il  soy  allassent  paroffrir  et  présenter  sur  le 
marché  de  leurs  autres  confrers  pour  iceulx  endomager,  celuy 
qui  en  telle  sorte  userat,  paierat  ausdis  maistres  l'amende 
d'ung  griffon. 


—  26  — 

Item,  quiconcque  d'icelle  compangnie  comenchera  de  taire 
aucunes  noepces,  le  devera  parfaire,  sens  de  luy  mesme  povoir 
commettre  aultruy  ;  car  se  le  contraire  estoit  prouvé,  le  défail- 
hant  paieroit  ausdis  maistres  ung  griffon  d'amende. 

Item,  est  ossy  ordonné  que  tous  autres  qui  ne  seront  de 
de  ladiile  compangnie,  dorsenavant  ne  poront  ovreir  en  laditte 
cité  et  banlieu  pour  desservir  sallaire,  de  quelconcques  instru- 
ments appartenans  et  servaiis  à  nous  menestreis  et  cuisiniers 
de  laditte  compangnie,  se  ce  n'est  preallablement  qu'ilz  aient 
fait  le  gré  et  bon  plaisir  desdis  maistres,  ou  doncque  que  se 
fuissent  cas  de  nécessité,  voir  que  ceulx  qui  seront  trouveis 
défailhans,  paieront,  pour  cliacunne  fois  qu'ilz  commetteront 
laditte  faulte,  ung  griffon,  à  applichier  comme  desseur. 

Item,  nul  d'icelle  compangnie  ne  soy  porat  lower,  ne  ossy 
overeir,  ne  faire  le  mestier  de  laditte  compangnie  avec  aucuns 
estrangers  ou  autres  quelconcques  qui  ne  seroient  de  leurs 
confrers,  plus  liault  que  unne  fois  ou  deux,  se  ce  n'estoit  par 
nécessité  comme  desseur,  sur  l'amende  d'ung  griffon  à  appli- 
chier ausdis  maistres, 

flem,  tous  ceulx  de  laditte  compangnie  qui  au  présent  sont 
et  qui  advenir  seront,  yront  devers  leur  clerc  faire  escrire  de 
novea  leur  nom  dedens  le  registre  novellement  fait,  pour  et 
afin  de  mieulx  savoir  coillir  et  recepvoir  leur  offrande  qu'ilz 
doient,  chascun  an,  à  Dieu  et  h  Saint-Giele,  liquel  registre  il 
convient  aussy  renouveller,  partant  que  les  anchiens  registres 
de  ce  faisant  mention,  ont  esté  perdus  par  le  temps  des 
guerres. 

Item,  il  n'y  arat  que  deux  maistres  assavoir  tousjours  ung 
vieux  avec  ung  noveau. 

Item,  quiconcque  ameclera  aucun  de  laditte  compangnie  des 
mesuz  prescripts  et  ne  h',  povist  prouver,  il  escheira  en  telle 
amende  que  celluy  qui  seroii  accuseit,  voir  selon  l'exigence  du 
cas. 

Item,  qui  refusera  la  coronne,  soit  cuisinier  et  menestrier,  il 


27 


paierai  ung  postulat  Erardus,  à  applichier  à  laditte  généralité 
de  laditte  compangnie. 

Item,  et  finablement,  en  ensuyant  les  anchiens  uzaiges  et 
coustumes,  est  ordonné  que  lesdis  maistres  d'icelle  compangnie 
qui  seront  renoveilleis  cliascun  an,  seront  tenus,  le  jour  d'icel- 
luy  leur  renouvellement,  aller,  par  devers  mes  très  honnorés 
Seigneurs,  les  grands  maistres  d'icelle  bonne  cité  de  Liège, 
prendre  et  requérir  congiet  et  licence  pour  toute  l'année  de 
povoir  envoler  panneir  ceulx  de  laditte  compangnie  pour  toutes 
les  amendes  et  forfaictures,  et  principalement  tous  ceux  qui 
auront  aucunement  négligiet  et  allé  contre  de  toutes  les  choeses 
prédéclarées  en  ces  présentes  novelles  ordonnances,  et  se 
trouvé  estoit  que  lesdis  maistres  d'icelle  compangnie  euissent 
fait  panner  à  tort  aucuns  de  leursdis  confrers  ou  bourgeois 
d'icelle  cité  ou  banlieu,  iceulx  maistres  seront  tenus  les  délivrer 
à  droit  et  à  leurs  despens  sans  fraude.  Tous  lesquelz  points  et 
articles  nous  les  maistres  et  confrers  de  laditte  compangnie 
avons  promis  etjureis  et  par  ces  présentes  promectons  et 
jurons,  ensembles  toutes  sieutes  à  faire  licittes  et  raisonnables 
concernantes  seulement  les  négoces  de  nostreditte  compangnie, 
entretenir  et  inviolablement  accomplir,  sur  les  paines  y  touchiés 
à  applichier  comme  desseur.  Prions  et  supplions  pour  ce  à  la 
grâce  de  nostre  dit  très  redoubté  Seigneur  et  prince,  Monsei- 
gneur le  cardinal,  et  aux  très  honnorés  Seigneurs,  Messeigneurs 
les  burghemaistres,  jurez  et  conseil  de  sa  cité,  Messeigneurs 
les  échevins  de  Liège  plaire  lesdis  points  et  articles  ratiffier, 
confirmer  et  approuver.  Quoy  faisant,  feront  oeuvres  salubres, 
participeront  aux  bienfaits  et  le  benoit  fil  de  Dieu  en  renderat 
récompense.  Ce  fut  fait,  renouveit,  conclud  et  passé  l'an  de 
grâce  mil  cincque  cents  vingte  siex,  au  mois  d'aoust  le 
troixemme  jour. 

Echevins  de  Liège.    Greffe  Bernimolin. 
OEuvres,  registre  n"  "2,  fol.  Ht. 


—  ^28  — 

XVII  l. 

Aujourd'hui  qu'il  y  a  des  sociétés  de  tir  presque  partout  en 
Belgique  lesquelles  ont  leurs  règlements,  on  aimera  assuré- 
ment de  connaître  en  quoi  ceux-ci  diffèrent  des  statuts  d'une 
compagnie  du  même  genre  qui  existait  h  Liège  dans  la  première 
moitié  du  IG"""  siècle  sous  la  dénomination  de  Compagnie 
Monsieur  Saint-Christophe  condist  des  Coleveriniers  de  la  cité 
de  Liège.  On  sera  étonné  en  constatant  que  les  règles  de  cette 
compagnie  étaient  à  peu  près  les  mômes  que  celles  suivies 
dans  les  tirs  de  nos  jours.  On  sera  plus  surpris  encore  en 
remarquant  que  la  cible  était  placée  à  une  plus  grande  distance 
pour  les  armes  de  l'époque,  qu'elle  ne  l'est  aujourd'hui  pour 
celles  îi  percussion  et  qu'elle  se  trouvait  plus  rapprochée  seu- 
lement de  soixante  mètres  de  distance  adoptée  pour  les  fusils 
se  chargeant  par  la  culasse. 

L'an  XV'  et  XXXVII  le  X*"  jour  d'avril  comparurent  pardevant 
nous  mayeur  et  eschevins  de  Liège,  Francheu  Hardi,  Bauduyn 
Platlebourse  grans  maieurs,  Piron  le  pollerea  porteur  a  présent 
de  lenseigne  et  Bertelmi  le  Piemme,  rentier  de  la  compangnie 
monsieur  Saint  Christofle  ;  condist  des  coleveriniers  de  la  cité 
de  dit  Liège,  lesquels  nous  remostrarent  comment  les  grans  et 
petis  mayeurs,  auvec  les  aultres  compangnons  généralement 
de  la  dite  compangnie,  pour  Ihonneur  deulx  et  de  la  dite  cité, 
afTin  ossy  avoir  et  maintenir  amiable  cognissance  auvec  les 
amaiteurs  de  la  trarie  et  baston  de  la  coleverinne,  avoient  nat- 
gaires  passeit,  ordonneit  ung  jeu  et  trairie  qui  comencherat  le 
XXVII"  jour  de  ce  présent  moix  davril,  ensy  aux  maniers, 
dévisses  et  conditions  quilx  avoient  (ait  redigier  par  escript  sur 
ung  l'uilhel  de  papier,  laendroit  i)ardevant  nous  exhibueit,  dont 
le  tenurre  serai  cidesoubz  escripiede  mot  a  aultre,  nous  requé- 
rant par  lesdis  remostrans  le  volloir  visentier  de  point  en 
poins,  et  pour  ou  cas  que  lachoese  luisse  lundée  en  raison,  y 


29  

estre  miese  en  nostre  warde.  A  laquelle  leur  requeste  condes- 
chendant,  avons  falL  Visitation  dédit  fuilhet  et  ordonnance 
faicte,  débattu  leffect  et  substance  dicelle,  que  avons  trouveit 
licitte  et  admissible,  en  ayant  par  îious  pour  ce  accordeit  ausdis 
remostrans  a  les  faire  meclre  en  warde  de  loy,  voir  a  protes- 
tation de  non  volloir  derogueir,  ne  touchier  a  la  jurisdiction 
et  haultainité  de  nostre  très  redoubte  seigneur  et  prince,  mon- 
seigneur le  cardinal  de  Liège,  ne  semblament  aux  franchieses 
et  previleges  de  cesie  cité,  suyant  quoy,  Johan  Junccis  nostre 
confrère  submaieur,  a  la  susdicte  protestation,  misl,  lordonance 
prelouchict  en  nostre  warde;  le  contenu  dédit  fuilhet  et  ordon- 
nance, dont  deseur  est  faicte  mention,  sensiet  de  mot  a  aultres: 

Nous  les  grands  et  petis  maieurs  de  la  compangnie  monsieur 
Saint  Christofre  condist  les  colevrinniers  de  la  noble  cité  de 
Liège,  k  vous  tous  compangnons  coleverinniers,  salut.  Scavoir 
faisons  que  nous  lesdis  maieurs  et  tous  compangnons  en 
gênerai  de  ladicte  compangnie  tirans  de  la  coleverinne  en  la- 
dicte  cité,  avons  ordonneit,  pour  faire  et  entretenir  cognois- 
sance  et  amistié,  XII  joyaulz  a  tirer  de  la  coleverinne,  lesquels 
joyaulx  seront  par  lesdis  compangnons  assis.  Et  pour  le 
premier  XII  aines  de  draps  roige  scelleit  a  deux  grans  seelz, 
assavoir  le  B  et  le  G,  el  tenant  neuf  quartiers  de  large  ;  pour  le 
second,  XI  oulnes;  le  HP,  X  aines;  le  IIIP,  IX  aulnes  ;  le  V'', 
VIII  aines;  le  VI%  VII  aines;  le  VIP  VI  aines;  le  VHP,  Vaines, 
et  demi;  le  nueflfeme;  cinq  aulnes  ;  le  X%  IV  aines  et  demi  ;  le 
XP,  IV  aines;  et  le  XIP,  III  aines  et  demi. 

Item,  y  arat  encour  deux  joyaulx  aux  troies,  assavoir  celuy 
qui  aura  et  gagnera  la  plus  belle  des  troies,  aura  aine  et  demi 
et  le  secj  id,  une  aine  de  semblable  drap  que  le  prescript. 

Item,  ung  chacun  qui  gaignera  joyaul,  donnera  pour  chacune 
aine  demi  patars  braibant. 

Item,  Ion  tirera  aux  champs  en  une  place  non  accoustumée 
de  2o0  aulnes,  mesure  de  Liège,  loing. 

Item,  Ion  tirera  a  deux  rondeaiz  tenans  chincque  pietz  de 
haut. 


?»0 


Itenuquicoiicqueeii  tirant  romperadu  boixdesdis  roudeaulx, 
les  coups  seront  de  valleur,  touteftois  si  lesdis  coups  prenoient 
terre  avant  quilx  luissent  ausdis  rondeaulx,  telz  coups  seroient 
reputez  moindres  que  de  valleur. 

Item,  chacun  compangnon  coUevrinnier  tirera  douze  coups 
au  bras  estendus  sans  touchier  aux  espalles  ny  poilrinne,  ains 
tireir  a  franc  jeu  sans  comectre  fraude  ne  prendre  avantaige 
en  manier  aucune  sur  leurs  abrieres  derier  el  auvec  ce  deve- 
i-ont  tireir  de  vraye  et  entyrs  bêches. 

Item,  et  sil  advenoit  que  aucun  compangnen  colevrinnier 
fuisse  trouveit  usant  a  contraire  des  devantdicies  ordonnances 
et  jeu  de  irairies,  iceluy  perdera  le  coup  par  lequeil  aral  mesu- 
seit,  ensemble  tous  aullres  cops  quil  arat  treit  ^ït  davantaige 
corregiet,  au  dit  des  hommes  que  pour  ce  faire  seront  ordonneis 
et  deputeis. 

Item,  tous  compangnons  venans  sur  le  jeu  de  ladite  trairie 
et  ayants  lolté  et  comenchiet  a  tireir,  ne  se  partiront  de  ladite 
trairie,  silz  nont  tout  tireit  el  a  leurs  thours. 

Item,  sil  advenoit  a  aucun  compangnon  sur  ladite  trairie  que 
son  baston  face  par  trois  fois  le  feux  sans  alleir,  teil  coup  sera 
par  luy  perdu. 

Item,  les  maistres  des  prédits  jowealz  et  jeu  eslirontentreeulx 
par  le  greit  et  conseil  denlre  eulx  !ous  que  aront  regard  a 
cedit  jeu  et  trairie,  aflin  que  discords  soyent  eviteis  et  le  droit 
dung  chacun  gardeit,  certains  personaiges,  les  quelz,  sil  surve- 
noit  endii  jeu  et  ti'airie  aucunne  dubiosité,en  debveront  comme 
juges  ad  ce  diffînir  et  corrigier  les  delinquans;  et  ne  poront 
telz  delinquans  partir  de  la  place,  se  telle  dubiosité  nest  décidée 
et  liorsporlée  par  lesdils  deputeis. 

Item,  sil  advenoit  que  lesdis  deputeis  et  esleus  ne  sen  polsis- 
sent  accordeii',  allin  que  ledit  jeu  et  trairie  ait  lors  course,  tele 
dubiosité  se  horsportera  a  la  plus  grande  sieulte  et  sequele 
desdis  deputeis  ;  et  ne  poral  personne  opugner  ny  dire  allen- 
contre. 


3J 


Item,  tous  compaiignons  poront  venir  sur  cestuy  jeu  pour  y 
traire  ;  mais  avant  quilx  puissent  tireir,  soy  submecteront  a  la 
correction  et  jugement  desdits  esleus  et  deputeis  et  de  observeir 
le  contenu  de  ces  présentes,  sans  en  fachon  aucunne  pour  ny 
debvoir  y  contrevenir,  nya  aultre  ioy  povoir  des  jugemens  don- 
neis  par  lesdis  deputeis  provockeir   ny  appelleir. 

Item,  tous  compangiions  qui  comencheront  a  tireir  dung 
baston,   luy  coviendrat  avuec  celuy  parfinier. 

Item,  tous  compangnons  colevrinniers  quivoront  comparoir 
a  ceste  trairie,  auront  franck  et  ferme  saulffconduyt  venans  et 
relournans,  sauve  ceulx  qui  seroient  encoulpez  de  cas  crimi- 
neiz  envers  nosire  illustrissime,  reverendissime  et  metuendis- 
sime  seigneur  et  prince,  monseigneur  le  cardinal,  sa  cité,  ou 
envers  quelcque  bourgoy,  de  debfe  recognues  ou  jugie,  sens 
fraude. 

Item,  ce  jeu  de  trairie  comencherat  le  XXVII^'  jour  davrii 
XV^  XXXVII. 

Echevins  de  Liège.  Greffe  Beroimolin. 
OEuvres.  lo37,  folio  !203.  Ueg.  n"  9. 

XIX 

Le  document  suivant  donne  lieu  à  deux  remarques  ;  la  première  c'est 
qu'à  toutes  les  époques,  les  villes  ont  éprouvé  de  l'embarras  à  payer 
leurs  dépenses  et  qu'il  n'y  a  que  les  moyens  d'en  sortir  qui  diffèrent. 
De  nos  jours  on  a  recours  à  l'emprunt  à  primes  :  jadis  on  n'avait  pas 
trouvé  cette  voie  facile  de  se  tirer  d'affaire. 

La  seconde  remarque  c'est  que  si  nos  pères  ne  faisaient  pas  des  embel- 
lissements dans  leur  cité  aussi  importants  que  les  nôtres,  leurs  dettes 
aussi  ne  se  chiffraient  pas  par  millions. 

Ce  document  fait  aussi  mention  d'une  immunité  dont  le  clergé  avait 
consenti  à  se  dépouiller,  tout  en  déclarant  que  ce  n'était  que  temporaire 
ment. 

Lan  XV''  et  XXIIII,  le  XXIIP  jour  de  septembre,  comparu- 
rent par  devant  nous  raayeur  et  eschevins  de  Liège,  noble  et 


-  32  — 

honorez  Emond  de  Swartzemborgh,  seigneur  de  Hierges,  et 
Giele  Dheure  nostre  confrère  eschevin,  ambedeux(d)  Burghe- 
maistrez  de  la  cite,  lesquelz  nous  remonstrarent  que  par  les 
Burghemaistrez,  jurez  el  conseil  de  la  cite,  en  lan  XV'^^  XXXII, 
avuec  les  trengte  deux  bons  mestiers  dicelle,  par  l'octroie  et 
consentement  de  illustrissime  nostre  très  redouble  Seigneur  et 
prince,  Monseigneur  le  cardinal,  evesque  de  Liège,  et  de  véné- 
rables seigneurs,  Messeigneurs  de  la  cathédrale  engliese,  avoit 
este  délibérée,  passée,  accordée  et  conclude  certaine  ordon- 
nance sur  le  tait  et  conduict  des  vins  et  forlz  beveraiges  (  i),  de 
sorte,  en  la  manier  et  az  conditions  narrées  eos  lettres  patentes, 
laendroit  exhibuees  par  Guilheamme  de  Champion,  greffier, 
secrétaire  et  commissaire  de  ladicte  cileit,  scellées  auctenticke- 
ment  de  seelz  desdicts  trois  membres,  dont  la  tenurre  serai 
enfin  de  ces  présentes  inserree.  Et  affin  que  dicelle  ordonnance 
fuisse  uzeit,  inviolablement  tenue  et  réputée  de  loy  en  toultes 
ses  parties,  lesdicts  burgemaistrez  requisent  que,  suyant  le 
desier  des  jures  et  conseil  moderne  et  desdicts  XXXII  bons 
mestiers,  lesdis  ordonnances  et  impostz  fuissent  regisirees  en 
nostre  registre  auctenticke  el  mis  en  vvarde  de  loy.  Parquoy 
les  choeses  considérées  aux  instances  et  requestes  que  dessus, 
avons  iceulx  ordonnances  et  impostz,  ainsi  queensdictes  lettrez 
sont  speciffyees,  déclarées  et  ci  dessoubz  de  mol  a  mol  narres, 
fait  escripre  en  nostre  registre  et  le  tout  par  ledict  mayeur 
mis  en  warde  de  loy.  Sensuyt  le  contenu  desdictes  lettrez 
dimpost  el  ordonnances  : 

Nous  burgemaistrez,  jurez,  conseil  el  XXXII  bons  mestiers 
de  la  cite  el  banlieu  de  Liège.  Gonsiderans  que  la  gabelle  du 
vin  estoit  fort  dommageable  aux  mananset  habittans  dicelle  cite 
et  banlieu,  a  cause  que  des  vins  estranges  Ion  en  paioit  le  quat- 
tremme  el  des  vins  du  pays  le  diexemme,  avons  par  loctroie  et 
consentement  de  nostre  très  redobte  seigneur  et  prince  et  de 

(  *)  Tous  les  deux.  (  "     Boisson.»*. 


~  33  — 

Messeigiieurs  de  la  vénérable  engliese  de  Liège,  oonjuncte- 
raeiii  et  par  ensemble  mis  jus  ladifie  gabelle.  Et  pour  ce  que 
des  revenues  et  emoiumens  des  trois  autres  gabelles,  assavoir: 
du  bressin,  des  hoilhes  et  des  drappes,  ne  scarions  payer  noz 
debtez,  ne  aussy  furnir  az  affaires  tant  ordinaires  que  extraor- 
dinaires nécessaires,  avons  supplie  et  requis  a  nostre  dict 
1res  redobte  Seigneur  et  prince,  Monseigneur  Erard  de  la  Marck 
cardinal,  quil  volsist  induyr  les  gens  deglieses  estans  en  ladicte 
cite  et  banlieu,  volloir  subvenir  en  quelcque  aydde,  pour 
aidier  paier  et  redimeir  iesdictes  debtes.  Et  après  pluisseurs 
moiens  mis  en  avant,  nostredict  Seigneur  et  prince  en  at  mis 
ung  en  avant  qui  sensuyt,  auquel  Iesdictes  englieses,  burge- 
maistrez,  jurez,  conseil  et  XXXII  bons  mestiers  ont  consenlu 
et  accordeit,  assavoir  :  que  de  tous  vins  estranges  venans  en 
ladicte  cite  et  banlieu,  soit  par  eawe,  ou  par  terre,  touttes 
personnes  ecclésiastiques,  borgois,  raanans  et  habiltans  en 
ladicte  cite  et  banlieu,  paieront  de  chascunne  cheree  de  vin  de 
Rin  ou  autre  vin  estrange,soit  roge,  cleret  ou  blan  trois  florins 
dor.  Et  des  vins  de  France,  ion  compterat  quattre  poinchoins 
de  vin  de  Beaune  pour  une  clierree,  et  des  autres  vins  dedict 
France,  cliincque  poinchoins  pour  la  cherree,  et  dautres  demie 
cberree  ou  autres  vasseauz.  Ion  paiera  a  iequipoUent.  Et  pour 
éviter  les  abuz  de  ceulx  qui  venderont  le  vin,  ne  meslet  les 
vins  du  pays  avuec  les  vins  dessus  nommez,  Ion  paierai  de 
chascunne  cheree  de  vin  de  pays  que  Ion  venderat  a  brocques,un 
florin  dor;  et  de  toutte  autre  manier  de  fovtz  buveraiges,  comme 
malvesie,  rominie,  vin  bastard  fort  mieio  et  tous  autres  fortz 
beveraiges,  Ion  paierat  le  VHP'  denier.  Et  parmy  ce,  les 
englieses  susdictes  poront  distribueir  et  laissier  lunne  a  lautre, 
et  la  il  leur  plairat,  de  leurs  vins,  sens  meffaire.  Et  seront  mis 
deux  personnaiges,  assavoir:  ung  de  part  les  eglieses,et  lautre 
de  part  la  cite,  qui  auront  regard  auxdicts  vins,  assavoir  des 
vins  estranges  que  Ion  ne  les  porat  meclre  en  cave  jusques  ad 
ce  que  ladicte  somme  desdits  trois   florins  dor  soit  payée,  et 


g 

recepveront  ladicte  somme  ef.  auront  aussy  regard  auz  vin 
de  pays  que  Ion  vendcrat  a  brocques  pour  payer  la  somme  que 
dessus  est  dicte.  Et  auront  lesdicts  deux  j;ersonnaiges  sallairetel 
qui  serat  advise  pour  leurs  painnes  et  labeurs,  et  feront  lesdicts 
députez  tant  des  englioses  que  de  la  cite  serment  solempnel, 
quilz  ne  commecieront  en  ceste  alïaire  traude  ne  larcin,  sur  la 
paiune  destre  punys  en  corps  et  en  bins  arbitrallement. 

Item,  serat  commis  de  pnrl  les  eglieses  ung  des  leurs  tel 
quilz  voidronl.  nommeir  et  ung  boa  borgoy  de  la  cite,  ausquelz 
lesdicts  deux  coinmis,  en  la  lin  de  la  sepmaine,  apporteront 
largent  quilz  aton;.  leveit,  ladicte  sepmaine,  desdicls  vins,  pren- 
dant  quiiiaiice  desdicls  deux  commis.  El  pour  controlle  diceluy 
alïaire,  le  greffier  en  ferai,  touttes  les  sepmaines,  registre  au 
livre  de  la  cite  de  largent  qui  sera  leveil.  Et  sil  y  avoit  quelcque 
homme  degliese,  borgois  ou  autres  qui  commist  fraude  en 
cesie  affaire,  perdra  le  vin  et  paierai  vingt  florins  dor  damende, 
loulles  et  quanleffois  que  lroi;ve  serai,  a  applicqueir  a  la 
rédemption  desdictes  debles  ;  pour  laquele  amende.  Ion  porat 
licittemenl  leveir  pans  et  panneir  aussy  bin  lesdit3  gens  deglie- 
ses  comme  les  borgois,  bien  entendu  que  lexecution  dedict 
pannissement  doit  e.stre  fait,  sur  les  gens  deglieses  par  leur 
doyen  et  chapiitre,  et  sur  les  borgois  par  la  loy.  Et  bailheront 
lesdictes  eglieses  plesgcs  lay  suffî^^sant  jusques  a  cent  florins 
dor,  qui  i-eront  obligies  payer  ladicle  amende,  en  cas  que  lesdicts 
doyen  et  cliapitlre  fuissent  defallans  de  faire  lexecution  dédit 
pannissement. 

Item,  lesdicts  deux  commis  qui  recepveront  cesLe  argent, 
feront  serment  solempuel  qu'ilz  ne  bailheront  de  cesle  argent 
ung  seul  denier,  se  ce  nest  pour  rachapleir  les  rentes  de  ladicte 
cite  dont  seront  députez  aucuns  desdilles  englicses  avuec  les 
burgemaislrez  et  aucuns  du  conseil,  pour  regardcir  et  advisier 
queles  rentes  Ion  rachapterat,  tous  les  ans,  que  ladicte  cite 
doibl;  voir  que,  pour  les  grandes  debles  et  charges  que  ladicle 
cite  al  presenlemeii!,  ladicte  rédemption  ne  se  comencera  synon 


35- 


a  lannee  qui  viendrai,  assavoir  :  le  XXII''  jour  daoust  lan 
XXXIII.  Et  seront  les  deniers  qui  seront  ceste  présente  année 
leveis  et  reciiupt,  employés  pour  furnir  et  satisfaire  ausdicles 
debtes  et  charges,  saulffque  les  deniers  qui  resteront,  lesdictes 
charges  deduytes,  doibvent  estre  applicquez  pour  la  rédemp- 
tion susdictes. 

Item,  ce  présent  impost  novea  durera  fin  jusques  et  a  tant  que 
ladicte  cite  sera  entyremeiit  deschargie  des  charges  et  debtes, 
dont  elle  est  présenteraient  obiigie,  montant  a  la  somme  de 
quarante  septz  milz,  nueff  cens  ung  florins,  sept  patars,  XII 
solz  monnoie  de  Braibant,  unne  foix.  Et  lesdictes  debtes  et 
charges  salisfaictes  et  payées,  cessera  ce  présent  impost  et 
demeureront  lesdictes  eglieses  en  leurs  anchiennes  libériez  et 
previlegez.  Et  pour  plus  grande  corroboration  de  ces  présentes, 
avoiis  supplie  a  nostredict  très  redoble  Seigneur  et  prince  et 
prie  a  Messeigneurs  de  la  vénérable  egliese  cathedralle  de  Liège 
y  volloir  meclre  et  appendre  leurs  seaulz  avuec  le  nostre. 
Et  nous  Erard,  cardinal  snsdict,  a  la  supplication  et  requesfe 
et  du  consentement  desdicles  eglieses,  burgemaistrez,  jurez, 
conseil  et  XXXII  bons  mestiers,  y  avons  fait  appendre  nostre 
seel.  Pareilhement  nous  doyen  et  chappitre  de  leglise  cathé- 
drale susdictes,  du  consentement  desdictes  eglieses,  et  a  la 
pryere  et  requeste  d'icelles  et  desdicts  burgemaistrez,  jurez, 
conseil  et  XXXII  bons  mestiers,  y  avons  aussy  fait  mectre  et 
appendre  nostre  seel,  et  comme  treffonssiers  consentu  a  susdict 
impost  saulffve  et  réservée  nostre  liberté  et  exemption  dicelluy 
impost  sans  que,  ledict  terme  pendant,  nous  puissions,  pour  oir 
ou  argent,  adreschier  du  vin  de  nostre  provision  hors  de  nostre 
encloistre,  sur  paine  que  ceulx  qui  le  viendront  quérir  attaius 
de  fait  hors  de  nostre  encloistre  en  lieu  prochain,  on  leur 
porai  licittement  oister  le  vin  et  le  pot  ;  entendu  touueffois 
que  esians  ou  allans  quelcque  part  hors  de  nostre  dict  enclois- 
tre, porons  licittement  mandeir  de  nostredict  vin,  jusques  ung 
stier  ou  environ,  sens  en  transgresseir  ou  abuseir.  Ainsy  fait  cl 


-    36  - 

donneit  au  grant  Chapittre  de  la  grande  egliese  caihedrale 
susdicte,  en  la  présence  de  nostredict  très  redouble  Seigneur 
et  prince,  Messeigneurs  de  legliese  et  eglieses,  et  de  noz 
burghemaistrez,  jurez,  conseil  et  toutte  la  com.nunalteit  de 
ladicte  citeit,  le  ireizisme  jour  du  mois  de  septembre  lan  mil 
chincque  cens  et  trengte  deux.  El  l'ut  mis  en  warde. 

Archives  des  Echevins  de  Liège. —  Greffe  Bernimoliû, 
reg.  commençant  en  mars  la:i4,  n»  H.  fol.  Sli. 

XX. 

La  conjuration  de  Wathieu  d'Athin  est  assez  connue  pour  qu'il  ne  soit 
pas  nécessaire  de  faire  |)récéder  le  serment  prêté  par  des  personnes 
bannies  pour  trois  ans  pour  avoir  pris  part  à  celte  conjuration,  de  quel- 
ques mots  relatifs  à  celle-ci.  Trois  grands  feux  qu'on  allumait  tous  les  ans 
le  6  janvier,  en  ont  conservé  la  mémoire  jusqu'en  1681  ;  époque  à  laquelle 
cette  fête,  dont  la  tradition  est  venue  jusqu'à  nous,  a  été  détlnitivement 
supprimée. 

1436,  30  juin.  Serimens  et  obligancez  fais  par  les  personnes  chi 
desoiis  escriptes  qui  ont  estet  bannis  le  stuil  de  trois  ans 
et  apportes  par  escript  lan  XlUt  et  XXXVl  le  deirain  jour  de 
juny:  maire  Velrous,esquevins  Teitor,Pawon  et  Toullain. 

Promirement,  vous  jureis  solempnement  sur  sains  et  sur  la 
dampnation  de  vos  armes  (\\  que  jamais,  en  vostre  vivant,  ne 
siereis  en  lieu  ne  a  conseilhe  la  il  doit  advenier  ne  aydier  a 
conseilheir.  cellier,  ne  sortenir  (2)  del  advenir  sédition  et  trai- 
sion  en  la  citei  entre  les  borgois  et  inliabilans  dicelle.  En  après 
vous  jureis  solempnement  sur  sains,  que  jamais  a  Waultier 
Datin,  a  Willem  Datin,  ne  a  leurx  complicez  notoires  deiraine- 
ment  publyes  par  nostre  très  révérend  peire  en  Dieu  et  très 
redoubtet  Seigneur,  Monseigneur  de  Liège,  des  mayeur  et 
esquevinsde  Liège  et  des  maistres, conseilhe  et  nnniversitet  de 
la    citet ,    Iranciese   et    banlieu ,    comme   séditieux,     trayles 

'  j  Ames.  (')  Soutenir. 


—  37  — 

malfaiteurs  et  parjurrez,  ensiquilesl  contenut  es  cry  sur  ce  tait, 
a  ceux  ou  a  celiez  qui  porteir  faveur  ne  excuseir  les  volroient, 
nesque  jamais  ne  fereis  ayde,  conseille,  ne  assistance  et  ne 
procureis  ne  soffrir  a  procureir,  a  vostre  loyal  poioir  (t),  de 
nuyt  ne  de  jour,  deaux  a  revenir  en  la  citet  ne  pays  de  Liège 
ne  de  Looz.  En  oultre,  vous  jureis  comme  desseur,  que  jamaiv«, 
pour  le  fait  dele  sédition  et  traison  pour  ceaux  Datin  adveinrez, 
ne  pour  choese  quil  vous  soit  advenut,  ne  fereis,  soffreis  (a)  ne 
fereis  faire  a  personne  queilconque  qui  a  icelle  sédition  et 
traison,  de  part  lesdis  Waultier  et  Willem  et  leurs  complicez 
aient  fait  contraire  grevance  (3),  domaige  ne  destourbier,  (4), 
en  corps  ne  en  bins,  de  nuyt  nede  jour,  en  secret  ne  en  appert, 
par  vous  ne  par  autruy  en  nulle  manière,  ne  que  jamais  ne 
impetries,  ne  fereis  impetreir  congier  (o)a  pape  legaul,  ne  autre 
del  faire  alleir  ne  venir  allencontre  de  ce  présent  seriment,  et 
oultre  plus,  soy  obligeront  pardevant  les  maire  et  esquevins  de 
Liège,  si  hault  que  sur  leur  honneur,  corps  et  avoir,  que  jamais 
n'iront  allencontre  de  ce  que  dit  est,  et  que  selon  le  contenut 
de  cry,  ne  porteront  office  de  seigneur,  ne  dele  citet  en  la  citet 
ne  banlieu,  et  ne  feront  syete(6)  en  nuls  des  boins  mestiers 
dele  citet.  Et  parellement  soy  obligeront  de  piyer  une  voie  de 
oultre  meire  aile  citet  et  a  movoir  (t)  dedens  XXX  jours  après 
le  semonce  des  maistres  délie  citet,  en  nom  diceile.  Oultre  le 
seriment  desseur  declaret,  fereis  serimens  solempnes  pardevant 
mayeur  et  esquevins  de  Liège, que  en  la  villede  Treit  ne  aullre  part, 
de  jour  ne  de  nuyt,  en  secreit  ne  en  appert,  vous  naveis  fait  ne 
lait  faire  en  nulle  manière  a  Waultier  Datin,  Willem  Datin,  ne  a 
leurs  complicez  notoires,  sediteurs  et  traytes,  quelque  ayde, 
assistence  ne  favorissement  de  corps  ne  de  bins. Et  se  trouvet  est 
ou  soit  en  temps  future,  que  toile  ou  semblante  ayde,  assistence 
ou  favorissement  en  aet  par  vous  eslet  fais,  en  préjudice  des 
crys  fais  sur  lesdis  notoirez  et  traytez,ons  en  procéderai  sur  vous 

(*)  Pouvoir.  (*i  Souffrirez.  (')  Tort.  (*    Entrave.  (  '•  Permission.  (')  Assemblée. 
(  '  ;  Se  mettre  en  route. 


-  38  - 

comme  il  appartenrat.  En  ouUre,  fereis  serimens  solempnez, 
que  nulle  queilque  franchiese  de  bourgesie  iiacquereis,  ne  par 
vous  fereis  acquérir  en  queilcque  lieu  ou  bonne  ville  que  ce 
soit,  lespause  et  terme  que  lenquesle  ou  autres  provancez 
siéront  parfaitez  ;  et  se  aulcunnez  acquiesez  en  avies,  que 
dicelle  ne  vous  aidereis,  en  queilcque  manière,  le  terme  des- 
seurdit  ne  apreis  se  troveis  esties  capable,  par  enquesle  ne  par 
autre  juste  provance,  et  avant  que  délie  somme  que,  ensuyant 
les  crys,  avies  payet  ou  poies  payer  pour  la  reditication  de  pont 
des  arches,  fereis  seriment  solempnez  que  a  iceux  qui  ont  eslet 
commis  aile  redilîcation  de  pont  des  arches,  de  part  le  cileL, 
asscavoir  :  Colart  de  Hodeige  le  viez,  Henri  Sordeille.  Joban  de 
Huy,  Desier  le  Blavier,  ne  a  autres  qui  aient  levet  ne  recbupt 
argent  de  part  eaux  en  nom  délie  citet,  tant  Henri  de  Warous, 
Johan  Dembour,  Willem  Gossewin,  Johan  Fachin  clercq  des 
fermeteurs  (i),  ne  aaulre  quelcque,  ne  fereis  requeste,  deman- 
dise,  ne  porsuite  en  temps  advenir,  par  devant  queilque  Seigneur 
spirutueil  ou  temporeil,  autre  justice  ne  autrement  sens  fraude 
et  malengien.  Ghe  sont  les  personnez  qui  ont  fait  les  sei'imens 
et  obligancez  susdis,  promier  :  Johan  Borleit,  Raskin  (Il  Johan 
Simon,  Johan  de  Houtain  til  Coiirar  de  Lardier,  Johan  Wigelot, 
Johan  Maclol,  Gilet  le  sellier,  Willem  Rausin,  Gilet  Pangnoule 
le  jovene-,  Henry  Solo  bolengier,  Pirchon  til  Jaquenien  le 
paveur,  Libert  dele  Scorbe  Biertolet,  Buron  le  pexheur,  Johan 
de  Hodaige,  Louwy  le  Proidhomme,  Jehennin  fil  Serva  de 
Dolhain,  Libert  Dodeur  escuier  ;  et  Glamence  fille  J.uwy  parel- 
lement  est  obligie  sur  yestre  bannie,  dacomplir  lobligance 
desseurdite. 

Item  lan  susdit,  X^  jour  de  julle,  jurai  et  soy  obligat.  Renne- 
chcneal  de  Vet!,inaiie  Voirons,  e^quevins  Textor  et  Toussaint. 

Extrait  des  Échevins  le  ''iége,  GrertV;  Slephany. 
OEuvres  du  9  novembro  1434  au  18  ddcerabre 
1437  Heg.  n"  8  folio  Hi  w. 

•  )  Les  FiTmelteurs  étaient  au  nombre  de  six  o.l  rrillaient  à  l'enireiion  det 
murailles,  des  /initn  et  du  pavage  des  rues.  V.  Ford.  Heiiaux,  H""-'  édil.,  vol.  1, 
p.  ;M8. 


XXI. 


S'il  n'était  pas  établi  à  suffisance  que  la  résignation  de  Jean  de 
Heinsberg  en  faveur  de  Louis  de  Bourbon  a  été  forcée,  la  déclaration 
suivante  en  serait,  selon  nous,  une  preuve.  Il  est  inadmissible  en  effet  que 
Heinsberg  ayant,  de  son  plein  gré,  abandonné  la  dignité  épiscopale,  ait 
voulu  la  conserver  pour  quelques  jours  seulement,  c'est-à-dire  jusqu'à  ce 
que  la  bulle  confirmant  celte  résignation  lui  eût  été  signifiée  et  nonobstant 
qu'en  pleine  assemblée  du  chapitre  de  la  cathédrale,  en  présence  dudit 
Heinsberg  et  des  Etats  du  pays,  on  lui  eût  communiqué  que  suivant  des 
informations  venues  de  Rome,  celte  confirmation  avait  eu  lieu.  Celte 
conduite  de  l'évêque  indique  le  regret  qu'il  avait  de  quitter  ses  fonctions 
épiscopales. 

LE  SIÈGE  VACANT. 

Par  la  resigiiation  Monseigneur  Jehan  de  Heynsberg,  qui  par 
lespausce  de  XXXVI  ans,  avoil  en  grande  Iionneui-  possédé  la 
dignitet  episcopaic,  par  li  faite  en  nom  ei  aoez  de  Monseigneur 
Lowys  de  Borbon,  auqueil  par  vertu  de  laditte  résignation, 
laditle  dignitet  épiscopale  avoit  par  nostre  très  saint  peie  le 
pape  este  confermee,  ensi  que  venerablez  seigneurs  doyen  et 
capitle  de  Liège,  en  grand  capitle  a  saint  Lambert,  le  XXIP 
jour  de  may  laa  XIIIP  et  LVI,  desent  yestre  dicelle  contirma- 
tion  suffissanment  adcerteneis,  en  présence  demondit  Seigneur 
de  Heynsbergh  et  des  membres  et  estas  des  pays  de  Liège  et 
de  Looz,  laendroit  assembleis,  tantp;jr  cerlification.i  suffisantes 
procedantez  de  leurs  confrères  et  concanonez  de  Liège,  iidont 
residens  en  court  de  Rome,  comme  autrement.  Et  ensi  comme 
encors  lendemain  endit  capitle,  presens  iesdis  membrez  et 
estas,  ils  Iesdis  seigneurs  de  Saint  Lambert  prisent  sur  leurs 
serimens  yestre  de  laditte  confirmation  bin  certains,  en  pren- 
dant  les  perilz  sui  eaux,  se  le  contraire  appareil,  en  vertu  de 
quoy  Iesdis  autres  membres  soy  condeskendirent,  Eaulx  Iesdis 
seigneurs  de  Saint  Lambert  soy  damans  par  vertu  (.\c  ce,  en 


-  40  — 

laditto  dignitet  episcopale  seigneurs  principaulx,  comme  tref- 
fonssiers  du  pays,  tant  et  si  lon^ement  que  noveaul  seigneur  y 
aroit;  nonobstant  que  ledit  XXIF  jour  de  may,  moiidit  Seigneur 
de  Heynsbergh  soy  fuist  en  dit  capitle  opposet  allencontre, 
disant  devoir  en  sa  dignitet  demoreir  jusques  a  tant  que  les 
bulles  suffissantes  touchant  ladite  confirmation  apparoient  suffis- 
samment,  comme  il  fut  laendroit  en  dit  capitle  entre  pluisseu- 
res  autrez  causes  plusadplein  proposeit  et  remonstreit,  qui 
loing  seroit  a  reciter.  En  vertu  de  laquelle  certification,  par 
lesdis  seigneurs  de  Saint  Lambert  faite,  comme  dit  chi  deseur, 
condeskendimesavuecques  lesdis  autres  membres  a  la  credence 
de  ladite  confirmation. 

Extrait  du  reg.  aux  œuvres  des  Eclievins  de 
Liège.  (Greffe  Stephany)  commençant  le  31 
mars  -14S6  et  finissant  le  23  novembre, 
même  année.  N»  21  fol.  88.  Cette  pièce  se 
trouve  entre  un  acte  réalisé  le  H  mai  1456 
ei  un  autre  réalisé  le  29  mai  de  la  môme 
année. 


XXII. 


Nous  publions  ci-après  une  déclaration  faite  en  justice  par  Gilles  de 
Moraalle,  non  parce  qu'elle  a  quelque  rapport  aux  troubles  presque  con- 
tinuels sous  le  règne  de  Louis  de  Bourbon,  mais  parce  qu'elle  fait 
connaître  les  cruautés  de  la  torture  à  celte  époque  et  la  manière  dont 
on  la  donnait. 

14o7.  30  juillet.  Cognissance  faite  en  justice  par  seriment  lan 
XIIII'^  et  LVIl,  le  pénultième  jour  de  Julie,  maire  :  Chabot, 
eschevins  :  Textor,  Dammesart,  Lonchins,  Falloyse.  Moreal- 
meis,  Persant,  Berrart  et  Waldoreaul. 

Gilet  de  Moinmaile,  bresseur,  personeilement  conslitueit  par 
devant  nous  en  justice,  de  sa  pure  et  lige  vollenteit,  sens  dis- 


—  41  — 

Irencion  (i)  ai^cnne,  at  dit,  cognutet  confesseit  par  seriment 
sollempne  sour  ce  fait,  luy  par  nous  diligemment  examineit 
ce  qui  seiisyet  :  cest  assavoir  que,  après  ce  quil  avoit  demoreit 
lespausce  de  deux  moix  par  deleis  Gile  de  Floyon,  sique  son 
serviteur,  portant  ses  draps,  il  soy  partit  pour  alleir  vers 
Hollande  useir  de  son  mestier  sique  bresseur,  et  luy  venus  en 
le  ville  de  Meers,  Piètre  baslat  t  de  Meers,  Jehan  de  Bruystem 
et  Henry,  mayeur  délie  dite  ville,  apparcevans  quil  portoit  le 
livrée  dudit  Giele,  le  prisent  et  mettirent  en  prison,  par  ung 
venredy  après  le  grant  quaremme  et  luy,  la  extant,  examinont 
pluisseurs  foix  par  douclipur,  luy  inliortant  quil  volsisse 
cognoistre  quil  avoit  esleit  avuecque  Willemme  Surlet  par 
devant  Sainlron,  pour  aidier  copeir  me  damoiseal  de  Mers 
pies  et  pongnez  (2)  et  que  ledit  Willeuime  Surlet  devoit  esteir  a 
tout  ses  compangiions  aile  porte  de  Bruystem  a  Saintrond,  et 
Willemme  Schoen,  qui  ossy  devoit  estre  délie  par ti.'i  Willemme 
Surlet,  devoit  steir,  a  tout  ses  compangnons,  a  lautre  porte, 
condist  de  Lyewez  (3),  en  awaitant  (4)  ledit  damoiseal  de 
Meers. 

Item,  iy  inhortant  encors  quil  volsisse  cognoistre  quil  avoit 
esteit,  avuecque  nostre  maistre-Bareit,  a  Spalbeycke  (s)  aidiet 
sus  rompir  les  usseriez  (6)  après  lesdis  Jean  de  Bruystem  et 
Piètre  le  bastart.  Et  quant  il  ne  volt  ce  point  cognoistre  par 
doucheur,  ilz,  lesdis  mayeur,  Jehan  de  Bruystem,  Piètre  le  bas- 
tart et  avuecque  eaux  Jehan  de  Mollin,  le  misent  a  gehynne  (7) 
et  ly  ardirenl  (8)  lez  pies,  luy  suchant  sour  le  cheppe  (9), 
butant  (10)  ung  kelhet  (11)  dedans  le  boche,  jettant  de  scleys 
en  son  corps  et,  adont,  par  forche  de  distrencion  et  malgreit 
ly,  pour  cremeur  (12)  et  dobtance  de    son  corps,   ly  fisent 


1.^,1  Contraintes.  ';  Pi^ils  et  poings.  V  Léau.  (*)  Guettant.  •' )  Spalbeck,  canton 
df  Herck-la-ville.  (•  h.rtes.  '  )  Oèna,  torture.  ;")  Brillèrent.  ')  Cep,  insli'ument 
Je  torture  dans  lequel  on  mettait  les  pieds  des  accusés.  ;  *"  Poussant.  (")  L'n 
morccîiu  de  bois.     '- )  Craime.  [  '-'^  Guet-apens. 


—  42  - 

cognoistre  quil  avoit  esteit  a  Spalbeycke.  avuecque  ledit  noslre 
maistre  Bareil,  cl  ossy  a  Saintron,  avuecque  ledit  Willemme 
Surlet,  auz  obsattez  (  i  )  susdittez,  et  quil  en  devoil  avoir  cent 
florins  que  Gile  de  Floyou  ly  avoit  promis,  jasoice  que,  de 
toutez  les  causez  susdittez,  rins  nen  estoil  nt  point  ny  avoit 
esteit,  ains  le  desti  par  cremeui-  et  doblance  de  son  corps. 

Item  de  ce  nyent  comptons,  ilx  mandont  le  hanglienier  (  2  ) 
de  Nymeeghe.  et  le  mist  ledit  hanghenier  a  geliinne  plus  fort 
comme  devant,  et  derechieffly  lisent  cognoistre  ce  que  ditestre 
etoultre  plus  les  noms  et  sourtioms  de  ceaux  qui  sont  escrips 
en  sa  ghehinne  et,  par  especiaul,  que  le  prevost  de  Tongre  et 
nostre  maistre  Bareit  avoient  esteis  ambedeux  obsateurs  délie 
ditte  entrepriese. 

Item  après  ce  que  sa  ghebinne  fut  escripte,  il  fut  myneit  en 
le  basse  court,  pardevant  mayeur  et  esquevins,  et  la  noyât  (  3  ) 
il  saditte  gbehinne  comme  cely  qui  rins  nen  savoit,  et  après  ce, 
lut  le  hangbenier  encors  une  foix  remandeit,  et  quant  ledit 
Gilet  fut  remis  eu  prison,  ledit  hangeneir  ly  enquérit  et  exami- 
nai par  doucliour,  et  point  ne  le  volt  cognoistre. 

Item  après  ce,  il  fut  myneit,  le  jour  délie  encloesse  pasko, 
en  une  grengne  (4),  et  la  fut  il  loyet  (5)  sor  le  deseurtrain  (6) 
scailhon  (7)  d'une  schale  (8),  luy  ghebynant,  sachant  (9)  a  une 
corde  lez  brache  (io)  en  toirdant  jus  (11)  des  espallez  (12),  et  ly 
lisent  cognoistre,  par  forche,  ce  que  dit  avoit  paravant,  el 
après  ce,  fut  remis  en  prison  et,  lendemain  a  matin,  remyneit 
encors  une  foix  Cour  de  prison,  pardevant  mayeur  et  esquevins, 
et  la  cognut  il  saditte  gbehinne  el  ly  fut  demandeit  sil  volloit 
sus  morir  en  présence  dudit  bangheneir  iiquel  respondit  quil 
en  estoit  comptent,  en  redobtant  les  crudelileis(43)  et  crueusez 
dolleurs  (t^)  qui  faitez  ly  estoient,  <>t  que  encors  latendoit,  sil 
desisse  le  contraire. 

('  Guel-apens.  .  *)  Celui  qui  pend,  le  bourreau.  (')  JVia,  désavoua.  ')  Grange. 
")  Lié.  ,*)  Supérieur.  (')  Echelon.  (•)  Echelle.  ("  Tiranl.  ('°  Bras.  ("  Tordant 
bas.  >•-'  Epaule.s.  (")  Cruautés  ('*)  Cruelles  douleur;-. 


-  43  — 

Item  pour  auvertir  toutez  personnez  dist  ledit  Gilet  quil  est 
hin  veriteit  que,  unue  foix,  aile  pryer  et  commendement  dédit 
Gile,  son  maislre,  ilx  furent  ysept  coinpangnons  quérir  après 
lesdits  bastars  de  Meers  à  Kermpt  (i)  et  point  ne  lez  trovoit,  et 
de  la  pMSSont  a  Orient  (2)  la  ilx  oerent  a  mengier  et  logent,  a 
une  taverne  a  plus  près  ;  mais  oncquez  noerent  carge  et  ne 
fut  oncquez  parleit  dédit  damoiseal  de  Meers  faire  nulz  displai- 
sirs, laqueile  cognissance  par  ledit  Gilet  chi  deseure  faite,  fut 
aile  requeste  de  Johan  de  Monniaile,  vairainxhohier,  mise  en 
nostre  w;irde. 

Extrait  d'un  reg.aux  œuvres  des  Echev. 
de  Liège.  Greffe  Stephany  du  23  juin 
Îi57  au  20  janvier  1  io8  reg:  n»  23. 
fol.  76.  vo. 

XXIII. 

La  recharge  ci-après  décide  une  contestation  qui  s'était  élevée  entre 
le  sénéchal  du  comté  de  Looz  et  les  habitants  de  Curange,  relativement 
au  droit  d'enquête.  Cette  pièce  a  donc  rapport  à  l'histoire  du  droit  dans 
le  comté  susdit  et  offrira  de  l'intérêt  aux  personnes  qui  s'occupent  du 
droit  ancien. 

4400"  6  novembre.  Rechar geînent  fait  aile  court  de  dedens 
Cureiigei  par  nous  les  esquevins  de  Liège  lan  XllII"  et  chinc- 
qiiaiite  le  VI^  jour  de  novembre. 

Gomme  Henri  de  Galen  Schenisclial  délie  contet  de  Looz  et 
en  nom  de  hault  et  puissant  prince  Monsingneur  de  Liège, 
conte  de  Looz,  euyst  requis  davoir  faite  une  enqueste  générale 
par  mayeur  et  esquevins  delleditte  court  et  leur  clerc  serimen- 
toi,  daucuns  excès  advenus  et  perpétrez  en  le  hauteur  dudit 
Curenges,  maintenant  que  icelle  soy  devoit  faire  pour  inquerir 
et,  scavoir  la  veriteit  desdis  excès,  comme  on  faisoit  en  la  citet 

i*    Cynton  de  Herck-la-ville.  {'    Oriente,  dép.  de  Rummen,  canton  de  Léau. 


-  44  - 

de  Liège  et  aullre  part  ;  contre  quoy  les  mannans,  surseans  et 
inhabitans  delledilte  ville  de  Curenges  soy  opposoieiU,  disans 
que  en  vertu  de  certaine  lettre  seellee  très  anchine,  jadis  con- 
cédée par  Monsingneiir  Ernult  conte  de  Looz  et  de  Chingny, 
ilx  avoietit  teilx  privileigez  que  la  citet  de  Liège  adontavoit,  et 
que  oncques  de  meinore  dhomme,  on  ny  avoit  veyut  faire 
enquesle,  maintenant  que  encors  ne  soy  devoit  point  faire, 
ains  dévoient  en  leurs  anchins  privilèges  p;iisiblement  deino- 
reir.  Dont  pluisseurs  raisnes  et  responsses,  icelles  et  autres 
obmises  pour  cause  de  briefftet,  en  ont  par  lesdittes  parties 
pardevant  laditte  court  questionnet  que  sur  le  chieff  par  elles 
eslevet  et  obtenut,  laditte  court  comparut  pardevant  nous, 
exhibuat  en  nos  mains  par  escript  les  raisnes  et  responsses 
desdiltez  partiez  avuecques  le  coppie  de  laditte  lettre  et  autres 
exploix. 

Sachent  tuis  que,  par  nous  bin  et  diligemment  visentet  les 
exploix  par  laditte  court  en  noz  mains  exhibueis,  eniendut  ossi 
tout  ce  quil  plaisit  ausdittez  parties  pardevant  nous  faire 
remostrer  de  boche,  lieubl  sur  ce  entre  nous  meur  conseil  et 
avis,  par  grande  délibération  avons  dit  par  loy  et  par  jugement 
en  rechargant  laditte  court,  que  a  requeste  de  Seigneur  ou  de 
partie  enqueste  soy  puet  faire  en  laditte  ville  de  Curengez  de 
pluisseurs  cas  et  excès  tochans  au  Seigneur  ou  a  autre,  voir 
par  lesdis  esquevins  et  leur  clerc  serimenleit  tant  seulement 
pour  en  avant  useir  selon  loy,  nonobstant  les  oppositions  des- 
dis  surseans. 

Extraits  d'un  registre  des  Échevins  de  Liège. 
(Greffe  Stephany.)  OEuvres  du  17  janvier  1450 
au  7  septembre  même  année  n^iG  I.  212.  v". 

XXIV. 

Apros  le  sac  en  1408  de  la  ville  de  Liège  par  €harles-le-Téniéraire.  un 
conseil  ou  tribunal  composé  d'un  bailli  el  de  sept  juges  fut  institué  pour 
les  affaires  qui  auparavant  étaient  traitées  par  les  échevins  de  Liège. 


45 


C'est  devant  ce  !; ibunal  que  le  relief  qui  suivra  a  été  fait.  Ce  relief 
renferme  une  pièce  intéressante  émanée  des  commissaires  députés  et 
commis  aux  racliats  des  biens  confisqués  par  le  duc,  nous  la  |)ublions  en 
entier;  mais  du  relief  nous  ne  donnons  que  ce  qui  est  nécessaire  pour 
l'intelligence  de  la  susdite  pièce. 

Encore  un  mot  ;  d'après  les  registres  de  Liège  le  tribunal  institué  en 
146»  a  siégé  pour  la  dernière  fois  le  25  mai  1477  et  le  24  mai  de  la  même 
année  les  échevins  de  Liège  sont  remontés  sur  leurs  sièges.  Nous  donnons 
à  la  iin  du  document  les  noms  des  membres  de  ce  Conseil  et  par  extrait, 
l'acte  de  réception  des  échevins.  L'on  remarquera  que  parmi  ces  magistrats 
se  trouvent  la  plupart  de  ceux  qui  composaient  le  tribunal  ou  Conseil, 
établi  en  1468. 

1470.  21  août.  A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  veront 
et  oi'ont,  les  baillis  et  gens  du  conseil  de  uostre  très  redobte 
Seigneur,  Monseigneur  de  Liège,  ordonnez  en  sa  citet,  salut. 
Savoir  faisons  que  pardevant  nous  sont  comparus  honorables 
el  sages  Thiin  délie  Vaul  demorant  a  Meffe,  dunne  part,  et 
Coilart  de  Lompreit  de  Huy,  dautre  part.  La  miesmes,  ledit 
Tliii  i  requist  a  relever  et  relevât  de  nous,  tous  et  singulers  les 
heritaiges  et  bins  heritablcs  quil  avoit,  lenoit,  manyot  et  possi- 
doi!,  tant  les  quinze  muis  de  spelte  heritables  que  raquis  et 
diiigit  avoit  laendroit  hors  des  mains  Jehan  Lynar,  chanone  de 
Saint  Materne  en  le  vénérable  église  de  Liège,  et  dont  ledit 
Jehan  Lynart  li  avoit  la  miesmes  fait  reportation  et  ovres  par- 
devant  nous,  comme  tous  autres  généralement  qui  a  luy  ledit 
Tliiry  appartenoient,  par  quelcque  raison,  eskeance  et  succes- 
sion que  ce  i'uist  ou  estre  polsisse,  tant  de  lingue  comme  de 
coiste,  quelpart  quilz  soient  gisans  ou  situes,  comment  on  les 
pust  nomeir  ou  appelleir,  exisîens  en  pays  de  Liège  et  délie 
loy  de  Liège  movans,  et  mesment  et  spécialement  tous  et  singu- 
lers les  heritaiges  et  bins  heritables  par  lui  ledit  Thiri  raquis 
ei  rachetés  aux  commissers  députes  et  commis  aux  rachas  des 
biens  confisqueis,  comme  par  les  lettrez  sour  ce  faites  cippert 
ei  desqueles  lettres  le  tenure  et  déclaration  senssiet  et  est  telle  : 


46 


Guy  de  Brimeu  Seigneur  de  Hubercourt,  de  Querrieu  (?)  et  de 
Gisaiiiecouit,  Lieutenant  gênerai  de  Monseigneur  le  Duc  de 
Borgongne  es  pays  de  Liège,  duchie  de  Buillon  el  Gonle  de 
Looz,  Guilhnnme  de  Glungny  prolhonolaire  du  Saint  Siele 
apostolicque,  conseillier,  maistre  des  raquesles  de  losiel  de 
mondil  Seigneur  le  Duc,  ei  son  trésorier  commis  et  ordonnez 
en  ceste  partie  par  mon  avandil  Seigneur  le  duc,  et  maistre 
Richaul  Trocillon,  vicaire  generaul  de  reveren  peire  en  Dieu 
Monseigneur  levesque  de  Liège,  par  lui  commis  et  ordonnez  en 
ceste  partie.  A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  veront, 
salut. 

Comme  pour  les  rebellions,  desobeyssances  et  entreprinses, 
infractions  de  paix,  crymes,  excès  el  delicts  commis  et  perpè- 
tres par  les  manans  et  habitans  des  cite  et  banlieu  de  Liège, 
sur  et  allencontre  de  mondit  Seigneur  leur  sovrain,  advoet  et 
gardien,  el  aussi  ds  mondit  Seigneur  de  Liège,  esquelx  crim- 
mes,  excès  et  delicts  ilz  ont  continue  et  persiste  longement  par 
plusseurs  et  diverses  foix  et  jusques  a  ce  que  laditte  cite  al  este 
puix  nagaires  prinse  dassaull  par  monàit  Seigneur  le  duc  et 
reyducte  a  sa  volentet,  les  dessusdis  manans  et  habitants  ayent 
fourfait  et  conllsque  envers  lui  leurs  corps  avu  tous  leurs 
biens  immeubles  et  heritaiges  pour  diceulx  faire  son  bon  plai- 
sire  et  volente,  et  il  soit  ainsi  que  lannee  passée,  après  que 
laditte  citel  se  fu  rendue  a  la  volente  de  mondit  Seigneur,  iceulx 
manans  el  habilans  euys.-tMit  par  sa  senlenche  este  condam[t- 
neis  a  lui  payer  la  somme  de  six  viiigs  mil  Ijons  pour  une  foix, 
sur  laquelle  ilz  eussent  depuix  fait  plusseurs  payemens,  lele- 
mcnt  quiiz  nen  doient  au  présent  de  reste  que  la  somme  de 
chinquanle  mil  livres  de  quarante  groys  mannoye  de  Flandres 
la  livre,  dont  lesdis  gens  deglise  se  fussent  constitues  plesges, 
respondans  et  obligies  envers  mondit  Seigneur,  el  lesdis  bor- 
goix  mannans  et  habitans  desdiles  cite  et  banlieu  ayent  obligiez 
ausdis  gens  deglise  leurs  corjjs  el  tous  leurs  heritaiges,  pour 
iceux  prendre  et  apprehendeir  et  faire  vendre,  pour  les  denieis 


—  47  — 

qui  en  ysteront,  estre  convertis  e!,  employés  oudit  payement, 
et  iceulx  heritaiges  eussent  mis  par  euvre  de  loy  es  mains  des 
hommes  et  esquevins  qui  lors  estoient  en  laditte  citet  de  Liège, 
en  la  manière  acoustumee  en  leil  cas.  Pour  de  laquele  somme 
avoir  payement  et  satisfaction,  mondit  Seigneur  le  duc,  pour 
honneur  et  révérence  de  Dieu  et  en  faveur  desdis  gens  deglise, 
ait  esteit  et  soit  content  que  lesdis  heritaiges  a  lui  confisquez, 
comme  dit  est,  soient  par  nous  vendus  et  adenirez  au  plus  hault 
pris  et  le  plus  proiîiablement  que  faire  se  pora,  pour  les  denirs 
qui  en  viendront,  estre  mis  es  mains  diceulx  gens  deglise  et, 
en  declens  le  Saint  Jehain  prochain  venant,  convertis  ou  paye- 
ment de  rnondit  Seigneur  et  aussi  de  ving  chincque  mille  livres, 
assavoii-  :  XXj'^  quilz  avoient  prestez  a  ceulx  de  laditte  citet, 
pour  les  aider  payer  les  VI^^  mil  iyons  et  V™  livres  pour  les 
fraix  sostenus  a  loccasion  de  certaines  rentes  a  vie  quilz  ont 
vendu  pour  ceste  cause,  en  les  deschargant  et  aqiiitant  par  ce 
moyen  de  lobligation  dont  desseur  est  faite  mention,  en  cas 
îouîesvoyc'S  que  les  deniers  procedans  desdittes  confiscations 
le  pussent  furnir  et  non  autrement.  Et  pour  exécuter  le  bon 
plaissir  el.  consentemeîtt  de  mondit  Seigneur,  affin  de  parvenir 
a  son  payement  a  la  descharge  et  acquitte  desdittes  gens 
deglise,  comme  dit  est,  plusseurs  lettres  patentes  ayent  este 
expédiées  de  pan  mondit  Seigneur,  par  lesqueilles  et  aussi  par 
cry  et  publication  sur  ce  fait,  est  donnée  grâce  et  congiet  a 
plusseuî's  et  grand  nombre  de  ceulx  desdittes  cite  et  banlieu 
ayans  confisquies  leursdis  biens  immeubles  et  heritaiges,  quilz 
pussent  dorsenvant  demourer,  aller  et  venir  esdis  pays  de 
Liège  et  de  Looz  et  les  rendant  capaubles  et  habiles  de  pooir 
racheter  les  heritaiges  qui  leur  solloient  appartenir,  ou  autres 
confisques  comme  dit  est,  pour  diceulx  joyr  et  useir  paisible- 
ment après  ce  quilz  les  aueroient  rachetez  aussi  quilz  eussent 
peu  faire  par  avant  les  derniers  guerres  et  divisions  qui  ont 
règne  esdis  pays  de  Liège  et  de  Looz.  Par  vertu  de  laquele 
grâce,  Tliiri  délie  Vaul,  citoyen  de  Liège,  soit  venu  par  devers 


48 


nous  et  nous  at  requis  que,  ensuyar.t  icelle  grâce,  il  puist  estre 
recheu  a  racheter  les  heritaiges  qui  luy  soUoient  appartenir  cy 
après  déclarez  cest  assavoir  un  clieruage,  etc.  (On  omet  la  dési- 
gnation des  biens  immeubles  et  de  deux  rentes  à  racheter  ;  l'une 
de  deux  muids  d'épeautre,  l'autre  de  neuf  marcs  et  cinq  sols.) 
Savoir  faisons  que,  sur  laditte  requeste  heyu  avis  et  par  laccort, 
charge  et  consentement  expresse  de  mondit  Seigneur  de  Liège 
et  des  troix  estas  desdis  pays  de  Liège  et  de  Looz,  qui  ont  este 
pour  ce  assemblez  et  lont  ainssi  volu,  consenti,  ordonne  et 
conclud  dun  comon  accord  et  consentement.  Nous  audit  Thiri 
délie  Vaul,  en  la  présence  de  Jehan  de  Marbais  canone  de  Liège, 
a  ce  commis  pnr  les  doyen  et  chapittre  de  la  vénérable  egliese 
monseigneur  Saint  Lambert  et  par  les  prelas,  doyer.s  et  chapit- 
ires  des  église  secundairs  de  Liège,  avons  vendu,  cède  et  trans- 
porte, vendons,  cédons  et  transportons,  de  part  mesdis  Seigneurs 
le  Duc  et  de  Liège,  lesdis  heritaiges,  ainssi  quilz  sont  cy  dessus 
escrips,  specifyes  et  déclarez,  avuec  lesdis  cens  confisq-iez, 
pour  desdis  heritaiges  joyr,  useir  et  posséder  dorsenavant  par 
ledit  Thiri,  ses  hoirs,  successeurs  et  ayans   cause,  en  tous 
drois,  profïis,  emolumens  quelconcques,  heritnublement  et  a 
tous  jours,  aux  charges  dessusdites  et  ce,  moyennant  le  pris  et 
somme  de  syx  vings  treze  florins  de  Rin  doir  et  demy  quil  en 
sera  tenus  payer  pour  une  foix  a  deux  termes  cest  assavoir, 
la  moitié  au  jour  Saint  Remy  après  ensuyant.  Moyennant  laquele 
grâce,  il  a   promis  et  fait  sériaient  que,  dorsenavant,  il   sera 
bon  et  loyaul  a  mesdis  Seigneurs  ou  a  leurs  lieutenant  et  com- 
mis en  leurs  absence  et  ne  sostendra,  ne  favorisera  en  aucune 
manière  les  fugitives  desdis  pays  qui  ont  este  et  sont  bannis 
par  mesdis  Seigneurs,  ains  fera  son  pooir  de  les  anunchier  a 
justice  ou  il  les  sauera  et  pora  trover  esdis  pays.  Se  donnons 
en  mandement,  de  part  mesdis  Seigneurs,  aux  baillis,  hommes 
de  fiels,  esquevins,  ou  autres  officiers  desdis  pays   de  Liège  et 
de   Looz,  ou  lesdis  heritaiges  sont  situes,  que  diceulx  ilz   met- 
tent et  iii>tituer:i  ledii   Thiri  en  possession  et  saisinne,  en  luy 


-   49  - 

en  faisant  les  oevres  et  vestures,  selon  les  loys,  usages  et 
cousluiïimes  diceulx,  et  len  suelTrout  et  laissent  goyr  et  user, 
comme  dessus  e>t  dit,  sans  ei  lui  faii'e,  ou  souffrir  estre  fait, 
quelconcque  distourbir  ou  empeischement.  En  tesmongne  de 
ce,  nous  avons  mis  nous  seelx  ad  ces  présentes  lettres  faites  et 
données  en  la  ville  de  Trect  le  quatuorsieme  jour  du  moix 
davril,  lan  mille  quattre  cens  soixante  nueff,  après  Pasques. 
Parquen  noble  homme  messire  Jacques  de  Morealmez  seigneur 
de  Landeilliez  et  de  Merchenlioven,  chevalier,  sovrain  bailli 
de  Liège,  fist  audit  Thiri  desdis  biens  si  avant  que  a  luy  sont 
eskeus,  succèdes,  devollus  et  appartenans,  par  les  raisons  sus- 
diltez,  tant  en  vertu  dudit  rachat,  comme  autrement,  et  quilz 
mueveni  délie  loy  de  Liège,  don  et  vesteure  ens  le  commandât 
ban  et  paix,  a  droit,  a  loy  et  a  nostre  ensegnement,  sauvet  en 
ce  le  droit  des  seigneurs  et  courts  treffonssiers  dont  ils  muevent 
et  aussi  de  chascun.  Et  ce  faist,  lantost  la  miesmes,  ledit  Thiri 
fut  si  conseilliet  quil  de  sa  pure  et  lige  volentet,  sens  distren- 
cion  aucune,  reporta  sus  en  le  main  dudit  bailii,  tous  et  singu- 
1ers  lesdis  heritaiges  et  biens  heriiables,  tant  les  dis  quinze 
muis  dont  dessus  est  faite  mention,  comme  tous  autres  par  lui 
cy  dessus  roieveis  ossi  raquis  et  rachetés,  si  les  quitat,  werpit, 
effestuat  purment,  nuement  et  absolument,  y  renunchat  eldele 
tout  sen  déshéritât,  sens  riens  ens  ne  sus  a  retenir,  en  nom  et 
aoez  dudit  collart  de  Lonpreit,  la  présent. 

Lesqueles  relevations,  reportations,  oevres,  conditions, 
divises  et  tout  ce  que  prescript  est,  ledit  bailli  mist  en  le  warde 
et  retenance  de  nous  les  gens  du  conseil  susdit  qui  ad  ce  faire 
fummes  presens,  et  partant  que  ce  soit  ferme  chose  et  estables, 
si  avons  nous  les  bailli  et  gens  du  Conseil  avantdis  fait  appen- 
dre  ad  ces  présentes  lettres  nos  propre  seeix  en  signe  de  veri- 
teit.  Sur  lan  de  grâce  mille  quattre  cens  sixante  dyex  du  mois 
daoust  le  vingte  ung^  jour. 

Extrait  d'un  registre  auxOEuvres  desEcfievinsde  Liège. 
(Greffe  Steplianyj  commençant  le  23  mai  litJ9  et 
finissant  le  11  janvier  1471,  a"  M    lot.  i39. 


—  50  — 

Noms  des  personnes  ayant  fait  partie  du  Conseil  ou 
tribunal  institue  en  1468. 

Morealmeis,  bailli. 

TriiKi,  Lieutenant  du  bailli. 

Beran  (Alexandre.)  Panuetier. 

Boisée  Proidliomme. 

Boubais  Ricoul,  Ricourt  ou  Rykoul. 

Boverie  Scliurre- 

Bryamont  Tollet. 

Clermont  Waldoreal, 

Heyiieinaii  Waroux. 

HoUogne 

■1477,  24  mai.  Lan  de  la  nativité  nostre  Seigneur  Jliesu  Crist 
mil  Iin«  LXXVII,  le  nuyt  du  cliiiicquemme  qui  fnl  XXIIII' jour 
du  moix  de  may,  fut  par  vertu  des  leltrez  patentes  de  nostre  très 
redobtc  Seigneur  Monseicfueur  Loys  de  Bourbon,  par  la  grâce  de 
Dieu  evesque  de  Liège,  duc  do  Buillon  et  comte  de  Loz,  le  siège 
des  mayeur  et  eschevinsde  Liège,  après  les  guerres  et  divisions 
qui  regnet  avoient,  reslaubli  et  remis  en  son  est  aprimi  tive,  selon 
le  conteîiu  desdiclez  lettrez  de  mondict  Seigneur  et  furent  ad 
celi  jour  recheus  et  mis  en  feaute  ceulx  qui  sont  es  dictez  lettrez 
de  mondict  Seigneur  dénommés,  assavoir  :  Monseigneur  Guil- 
laume d'Areinbcrch,  seigneur  d'Aigremont  et  de  Seraing  le 
Casiial,  hault  voeit  de  Hesbaing,  comme  souverain  mayeur, 
Messeigneurs  Jacque  de  Morealmez  qui  avoii  este  bailli  de 
Liège,  seigneur  de  Merchelioven,  Messire  Gerari  de  Seraing 
seigneur  a  Fraipont  pannetier  bereditable  a  nostre  dict  ires 
redoubte  Seigneur,  Messire  Jehan  de  la  Boverie,  chevaliers, 
Jehan  le  Proi<lhomme,  Gérard  Tollet,  Hellin  de  Boisées,  Bau- 
duyn  le  Pollen  de  Hollogne,  Johan  délie  Schurre,  Thilman  Wal- 
dorea  et  Renart  deBoubaix. 


—  51   - 

Item,  le  XXVI'' jour  dudit  iiioix,  furent  mis  en  feate  Henri  de 
Hemmericourt,  maistre  dhoslel  de  mondict  Seigneur  et  Tiiilman 
d'Heure  comme  esquevins,  reserveit  que  Doem  de  Gleirmont  ne 
fisl  adonl  point  ce  serimenl  et  est  ledit  Thilman  Waldoreal 
submayeur  de  Liège. 

Item,  lan  susdit  le  penullemme  jour  dudit  moix  de  may  fut 
ludit  Doem  reciieu  et  tist  le  senment. 


Echevina  de  Liège  —  GrefTe  Stephany.  — 
Keg.  coraraençant  le  12  octobre  1476  et 
finissant  le  2  août  1477,  fol.  181   ^^ 


XXV 


Nous  avons  déjà  publié  une  pièce  attestant  que  l'interdit  avait  été  jeté 
sur  la  cité  de  Liège,  du  io  septembre  I4G2  au  50  mai  14G5,  et  que  par 
suite  le  cours  de  la  justice  avait  été  suspendu  pendant  ce  temps.  La  pièce 
ci-après  que  nous  avons  découverte  depuis  celte  publication,  ne  prouve 
pas  seulement  la  même  chose,  c'est-à-dire  l'interruption  de  la  justice  à 
l'époque  ci-dessus  :  mais  elle  apprend  que  celte  interruption  a  encore 
eu  lieu  antérieurement,  du  15  juillet  1459  au  18  janvier  1460,  lorsque  les 
bourgmestres  publièrent  une  ordonnance  décrétant  l'incompatibilité  entre 
les  fonctions  de  magistrat  de  la  cité  et  celle  de  conseiller  du  prince,  ce 
qui  irrita  Louis  de  Bourbon,  lequel  suspendit  le  grand  mayeur  et  ainsi  la 
justice  qui  ne  pouvait  être  rendue  qu'à  sa  semonce  ou  réquisiton. 

Nous  les  esquevins  de  Liège  faisons  scavoir  a  tous  que  par 
devant  nous  esl  comparut  Willemme  de  Champs  jadis  maistre 
délie  cite  de  Liège,  lequeil  pour  et  en  nom  de  ladite  cite  requist 
a  avoir  de  nous  par  escript  et  seelleis  tout  ce  quil  nous  cons- 
tisoit  dez  jours  et  fermez  que  nostre  trts  redouble  Seigneur. 
Monseigneur  de  Liège  terrât  la  loy  de  son  pays  par  devant  nous 
en  sadite  cite  et  quant  icelle  loy  fut  rabandonee  et  overte,  tant 
promirement  du  temps  Euyslas  Chabot,  comme  secondement 
du  temps  Messire  Gile   de  Huy,  chevalier,  sovurains  mayeurs 


de  Liège,  affîn  que  iadile  cile  sen  polsisse  aidier  en  temps  et  en 
lieu  lois  il  appailenriMt  aile  observation  de  son  droit.  A  laqueille 
requeste,  disoiis  que  bin  nous  constat  que  enviion  la  moyenne 
du  moix  de  juile  lan  XIIIP  et  LIX,  le  jadis  Euystas  Chabot  adont 
sovurain  mayeur  de  Licge  cessai  de  nous  somonre  de  jugier 
loy,  pourtant  que  la  puissance  len  esloil  oslee  au  comandement 
et  de  part  la  grâce  de  nostredit  très  redouble  seigneur,  ensi 
que  le  jadis  Euystas  nous  dest  et  remostrat,  et  par  ensi  nous 
cessâmes  de  jugier  loy,  pourtant  que  point  nestiens  par  niayeur 
soinons  jusquez  a  XVIll^"  jour  de  janvier,  lan  XIIII''  et  LX,  que 
le  jadis  Euystas  Chabot  nous  recomencbai  a  somonre  de  jugier 
loy,  par  la  puissance  de  ce  faire  a  ly  rendue,  comme  il  nous  dest 
et  remostrat,  a  commandement  de  nostredit  très  redouble 
Seigneur. 

Item,  aussi  nons  constat  que,  en  moix  de  septembre  le  XIII*' 
jour,  lan  XIIII'  et  LXII,  nostie  dit  très  redouble  SeigriCur  nous 
envoyât  ses  lettrez  et  plackars  overtes  seelleez  sub  son  seel  de 
secreit,  par  lesqueillez  il  commandoit  audit  messire  Gile  de 
Huy,  son  sovurain  mayeur  de  Liège,  quil  cessasse  de  exercer 
office  de  mairrie  et  de  nous  somonre  et  conjureir  dédire  loy, 
en  revocant  et  annichillant  en  ce  sa  commission,  et  que  nous 
lesdits  esquevins  semblamment  cessassiens  et  nous  deportas- 
siens  de  jugier  et  cognoistre  de  cause  nulle  a  ioy  lochante  et  de 
seoir  en  tenant  siège  de  justice  en  ladicte  cite,  pour  cause  de  la 
sentenche  dinterdicl  exécutée  en  ladicte  cite,  sur  incorir  en 
cert;iinez  painez,  perilx  et  desobeyssance  ensi  et  par  les  maniè- 
res que  lesdittez  lettrez  et  plackars  de  nostredit  lies  redoubte 
Seigneur  plus  ad  plen  continent  etc. 

En  vertu  desqueillez  ledit  mayeur  cessât  de  somonre  et  nous 
de  jugier,  ne  faire  exercicez  de  loy,  de  cely  jour  en  avant  jusque 
au  penullimme  jour  de  may  lan  XIIII''  etLXÏII  ou  environ,  que 
ladicte  loy  fni  ovei'le.  En  tesmongnage  de  verileit  si  avons  ;i  la 
requeste  prescripte  fait  appendre  ad  ces  présentes  lettrez  les 
seelx  Libert  Testor  et  Jehan  Dammesire  noz  maitrez  pour  le 


—   n3    - 

temps  et  coesquevins  de  Liège,  desqueilx  usons  ensemblez  en 
teilx  et  semblans  cas.  Faitez  et  donneez  ian  délie  naliviteit 
nostre  Seigneur  Jhesu  Grist  mille  IIIP  et  LXIlII.le  XIX""  jour 
du  moix  davril. 

Extrait  des  Échevins  le  l'iége,  GretVe  Siephiiny. 
Reg.  commençant  le  26  janvier  et  finissant  le  "li 
décembre  1464  n»  2  fol.   81. 


xxvr. 


L'évêque  Louis  de  Bourbon  s'étanl  retiré  à  Huy,  y  flt  emprisonner 
Jacques  de  Morialmé  avec  tous  ses  domestiques. 

Suivant  la  plupart  des  historiens,  les  bourgmestres  de  Liège  le  récla- 
mèrent comme  bourgeois  de  leur  ville  ;  mais  celte  réclamation  ne  fut  pas 
accueillie  par  le  prince  qui  n'élargit  son  prisonnier  que  sur  les  instances 
du  duc  Philippe  de  Bourgogne. 

il  paraîtrait  que  la  déférence  du  prince  pour  le  duc  était  plus  grande 
(pie  pour  les  lois  du  pays;  car  les  échevins  de  Liège,  par  la  décision  que 
nous  allons  mettre  sous  les  yeux  du  lecteur,  avaient  déclaré  que  l'empri- 
sonnement de  Jacques  de  Morialmé  était  contraire  aux  paix,  franchises 
et  liberté  de  la  cité  de  Liège. 

Il  est  regrettable  qu'on  ne  puisse  se  procurer  l'enquête  faite  dans  celte 
affaire  :  elle  apprendrait  assurément  les  motifs  inconnus  jusqu'ici  de 
l'arrestation  de  ce  seigneur  et  par  suite  ce  qu'il  y  a  de  fondé  dans  ceux 
que  l'on  a  supposés,  savoir  :  d'avoir  voulu  rappeler  Heinsberg  ou  d'avoir 
été  honoré  de  l'amitié  de  celui-ci,  ce  qui  suffisait  pour  s'attirer  la  haine 
de  son  successeur. 

Comme  les  maistrez  etpluisseurs  officyers  tant  de  boin  mes- 
tier  des  fevres  comme  de  pluisseurs  autres  boins  mestiers  délie 
cite  de  Liège  soient  pluisseurs  foix  par  devant  nous  les  esche- 
vins  de  Liège  comparu^  et  nous  ayoïit  requis  davoir  aouvreture 
et  de  savoir  se  lenqueste  generaule  qui  de  part  nous  avoit 
esleit  faite  es  lîiarchez  de  la  bailherie  de  Tuwing  a  la  requesle 
de  nostre  très  redouble  Seigneur  et  prinche   Monseigneur  de 


-  54  - 

Liège  avoil  esleit  faite  par  loy  el  par  franchiese  on  nom,  el,  se 
point  nesloil  faite  par  loy  ni3  par  franchiese,  que  dont  le  voisis- 
simez  aiuiicilleir,  porvcyut  quilx  entendoient  icelle  enqiieste 
generaule  i)oioir  tochier  la  persone  de  J.ike  de  iMoreahneit  bail- 
hier  do  Tuwing,  nostre  coifi'ore  et  coneschevin,  qui  estoit 
bourgoy  citain  de  Liège,  luy  stisant  en  feriue  comme  prisoiiier 
en  la  bonne  ville  de  Huy  comme  ilx  disoient.  Sour  laquelle 
re(pieste  nous  meurement  conseilliiez,  après  ce  que  le  mambour 
de  nostrecJit  très  redobte  Seigneur,  avuecquez  alcuns  et  pluis- 
seuvs  de  son  conseilhe,ont  par  nostre  ensengnement  esteit  sus 
signifyez  et  leur  responsse  bin  entendue  etc, avons, aile  semonsse 
Euystas  Chabot,  seigneur  Domeseez,  souverain  mayeur  de 
Liège,  dit  et  delibereit  que,  a  la  requeste  de  nostredil  1res 
redobte  seigneur,  qui  par  plusseurs  ses  lettres  signées  et  saiel- 
lees  de  part  luy  nous  en  at  instamment  requis,  summes  les 
aucuns  de  nous,  a  la  recharge  de  tous  nous  autres  confrers, 
suyant  ladite  requeste,  clievalchies  et  transporteis  es  marchez 
de  ladite  bailherie  de  Tuwing  et,  laendroit,  at  esteit  faicte  ladite 
enqueste  generaule  par  loy  et  le  tenons  de  loy,  mais  bin  est 
vraie  quant  alqueils  nos  confrerz  la  envoyeir  do  part  nous,  a  la 
requeste  susdite,  parchurent  quelle  poioit  tochier  a  borgois 
citain  de  Liège,  si  ont  fait  certaine  protestation  escripte  sour 
ladite  enqueste,  en  vertu  de  laquelle  protestation,  pourtant  qui! 
nous  constat  que  ledit  Jacque,  nostre  coneschevin,  est  borgoy 
citain  de  Liège,  exstant  prisonier  comme  dit  est,  disons  que, 
selon  paix  faites,  francbiesez  et  liberteis  que  nous  sauvons  et 
wardons  tochaiit  citains  borgois,  ladite  enqueste  generaule  ne 
doit  adit  Jacque  prejudicier  et  ne  doit  sur  ly,  comme  bourgoy 
citain  de  Liège,  servir;  mais  quant  est  au  regart  dautres  prison- 
nies  contenus  en  ladicte  enqueste,  disons  avant  que  ly  seigneur 
ou  son  mambour  puelent  de  loy  sour  eaux  procedeir,  sil  leur 
plaist,  demorans  par  nous  a  sorplus  deleis  le  paix  de  Fexhe 
faisant  mention  des  officyers  de  Monseigneur  et  deleis  toutes 
aultres  paix  faites  que  nous  sauvons  et  wardous  etc.  Ce  (ut  par 


—  55  — 

nous  dit  et  foursporieit  sur  Uv\  de  giMce  délie  naliviteit  nostre 
Seigneur  Jhesu  Crist  mille  quitre  cens  el  LIX,  le  penultemnie 
jour  de  décembre. 

Echevins  de  Liège  (Greffe  Stephany).  OKuvres. 
Reg.  commençant  le  15  septembre  i  kS8  eJ 
finissant  le  8  mai  1439,  n»  25,  folio  123  v". 

XXVII. 

La  pièce  suivante  nous  a  paru  iri'.s-intéressante.  Elle  date  de  l'épis- 
copal  de  Jean  de  Hornes  et  elle  a  trait  à  la  guerre  civile  qui  désola 
la  ville  et  le  pays  de  Liège  à  la  suite  du  meurtre  juridique  de  Guillaume 
d'Aremberg.  Ce  document  qui  contient  plusieurs  faits  historiques  ignorés 
par  nous  et  non  signalés  par  les  historiens  du  pays,  nous  fait  aussi 
connaître  que  les  finances  de  la  cité  s'étaient  épuisées  par  les  frais  de 
cette  guerre  et  qu'on  avait  dû  se  livrer  à  la  recherche  des  moyens  de  les 
rétablir. 

1487  10  mars.  Nous  le  mayeur  et  les  esquevins  de  Liège 
faisons  savoir  a  cascun  et  a  tous,  que  lan  délie  nativiteit  nostre 
Seignenr  Jhesu  Crist  mil  quattre  censquattre  vings  et  sept,  le 
X'^  jour  de  moix  de  marce,  comparurent  paixlevant  nous,  vail- 
lans  et  honnoreis  Thilman  Waldorea,  Seigneur  de  Soyron,  et 
Gilede  Huy,es(:uier,m.iisti'es  pour  le  temps  délie  cite  de  Lioge, 
et,  avueceulx,  AndrierBourlette  mambourdicellecite.  Lesquelx 
apportarent,  pardevant  nous,  le  coppie  signée  délie  suyte  et 
sequellederainement  faite  et  passée  en  palaix  episcopal  a  Liège, 
requérant  icelle  suyelte  fuist  mise  en  warde  de  loy  et  registret 
en  nostre  regitre  auctentick  et  laquelle  requeste  le  dit  maieur 
le  mist  en  le  wai^de  de  nous  lesdis  eschevins  et  lavons  fait 
registrer  en  nostre  regitre  auctentick,  tôt  ensi  que  apporteit 
lavoient  pardevant  nous  par  laditte  copie  de  laquele  le  tenurre 
sensiet  de  mot  a  mol  :  Lan  quattre  vings  et  sept,  le  XXV*"  jour 
du  moix  de  feverier,  sur  ce  que  la  universitet  de  la  cite,  fVaii- 
cliiese  etbanlieu  de  Liège  estoit  celi  jour  convockee  et  assem- 


56  - 


bleeeii  palaixepiscopal  a  Liège,  pour  les  matheres  subescriptes, 
remostrat  Thilmaii  Waldorea,  Seigneur  de  Soyron,  maislre 
de  ladite  cite,  pour  lui,  cl  Gile  de  Huy,  escuier,  son  compan- 
gnon  ausi  maistre  de  ladilte  cite,  coinenl  obsiant  que  pour 
trover  voies  et  manierez  de  pooir  payer,  satisfaire  et  contenleir 
les  créditeurs  envers  lesquelx  la  cite  esloit  tenue  et  obligée  en 
certaines  grosses  sommes  de  deniers,  sens  le  contentement 
desquelles,  les  bourgoix  et  inhabitans  en  laditle  cite  ne  pooient 
hantier  ne  converseir  es  pays  voisins,  pour  y  faire  et  meneir 
leurs  marchandise  et  autres  leurs  négociations,  que  Ion  ne  les 
prendoit,  deteiioit  et  arrestoit  leurs  corps,  biens,  ou  deniers 
par  lot  ou  ilz  astoient  trouvez  hors  du  pays,  ladilte  universiteit 
eusl  passeit  et  accordait  leveir,  en  laditle  cite  et  banlieu,  certai- 
nes ayddes  et  gabelles  ;  neantinoinspour  les  très  grans,  énormes 
etevidens  despens  et  domaiges  quil  avoit  covenu  depuis  avoir 
et  sustenir  ladilte  cite  et  que  encors  covenoit  avoir  et  sosienir 
journelement,  au  conlresieir  et  resisteir  les  ennemis  de  laditle 
cile,  qui  depuis  brielï' jours  sasloienl  logies  pardevant  iceile  et 
qui  encor  journelement  couroienl  el  faisoient  domaiges  sur  le 
pays,  nestoil  point  possible  icelles  carges  satisfaire  ne  payer 
des  deniers  provenans  desdittes  ayddes,  ains  estoit  necessaiie 
fineir  et  retroveir  cerlainez  sommez  de  deniers  pour  les  affaires 
susditles. 

Et  affni  de  povoir  recovreir  aucuime  somme,  ilz  eussent  sup- 
plyet  et  requis  aux  seigneurs  et  prelalz  des  engliesez  de  Liège 
que  de  voloir  subvenir  laditle  cite,  par  preste  et  engagement 
daucuns  leurs  biens  ;  car  ilz  avoient  troveil  gens  en  la  ville  de 
Treit  el  ailhours  qui  eussent  fait  preste  a  laditle  cite  daucunues 
bonnes  sommes  de  deniers,  moyennant  que  lesdis  des  engliesez 
les  en  volsissent  faire  seurte  daucuns  leurs  biens,  et  ou  cas 
quilz  leussent  volsu  faire.  Ion  eust  telement  rassenneit  lesdis 
des  engliesez,  en  eulx  faisant  assenne  de  autant  que  de  double 
ou  plus  de  ce  quilx  se  eussent  obligies,  quilz  en  eussent  este 
bin  asseures,  el  dont  après  quilx  en  avoient  (ail  el  fail  laire  les 


diligence  a  C!''x  possibles,  esperans  que  lesdis  des  engliesez 
les  deusseni  assisteir  et  subvenir,  lesdis  des  engliesez  leur 
avoierit,  nonobstant,  leur  donneit  a  entendre  de  paravant  le  toi 
reffuseit  et  escondit,  porquoy  estoit  nécessaire  de  recovereir 
argent  par  autrez  manierez,  pour  yssir  des  dangiers  susdis, 
liquel  recovrement  ne  leur  sembloil  estie  possible  faire,  se  ce 
ne  se  faisoit  par  leil  moyen  que  les  autres  bonnes  villes  du 
pays,  assavoir  :  Tongre,  Hassell  et  autrez  avoient  recovereit 
finance  deulx  miesme,  pour  le  desligement  de  leurs  affaires, 
lesquelx  avoient  tineit  a  leurs  bourgoix  certaines  bonnes  som- 
mes de  deniers  par  vendilions  daucunnez  rentes  a  rachat  sur 
les  biens,  deniaines  et  ayddes  de  leurs  villez ,  par  ensi  leur 
sembloit  ausi  estro  le  meilleur  et  plus  proffîtable  pour  ladilte 
cite,  que  de  recovereir  aux  bourgoix  et  inhabitans  dicelle 
nucunnez  sommez  de  deniers,  par  venditions  daucunnez  rentes 
a  rachat  sur  les  ayddes  de  ladilte  cite,  et  pour  a  quoy  parvenir, 
ilz  avoient  desja  fait  crycr  et  publier  au  peron  de  ladilte  cite, 
que  toiles  personnnes  qui  avoieni  fait  prestes  a  laditte  cite, 
lant  do  temps  messire  Guillemme,  ausi  de  temps  messire  Ghis, 
a  cause  des  prisonniers  de  Wert  et  autrement  que  depuis  et 
dernièrement  et  qui  en  avoient  docnmens  ou  certiffîcations  telles 
que, pour  y  adjosteir  foid,le  venissent  faire  apparoir  par  devant 
les  dis  maistres  et  ossile  conseil  de  la  ditte  cite  ;  car  ceulx  qui 
ce  feroient  et  qui  presleroient  encores  aucunnes  raisonnables 
sommes  de  deniers  a  ladite  cite,  Ion  leur  assigneroit  rentes  a 
rachat  pour  pris  raisonnables,  pour  eulx  eslre  asseures  de 
leurs  prestes,  tant  de  celles  quilx  avoient  fait  de  paravant, 
comme  des  prestes  quilx  feroient  de  noveal  ;  comme  semblam- 
Mjent  Ion  feroit  ausi  a  tous  autres  qui  voroicnt  subvenir  ladilte 
cite  et  achatteir  rentes  et  leur  seroient  icelles  asseurees,  si  bien 
pour  les  recevoir  a  ceaux  qui  liendroienl  les  fermes  des  ayddes 
gabelles  de  ladilte  cite,  pour  eslres  payes  de  deux  moix  a  deux 
l'ioix,  a  fait  que  les  deniers  dicelles  ayddes  eskieni,  que  ung 
cliascun  en  deveroii  par  raison  eslre  conte;it.   Et   pour  ung 


-  58  - 

chascun  eiiestre  mieulx  asseuret.sil  plaisoit  I  iditle  cite  le  aussi 
passeir  et  nccordeir,  leur  intention  estoit  quiî  ce  fuist  mis  en 
warde  de  loy.  Remostrat  ossi  cornent,  pour  cause  des  grands 
malx  et  domages  qui  pareidevant  estoient  advenus  a  hi  cite  et 
pays,  hors  des  places  de  Seave,  Asseneur,  Aigremont  ei  autrez, 
Ion  avuit  iceiles,  par  le  consenteiH'Bnt  et  adveu  de  nostre  très 
redobte  Seigneur,Monseigneur  de  Liège, et  du  conseil  de  laditte 
cite,  abattues  et  aruvvinnees,  etaffin  que  les  povres  compan- 
gnons  qui  ce  fait  avoient,  en  polsissent  estre  descargies  pour 
le  temps  future,  se  desiroieiit  bin  lui,  sondit  compangnon  et 
ausi  ceiilx  du  conseil,  que  plaisisse  laditte  universitet  advoeir 
ce  que  fait  avoit  este  desditles  places  et  autrez  ediffices,  et  le 
tenir  et  reputeir  comme  le  fait  de  laditte  cite  propre,  et  que 
ausi  volsissent  tenir  et  reputeir  pour  le  fait  de  laditte  cite,  les 
pieres  que  Ion  avoit  pris  et  prendoit  journelemeiit  sur  les 
arsins  et  places  ruyneez  aval  la  cite  et  que  Ion  avoit  mis  et 
encors  Ion  metteroit  entliour  les  murailbes  et  autres  spécifica- 
tions deladilte  cite,  affin  que  ceulxqui  les  avoient  pris  et  mis 
en  la  fortification  susditte,  en  polsissent  être  descargies  pour 
le  temps  advenir.  Remosirat  en  oultre  et  finablement  que,  par 
le  conseil  de  laditte  cite,  avoient  dernièrement  este  faites  et 
passées  certaines  ordonnances  a  cause  de  faire  le  gheit  en 
icelle,  el  dont  certaines  corrections  et  amendes  avoient  este 
passées,  se  devoir  payer  par  ceulx  qui  en  seroient  defallans, 
comme  la  sieulte  dudit  conseil  plainement  le  contenoit.si 
requerc/it  a  laditte  universitet,  afiin  que  persoenne  nulle  ne  pol- 
sisse  alligier  ignorance,  ou  contredire  a  ce  que  en  avoit  este 
passe  par  ledit  conseil,  que  plaisisse  ladilte  unniversitei  deleis 
ce  que  par  ledit  conseil  fait  en  avoit  este,  demeurer  et  en  faire 
sielte  et  sequele  avuec  les  choses  susdites. 

Laditte  universitet  sur  totes  les  remostrances  susdittes  meu- 
reaient  conseillée,  passât  et  délibérât  par  plaine  sieulte  et 
sequele,  quelle  remerchioit  de  prime  fâche  lesdi.-,  maistres  des 
grandes  paines  et  travailles  quilx  avoient  heyus  et  sostenus, 


—  59  — 

avoieiit  et  sostiMioient  journelement,  pour  les  affaires  de  ladilte 
cite,  et  quelle  demoroit  plainemeiit  deleis  les  remostrances 
susdittes,  désirant  que  icellcs  fuissent  mises  a  éxecution  le 
mieulx  et  le  plus  convenablement  que  foire  se  poroitvoir,  que 
lintention  dicelle  nestoit  point  de  faire  achatteir  les  bour- 
goix  aucunnes  rentes  par  force,  mais  a  leur  bon  plaisir  et 
vollenteit,  sens  eulx  pour  ce  faire  aucunne  contrainte. 

Lan  susdit  le  V«  jour  de  moix  de  marée,  fut  par  les  officiers 
des  XXXIl  bons  mestiers  de  laditte  cite  et  plusseurs  bon  bour- 
goix  dicelle,  assembles  en  refector  des  Frères  Menneurs,  passe 
et  dclibereit,  en  advouant  la  sieulte  et  sequele  susditte  que  au 
fiiire  et  passer  ladite  sieulte,  loppinion  et  intention  de  laditte 
université  astoit  quilx  ne  voloient  personne  aucunne  faire 
f'nire  acbas  par  force  ou  constrainte,  sinon  au  bon  plaisir  des 
b()!ir;-;eois,  et  que  leur  intention  estoil,  que  ceulx  qui  avoient 
este  assis  pour  faire  prestes  a  ladilte  cite,  prestassent  icelles 
p;ir  les  fourmes  et  manierez  quil  avoit  este  encommenchiet. 

Exlrail  du  reg.  aux  œuvres  des  Echevins  de 
Liège.  (Greffe  Stephany)  coramençanl  le  16 
novembre  li86  et  finissanl  le  îî4  novembre, 
1487.    Reg.  no   49  fol.  78. 

XXVIIl. 

Nous  ne  croyons  pas  que  l'acte  de  création  et  le  premier  règlement  de 
la  compagnie  des  jeunes  arbalétriers  de  Liège  aient  j.miais  été  publiés. 
Comme  il  se  trouve  encore,  dans  les  faubourg':  de  Liège,  plus  d'une 
soriijié  semblable,  le  document  qui  suit  devra  exciter  l'intérêt  des 
membres  de  ces  sociétés  lesquels  n'auront  pas,  ainsi  qu'ils  le  verront, 
à  rougir  de  leurs  confrères  du  1"  quart  du  16"'^  siècle.  On  comptait  en 
eifet  i)armi  ceux-ci  :  Guillaume  de  Franckenberg,  chanoine  de  la  cathé- 
drale de  St-Lambert,  Hubert  de  Fanchon.  seigneur  de  Colonster,  Guil- 
laume de  Metïe  dit  du  Champion  qui,  le  premier,  a  écrit  l'histoire  du 
souièvement  des  Hivageois  et  plusieurs  autres  personnes  notables  de 
Licgf. 


-   60  — 

Lan  quinse  cens  et  vingt  quatre,  le  XXIX*  jour  daoust,  com- 
parurent pardevant  îious  inayeur  et  eschevins  de  Liège,  Guil- 
leamme  de  Champion  clerc  secrétaire  de  la  cite,  avvec  luy 
Johan  Willekenne  et  Sandron  Marckon, partie  faisans  tant  pour 
eulx  comme  pour  tous  leurs  autres  confrers  de  la  compangnie 
des  arbalaistiers  Nostre  Damme,  Saint  Lambert  et  Sainct  George, 
érigée  et  construite  en  cestedicte  cite,  lesquelz  nous  npporta- 
rent  et  exitibuarent  lettre  daltee  de  XXIII  jour  de  may  au  XV-^  et 
XXIII, contenant  les  ordonnances,  poins  et  articles  par  ceulx  de 
ladicte  compangnie  promis  et  jurez  en  tout  tes  leurs  parties 
observer  et  entretenir,  grées,  laudcz,  confirmes  et  approuves 
tant  par  très  révérend  père  en  Dieu,  très  hault,  très  puissant 
prince  et  nostre  très  redoubte  Seigneur,  Monseigneur  le  cardi- 
nal, archevesque  de  Valence,  evesque  de  Liège,  duc  de  Buillon, 
conte  de  Looz  etc,  le  cinquemme  jour  de  jullet  oudit  an  XV"  et 
XXIII,  comme  par  maistres,  jurez  et  conseil  de  sadicle  cite,  le 
XV  jour  de  septembre  ensuyant,  ai)paranl  le  tout  par  lettres 
patentes  seellees,  a  la  précédente  lettre  do  ladicte  comi)angiiie 
annexées,  requérant  par  les  dessusdits,  en  lequalite  dicte,  volloir 
icelles  ordonnances,  poins,  articles,  greafion,  confirmation  et 
approbation  dicelles  faire  regislrer  en  nostre  registre  aucten- 
ticque,  et  le  tout  mettre  en  warde  de  loy,  ce  que  a  leur  requeste 
a  este  fait  par  ledict  mayeur,  a  condition  et  sur  protestation 
que,  en  icclles  dictes  lettre,  poins  et  articles,  il  nai!  choese  qui 
puisse  prejudicier  a  la  jurisdiction  de  nostre  dit  très  redoubte 
Seigneur,  privilèges  et  paix  faictes  de  sadicte  cite  et  pays,  pour 
quant  il  en  seroit  aucunne  choese  trouve,  le  povoir  corrigier  et 
modérer  selon  que  Ion  troverat  a  cas  appartenir,  en  la  meilleur 
fourme  et  manier  que  faire  soy  poroit  a  la  bonne  foid;  le  tenurre 
de  tout  ce  que  dit  est,  sensiet  de  mot  a  mot.  On  nom  de  Dieu 
tout  puissant,  de  sa  ire-^  digne  et  glorieuse  mère  Marie,  Monsei- 
gneur Saint  Lanibiirt  nostre  patron,  et  victorieux  et  triumphans 
amis  et  m:irtires  Monseigneur  Saint-George,  amen. 

Nous  Guillcamme  de  Fran(;komburgh,can)ine  en  la  vénérable 


—  61  - 

église  de  Liège,  sire  Johan  le  Claweteur,  prestre  canoine  de  la 
Table,  sire  Henry  délie  Goffe,  prestre  cliapellains  en  ladicle 
vénérable  englise  de  Liège,  sire  Johan  Jacquin,  Hubert-  de 
Fanchon  seigneur  de  Colonsler,  Libert  fil  de  feu  Libert  de 
Mouliin  dit  de  Vaul,  Guilleamme  de  Meffe  dit  du  Champion, 
Jacque  Obrecht,  Servaix  Dheure,  Hubert  délie  Bourle,  Johan 
délie  Gofle,  Johan  le  Ruyl  dit  de  Bearewart,  Noël  des  trois  dis, 
Lambert  de  Resymont,  Gollar  Cleyn,  Gielel  de  Siier,  Wolte  le 
tanneur,  maistre  Guilleamme  cyrurgien,  Johan  de  Viseit,  Giele 
de  Hornes,  JVÏathier  Grongnet,  Jacque  de  Meuce,  Johan  de 
ViUer,  Loren  de  Laiigle,  Peter  de  Steynehuys,  Gilchon  de  Viller, 
Gielet  de  Biclrem,  Wiilemme  Scripkin,  Johai!  Cleyn,  Gielet 
Cleyn,  Johan  PieK;e,  Gollar  le  BoUengier,  Johan  Dotée  dit  délie 
Rualle,  Raes  de  Léopard,  Bauldon  le  Corbesier,  Alexandre 
Marckon,  Heni-y  de  Leverier,  Joachiai  Germea,  Johan  de 
Besonheit,  Johan  Goert,  Robert  délie  Croiselte,  Johan  Mathier 
le  joene,  Bauduyn  de  Hollongne,  Piron  Dheure,  Johan  Savaige, 
Guilleamme  de  Thier  le  meide  (  i  ),  Lambert  de  Mapas,  Johan  du 
Pont,  Michicl  Gaillart,  Johan  le  Tindeur  le  joenne,  Jacque  le 
Cockin,  Loren  son  fil,  Phelippe  Morea,  Everar  délie  Goffe, 
Lamhcit  Chabot,  Johan  Bussin,  Gérard  de  Viller,  Jacquemin  de 
Housse,  Thomas  de  la  Roche  Porte,  Wathier  délie  Haye,  Gielet 
Dheure  bresseur,  Henry  de  Froidecourt,  Johan  Winand,  Johan 
de  Brouck  merchier,  Heury  de  Sart  mangon  (  2),  Martin  de 
Fanchon,  Thonon  Desiron,  Pirol  Kaman,  Johan  de  Mapas, 
Estienne  le  Merchier,  Henry  le  BoUengier  dit  Pannechea,  Giele 
Larbalesirier,  Johan  son  frère,  Gérard  de  Jozeit  le  joenne  (3), 
Alixandre  du  Mollin,  Piron  Cornet,  Gielet  Hoynier,  Gielet 
Ansea,  Johan  Rennechon  mangon,  Collard  Bare,  Johan  Renne- 
chon  le  meide, Johan  Loynet,Thiry  Ansea, Rennekin  délie  Goffe, 
Pierre  de  Blaix,  Gérard  le  Scrinier(4),  Gielet  Goffîn,  Ogierde 
Marnette,  Johan  Tarts  covreur,  Henry  Ragot,Tonnon  del  Fleur 

('    Médecin.    V  Boucher.  {'}  Jeune.  ,■*    Menuisier. 


-  62  - 

de  Lys,  Gereon  le  Scohier  (  i)>  Gollur  Francheu,  Johan  dalle 
lîualle.  A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  veront  et  orout, 
salut  en  Dieu  permanable  et  cognoissaiice  de  vérité. 

Comme  par  ci  devant  pour  éviter  les  hazarls,  tavernes  et 
autres  jeux  dissolus,  le  jeu  et  esbat  de  larbaistre  (2)  aient  este 
erigies  et  construes,  et  que  aile  occasion  de  ce  ayons  de  nostre 
propre  acquis  certain  jardin  et  place  gissant  empres  le  jardin 
de  la  grande  compangnie  des  arbalaistriers  serimentes  en 
ladicte  cite  de  Liège,  eiiquel  desja  sont  ériges  des  berseaz  et 
garde  doni  aftin  que  bon  poliice,  conduit  et  bonne  manière  de 
taire,  soient  par  nous  et  noz  successeurs  a  toujours  entretenus 
a  laugmentation  et  honneur  de  nostredicte  compangnie  et  de 
nous,  sens  par  nous  toutteffois  desroguer,  ne  louchier  a  la 
jurisdiciion  de  très  révérend  père  eu  Dieu  très  hault,  très  puis- 
sant prince  et  noslre  1res  redoubte  Seigneur,  Monseigneur 
Erard  de  ia  Marck,  par  la  miseration  divine,  cardinal,  arclieves- 
que  de  Valence,  evesque  de  Liège,  duc  de  Buillon,  conte  de 
Loy  (Looz)  etc.  Ne  aussi  de  sadicte  cite,  nous  avons  conjuncte- 
ment,  de  nos  purres  et  franches  voluntes,  ordonne,  statue  et 
conclud  les  poins  et  articles  cy  desoubz  escrips  ,  lesquelz 
avons  promiset  jure  solempnemeiît  entretenir,  sur  les  paynnes 
et  amendes  en  iceulx  contenus,  assavoir  : 

Premièrement  que  tous  entrans  en  icelle  compangnie,  paye- 
ront a  prouttit  dicelie  deux  postulatz  Erardus  ou  leur  viaye 
valleur,  au  clerc  et  varlet  ensembles  quattre  petits  aidans. 

Item,  chacun  de  nous  et  noz  successeurs  payeront  a  la  dicte 
compangnie,  cliacun  an,  dcmy  Erardus  ou  sa  valleur,  moitié  a 
jour  délie  saint  Johan  Baptiste,  et  lautre  a  jour  de  Noël,  et 
porat  Ion  (on)  le  defallant  a  ce  constraindre  et  araisner  par 
devant  lung  des  trois  juges  dicelie  dite  cite,  comme  debte  leale, 
recognuo. 

Iiem,  pour  Ibonneur  de  Dieu,  de  sa  1res  digne  Me  e  et  de 

V  l'ellulier.  ^^  !  Ainsi  t'cril  pour  l'urbalaislre. 


—  63  — 

sesdicts  victorieux  et  triumphaiis  martires,  saincts  Lambert  et 
George,  avons  conclut  el  passe,  chacun  an,  le  premier  jour  de 
may,  porter  et  présenter  unne  chandelle  en  leglise  des  Frères 
Minneurs  audict  Liège  et  en  ce  jour  y  faire  célèbre:'  et  chanter 
une  messe  haulte;  le  lendemain  unne  b;isse  messe  de  requiem, 
en  priant  pour  les  âmes  de  noz  prédécesseurs,  de  noz,  et  de 
noz  successeurs  ;  et  le  jour  que  tirerons  le  papegaye  (i),  aussi 
une  messe  basse  du  Saint  Esperit,  ausquelz  services,  messe  et 
trairie  ,  chacun  de  nous  serat  tenu  de  yestre,  sur  paynne  et 
amende,  chacunne  fois,  de  quattre  livrez  commun  payement 
liegoix,  a  applichier  a  ladicte  oompangnie,  se  doncques  ny  avoit 
cause  legillimme,  a  laquelle  trayrie  de  papegaye  chacun  de 
nous  sera  tenu  tirer  avec  le  Roy. 

Item,  pour  ce  que  audit  jour  Ion  fait  provision  de  vivres  pour 
toulle  la  compangnie,  celuy  qui  ne  sera  a  ladicte  trayrie  et  à 
commune  payerat  demy  Erardus. 

Item,  ledict  premier  jour  de  may,  eslirons  deux  maistres  et 
deux  mayeurs,lesquelz  gouverneront,  recepveront  el  feront  ens 
venir  tous  drois  et  amendes  a  ladicte  compangnie  appartenant 
et  en  rendre,  au  debout  de  lan,  bon  et  juste  compte  et  reliqua. 

Item,  quant  iung  de  nous  yrat  de  vie  a  trespassement,  ladicte 
compangnie  serat  tenue  de  faire  chanter  uiie  haulte  messe  de 
requiem,  en  priant  pour  lame  du  trespasse,  a  laquelle  messe 
chacun  deverat  estre  présent,  voir  luy  comande  pour  le  varlet, 
sur  lamende  a  defallant  de  quattre  livrez  teles  que  dit  sont,  et 
deverat  le  trespasse  ou  ses  hoires  laissier  ou  donner  a  ladicte 
compangnie  demee  livre  de  cyre,affîn  avoir  commémoration  de 
luy. 

Item,  si.  advenoit,  que  Dieu  ne  vuelle  !  que  Iung  ou  plusseurs 
de  nostre  dicte  compangnie  prendoit  ou  prendoient  debas,  dis- 
sencions  ou  discords,  soit  a  thier,  sur  la  chambre  ou  autre 
part  en  présence  de  ladicte  compangnie,  par  paroUes,  repro- 

(•  )  Tirerons  le  perroquet,    pour   tirerons   l'oiseau. 


—  64  — 

ches,  ou  en  autre  quelconque  manier,  lelz  incoureront,  cha- 
cunne  fois  envers  ladicte  comnangnie,  en  tele  pugnition  et 
amende  que  a  cas  appartenrat,  la  clioese  justement,  verifïîee;  et 
du  forfait,  la  partie  ne  se  porat  plendre  autre  part  que  par- 
devant  nosdis  maistres  et  mayeurs,  et,  se  iceulx  nesloient  dac- 
cords  ou  saiges  pour  déterminer  du  forfait,  soit  quil  yeusse 
plaie,  bleschure  ou  non,  quant  adoncques  ilz  seront  tenus  faire 
assembler  ladicte  compangnie  en  gênerai  pour  jugier  la  forfai- 
ture, reserve  cas  de  cryme. 

Item,  avons  accorde  et  passe  que  nul  de  nous  ne  soy  porat 
abstraire,  oister  ne  départir  de  ladicte  compangnie  sens  pre- 
mièrement avoir  payet,  pour  son  yssue,  a  profTit  de  nous  et  de 
noslre  dicte  compangnie.  ung  florin  dor  de  poix  des  quattre 
électeurs,  avvec  touttes  restes  et  astargies,  saucuns  en  devoit. 

Item,  louitefïois  que  serons  par  nostredict  varlet  convoc- 
queis  ou  comandeis,  deverons  obeyr  et  y  comparoir,  sur  paynne 
quant  az  defaillans,  chacunne  fois,  de  quattre  livrez  teles  que 
dessus,  se  doncques  ny  avoit  cause  legittimme  et  veriffyee. 

Item,  quiconcque  de  ladicte  compangnie  ne  soy  irouverat  a 
sacrament,  en  armes,  accompagniet  de  Roy  dicelle,  tel  serat 
a  lamende  de  demy  postulat  Erardus  ou  sa  valleur,  se  donc- 
ques neusse  cause  legittimme,  parquoy  il  y  ini^ist  ung  autre 
aussy  suffisant  que  luy,  la  chose  cognue. 

Item,  1  e  en  tirant  az  thier.s,  lung  de  nous  proférasse  parolles 
deshonnetes  ou  nommast  lo  nom  de  diable,  il  sera  tenu  payer, 
pour  cbacunne  fois,  demy  patart  ou  mettera  son  souiller  audit 
tbier  et  laisser  tirer  après,  comme  Ion  fait  az  autres  couipan- 
gnies. 

Item,  nous  et  chacun  de  nous  serons  tenus  de  tenir  et  entre- 
tenir sens  retractei'  louttes  sieultes  et  sequeles  (  i)  faictes  et  a 
faire  par  ladicle  compungine  concernantes  le  bin,  proutïit  et 
utilité  dicelle  et  pour  ce  que  aucune  lois  inconvénient,  dangier 

,*,  DtUibci'alioii»  it  leurs  suilet!. 


-  6o  - 

et  fortune  advient,  tant  az  tirans  de  larbalaistre  en  jardin, 
comme  aux  voyans  et  assistans,  tellement  que  bleschure,  affol- 
lure  (i)  ou  mort  sen  ensuit,  comme  lont  at  veu  advenir  en 
diverses  lieux,  a  cause  de  quoy  par  les  princes,  cites  et  villes 
ou  compangnies  darbaiaistriers  sont,  est  donne  edict,  previlege 
et  deffensse  que  personne  ne  voise  (n'aille)  et  nentre  ens  jardins 
et  jeux  darbaiaistriers,  synon  sur  ses  perilz,  le  tout  entendu  en 
la  bonne  foid,  sens  fraude.  Est  il  que  prions  et  supplions  hum- 
blement a  nostredict  très  redouble  seigneur  et  prince  et  atres 
honores  Seigneurs  Messeigneurs  les  maistres,  jures  et  conseil 
de  sa  cite  plaire  par  leurs  lettres  conformer,  ratiffyer  et  approu- 
ver ces  présentes  ordonnances  et  nous  doter  et  accorder  ledict 
previlege  et  edict  touchant  ledict  inconvénient  que  advenir 
poroit  audict  jardin,  en  quoy  faisant  ilz  nous  donneront  meil- 
heur  corraige  et  nous  obligerons  tant  plus  eulx  servir,  qui  est 
nostre  total  desier.  Et  affin  que  ce  soit  ferme  choese  et  estable 
sy  avons  nous  lesdicts  confrers  ad  ces  présentes  fait  apprendre 
nostre  seel  duquel  uzons  tous  ensembles,  en  telx  et  semblans 
cas.  Lan  de  grâce  mil  chincque  cens  et  vingte  troix,  du  mois 
de  may  le  XXllP  jour. 

Erard  de  la  Marck,  parla  miseration  divine  Cardinal,  arche- 
vesque  de  Valence,  evesque  de  Liège,  duc  de  Buillon,  conte  de 
Looz.  A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  veront  et  oront,  salut. 
Savoir  faisons  que  pour  plusseurs  causes,  raisons  et  considé- 
rations liciltes  et  raisonables  nous  ad  ce  mouvantes  en  la  faveur 
et  requeste  de  ceulx  de  la  compangnie  des  arbalaistriers 
de  Nostre  Damme,  saint  Lambert  et  saint  George  en  nostre 
cite,  désirant  leur  bin  et  augmentation,  nous  avons,  en  tant 
quen  nous  est,  greeit,  laude,  confirme  et  approuve,  gréons, 
laudons,  confirmons  et  approuvons  la  tenurre  des  lettres  aus- 
queles  ces  présentes  sont  annexées,  vuillant  (voulant)  que  en 
tous  ses  poins  et  parties  elle  ait  lieu  et   course;  car  nostre 

,';  Périt"  (le  l'usage  liun  membre. 


66 


plaisir  est  tel.  En  tesmongnaige  de  vérité  avons  fait  appendre 
nostre  seel  az  secres  a  ccsle  dictes  présentes.  Donne  en  nostre 
cite  de  Liège  le  chincqucmme  (sic)  joui'  de  jullet,  an  XV^'XXIII. 
Nous  les  maistres,  jures  et  conseil  partie  faisans  pour  la 
cite  de  Liège,  a  tous  ceulx  qui  ces  présentes  veront  et  oront, 
salut.  Savoir  faisons  que,  pour  plusseurs  causes,  raisons  et 
considérations  licites  et  raisonables  nous  ad  ce  mouvantes, 
en  la  faveur  et  requeste  de  ceulx  do  la  compangnie  des  arba- 
laistriers  de  Nostre  Damme,  Monseigneur  saint  Lambert  et 
Monseigneur  saint  George  en  ladicte  cite,  désirant  leur  bin, 
prouffit  et  augmentation,  nous  avons,  en  tant  quen  nous  est, 
greeil,  laude,  raliffyet,  conferme  et  approuve,  laudons,  gréons, 
ratiffions,  confermons  et  approuvons  la  tenure  des  lettres  aus- 
quelles  ces  présentes  sont  transfixees  et  annexées,  vuilhant  que 
en  tous  ses  poins  ei  parties  elle  vÀi  lieu  et  course,  suyant  la 
conflrmation  et  approbation  faicle  par  la  grâce  de  nostre  très 
redoubte  seigneur  et  prince  Monseigneur  le  Cardinal,  ce  que 
certifiions,  en  signe  et  tesmongnaige  de  vérité,  ausquelles 
avons  fait  appendre  ad  cesto  présente  le  seel  az  légations  de 
ladicte  cite  duquel  uzons  en  tel  ei  semblant  cas,  avvec  le  signa- 
ture de  nostre  souverain  grefiier.  Sur  lan  de  grâce  mil  chinc- 
que  cens  et  XXIII,  du  mois  de  septembre  le  quinzeme  jour. 

Eclievins  de  Liège — Greffe  Stephany. — Reg.  de 
mai  1524  à  décembre  môme  année,  n»  99, 
fol.  172. 

XXIX. 

Deux  noms  restés  populaires  i\  Liège  sont  cerlainemenl  ceux  de  (iuil- 
laïune  Keecknian  et  de  St'baslien  La  Huello.  Tons  deux  furent  l)ourgmes- 
tres,  tous  deux  suivirent  la  même  ligne  de  conduite  dans  les  affaires  du 
yays,  et  tous  deux  eurent  à  peu  prùs  la  même  fin.  Le  bruit  courut  en  effet, 
lors  de  la  mort  du  premier  (]u'il  avait  été  empoisonné  et  l'on  sait  que  le 
second  fut  nssas-^iné  au  banqnot  de  Warfu'-ée. 


—  67   - 

On  peut  d'autant  plus  considérer  comme  précieuse  toute  pièce  authen- 
tique qui  jette  quelque  jour  sur  l'histoire  de  ces  deux  hommes,  que, 
d'une  part,  ils  ont  été  considérés  comme  des  rebelles  et  des  ambitieux 
voulant  livrer  leur  pays  à  la  France  et  que,  de  l'autre,  ils  ont  été  repré- 
sentés comme  de  grands  citoyens  dont  les  actions  avaient  uniquement 
pour  mobile  la  liberté  et  le  bonheur  de  leur  patrie. 

Il  est  à  regretter  que  les  deux  pièces  qui  vont  suivre  concernant  iieeck- 
man,  ne  soient  pas  accompagnées  de  l'enquêto  qui  a  dû  précéder  Icjugement 
par  lequel  les  Echevins  de  Liège  ont  déclaré  appréhc7isibles  pour  menées 
séditieuses  Gnillaume  Beechvian.  jadis  BurqhemJe,  Laurent  Uustin,  procu- 
reur, Henri  Ctwstehiin,  etc.  On  ve/rail  par  cette  enquête  la  valeur  des 
preuves  fournies  à  l'appui  de  l'accusation  ou  contre  elle:  mais  tous  nos 
etforts  pour  nous  procurer  cette  enquê  e  n'ont  pas  abouti. 

Lan  XV<^  et  vingte  huict  du  mois  doctobre  le  dernier  jotir 
comparut  par-de  ani  nous  etc.,  lofficier  Roscius  lequel  en  vertu 
de  liorsport  d'enqueste  sest  plaincl  criminellement  de  la  per- 
sonne du  s""  Guilheaume  Bexhman  jadit  bourglieraere  comme 
cncoiilpé  des  points  et  mosus  portés  par  les  articles  suivants, 
lesquels  il  serve  par-devant  nous  contre  luy  à  cest  effect  pro- 
testant en  la  déduction  d'iceulx  de  n'injurier,  ains  davoir  le 
seule  esgard  à  l'obligation  de  ses  charges  et  office. 

1.  Premier.  Que  ledit  S''  Beckman  est  publicquement  Camé 
d'avoir  piéca  contreminé  tant  par  luy  que  par  autruy  ce  que 
par  les  bien  affectioiniés  au  bien  publicque  se  meltoit  en  avant 
pour  l'avancement  d'icelluy,  d'où  en  plussieurs  affaires  sont 
sourdys  beaucoup  de  brouilleries  et  évenemens  sinistres  ainsy 
que  les  tesmoings  pouront  plus  amplement  déclarer. 

2.  Voir  que  depuis  quelques  années  estant  personnes  privée 
et  hors  d'estat,  il  n'a  pourtant  cessé  d'emprendre  quelque  sorte 
d'authorité  publicque  procurant  de  ce  faire  députer  de  quelques 
mestiers,  du  moins  à  certains  affaires  les  plus  importants  es 
quels  soub  cet  ombrage  il  a  continué  de  faire  à  son  chef  sou- 
vent contre  l'avis  de  Testât  et  du  magisli^ai,  usurpant  sur  l'au- 
thorité  d'icelluy. 


m 


3.  Et  craignant  en  certaine  année  (de  laquelle  il  ne  pouvoyt 
prétendre  au  consulat)  de  rencontrer  quelques  bourghemres 
conlrairs  à  son  fait,  il  a  tout  ouvertement  et  par  voiries  contre 
tout  droit  brigué  formellement  par  luy  et  par  autre  pour  un  sien 
amy  estant  le  bruit  comun  que  cela  se  fait  soub  certaines  condi- 
tions que  les  tesmoings  pouront  dire. 

4.  Aussy  à  tel  effect  et  autres  de  son  dessein  ont  esté  faites  en 
sa  maison  à  Liège  à  Mathieuval,au  Loup  et  ailleurs  souvent  luy 
présent  des  assemblées  et  conventicules  de  gens  du  Conseil  de 
ville,  de  Gouverneurs  et  autres  officiers  et  compagnons  des 
mestiers,  où  l'on  a  traité  des  afTaires  publicques,  recevants  de 
luy  telles  assemblées  les  avis  de  comment  il  se  falloit  gouverner 
sur  les  mestiers. 

5.  Où  entre  autres  il  les  a  conseillé  en  celte  saizon  sy  dange- 
reuse (où  il  y  alloit  de  l'interrest  et  mine  comune)  choeses 
répugnantes  au  bien  publicque  et  signament  eu  matière  de 
l'opposition  aux  mandements  de  Sa  Majesté  impérialle  touchant 
l'élection  magislralle  et  autres  points  insinués  au  Conseil  de 
ville,  aux  mestiers. 

6.  Et  sur  ce  sujet  ayant  Simon  le  bouilleur  convocqué  de  la 
parte  du  S"^  Bekman  en  sa  maison  quelques  officiers  et  autres 
compangnons  et  leur  mis  es  mains  un  concept  de  recès  qu'il 
disoit  que  son  mestier  avoit  passé,  ledit  Bekman  leur  donnai 
avis  qu'ils  le  pouvoyent  faire,  aussy  qu'ils  pouvoyent  bien  mettre 
le  meslier  ensemble  et  qu'il  y  avoit  de  la  precipitance  pour  le 
terme  de  l'intimaliondu  mandement. 

7.  Que  suyvant  l'avis  et  conseil  susdit  le  mestier  des  charpen- 
lieis  et  autres  ont  été  assemblés  d'auctorité  privée  sans  l'aveu 
et  au  desceu  des  Sgrs  Bourgbemestres  ce  que  ne  se  peult  faire 
en  aucune  façon  et  es  telles  assemblées  l'on  a  résou  choeses 
pernicieuses,  comme  de  s'opposer  aux  mandements  de  Sa 
Majesté,  de  n'y  donner  parition  et  autres  semblables  au  détri- 
ment de  la  cité. 

8.  Ayant  avant  ce  les  copies  de  telle  projet  et  concept  de  recès 


-    69  - 

escriptes  en  partie  de  la  main  du  serviteur  du  boarglienire 
Bekman  esté  par  ledit  Bekman  mises  es  mains  de  certains 
contldenls,  d'où  puis  après  elles  ont  este  a  veue  d'oeil  semées 
parmi  le  peuple  et  distribuées  sur  les  mestiers  pour  les  induir 
Ji  desobeyssaiice  disants  iceulx  que  des  grands  de  Liège 
avoyent  fait  tels  project. 

9.  En  outre  qu'après  tels  projects  semés  au  mois  de  décembre 
dernier  ont  encor  esté  distribués  autres  parmi  les  maisons, 
tavernes  et  mestiers  tant  devant  la  St-Jacque  qu'en  après  par 
les  susmentionnés  confidents,  touls  directement  contrairs  aux 
recès  en  Conseil  de  ville  proposés  aux  mestiers  pour  sur  icieulx 
avoir  resolution. 

10.  Particulièrement  pour  insliguer  le  peuple  à  ne  donner 
parition  aux  mandements  de  Sa  Majesté  impériale  et  du  depuis 
pour  revocquer  la  déclaration  sur  ce  faites  de  la  donner,  de 
s'opposer  à  ceulx  qui  proposoient  les  moyens  de  donner  la 
deue  satisfaction  à  S.  A.  et  aussy  de  se  roidir  contre  les  réso- 
lutions meurement  prinses  par  le  Conseil  de  ville  pour  le  bien 
publicque  en  une  occurrence  de  sy  grande  conséquence. 

11.  Choese  à  la  vérité  tant  pernicieuse  et  de  sy  mauvais 
exemplez  que  pour  à  l'avenir  destruir  touttes  voyes  et  moyens 
de  pouvoir  bien  faire  pour  le  publicque. 

12.  Que  le  S""  Bekman  a  esté  tout  publicquement  famé  sur  les 
mestiers  et  parmy  la  ville  d'avoir  informé  ceulx  qui  ont  ainsy 
instigué  le  peuple  et  d'avoir  coopéré  h  tels  projects  et  concepts 
sy  contrairs  au  bien  publicque,  voire  qu'icieulx  venoient  de  sa 
forge,  et  que  ses  gens  les  dispersoient  aussy  que  luy  mesmes 
at,  en  plussieurs  lieux  et  places  avoué  d'avoir  conceu  et  dicté 
de  ces  concepts. 

13.  Surtout  qu'un  certain  Simonnet  confident  du  bourghemre 
Beckman  lorsqu'il  estoit  question  de  donner  parition  aux 
mandement  susdit  fut  sy  téméraire  sur  le  mestier  des  febvres 
assemblé  à  cest  eflfect  que  de  dire  qu'il  avoit  la  copie  d'un 
mandement  de  Sa  Majesté  Impériale  conlrair  à  cela,  criant  en 


-  70  - 

présence  du  BourghemPe  que  l'originelle  esloit  chez  Beckman. 
lo.  Que  telle  copie  du  prétendu  mandement  ou  plustôl  saufcon- 
duit  de  Sa  Majesté  Impériale  a  esté  miese  es  mains  de  certaine 
persoiuie  par  Beckman  pour  le  faire  sonner  sur  les  mestiers, 
voire  que  luy  même  en  a  tiré  de  sa  main  quelcque  copie  hors 
l'originelle  prétendu  interprété. 

14.  Nonobstant  que  l'on  tient  tout  absolutement  que  tel 
prétendu  sauf  conduyt  est  choese  fourée  ou  subrepticement 
obtenue  ne  soit  que  Beckman  face  paroistre  du  contraire. 

15.  Et  cependant  telle  copie  glissée  sur  les  mestiers  par  ses 
confidents  et  à  dessein  de  persuader  le  peuple  de  s'opposer, 
estant  néanmoins  incliné  à  donner  parition  comme  aussy  ces 
autres  projects  et  former  de  reces  susdit  semés  au  mesme  effect 
parmi  le  peuple  se  peuvent  dire  d'avoir  esté  absolutement 
causes  des  grands  inconvénients  et  troubles  depuis  demy  an  et 
plus  arrives  en  cette  cité. 

16.  Troubles  à  la  vérité  sy  grands  que  beaucoup  de  choses 
estoient  icy  sens  dessus  dessoub,  avec  une  conséquence  pour 
l'avenir  dangereuse  à  la  cité,  à  cause  de  telle  désobéyssance  en 
ce  sans  dire  davantage  ce  que  d'aucuns  firent  en  cette  conjoinc- 
lure  la,  de  crainte  d'un  tumulte  ou  sédition. 

17.  Et  tout  cela  à  cause  en  partie  que  le  Bourghemre  Beckman 
briguant  par  luy  et  ses  gens  Testât  magistralle  vouloyent 
ensemble  empescher  et  de  fait  empeschoient  à  tout  leur  possi- 
ble que  l'élection  ne  se  lîst  conformément  aux  mandements 
(auxquels  le  peuple  avoit  déclaré  vouloir  obéyr)  se  mettant  luy 
et  sa  patrie  au  danger  des  censurres  d'icieulx  avec  perte  irré- 
parable sans  vouloir  escouter  ceulx  qui  le  conseilloient  de  s'en 
déporter,  et  de  ne  se  vouloir  aheurter  à  cela. 

18.  Ce  que  bien  il  at  fait  paroistre  en  plussieurs  occasions  et 
signament  se  met  en  fait  ou  aucuns  jours  avant  la  S'  Jacques 
dernière  lors  qu'accompagné  de  Lowy  Cock  muni  d'espée  et 
d'armes  h  feu,  il  approcliat  les  sg'^  commissaires  Gordinne  et 
Counotîe  auxquels  ù  l'abord  demandant  des  nouvelles,  il  leui's 


7i 


dit  aussy  :  conieiit  Messieurs  ies  Commissaires  entendez-vous  de 
vous  gouverner  en  l'élection  futurre. 

19.  A  quoy  luy  estant  reparty  qu'ils  entendoyent  de  se  confor- 
mer et  obeyr  aux  mandements  de  Sa  Majesté  impérialle  et  de 
S.A.  S™""  tant  qu'ils  auroient  autre  ordre  ou  bien  que  le  magis- 
trat eust  à  s'accomoder  avec  le  Prince,  il  se  mit  en  fougue  et 
mettant  la  main  sur  son  espée,  s'escriat  avec  seriment  :  plustôt 
mourir,  excitant  par  là  ledit  Cock  (qui  mit  aussy  la  main  aux 
armes)  à  crier  :  Mort  Dieu!  plustot  mourir  louts  l'ung  sur  l'autre, 
vois  suffisantes  pour  animer  en  telle  saizon,  les  assistants  et  le 
peuple  à  une  commotion. 

20.  Qu'en  tel  constrate  ledit  Beckman  ne  mancqua  de  décou- 
vrir sa  pensée  plus  ouvertement  et  dire  qu'il  emplyeroits  a  vie 
pour  parvenir  à  Testât  puisque  d'autres  voloient  emplier  des 
moyens  pour  l'en  faire  culbuter. 

21.  Et  outre  ce  que  par  telle  agression  il  a  enfraint  notoi- 
rement les  sauvegardes  tant  de  sa  Majesté  Impérialle  que  de  S. 
A.  S"*  soub  quelles  lesdis  Gordinne  et  Counotte  sont  protectés  à 
raison  de  leur  estât  de  commissairs  et  nomément  en  ceste  occa- 
sion de  l'élection  conforme  auxdits  mandements. 

22.  Que  davantage  après  plussieurs  propos  dits  par  Beckman 
contre  telle  élection,  il  les  injuriât,  disant  :  qu'ils  passoient 
enquesles  contre  bons  bourgeois  qui  vouloyent  maintenir  les 
drois,  franchieses  et  libertés  du  pays. 

23.  Mais  iceulx  respondants  qu'ils  ne  passoient  enquestes  que 
pour  crimes  méritants  exil  ou  peine  corporelle,  il  adjousta  que 
c'esioit  doncquez  contre  les  commissairs  qu'il  en  fiilloit  passer, 
animant  ainsi  contre  eux  les  assistants  et  ayant  lui  et  son 
homme  la  main  sur  les  armes. 

24.  Se  dit  en  outre  que  le  s""  Bexhman  empruntant  le  nom  des 
commis  des  trengte  deux  mestiers  a  fait  présenter  à  Messieurs 
du  chapitre,  de  son  authorité  privée,  plussieurs  lequestes 
signées  d'un  sien  serviteur  par  ordre  desdis  commis  se  disant 
luy  l'un  d'icieulx  encor  que  l'on  n'en  reconoit  aucun. 


-   72   - 

âo.  Lesquelles  requesles  soub  l'ombre  de  présenier  des  con- 
lérences  pour  traiter  des  afïairs  publicques  sont  eu  certaines 
parties  fort  désavantageuses  au  bien  comun,  et  en  soy  de  con- 
séquence fort  dangereuses  et  baslantes  pour  derechef  allumer 
les  cœurs  d'aucuns  du  peuple  mal  afieclionnés  au  repos  de  la 
cité. 

26.  Davantaige  que  h  Sa  Majesté  Impériale  sont  estez  présen- 
tés divers  mémoriaux  et  requesles  soub  les  noms  de  la  cité  des 
Sgrs  Bourghemres,  Estats  et  22  et  des  mandatairs  de  la  cité 
signées  par  Henri  Chastellain  comis  ou  facteur  du  Bourghemre 
Beckman  à  Spier  et  à  Vienne  et  neantmoins  desavouer  par  les 
seigneurs  susnommés. 

27.  Qu'aucuns  de  ces  mémoriaux  estoient  pernicieux,  pleins 
d'opprobres  voire  n'espargnants  entre  autres  la  grandeur  de 
S.  A.  S"'^ 

28.  Que  neantmoins  il  se  prouvera  que  le  bourghemre 
Beckman  at  au  mois  de  jung  ratifié  lesdils  requestes  nommé- 
ment celles  du  13  de  mars  et  subséquentes  entre  lesquelles  se 
trouve  unne  en  laquelle  l'on  supplie  à  Sa  Majesté  de  vouloir 
considérer  touttes  les  requesles  et  recours  précédents  ladite 
date,  retournant  partout  tout  cela  à  la  charge  dudit  Beckman. 

29.  Un  supplément  de  preuves  reproduit  ici  l'enqueste  passée 
au  23  septembre  dernier  et  du  depuis  horsporlée  avec  les 
preuves  sur  icelle  faites  et  quant  et  quant  (sic)  les  trois  autres 
enquestes  avec  les  preuves  reproduises  h  ladilte  enqueste  du 
25  de  septembre  es  points  favorables. 

30.  Le  tout  quoy  suffisamment  justifié  ou  besoing  sera, 
l'officier  conclud  ii  ce  Guillieaume  Beckman  jadit  Bourghemre 
soit  pour  tels  mesus  condampné  criminellement  ainsi  que  par 
rigueur  de  justice  sera  trouvé  convenir  et  aux  fraix. 

Retlannant(sic)d'adjouster  etc.  protestant  comme  dessus  etc. 


—  73  — 

Horsport  d'enquestes  pour  menées  séditieuses  et  autres 
délicts  y  reprins. 

Horsporlées  lesdittes  enquestes  par  nous  les  eschevins  et 
mres  de  la  cité  de  Liège  l'an  1628  du  mois  d'octobre  le  XXIIII* 
jour  et  dit  par  nous  lesdits  eschevins  qu'attendu  les  preuves 
faites  sur  icelles  condamnons  appreliensibles  Beeckman  jadit 
Burghemre,  Laurent  Hustin  procureur,  Henri  Cliastellain, 
Lambert  Holloingne  chapellier  et  son  fils,  Lowys  Cock,  (son) 
frère  Nicolas  Cock  messager,  Lambert  maitre  varlet  sur 
Meuse,  Jean  Fabri  dit  Simonet,  Simon  le  bouilleur,  Bertrand 
Fassin  de  Juppille,  Simon  d'Heur  et  Libert  Falla,  enseingnons 
en  oultre  au  Sg""  officier  qu'il  soy  porat  plaindre  de  Paulus 
Herck,  Hubert  de  la  Croix,  Nicolas  Colla  et  maitre  Crespin 
HoUonia  comme  encoulpés  sur  le  contenu  desdiites  enquestes; 
retenant  de  dire  des  autres,  et  nous  mailres  et  jures  condam- 
nons aussy  apprehensibles  Lowy  Cock,  Jean  Fabri  dit  Simonet, 
Bertrand  Fassin  et  Simon  le  bouilleur,  comme  encoulpés  sur  le 
contenu  desdittes  enquestes  et  quant  au  Burghemre  Beeckman 
et  les  autres  décernons  audit  Sg*'  officier  ouverture  d'icelles 
pour  en  uzer  comme  il  trouverat  convenir. 

Extrait  d'un  registre  intitule  :  Grand  Greffe 
des  Echevins  de  Liège  —  Regre  az  dictum 
et  horsport  d'enquêtes  commençant  en  février 
1613,  A.  184,  fol.  91  v». 

N»  XXX. 

Nous  croyons  que  la  plupart  des  lecleurs  du  Bulletin  et  surtout  les 
membres  de  rinstiUit  archéologique  Liégeois  qui  s'occupent  de  numis- 
matique, nous  sauront  gré  de  la  publication  d'un  essai  sur  le  droit  de 
battre  monnaie  qu'avaient  les  princes  de  Liège  et  qui  était  exercé  par 
le  chapitre  de  la  cathédrale  pendant  la  vacance  du  siège  épiscopal.  Cet 
essai  est  dû  à  la  plume  de  Jacques  de  lleusy  qui  fut  bourgmestre  en  17G0 
et  qui  est  l'auteur  d'un  mémoire  avec  supplément,  l'un  et  l'autre  mis  au 
jour  en  1773,  touchant  les  moyens  d'extirper  la  mendicité  et  d'occuper 


-  74  - 

ulilement  les  citoyens  désœuvrés  dans  l'élai  de  Liège.  iNoiis  avons  aussi 
trouvé  un  mémoire  du  même  auteur  sur  la  question  de  savoir  si  le 
pouvoir  législatif,  au  pays  de  Liège  résidait,  le  siège  vacant,  dans  le  cha- 
pitre de  la  cathédrale  seul  à  l'exclusion  des  autres  états  du  pays.  Nous 
nous  proposons  d'éditer  aussi  ce  mémoire. 

Le  pouvoir  de  balti^e  monnoie  qui  appartient  de  droit  aux 
seuls  princes  souverains,  a  été  cédé  sans  réserve  à  l'église  de 
Liège  par  les  augustes  empereurs.  Les  princes  évêques,  ainsi 
que  l'illustrissime  chapitre  catbédral  de  Liège  en  jouissent  et 
en  ont  joui,  sans  contradiction,  dès  l'an  908.  Il  seroit  inutile  de 
citer  les  preuves,  elles  sont  rapportées  dans  les  historiens  du 
pays  et  bien  appuyées  par  les  monnoies  originales  qui  nous 
restent  de  presque  tous  les  princes  depuis  près  de  quatre 
siècles,  ainsi  que  leur  évaluation  dans  les  provinces  voisines 
de  domination  étrangère.  Ces  faits  forment  des  preuves  à 
l'évidence  desquelles  on  ne  sauroit  se  refuser.  Bien  des 
personnes  sont  cependant  dans  l'erreur  de  croire  que  ce  n'est 
qu'au  titre  du  duché  de  Bouillon  que  l'église  de  Liège  a  droit 
de  faire  battre  monnaie;  car  elle  le  lire  aussi  de  la  principauté 
de  Liège,  des  comtés  de  Looz  et  de  Horne.  J'ai  en  mains  une 
des  deux  pièces  de  monnoie  qui  furent  frappées  par  i'évêque 
Nithard  dont  le  père  Bouille  a  donné  l'empreinte  dans  sa  disser- 
tation historique,  ainsi  que  nombre  d'aulres  pièces  dans  ce 
goût  dont  les  unes  portent  pour  type  l'efiigie  d'un  évoque  et 
pour  revers  une  église,  d'autres  une  crosse  passée  en  sautoir 
sur  une  croix,  mais  la  plupart  sans  légende  et  toutes  sans  date, 
comme  étoient  toiues  les  anciennes  monnoies. 

C'est  pourquoi  je  me  bornerai  à  celles  qui  portent  tous  les 
caractères  d'authenticité,  qui  ont  eu  cours  d;Mis  le  commerce, 
reçues  et  évaluées  dans  les  états  voisins,  en  commençant  par 
Jean  de  Bavière  qui  fut  élu  en  1389.  Ce  prince  fit  battre  des 
florins  d'or  qui  d'un  côté  porloient  l'empreinte  d'un  grillon  ailé 
tenant  les  armes  de  Bavière  avec  la  légende  :  JOHS  :  DE 
8AVÂRIA    ELE  :   LEODIEN  :   CO  :    LOSS  :  pour  revers   une 


75 


croix  doiit  les  quatre  coins  se  let  minent  en  tleurons  ayant  dans 
le  milieu  l'écusson  losange  de  Bavière  et  pour  légende  SIT 
NOMEN  DOMINI  BENEDÎCTVM  EX  :  HOC  :  Ce  prince  qui  ne 
fut  jamais  ordonné  et'qui  abdiqua  pour  se  marier,  n'avoit  pris 
sur  celte  monnoie  d'or  que  le  litre  d'Elu  de  Liège  et  de  comte 
deLooz. 

11  y  a  du  même  pi'ince  des  pièces  en  argent  de  la  valeur  d'un 
escalin  qui  ont  le  même  type  et  pour  légende  :  JOHS  :  DE 
BAVARIA  EPE:  LEOD .  CO:  LOS.,  au  revers  une  croix  simple 
avec  quatre  lions  dans  les  coins  et  au  milieu  l'écusson  losange 
de  Bavière  et  pour  légende  :  MONETA  NOVA  LEODIENSIS. 

Et  après  son  abdication  il  fit  encore  battre  des  florins  d'or 
sur  lesquels  il  est  représenté  assis  dans  un  trône,  la  couronne 
sur  la  tête,  l'épée  en  la  main  droite,  avec  la  légende  :  JOliS  : 
DEI  GRATIAEPS:  LEOD:  COM  :  LOSSEN:;  de  l'autre  côté 
une  croix  fleuragée  (sic)  avec  la  légende  :  XRS  :  VINCIT  XKS  : 
REGNAT  XRS  :  IMPER  AT. 

Il  avoit  encore  fait  battre  d'autres  petites  pièces  de  monnoie 
d'argent  et  cuivre. 

Walenrode  ne  régna  qu'environ  huit  mois  et  Jean  de  Heins- 
berg,  son  successeur  immédiat  et  médiat  de  Jean  de  Bavière, 
fit  battre  des  angelots  d'or  h  Hasselt  qui  avoient  d'un  côté  un 
ange  tenant  les  armoiries  écussonnées  de  la  maison  de  Heins- 
berg  et  la  légende  ÏOHES  :  EPS  :  LEOD  :  DVX  BVLLON  :  CO  : 
LOSS  :  ;  sur  le  revers  les  mêmes  armes  adossées  sur  une  croix 
fleuragée  et  pour  légendi^  :  MONETA  NOVA  FACTA  IN 
HASSELT. 

Il  est  des  esealins  et  plaquettes  du  même  prince  portant  au 
type  les  seules  armes  de  Heinsbery,  au  revers  les  mêmes  armes 
adossées  sur  une  croix  simple  avec  les  mêmes  légendes  que 
les  pièces  précédentes. 

Comme  aussi  d'autres  petites  pièces  de  cuivre  du  même 
prince,  portant  les  armes  d'un  côté  et  le  perron  de  l'autr^-. 

Louis  de  Bourbon  qui  succéda  îi  Jean  de  Heinsberg,  fit  battre 


/u 


des  tlorins  d'or,  ayant  d'un  côté  les  armes  de  Bourbon  et  pour 
légende  :  MONETA  NOVA  AVREA  LUDOVICI  ELEGT  :  LEOD:, 
et  sur  le  revers  une  croix  fleuragée  avec  un  grand  L  dans  le 
milieu  et  pour  légende  LVDOVIGVS  ELEGT:  DVX  BVL  : 
COMES  LOSS:. 

Le  même  Louis  de  Bourbon  lit  battre  de  doubles  fusicq  (fusil), 
monnoie  d'argent  ayant  sur  le  type  deux  lions  accroupis  se 
regardant  en  face  et  pour  légende  :  LVDO  :  DVX  BVL  :,  sur  le 
revers  une  croix  fleuragée,  les  armes  de  Bourbon  adossées 
dans  le  milieu  et  pour  légende  :  SALVVM  FAG  POP  :  TVVM  : 
DNE  avec  les  cliifîres  financiers  LXXVL 

Comme  ce  fut  en  l'année  1476  que  Louis  de  Bourbon  obtint 
la  renonciation  de  la  princesse  Marie,  tille  de  Gbarles-le-Hardi, 
aux  droits  que  ce  prince  s'étoil  arrogés  sur  le  pays  de  Liège, 
à  titre  des  conquêtes  qu'il  y  avoit  faites,  et  que  ce  fut  en  cette 
même  année  que  ce  prince-évôque  se  réconcilia  avec  son 
peuple,  cette  légende  ainsi  que  le  nombre  LXXVI  semblent 
avoir  été  employés  pour  perpétuer  cet  événement,  surtout  que 
jusqu'à  ce  temps  [h  on  ne  metloit  pas  encore  de  date  sur  les 
monnoies. 

Ce  même  prince  avoit  aussi  fait  trapper  des  escalins  aux 
armes  de  Bourbon  avec  la  légende  :  LVD  :  ELEG  :  LEOD  :  DVX 
BVL:  GOM.  LOSS:,  et  sur  le  revers  une  croix  simple  ayant 
un  L  dans  le  milieu  avec  une  fleur  de  Lis  entre  cbnque  partie 
et  pour  légende  :  LV  :  ELEG  :  LEO  :  FAGTA  HASSEL  :. 

D'autres  escalins  ayant  d'un  côté  une  croix  fleuragée  avec  la 
légende:  LVDOVIG  :  BENEDIG.  HEREDITATI  TVE,  de  l'autre 
un  lion  tenant  l9s  armes  de  Bourbon,  pour  légende  :  MO  :  EPI  : 
LEODIEN  :  FAGTA  HASSEL  :. 

Il  est  encore  d'autres  petites  monnoies  de  cuivre  de  ce 
prince  ;  mais  ces  pièces  de  monnoie,  frappées  immédiatement 
après  la  renonciation  de  la  princesse  Marie,  nous  conduisent 
naturellement  h  une  l'éflexion  bien  simple  sur  la  parité  de 
pouvoir  qu'il  y  a  toujours  eu  entre  les  ducs  de  Brabant  et  les 


77 


princes  de  Liège  relativement  à  l'exercice  respectif  des  droits 
de  souveraineté;  car  pendant  le  règne  de  ce  prince,  ainsi  que 
de  plusieurs  de  ses  prédécesseurs,  nous  voyons  les  Liégeois  et 
les  Brabançons  se  faire  la  guerre  à  outrance,  s'appuyer  d'al- 
liances et  de  secours  étrangers,  faire  la  paix  comme  peuples 
libres  et  indépendants. 

Marie,  duchesse  de  Bourgogne  et  de  Brabant  remet  au  pays 
de  Liège  tous  les  droits  que  son  père  et  son  ayeul  sy  étoient 
attribués,  sans  aucune  réserve;  car  malgré  toutes  les  assertions 
hasardées,  controuvées  des  Brabançons,  nous  voyons  qu'im- 
médiatement après  cet  événement,  le  prince  de  Liège,  lors 
régnant,  user  de  tous  les  droits  de  souveraineté  comme  aupa- 
ravant, faire  battre  dans  l'instant  de  la  monnoie,  ce  qui  est 
l'un  de  ses  principaux  attributs  et  que  cette  monnoie  est  reçue 
et  évaluée  en  Brabant  même  par  les  placards  du  souverain 
du  pays. 

Bien  plus,  quoiqu'après  la  lî^.ort  de  Louis  de  Bourbon,  l'archi- 
duc Maximilien,  époux  à  Marie  de  Bourgogne  eût  déclaré  et 
fait  la  guerre  au  comte  d'Aremberg,  lors  mambour  du  pays  de 
Liège  et  h  son  fils  Jean  intrus  dans  l'èvêchè  de  Liège,  la  mon- 
noie que  ce  même  Jean  fit  battre  dans  son  court  règne  (dont 
le  père  Bouille  fait  mention  au  fol.  199  du  S"'"  tome  de  son 
Histoire  de  Liège)  n'y  a  pas  été  moins  reçue  et  évaluée  par  les 
placards  de  Brabant. 

Elle  portoit  d'un  côté  deux  lions  accroupis  se  regardant  en 
face  avec  la  légende  :  lOHS  :  DEI  GRA  :  POSTVLAT  :  LEOD  :  ; 
de  l'autre,  les  armes  de  sa  maison  adossée  sur  une  croix  fleu- 
lagée  avec  la  légende  :  SIT  NOMEN  DOMINI  BENEDICTVM, 
les  nombres  financiers  ou  romains  de  LXXXIII  pour  désigner 
la  83'"«  année  du  siècle  que  cette  monnoie  fut  battue,  laquelle 
est  celle  de  l'événement  susdit. 

Jean  de  Horne  qui  succéda  en  1484  à  Louis  de  Bourbon,  fit 
battre  des  florins  d'or,  ayant  d'un  côté  St-Jean  Baptiste  avec 
l'écusson  de  Horne  à  ses  pieds  et  pour  légende  les  abréviations 


-  78  - 

de  SI:  DE.  NOB'C:  QS  :  CON:  NOS  :  de  l'autre  côté  une  croix  de 
St-Aiidrô  ayant  au  premier  quartier  :  l'ccusson  de  Bouillon, 
au  second  celui  de  Franchimonl,  au  troisième  celui  de  Looz  et 
au  quairième  un  quartier  étranger  qu'on  diroit  de  Zélande  el 
la  légende  :   lOHS  :  EPS  :  LEO  :  DVX  :   BVL  :  COM  :  LOS  :. 

Il  esta  remarquer  que  c'est  ici  la  première  pièce  de  monnoie 
sur  laquelle  un  prince  de  Liège  a  empreint  les  armes  du  pays. 
Cepeiiuanl  ce  même  prince  fit  aussi  battre  des  escalins  qui 
n'avoient  d'un  côté  que  deux  lions  accioupis  se  regardant  en 
face  et  la  légende  :  lOHS  :  DE  :  GRA  :  EPS  :  LEOD  :  DVX 
BVL  :  ;  de  l'autre  côté  une  croix  lleuragée  sur  quelle  est  adossé 
l'écussonde  Horne  et  pour  légende  :  lOHS  :  EPS:  LEOD  :  DVX 
BVL:  C:  L:. 

Il  fit  aussi  battre  des  plaquettes  avec  i^es  armes  d'un  côté 
et  la  légende  lOHS  :  H  :  EP  :  LEOD  :  DV  :  BVL  :  CO  :  L  :; 
de  l'autre  côté  une  croix  simple  avec  un  cornet  comme  aux 
armes  de  Horne,  dans  le  milieu  et  dans  les  carres  de  la  croix 
un  lion  armé  alternativement  avec  une  fleur  de  lis  et  pour 
légende  :  SI  :  DEV  :  NOBGV  :  QVS  :  COTA  :  NO  : 

Il  y  a  aussi  plusieurs  petites  monnoies  de  cuivre  de  ce  prince 
portant  les  armes  de  Horne  d'un  côté  et  une  croix  de  l'autre. 

Erard  de  la  Marck  qui  succéda  h  Jean  de  Horne  en  l'an  1506, 
fit  battre  des  florins  d'or  aux  armes  de  sa  maison,  d'un  côté 
avec  la  légende  ERARD  DE  MARC  A  ELS  :  LEODIEN  :,  de 
l'autre  une  croix  fleuragée  avec  la  légende  :  IN  HOC  SIGNO 
VINGES  ANO  1513.  C'est  la  première  pièce  de  monnoie  de  ce 
pays  où  le  siècle  et  l'année  soient  exprimée. 

Il  fit  battre  des  postulats  d'or  avec  S'-Lambert  d'un  côté  et 
la  légende  :  SANGTVS  LAMBKRTVS,  de  l'autre  côté  les  armes 
de  la  Marck  sur  une  croix  et  pour  légende  ERARD  :  DE  MARGA 
EPS  :  LEODIENSIS. 

Il  fit  battre  des  Snaphain  et  demi-Snaphains,  monnoie  d'ar- 
gent, sur  lesquels  on  voit  d'un  côté  S'-Huberl  sonnant  du  cor, 
monté  sur  un  cheval  élancé  vis-à-vis  d'un  cerf  avec  un  chien 


—  19  — 

coiiranl  ayant  pour  légende  SANGTVS  HVBERTVS.  de  l'autre 
les  armes  de  La  Marck  adossées  sur  une  croix  tlcunigée,  pour 
légende  :  ERARD  :  DE  MAR  :    GARD  :   EPS  :  LEOD. 

On  a  de  ce  même  prince  beaucoup  d';ui!îes  monnoies  en 
escalins,  plaquettes  et  liards  toutes  battues  aux  armes  de  sa 
f\imille. 

Corneille  de  Berg  qui  succéda  en  1538  à  Erard  de  la  Marck, 
fit  b;ittre  des  florins  d'or  ayant  d'un  côté  le  Sauveur  du  monde 
assis  dans  un  trône,  bénissant  de  la  m;iin  droite  et  tenant  un 
livre  de  la  gauche,  un  petit  écusson  de  In  mnison  de  Berg  dans 
l'exergue  et  pour  légende:  CORNELI  :  DE  BER  :  EPS  :  LEOD.; 
sur  le  revers  les  quartiers  de  la  maison  de  Berg  en  triangle  avec 
le  principal  quartier  sur  le  tout  et  le  reste  do  la  légende  : 
DVX  BVLLON  :  ET  CO  :  LOS  : 

Le  même  prince  fit  aussi  battre  des  escalins  ayant  d'un  côté 
les  armes  de  sa  mnson,  de  l'autre  une  croix  fleuragée  et  pour 
légende  :  CORNELIVS  DE  BERGIS  EPISGOPVS  LEOD  :  DUX 
BVLLON  :  ET   GOM  :  LOSS  ;. 

Il  fit  encore  battre  des  liards  l'an  1540  aux  armes  de  sa 
maison  d'un  côté,  avec  une  croix  éioilée  de  l'autre,  portant  un 
lion  d;ins  le  milieu,  principal  quartier  de  sa  maison  de  Berg. 

Georges  d'Autriche,  qui  succéda  en  1544  à  Corneille  de  Berg, 
fit  battre  des  florins  d'or  ayant  d'un  côté  un  S^  Georges  debout, 
armé,  foulant  le  dragon,  le  perçant  d'une  lance  de  la  main 
droite,  tenant  de  la  gauche  les  armes  d'Autriche  écartelées  avec 
celles  de  Brabant  et  pour  légende  :  GEORGIVS  AB  AVSTRIA, 
sur  le  revers  une  croix  ayant  entre  ses  branches  les  écussons 
de  Liège,  Bouillon,  Franchimont  et  Looz,  puis  la  légende  : 
EPS  :  LEOD  :  DVX  BVLLON  :  GOM  ES  LOSS  : 

Il  fit  aussi  battre  des  écus  d'argent  ayant  d'un  côté  les  armes 
de  sa  maison  et  de  l'autre  un  S'  Georges  à  cheval  avec  la 
légende:  GEORGIVS  AB  AVSTRIA  DEI  GRATIA  EPS:  LEOD  : 
DVX  BVL  :  GOMES  LOS  :  1545. 

Il  en  fit  battre  d'autres  en  1546  aux  mêmes  armes  et  légendes, 


-  80  - 

ne  fut-ce  que  le  S'  Georges  étoit  debout  tenant  une  lance  Ji 
la  main. 

11  en  est  d'autres  aux  mêmes  armes  et  légendes  d'un  côté  ; 
mais  qui  portent  au  revers  la  double  aigle  couronnée  et  éployée 
avec  la  légende  :  CÂROLVS  V  ROM  :  IMP  :  AVG  :,  sans  date. 

Il  est  aussi  des  escalins  du  même  prince  aux  mêmes  coins, 
revers  et  devises. 

D'autres  ayant  d'un  côté  les  armes  d'Autriche,  au  revers 
celles  de  Liège,  Bouillon,  Looz  et  du  S'  empire. 

Des  escalins  et  liards  ayant  les  armes  du  prince  d'un  côté,  de 
l'autre  les  écussons  de  Licge,  Bouillon,  Franchi  mont  et  Looz. 

Le  père  Bouille,  dans  son  Histoire  de  Liège  pag.  385  et  386, 
rapporte  que  l'évêque  Georges  d'Autriche  fit  fabriquer  des 
dalers  et  d'autres  monnoies  d'argent  selon  la  valeur  intrinsèque 
de  celles  de  l'empire;  c'est  peut-être  là  le  motif  pour  lequel  on 
mit  sur  ses  monnoies  le  nom  de  l'empereur  régnant,  voulant 
probablement  marquer  seulement  par  là  l'époque  de  leur 
fabrication  d'une  manière  plus  précise  qu'elle  ne  l'avoit  été 
auparavant.  Cet  usage  en  fut  dès  lors  assez  commun  à  tous 
les  électeurs,  princes,  villes  et  états  de  l'empire  pendant  un 
long  temps  et  s'est  toujours  conservé  jusqu'à  présent  sur  la 
monnoie  des  villes  libres  de  l'empire. 

Les  HoUandois  pratiquent  aussi  cet  usage  depuis  le  commen- 
ment  de  la  république  et  ont  continué  jusqu'à  présent  de  mettre 
la  légende  suivante  sur  leurs  ducats  :  MONETA  ORDINVM 
PROVINCIA  :  FOEDERATA  :  AD  LEGEM  LMPERII,  quoiqu'ils 
soient  maintenant  séparés  de  l'empire  et  qu'ils  ayent  été 
reconnus  état  libre  et  souverain  par  la  paix  de  Westphalie. 

Il  semble  néanmoins  qu'il  n'y  avoit  pas  une  oblii^ation 
absolue  aux  princes  de  l'empire  de  changer  leur  monnoie  de 
l'aigle  impériale  et  du  nom  de  l'empereur,  puisque  Robert  de 
Berg  qui  succéda  dans  l'évêché  de  Liège  immédiatement  à 
Georges  d'Autriche,  ne  mit  l'aigle  impérial  et  cette  légende, 
que  sur  les  dalers  ou  écus  qu'il  lit  battre  l'an  1557  et  ne  le  fit 


-  81  - 

pas  mettre  sur  les  pièces  de  vingt  sous  qu'il  lit  battre  aux  armes 
de  sa  maison,  ayant  de  l'autre  côté  une  croix  et  la  légende  : 
ROBERTVS  A  BERGIS  EPS  :  LEODIEN  :  DVX  BVLLON  : 
COME  :  LOSSEN  :,  non  plus  que  sur  les  pièces  de  cinq  sous 
qu'il  fit  battre  l'an  1561,  sous  les  mêmes  armes,  revers  et 
légendes  que  les  pièces  de  vingt  sous  qui  ne  portent  aucune 
date. 

On  ne  pourroit  cependant  douter  d'un  autre  côté  qu'il  n'eut 
intervenu  des  décrets  impériaux  sur  le  fait  des  monnoies, 
puisque  sur  des  escalins  battus  sous  le  règne  de  Gérard  de 
Groesbeck,  successeur  immédiat  de  Robert  de  Berg  et  d'Ernest 
de  Bavière,  son  autre  successeur  médiat,  il  y  a  un  double  aigle 
au  milieu  de  la  croix  du  rêve:  s  avec  la  légende  :  RODOL  :  II 
ROM  :  IMP  :  DEGRETO. 

Cette  formule  qui  n'alteroit  en  rien  le  droit  des  princes 
pouvoitplus  vraisemblablement  ne  designer  autre  chose  sinon 
que  leur  monnoie  étoit  pour  l'intrinsèque  conforme  aux  loix  de 
l'empire  comme  les  Hollandois  continuent  à  l'imprimer  sur 
leurs  ducats  doubles  ou  simples,  etc. 

Ayant  été  réservé  par  la  capitulation  de  Charles  V  aux  Etats 
de  l'empire  assemblés  en  diète  de  faire  les  ordonnances  moné- 
taires, ils  en  firent  une  en  1516  dans  une  diète  tenue  à  Ratis- 
bonne  à  laquelle  ils  tirent  quelques  ajoutes  dans  les  diètes 
tenues  à  Augsbourg  en  1566  et  en  1569  et  ce  fut  dans  cette 
dernière  qu'on  prescrivit  la  valeur  intrinsèque  des  monnoies, 
leur  forme  et  manière  de  les  essayer.  C'est  à  l'occasion  des 
monnoies  de  ce  temps  Ih  que  le  célèbre  Paffendorf  a  dit  que  les 
monnoies  d'Allemagne  rougissoient  d'être  de  si  mauvais  aioi. 
Il  fut  encore  ajouté  par  la  suite  des  articles  à  ces  ordonnances 
monétaires  qui  n'ont  produit  que  peu  de  fruit  en  Allemagne. 
Et  comme  c'est  toujours  au  nom  de  fempereur  que  ces  sortes 
de  résolutions  sont  annoncées,  il  n'y  a  rien  d'étonnant  d'avoir 
vu  cette  formule  sur  les  monnoies. 

Outre  ces  escalins,  Gérard  de  Groesbeeek  ht  battre  des  rix 


—  S:>  — 

Daldors  ou  éciis  m!u-(|uës  d'un  côté  des  armes  de  sa  maison 
avec  la  légende  GERARD  :  A  GROESB  :  EPS  :  LEOD  :  D  :  B  : 
C  :  LOS  :,  de  l'autre  la  double  aigle  éployée,  surmontée  de  la 
couronne  impériale  et.  pour  légende  :  MAXMI  :  Il  ROM  :  IM  : 
SEMP  :  AV.  1567. 

Il  fit  battre  l'ait  1568  des  florins  d'or  aux  mêmes  armes, 
revers  et  légende  que  les  écus. 

Des  plaaueites  aux  armes  de  sa  maison  avec  la  légende  : 
GERARDVS  A  GROSBERG  EPIS  :  LEOD  :  au  revers  une 
couronne  de  laurier,  dans  le  milieu,  la  devise  DILIGE  et 
dessous  1565. 

Il  fit  aussi  battre  des  iiards. 

Je  ne  parlerai  pas  des  monnoies  d'Ernest  de  Bavière  qui 
succéda  en  1580  à  Gérard  de  Groesbeeck,  ni  de  celle  de  Maximi- 
lien  Henri,  de  Jean  Louis,  de  Joseph  Clément,  de  Georges  Louis 
et  de  Jean  Théodore  et  de  tous  les  sede  vacante  intermédiaires, 
elles  sont  dans  les  mains  de  tout  le  monde  et  ont  encore  cours 
journellement  dans  le  commerce.  Ce  sont  des  écus  d'or  ou 
pistoles,  des  souverains  d'or,  ducats,  doubles  ducats,  ducatons, 
écus,  escalins,  plaquettes  et  Iiards. 

Partie  de  ces  monnoies  a  été  battue  avec  les  effigies  de  ces 
princes  d'un  côté,  tels  sont  les  écus  et  les  pistoles  de  Jean 
Louis,  les  ducatons,  écus,  demi  et  quart  écus  d'Ernest,  Ferdi- 
nand, Maximilien,  les  écus  de  Joseph  Clément,  et  de  l'autre, 
tous  les  écussons  des  armes  quartiers  du  pays  de  Liège  ou 
seulement  du  duchj  de  Bouillon,  d'autres  au  lieu  de  leurs 
effigies  ont  mis  les  armes  de  leur  maison. 

Il  y  avoit  anciennement  trois  hôtels  de  monnoie:  un  à  Liège, 
dans  la  rue  des  Sœurs  de  Hasque,  un  h  Bouillon  qui  en  a 
retenu  le  nom  jusqu'à  présent  et  un  à  Hasselt.  On  ne  pourra 
jamais  contester  que  les  princes  de  Liège  n'aient  fait  battre, 
comme  tels,  toutes  sortes  de  monnoies,  indépendamment  de 
leur  qualité  de  Duc  de  Bouillon;  mais  aussi  com.nie  comte  de 
Looz.  Il  ne  doit  pas  rester  le  moindre  doute  là  dessus  et  il  y  a 


—  88  - 

même  des  liaids  que  lit  battre  Ernest  de  Bavière  sur  lesquels 
on  voit  d'un  côté,  son  effigie,  la  couronne  électorale  en  tête 
et  la  légende  :  ERNESTVS  A  BAVARlA  et  sur  lo  revers  l'écus- 
son  du  comté  de  Looz  adossé  sur  les  armes  de  Bavière  et  pour 
légende  :  COMES  LOSSENSTS. 

Ferdinand  de  Bavière  a  aussi  fait  battre  des  liards  comme 
marquis  de  Franchi  mont  et  comte  de  Horne.  ayant  d'un  côté 
les  armes  de  Bavière  et  la  légende  :  FERDINANDVS  ELECT  : 
COL  :  PRIN  :  LEOD  :  et  au  revers  le  perron  surmonté  de 
la  couronne  qui  termine  les  armes  de  Liège,  récusson  de  Fran- 
chimonl  à  droite  et  celui  de  Horne  k  gauche  et  celui  de  l'empire 
sur  le  perron  avec  la  légende  :  MARCH  :  FRANCHIMONT  : 
COMES  HORN  :,  ce  qui  démontre  qu'il  a  été  battu  des  îuonnoies 
aux  coins  de  toutes  les  provinces  du  pays  de  Liège. 

C'est  pourquoi  il  semble  que  l'illustrissime  chapitre  cathedral 
qui  de  droit  jouit  de  tous  les  attributs  de  la  souveraineté 
pendant  le  siège  vacant,  devrait  sous  très  humble  correction 
user  de  toute  l'étendue  de  ce  pouvoir  en  taisant  battre  des 
pièces  de  monnoie  aux  coins  de  chaque  écusson  des  provinces 
du  pays,  ainsi  qu'à  tous  les  quartiers  réunis  do  Liège,  Bouillon, 
Franchimont,  Looz,  Horne,  en  y  ajoutant  celui  de  Herstal  que 
les  roi.^i  de  Prusse  ne  dédaignoient  pas  d'ajouter  aux  leurs. 

Fait  à  Liège  ce  4  mars  1763. 

[Signé)  i.  HEUSY. 

Archives  de  TEtal  à  Liège,  pièws  délaclit-es,  n»  ilh. 


ANCIEN    PLAN 


ou 


VUE  DE  LA  VILLE  DE  LIEGE 


L'Institut  archéologique  a  accueilli  eu  1860  et  a  permis 
d'insérer  dans  son  Bulletin  un  travail  intitulé  :  Recherches  sur 
les  cartes  de  la  principauté  de  Liège  et  sur  les  plans  de  la  ville, 
par  A.  Dejardin,  capitaine  du  génie.  M.  Bodel-Nuyenhuis, 
ancien  libraire  et  amateur  distingué  de  la  ville  de  Leyde,  ayant 
lu  cet  opuscule,  s'empressa  d'informer  l'auteur  qu'il  possédait 
un  ancien  plan  de  Liège  en  quatre  feuilles  et  portant  les  inscrip- 
tions suivantes  :  JEgidiiis  Marischalpictor  Leod.  delineavit,\Q[S; 
Johan  Veenen  (ecit  ;  Gerardus  Alzenbach  excudit.  Cette  pièce  fut 
renseignée  et  décrite  dans  un  supplément  aux  Recherches.  V. 
le  Bulletin,  tome  V,  page  199. 

Un  plan  de  Liège  d'une  date  aussi  reculée  et  d'une  si  grande 
dimension  (il  mesure  deux  mètres  en  longueur)  devait  exciter  la 
curiosité  et  la  convoitise  des  Archéologues  liégeois  ;  aussi  nous 
nou-;  adressâmes  à  M.  Bodel  pour  lui  faire  des  propositions  ; 
mais  il  nous  répondit  qu'il  ne  voulait  k  aucun  prix  se  dessai- 
sir de  cet  unicum.  Quelques  années  après,  le  propriétaire  de  ce 
plan  étant  décédé,  ses  nombreuses  et  intéressantes  collections 
étaient  livrées  aux  enchères.  Comme  le  plan  de  Liège  ne  figu- 
rait pas  dans  les  trois  catalogues  publiés  à  cette  occasion,  des 
doutes  s'élevèrent  sur  son  existence.  Le  libraire  Muller  qui 
avait  dirigé  la  vente,  voulut  bien  nous  faire  savoir  que  le  plan 


-   86- 

existait  et  qu'il  ét;iit  conservé  à  la  bibliothèque  de  l'université 
de  Leyde  h  laquelle  M.  Bodel  avait  légué  ses  collections  idéogra- 
phiques. Et  grâce  à  l'extrême  complaisance  et  à  l'habile  direc- 
tion de  Monsieur  W.  Du  Rieu,  docteur  en  droit  et  conservateur 
de  la  bibliothèque  de  Leyde,  nous  sommes  en  possession  d'une 
excellente  copie  de  l'œuvre  de  Gilles  Marischal.  El  pour  qu'il 
ne  reste  aucun  doute  sur  son  authenticité  et  sa  parfnite  exacti- 
tude, nous  donnons  un  extrait  de  la  lettre  que  cet  estimable 
bibliothécaire  a  bien  voulu  nous  adresser. 

«  Samedi  passé  mon  dessinateur  m'apporta  la  quatrième  ou 
»  dernière  feuille.  Ce  n'est  que  hier  que  je  réussis  à  donner 
»  quelques  moments  pour  collationner  l'ouvrage  ;  car  je  ne 
»  voudrais  pas  vous  livrer  ce  travail  sans  m'être  persuadé  qu'il 
»  est  fait  comme  il  faut. 

»  Eh  bien,  le  résultai  en  est  très-Cavorable.  Le  dessinateur 
))  n'a  absolument  rien  oublié  et  il  a  conservé  toul-à-l'ail  le 
»  caractère  de  l'original.  Vous  recevez  donc,  Monsieur,  un 
»  fac-similé  complet  et  parfait ,  qui  vous  fera  juger  de  la 
»  valeur  de  la  gravure.  Je  suppose  que  vous  serez  content  et 
»  je  vous  félicite  de  la  belle  acquisition  que  votre  collecîion  va 
»  faire.  Monsieur  Mulder  vous  écrit  en  même  temps.  Je  ne 
»  doute  pas  que  l'atîaire  ne  soit  terminée  à  votre  grande  satis- 
»  faction,  et  je  suis  bien  aise  de  vous  avoir  fourni  l'occasion  de 
»  vous  enrichir  d'une  si  belle  pièce.  » 

Les  amateurs  qui  examineront  ce  plan  avec  soin,  sauront  en 
apprécier  'es  qualités  comme  ils  sauront  en  relever  les  défauts. 
Il  est  hors  de  doute  que  de  toutes  les  vues  de  l'ancien  Liège, 
c'est  celle  qui  a  le  plus  d'étendue.  Les  monuments  situés  en 
dehors  de  l'enceinte  de  la  cité,  se  trouvant  isolés,  ont  pu  être 
dessinés  avec  tous  les  détails  d'architeclurt;  qui  les  caractéri  - 
sent.  Nous  y  voyons  avec  intérêt  l'ancien  état  de  l'abbaye  de 
St-Laurent  avec  son  réfectoire  gothique;  le  couvent  des  Guil- 
lemins  ;  le  pont  des  arches  qui  a  précédé  celui  démoli  récem- 
ment et  qui  est  surmonté  d'une  construction  importante  et  de 


—  87  — 

la  chapelle  de  S'*^  Barbe  dans  laquelle  les  Arbalestriers  tenaient 
leurs  assemblées  ;  l'ancien  pont  d'Avroy  avec  ses  arches  etc. 

Nous  venons  de  dire  que  l'on  signalerait  aussi  les  défauts  de 
ce  plan.  En  effet  le  dessinateur  s'étant  placé  sur  la  montagne 
de  S.  Maur,  (Fou  il  avait  prospect  de  la  cité,  comme  il  le  dit 
lui-même,  ne  pouvait  d'un  coup  d'œi!  embrasser  toute  l'éten- 
due de  la  ville  ;  les  monuments  situés  à  l'intérieur  et  cachés 
en  partie  par  les  constructions  voisines,  n'ont  pu  être  repré- 
sentés avec  toute  l'exactitude  et  la  perfection  nécessaires.  Mais 
ces  défauts  sont  inséparables  de  la  nature  même  de  ce  genre  de 
travail,  et  l'auteur  de  l'ouvrage  intitulé  :  Etudes  archéologiques 
sur  les  anciens  plans  de  Paris,  M.  A.  Bonnardot  a  fait  sur  ce 
sujet  des  observations  si  judicieuses  que  nous  ne  pouvons 
nous  empêcher  de  les  reproduire  ici. 

«  Le  point  le  plus  difficile  pour  fabriquer  ces  sortes  de  plans, 
»  surtout  où  l'on  adopte  une  vaste  échelle,  c'est  d'y  faire 
>>  figurer  dans  leurs  limites  précises,  et  surtout  avec  leurs 
»  formes  vraies  et  détaillées,  les  principaux  édifices  signalés 
»  dans  l'histoire.  C'est  chose  presque  impossible.  On  connaît  à 
»  peu  près  la  situation  et  les  limites  des  anciens  hôtels,  mais 
»  sur  quels  documents,  en  l'absence  de  dessins  contempo- 
»  rains,  oser  tracer  le  plan  géométral  des  cours,  jardins  et 
»  corps  de  logis  ?  Avant  le  seizième  siècle,  on  ne  levait  guère 
»  de  plans  géométraux  ;  les  architectes,  je  le  présume,  détrui- 
»  saient  les  dessins  de  leurs  constructions,  ces  constructions 
»  une  fois  achevées. 

»  Des  livres  décrivent,  mais  ne  dessinent  pas  les  édifices  ; 
»  ils  parlent  à  l'imagination,  non  aux  yeux.  Il  faut  donc  pour 
»  échapper  au  reproche  d'inexactitude,  se  borner  h  indiquer 
>^  des  masses.  Il  en  résulte  un  plan  froid,  sans  parfum  archéolo- 
»  gique.  Les  rues  seules  offrent  un  ensemble  assez  pittoresque, 
«  mais  le  plaisir  de  la  curiosité  s'arrête  au  delà  de  la  voie 
»  publique.  Voilà  l'obstacle,  voilà  pourquoi  j'ai  toujours  différé 
»  mon  projet  de  publier  une  nouvelle  série  de  plans  fictifs  de 


88 


»  Paris;  caria  meilleure  critique,  c'est  de  refaire  ce  qu'on 
»  trouve  mauvais.  La  nécessité  où  je  serais  d'imaginer  souvent, 
»  au  lieu  de  dessiner  d'après  le  réel,  déprécierait  ces  plans  aux 
»  yeux  des  connaisseurs.  L'imagination  du  vulgaire,  je  le  sais, 
»  aime  mieux  être  ainsi  agréablement  trompée,  qu'arrêtée 
»  cour!  au  milieu  de  ses  jouissances,  et  l'ennemi  du  mensonge 
»  a  peu  de  partisans.  Mais  on  ne  donne  pas  le  change  5  des 
»  collègues  en  archéologie.  « 

On  a  dit  en  parlant  des  historiens  liégeois,  que  la  princi- 
pauté de  Liège,  malgré  l'exiguité  de  son  territoire,  n'a  rien  h 
envier  sous  ce  rapport  aux  grandes  nations  qui  l'environnent. 
On  pourrait  peut-être  en  dire  autant  des  plans  ou  vues  qui 
représentent  l'ancienne  cité.  En  effet  dès  le  seizième  siècle  nous 
voyons  Braun  et  Hogenberg  reproduire  par  la  gravure  celui 
que.  leur  avait  adressé  le  prince  Gérard  de  Groesbeck.  Vers  le 
milieu  du  siècle  suivant,  Wencenlas  HoUar,  parcourant  les 
grandes  villes  de  la  Basse-Germanie,  mettait  son  talent  au 
service  des  éditeurs  et  dessinait  le  plan  de  Liège  avec  cette 
finesse  et  cette  élégance  qui  font  rechercher  ses  œuvres  avec 
tant  d'avidité  par  les  amateurs  des  arts.  Quelques  années 
après,  cette  vue  était  reproduite  dans  de  vastes  propoitioiis 
pour  orner  l'ouvrage  important  :  Theatnim  Urbium  Belyicœ 
Regiœ.  Et  je  ne  puis  me  défendre  de  quelque  léger  sentiment 
de  fierté  patriotique,  quand  je  vois  qu'entre  les  plans  des 
grandes  villes  de  l'ancienne  Belgique,  telles  que  Bruxelles, 
Gand,  Anvers  eic,  celui  de  Liège  est  le  plus  grand,  le  plus 
beau,  le  plus  complet;  et  je  ne  sais  à  quoi  attribuer  celte  pi'éfé- 
rence  de  J.  Blaeu,  le  célèbre  éditeur  d'Amsterdam. 

Désormais  le  plan  d'iEgidius  Marischal  sera  compté  paraii 
nos  documents  archéologiques,  ei  connaissant  tout  l'intérêt 
que  l'Institut  porte  t\  l'ancienne  cité,  j'ai  cru  laire  chose  utile  et 
agréable  en  le  soumettant  à  son  judicieux  et  sage  examen. 

N.  Henhotte. 


w 


liiiIlcIinderinsUlut  arcIirolojit|Ur  Liégrois 


EXTRAIT    DU    PLAN 
,    BASSIN  ^W  THKl'X 
rapport  du  10  Mai  1SS5 
Je  M  U  Sons-mqinuur    Geoffroy 
Echelle  de    yicoco 


FOUILLES   DE   JUSLENVILLE. 


CINQUIÈME     RAPPORT 

Suivi  d'un  appendice  sur  les  carrières  de  marbre  noir  de  Theux. 


Lorsque,  en  1868,  VInstitut  archéologique  liégeois  cessa  de 
fouiller  la  parcelle  n»  757,  nous  avions  l'espoir  de  découvrir  un 
jour  dans  sa  partie  Est,  restée  alors  inexplorée,  plusieurs 
sépultures  belgo-romaines  et  d'y  recueillir  un  certain  nombre 
d'ustensiles  de  ménage  et  d'objets  de  toilette.  Le  travail  fut 
arrêté  k  l'entrée  de  la  prairie,  malgré  le  résultat  satisfaisant 
obtenu  dans  la  dernière  tranchée.  La  crainte  d'être  entraîné 
dans  des  dépenses  trop  élevées  pour  les  ressources  de  VInstitut, 
avait  été  notre  seul  mobile.  Nous  attendions  avec  impatience 
que  le  gazon  de  cette  prairie  fût  rompu  ;  notre  projet  était  de  la 
sillonner  de  tranchées  dans  l'espoir  d'une  heureuse  trouvaille. 

Rentré  enfin  en  jouissance  de  ce  champ  par  suite  de  la  rési- 
liation du  locataire,  on  mit  la  main  à  l'œuvre  et,  le  9  novembre 
1874,  on  creusa  une  tranchée  parallèle  et  adjacente  à  la  tran- 
chée extrême  Est  ouverte  en  1868. 

Une  épichysis  en  terre  blanche  (  h.  0"\20,  cire.  0"',40  )  ;  une 
petite  urne  (olla)  en  terre  blanche  à  couverte  noire,  très-frag- 


90 


menlée;  des  tessons  de  vases  divers;  une  monnaie  en  bronze 
fruste  et  des  clous  furent  le  résultat  obtenu  pendant  les  trois 
heures  consacrées  aux  fouilles  de  cette  première  journée  (de 
2  h  5  heures  de  relevée). 

Le  lendemain  matin,  Watlielet  recueillit  deux  patères  en 
terre  rouge  fragmentées,  mais  d'une  reconstitution  facile. 
La  plus  intacte  mesure  0", 042  en  hauteur  etO"', 175  en  diamètre. 
Elle  porte  le  sigle  :  daciaf.  Nous  n'avons  pu  déchiffrer  la 
marque  du  potier  de  la  seconde,  dans  laquelle  nous  avons  laissé, 
tel  qu'il  se  trouvait  au  moment  de  la  trouvaille,  un  moyen 
bronze  d'une  conservation  passable  (buste  lauré  à  droite  : 
NERVA  TRAiAN  AVG....).  On  trouvc  OU  oulro  une  petite  patelle 
bilobée  en  terre  rouge,  dont  il  manque  un  léger  morceau  au 
pied,  h.  0"',041,  d.  0"\10;  un  objet  en  fer,  espèce  de  lame, 
terminé  à  une  extrémité  par  un  anneau  et  à  l'autre  par  une 
pointe  coupée  en  biseau,  1.  0'n,141;  ses  deux  faces  sont  déco- 
rées d'un  relief  ornemental  ;  enfin  la  partie  avec  l'anneau  d'un 
objet  semblable  et  des  clous. 

La  température  s'étant  brusquement  abaissée,  les  travaux 
furent  forcément  interrompus  le  10  novembre,  à  deux  heures 
de  relevée,  pour  être  repris  l'après-midi  du  19,  et,  après  deux 
heures  de  travail,  abandonnés  de  nouveau  jusqu'au  7  décembre. 
Mais  ce  même  jour,  7  décembre,  la  pluie,  la  neige  et  le  froid 
nécessitèrent,  dès  9  i  '2  heures  du  matin,  la  cessation  momen- 
tanée des  recherches. 

Les  fouilles  s'étaient,  à  leur  début,  présentéeè  sous  les  plus 
belles  apparences.  Elles  promettaient  d'égaler  celles  de  1868  et 
de  fournir  une  riche  collection  au  Musée.  Ce  ne  fut  qu'un 
leurre.  Contrarié  par  le  mauvais  temps,  l'ouvrage  était  inter- 
rompu chaque  jour.  La  première  tranchée  mesurait  19"", 16  en 
longueur  et  1"',20  en  largeur;  un  groupe  de  petites  tranchées 
avait  été  commencé  à  l'Est,  dans  la  direction  du  terrain  de 
M.  Lejeune,  n"  758,  et  il  avait  été  continué  pendant  la  semaine 
(lu  11  au  16  janvioi-  1875  (voir  le  plan).  Nous  y  avions  rencontré 


91 


quelques  clous,  un  fragment  d'épingle  (?)  en  bronze  et  des 
débris  de  poteries  diverses,  parmi  lesquels  on  remarquait 
des  tessons  de  poteries  grises,  guillochées,  semblables  h  ceux 
trouvés  en  1869  dans  la  parcelle  ir  911  {fhill.  de  Vlnst.  arch. 
liég.,  t.  X,  p.  291  ).  Wathelet  avait  constaté  la  présence  de  plu- 
sieurs emplacements  de  sépultures  fouillées  antérieurement;  à 
l'une  d'elles,  une  des  dalles  était  restée  debout. 

Nous  étions  disposés  à  poursuivre  les  reclierches,  bien  que 
la  récolte  fût  très-maigre,  quand  un  malheureux  accident  nous 
força  de  les  ajourner  indéfiniment  :  quelques  jours  après,  l'ou- 
vrier s'était  blessé  grièvement,  et,  à  sa  guérison,  la  saison  était 
trop  avancée  pour  songer  à  creuser  dans  ce  sol  exploré 
depuis  longtemps. 

Cependant  nos  touilles  ne  s'arrêtent  pas  ici.  Une  circons- 
tance fortuite  provoqua  de  nouvelles  recherches.  Le  30  avril 
1875,  on  labourait  la  terre.  La  charrue  se  heurta  contre  une 
pierre.  Wathelet,  occupé  pour  lors  à  combler  les  tranchées 
creusées  dans  la  prairie,  découvrit  cette  pierre  :  c'était  une 
tombe;  une  dalle  en  grès  de  Chawieumont  lui  servait  de 
pavement.  Cette  tombe  renfermait  quelques  ossements  calcinés 
et  un  tesson  de  poterie  blanche. 

Le  lieu  où  elle  gisait,  servit  de  point  de  jonction  h  quatre 
tranchées  dirigées  en  forme  de  croix  latine  vers  les  quatre 
points  cardinaux.  Une  nouvelle  tombe  de  même  structure  fut 
découverte  le  l*'  mai,  à  0"\50  Sud-Est  de  la  précédente.  On 
en  retira  une  grande  quantité  de  ferrailles,  la  plupart  agglo- 
mérées ;  un  fragment  d'épingle  en  broi.ze;  les  fragments  d'une 
patère  en  terre  grossière  et  une  patelle  de  forme  conique 
tronquée  en  terre  rouge. 

Une  troisième  tombe  fut  mise  au  jour  le  13  mai,  dans  la 
tranchée  Ouest.  Les  dalles,  très-minces  en  majeure  partie, 
étaient  brisées  et  éparses  dans  le  sol  ;  des  ossements  calcinés 
et  de  rares  débris  de  vases  en  terre  cuite  signalaient  le  lieu  de 
l'inhumation.   11  restait  évident  que  nous  avions  été  devancés 


—  9-2  — 

là  comme  dans  la  prairie  et  nous  ne  poussâmes  pas  plus  avant 
nos  investigations. 

A  la  fin  des  travaux  de  '18fi9,  nous  écrivions  à  M.  S.  Bormans 
que  «  passé  la  moitié  des  parcelles  n*''  757  et  758,  vers  le  Nord, 
tout  indice  (de  cimetière)  disparaît.  »  {Bull,  de  VInst.  arch.  liég., 
t.  X,  p.  75.  )  La  dernière  découverte  modifie  notre  opinion  de 
1869  et  prouve  notre  erreur.  La  limite  du  cimetière,  du  moins 
dans  la  parcelle  cadastrée  sous  le  n"  757,  doit  être  reportée 
plus  au  Nord  et  l'avenir  nous  dira  si  elle  ne  s'étendait  pas  sur 
les  terrains  joignants. 

Ce  fait  est  l'unique  intérêt  offert  par  les  fouilles  faites  en 
1874-4875. 

Theux,  le  iO  juin  1875. 

n. 

Le  présent  rapport  était  h  l'impression,  lorsque  le  Vmllelin 
de  rinstitut  archéologique  liégeois  (XII,  p.  285),  nous  apporta  le 
très-remarquable  article  ^m  Deux  inscriptions  belges  iiiédites  en 
Belgiffiic.  La  révélation  de  la  découverte  faite  à  Theux,  en  1557, 
d'antiquilc's  romaines,  de  deux  autels  votifs  (i),de  constructions, 
de  monnaies  et  notamment  de  sépultures,  ne  laisse  plus  de 
doute  sur  l'exploration  du  cimetière  belgo-romain  dès  le  temps 
où  vivait  Pigliius,  qui  n  donné  le  texte  des  deux  inscriptions. 

En  présence  de  ce  fait  important  et  de  l'existence  de  quelques 
sépultures  Sia-  les  Carreaux  (:2),  c'est  un  devoir  pour  nous  de 

{t  )  Si  le,  nombre  dos  inscriptions  (ioil  ùtre  pris  en  considération  qu;nd  a  l'im- 
portance d'une  localité,  nous  ferons  remarquer  que  le  total  des  inscriptions  de 
Theux  s'élève,  non  à  cinq,  comme  le  dit  l'auteur  des  Deux  inscriptious,  mais  à  six 
celle  de   Verveccus,  de  D.  :)/.,  A'Acc.-Acc,  de  l'rimm  elles  deux  Milhras. 

{*)  So  les  Qiut rais,  KuW.  de  l'Inst.  arch.  li(<g.,  T.  iX,  p.  138.  Ce  champ  est 
séparé  des  i»/('/(»v  par  un  chemin.  Voirie  plan,//'»/.,  p.  140. 


-  m  — 

rectifier  l'avis  émis  dans  notre  lettre  à  M.  S.  Bormans,  rap- 
pelée ci-dessus,  —  et  de  dire  que  les  tombes  détruites  Sur  les 
Carreaux  peuvent  bien  n'avoir  pas  été  isolées,  mais  avoir  été 
comprises  dans  le  cimetière  romain  de  Juslenville,  dont  les 
limites  ne  seraient  pas  encore  fixées.  A  cet  égard,  on  restera 
peut-être  toujours  dans  le  vague  k  cause  de  nombreuses  fouilles 
régulières  ou  autres  qui  y  ont  été  opérées  depuis  des  siècles. 

Voici  notamment  un  document  inédit  qui  parle  de  fouilles 
semblables.  En  réponse  à  une  circulaire  de  M.  le  Gouverneur 
de  la  province,  du  23  septembre  1843,  relative  à  la  statistique 
générale  et  bibliographique  de  la  commune,  l'administration 
communale  de  Theux,  écrivait,  sous  la  date  du  30  mars  1844, 
à  M.  le  commissaire  de  l'arrondissement  de  Verviers  :  «  Des 
sépultures  romaines  que  l'on  découvre  de  temps  en  temps  à 
Juslenville,  des  médaillons,  des  médailles  en  bronze,  en  argent, 
et  des  urnes  funéraires  qui  ont  été  trouvées  dans  les  déblais 
faits  au  travers  de  ce  village  en  1825  pour  la  construction  de 
la  route  de  la  Vesdre,  prouvent  que  la  contrée  a  été  très-ancien- 
nement habitée.  » 

Le  savant  auteur  de  l'article  intitulé  :  Deux  inscriptions  belges 
inédites  en  Belgique,  nous  charge  du  soin  de  rechercher,  à 
Theux,  le  Mithraeum,  dont  les  deux  inscriptions  étudiées  par 
lui,  ont  fait  partie. 

Il  y  aurait  lieu,  pour  se  rendre  à  sa  bienveillante  invitation, 
de  consacrer  quelques  journées  au  décombrement  de  l'antre  de 
Juslenville  (1),  connu  dans  le  pays  sous  le  nom  très-répandu, 
comme  l'on  sait,  de  Tro  des  Sottais  ;  mais  le  peu  de  profondeur 

(  '  I  Un  poète  semble  avoir  eu  le  pressentiment  de  nos  recherches,  lorsqu'il  dit  : 
Là,  de  vastes  rochers  une  effrayante  niasse 
D'un  antre  en  ses  parois  contient  le  sombre  espace  ; 
D'un  ruisseau  retentit  le  son  mystérieux; 
Le  frais  de  l'onde  ajoute  à  la  fraîcheur  des  lieux, 
Et  sous  ses  voûtes,  seul,  des  oracles  antiques 
Je  pense  ressentir  les  vapeurs  prophétiques. 

P.  .1.   Lf.Ldip.  .histetiville,  Souvenir  poétique.  dBâ;^,  p.  18. 


—  H  - 

de  cet  antre  (  i)  ne  permet  pas  (i'augurer  un  résultat  positif  des 
fouilles,  si  toutefois,  à  rinterventioii  de  notre  honorable  prési- 
dent, le  propriétaire,  M.  F.  Lejeune.  consentait  h  y  laisser 
opérer  des  fouilles. 

L'antre  (2)  es.  situé  à  une  distance  d'environ  mille  mètres 
du  lieu  désigné  encore  de  nos  jours  par  la  tradition  populaire 
comme  emplacement  ûu  palais  du  roi  des  romains  de  JuslenviUe. 
Il  est  regrettable  que,  jusqu'aujourd'hui,  il  ne  nous  ait  pas  été 
donné  de  fouiller  les  substructions  ;  car,  situées  à  proximité 
des  sources  thermales,  elles  permettraiv'rjntde  contrôler  la  haute 
idée  que,  d'après  la  tradition,  on  se  fait  de  cette  prétendue 
demeure  royale. 

L'antre  est  aujourd'hui  presque  détruit  extérieurement,  par 
la  chute,  il  y  a  un  an,  d'une  pariie  de  sa  voûte  à  l'entrée.  Il  y 
aurait,  paraît-il,  très-peu  de  terre  à  déblayer  pour  atteindre 
l'aire  du  rochei-.  Nous  ne  pensons  pas  que  la  grotte  ait  jamais 
été  fouillée. 


'  *  )  Un  léger  ruisseau  qui  prend  sa  source  dans  la  montatçne  à  une  faible 
dislance  de  Tantre  et  qui  se  jette  dans  la  Hoegne,  après  avoir  traversé  un  chemin 
et  la  berge  de  la  rivière,  passe  dans  la  grotte  sur  une  pierre  noire  marquée  des 
veines  caractéristiques  du  marbre  dont  il  sera  reparlé  ci  après  ;  mais  elle  n'est  pas 
d'un  aussi  beau  noir.  Lorsque  ce  ruisseau  tarit,  on  peut  en  rampant,  pénétrer  à 
cinq  ou  six  mètres  dans  le  bloc  calcaire  où  la  grotte  s'est  formée. 

(')  «  Mine  de  houille  de  bonne  qualité,  qui  paraît  au  jour  sur  l'un  des  coteaux  de 
la  vallée,  près  d'une  grotte  dans  la  pierre  calcaire  bleuâtre,  et  se  retrouve  sur  le 
coteau  vis-à-vis,  dans  la  direction  du  S.  0.,  au  N.  E.  »  Le  guide  des  curieux  qui 
visitent  les  eaux  de  Spa,  iHii,  p.  41.  Vues  pittoresques  de  la  nouvelle  route  de 
Liège  à  Aix-la-Chapelle  et  Spa,  par  Chaudfontaine,  dessinées  d'après  nature  et 
lithographiées  par  N.  Ponsart,  avec  une  notice  historique  (Liège,  Collardin,  1829, 
in-4",  19  pages  de  texte  et  26  planches),  pi.  10  :  «  Grotte  de  JuslenviUe,  près  de 
Spa.  »  Voy.  aussi  Alb.  Body,  Bihliographie  spadoise,  Bruxelles  -1875,  p.  264. 


—  95  — 

APPENDICE. 

Ce  n'est  pas  assez  :  pour  établir  quelle  était  l'importance  de 
la  nécropole  de  Theux  et  par  conséquent  de  Theux  lui-même  à 
l'époque  romaine,  il  convient,  comme  l'a  fait  l'auteur  des  Deux 
inscriptions,  à  l'invitation  duquel  (  '  )  nous  déférons  bien  volon- 
tiers, de  remonter  aussi  haut  que  possible  dans  les  souvenirs 
qui  se  rattachent  à  l'exploitation  des  carrières  de  marbre  de 
Theux.  Ces  souvenirs  sont  du  reste  devenus  déjà  de  l'archéo- 
logie relative  pour  nous,  et  il  est  utile,  puisque  l'occasion  s'en 
présente,  de  rassembler  des  matériaux  pour  les  historiens 
futurs  de  cette  partie  de  l'industrie  liégeoise.  Nous  nous  aidons 
à  cet  égard,  outre  nos  propres  annotations,  d'un  grand  nombre 
de  renseignements  qu'ont  bien  voulu  nous  fournir  notre  ami, 
M.  Albin  Body,  de  Spa,  et  surtout,  et  avant  tout,  M.  S.,  qui  s'est 
chargé  complaisamment  de  revoir  et  coordonner  cet  appendice. 
Qu'il  en  reçoive  ici  nos  plus  sincères  remercîments  et  le 
témoignage  de  notre  profonde  reconnaissance. 

L'énumération  ci-après  des  endroits  où  l'on  a  trouvé  des 
objets  en  marbre  de  Theux,  et  de  ces  objets  eux-mêmes,  nous 
montre  ce  marbre  employé  par  les  Romains,  employé  aussi  par 
les  constructeurs  de  nos  châteaux  du  moyen  âge  :  quant  aux 
publications  imprimées,  elles  sont  quelque  peu  en  retard  ; 
cependant  dès  le  XVP  siècle  et  le  XVII%  on  nous  parle  des 
carrières  de  marbre  noir  (et  même  d'un  grand  nombre  de 
carrières  comme  on  le  verra  ci-après  par  les  citations  de 
Guichardini. 

G.  Brui  .,  dans  sou  ouvrage  De  prœcipiiis  totins  universi 
urbibus,  1575,  tom.  II,  atnicle  Lymburgum,  signale  l'exploitation 
dans  cette  contrée  d'un  beau  marbre  noir  employé  à  faire  des 
pierres  tumulaires. 


I  '  M.  S.  a  bien  voulu  nous  écrire  à  ce  sujet,  en  nous  adressant  spécialement  un 
exemplaire  de  ses  Deux  inscriptions,  où  il  fait  appel  à  nos  recherches  à  propos  du 
Mitliraeum  de  Theux. 


96 


Guicciardiiii,  dans  la  première  édition  (de  1567)  de  sa  Descrit- 
tione  di  tutti  i  paesi  bassi,  altrimente  délia  Germania  inferiore, 
p.  286,  n'avait  rien  dit  de  Theux  ;  mais  il  répare  cette  omission 
dans  son  édition  française  de  1582  (Anvers,  Planlin)  où  il  dit  : 
«  près  de  Franchimont,   il  y  a  un  village  nommé  Thou,  es 

environ  duquel par  les  monts  là  voisins,  on  woUplusieurs 

carrières  desquelles  on  tire  du  marbre  noir  et  très-beau,  et 
tout  tel  que  celui  duquel  nous  avons  parlé  descrivans  le 
Namurrois.  »  (Id.,  p.  461  de  i'édit.  ital.  de  1587,  etc.) 

Ce  passage  de  Guichardin  est  reproduit  par  Marcus  Zuerius 
Boxhornius,  De  leodiensï  republica  (Amsterdam,  Jansson , 
1633),  p.  28  :  «  Episcopatus  leodiensis  :  Juxta  oppidum  pagus 
est,  cui  nomen  Thou.  Montes  pago  vicini  lautmniis  ahimdanl 
nigri  illius  pulcherrimi  marmoris,  Namurcensi  supra  nobis 
descripto  congeneris.  » 

Merian,  Topograpliia  Westphaliœ,  1640,  dit  :  «  Es  gibl  in 
der  Nachburtscliafft  dem  Dorff  Thou,  einen  Ueberfluss  von 
schwartzem  Marmolstein.  » 

Au  XVIIP  siècle,  nous  extrayons  des  auteurs  les  passages 
suivants  : 

An  essay  on  waters.  In  Ihree  parts.  Treatinij  :  I  of  simple 
waters;  II  of  cold,  medicatid  waters  ;  III  of  naiural  baths.  By 
G.  Lucas  M.  D.,  London,  1755.  P.  113,  est  citée  la  carrière  de 
Theux  «  a  fine  quarry  of  beautifuU  black  marble.  » 

J.  P.  de  Limbourg,  Nouveaux  amusements  des  eaux  de  Spa 
(Liège,  F.  J.  Desoer,  1763),  p.  346  :  «  Theux,  une  carrière, 
présentement  abandonnée,  de  beau  marbre  noir.  » 

Id.,  New  amusements  of  Ihe  German  Spa.  Written  in  Frencli, 
in  the  year  1763  (London,  L.  Davis,  1764),  II,  p.  125  :  «  a  large 
quarry  of  fine  black  marble,  though  at  présent,  indeed,  it  lies 
too  much  neglected.  » 

Rob.  de  Limbourg,  Mémoire  pour  servir  à  Fhistoire  naturelle 
des  fossiles  des  Pays-Bas  (lu  h  la  séance  du  7  février  1774, 
Mémoires  de  l'Académie  impériale  et  royale  des  Sciences  et 


—  97  — 

Belles-Lettres  de  Bruxelles,  I  (1777),  p.  380)  :  «  Il  y  a,à  Theux 
(chef-lieu  du  marquisat  de  Franchimont),  du  marbre  d'un  beau 
noir,  sans  sable,  qui  prend  un  poli  parfait  :  on  en  trouve  un 
pareil,  ou  peu  s'en  faut,  près  du  château  de  Montjardin,  dans 
la  province  de  Luxembourg,  à  deux  lieues  de  Theux.  » 

Encyclopédie  ou  Dictionnaire  raisonné  des  sciences,  etc.  par 
Diderot  et  d'Alembert  (Genève,  1778,  XX,  p.  661),  ei  Encyclo- 
pédie méthodique,  série  :  Arts  et  métiers  mécaniques,  IV, 
p.  iOO(Paris,  Panckoucke,  et  Liège,  Plomteux,  1785):  «Le 
marbre  de  Thée,  qui  se  tire  du  pays  de  Liège  du  côté  de 
Namur,  est  d'un  noir  pur,  tendre  et  facile  à  tailler,  recevant  un 
plus  beau  poli  que  celui  de  Namur  et  de  Dinant.  Il  est  par  con- 
séquent très-propre  aux  ouvrages  de  sculpture.  » 

Sandberg,  Essai  sur  les  eaux  minérales  ferrugineuses  de  Spa 
(Liège  et  Spa,  Bollen,  1780),  p.  196  :  «  C'est  dans  ce  lieu 
(Theux)  qu'on  tiroit  le  plus  beau  marbre  noir  du  pays  :  cette 
carrière  est  abandonnée.  » 

J.  P.  de  Limbourg,  Les  amusemens  de  Spa  (Amsterdam,  chez 
les  libraires  associés,  1783),  tome  II,  p.  290  :  «  Une  carrière, 
présentement  abandonnée,  de  beau  marbre  noir.  C'est  de 
ce  marbre  qu'on  doit  entendre  ce  qui  est  dit  dans  YEncyclopédie 
sous  le  nom  de  marbre  de  Thée,  au  lieu  de  Theux  ;  qu'il  est 
d'un  noir  pur,  tendre,  facile  à  tailler,  recevant  un  plus  beau 
poli  que  celui  de  Namur  et  de  Dinant.  » 

Quant  à  Daviler,  Cours  d'architecture  (éd.  de  1736),  p.  2S1,  que 
Dethier  invoque  en  sa  faveur  dans  son  affiche  citée  par  l'auteur 
des  Deux  inscriptions,  il  ne  parle  pas  spécialement  du  marbre 
de  Theux,  mais  bien  de  celui  de  Dinant  et  de  Namur,  dont  il 
mentionne  le  débit  en  Hollande  pour  le  carrelage. 

Il  en  est  de  même  de  BufFon  (éd.  de  Bruxelles,  1829),  III, 
p.  IS  ;  ce  naturaliste  parle  bien  dy  marbre  de  Liège  (sans  doute 
de  Theux),  mais  il  le  donne  comme  l'équivalent  de  celui  de 
Namur,  qui  est  d'une  qualité  iiifèrieure,  comme  l'a  irès-bien 
fait  remarquer  X Encyclopédie. 


—  98  - 

Au  commencement  de  notre  siècle,  on  lit  : 

Quelques  souvenirs  sur  le  pays  de  Liège  (suivis  d'un  précis 
statistique  du  département  de  l'Ourte,  ouvrage  attribué  à  Gail- 
lard ('),  Liège,  Desoer,  1804),  p.  54  :  «  Le  marbre  de  Theux 
qui  passe  pour  être  le  plus  beau  de  l'Europe,  prend  un  poli 
parfait;  son  grain  extrêmement  tin  et  bien  lié,  permet  d'en 
faire  les  ouvrages  les  plus  délicats  ;  il  est  susceptible  d'être 
travaillé  au  tour.  Le  premier  Consul  a  daigné  remarquer, 
parmi  les  productions  indigènes,  un  buste  exécuté  à  Liège,  en 
marbre  de  Tlieux.  » 

Ch.  Oudiette,  Dictionnaiie  géographique  et  topographique  des 
treize  départements  de  la  Belgique  et  de  la  rive  gauche  du  Rhin 
(Paris,  1804)  :  «  Tbeux,  bourg  dans  le  département  de  l'Ourte, 
arrondissemenL  de  Malmédy,  ci-devant  pays  de  Liège...;  il  y  a 
des  carrières  de  très-beau  marbre  noir.  » 

De  Trooz,  Histoire  du  marquisat  de  Franchimont  (Liège, 
veuve  J.  F.  Bassompierre,  1809),  l''^'  partie,  p.  48  :  «  Theux, 
son  terrain  renferme  aussi  de  belles  carrières  de  marbre  noir, 
dont  on  n'a  que  trop  négligé  l'exploitation  ;  quoiqu'on  y  ait,  du 
reste,  travaillé  de  temps  ù  autre,  et  qu'on  en  ait  fait  de  très- 
beaux  meubles.  » 

Wolff  (L.  F.  Dethier),  Le  guide  des  curieux  qui  visitent  les 
eaux  de  Spa  (Verviers,  L.  J.  M.  Loxhay,  1814),  p.  71,  et  Id. 
(Liège,  P.  J.  CoUardin,  1818),  p.  60  :  «  Theux,  carrière  de 
marbre  noir,  le  plus  fin  de  l'Europe,  et  qui  prend  un  poli  aussi 
beau  que  la  glace;  on  l'extrait  d'une  roche  calcaire  noire  et 
charbonneuse,  encaissée  dans  la  roche  calcaire  bleuâtre  com- 
mune ;  cette  roche  noire,  à  bancs  dressans  ou  contournés  en 
esse,  etc.,  quelquefois  miroitants,  avec  des  indices  d'empreintes 

(')  En  collaboration  avec  Henkart  çt  Thomassin  {Catal.  de  la  Uibl.  de  l'Univer- 
sité à  Liège). 

On  verra  plus  loin  que  Gaillard  avait  pris  ses  renseignements  avec  soin  pour 
les  localités  dont  il  parle,  et  qu'il  s'tHait  adressé  notamment  à  Theux  même,  aux 
personnes  les  plus  capables  de  l'éclairer. 


—  99  — 

végétales,  contient  aussi  une  sorte  de  terre  (Vombre  très-belle, 
et  fournit  une  chaux  des  plus  blanches  (').  » 

J.  L.  Wolff,  Itinéraire  curieux  des  environs  de  Spa  ou  douze 

notices,  ete.  (Liège,  M.  Loxhay,  1816),  2*^  notice  :  «  Theux 

Rien  ne  peut  plus  arrêter  dans  cet  endroit,  l'attention  des 
curieux,  que  la  carrière  de  superbe  marbre  noir  de  M.  l'avocat 
Deihier.  » 

Rich.  Courtois,  Recherches  sur  la  statistique  physique,  agri- 
cole et  médicale  de  la  province  de  Liège  (Verviers,  Beaut'ays, 
1828),  I,  p.  175,  reproduit,  à  peu  de  choses  près,  les  énoncia- 
tions  de  Wolff  (Detliier)  et  ajoute  :  «  Ce  marbre  est  susceptible 
du  plus  beau  poli,  et  j'en  ai  vu  des  plaques  qui  auraient  pu 
servir  de  miroir.  On  peut  aussi  le  travailler  au  tour,  et  en  faire 
des  pilons,  des  mortiers,  des  bustes.  On  voit  actuellement  dans 
la  carrière  un  bloc  de  5%2o2  de  long,  sur  0%584  d'épaisseur  et 
1%167  de  hauteur.  Le  calcaire  magnésien  accompagne  aussi  ce 
marbre,  il  le  cotoye  immédiatement  et  le  recouvre  pour  ainsi 
dire  au  S.-E.  » 

Voici  enfin  les  auteurs  contemporains  qui  se  sont  occupés 
des  marbres  de  Theux  depuis  1830  : 

André  Dumonl,  dans  son  Mémoire  sur  la  constitution  géolo- 
gique de  la  province  de  Liège  (Mém.  couronn.  Acad.  de  Brux., 
1832,  VIII,  p.  182),  parlant  de  la  première  bande  du  calcaire 
supérieur,  s'exprime  en  ces  termes  :  «  A  la  rive  droite  du  ruis- 
seau, tout  près  de  Theux,  dans  la  propriété  de  M.  Dethier,  il  y 
a  une  très-petite  carrière  où  l'on  a  exploité  un  des  plus  beaux 
marbres  noirs  que  l'on  connaît.  Ce  marbre  est  très-facile  à 
taiUer  lorsqu'on  le  tire  de  la  carrière  ;  mais  il  durcit  lorsqu'il 
est  resté  longtemps  à  l'air.  Il  est  en  bancs  contournés  dans  une 
position  qui  se  rapproche  de  la  verticale.  Ces  bancs  sont  séparés 
dans  certaines  parties  de  leur  étendue,  par  de  petits  lits  de 

{')  Sur  notre  exemplaire  qui  provient  de  la  bibliothèque  de  Dethier,  celui-ci  a 
écrit  en  marge  :  «  C'est  le  vrai  marbre  noir  de  Lucullus  au  dire  des  savants  géo- 
logues Faujas  de  Saint-Fond  et  Bbard,  son  élève  et  ami.  » 


100 


calcaire  tellement  charbonneux  qu'ils  tachent  fortement  les 
doigts  ;  ce  calcaire  charbonneux  prend  de  l'éclat  par  la  raclure 
et  se  réduit  en  chaux  par  la  calcination. 

»  A  la  surface  des  bancs  de  marbre,  on  observe  quelquefois 
un  peu  d'anthracite. 

»  A  côté  de  cette  carrière,  se  trouve  du  calcaire  grisâtre  qui 
contient  des  cristaux  de  quartz  prisme  noir. 

»  Le  marbre  noir  passe  dans  la  Hoegne  à  une  centaine  de 
mètres  en  amont  du  pont  de  Theux.  On  prétend  qu'il  y  a  été 
exploité  anciennement,  et  qu'il  était  en  cet  endroit  plus  beau  et 
plus  compacte  que  dans  le  précédent. 

»  Au  N.-E.  de  Theux,  à  gauche  de  l'ancienne  chaussée  de 
Verviers,  on  voit  encore  quelques  grandes  carrières.  » 

Fourmois,  dans  les  Délices  de  Spa  et  de  ses  environs  (Bru- 
xelles, Dewasme  et  Laurent,  in-12,  1839),  p.  22  :  «  Sont 
renommées...  les  belles  carrières  de  marbre  de  Theux.  » 

D""  Bovy,  Promenades  historiques  dans  le  pays  de  Liège  (Liège, 
Collardin,  1838-41),  II,  p.  59  :  «  Dans  cette  carrière  se  trouve 
aussi  la  carrière  du  plus  beau  des  marbres  noirs  connus,  qui 
rappelle  tout-à-fail  le  marbre  noir  antique  ou  de  LucuUus....  » 
(la  suite  comme  Davreux,  p.  1S6,  dont  le  passage  est  reproduit 
par  l'auteur  des  Deux  ijiscriptions). 

André  Muret  (Ferd.  Henaux),  Chasse  aux  souvenirs  dans  le 
pays  de  Liège  (Liège,  Oudart,  1846),  p.  48,  présente  le  marbre 
de  Theux  comme  «  le  plus  beau,  le  plus  tin  que  l'on  ait  jamais 
connu,  »  et  cite  en  note  :  Dumont,  Mémoire  sur  la  constitution 
géologique  de  la  province  de  Liège,  p.  182  ;  Davreux,  Essai  sur  la 
constitution  géogjiostique  de  la  province  de  Liège,  p.  lo6,  etc.  (') 

Brutus  Durant,  Spa,  son  histoire,  ses  fontaines  et  ses  environs 

(<  )  Le  passage  de  ce  dernier  a  été  cité  par  l'auteur  des  Deux  inscriptions.  On  y 
remarquera  que  les  énonciations  de  mesures  sont  empruntées  par  Davreux  à 
Courtois,  avec  simple  mutation  des  aunes  en  mètres  :  en  vorlu  de  la  loi  du  21 
août  1816,  l'uune  oflicielle  n'était  pas  l'aune  usuelle  de  0"',68  ou  0«',70;  mais  elle 
était  l'équivalent  du  mètre,  c'est-à-dire  un  dix  millionième  du  quart  du  méridien 
terrestre. 


101  - 


(Spa,  Wollesse,  1853),  p.  111  :  «  Aujourd'hui  Theux  n'a  plus 
de  fabrique.  Ses  carrières  de  marbre  noir,  le  plus  beau,  le  plus 
fin  et  le  plus  parfait  qu'on  ait  jamais  connu,  sont  même  encore 
peu  activées.  » 

D'  Cutlev,  Spa  et  ses  eaux  (BruxeWes,  et  Gand,  Charles  Mu- 
quardt,  1856),  p.  112  :  «  Le  calcaire  condrusien  est  limité  par 
une  ligne  partant  de  la  Forge-Thiry  et  dirigé  sur  Ronde -Haie, 
passant  de  là  au  S.  de  Hodbeaumoiit,  de  Theux  et  d'Oneux, 
pour  revenir  à  son  point  de  départ.  Au  S.  de  cet  espace,  on 
trouve  d'abord  une  bande  de  dolomie,  roche  qui  constitue  la 
plus  grande  partie  du  bassin,  puis  une  bande  de  calcaire  de 
Visé,  d'une  largeur  moyenne  de  300  mètres  et  à  laquelle  appar- 
tient le  marbre  noir  exploité  h  Theux.  » 

Lehon,  Lastronomie,  la  météorologie  et  la  géologie  mises  à  la 
portée  de  tous  (Bruxelles,  Muquardt,  6«  édit.,  1870),  p.  280: 
«  Les  dépôts  nommés  Grauwacke  par  les  Allemands,  appar- 
tiennent à  la  formation  dévonienne,  ainsi  que  les  marbres 
belges  de  Theux,  de  Saint-Remy,  de  Merlemont,  de  Golzinnes 
et  ceux  de  Malplaquet  en  France.  » 

On  remarquera  qu'il  manque  à  la  nomenclature  ci-dessus, 
l'ouvrage  de  Faujas  de  Saint-Fond,  Essai  de  géologie,  cité  par 
de  Thier  et  publié  à  Paris  en  1809;  il  nous  a  été  impossible  de 
nous  le  procurer  :  il  manque  aux  bibliothèques  de  Liège  et  de 
Bruxelles,  et  nous  le  regrettons  d'autant  plus  vivement  que 
sans  doute  Brard  aura  puisé  là  les  énonciations  reproduites 
par  l'auteur  des  Deux  inscriptions. 

Nous  avons  cherché  vainement  dans  les  Listes  de  Spa  de  la 
collection  de  31.  Albin  Body  et  de  la  nôtre,  le  nom  de  Faujas  de 
Saint-Fond;  il  ne  figure  pas  non  plus  parmi  les  «  noms  des 
savants  naturalistes  et  autres  amateurs  qui  ont  visité  les  col- 
lections d'histoire  naturelle  du  sieur  J.  L.  Wolff  à  Spa,  ses 
recueilles  (sic)  des  minéraux  d'entre  Meuse,  Moselle  et  Rhin,  et 
spécialement  ceux  des  environs  agrestes  et  pittoresques  de 
Spa,  et  l'ont  honoré  de  leurs  approbations,  à  commencer  l'an 


-    102  - 

1801'.  >^  Ce  cahier  manuscrit,  qui  appartient  à  RI.  Albin  Body, 
contient  les  noms  connus  de  Moiige,  Noeggeralh  ('),  d'Omalius 
d'Halloy,  Petersen,  Van  Swinden,  Van  Brada,  de  Candolle,  B. 
Dumortier  (de  Tournay),  etc., mais  non  pas  celui  de  Faujas  (^). 

Cependant  le  Guide  des  curieux  que  Dethier  publia  en  1814 
et  en  1818,  sous  le  nom  de  Wolff,  2«  édition,  p.  71,  signale 
Faujas  parmi  les  savants  distingués  qui  ont  visité  Spa  et  ses 
alentours  «  dans  les  derniers  temps.  » 

Ce  Wolff  était  à  la  fois  botaniste,  entomologiste  et  minéralo- 
giste, et  il  avait  rassemblé  des  collections  curieuses  de  miné- 
raux. M.  Albin  Body  possède  un  manuscrit  de  lui  intitulé  : 
Catalogue  des  minéraux  d'Entre-Meuse,  Moselle  et  Rhin,  recueillis 
par  J.  L.  Wolff,  naturaliste  à  Spa,  pendant  les  années  1807, 
1808  et  suivantes.  Tl  ne  contient  pas  moins  de  1,288  numéros. 

On  y  trouve  entr'autres  (")  :  «  N"'  57.  Marbre  noir  qui  se 

(M  Ch.  NoEGGERATH,  le  plus  qu'octogénaire  président  de  la  Société  des  anti- 
quaires du  Rhin,  à  Bonn,  plus  distingué  encore  comme  naturaliste  que  comme 
antiquaire,  y  est  indiqué  comme  ayant  visité  Spa  et  ses  environs  en  1809  :  c'est 
donc  dès  le  commencement  de  ce  siècle  et  depuis  sa  toute  première  jeunesse,  que 
NoEGGERATH  a  commencé  ses  études  sur  notre  marbre. 

(•)  Quanta  notre  aïeul,  J.  P.  de  Limbourg,  auquel  Faujas,  cilé  par  l'auteur  des 
Deux  inscriptions,  fait  allusion  dans  son  Essai  sur  le  goudron,  il  était  associé  de 
son  frère  Jean-Baptiste,  et  exploita  avec  lui  une  forge  à  Juslenville  depuis  le 
l"  mai  476S  jusqu'en  1789.  Ils  rebâtirent  le  haut-fourneau  du  Marteau,  près  de 
Spa,  et  l'exploitèrent  à  partir  de  1789  :  ils  étaient  locataires  du  fourneau  de  Jus- 
lenville, aujourd'hui  villa  de  M.  Lejeune. 

Dans  la  citation  de  Faujas  —  qui  copie  Venel,  Instructions  sur  l'usage  de  la 
houille  (Avignon  et  se  trouve  à  Spa,  chez  Gabriel  Regnault),  p.  90  —  il  s'agit  des 
essais  faits  par  ordre  du  prince  d'Oultremont  pour  fondre  le  fer  au  charbon  de 
terre.  Venel  était  à  Spa  en  juillet  1772  et  en  relation  avec  J.  P.  de  Limbourg. 

(  ')  D'autres  indications  de  marbres  de  nos  contrées  sont  les  suivantes,  qu'il  est 
peut-être  intéressant  de  recueillir  ici  : 

N"  S8.  Marbre  gris,  en  banc  seulement  de  3  à  4  pieds,  à  Stembert. 

N»  94.  Marbre  rouge,  veiné  de  blanc,  de  Limbourg. 

No  122.  Marbre  jaune  .ilternant  les  couches  de  calamine  de  Stembert. 

N"  250.  Marbre  d'un  jaune  sale  merdois  (sic)  de  Theux.  Il  est  môle  de  pierre 
jaune  tendre  et  ce  marbre,  ne  se  trouvant  qu'en  filon,  n'est  pas  exploité. 

N"  478   Marbre  bleu  commun  de  Namur. 

N"  479.  Marbre  bleu  commun,  carbonate  de  chaux,  de  Verviers. 

N°  536.  Marbre  blanc  de  Limbourg. 

N"  537.  Marbre  bleu  et  blanc  ibid. 

N"  538.  Idem  verdàtre  du  même  endroit. 

N"  563.  Idem  rouge,  œil  de  crapaud,  de  Chaudfontaine. 

N"  564.  Idem  bleu  du  même  endroit.  Etc.,  etc. 


103 


trouve  par  banc  dans  les  couches  de  calamine  de  Stem- 
bert.  » 

Ceci  indiquerait  que  la  suite  de  la  ligne  de  ce  banc,  qui  de 
Montjardin  passe  à  Theux,Oneux,etc.,  se  retrouve  à  Stembert. 

«  N"  9^2.  Marbre  noir  de  Theux  prenant  un  superbe  poli.  » 

Dans  un  autre  registre  manuscrit,  Wolff  avait  rassemblé  des 
recettes  et  des  remèdes  divers;  à  l'occasion  d'un  moyen  de 
colorer  les  marbres,  il  en  propose  l'application  au  marbre  noir 
de  Theux  «  afin  d'en  faire  disparaître  les  veines  ou  fils  blancs 
qui  quelquefois  en  déparent  les  plus  beaux  blocs,  ce  qui  serait 
d'un  grand  prix  pour  le  succès  de  cette  exploitation.  » 

Et  puisque  nous  en  sommes  aux  documents  manuscrits, 
citons  encore  les  suivants  : 

«  Il  y  a  près  de  Theux  une  carrière  du  plus  beau  marbre 
noir,  mais  épuisée  de  tout  ce  qui  en  était  le  plus  au  jour  et 
négligée  depuis  quelques  années.  »  (MS.  intitulé  :  Quelques 
remarques  sur  le  département  de  l'Ourte,  envoyées  le  19  nivôse 
an  XII  (10  juillet  1804;  au  citoyen  secrétaire-général  Gaillard, 
par  J.  P.  de  Limbourg.) 

«  Le  marbre  noir  de  Theux  (dont  l'exploitation  vient  d'être 
recommencée  en  grand  par  M.  Delhier)  a  été  connu  très-ancien- 
nement sous  le  nom  de  marbre  noir  Theuxsèhe.  Il  existe,  dit- 
on,  à  l'église  Saint-Pierre  à  Rome,  un  autel  de  ce  marbre.  Les 
géologues  Beudant  et  Brard  ont  parlé  du  marbre  de  Theux  dans 
leurs  ouvrages.  Faujas  de  Saint-Fond,  professeur  au  Jardin  des 
Plantes  h  Paris,  a  enseigné  que  le  marbre  de  Theux  était  le  seul 
qui  réunît  tous  les  caractères  du  marbre  noir  antique  ou  de 
Lucullus,  dont  le  lieu  d'extraction  est  ignoré.  Il  ne  serait  pas 
impossible  que  notre  marbre  eùl  été  transporté  du  fond  des 
Gaules  à  Rome,  sous  la  domination  romaine,  pour  orner  les 
palais  de  la  ville  immortelle.  »  (Archives  communales  de  Theux, 
registre  à  la  correspondance,  30  mars  1844)  (^). 

(M  Ce  rapport,  rédigé  par  M.  Arist.  Dethier,  alors  échevin  de  Theux,  n'est  pas 
exempt  d'erreurs  et  tout  au  moins  d'exagération. 


—    1U4  — 
II. 

Nous  avons,  mais  sans  aboutir  à  un  résultat  définitif,  fait 
quelques  recherches  pour  retrouver  l'emplacement  des  anciennes 
carrières  qui  étaient  nombreuses  au  XVP  siècle,  si  l'on  prend 
à  la  lettre  ce  que  dit  Guichardin  {montes  lautumiis  ahundant). 

M.  S.  Bormans,  Table  des  registres  de  la  Chambre  des  finances, 
pp.  o3  et  69,  signale  deux  octrois,  années  1620  et  1668,  accordés 
pour  l'exploitation  d'une  carrière  de  marbre,  qui  pourrait  bien 
avoir  été  située  dans  la  parcelle  n"  SOOi,  (voir  la  planche)  ou 
dans  un  terrain  contigu,  mais  qui  n'est  pas  celui  de  Dethier.  Ce 
qui  nous  engage  à  cette  conjecture,  c'est  que  la  grande  quantité 
de  m&rbre  extraite  depuis  le  temps  des  Romains,  à  en  juger 
par  ce  que  nous  connaissons  aujourd'hui  (et  nous  ne  connais- 
sons pas  tout),  ne  peut  pas  provenir  du  seul  petit  terrain  de 
M.  Naveau  (ci-devant  propriété  Dethier),  consacré  à  l'extraction 
de  la  pierre  noire.  Il  sera  possible,  sans  doute,  en  prenant  les 
noms  des  propriétaires,  des  joignants,  etc.  des  pièces  mention- 
nées dans  les  actes  connus  et  dans  ceux  qu'on  retrouvera 
encore,  de   préciser  où  les  carrières  anciennes  se  trouvaient. 

Voici  déjà  quelques  indications  tirées  des  actes  qu'a  signalés 
M.  Bormans,  actes  dont  voici  le  résumé  : 

Pierre  Mettecoven  «  sculteur,  »  sollicita  et  obtint  le  3  février 
1620,  de  Ferdinand  de  Bavière,  l'octroi  d'exploiter  pour  un 
terme  de  six  ans«  une  pierrière  ou  quarrière  de  marbre,  située 
au  lieu  de  la  Boverie,  dit  le  Chaforre,  assez  proche  de  l'église 
de  Theux,  tirant  du  costé  d'Awailhe.  » 

Cette  carrière,  pour  lors  «  déserte,  »  avait  été  rendue  depuis 
quelques  années,  par  Ernest  de  Bavière,  à  Franceux  de  Borset 
et  maître  Thomas  Tollet,  moyennant  un  cens  annuel  payable  à 
la  table  épiscopale  de  quelques  huyct  ou  dix  florins  bb. 

Le  28  juillet  1620,  le  prince  subrogeait  dans  les  droits  de 
P.  Mettecoven  etdu  consentement  de  celui-ci, HendrickThonnon, 
bourgeois  de  Liège.  Il  fixa  la  redevance  annuelle  à  six  fl.  d'or 
du  Rhin. 


105 


Berlholet  Flémal  remontra  au  prince  «  comment  il  y  aurait 
un  gros  rocher  au  bancq  de  Theux  dans  un  lieu  stérile  et 
infructueux,  et  duquel  on  n'en  fait  aucun  proffit,  avec  espoir 
d'en  pouvoir  tirer  du  traficque  pour  l'accommodement,  tant  du 
publlcque  que  des  particuliers,  et  supplia  Son  Altesse  de  lui 
octroyer  et  accorder  la  faculté  d'y  travailler,  offrant  d'en  rendre 
un  ducat  par  an.  » 

L'octroi  fut  accordé  le  17  janvier  1668  pour  un  terme  de  douze 
ans  «  parmy  payant  annuellement  un  ducat  à  la  recepte  des 
nouvelles  acquettes.  »  Le  premier  terme  échut  à  la  «  Chande- 
leuse  »  de  l'an  1669. 

Servais  Wathelet-Lefin  exposa  que  feu  le  sieur  Bertholet  et 
après  lui  le  sieur  Delcour  avaient  repris  de  la  Chambre  des 
Comptes  «  une  carrière  de  marbre  ou  pierre  noire  estante  der- 
rier  l'église  de  Theux,  parmy  payant  annuellement  à  la  recepte 
de  la  table  épiscopale,  au  marquisat  de  Franchimont,  un  cens 
annuel  de  huit  florins  bb.  »  Il  ajoutait  que  ce  cens  ne  se  paie 
plus  depuis  plusieurs  années,  à  cause  du  renon  qu'en  ont  fait  à 
la  Chambre  des  Comptes  les  héritiers  de  feu  le  sieur  Delcour. 

Lefin  demande  «  aux  président  et  gens  de  la  Chambre  des 
Comptes  pour  la  principauté  de  Liège,  de  lui  rendre  la  susdite 
carrière,  parmy  acquittant  le  même  cens  de  huit  florins  bb., 
pour  assurance  de  quoi  il  obligera  sa  maison  située  au  Marché, 
soubs  Franchimont,  et  généralement  tous  ses  biens  présents  et 
futurs.  » 

Sa  requête  fut  accueillie  favorablement  par  apostille  du  1®' 
avril  1712  «  pour  un  stuit  et  terme  de  douze  ans,  moyennant 
un  cens  seigneurial  d'un  ducat  et  aux  mêmes  clauses  et  condi- 
tions de  l'octroi  accordé  à  Bertholet  Flémal.  » 

Il  existe  d'anciens  actes  (')  indiquant  parmi  les«joindans 

«  à  la  carrière  noire  (ou  à  la  carrière  de  marbre  noir)  ;  »  mais 

!  '  )  Registres  aux  rapports,  aux  arch.  comm.  de  Theux. 


—  106  - 

jusqu'ici  on  n'a  pu  retrouver  les  noms  des  propriétaires  de 
celle-ci  ou  de  celle-là. 

Voici  l'un  de  ces  actes  : 

L'an  1681,  Thiry  Defawe  rapporte  de  posséder  «  environ 
deux  cent  cinquante-sept  verges  (')  depreit,  trixhe,  roches  au 
lieu  dit  Michaux  en  Waillot,  comprin  environ  quarante  verges 
de  cortils  qu'il  veut  réaliser  a  preit,  joindant  à  Guilleaume  de 
Sclessin  d'un  costé,  à  la  noire  piérière  d'autre.  » 

Voici  ce  qui  concerne  plus  particulièrement  la  carrière 
Dethier  : 

En  1774,  Nicolas  Fréon  acheta  à  Henry  Michotle  80 1/2  verges 
petites,  joignant  du  levant  et  nord  aux  chemins  qui  vont  de 
Theux  à  Jevoumont  et  à  Hodbomont,  et  du  couchant  à  la  carrière 
de  marbre.  Ce  Nicolas  Fréon  était  l'oncle  de  l'avocat  Dethier. 
Il  y  bâtit  la  maison  qu'occupait  depuis  celui-ci.  Henry  Nicolas 
Michotte  avait  en  1734  rapporté  le  même  terrain  :  «  jondans... 
de  couchant  à  la  carière  noire.  » 

Les  mots  «  terrain  vierge  »  employés  par  Dethier  dans  son 
affiche  citée  par  l'auteur  des  Deux  inscriptions,  donnent  à  croire 
que  sa  carrière  a  été  creusée  entre  la  maison  et  l'ancienne 
carrière. 

Le  cadastre  renseigne  sous  le  n"  362,  section  D,  l'emplace- 
ment de  la  carrière  Dethier.  Il  se  forma  en  1843  ou  1844  une 
société  pour  l'exploitaiion  du  marbre.  A  cet  effet,  on  ouvrit 
une  nouvelle  carrière  indiquée  au  plan  par  la  lettre  A.  La  société 
subsista  peu  de  temps;  les  tonds  manquaient;  elle  fut  dissoute. 

L'extrait  du  cadastre  annexe  (v.  la  planche)  indique  par  des 
taches  noires  les  lieux  oij  le  marbre  noir  a  été  reconnu  dans 
l'agglomération  de  Theux.  Dans  les  bâtiments  riverains  de  la 
route  de  Spa,  on  l'a  découvert  en  creusant  des  puits. 

(•  )  La  verge  grande  est  pour  ainsi  dire  inconnue  à  Theux;  il  s'agit  toujours  de 
la  verge  petite. 


-    107  - 

En  janvier  1845,  le  Conseil  communal  de  Theux  délibéra  sur 
une  pétition  de  M"'«  V^  L.  F.  Dethier,  tendante  à  obtenir  l'auto- 
risation de  construire  un  four  à  chaux.  L'autorisation  fut 
accordée  par  l'administration,  mais  la  chaux  provenant  de  la 
calcination  du  marbre  n'était  propre  à  aucun  usage.  Elle  était 
très-blanche,  caractère  que  Dethier  avait  en  effet  signalé  en 
1814,  et  qu'on  retrouve  vanté  dans  l'ouvrage  de  Courtois,  à  la 
suite  du  passage  cité  plus  haut. 

La  carrière  n'existe  plus  dans  la  propriété  Dethier;  elle  est- 
aujourd'hui  entre  la  station  du  chemin  de  fer  et  la  rivière. 

Une  discussion  récente  entre  sociétés  industrielles  concur- 
rentes a  mis  en  lumière,  d'une  manière  très-nette,  non-seule- 
ment les  gisements,  mais  les  qualités  et  les  caractères  excep- 
tionnels du  marbre  de  Theux;  nous  les  signalons  dans  les 
passages  suivants  : 

«  Le  marbre  noir  exploité  dans  la  carrière  de  M.  Dethier  se 
retrouve  encore  dans  le  lit  de  la  Hoëgne,  ISO^jOO  en  amont  du 
pont  de  Theux,  et  dans  les  travaux  d'exploitation  de  minerai  de 
la  Société  d'Ougrée,  au  Sud  de  la  route  de  Theux  à  Verviers. 
(Rapport  de  M.  A.  Geoffroy,  ingénieur  des  mines,  à  M.  Welle- 
kens,  daté  du  14  septembre  1854  et  inséré  p.  19  dans  le 
Mémoire  pour  la  Société  des  hauts-fourneaux  et  fonderies  de 
Dolhain,  en  réponse  ;\  celui  de  la  Société  d'Oneux.  Liège, 
Desoer,  novembre  1854), 

»  En  W  (  '  ),  un  puits  a  traversé  :  A.  La  dolomie  avec  ses 
cristaux  ;  B.  le  marbre  noir  (5  mètres  d'épaisseur),  et  s'est 
arrêté  au  calcaire,  toutes  les  couches  inclinant  de  30°  au  N.-O., 
et  le  calcaire  supérieur,  ainsi  que  le  marbre  plongeant  sous  la 
dolomie.  En  Z,  dans  les  travaux  d'exploitation  de  minerai  de 
fer,  le  même  contact  se  retrouve  :  le  marbre  noir  y  est  obser- 
vable en  plusieurs  points  où  j'ai  constaté  sa  présence. 

''  )  Voy.  plan  ci-joint. 


—  108  - 

»  Au  N.-E.  de  la  masse  des  carrières  Harondar  ('),  des  tra- 
vaux de  mine  de  fer  ont  encore  rencontré  le  marbre  noir,  et  les 
déblais  extraits  du  puits  en  contiennent  de  nombreux  échan- 
tillons (point  G  de  la  carte). 

»  Postérieurement  à  ce  rapport  du  14  septembre,  le  grand 
bure  de  M.  de  Hansez,  ayant  atteint  le  niveau  naturel  des  eaux 
à  83'", 00  de  profondeur,  y  a  rencontré  des  couches  de  marbre 
noir  de  la  carrière  de  M.  Dethier,  accompagnées  du  banc  de 
•calcaire  contenant  les  cristaux  prismes  de  quartz  noir  si  carac- 
téristiques, signalés  également  en  E. 

»  La  présence  des  eaux  n'a  pas  permis  de  traverser  toute  la 
formation  du  marbre  noir  ;  mais  celte  roche  présente  si  complè- 
tement tous  les  caractères  du  marbre  noir  de  Theux,  que  l'on  ne 
pourra  s'y  méprendre  de  bonne  foi  :  on  est  contraint  matériel- 
lement, physiquement,  d'admettre  le  fait  avéré  de  l'existence  du 
marbre  noir  de  Theux  dans  le  puits  de  Hansez,  à  Oncux,  en 
couches  inclinant  de  35"  au  S.,  et  à  83'", 00  de  profondeur  en 
dessous  de  la  surface.  La  théorie  plus  ou  moins  contestable  que 
les  assises  du  marbre  noir  sont  à  la  partie  supérieure  de  l'étage 
calcareux  condrusien  supérieur,  c'est-à-dire  immédiatement  en 
dessous  du  système  houiller,  ne  peut  rien  contre  un  fait,  pas 
plus  que  cette  assertion  hasardée  de  la  Société  d'Oneux  :  que 
le  marbre  noir  peut  exister  dans  d'autres  parties  du  système 
condrusien  et  même  du  système  eifelien.  Comme  je  n'admets  en 
géologie  que  des  faits  démontrés,  la  Société  d'Oneux  m'aurait  dû 
indiquer  où  elle  a  vu  un  marbre  pareil  à  celui  de  Theux  dans 
d'autres  parties  des  systèmes  condrusien  et  eifelien  :  j'eusse 
été  curieux  de  l'aller  voir. 

»  Il  faut  ici  ne  pas  s'écarter  de  la  question  précise,  étroite 
et  bien  définie  que  l'on  discute  :  le  marbre  Dethier  est  seul  en 
cause,  et,  heureusement  pour  la  vérité,  qui  l'a  vu  une  seule  (ois, 
ne  le  peut  jamais  confondre  avec  d'autres  roches  voisines.  On  le 

1  ')  Voy.  au  plan. 


109 


retrouve  dans  le  grand  bure  de  Hansez  avec  ses  surfaces  de  lit 
de  carrière  brunes,  sa  cassure  terne,  unie,  non  écaiUeuse,  sa 
texture  compacte.  On  y  voit  les  tacbes  noires  d'anthracite  et  les 
minces  filets  blancs  qui  se  croisent  dans  la  masse  de  certaines 
parties  des  bancs  de  la  marbrière  de  Theux. 

)'  Le  marbre  noir  est  unique  au  bassin  anthraxifère  de  Theux  : 
la  théorie  doit  ici  s'incliner  devant  une  observation  positive, 
ou  plutôt  doit  tâcher  de  s'en  accommoder,  ce  qui  n'est  pas 
difficile,  comme  on  le  verra  plus  loin.  » 

(Annexe  w"  II.  Rapport  do  M,  A.  Geoffroy  à  M.  Wellekens, 
10-li  mai -1855,  p.  13  à  15.) 

(c  M.  Dumont,  en  présence  du  marbre  noir  trouvé  à  Oneux 
dans  les  travaux  de  M.  de  Hansez,  a  dû  y  admettre  un  petit 
coin  de  l'étage  supérieur  ;  mais  la  plus  grande  partie  du  calcaire 
y  est  représentée  comme  appartenant  h  l'étage  inférieur.  Je 
serais  curieux  de  savoir  comment  on  a  pu  déterminer  la  limite 
entre  les  deux  étages,  dont  l'inférieur  n'existe  pas  à  Oneux  :  qui 
a  vu  ce  qu'on  trace  ?  » 

[Annexe  III.  Rapport  du  même  au  même  et  même  date, 
p.  22)  ('). 

Dans  le  courant  de  fêté  1874,  les  frères  Dernier,  maîtres  de 
scierie  de  marbres,  nous  proposèrent  d'ouvrir  une  carrière 
dans  un  petit  pré  au  S.  de  la  propriété  de  M.  Emile  Naveau. 
Un  sondage  n'amena  aucun  indice  de  marbre.  Notre  avis  était 
que  le  maibre  ne  s'y  trouve  pas,  car  il  n'a  jamais  été  reconnu 
dans  celte  direction,  au-delà  de  la  carrière  Dethier. 

Nous  les  autorisâmes  à  cretiser  deux  puits  dans  un  verger, 

(')  Lesli  jis  annexes,  23  pages,  sont  imprimées  à  la  suite  de  :  Réponse  de  la 
Société  des  hauts-fourneaux  et  fonderies  de  Dolhain  au  dernier  factum  de  la 
Société  dite  d'Oneux  du  12  avril  1855  f  Desoer,  18S5,  in-4o  de  8  p.  avec  plans). 
La  Réponse  est  datée  du  19  juin  1855  et  signée  de  l'avocat  J.  Forgeur. 

Plusieurs  mémoires  ont  été  publiés  à  l'occasion  des  demandes  en  concession  de 
raines  dans  les  communes  de  Theux  et  de  PoUeur.  Le  professeur  André  Dumont 
intervint  dans  la  discussion  géologique  qui  n'a  pas  d'intérêt  ici  ;  il  différait  d'opi- 
nion avec  M.  Geoffroy.  (Voir  la  collection  de  ces  mémoires;  il  y  est  souvent  ques- 
tion du  marbre  noir.) 


—  110  — 

n°  500'',  section  D,  séparé  de  l'ancienne  carrière  de  DeUiier,  par 
le  chemin  de  Jevoumont,  leur  faisant  toutetois  observer  que, 
selon  nous,  le  marbre  était  à  une  trop  grande  profondeur  pour 
être  utilement  exploitable,  ajoutant  qu'il  serait  préférable  de 
traiter  avec  M"^  Marguerite  de  Fraipont,  propriétaire  de  la  par- 
celle n"  449,  section  C.  Nous  nous  fondions  sur  ce  que  le  marbre 
est  au  jour  dans  le  lit  de  la  rivière,  oii  il  en  a  été  extrait  quelques 
blocs,  il  y  a  près  de  cinquante  ans,  ainsi  que  sur  les  rapports 
de  M.  l'ingénieur  (ieoffroy,  cités  plus  haut. 

Les  travaux  commencèrent  au  mois  de  mai  1874. 

Les  deux  puits  creusés  dans  la  parcelle  n"  500''  de  la  section 
D  ne  donnèrent  pas  de  résultat  satisfaisant.  Le  terrain  était  trop 
exigu  pour  y  déposer  des  déblais,  si,  ce  qui  ne  fait  point  de 
doute,  on  rencontrait  le  marbre  dans  la  profondeur. 

Dans  le  verger  de  M"*  de  Fraipont,  une  légère  couche  de 
terre  recouvre  le  marbre;  il  fut  exploité  pendant  Tété  de  1875. 
Ce  marbre  est  plus  dur  que  celui  de  la  carrière  Hethier.  On  n'a 
pas  jusqu'aujourd'hui  atteint  les  bancs  de  beau  marbre  dans 
cette  carrière!  '  j.On  y  parviendra  probablement  en  été,  lorsque 
les  basses  eaux  permettront  d'y  travailler  (^). 

III. 

Il  faut  éviter  de  se  laisser  entraîner  à  des  exagéra;  ions  comme 
celles  des  réclames  de  Dethier  et  des  articles  publiés  ou  ins- 
pirés par  lui  et  les  siens.  Il  vantail,  pour  cause,  en  propriété; 
de  là  les  éloges  pompeux  qu'il  faisait  de  la  carrière.  Parmi  les 
savants  qui  se  sont  faits  ses  échos,  il  en  e.'-t  même  dont  il  y  a 
lieu  de  se  délier  quelque  peu  :  Davreux  notamment  parle  certes 
avec  connaissance  du  marbre  de  Theux,  mais  dans  l'esprit  du 
propriétaire. 

(  *  )  Rens.  de  Thom.  Lecoq,  polisseur  el  carrier  à  Theux. 

(-)  Un  accident arrivi!  à  une  galerie  du  Rociioux  a  empoché  ceUe  espérance  de 
se  réaliser  :  les  marbres  sont  restés  inondés  pendant  l'été  de  1870. 


111 


La  vérité  est  que  le  marbre  de  Theux  est  d'un  très-beau  noir, 
mais  tout  le  marbre  de  Theux  n'est  pas  noir  :  le  défaut  qu'on 
lui  a  toujours  reproché  est  d'avoir  des  veines  blanches  qui  dis- 
paraissent, il  est  vrai,  au  polissage  si  elles  ne  sont  pas  pronon- 
cées (  on  a  vu  plus  haut  le  procédé  recommandé  à  cet  égard 
par  le  naturaliste  Wolff). 

On  peut  diviser  ce^^marbre  en  plusieurs  qualités,  suivant  les 
veines  blanches  qu'on  y  voit  :  la  première  qualité  seule  en  est 
exempte  et  c'est  de  celui-là  uniquement  qu'on  peut  dire  qu'il 
est  le  plus  beau  marbre  noir  connu.  Les  autres  qualités  sont 
plus  ou  moins  tachées  de  blanc,  disparaissant  ou  non  au 
polissage. 

Les  bancs  de  première  qualité  produisent  seuls  du  marbre 
d'un  noir  pur,  dans  tous  les  sens  ;  le  marbre  des  bancs  médio- 
cres, qui  est  pareil  à  celui  de  Dinant,  vu  de  côté  ou  de  profil, 
laisse  percer  une  teinte  bleue  sous  le  noir.  Cette  difterence  se 
remarque  parfaitement  en  deux  exemplaires  polis,  un  de  chaque 
espèce,  que  nous  avons  remis  dans  les  mains  de  M.  S.  (presse- 
papier  provenant  d'un  banc  médiocre  et  fragment  de  tablette 
de  cheminée,  provenant  d'un  beau  banc). 

Le  marbre  de  Theux  se  conserve  parfaitement  à  l'état  poli  ou 
non  dans  l'intérieur  des  habitations.  Aux  constructions  dont  la 
date  est  connue,  comme  au  chœur  de  l'église,  achevé  en 
1S20,  il  est  resté  très -solide,  malgré  son  existence  de  plus  de 
trois  siècles  et  demi.  D'où  l'on  peut  conclure  que  le  marbre 
résiste  aux  atteintes  du  temps,  pourvu  que  l'eau  ne  le  pénètre 
pas. 

Ei:  gérerai  ce  marbre  ne  se  conserve  pas  exposé  aux  intem- 
péries de  l'air  ;  il  ne  conviendrait  donc  pas  pour  des  construc- 
tions ou  monuments  externes. 

En  fait  d'emplois  du  marbre  noir  de  Theux,  autres  que  les 
exemples  déjà  cités  de  Bonn,  Trêves,  Cologne  et  Rome,  on 
peut  encore  produire  les  suivants  : 


-   112  — 

["  Pierre  votive  romaine  en  l'honneur  d'Hercule,  actuelle- 
ment au  Musée  Wallraf-Richnrtz  h  Cologne  ('),  trouvée  près  de 
Bonn. 

2"  Dans  nos  visites  à  Franchimonl  avec  M.  Albin  Body,  les 
souterrains  jious  ont  montré  des  blocs  encastrés  dans  les  fon- 
dations. 

Nous  avons  rencontré  le  marbre  de  Theux  en  parement  dans 
la  tour  annexée  par  Arnould  de  Hornes  en  1387;  en  parement 
et  en  remplissage  dans  diverses  parties  des  murailles  de  l'ancien 
château,  soit  du  côté  de  la  cour,  soit  dans  l'intérieur  même. 
Les  corbeaux  ou  consoles  destinés  à  porter  les  poutres  des 
pièces  de  l'étcige  sont  également  en  marbre  noir. 

L'encadrement  des  portes  d'entrée  des  casemates  est  en 
marbre.  Un  gros  bloc  sert  de  couverture. 

La  présence  du  marbre  de  Theux  dans  l'antique  construction 
est  une  preuve  de  l'existence  très-ancienne  des  carrières  de 
Theux,  et  peut  servir  de  trait  d'union  entre  la  période  romaine 
et  les  temps  niodernes.  Il  en  résulte  en  effet  que  If  marbre  était 
connu  et  exploité  au  moment  de  la  construction  du  vieux  châ- 
teau, c'est-à-dire  à  une  époque  peu  éloignée  de  celle  de  l'occu- 
pation du  pays  par  la  colonie  romaine.  A  l'objection  qu'il  a  pu 
entrer  dans  la  ré|iaration  du  château  par  Erard  dr  la  Marck  en 
lois,  nous  répondrions  que  nous  avons  constaté  la  présence  du 
marbre  noir  dans  le  blocage  d'un  mur  des  oui)liettes.  Nous 
remarquons  également  que,  ordinairement,  les  morceaux  de 
marbre  employé  comme  moellons  ou  pierres  brutes,  sont  veinés 
de  blanc.  Ne  serait-ce  pas  un  marbre  de  rebut,  h-  pur  noir  ou 
beau  noir  étant  réservé  à  un  usage  plus  relevé? 


(•)  DiJNTZER,  Verzeickni.ss  (1er  rômischeti  Alcerthùmer  des  Miisettmi  V/miuaf- 
RiCHAHTZ  in  h'ôhi  (Cologne,  1873  ,  p.  34,  n°  20  :  «  Abgebrochene  linke  Seile 
eines  obiin  ganz  flaclien  Woiliesleiiis  des  Hercules.  Schwarzer  Marmor  von  Theux 
Oder  Namur,  befunden  zu  Endenieh,  bei  Honn.  » 

L'auleur  dit,  p.  3,  note  2,  que  la  deieiminalion  de.s  pierres  est  due  au  savant 
Df  NOEGGKHATH,  dont  le  nom  a  été  cité  plus  haut  et  dont  l'aulorilé  a  été  invoquée 
par  l'auteur  des  Deux  Itiscriplioris. 


-  113  - 

3"  Le  pavement  de  l'église  cathédrale  de  Saint-Lambert,  à 
Liège,  aujourd'hui  démolie,  avait  été  fait  en  marbre  noir  de 
Theux  (voir  Cli.  des  finances,  Rendage  de  la  carrière  de  Theux, 
registre  90,  f"  93,  v"). 

4°  Dans  la  cathédrale  actuelle  de  Saint-Paul,  en  la  même  ville, 
on  a  déjà  signalé,  ici  même  (  '  ),  le  marbre  noir  de  Theux  dans 
la  tablette  de  marbre  que  supporte  la  balustrade  en  cuivre  du 
jubé. 

En  outre,  un  ouvrier  de  Theux,  T.  Lecoq,  expert  dans  la 
matière,  déclare  qu'il  est  oisé,  même  après  le  polissage,  de 
reconnaître  le  marbre  de  Theux  et  de  distinguer  la  beauté  du 
banc  d'où  il  provient  ;  cet  ouvrier  a  été  envoyé  par  nous  à  Liège 
pour  visiter  les  bas-reliefs  funéraires  encastrés  dans  les  murs 
de  la  cathédrale  de  Saint-Paul  :  il  considère  le  tombeau  de 
Pierre  Ernest  Oranus  (^)  comme  étant  de  marbre  de  Theux. 

Quant  aux  bas-reliefs  qui  se  trouvent  dans  les  cloîtres,  ils 
sont  dans  un  tel  état  de  vétusté  qu'il  faudrait,  au  préalable,  les 
nettoyer  et  les  repolir  pour  s'assurer  de  leur  origine. 

En  tout  cas,  on  ne  doit  pas  adopter  sans  réserve  l'opinion 
que  tout  le  marbre  noir  existant  à  Liège,  où  il  y  en  a  beaucoup, 
proviendrait  de  Theux,  et  il  y  aurait  lieu,  avant  de  se  pronon- 
cer, d'examiner  minutieusement  les  monuments. 

Cet  examen  minutieux  n'a  pas  encore  été  fait,  notamment 
pour  les  deux  colonnes  qui  supportent  l'orgue  de  Saini-Paul, 
du  côté  de  la  tour,  et  qui  sont  signalées  par  M.  le  chanoine 
Thimister  comme  «  deux  colonnes  torses  de  marbre  noir  de  la 
plus  haute  antiquité  et  différentes  l'une  de  l'autre,  colonnes 
dont  les  chapiteaux,  travaillés  à  jour,  sont  du  style  roman  le 
plus  ancien.  » 

o"  On  trouve  ce  marbre  à  Theux  même,  dans  les  murs  du 
chœur  de  l'église  et  de  l'ancien  vestiaire  ;  l'encadrement  des 

(*)  Bulletin  de  tlmtUut  archéologique  liégeois,  t.  VII,  p.  212. 
(*)  Ibid.,t.  VII,  p.  188. 


—  114  - 

baies  des  fenêtres  des  collatéraux  du  chœur,  de  la  porte  de 
l'église  et  de  la  porte  de  la  tour,  sont  du  même  marbre  taillé  ; 
ces  ouvrages  datent  de  15^20,  1575  (?)  et  1740. 

Dans  la  même  église,  la  pierre  sépulcrale  du  curé  Jean 
Anseau  ^1674)  et  celle  de  Jérôme  de  la  Haye  (1722). 

En  outre,  le  soubassement  et  les  marches  de  la  chapelle 
Wolfï',  et  la  base  du  bénitier  de  gauche. 

6"  Au  Musée  archéologique  de  Liège  ('),  on  conserve  une 
pierre  tombale  en  marbre  noir  de  Theux,  style  de  la  renais- 
sance, provenant  de  l'ancienne  église  S'*  Ursule,  et  un  bénitier 
du  même  marbre,  daté  de  1546. 

7°  On  voit,  du  même  marbre,  quelques  chapiteaux  corinthiens 
dans  les  églises  des  Flandres,  et  plusieurs  têtes  et  bustes  à 
Paris  [^). 

8*  Il  existe  un  grand  nombre  de  spécimens  de  marbre  noir  de 
Theux  dans  les  maisons  particulières  de  la  commune. 

9°  Il  doit  se  trouver  au  palais  du  Roi,  à  Bruxelles,  une 
grande  étoile  formée  de  marbres  de  plusieurs  provenances, 
sans  doute  nationales.  Un  de  ces  rayons  est  en  marbre  de 
Theux.  (Rens.  de  feu  Ph.  de  Limbourg,  père.) 

10°  Enfin,  M.  de  Thier  a  exposé  du  marbre  de  Theux  à 
l'Exposition  universelle  de  Paris. 

Voici  en  effet  ce  que  je  lis  dans  le  Catalogue  des  produits 
industriels  et  des  œuvres  d'art  de  V Exposition  universelle  en 
1867  :  Belgique  (Bruxelles,  1867,  pp.  324  et  585). 

«  495.  Marbre  noir  brut.  .  Theux. 

»  496.  Le  même,  poli  au  clair,  au-dessus  du  niveau  des 
eaux. Id. 

»  Ce  marbre  présente  sept  bancs  de  G™, 20  à  1"',00  de  puis- 
sance. Il  est  très-tendre,  se  travaille  avec  facilité,  n'éclate  pas 
sous  le  burin,  et  convient  surtout  pour  la  marbrerie  fine.  Prix  : 
220  à  250  francs  le  mètre  cube  brut,  sur  waggon  à  Theux. 

(*)  Caial.  dexcripiif,  p.  32,  n"  40  et  n»  47. 
('  )  Encyclopédie,  citée  plus  haut. 


-  415  — 

rt  Propriétaire,  M.  A.  De  Thier,  industriel  à  Theux. 

))  746.  De  Thier  (Théodore-Aristide).  3,  rue  Boverie,  à 
Theux,  près  Verviers. 

))  Bloc  de  marbre  noir,  avec  face  brute,  taillée,  polie,  et  le 
nom  de  Theux  gravé.  » 

Le  marbre  ne  reçut  ni  distinction  ni  mention  honorable,  et  il 
en  fut  de  même  de  celle  de  Londres  en  1862  {Moniteur  belge, 
1862.  2«  semestre,  p.  3,146  et  n"  270,  supp.,  p.  1),  exposition 
où  l'on  m'affirme  que  le  marbre  de  Theux  fut  également  exhibé. 

P.  S.  Pour  ne  pas  occasionner  de  remaniements,  j'ajoute  ici 
quelques  renseignements  nouveaux  que  je  recueille  ou  qui  me 
parviennent  pendant  l'impression  : 

—  Add.  aux  Ouvrages  imprimés.  --  Saumery,  Les  Délices  du 
pays  de  Liège  (Liège,  Everard  Kints,  1743),  t.  III,  p.  244  :  «  Theux. 
Ailleurs  les  coteaux,  dégénèrans  en  Rochers,  ofrent  du  beau 
marbre  noir,  qui,  pour  la  couleur,  ne  le  cède  point  à  la  pierre 
de  touche.  » 

Add.  ^iwa  Documents  manuscrits.  —  «Notice  contenant 
quelques  faits  historiques  relatifs  à  Theux,  envoyé  par  le  maire 
au  C/"  Gaillard,  secrétaire  général '!e  la  préfecture  de  l'Ourte, 
d'après  la  demande  lui  en  faite  par  lettre  du  3  prairial  dernier... 
L'on  ne  doit  pas  oublier  qu'il  y  a  à  Theux  une  carrière  de  très- 
beau  marbre  noir,  que  l'on  exploitait  jadis,  et  dont  les  blocs 
ont  servi  à  l'ornement  de  plusieurs  palais  en  Italie  et  alieurs.  » 
(J'ai  cherché  vainement  cette  pièce  aux  archives  communales 
de  Theux.  J'ai  le  brouillon  qu'une  personne  m'a  communiqué  il 
y  a  peu  de  temps.) 

—  Corr.  la  p.  104,  k  l'aide  de  ce  qui  suit  : 

Dans  le  but  de  faciliter  mes  recherches,  M'^'"'  0.  Dandrimont 
a  eu  l'obligeance  de  me  communiquer  deux  actes  concernant 
une  pièce  de  fonds  (n"^  348-^  et  349",  S""  D),  dont  elle  est  pro- 
priétaire. Ces  actes,   réalisés  à  la  Cour  de  Theux  les  17  et  19 


-  116  — 

avril  1730,  spécifient  ainsi  le  terrain  de  M''"*  Dandrimont  :  «  La 
pièce  de  jardin  avec  le  cortil  et  partie  de  la  heid  au-dessus  dudit 
cortil,  vis-à-vis  de  la  carrière  noire  en  lieu  dit  Wayot,  joindant 
vers  Hodbomont  à  la  V«  Noé  Rahier,  vers  Theux  à  la  V«  Adam 
Delleforge  et  son  moderne  marit,  et  du  costé  de  la  dite  carrière 
au  chemin  allant  de  Theux  audit  Hodbomont.  » 

Or,  ce  terrain  se  trouve  vis-ù-vis  de  la  parcelle  n"  359,  dési- 
gnée au  cadastre  comme  carrière,  mesurant  9  ares  10  centiares. 

Je  dirai,  avec  grande  probabilité  de  certitude,  que  là  était  la 
carrière  exploitée  par  Françeux  de  Borset  et  ses  successeurs, 
y  compris  Wathelet  Lefin. 

La  matrice  cadastrale,  laite  en  1814,  attribue  la  propriété  de 
cette  carrière  et  la  pâture  joignante  (n"  343)  à  un  tailleur  de 
pierres  de  Liège,  nommé  Lebrun  ;  la  matrice  renouvelée  en 
1833  la  renseigne  au  texte  de  :«Lebiun,  les  représentants, 
négociants  à  Poque,  à  Burret,  province  de  Luxembourg.  »  Elles 
étaient  passées  à  L.-L.  Delhier  en  1843,  lors  de  la  confection 
de  l'atlas  des  chemins  vicinaux.  Enfin,  en  1870,  M.  Emile 
Naveau,  bourgmestre  à  Bommershoven,  l'acquit  avec  l'ensemble 
des  propriétés  de  Dethier. 

II  résulte  de  ce  qui  précède,  que  les  parcelles  n"*  363  et  364 
représentent  le  terrain  vendu  par  N.  Michotte  à  N.  Fréon,  et 
que  le  n"  343  représente  le  ten-ain  rapporté  en  1861  par  Thiry 
Oefawe. 

Une  dernière  preuve.  Au  XVIP  siècle,  un  four  à  chaux,  le 
Chaft'orre  Hermeau,  était  construit  dans  un  petit  terrain  qui 
nous  appartient  {w"  340%  341  et  342),  et  qui  fut  longtemps 
appelé  le  pré  au  Chafjore.  Il  est  incontestable  que  c'est  ce  four 
à  chaux  que  mentionne  l'octroi  du  3  février  1620. 

On  peut  conclure  que  les  carrières  subsistantes  au  temps  de 
Guichardin  se  trouvaient  aux  versants  0.  et  E.  de  la  propriété 
iNaveau  et  qu'elles  s'étendaient  sur  la  gauche  du  chemin  de 
Theux  à  Jevoumont,  où  se  voient  encore  de  vastes  excavations. 


—  117  — 

—  Enfin,  corr.  p.  109,  au  pénultième  alinéa  :  «  Notre  avis 
était  que  le  marbre  ne  s'y  trouve  pas,  car  il  n'a  jamais  été 
reconnu  dans  cette  direction  au-delà  de  la  carrière  Detliier.  » 

Je  me  trompais  dans  ce  passage,  car,  vérification  faite,  je 
trouve  que  la  carrière  de  Mettecoven  était  entre  notre  pré 
(340%  341,  342)  et  la  carrière  Detliier. 

Ph.  de  Limbourg. 


-<~**^9V\^  I 


PIERRES  SEPULCHRALES  DE  JENEFFB. 


RAPPORT   ADRESSÉ    A    l'iNSTJTUT    ARCHÉOLOGIQUE. 


Il  nous  serait  très-agréable  de  vous  fournir  quelques  rensei- 
gnements sur  les  dames  nobles,  dont  les  pierres  de  Jeneffe  nous 
ont  conservé  les  noms  ;  quels  ont  été  leurs  ancêtres,  par 
quelles  œuvres  elles  ont  signalé  leur  passage  sur  cette  terre  ; 
mais  nous  avons  le  regret  de  vous  dire  que  nos  recherches  sur 
ce  sujet  ont  été  infructueuses.  L'une,  appelée  Ermentrus,  dame 
de  Geneffe  et  chastelaine  de  Waremme,  mourut  l'an  del  incarna- 
tion 1257;  l'autre,  dame  Maroie,  fut  l'épouse  du  Sangnor  Butor 
et  mourut  l'an  1271. 

Ces  dames,  qui  possédaient  sans  doute  de  grands  biens  à 
Jeneffe,  consacrèrent  une  faible  part  de  leur  patrimoine  à  la 
fondation  d'un  bénéfice,  sollicitant  en  retour  la  faveur  de  reposer 
devant  l'autel  de  S.  Jacques  et  de  S'^  Marie  Magdeleine,  auxquels 
elles  confiaient  la  garde  de  leurs  dépouilles  mortelles.  Leur 
confiance  n'a  pas  été  trompée,  car,  malgré  le  long  espace  de  six 
siècles  qui  ont  passé  depuis,  malgré  les  vicissitudes  des  temps, 
leur  tombe  a  été  respectée  et  elles  reposent  encore  aujourd'hui 
dans  la  chapelle  contiguë  à  l'église  paroissiale.  Cependant,  en 
1818,  le  curé  Bormans  ayant  fait  renouveler  le  pavé  de  l'église, 
fit  enlever  ces  pierres  pour  les  placer  sur  le  cimetière  à  l'entrée 


Bullctm  de  riiislit.ATckeol.Lu'geois. 


ToiurXlliriia. 


IimL-D^OSo>fai'GISo 


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ToiucXlll.IMia. 


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Lith.CremetU.Li' 


-  119  — 

du  temple.  Et  comme  la  surface  des  pierres  est  très-lisse,  le 
curé,  dans  la  crainte  que  les  habitants  du  village,  venant  à 
passer  le  dimanche  sur  le  cimetière,  ne  fissent  quelque  chute 
funeste,  fit  appeler  un  tailleur  de  pierre  qui,  à  l'aide  d'un  ciseau 
pointu,  y  pratiqua  quelques  entailles.  Cependant,  à  part  cet  acte 
de  dégradation  digne  des  Vandales,  ces  pierres  sont  dans  un  état 
parfait  de  conservation  et  n'ont  subi  aucune  atteinte,  ni  du  con- 
tact de  l'air,  ni  de  l'intempérie  des  saisons.  Et  comme  nous 
contemplions  ces  deux  monuments,  un  rayon  de  soleil  étant 
venu  les  éclairer,  ils  offrirent  à  nos  yeux  émerveillés  la  glace 
d'un  miroir  pur  et  éclatant. 

L'église  de  Jeneffe  remonte  à  une  haute  antiquité;  au  milieu 
du  13*  siècle,  les  familles  nobles  y  choisissaient  leur  sépulture. 
On  conserve  dans  les  archives  du  presbytère  un  manuscrit  sur 
vélin  ayant  pour  titre  :  Registrum  memoriale  et  archivale  paro- 
chiœ  de  Jeneffe.  Ce  registre,  commencé  en  1512,  renferme  des 
indications  que  nous  ne  voulons  pas  négliger.  Etd'abord  la  cure 
de  Jeneffe  était  de  patronat  laïc  :  juris patronatus  laici;  c'est-à- 
dire  qu'elle  était  à  la  collation  du  seigneur  du  lieu.  Un  document 
conservé  est  la  vendition  et  transport  de  la  terre  et  seigneurie 
de  Jeneffe  faite  par  Albert,  duc  d'Aremberg,  prince  de  Barbau- 
son,  en  faveur  du  seigneur  Godefroid  de  Sélys,  bourgmestre 
de  Liège,  27  mai  1658.  On  voit  par  cet  acte  que  le  prince  de 
Barbanson,  seigneur  de  Jeneffe,  était  collateur  de  la  cure  et  du 
bénéfice  de  S.  Jacques  et  S'«  Marie  Magdeleine,  droits  et  préro- 
gatives qui  sont  restés  dans  la  famille  de  Sélys  jusqu'à  la  nou- 
velle organisation  des  paroisses.  On  a  lieu  de  croire,  dit 
M.  Demaret,  ancien  curé  de  Jeneffe,  que  Messire  Henri  de 
Barbanson,  mort  en  1591,  était  un  ancêtre  de  ce  duc  d'Arem- 
berg, prince  de  Barbanson  ;  que  dame  Marie,  dame  de  Jeneffe, 
morte  en  1271,  et  Ermenlrus,  aussi  dame  de  Jeneffe,  morte  en 
1257,  possédaient  la  seigneurie  de  Jeneffe  avec  le  droit  de 
conférer  la  cure  et  le  bénéfice  de  S.  Jacques,  car  toutes  ces 
personnes  ont  été  inhumées  devant  l'autel  de  ce  bénéfice. 


-  120  - 

L'église  de  Jeneffe  renfermait  d'autres  pierres  sépulchrales 
qui  offraient  aussi  un  grand  intérêt,  mais  qui  ont  malheureuse- 
ment disparu.  Le  registre  cité  ci-dessus  en  rapporte  deux  qui 
concernent  la  famille  des  comtes  de  Clermont  :  Sub  hoc  lapide 
conduntur  viscera  Jacobi  miiiUs  domiui  Clariinontis  et  de  Jeneffe 
qui  obiit  anno  Domini  1295.—  En  l'an  de  grasce  mil  trois  cens  et 
XI  le  mercredi  devant  le  Saint  Pierre  Awoust  entrant  trespassat 
Maroie,  dame  de  Clermont  et  de  Jeneffe.  Priez  par  ly.  Ces  deux 
inscriptions  ont  été  insérées  dans  le  Supplément  à  Vart  de  vérifier 
les  dates  ou  Mémoire  sur  quekjues  anciens  fiefs,  par  le  baron  de 
Reiffenberg.  Bruxelles  1834. 

L'auteur  du  Dictionnaire  géographique  de  la  province  de  Liège, 
après  avoir  rapporté  que  Guillaume  de  Jehain,  capitaine  général 
du  parti  d'Awans,  châtelain  de  Waremme  et  maître  de  Liège  en 
1327,  fut  seigneur  de  Jeneffe,  que  son  fils  Jean  d'Oreille  retint 
le  nom  de  sa  seigneurie  d'Oreille  et  négligea  celui  de  Jeneffe, 
qui  était  le  nom  de  sa  famille  ;  que  Wathieu  d'Athin,  souverain 
mayeur  et  maître  de  Liège,  acquit  cette  seigneurie  en  1425  de 
Henri  de  Rolland,  mais  que  Henri  PoUard  rentra  ensuite  en 
possession  de  cette  terre,  ajoute  :  il  a  existé  à  Jeneffe  plusieurs 
anciens  châteaux  qui  remontent  à  des  époques  fort  reculées, 
comme  le  prouvent  les  traces  de  fondements  encore  distincte- 
ment marqués. 

On  nous  a  dit  que  M.  Jaqmaert,  juge  au  tribunal  de  Liège, 
ayant  fait  l'acquisition  d'un  de  ces  terrains,  y  fit  pratiquer  des 
fouilles  et  retrouva  une  pièce  de  l'ancien  château  à  une  pro- 
fondeur de  plusieurs  pieds  au-dessous  du  sol ,  et  en  retira  des 
pavés  très-bien  conservés  qui  paraissent  être  en  marbre  noir. 

On  donne  le  nom  de  Paix  de  Jeneffe  ou  de  Vottem  au  concor- 
dat qui  fut  conclu  le  10  juillet  1331,  parce  que  les  conférences 
qui  le  précédèrent  furent  tenues  dans  ces  localité.s, 


-  121  — 

Il  me  resterait  à  considérer  la  valeur  des  pierres  de  Jeneffe 
sous  le  rapport  artistique,  car  l'art  du  dessin  et  de  la  gravure  a 
un  rapport  intime  avec  la  peinture,  et  les  documents  qui  servent 
à  établir  l'état  des  arts  dans  la  principauté  de  Liège  à  cette 
époque  reculée,  ne  sont  pas  communs.  —  L'auteur  de  V Histoire 
de  la  peinture  au  pays  de  Liège  vous  dira  mieux  que  moi  l'im- 
portance que  présentent  les  pierres  tumulaires  du  43^  siècle, 
considérées  dans  leur  rapport  avec  la  sculpture,  l'architecture 
et  la  peinture. 

M.  François  Couclet,  qui  s'occupe  avec  le  zèle  le  plus  louable 
des  anciennes  pierres  sépulchrales  de  la  principauté  de  Liège, 
a  frotté  celles  de  Jeneffe  selon  le  procédé  d'estampage  recom- 
mandé par  l'auteur  de  La  sépulture  chrétienne  d'après  les  monu- 
ments du  Xl^  au  XVl"  siècle.  C'est  sur  ces  frottures  qu'ont  été 
pris  les  dessins  qui  accompagnent  cette  notice. 

Nicolas  Henrotte. 


LA  TOMBE   DE   BLEHEN 


Fouilles  faites  en  février-mars  1874. 


I.  Letumulus  belgo-rotnain  de  Blehen  se  trouve,  à  presque 
égale  distance  (celle  d'environ  une  demi-lieue),  du  côté  Sud,  de  la 
tombe  de  Braives,  dite  d'Avennes,  placée  près  de  la  grande 
chaussée  romaine  se  dirigeant  de  Bavay  sur  Cologne,  tombe 
explorée  en  mai  1873  (');  du  côté  Nord,  de  la  tombe  Hémava, 
située  sur  le  territoire  de  Montenaken  et  nivellée  malheureuse- 
ment en  1853  (');  et  à  l'Ouest,  de  la  villa  belgo-romaine  de 
Bertrée  dont  les  substructions  ont  été  explorées  par  l'auteur  de 
ce  rapport,  en  octobre  1872  {'"). 

La  tombe  de  Blehen  forme  une  ligne  assez  directe,  allant  du 
Sud  au  Nord,  avec  les  tombes,  ses  voisines,  de  Hémava,  les 
trois  tombes  (les  Dhitommen]  de  Fresiii-Corihys,  et  les  deux 
tombes  [Tweetommen)  de  Petit-Fresin  (Montenaken);  mais  avec 
cette  différence  cependant  que  sa  grande  ou  longue  pente 
latérale,  pareille  à  celle  de  la  tombe  de  Braives,  de  la  Bortombe 
de  Wals-Beetz,  et  ti  celle  du  Tombal,  nivelle  aujourd'hui  , 
d'Avernas-le-Bauduin,  est  à  l'Est  avec  la  colline  inclinée  de  ce 
même  côté,  tandis  que  celle  des  autres  est  à  l'Ouest,  indice 
jusqu'ici  resté  assez  probable  d'une  certaine  antériorité. 

De  plus  d'un  point  de  la  Haute-Chaussée  de  Bavay  à  Ton- 

(•j  V.  DuUetinde  l'bist.  arch.  liéy.,  XII,  196.  sqq. 

(')  ScHUERMANS,  yotice  sur  les  momnn.  du  Limbourg,  p.  37,  sqq.,  el  Rapports 
sur  quelques  lumulus  de  la  Hesbaie,  p.  195,  sqq.  (tirage  à  part). 
Bull,  de  l'iiisl.  cité,  XII,  i,  sqq. 


—  123  — 

grès  (  '  ),  et  aussi  de  la  chaussée  de  Nivelles,  grand  diverticulum 
ou  embranchement  de  la  première,  la  tombe  de  Blehen  pouvait 
être  aperçue  par  les  voyageurs  de  ces  grands  chemins,  de  sorte 
que  ce  tumulus  était,  dans  le  sens  strict,  un  vrai  monument  ; 
en  effet,  si  les  tombeaux  distingués  des  morts  sont  appelés 
Memoriœ  ou  Monumenta,  c'est  bien,  dit  S.  Augustin,  parce  qu'ils 
les  rappellent  à  la  mémoire  des  vivants  et  empêchent  d'être 
soustraits  à  leurs  cœurs  ceux  qui  ont  été  soustraits  à  leurs 
yeux(-),  ou,  comme  l'a  dit  Varron,  avant  S.  Augustin,  parce 
qu'ils  avertissent  les  passants  qu'ils  sont  mortels,  comme  les 
morts  l'ont  été  (^).  A  Rome  cependant,  selon  M.  Gerbet  (^), 
«  en  préférant  les  bords  des  routes  les  plus  fréquentées,  pour 
y  faire  figurer  leurs  mausolées,  les  familles  patriciennes  y 
avaient  vu  un  moyen  de  donner  une  haute  idée  de  leur  gran- 
deur aux  passants  et  aux  étrangers.  » 

(*)  D'après  M.  Van  der  Elst,  cette  Haute-Chaussée,  appelée  Hochwech  par  \es 
Wallons  des  environs  de  Waremme,  «  se  présente  comme  remontant  aux  temps  les 
»  plus  anciens,  non  en  qualité  de  chaussée,  mais  comme  grande  voie  de  comrauni- 
»  oation.  »  {Annal,  de  l'Acad.  d'Arch.  de  Belgique,  2*^  s.,  X,  488.)  «  Nous  ne  pos- 
»  sédons  aucun  renseignement,  dit  M.  Roulez,  sur  l'époque  où  ont  été  construites 
»  les  voies  romaines  de  la  Belgique.  »  (Observ.  sur  les  voies  rom,  de  la  Belgique, 
p.  3.) 

(*)  s.  AUG.,  De  cura  pro  mortus  gerenda,  cap.  4  :  «  Sed  non  ob  aliud  vel  me- 
moriœ vel  monumenta  dicuntur  ea  quae  insignita  (al.  insigniter)  fiunt  sepulcra 
morluorum,  nisi  quia  eos,  qui  vivenlium  oculis  morte  sublracti  sunt,  ne  oblivione 
eliam  cordibus  subtrahantur,  in  memoriam  revocant  et  admonendo  faciunt  cogitari: 
nam  et  Memoriœ  nomen  id  apertissime  ostendit,  et  Monumentum  eo  quod  moneat 
mentera,  id  est,  admoneat,  nuncupatur.  » 

(')  De  ling.  lat.,  VI,  IS  :  «  Moniraenta  a  moiiere.  Sic  Monimenta  quse  in  sepul- 
cris,  ideo  secundum  viam,  quo  praetereuntes  admoneant  se  fuisse,  et  illos  esse 
mortales.  »  —  Cet  usage  d'enterrer  les  morts  le  long  des  chemins  date  de  très-haut 
chez  les  Hébreux;  il  remonte  jusqu'aux  patriarches;  car  ce  fut  ainsi  que,  d'après 
l'Ecriture,  Jacob  enterra  son  épouse  Rachel  (f  1750  av.  J.-C.)  :  «  Mortua  est 
»  Rachel  et  sepulta  est  in  via  (a),  quœ  ducil  Ephratam,  hoc  est  Rethlehem  ;  erexit- 
"  que  Jacob  litulum  {colonne,  stèle,  cippe  avec  inscription,  comme  le  mot  titulus 
»  l'indique)  super  sepulchrum  ejus.  Hic  est  titulus  monumenti  Rachel  usque  in  prae- 
»  senlem  diem.  »  {Gènes.,  XXXV,  19,  20.) 

{*)  Esquisse  de  Rom.  chrét.,  I,  150.  Louvain  1844. 

I:ii    «  Kt  sepelivi  etium  jiula  viam  Ephralae.  »  [Gènes-,  XLVItI,  1  ) 


—  424  - 

Parmi  les  nombreux  lumulus  et  substructions  de  villas  qui  se 
trouvent  dans  un  certain  rayon  autour  de  Montenaken  et  dont 
j'ai  dirigé  les  fouilles  depuis  1862,1a  tombe  de  Blehen  fut  tenue 
longtemps  en  réserve,  h  cause  de  certaines  difficultés  particu- 
lières que  présentait  son  exploration  par  suite  des  arbres  dont 
elle  est  couverte,  et  des  arbustes  dont  elle  est  entourée  jusqu'à 
sa  base.  Ces  arbres  et  ce  bosquet  (pi.  I  et  tig.  B),  quoique 
modernes,  rappellent  néanmoins  assez  bien  un  très-ancien 
usage  d'entourer  les  temples  et  les  tombeaux  d'arbres  et  de  bois 
sacrés  (').  A  cet  égard,  parmi  les  dispositions  du  testament 
gravé  sur  un  tombeau  deLangres,  et  dont  le  texte  a  été  retrouvé, 
en  grande  partie,  il  n'y  a  pas  longtemps,  sur  un  parchemin 
détaché  d'un  codex  du  X«  siècle  (-),  nous  voyons,  non-seulement 
que  la  «  cella  memoriœ  »  du  testateur  devait  contenir  la  statue 
du  défunt,  une  exèdre  destinée  aux  repas  funéraires  «  per  eos 
dies,  quibus  cella  memoriœ  aperietur  »  (savoir  aux  kalendes 
d'avril,  de  mai,  juin,  juillet,  août,  septembre  et  octobre),  et 
avoir  par  devant  un  autel  contenant  ses  ossements  :  «  ara 

ponatur  ante  œdijicium in  qua  ossa  mea  reponantur;  »  mais 

qu'il  y  est  aussi  prescrit  d'entourer  cette  cella  d'un  bosquet  et  de 
vergers  :  «  colaturque  id  œdificium  et  ea  pomaria  et  lacus  (1.  locus 
ou  plutôt  lucus)  »  par  trois  topiaires.  Qu'il  y  eût  fréquemment 
autour  des  tombeaux  des  jardins,  des  vignes  qui  faisaient  partie 
de  l'enceinte  consacrée  par  la  religion  et  qui  étaient  considérés 
comme  un  terrain  dépendant  du  monument  :  area  adjecta,  quœ 

(  *  )  «  Est  urbe  egressis  tumulus  (hauteur)  templumque  vetuslum 
"  Desertœ  Cereris,  juxlaque  antiqua  cupressus, 
Religione  patrum  multos  servata  per  annos.  > 

VlRC,  Aeneid.,  il,  713. 
'  Me  tegat  arborea  dévia  terra  coma, 
"  Aut  humet  ignotse  cumulus  vallatus  arensB, 
»  Non  juvat  in  média  nomen  habere  via.  » 

PftOPERl.,  III,  I2"î. 
(•)  Documeni  publié,  pour  la  première  fois,  par  le  D'  Kiessling.Voir  \e  Mémorial 
helne^W,  126. 


—  125  — 

ceUit  monumento,  c'est  chose  qu'on  ne  peut  mettre  en  doute  {*). 
Les  païens,  dit  un  auteur,  ne  croyaient  pouvoir  mieux  pourvoir 
k  l'inviolabilité  des  tombeaux  que  de  les  entourer  d'arbres  con- 
sacrés aux  Dieux.  Ils  préféraient,  à  cette  fin,  ceux  qui,  restant 
toujours  verts,  comme  le  buis,  le  cyprès,  le  laurier,  leur  sem- 
blaient pouvoir  le  mieux  les  couvrir  de  leur  ombre  et  être  les 
plus  agréables  aux  Mânes  (-). 

IL  Ce  fut  au  mois  de  décembre  1872,  que  l'honorable  et 
savant  secrétaire  de  YInstitiit  archéologique  liégeois  me  fit  savoir 
que  la  Compagnie  venait  d'obtenir  de  M.  Ferd.  Cartuyvels-de- 
Collaert,  rentier  à  Blehen,  la  bienveillante  permission  d'opérer 
des  fouilles  dans  la  tombe  dont  il  est  propriétaire,  et  qu'elle 
avait  ratifié  les  conditions  généreuses  qu'il  y  avait  apposées. 
De  ces  conditions,  je  ne  citerai  que  la  plus  importante,  mais 
qui  prouve  le  désintéressement  de  son  auteur,  ainsi  que  son 
amour  pour  la  science  :  «  Si  l'on  trouve,  y  est-il  dit,  des  objets 
d'or  ou  d'argent  dont  la  valeur  intrinsèque  comme  métal  dépas- 
serait 100  fi'.,  cette  valeur  me  sera  payée  par  la  Société  d'ar- 
chéologie, déduction  faite  des  frais  de  recherches;  il  est  entendu 
que  la  plus  value  comme  objet  d'art  ou  d'antiquité  ne  sera  pas 
comptée  »  ('). 

Mais  à  peine  avais-je  reçu  l'honorable  commission  de  diriger 
ces  fouilles,  que  celui  qui  m'en  avait  informé  quitta  le  secréta- 
riat, étant  promu   (janv.  1873)  au  poste  de  conservateur  des 

(•)  Voir  Fabrett! .  Inscr.  domest.,  p  d03,  223  ;  —  Marini,  hcr.  Alban.,  p.  M«, 
H9,  Art'.,  p.  229,  230. 

(*)  Aujourdhui,  comme  au  moyen-âge,  c'est  un  fait  admis  que  la  plantation  ou 
la  végétation  constitue  un  moyen  puissant,  pour  maintenir  la  salubrilf-  dans  les 
cimetières. 

(')  Mais  ni  or,  ni  argent  ne  s'est  trouve  dans  le  caveau  du  tumulus  de  Blehen. 
C'aurait  été,  du  reste,  contraire  à  la  Loi  des  XII  Tables  (faite  environ  450  ans  av. 
J.-C.)  qui  défendait  le  dépôt  dans  les  tombeaux  des  objets  en  ce  métal,  De  jure 
xaeror.,  §  io  :  «  Neve  aurum  addilo  :  asl  quo  auro  dentés  vincti  erunt,  imo  cum 
»  illo  sepelire  urereve  sine  fraude  esto.  > 


126 


archives  de  l'Etat  à  Namur.  Après  son  départ,  plusieurs  cir- 
constances qu'il  est  inutile  d'indiquer  ici,  vinrent  m'empêcher 
de  mettre  la  main  à  l'œuvre  immédiatement.  Ce  ne  fut  donc 
qu'en  février  de  l'année  suivante  que  les  conditions,  conve- 
nablement larges,  dictées  par  le  zèle  éclairé  de  la  savante 
Société  elle-même,  me  permirent  de  commencer  ces  fouilles 
qui  semblaient  n'être  pas  dépourvues  de  périls  et  de  diffi- 
cultés. 

La  tombe  de  Blehen,  dont  l'intérieur  est  sillonné  en  tous  sens 
par  de  nombreux  terriers  de  renards,  était,  avant  nos  répara- 
tions, assez  défigurée  à  l'extérieur.  Elle  se  trouve  assise  sur 
une  colline  peu  inclinée  au  Nord,  mais  surtout  à  l'Est,  et  elle- 
même  est  inclinée  dans  le  même  sens.  Elle  a  k  sa  base  une 
circonférence  de  98  mètres  et  au  sommet  de  27  m.  Son  éléva- 
tion oblique  h  l'Ouest  et  au  Midi  est  de  10  m.,  et  de  13  m.  au 
Nord  et  à  l'Est.  Il  y  a  du  Midi  jusqu'au  Centre  (tilleul)  une  lon- 
gueur horizontale  de  16  mètres. 

Il  n'est  pas  sans  intérêt  d'observer  de  quel  côté  se  trouve 
l'inclinaison  de  la  colline  ou  la  grande  pente  latérale  d'une 
tombe  belgo-romaine,  si  elle  est  à  l'Est  ou  à  l'Ouest  ;  en  suppo- 
sant, en  efïet,  le  sommet  de  la  tombe  divisé  en  quatre  quartiers 
égaux  par  deux  lignes  se  croisant,  dont  l'une  va  du  Nord  (plutôt 
du  Nord-Est)  au  Sud,  et  l'autre  de  l'Est  ù  l'Ouest  (pi.  I,  lit.  A), 
alors,  si  la  pente  allongée  est  du  côté  de  l'Est,  le  caveau,  si 
caveau  il  y  a,  se  trouvera,  d'après  l'expérience  que  j'ai  faite 
dans  mes  fouilles,  vers  le  Centre,  mais  vers  l'Ouest,  touchant 
toutefois  aux  trois  autres  quartiers  (exemples  :  les  tombes  de 
Walsbetz,  de  Niel,  de  Braives,  de  Blehen,  etc.);  il  s'y  trou- 
vera de  la  même  manière,  mais  vers  l'Est,  si  la  même  grande 
pente  est  du  côté  de  l'Ouest  (les  Driitommen  de  Fresin-Corthys, 
les   Tweelommen  de  Petit-Fresin   ('),  elc).   Cette  disposition 


(•)  Il  est  à  remarquer  qu'en  plaçant  ces  deux  dernières  lombes  à  une  dizaine  de 
mètres  plus  vers  l'Orient,  elles  auraient  eu  leur  grande  pente  latérale  du  côté  de  la 


'iiIIcIiikIc  riiislilut  AitIkmiIo.^"  LiV'i^coi.s.Totiie.XllI.Paoe  126  PL.IV 


Lilh.Crcmiiii.lié^e. 


-  127  — 

s'explique  suffisamment  par  le  motif  d'empêcher  les  eaux  de 
descendre  vers  la  chambre  sépulcrale  souterraine  au  moyen 
des  grandes  pentes  du  monument  extérieur.  Cependant  pour  ce 
qui  concerne  le  caveau  delà  tombe  de Braives,  dite  d'Avennes('), 
déviant  un  peu  du  centre  acfwd  ('),  la  galerie  a  dû  passer  à 
côté  de  lui,  en  laissant  à  gauche  un  intervalle  d'un  1/2  m.,  et 
n'aboutissant  qu'à  un  puits  de  la  descente  des  Français  (^). 
J'étais,  en  ce  moment,  dans  la  galerie,  mais  sur  le  point  de 
partir  (pour  un  trajet  de  2  1/2  grosses  lieues  que  j'ai  fait  à  plu- 
sieurs reprises)  et  ne  cessais  d'engager  mon  digne  et  zélé 
compagnon,  M.  leC"^^  G.  de  Looz,  alors,  mais  plus  maintenant, 
un  peu  novice  en  fait  de  fouilles  de  tombes,  à  ne  point  s'amuser 
à  ce  puits,  auquel  les  ouvriers  semblaient  prendre  grand  inté- 
rêt, mais  à  sonder  le  côté  gauche  de  la  galerie  par  une  ouver- 
ture transversale  :  «  que  là  devait  se  trouver  le  caveau,  si  caveau 
il  y  avait.  »  Le  lendemain  l'a  prouvé  à  la  très-grande  joie  de 
l'explorateur. 

Les  fouilles  dans  la  tombe  de  Blehen  commencèrent  le  mardi 
17  février  1874  par  une  galerie  souterraine  partant  du  Sud- 
Ouest  vers  le  centre.  Cette  galerie,  en  style  ogival  avec  une 

chaussée  de  Nivelles  ou  vers  TEst,  car  la  colline  a  double  pente  et  n'a  qu'un  plateau 
fort  étroit.  La  même  observation  est  applicable  au  ci-devant  turaulus  de  Hémava, 
se  trouvant,  comme  je  l'ai  vu  encore  debout,  derrière  la  Bosquaille,  à  l'extrémité 
du  territoire  de  Montenaken,  vers  Boélhe,  sur  un  bien  des  anciens  comtes  de  Looz, 
et  puis,  du  Val-Notre-Dame,  lez  Huy.  Pareillement,  soit  dit  ici  en  passant,  étaient 
placées  aux  confins  de  juridiction  les  trois  tombes  et  les  deux  tombes  citées,  la 
Bortombe  de  Walsbetz,  la  tombe  de  Montenaken,  dite  d'Avernas,  etc. 

(*)  Ainsi  dénommée,  parce  qu'elle  est  placée  près  des  limites  de  la  juridiction 
de  Braives  du  côté  d'Avennes,  comme  l'une  des  tombes  de  Montenaken  est  dite  de 
Cras-Avernas,  à  cause  qu'elle  se  trouve  à  l'extrémité  du  territoire  vers  ce  dernier 
village;  et  timme  la  Bor«o?n6e  de  Walsbetz  est  dite  d'Attenhoven  pour  le  même 
motif. 

(*)  Bullet.  de  l'imt.  arch.  liég.,  XII,  200,  pi.  IV,  fig.  lit.  F. 

O  Ces  puits  des  Français  m'ont  souvent  fourni  la  preuve  qu'ils  connaissaient 
assez  bien  le  centre  ou  l'endroit  du  caveau  d'une  tombe  belgo-romaine;  mais  leur 
procédé  de  descente  verticale  par  le  sommet,  si  celle-ci  était  tant  soit  peu  à  côté, 
ou  pas  assez  profonde,  les  empêchait  de  le  vider. 


-  428  - 

mince  plate-bande  comme  clef  de  voûte,  a  été  faite,  chose  à 
remarquer,  avec  la  bêche  des  ouvriers  (pi.  I,  lîg.  C),  comme  ont 
été  faites  aussi  toutes  celles,  auxquelles  j'ai  présidé  depuis 
1862,  sauf  la  toute  première  faite  en  plein  cintre,  style  dange- 
reux en  terre,  dans  la  tombe  du  milieu  parmi  les  Drijtommen 
de  Fresin-Corthys,  où  j'ai  heureusement  trouvé  une  sépulture 
des  plus  somptueuses  et  extrait  un  mobilier  funéraire  extraor- 
dinairement  remarquable  (*).  La  galerie  en  ogive  remplaçant 
celle  en  plein  cintre  pour  éviter  avec  plus  de  sûreté  les  ébou- 
lements,  fut  inaugurée  l'année  suivante  aux  Tweetommen  de 
Petit-Fresin  (Montenaken)  que  nous  explorions  en  1863  :  «  sys- 
tème, dit  M.  Schuermans,  d'après  M.  l'architecte  Gérard,  plus 
efficace  que  le  plein  cintre  pour  contre-butter  la  poussée  des 
terres...  Les  ouvriers  employés,  y  est-il  ajouté,  excellent  dans 
ce  genre  de  travail  (*).  » 

La  galerie  de  Blehen  a  l'",80  en  élévation  et  1"',70  en  largeur. 
Comme  nous  devions  respecter  tant  les  arbres  sur  la  tombe 
que  les  arbustes  autour  de  sa  base,  la  terre  n'en  put  être  ex- 
traite qu'au  moyen  de  la  pelle  et  sans  brouette;  et  elle  ne  put 
être  déposée  que  sur  le  talus  même  de  la  tombe;  en  outre, 
endurcie  au  soleil,  cette  terre  étant  la  plus  dure  que  nous  ayons 
rencontrée,  le  travail  ne  s'est  pas  fait  sans  de  très-sérieuses 
difficultés,  d'autant  plus  que  c'est  dans  la  terre  rapportée  même 
de  la  tombe  que,  contre  notre  habitude,  nous  avons  dû,  à 
cause  des  arbustes,  entamer  la  galerie,  la  faisant  descendre 
diagonalement,  de  manière  qu'auprès  du  caveau  elle  entrait 
environ  75  c.  dans  le  sol  primitif  (^).  Cette  galerie,  longue  de 

C)  V.  M.  Schuermans  dans  ses  rapports  sur  quelques  tutnulus  delà  Hesbaye  -. 
—  Fouilles  dans  les  Drijtommen  à  Fresin. 

(*)  lbid.,p.  260,  en  note  (tirage  à  part). 

C)  Déjà  notre  première  galerie,  pratiquée  en  1862,  fut  souterraine  et  faite 
horizontalement  à  la  base  de  la  tombe  en  entrant  de  30  à  50  c.  dans  le  sous-sol 
dans  le  but  d'y  trouver  la  chambre  funéraire.  Je  savais,  en  effet,  déjà  alors  par  la 
tombe  de  Hémava,  d'après  le  rapport  que  voulut  bien  me  faire,  en  1857,  M.  Era. 
Janaar,  qu'après   son   nivellement  fait  par  le  fermier  en  i85.3,  le  caveau  avait  été 


—   129  — 

17  m.  sous  la  loiiibe  ( ',),  a  élé  aL-hevée,  lu  caveau  vidé,  les  trous 
de  la  lombe  bouchés  et  les  creux  comblés,  qui  la  défiguraient  à 
l'extérieur,  au  bout  de  17  jours,  travail  fait  par  deux  ouvriers 
habiles  durant  iO  jours,  et  par  trois  pendant  les  7  derniers. 
L'ensemble  de  tous  ces  travaux  a  coûté  la  somme  de  100  fr.(*). 
J'oubliais  de  mentionner  qu'à  l'entrée  de  la  galerie  une  petite 
plaque  de  bronze  a  été  trouvée,  longue  de  5  ceniimètres  et  large 
de  3  c.  :  elle  a  des  échancrures  aux  deux  extrémités  et  un  très- 
petit  trou  au  milieu,  et  ofï're  des  traces  de  trous  aux  deux  bouts. 
Il  n'est  pas  aisé  de  deviner  à  quoi  elle  peut  avoir  servi.  Peut- 
être  a-t-elle  appartenu  au  palastre  d'une  serrure. 


trouvé  à  2  mètres  de  profondeur  au-dessous  du  sol  cultivé.  Jusques-là,  l'opinion 
assez  commune  était  que  celte  sépulture  devait  être  recherchée,  non  au-dessous, 
mais  à  peu  près  au  niveau  ou  au-dessus  de  ce  sol.  (Sch\yes,  Uisi.  de  l'archii.,  I, 
19.)  C'est  la,  en  effet,  que  le  mobilier  funéraire  se  trouve  placé  dans  les  tumulus 
Franks  ou  Germains  de  l'époque  de  l'incinéraiion,  comme,  par  exemple,  dans  la 
lombe  de  ['Empereur  {Bull,  de  l'Inst.  arck.  liég.,  XII,  497)  ;  dans  les  trois  tombes 
de  Seron  (Forville);  les  deux  tumulus  de  Hanret,  elc.  Ces  tombes,  ainsi  que  les 
cimetières  du  Haemberrj  (Wals-Wezeren)  ;  du  Tomheux  (Avernas-ie-Bauduin),  qui 
sont  de  l'époque  de  la  crémation,  et  généralement  les  cimetières  (aussi  de  la  même 
époque)  situés  dans  l'Entre-Sambre-el-Meuse,  peuvent  bien  être  qualifiés  de 
romains,  parce  qu'ils  ont  été  établis  sur  le  sol  de  Tlimpire  par  des  sujets  ou  colons 
qui  y  étaient  admis  ;  mais  ils  sont  proprement  et  «  inconteslabiement  »  Franks  ou 
Germains,  ayant  élé  faits  par  ceux  qui  n'ont  élé  que  peu  ou  point  romaniséft,  tandis 
que  les  Belgo-romains  qui  ont  fait  les  trois  tombes  (Fresin),  les  deux  tombes  (Petil- 
Fresin)  ;  la  Doriombe  (Walsbelz),  les  tombes  de  Braives  et  de  Blehen,  etc.,  l'ont  été 
entièrement  ou  à  peu  près   Mais  nous  reviendrons  sur  ce  sujel. 

(*  )  Le  ne  mètre  n'a  élé  excavé  que  dans  sa  partie  supérieure,  le  restant  devant 
servir  de  table,  pour  y  déposer  les  objets  du  caveau  au  fur  et  à  mesure  qu'ils  en 
seraient  extraits. 

(*)  Généralement  les  propriétaires  ou  gardiens  de  nos  très-anciens  monuments 
archéologiques  qu'on  appelle  lutnulus,  exigent  qu'après  exploration,  on  bouche 
immédiatement  la  galerie.  M.  Cartuyvels,  de  son  côté,  a  voulu,  dans  l'intérêt  des 
curieux,  que  la  sienne  restât  ouverte  et  dans  le  même  état  oii  elle  se  trouvait  au 
moment  où  nous  l'avons  quittée,  de  sorte  que  galerie,  couches  de  la  terre  rapportée  ou 
de  celle  du  sous-sol,  table,  caveau  et  même  terriers  de  renards,  etc.  peuvent,  encore 
aujourd'hui,  èlre  vus  et  examinés, comme  nous  l'avons  fait  alors.  Un  seul  changement 
y  a  été  apporté.  Par  une  sollicitude  intelligente  du  propriétaire,  afin  de  prévenir  les 
dégradations  ou  les  éboulemenls,  la  terre  de  l'entrée  de  la  galerie  a  été  remplacée 
par  un  mur  fait  dans  le  style  de  la  galerie. 


-  130  — 

La  grande  galerie  ne  passant  que  sur  un  des  coins  du  caveau 
dans  la  largeur  de  25  c.  (pi.  I,  flg.  C),  ce  fut  au  moyen  d'une 
petite  galerie  transversale,  faite  dans  sa  direction, que  le  vendredi 
6  mars  les  objets  y  déposés  purent  être  extraits  avec  sécurité 
et  facilité  (')•  La  tombe  de  Blehen,  peu  visible  à  cause  du  bois, 
a  eu  le  grand  privilège  de  ne  pas  avoir  été  visitée  par  les  Fran- 
çais. Aucune  trace  de  leur  descente  n'a  été  remarquée.  Pareille 
descente  s'est  montrée  très-apparente  pendant  mes  fouilles  dans 
les  Tweetommen  (Petit-Fresin),  dans  la  tombe  de  Montenaken, 
dite  d'Avernas,  dans  celle  d'Avernas-le-Bauduin;  on  l'a  retrou- 
vée aussi  dans  les  tombes  de  Braives,  de  l'Empereur,  etc.  ('^). 

Au  côté  Nord  du  caveau,  à  la  distance  de  50  c.  on  voit  (pi.  I, 
flg.  C),  un  trou  rond  de  15  c.  de  diamètre,  descendant  dans  le 
sous-sol  jusqu'à  1"',60,  c'est-à-dire  50  c.  plus  profondément  que 
le  caveau  même  et  s'élevant  au-dessus  de  lui,  et  pas  davantage, 
jusqu'à  environ  1  m.  dans  la  terre  rapportée  de  la  tombe.  Un 
bois  ou  gros  pieu  doit  y  avoir  été  fiché  pour  indiquer  la  fosse 
sépulcrale  et  guider  les  ouvriers  à  donsier  au  monument  la 
forme  voulue,  lequel  alors,  comme  aujourd'hui,  n'était  proba- 
blement pas  toujours  élevé  immédiatement  après  la  sépulture ('); 

(*)  Ce  fut  alors  que  le  propriétaire  de  la  tombe  a  pu  se  convaincre  qu'étant  au 
sommet  du  tumulus,  le  jour  de  l'inauguration  de  la  galerie,  l'endroit  de  la  sépulture 
lui  avait  été  assez  exactement  indiqué,  comme  devant  être  à  coté  du  tilleul  qui  s'y 
trouve. 

(•)  C'est  le  génie  des  armées  françaises,  hivernant  dans  ces  contrées  sous  Louis 
XIV,  quia  fait  ces  fouilles  dans  un  grand  nombre  de  lombes  de  la  Hesbaye.  C'est 
par  le  sommet  que  la  descente  se  faisait,  au  moyen  d'un  puits  rond  ou  carré  jusqu'à 
\  mètre  et  plus  dans  le  sous-sol,  si  l'on  ne  rencontrait  pas  de  caveau. 

C)  On  lit,  en  effet,  dans  Tacite,  Annat.,  I,  62  :  »  Rom.  exercilus,  sextum  post 
»  cladis  atiuitm  trium  legionum  ossa...  condebant,  priraum  extruendo  tumulo  cespi- 
»  tem  Cœsar  posuil.  »  —  Après  lu  bûcher,  les  cendres  recueillies  dans  des  urnes 
pouvant  être  conservées  provisoirement  chez  les  parents,  ou,  si  elles  étaient  dépo- 
sées dans  la  fosse  sépulcrale,  celle-ci  pouvant  encore  être  ouverte  avant  la  forma- 
tion du  tumulus,  on  voit  qu'alors  sous  un  même  tertre  il  y  avait  possibilité  et  moyen 
de  faire  double  enterrement,  comme  il  y  en  avait  des  traces  à  Tiiisnes  (Ballet,  des 
comm.  roy.  d'art  et  d'arch.,  XIU,  460),  et  à  Walsbetz  (SCHUERM.,  iJapport  iur 
texplor.  de  cette  tombe,  p.  181),  et  même  d'y  renfermer  a  quatre  fosses  sépulcrales 


—  131  — 

ilaulaiil  plus  que  le  lieu  devenu  religieux  était  inviolable.  Des 
vestiges  de  pareils  pieux  ont  été  observés  dans  plusieurs  autres 
tiimuius,  par  exemple,  dans  ceux  de  Braives,  de  l'Empereur,  de 
Frizel,  de  Seron,  etc.  ('). 

III.  C'est  à  la  mémoire  d'un  païen  qu'a  été  érigé  le  tumulus 
de  Blehen.  Cette  sépulture  daio  de  l'époque  de  la  crémation, 
comme  tout  le  contenu  du  caveau  le  |)rouve.  L'emplacement  du 
bûcher  n'a  cependant  pas  été  rencontré,  lequel  pourrait  se 
trouver  sous  la  tombe  plus  vers  l'Est,  en  dehors  de  la  galerie. 

Chez  les  Romains,  la  propriété  des  tombeaux  était  exclusive. 
On  n'admettait  k  la  participation  de  la  même  sépulture  que  les 
membres  de  la  même  famille  avec  ceux  auxquels  des  actes 
authentiques  accordaient  la  même  faveur  (^).  Il  importe,  dit 
Cicéron,  de  posséder  les  monuments  des  ancêtres,  de  partager 
les  mêmes  sacrifices  et  les  mêmes  tombeaux  (/),  Delà  l'usage 
si  commun  de  rapporter  dans  la  patrie  les  cendres  de  ceux  qui 
en  mouraient  éloignés.  Fais  transporter  ii  Rome,  dit  Ovide,  mes 
ossements  dans  une  urne  modique,  et  ainsi,  après  ma  mort,  je 

disposées  en  quadrilatère,  »  comme  dans  le  tumulus  à  Cortil-Noirmont  (v.  le  Rap- 
port de  M.  G.  Van  Dessel,  Bull,  des  comm.  roij.  d'art  et  d'arcli.,  XIII,  481).  Voir 
aussi  une  double  sépulture  dans  une  même  tombe  dans  le  cimetière  Belgo -romain 
et  mi-Frank  de  Juslenville    Bull,  de  l'Inst.  arclt.  liég.,  IX,  \H). 

(•  j  On  a  dit  quelque  part  qu'à  Blehen  j'ai  constaté  a  la  présence  d'un  fragment 
de  ce  pieu.  »  Cela  n'est  pas  exact;  mais  c'est  des  planches  du  cercueil  ou  du  coffret 
mortuaire  que  j'ai  trouvé  un  morceau  dans  le  fond  de  la  fosse  sépulcrale.  (V.  Bull, 
de  l'Inst.,  XII,  o04.) 

(■)  Voir,  à  cet  égard,  les  dispositions  du  testament  du  tombeau  Gallo-romain 
de  Langres,  dont  il  a  été  fait  mention  ci-dessus. 

(')  De  Offic,  ],i1  :  «Magnum  esse  eariem  habere  monumenta,  iisdem  uti 
»  sacris,  sepulcra  babere  communia;  »  —  Item  De  Leiiib.,  Il,  22  :  «  Tantami 
»  sepulcroruni  religionem,  ut  extra  sacra  et  gentem  inferri  fas  negarent  esse.  » 
—  Cet  usage  des  tombeaux  de  famille,  qui  n'a  disparu  chez  les  Romains  que  quand 
les  croyances  relatives  au  culte  des  morts  se  sont  obscurcies,  était  incontestable 
chez  les  anciens.  Les  mots  Tâcpoi;  irâxptoo;,  -râ^po;  rpo^ovcov  reviennent  sans  cesse 
chez  les  Grecs,  comme  chez  les  Latins  tumulus  patrius  ou  avitus^  sepulcrum 
genlis.  OviD.,  Trist.,  IV,  3,  48  ;  —  VelleIUs,  11,  -19;  —  Sueton.  Nero,  S;  Tiber, 
I;  —  DiG.,   XI,  S;  XVIII,  I,  6. 


—  132  — 

ne  serai  plus  exilé  (').  Tacite  (-)  raconte  qu'Agrippiiie  ramena 
d'Antioche  à  Rome  les  cendres  de  Germanicus.  De  même,  celles 
de  Trajan  y  furent  ramenées  de  la  Cilicie  ('). 

On  peut  trouver,  dans  cet  usage,  une  explication  suffisante, 
pourquoi,  parmi  nos  tertres  de  la  Hesbaye,  il  y  en  a  qui,  comme 
le  tumulus  honorarius  de  Drusus,  dont  parle  Suétone  (*),  sont 
simplement  honorifiques,  ne  renfermant  aucune  sépulture, 
comme  j'ai  pu  le  véritier  par  mes  fouilles  dans  le  beau  tumulus 
de  Monienaken,  dit  d'Avernas,  et  dans  celui,  au  moins  aussi 
beau,  d'Avernas-le-Bauduin,  ainsi  que  dans  ceux  du  Tombosch 
àNiel  C*). 

J'ai  dit  que  la  sépulture  de  Blehen  datait  de  l'époque  de  l'in- 
cinéralion.  Het  usage  de  brûler  les  corps,  les  Romains  finlro- 
duisirent  vers  l'an  500  av.  J.-C,  non  par  raison  de  salubrité 
publique,  mais  dans  le  but  religieux  de  dérober  les  restes  de 

(*  ;  «  Ossa  tamen  l'acito  parva  referantur  in  urna  : 
0  Sic  ego  non  etiam  mortuus  exul  ero.  >> 

Trist.,  111,  3,  G5 

(»)  Annal.,  Il,  7S;  III,  2. 

(ô)  Cantu,  Hist.  univ.  —  «  Sciendnm  est,  dit  Servius  in  V.  Aeneid.,  quod  apud 
»  majores,  ubi  quis,  ubicumque  fuissel  exstinclus,  ad  domum  suam  referebalur. 

(  *j  In  Claud.,  I. 

{')  Si  l'on  excepte  les  «  plaies-tombes,  «très-étendues, mais  peu  élevées, de  Fresin, 
de  Wamont,  de  Warerame,  etc.,  qu'on  peut  regarder  comme  des  retranchements 
romains,  faits  dans  le  III«  ou  IV''  siècle;  si  l'on  excepte,  en  outre,  les  tombes  très- 
élevées  et  moins  étendues,  placées  près  de  la  grande  chaussée  de  Bavay  à  Tongres, 
comme  sont  les  deux  tombes  «  du  Bois-aux-Tombos,  »  près  de  Waremme,  et  les 
deux  tombes  du  Soleil  à  Embresin,  qui,  pour  la  même  époque,  nous  semblent  avoir 
été  (les  mottes  de  défense,  comme  ont  été  celles  faites  en  grand  nombre  au  moyen - 
âge,  moins  élevées  cependant,  mais  plus  spacieuses,  —  toutes  nos  autres  tombes 
belgo-romaines, contenant  sépulture  réelle  ou  n'étant  qu'honorifiques,  n'ont  pas  reçu, 
croyons-nous,  une  telle  destination  de  défense,  ni  été  établies  comme  moyen  de 
communication  par  feux  ou  aulre»  signes,  parce  que  d'abord  cette  destination  seyait 
moins  à  leur  caractère  de  lieux  religieux  ;  et  puis,  à  cause  du  nombre  de  points  de 
solution  de  continuité  ,  bien  plus  grand  anciennement  qu'aujourd'hui,  presque 
toutes  les  hauteurs  étant  boisées  alors.  Du  reste,  qu'en  temps  de  guerre,  on  les  ait 
parfois  utilisées,  soit  pour  défense,  soit  autrement,  qui  en  doutera,  puisque  les 
armées  ont  su,  en  tout  temps,  tirer  avantage  de  tout. 


—  133  — 

leurs  morts  aux  outrages  des  vainqueurs  ( ').  Eu  effet,  étant 
toujours  en  guerre  avec  les  peuples  du  Latium  et  de  l'Italie,  ils 
ne  tardèrent  pas  à  s'apercevoir  que  leurs  ennemis  ne  craignaient 
point  d'exhumer  les  cadavres  et  de  profaner  les  tombeaux;  ce 
qui  fit  cesser  le  mode  d'inhumation,  et  la  (îoutume  de  brûler 
devint  bientôt  générale.  Quelques  familles  aristocratiques  seules 
refusèrent  d'adopter  le  rit  des  bûchers  funèbres.  Cicéron  (de 
Leg.,  II),  n'en  compte  que  (rois  et  cite,  entre  autres,  la  famille 
Cornelia  que  Sylla,  sorti  de  cette  antique  race,  fit  entrer  dans 
l'ordre  commun  par  crainte  qu'on  ne  profanât  son  cadavre  ('-). 
Le  mode  de  sépulture  par  crémation  a  duré,  en  Italie  et  dans 
l'empire  romain,  pendant  les  quatre  premiers  siècles  de  l'ère 
chrétienne.  Mais  depuis  la  paix  donnée  à  l'Eglise  par  fempereur 
Constantin  en  312,  l'inhumation,  dont  les  chrétiens  n'avaient 
cessé  de  se  servir,  comme  l'attestent  les  catacombes,  surtout 
celles  de  Rome,  devint  successivement  plus  fréquente  dans  le 
cours  du  IV"  siècle.  Macrobe,  philosophe  platonicien  et  gram- 
mairien latin  sous  Théodose  le  Jeune,  nous  dit  qu'au  commen- 
cement du  V«  siècle,  la  coutume  de  brûler  les  morts  avait 
entièrement  cessé  (').  A  la  campagne  cependant  et  dans  les 
contrées,  comme  en  plusieurs  de  notre  Belgique,  où  le  chris- 

(')  '<  iEgyptii  qiioque  condientes  sepeliunt  corpora;  Romani  vero  incendunl.  >■ 
DiOG.  Laert.,  in  Pyrron.)  —  Au  temps  de  la  loi  des  XII  Tables  (f  450  av.  J.  C), 
les  deux  modes  restaient  encore  en  usage,  l'inhumation  et  la  crémation,  clt  il  est 
dit  De  jure  sacror.,  §  6  :  «  Horaincra  mortuum  in  urbe  ne  sepelito  neque  urito.  » 

(*)  C'est  Pline,  Hist.,  VU,  o4,  qui  nous  fournit  ces  renseignements  :  «  Ipsum 
•>  cremare,  dit-il,  apud  Ronianos  non  fuit  veteris  inslituti  :  terra  condebantur.  Al 
»  postquam  longinquis  bellis  obrutos  erui  cognovere,  lune  institulum.  Et  tamen 
"  multae  familise  priscos  servavere  ritus,  sicut  in  Cornelia  nemo  ante  Syllam  dicta- 
»  torem  traditur  creraatus.  Idque  voluisse  veritum  talionem,  eruto  C  Marii  cada- 
-  vere.  » 

C)  Macrob.,  Saturn.,  VII,  7  :  «  Licet  urendi  corpora  defunctorum  usus,  dit-il, 
»  nostro  tempore  nullus  sit.  »  —  Macrobe  était,  en  l'an  422,  revêtu  de  la  dignité  de 
grand-maître  de  la  garde-robe  {prœfectu^  sacri  cubiculi)  à  la  Cour  de  cet  empereur. 
{Biographie  univ  ,  vl"j  Macrobe.)  — Ce  régime  de  l'incinération  devait  être  un  assez 
grand  obstacle  à  la  recherche  des  crimes  après  la  mort,  surtout  des  empoisonne- 
ments qui  n'étaient  pas  rares  à  Rome. 


—  134  — 

lianisme  tarda  de  pénétrer,  l'usage  de  l'incinération  aura  duré 
plus  longtemps  qu'ailleurs,  et  surtout  chez  ce  grand  nombre  de 
Germains  ou  Franks  qui,  depuis  la  fin  du  IIl'^  siècle  et  pendant 
le  1V«,  ne  cessant  de  faire  des  invasions  dans  les  Gaules  et  prin- 
cipalement dans  notre  pays,  y  furent  admis  comme  colons  sur 
le  territoire  de  l'empire,  on  même  s'y  établirent  de  leur  propre 
autorité. 

Le  mode  de  sépulture  par  inhumation  est  certainement  le  plus 
ancien.  «  Ipsum  cremare  apud  Romanos  non  fuit  veteris  iiisti- 
tuli,  »  a  dit  Pline.  Il  date  du  berceau  du  genre  humain.  Mis  en 
usage  par  les  Patriarches,  les  Hébreux  et  tous  les  Orientaux, 
les  chrétiens  l'ont  continué  jusqu'à  nos  jouis.  Aux  yeux  de 
Gicéron,  c'est  le  mode  le  plus  naturel  et  le  plus  digne  de  la 
nature  humaine.  Quoi  de  plus  naturel  en  effet, dit-il,  le  corps 
de  l'homme  étant  formé  de  la  terre,  que  de  le  faire  rentrer  dans 
le  sein  de  sa  mère,  pour  en  être  couvert  C).  Si  nous  enterrons 
les  corps  sans  les  brûler,  ce  n'est  pas.  répond  M.  Minutius 
Félix  (III"  siècle,  njjf/o)  au  païen  GîBcilius,  que  nous  craignions 
qu'il  ne  reste  plus  rien  pour  la  résurrection,  après  que  les 
flammes  les  auraient  consumés  (^)  ;  mais  c'est  jiarce  que  l'inhu- 
mation est  le  mode  le  plus  ancien  et  le  meilleur  ou  le  plus 
digne  {'). 

La  combustion  totale  et  l'incinération  d'un  cadavre  humnin 
devaient  être  une  opération  diflicile.  Pour  réussir,  en  effet,  à 
incinérer  complètement  une  masse  organisée  aussi  considé- 
rable, formée  de  substances  riches  en  carbone  et  imprégnée 
d'une  grande  quantité  d'eau,  il  fallait  la  porter  et  la  maintenir  à 

(  '  '  CiCFR.,  De  Ler/ib.,  II  :  «  Mihi  quidem  antiquissiitium  sepultura'  gcnus  fuisse 
»  videlur,  qiio  apud  Xenophonlem  Cyrus  ulilur  -.  redditur  enim  lerra"  corpus,  et  ila 
»  localum  ac  situm  quasi  operimento  raalris  obducitur.  i- 

(*)  Celui,  en  cITet,  qui  sera  assez  puissant  pour  ressusciter  les  cendres  des  corps 
inhnmés,  le  serait-il  moins  pour  ressuscilur  les  cendres  des  morts  hiciuérés'/ 

(')  «  Nec,  ut  creditis,  ullum  damnuin  sepullurre  timemus,  sed  veierem  el  mclio- 
>  letn  consueludinemhumandi  frequenlamus.  »  (M.  Felicis  Octavius,  XI  et  XXXIV  ; 
Mignc,  Pairol.  lui.,  111,  col.  ^H.) 


135 


iiiio  tempénituce  élevée  ei  en  présence  d'un  volume  d'oxygène 
ou  d'air  considérable  ('). 

Donnons-en  un  exemple.  La  relation  suivante  (^)  d'une  céré- 
monie de  ce  genre,  pratiquée,  il  n'y  a  pas  fort  longtemps,  sur 
les  bords  de  l'Arno  à  Florence,  indique  assez  bien  le  procédé 
et  la  difficulté  d'une  crémation  au  bûcher.  «  A  minuit  sonnant, 
y  est-il  dit,  fut  apportée  la  dépouille  mortelle  de  S.  A.  le  prince 
indien  Rajah  de  Kellapore.  Le  bûcher  consistait  en  une  pile  de 
bois  de  1"\50  carrés  (''),  fixée  et  retenue  au  sol  par  sept  barres 
de  8  mètres  de  longueur  ;  un  second  tas  de  bois  était  épars  sur 
le  sol. 

»  Après  certaines  cérémonies  religieuses,  le  bûcher  fut  sau- 
poudré de  camphre  et  d'arômes  ;  puis,  on  déposa  à  la  partie 
supérieure  le  corps  entièrement  enduit  de  nephtaline  pure.  La 
figure  était  cachée  pnr  un  masque  de  matière  onctueuse  et  tous 
les  membres  recouverts  de  matières  résineuses,  de  feuilles  de 
bétel,  de  parfums,  de  poudre  de  bois  de  santal.  On  recouvrit 
alors  le  corps  d'autres  morceaux  de  bois,  alternés  avec  des 
matières  inflammables;  puis  le  plus  proche  parent  du  prince 
mit  le  feu  au  bûcher. 

»  Quoique  la  flamme  fût  alimentée  par  un  vent  impétueux,  le 
cadavre  était  à  peine  consumé  à  7  heures  du  matin;  à  40  h.,  le 
feu  était  presque  éteint,  et  il  ne  testait  plus  sur  place  qu'un 
monceau  de  cendres.  Le  prêtre  Indien  en  recueillit  une  petite 
quantité  au  centre  du  bûcher;  le  reste  fut  jeté  au  vent  dans  la 
direction  de  l'Arno  (M-  » 


(*)  L'antique  procédé  des  bûchers  est  encore  en  usage  dans  certaines  parties  de 
linde.  Nos  magasins  de  combustibles,  nos  forêts  mêmes  y  suffiraient  à  peine. 

'*;  Faite  par  le  Df  G.  Pini  dans  la  Gazette  de  Milan. 

(')  1  Ingenteui  struxere  pyrum,  »  avait  dit  Virgile. 

{*)  Chez  les  anciens,  les  cendres  et  les  restes  des  ossements  humains  étaient 
recueillis  dans  des  urnes  cinéraires.  Sous  les  Romains,  dans  les  provinces,  les 
cendres  du  peuple,  du  colon,  de  l'industriel  étaient  déposées  dans  un  caveau  à 
petites  dimensions  dans  le  cimetière;  et  celles  du  riche,  du  grand  personnage, 
civil  ou  militaire,  dans  une  ample  et  profonde  chambre  sépulcrale  isolée,  surmontée 


136 


Difficile  et  coûteuse  devait  être  une  crémation,  au  procédé 
antique,  mais  encore  plus  effrayante  :  «  atrocissime  exurit,  »  a 
dit  TertuUien.  En  effet,  sous  l'action  de  la  chaleur,  les  muscles 
se  crispent  et  se  rétractent  vivement  en  taisant  entrer  les  cada- 
vres en  convulsion.  Cette  animatiou  posthume  devait  impres- 
sionner péniblement  les  assistants.  Il  arrivait  même  qu'au  milieu 
de  ces  mouvements  désordonnés,  le  cadavre  s'échappait  parfois 
du  biîcher.  Une  telle  chute  était  regardée,  dans  l'anliquité, 
comme  un  funeste  présage.  C'est  ainsi  que  s'exprime  Pline- 
l'Ancien  h  l'occasion  des  funérailles  de  Lepidus.  D'après  M.  le 
Comte  de  Beauvoir  (^),  qui  a  assisté  h  une  pareille  cérémonie 
funèbre  h  Bangkok,  dans  le  royaume  de  Siam,  il  est  peu  de 
spectacles  qui  soient  aussi  horribles  pour  les  vivants,  et  qui 
fassent  sur  l'âme  une  impression  plus  destinée  à  revenir  dans 
les  nuits  blanches  comme  un  torturant  cauchemar.  «Nous  nous 
tenions,  dit-il,  à  une  vingtaine  de  mètres,  pourne  point  gêner 
les  superstitions  locales,  et  voici  ce  que  nous  voyons.  Le  corps 
enseveli  dans  du  linge  bUmc,  est  tiré  du  cercueil  et  déposé  datis 
le  kiosque,  au-dessus  d'une  triple  rangée  de  fagots  desséchés. 
Le  Chao-hiein-balat,  ou  premier  vicaire  des  talapoins,  allume  le 
bûcher  :  la  flamme  s'élève  ;  sa  lumière  même  et  la  première 
fumée  épaisse  dérobent  tout  h  nos  yeux  :  peu  à  peu  la  flamme 
tombe,  la  fumée  s'évanouit,  le  brasier  reste;  alors  le  cadavre 
apparaît  an  sommet,  et  les  chairs  crépitent  affreusement  au 
milieu  du  silence  religieux  des  spectateurs.  Mais  comme  c'est 
un  mort  frais  de  la  veille,  ses  nerfs  et  ses  muscles  se  cris|)ent 
sous  l'action  du  feu  cuisant  :  les  bras  se  toideni,  les  phalanges 
s'agitent,  les  jambes  se  contractent  et  repoussent  la  braise.  S'il 
n'était  connu  en  physique  qu'un  chat  mort  mis  sur  le  gril  gigote 
comme  une  grenouille   vivante,  nous  devrions  croire  que  le 

(l'un  monument,  soit  torabe:iu,  soit  tumuliis,  sépulture  de  luxe.  (M.  Van  Bastelaek, 
liitlkl.  des  comm.    roy.    d'un    et   d'arcfi.,  XV,  271.)   —  Voir  pour  l'érection  d'un 
inmulus  et  les  rites  funèbres,  Virgile,  Àen.,  VI,  ;\  ;  III,  »i!2-68  ;  VI,  21:2-23.'). 
(  •  )    Voijaijf.  (iiiiniir  du  monde. 


—  137  — 

mniheureux  se  réveille  et  revient  à  la  vie!  Mais  le  corps 
d'homme  levant  et  secouant  les  membres  dans  des  convulsions 
saccadées,  et  semblant  se  pâmer  de  douleur  sur  le  feu  ardent, 
me  glace,  je  l'avoue,  dit  le  Comte,  le  sang  dans  les  veines.  Oh  ! 
non,  s'écrie-t-il,  je  ne  veux  pas  mourir  ici.  » 

En  Italie,  quand  il  s'agissait  d'un  grand,  on  le  portait  au 
bûcher,  la  figure  découverte,  sur  le  lit  mortuaire  ou  lit  de 
parade,  funebris  lectus,  sur  lequel  il  avait  été  exposé  (').  Ce  lit 
avait  la  forme  d'une  large  litière,  lectica  (-),  que  les  parents  ou 
amis  du  mort  portaient  sur  les  épaules  et  que  l'on  nommait 
aussi  feretrum  (d'où  fierté)  hexaphorum  ou  octophorum  (').  Ce  lit 
ou  litière  était  posé  sur  le  bûcher  et  brûlé  avec  le  corps.  Quand 
il  s'agissait  du  peuple,  le  lit  de  parad*^  était  supprimé  et  rem- 
placé par  un  simple  cercueil  ou  coffre  de  bois  qui  portait  le  nom 
A'arca  {*).  Celte  arca  ou  sandapila  était  le  lit  de  parade  plébéien 
que  l'on  déposait  avec  le  corps  sur  le  bûcher  et  qu'on  brûlait. 
C'est  pourquoi  l^ucain  a  dit  :  «  Donnez  du  moins  à  ce  héros 
»  l'infime  cercueil  populaire,  dût  ce  mauvais  coffret  laisser 
»  échapper  les  membres  lacérés  sur  un  bûcher  privé  de  liba- 
»  tions  (^)   » 

Quant  à  ce  qu'on  avait  coutume  de  brûler  avec  le  cadavre, 
Servius  nous  apprend  que  les  hommes  courageux  faisaient 
brûler  avec  eux  leurs  armes  et  tout  ce  à  quoi  ils  avaient  été 


(•)  D'après  M.  Van  Bastelaer,  dans  son  beau  et  savant  travail  sur  les  Coffrets 
de  sépulture  en  Belgique  à  l'époque  Romaine  et  à  l'époque  Franque  (  Bullel.  des 
comm.  roy.  d'art  et  d'arch.,  XV,  284),  —  auquel  je  n'ai  pu  m'empècher  de  faire 
quelques  emprunts,  —  dans  la  Gaule,  on  prit  l'habitude  de  couvrir  la  figure  du  mort 
et  l'on  portail  le  cadavre  au  bûcher  dans  une  arca  ou  cercueil  de  crémation  (coffret 
bustuaire),  moins  riche  que  le  coffret  tumutaire,  en  négligeant  la  litière  ouverte. 

(*)  V.  Anth.  Rich,  y^'' Lectica. 

(')  «  Filii  et  generi  humeris  suis  lectum  per  Urbem  latum  rogo  imposuerunt.  » 
[Val.  Max.,  VII,  i,  1.) — «  Pars  ingenti  subiere  feretro.  »  [Virgil.,  /4eH.,VI,2!2o.) 

(*)  «  Cadavera  conservas  vili  portanda  locabat  in  arca.  <>  (Horat.,  Sa<.,  1,8,  9.) 

(')  a  Da  vilem  Magno  plebeii  funeris  arcam,  —  Qiiae  lacerum  corpus  siccos 
-  effunda    in  ignés.  ->  (Lucan.,  Pliars.,  VIII,  7.36. 


—  138  — 

fort  allachés  pendant  la  vie  (').  Par  l'une  des  dernières  dispo- 
sitions du  testament  de  Langres,  dont  nous  avons  déjà  fait 
mention,  le  défunt  veut  qu'on  brûle  avec  lui  tout  son  attirail  de 
chasse  et  de  tenderie,  y  compris  lances,  épées,  coutelas,  filets, 
toiles,  lacets,  lits,  tentes,  épouvantails,  ainsi  que  tous  les  usten- 
siles de  bain,  ses  litières,  sa  chaise  aux  porteurs,  avec  tous  les 
onguents  et  instruments  servant  h  cet  usage,  sa  liburne  en  jonc 
avec  tout  ce  qu'elle  contient,  de  même  que  ses  robes,  tant 
damassées  que  brodées,  et  tous  ses  sièges  en  cornes  d'élans  H. 

Je  n'ai  retrouvé  de  tout  ce  qui  a  passé  par  le  feu  du  bûcher 
de  Blelien,  que  deux  lames  de  couteaux  pointus  avec  les  bouts 
du  manche  (pi.  II,  fig.  a)  ;  un  couperet  ou  hache  (pi.  II,  tig.  c); 
le  manche  ou  le  ressort  des  ciseaux  de  tondeur  de  moutons  (pi. 
II,  Jlg.  b)  ;  puis  un  ciseau  de  menuisier  et  une  gouge,  objets 
brisés  et  trop  défigurés  par  le  feu  pour  être  représentés  d'une 
manière  reconnaissable;  enfin,  outre  un  morceau  de  charbon 
de  bois,  quelques  clous,  dont  les  uns,  provenant  du  coffret 
busluaire  ou  de  crémation,  avaient  subi  l'action  du  feu,  mais  pas 
les  autres  ayant  appartenu  au  coffret  de  sépulture.  Par  respect 
pour  les  restes  humains,  les  quelques  petits  bouts  d'ossements 
à  demi-incinérés,  ainsi  que  deux  dents  molaires,  avec  les 
cendres,  ont  été  remis  sous  la  tombe  à  côté  de  l'ancienne 
sépulture,  où  ils  avaient  reposé  pendant  tant  de  siècles. 

D'après  les  plus  vieilles  croyances  altérées  des  Italiens  et  des 
Grecs,  ce  n'était  pas  dans  un  monde  étranger  à  celui-ci  que 


(1)  «  Fortiura  virorurn  sin  ipsis  tuneribus  arma  apud  veteres  consumebantur  ; 
>'  nec  solumhaeCjSed  et  cœtera,  qute  habiiissent  carissima.  v  {Se^vivs,  Ad  Aeneid., 
VI,  217  ,  où  Virgile  dit  qu'au  sommet  du  bûcher  de  Misène  brillaient  ses  armes 
«  Fulgentibus  armis   » 

(*}  «  Volo  aulem  omne  insirumontnm  meii;i),  quod  ad  vcnandum  et  aucupandum 
»  paravi,  raecum  cremari  cum  lanciis,  ghidiis,  cullris,  relibus,  plagis,  l;iqueis, 
X  Ihalamis,  tnbernaculis,  formidinihus,  balnearibus.  leclicis,  sella  gestîitoria,  et 
1.  onini  medicamenlo  et  instrumenlo  illius  sludii  ;  —  el  navem  liburnam  ex  scirpo, 
.  ila    ul    inde  nihil  subtrahalur;   et  vestis  polyrailic    et    plumai;*'   quidquid  reli- 

(jiiiM'ii    —  '■(  sellas  omrics  l'x  curiiibus  alriiiis.  » 


'1  \r 


,-iii/.î  on  a  i'vchelk  (Je  u,2up.liii 


^^ 


||„||,.li,,  Jr  riuslilul  AiTlirulir;'  l.irin.is  l.mic  Mil  i'-.yiv  lôK 


l-Vi  6, 


Tombe  de  Blehen 

Cuvau  , ■„-,■.■  Omicihl,.  l-.(n. 


fi'i4.- 


i3 


Fouilles,  DE  LA  Tombe  DE  Blehen   -  Caveau,  Cercueil  a- Objets  Trouvés. 


iij  l'rr/»*' i/r  .M',.;i  ;«, 


(, 


--   139  — 

l'âme  allait  passer  sa  seconde  existence.  On  a  cru  pendant  fort 
longtemps  que  dans  celle  seconde  exislence  l'âme  restait  asso- 
ciée au  corps.  Née  avec  lui,  la  mort  ne  l'en  séparait  pas  ;  elle 
s'enfermait  avec  lui  dans  le  tombeau.  De  ces  vieilles  croyances 
témoignent  les  rites  de  sépulture  «  qui  ont  survécu  de  beaucoup, 
dit  M.  Fustel  de  Coulanges  ('),  à  ces  croyances  primitives; 
mais  qui  certainement  sont  nés  avec  elles  et  peuvent  nous  les 
faire  comprendre.  » 

Les  rites  de  la  sépulture  montrent  clairement,  dit  le  même 
auteur,  que  lorsqu'on  mettait  un  corps  au  sépulcre,  on  croyait 
en  même  temps  y  mettre  quelque  chose  de  vivant.  Virgile,  qui 
décrit  toujours  avec  tant  de  précision  et  de  scrupule  les  céré- 
monies religieuses,  termine  le  récit  des  funérailles  de  Polydore 
par  ces  mots  :  Nous  enfermons  l'âme  dans  le  tombeau  (^).  Ce 
n'est  pas  que  celte  expression  répondît  aux  idées  que  les  écri- 
vains de  son  siècle  se  faisaient  de  l'âme,  «  mais  c'est  que  depuis 
un  temps  immémorial  elle  s'était  perpétuée  dans  le  langage 
attestant  d'antiques  et  vulgaires  croyances.  »  C'était  une  cou- 
tume, à  la  fin  de  la  cérémonie  funèbre,  d'appeler  trois  fois 
l'âme  du  mort  par  le  nom  (ju'il  avait  porté.  On  lui  souhaitait  de 
vivre  heureuse  sous  la  terre.  Trois  fois  on  lui  disait  :  porte-toi 
bien.  On  ajoutait:  que  la  terre  te  soit  légère  (^), Tant  on  croyait 
que  l'être  allait  continuer  à  vivre  sous  cette  terre,  et  qu'il  y 
conservait  le  sentiment  du  bien-être  et  de  la  souffrance  !  On 
écrivait  sur  le  tombeau  (stèle  ou  cippe)  que  l'homme  reposait 
là  ;  expression  qui  a  survécu  à  ces  croyances  et  qui  de  siècle 
en  siècle  est  arrivée  jusqu'à  nous.  Nous  l'employons  encore, 
par  pure  habitude,  et  bien  qu'assurément  personne  aujourd'hui 
ne  pense  que  pour  le  présent,  un  être  immortel  repose  dans  un 
tombeau.  «  Mais  dans  l'antiquité  on  croyait  si  fermement  qu'un 

{*)  La  cité  antique,  L.  I,  cli.  {<". 

(*)  Aen.,  IH,  67.  —  La  môtne  expression  se  trouve  dans  Ovtde,  Fast.,  V,  4;;i. 
(s)  Iliade,  XXHI,  221  ;  —  Virg.,  Aen.,  III,  68  ;  —  Catull  ,  Î18,  10  ;  —  Ovin., 
Trist.,  IJI,  S,  -IS  ;  Mélam.,  X,  62  ;  —  JuvEN.,  VII,  207. 


—  140  - 

homme  vivait  là,  dit  M.  Fustel  de  Coulantes  (/.  cit.),  qu'on  iio 
manquait  jamais  d'enterrer  avec  lui  les  objets  dont  on  supposait 
qu'il  avait  besoin,  des  vêlements,  des  vases,  des  armes.  On 
répandait  du  vin  sur  la  tombe  pour  étancher  sa  soif;  on  y  pla- 
çait des  aliments  pour  apaiser  sa  faim.  On  égorgeait  des 
chevaux  et  des  esclaves  dans  la  pensée  que  ces  êtres  enfermés 
avec  le  mort  le  serviiaient  dans  le  tombeau,  comme  ils  avaient 
fait  pendant  la  vie  (M-  » 

Il  ne  suffisait  pas  que  le  corps  ou  les  cendres  fussent  mis  en 
terre,  il  fallait  encore  observer  les  rites  traditionnels  et  pro- 
noncer les  formules  déterminées.  Plante  donne  l'histoire  d'un 
revenant  dont  l'âme  était  forcément  errante,  parce  que  son 
corps  a  été  mis  en  terre  sans  que  les  rites  aient  été  observés. 
Suétone  raconte  que  le  corps  de  Caligula  ayant  été  mis  en  lerre 
sans  que  la  cérémonie  funèbre  fût  accomplie,  il  en  résulta  que 
son  âme  fut  errante  et  qu'elle  apparut  aux  vivants,  jusqu'au  jour 
où  l'on  se  décida  de  déterrer  le  corps  et  à  lui  donner  une  sépul- 
ture suivant  les  règles.  Ces  deux  exemples  montrent  clairement 
quel  effet  on  attribuait  aux  rites  et  aux  formules  de  la  céré- 
monie funèbre.  Puisque  sans  eux  les  âmes  étaient  errantes  ei 
se  montraient  aux  vivants,  c'est  donc  que  par  eux  elles  étaient 
fixées  et  enfermées  dans  leurs  tombeaux  {^). 

(•;  Dans  le  passage  suivant,  De  resurrect.  camis,  C.  I,  Terlullien  fait  connaître, 
nu  commencement  du  III»  siècle,  outre  le  motif  du  grand  respect  des  chrétiens 
pour  les  corps  des  morts,  la  disparution  complète  des  croyances  primitives  chez  les 
païens,  ainsi  que  la  gourmandise  des  vivants  dans  les  repas  funéraires  :  «  Fidiicia 
'    Chiislianorura,  dit-il,  resurrectio  morluorum Sed  vulgus  irridet,  exisiimans 

uihil  siipcicsse  posi  mortem  ;  et  tamen  defiinctis  parcnlant  et  quidem  impimsis- 
»  siniù  officio,  pro  moribus  eonim  ;  pro  temporibus  esculentorum  ;  ut  quos  negnni 
»  seiiiiic  quicf/iiam,  escam  dcsiderare  pr;t'sumant.  At  ego  magis  ridebo  vulgus. 
I)  tunf  qiioque,  cum  ipsos  defunctos  alrocissime  exurit,  quos  postmodum  gulosis- 
»  simc  nulrit,  iisdem  ignibus  el  promerens  et  offendens.  0  pielatem  de  crudelitate 
»  ludcnlem  !  »  —  C,o  t,?xle  de  Terlullien,  comme  aussi  celui  de  Minucius  Fdlix.citii 
plus  limt,  prouvent  que  la  crrmation  était  encore  en  pleine  vigueur  chez  les  païens, 
au  coi.irnencement  du  Ill<^  siècle.  De  même  quelques  anciens  rites  funèbres  étaient 
encore  observés. 

(  *"i  11  y  avait  aussi  des  formules  d'évoquer  les  âmes  el  de  lej  faire  sortir  momen- 
i:irii ment  du  sépulcre. 


141 


Les  rites  de  la  sépulture  tels  que  nous  venons  de  les  indiquer, 
étaient  manilésiement  eu  désaccord  avec  la  croyance  au  Tartare 
et  aux  Champs-Elysées  :  preuve  qu'à  l'époque  où  ces  rites 
s'établirenl,  on  n'y  croyait  pas  encore.  Une  habitude  chance- 
lante seule  a  tait  durer  ces  rites  jusqu'au  liiomplie  du  Christia- 
nisme; mais  depuis  lors,  ds  sont,  en  partie,  tombés  insensible- 
ment en  désuétude. 

On  croyaii,  avons-nous  dit,  que  l'être  qui  vivait  sous  la  terre 
n'avait  pas  cessé  d'avoir  besoin  de  nouiriture.  Aussi  à  certains 
jours  de  l'année,  portait-on  un  repas  à  chaque  tombeau.  Ovide 
et  Virgile  nous  ont  donné  la  description  de  cette  cérémonie 
dont  l'usage  s'était  conservé  intact  jusqu'à  leur  époque,  quoique 
les  croyances  se  fussent  déjà  entièrement  transformées.  Ils 
nous  montrent  qu'on  entourait  le  tombeau  de  vastes  guirlandes 
d'herbes  et  de  fleurs,  qu'on  y  plaçait  des  gâteaux,  des  fruits, 
du  sel,  et  qu'on  y  versait  du  lait,  du  vin,  quelquefois  le  sang 
d'une  victime  ('). 

Chez  les  païens,  les  morts  passaient  pour  des  êtres  sacrés. 
Les  Grecs  donnaient  aux  morts  le  nom  de  Dieux  souterrains  ; 
les  Romains,  celui  de  Dieux  Mânes  :  «  Rendez  aux  Dieux 
Mânes  ce  qui  leur  est  dû,  dit  Cicéron  ;  ce  sont  des  hommes  qui 
ont  quitté  la  vie,  tenez-les  pour  des  êtres  divins  i^).  «  Les  tom- 
beaux éiaieni  les  temples  de  ces  divinités. 

Los  fnnéi  ailles  ne  pouvaient  être  religieusement  accomplies 
que  par  le  parent  le  plus  proche.  Quant  au  repas  funèbre  qui 
se  renouvelait  ensuite  à  des  époques  déterminées,  la  famille 
seule  avait  le  droit  d'y  assister,  et  tout  étranger  en  était  sévè- 
rement exclu  ('"). 

(')  Viac,  Aeii.,  ni,  300  et  sq.,  V,  77;  —  Ovide,  Fasi.,  II,  540. 

;*)  (;ic..  De  Lecjib.,  II,  9  ;  —  Varron  dans  S.  Aug.,  Cité  de  Dieu,  VIII,  ^ti. 

(')  Varron,  De  Lhuj.  [at.,  VI,  13  :  «  Ferunt  epulas  ad  sepulcrum  quibus  jus  ibi 
parentare  »  :  car  primitivement  chez  les  païens,  le  culte  des  moris  était  uniquement 
le  culle  des  ancêtres.  —  11  n'a  pas  été  facile  de  déraciner  ces  rites  païens  et  gour- 
mands   des   repas   funèbres.   Au   IV*   siècle,  S.  Augustin,  Serm.  15  de   Sanctis, 


—  142  — 

Si,  comme  nous  venons  de  le  voir,  les  rites  de  sépulture 
fondés  primitivement  chez  les  païens  sur  leur  ancieinie 
croyance  que  les  âmes  dans  leur  seconde  existence  restaient 
dans  le  tombeau  associées  au  corps  en  conservant  le  sentiment 
du  bien-être  et  de  la  souffrance;  si  ces  cérémonies  lunèbies 
étaient,  au  temps  de  Virgile  et  d'Ovide,  en  complet  désaccord 
avec  les  croyances  d'alors,  et  n'étaient  plus  que  des  habitudes 
ou  que  d'anciens  usages  dépourvus  de  tout  fondement  doctrinal, 
—  par  conséquent  les  chrétiens  de  la  période  des  catacombes 
purent  continuer  ces  usages  devenus  civils  et  auxquels  ils 
avaient  été  habitués  avant  leur  conversion  ;  d'autant  plus  que 
c'est  chez  l'homme  de  tous  les  temps  un  sentiment  naturel  de 
montrer,  par  des  signes  qui  honorent,  son  affection,  son  respect 
pour  les  restes  mortels  de  ceux  qui  lui  ont  été  chers  pendant  la 
vie.  «  Tous  les  peuples  de  l'antiquité,  dit  M.  l'abbé  Martigny, 
aimaient  à  orner  et  h  meubler  pour  ainsi  dire  la  tombe  par  des 
objets  qui  servaient  aux  besoins  comme  aux  plaisirs  de  la  vie. 
C'était  une  espèce  d'illusion  au  moyen  de  laquelle  on  semblait 


eondauineces  pratiques  chez  les  chrétiens  :  «  Miror,dil-ii,cur  apudquosdam  infidèles 
»  hodie  (à  l'occasion  de  la  fête  de  la  chaire  de  S.  Pierre  à  Anlioche)  tam  pernicio- 
»  sus  error  incurrerit,  ut  super  tumulos  defunctorum  cibos  et  viiia  conférant  quasi 
»  egressœ  de  corporibus  animœ  carnales  cibos  requirant.  »  —  Dans  un  autre 
endroit,  De  Morib.  Eccl.  Cach.,  I,  34,  S.  Augustin  dit  :  «  Nolitc  consectari  turbas 
»  imperiiorum,  qui  vel  in  ipsa  vera  religione  superstitiosi  sunt.  .  Novi  multosesse 
«  qui  luxuriosissime  super  morluos  bibant,  et  epulas  cadaverilius  exbibentes  super 
"  sepuitos  seipsos  sepeliant  et  voracitates  ebrielalesque  suas  de|iutent  reiigioni.  » 
—  J'y  ajouterai  un  passage  de  S.  Gaudence,  évèque  de  Bresce  if  4!20),  sur  l'origine 
gourmande  de  ces  festins  funéraires  :  «  Partes   idolalria    sunt,  dit-il  Serm.  IV de 

»  Exod.  leciion.),  parenialia Nara  gulœ  su;e  causa  primura  caeperunl  liomines 

»  prandia  niorluis  pisepaiarc.  qu;e  ip>i  comcderenl  ;  post  lui'c  eliam  saci'iiicia  ausi 
j>  sunt  eis  sacrilega  celebrare,  quamvis  nec  ipsi  mortuis  suis  raunus  sacrificent, 
»  qui  exercent  parentalia,  dum  super  sepulcrorum  mensas  Iremulis  ebrielale  naani- 
»  bus  vina  lundentes,  spiritum  sitire  balbutiunl.  »  —  Voir  aussi  S.  Pierre  Chryso- 
logue,  évéque  de  Havennc,  au  môme  V*^  siècle  :  Seim.  XVII  de  Dœinoniaco. 

Leur  conlcmporain,  S.  Paulin  de  Noie,  excuse,  jusqu'à  un  certain  point,  les  festins 
aux  tombeaux  des  Martyrs,  à  cause  de  la  simplicité  de  ceux  qui  les  faisaient  {Natal. 
IX  oupoetna  XXVII,  562). 


143 


prolonger  l'existence  au-delà  de  ses  limites  (').  »  Cet  «  usage 
d'orner  et,  pour  ainsi  dire,  de  meubler  la  tombe,  selon  M. 
Raoul-Rochette,  paraît  remonter  au  berceau  même  de  la  civili- 
sation oi'ienlale  ('^).  »  P;irmi  les  objets  trouvés  dans  les  tom- 
beaux ciirétiens,  M.  l'abbé  Martigny  (/.  cit.)  énumère  :  l*'  des 
tissus  d'or;  2'  des  bijoux  et  meubles  de  toilette  (de  toute  espèce); 
3°  des  lampes;  4"  des  monnaies  antiques  fixées  en  grand  nombre 
aux  sépultures  chrétiennes  des  catacombes  ('')  ;  5°  des  plantes 
toujours  vertes  ;  6"  des  instruments  de  supplice  Devant  l'as- 
pect général  des  sépultures  chrétiennes  dans  les  catacombes  de 
Rome,  ornées  au  dedans  et  au  dehors  d'une  foule  d'objets  de 
toute  espèce  et  de  toute  matière,  «  à  la  présence  desquels,  dit 
M.  Raoul-Rochette  (*),  devaient  certainement  se  rattacher  des 
intentions  pieuses  et  des  idées  symboliques,  »  devant  ini  pareil 
fait,  la  première!  observation  qui  se  présente  à  fesprit  du  savant 
et  pieux  Roldetti...  «  c'est  qu'en  décorant  les  tombeaux  de  leurs 
Irères  de  tant  d'objets  de  pur  ornement  ou  dusage  réel,  les 
chrétiens  n'avaient  pu  être  dirigés  que  par  ce  motif  d'espérance 
qui  leur  faisait  considérer  le  tombeau  comme  un  lieu  de  passage, 
d'où  ils  devaient  sortir  avec  toutes  les  conditions  de  l'immorta- 
lité, et  la  mort  comme  un  sommeil  paisible,  au  sein  duquel  il 
ne  pouvait  leur  être  indifférent  de  se  trouver  environnés  des 
objets  qui  leur  avaient  été  chers  durant  la  vie,  ou  de  l'image 
do  ces  objets  (^). 

i  ')  Diction,  des  aiiiiq.  chrét.,  \^'"  Objets  trouvés  dam  les  tombeaux  chrét. 
-  )    Tableau  des  catacombes  de  Rome,  chap.  V. 

("j  Ces  monnaies,  dit  le  même  auteur,  «  n'y  figurent  le  plus  souvent  qu'à  titre 
de  pur  ornement  ;  quelquefois,  ajoute  t-il,  pour  indiquer  l'époque  de  la  sépulture 
par  le  règne  des  empereurs  auxquels  ces  monnaies  appartiennent.  «  De  cette 
iiiteniiou  p  ,,  ticulière  de  marquer  la  date  par  les  monnaies  de  sépulture,  aucun  texie 
ni  témoignage  ancien  ne  peut  être  allégué  qui  la  prouve,  soit  chez  les  païens,  soit 
chez  les  chrétiens.  Tout  semble  contredire  une  pareille  opinion.  Nous  devons  y 
revenir. 

(')   Tabl.  des  caiac.  de  Rome,  ch.  V. 

;'j  BoLDETTi,  Ob^ervazioni,  etc.,  p.  49S,  apud  Raoul-Rochette,  loc.  cit.  —  Pour 
compléter  cette   idée  de  tous  les  temps  de   meubler,  d'embellir  et,  pour  ainsi  dire, 


-   144  — 

IV.  L'étude  du  caveau  de  Blelieii  et  de  son  cercueil  ou  coffret 
de  sépulture  offre  uu  certain  intérêt  archéologique,  non  pas 
tant  pour  le  mobilier  funéraire  qui  y  est  contenu,  mais  surtout 
à  cause  de  plusieurs  particularités  dignes  d'être  observées. 
D'abord  quant  à  la  fosse,  évidée  avec  la  bêche  dans  le  sous-sol, 
son  axe  est  plus  directement  dirigé  vers  l'Est  ;  dans  les 
tumulus  de  Fresin,  de  Wals-Beetz  et  de  Braives,  elle  l'est  plus 
veis  le  Nord.  Ses  parois  retrouvées  dans  leur  état  primitif,  ont 
été  faites  en  talus  ;  dans  les  tombes  nommées,  elles  étaient 
droites  ou  verticales.  Gomme  notre  galerie  descendait  jusqu'à 
75  c.  dans  le  sous-sol,  ainsi  que  la  petite  galerie  transversale 
faite  au  même  niveau  au-dessus  du  caveau,  nous  n'en  avons 
plus  retrouvé  les  parois  de  la  fosse  qu'à  la  hauteur  de  35  c. 
Sa  profondeur  totale  était  de  1"',10  ('),  sa  longueur  de  l'",50.  A 

d'animer  la  tombe,  ajoutons  ces  deux  passages  empruntés  à  M.  Murcier,  La  sépuli. 
chrét.  en  France  du  A7«  an  .YF/e  siècle  :  «  Le  Franc,  dit-il,  pag.  XI  (après  la  chute 
de  l'empire  romain),  était  inhumé  entier,  quelquefois  assis,  plus  souvent  couché  sur 
le  dos,  dans  un  cotVre  de  bois  ou  dans  un  cercueil  de  pierre.  11  descend  dans  la 
tombe,  armé  en  guerre,  le  casque  sur  la  tête,  la  lance  dans  une  main,  le  bouclier 
dans  l'autre,  la  hache  entre  les  jambes  et  le  glaive  fixé  au  ceinturon.  Son  cou,  ses 
oreilles,  ses  bras  sont  chargés  de  colliers  et  de  bijoux  grossiers,  fruits  de  ses 
conquêtes.  Il  a  déjà  la  face  tournée  vers  le  ciel,  les  pieds  du  cote  où  le  soleil  se 
lève.  »  —  bans  la  suite  «  beaucoup,  dit-il,  p.  47,  22,  étaient  enterrés  avec  les 
habits  et  les  attributs  de  leur  profession,  et  les  objets  qui  leur  avaient  servi 
vivants.  »  Quant  aux  simples  fidèles,  p.  23,  «  on  enterrait  avec  ceux-ci  une  partie 
des  objets  qu'ils  avaient  aimés,  ou  du  moins  dont  ils  s'étaient  servis.  On  leur  lais- 
sait aussi  leurs  bijoux.  Les  chrétiens  eurent  pour  accompagnement  dans  la  tombe, 
une  croix,  du  charbon,  de  l'encens,  de  l'eau  bénite,  tous  objets  parlant  du  respect 
auiiuel  le  corps  d'un  chrétien  a  droit,  ou  d'espérance  dans  une  autre  vie.  »  Parfois 
on  était  aussi  enterré  avec  des  pièces  de  monnaie. 

(  ')  La  fosse  de  la  tombe  de  Braives,  dite  d'Avennes,  n'avait  que  70  c.  de  pro- 
fondeur sur  une  longueur  de  2"', 10  et  une  largeur  de  2"';  profondeur  dispropor- 
tionnée avec  les  autres  dimensions.  •Dullci.  de  l'itisi.  arch.  lié<j.,  XII,  204.)  — 
Les  dimensions  moyennes  des  fosses  des  Diijiommeti,  des  Tweetommcn,  de  Wals- 
Beetz,  deNiel,  etc.  sont  d'environ  2'", 50  de  prof,  et  de  longueur  sur  2'"  de  largeur; 
les  dimensifius  de  ces  fosses  dans  les  lombes  de  Middelwinden,  de  Celles  et  de 
Vaux,  tombes  qui,  comme  celles  de  Braives  et  de  Blehen,  sont  d'une  époque  relati- 
vement récienle  —  sont  excessivement  grandes.  —  Les  fosses  de  nos  cimetières 
Belgo-romains  ctFranks  ou  Germains  de  répo(iue  de  la  crémation  ont  généralement 
de  60  à  70  c.  de  longueur  et  de  profondeur  sur  environ  .")U  de  largeur. 


la  hauteur  indiquée  de  0'",:^5,  sa  largeur  élail  encore,  du  cùlé  de 
l'Ouest,  de  1"',  et  de  75<^  dans  le  fond;  et  à  l'Est,  elle  était  de 
0", 95,  mais  dans  le  fond  seulement  de  70*^  (pi.  II,  fig.  E).  La 
fosse  était  donc  plus  étroite  du  côté  de  l'Est,  comme  l'était 
aussi  le  cercueil  de  bois,  ou  le  coffret  de  sépulture  (loculus), 
que  d'autres  nomment  caisse  et  même  surcopiiage  ('j. 

Ce  cercueil  de  bois,  ce  tombeau  non  apparent  est  pius  diftic.le 
à  décrire.  Je  m'efforcerai  cependant  à  le  faire  connaître  de  mon 
mieux  (voir  pi.  II,  fig.  E).  Il  devait  ressembler  à  une  huche  ou 
avoir  la  forme  d'une  auge  ('''(.Le  fond  du  coffret,  comme  ailleurs, 

(')  «  Arca,  dit  s.  Isidore  de  Séville,  au  commencement  du  VIIi^  siècle,  in  qua 
morluus  ponitur,  Sarcophagum  vocant.  "  Ce  passage  se  rapporte,  sans  doute,  à 
l'époque  non  pas  de  crémation,  mais  d'ininimation,  où  les  Franks  comme  d'autres 
reposaient  dans  un  caveau  ou  ciiambre  mortuaire  maçonnée  et  voùlée. 

(*)  Ce  dont  parle  la  Loi  sali(iue  :  «  Si  quis  morluum  iiominem  aut  in  ollb  {auge 
»  en  bois),  aut  in  pelra,  quse  vasa  .<a/To/;//of/(  dicunlur,  super  alium  miseril,  MMC 
»  denariis,  qui  faciunt  solidos  LXIi  et  dimidium,  culpabilis  judicelur.  »  Voir  aussi 
sur  ce  sujet  S.  Grég.  de  Tours,  auteur  du  \l^  siècle.  Ce  que  vient  de  dire  la  Loi 
salique  est  confirmé  par  les  cimetières,  soit  de  Tépoque  de  la  crémation,  soit  de 
celle  de  l'inhumation,  déjà  explorés  en  Belgique.  Là,  en  eftet,  les  sépultures  en 
coffret  de  bois  ou  en  pierre  se  trouvent  très  souvent  mélangées  ou  alternées.  Voir 
à  cet  égard  :  les  cimetières  franks  ou  germains  du  Uacmbery  et  du  Ton/beux  que 
j'ai  visités  en  1863  et  1864  (Schuerm.,  Rapport  sur  ces  fouilles,  p,  i237  et  suiv. 
(tirage  à  part);  —  les  cimetières  germano-belges  de  Bergb-Terhlyt  [Publicaiions 
de  la  Soc.  d'arcli.  de  Maeslricht,  ilf,  185,  sqq.),  et  presque  tous  les  autres  cime- 
tières dans  le  même  Duché  de  Limbourg  dont  il  est  parlé,  Ibul.,  II,  204,  sqq.;  —  le 
cimetière  mi-franc  mi-belgo-romain  de  Juilenville  {Bull,  de  t'inst.  arcli.,  IX,  135, 
sqq.  et  431,  sqq.);  — le  cimetière  pareillement  mi-belgo-romain  mi-germain  ou 
frank  d'Elewyt  {Ami.  de  l'Acad.  d'urcli.  de  Belgique,  2"  s.,  Vlll,  186;  IX,  782)  : 
tous  cimetières  du  temps  de  l'incinération;  —  voir  aussi  les  cimetières  renfermant 
des  squelettes  :  celui  de  Jauche  {Rapp.  de  M.  Coulon  dans  le  Bull,  de  la  coin,  des 
mon.  de  la  prov.  du  Brab.,  n°  2,  an.  1872  ];  —  de  Sluse-sous-Mall  (par  renseigne- 
ments particuliers)  et  de  Fall-Mheer  {Bull,  de  la  Soc.  scient,  et  liti.  de  Limb.,  IX, 
315  et  319)  ;  —  d'Angleur  (Bull,  de  l'Iiiu.  arcli.  liéij.,  Vll,  £67);  —  de  Bas-Olia 
(Ibid.,  XI,  497  ;  ;  —  d'Embresinaux  {Bull,  des  comm.  roy  d'an  et  d'arcli.,  XV,  237). 
M.  Van  Baslelaer,  dans  son  excellent  travail  sur  /e.5  coffrets  de  sépulture  en 
Relfjique  à  l'époque  roin.  et  à  l'époque  franque  [Bull,  des  comm.  roy.  d'art  et 
d'an;//.,  XV,  268),  d'après  les  observations  qu'il  a  faites  au  cimetière  d«  Strée 
(  Hainaul)  et  autres,  dit  en  général  «  que  le  coffret  de  sépulture  dans  l'antiquité 
"  était  le  caveau,  la  chambre  mortuaire  de  ceux  qui  n'avaient  ni  monument  ni 
»  caveau  ou   chambre  mortuaire  maçonnée.  Chaque  fois,  dit-il,  que  nous  avons 


1  Uî 


était  formé  par  le  sol  même  qui  est  d'une  argile  très-compacte, 
mais  les  grands  et  les  petits  côtés,  ainsi  que  le  couvercle  qui 
était  plat,  avaient  été  faits  avec  des  planches  de  bois. 

('  On  conçoit,  dit  M.  Murcier(/.  cit.),  qu'il  est  fort  rare  de 
rencontrer  en  terre  même  des  débris  de  ces  sarcophages  »  (en 
bois)  ;  à  Blehen  néanmoitis  un  morceau  de  ces  planches,  outre 
le  bois  bien  apparent  attaché  aux  clous  du  coffret  tumulaire,  a 
été  retrouvé  d'une  dimension  d'environ  3  centinièires  carrés. 
Envoi  de  cet  inléressani  fragment,  de  même  que  de  tout  le 
mobilier  mortuaire  du  défunt,  a  été  fuit  par  l'auteur  de  ce 
rapport,  pour  être  déposés  au  Musée  de  Vhistihit  archéologique 
liégeois. 

»  rencontré  de  la  maçonnerie  ou  un  coffre  en  pierre,  le  coffret  tumulaire  en  bois 
>'  faisait  défaut,  bien  que  souvent  on  trouvât  des  traces  de  petites  cassettes  à  bijoux  » 
(comme  moi-même  j'en  ai  trouvé  dans  \es  DrijtonDnen  de  Fresin  et  la  Corjow/jf 
de  Wals-Beetz)  ;  «  mais  aussi  chaque  fois  que  la  maçonnerie  et  le  coffre  en  pierre 
X  manquaient,  nous  rencontrions  inévitablement  les  indices  (clous,  charnières, 
>)  serrures,  clefs,  etc.)  que  le  grand  coffret  en  bois  avait  existé.  »  Le  m^me  auteur 
ose  aller  jusqu'à  dire  (loc.  cit.,  p.  286)  que  «  même  dans  le  cas,  où  l'on  ne  ren- 
«  contre  ni  clous,  ni  garniture  métallique,  il  est  permis  de  croire  que  le  coffre  (en 
»  bois),  moins  luxueux  et  moins  soigné,  était  cloué  de  chevilles  de  bois  et  garni 
»  d'ornements  de  même  nature,  dont  le  temps  a  fait  disparaître  les  traces.  »  — Voir 
sur  le  même  sujet  M.  Murcier,  La  sépult.  chrét.  en  France,  p.  12,  et  M.  l'abbé 
Cochet  dans  ses  Explorations  de  la  Normandie.  —  Ce  que  M.  Schaves.  Hist.  de 
l'archii.  en  Belfi.,  H,  "78,  a  avancé  :  «  que  le  petit  nombre  de  ces  cercueils  (de 
»  pierre),  découverts  jusqu'à  ce  jour  en  Belgique,  démontre  que  l'emploi  des  cer- 
)'  cueils  de  bois  doit  y  avoir  prédominé  de  tout  temps,  »  pcut-ôlre  ne  le  dirait-il 
plus  aujourd'hui  après  Texploration  de  tant  de  cimetières  anciens.  —  A  ce  qui  pré 
cède,  une  réserve  doit  être  laite  quant  aux  lumuius  avec  chambre  sépulcrale  à 
grandes  dimensions  (d'au  moins  2"'  carrés).  Leur  cavoau  semble  n'avoir  élé  muni 
que  d'un  couvercle  seulement,  plus  ou  moins  orné,  bans  la  tombe  de  Braives.  son 
existence  a  été  constatée  {Huit,  de  l'Insi.  arch.  lien.,  XII,  204).  Mes  fouilles  dans 
les  Drijiomtnen  et  la  tombe  de  W'als-Bectz  m'ont  fourni  des  vertiges  d'un  pareil 
couvercle,  soutenu  sans  doute  par  des  supports.  De  là,  ces  nombreux  clous  longs 
et  très-gros  y  retrouvés.  Sous  la  tombe  de  Uemara  (Montenaken),  le  couvercle  en 
bois  étant  consumé,  la  terre  même  qui  y  avait  reposé  (cas  exceptionnel  s'él;;it 
formée  à  l'ctat  de  couvercle.  Aussi,  l'ouvrier,  après  l'enlèvement  d'environ  la 
moitié  de  la  terre  d'au-dessus  du  caveau,  s'enfonça-l-il  jusqu'à  la  ceinture.  Preuve 
évidente  qu'un  vide  s'était  maintenu  au-dessus  du  mobilier  funéraire.  Schuermans, 
Rapports,  etc.,  p.  i97  du  tirage  à  part.) 


—  147   - 

Au  nnoyen  des  deux  rainures  latérales  distinctement  tracées 
dans  le  fond  de  la  fosse  sépulcrale  (pi.  II,  fig.  E),  ainsi  qu'avec 
le  bloc  de  cette  terre  qui  reposait  immédiatement  sur  le  cou- 
vercle du  cercueil,  il  n'est  pas,  ce  semble,  impossible  d'indiquer 
à  peu  près  la  structure  de  ce  modeste  coffret  de  bois  (^). 

La  largeur  du  fond  de  la  fosse  sépulcrale  d'une  rainure  à 
l'autre,  est,  à  l'Ouest,  de  70"^  et  à  l'Est  de  65^  C'est  là  la  largeur 
intérieure  du  coffret  ou  cercueil.  Les  deux  rainures  creusées 
avec  la  bêche  dans  le  fond  de  la  fosse  sont  longues  de  1",24 
(un  peu  plus  de  4  pieds);  mais  elles  s'arrêtent  à  20*=  de  distance 
de  la  paroi  occidentale.  L'une  comme  l'autre  est  large,  mais  en 
sens  opposé,  c'est-à-dire,  au  lit  c  (pi.  II,  fig.  E),  de  3"^  et  pro- 
fonde de  6%  et  n'est  large  que  de  2"  et  profonde  que  de  3"^  au  lit 
d.  Par  conséquent  les  planches  des  longs  côtés  du  cercueil, 
posées  de  champ  dans  les  rainures,  faites  pour  les  recevoir, 
devaient  avoir  la  même  longueur  qu'elles;  mais  ces  mêmes 
planches  étant  plus  hautes  et  plus  épaisses  d'un  côté  que  de 
l'autre,  on  a  dû  les  placer  avec  leur  haut  côté,  qui  était  aussi  le 
plus  épais,  en  sens  inverse,  afin  d'obtenir  le  niveau  sous  le 
couvercle  (^). 

Les  planches  des  petits  côtés  du  coffret  n'avaient  pas  de 
rainures  dans  le  fond  de  la  fosse, mais  elles  en  avaient  dans  les 
parois  et  même  plus  profondes  en  haut  que  vers  le  fond  (pi.  II, 
fig.  E).  Je  ne  saurais  dire,  si  les  petits  côtés  étaient  [)lus  élevés 
que  le  couvercle,  ou  si  celui-ci  les  couvrait;  en  tout  cas,  ils 
étaient  obliquement  plus  larges  par  le  haut. 

Mais  d'après  les  rainures  latérales,  les  planches  des  longs 

(^)  Selon  M.  Van  Bastelaer  parlant  d'après  ses  observations  faites  au  cimetière 
de  Strée  (Flainaut),  p.  283  du  travail  cité  [supra),  »  les  coffrets  tumulaires  ou  de 
sépulture  étaient  plus  petits  et  plus  luxueux  (jue  le  coffret  bustuairu  ou  de  créma- 
tion   »  D'après  toute  apparence,  celui  de  Blehen  n'aurait  pu  être  moins  riche. 

(*)  La  loi  des  XII  Tables,  De  jiir.  sacror.,  8,  ne  défendait  que  de  polir  le  bois 
dont  était  composé  le  bûcher  :  «  Rogum  ascii  [dolaire)  ne  polito;  »  mais  ici  un 
vague  souvenir  de  cette  loi  semble  avoir  étendu  celte  défense  jusqu'aux  planches 
du  cercueil  ou  du  coffret  de  sépulture. 


148 


côtés  avec  leur  couvercle  n'atteignaient  pas  la  paroi  occidentale; 
elles  laissaient  ouvert  un  espace  d'environ  20  centimètres.  Je 
ne  m'explique  cette  singularité  que  de  la  manière  suivante, 
savoir  :  d'abord  les  vases  funéraires,  depuis  n"  2  jusqu'à  u"  10 
(pi.  II,  fig.E),  étant  déposés  sur  le  sol  nu  par  celui  qui  se  trou- 
vait dans  la  fosse  à  l'endroit  resté  vide,  ayant  la  face  tournée  vers 
l'Orient,  ils  auront  été  couverts  par  la  grande  partie  du  coffret 
correspondante  à  la  longueur  des  rainures;  puis,  lui  sorti  de  la 
fosse,  il  y  aura  déposé,  en  dernier  lieu,  l'urne  cinéraire  et  placé, 
pour  la  couvrir,  ainsi  que  l'espace  encore  ouvert,  l'autre  partie, 
la  plus  courte,  du  coffret,  s'adaplant  à  la  plus  longue,  de  sorte 
à  ne  former  qu'un  seul  cercueil  fermé  de  tous  côtés. 

Plusieurs  terriers  de  renards  descendant,  obliquement  en 
sens  divers,  de  l'extérieur  du  tumulus  jusqu'au-dessus  de  la 
terre  couvrant  immédiatement  le  couvercle  du  cercueil  ('), 
l'humidité  a  pu  s'y  introduire.  C'est  pourquoi,  dans  la  suite,  un 
long  bloc  de  celte  terre,  laquelle  était  celle  de  l'évidage  de  la 
fosse  sépulcrale,  s'est  détaché,  enfonçant  le  couvercle  au 
moment  où  il  était  près  d'être  consumé  et  brisant  par  le  milieu, 
où  les  planches  prêtaient  moins  de  résistance,  les  objets  en 
verre  placés  en  dessous. 

Entre  ce  bloc,  épais  de  25'^  et  couvrant,  dans  sa  longueur,  h 
peu  près  tout  le  fond  du  cei'cueil  (-)  et  ce  qui  de  la  terre  était 
resté  suspendu,  il  y  avait  un  vide  de  50  à  60  centimètres  en 
élévation;  ce  qui  fait  présumer  que  telle  était  aussi  la  hauteur 
du  coffret. 

Sur  ce  bloc  de  tiers  conservé),  outre  qu'on  y  voit  l'enfonce- 
ment du  bord  supérieur  de  la  jatte  n"  8  et  de  la  petite  jatte  n"  9 
'  pi.  II),  se  trouve  aussi  l'empreinte  distincte  de  deux  planches 
du  couvercle.  D'après  les  linéaments  qu'elles  y  ont  laissés  avec 

(')  Cela  a  été  observé  encore  ailleurs.  Les  renards  avaient-ils  peut-être  flairé 
les  viandes  déposées  dans  le  caveau? 

(')  Ce  que  j'ai  conservé  de  ce  bloc  (environ  un  tiers)  n  (îO  cenlimi'tres  do 
longueur  '2  pieds)  cl  .^0  cen(imè(re.s  de  largeur  (\  pied). 


149 


une  certaine  couleur  rougeàtrCj  on  est  assez  porté  à  croire 
qu'elles  étaient  de  bois  de  sapin.  Cependant  cette  couleur  ne 
s'accordant  pas  trop  avec  celle  du  fi  ai^ment  retrouvé  des  planches 
du  coffret  de  sépulture,  iie  vaudrait-il  pas  mieux  de  dire  que 
le  couvercle  était  recouvei-t  d'un  placage  de  bois  précieux  orné 
ou  peint  (')?  Les  planches,  empreintes  dans  le  bloc,  montrent 
visiblement  qu'elles  avaient  été  jointes  nu  moyen  de  langjuettes 
et  de  rainures  (en  wallon  hévélées  et  en  flamand  geklikl),  larges 
alors,  comme  aujourd'hui,  d'un  1/2  centimètre.  Ces  mêmes 
planches,  épaisses  environ  de  2"  (épaisseur  du  l'ragmont 
retrouvé),  étaient  larges  chacune  de  \^'  {\ji  pied).  Couvrant  le 
coffret  dans  sa  longueur,  comme  le  bloc  l'indique,  il  a  donc 
fallu  cinq  planclies  de  cette  largeur  pour  parfaire  le  couvercle. 
Calcul  bien  fait,  il  en  résulte  avec  grande  vraisemblance  que  ce 
coffret  lumulaire,  ainsi  que  les  petits  côtés  (témoins  les 
rainures  dans  les  parois  de  la  fosse  (pi.  II,  tîg.  E,  a  et  t), était 
comme  les  parois  de  celle-ci  faites  en  talus,  plus  large  11  sa 
partie  supérieure  qu'à  sa  base.  En  tout  cas,  il  était  plus  rétréci 
à  l'Est,  je  voudrais  pouvoir  dire,  malgré  l'incinération,  pins 
étroit  aux  pieds  qu'à  la  tête  ('^). 

D'après  les  archéologues,  les  cercueils  ou  sarcophages  en 
pierre  ou  en  bois,  ayant  la  forme  de  coffres,  plus  étroits  vers 
les  pieds  que  vers  la  tête,  paraissent,  chez  les  chrétiens,  être 
postérieurs  au  IV''  siècle  (');  ce  fait  permet-il  do  présumer  que 

(')  Voir,  à  cet  égard,  M.  Van  Bastelaer,  Les  coffrets  de  sépult.,  dans  le  Bull, 
des  corn.  roy.  d'ail  et  d'arch.,  XV,  f28i2.  —  Les  fouilles  de  la  Borlombe  de  Wals- 
Beelz  que  j'ai  dirigées  en  1863  ont,  fourni  plusieurs  plaques  en  ivoire  sculptées 
provenant  d'un  cojffret  à  bijoux. 

{•  I  De  ce  coffret  de  sépulture  à  Blehen,  j'ai  bien  retrouvé,  outre  le  fragment  de 
bois  déjà  mentionné,  aussi  de  la  cendre  à  demi-carbonisée  et  des  clous  couverts  des 
rouilles,  mais  pas,  ce  que  d'autres  coffrets  ont  fourni  ailleurs,  de  vestiges  de  serrure? 
de  clef,  de  charnière,  de  garniture,  d'anses  ou  de  menottes,  etc  :  toutes  choses 
que  j'ai  trouvées  dans  les  trois  tombes  de  Fresin  (celle  du  milieu)  et  de  Wais-Beetz, 
mais  qui  provenaient  de  petits  cofTrets  à  bijoux. 

(')  SCHAYES,  Hist.  de  l'arch.  en  Belgique,  II,  78,  79;  —  De  Caiimont,  Ahccéd., 
4fi  (âeédil.  )  ;  —  RiiusENS,  Elém.  d'arch.  chrét.,  I,  "204. 


—  ISO  - 

notre  cercueil  de  Blehen  et  d'autres,  à  cause  de  celte  forme, 
doivent,  quant  à  l'âge,  se  rnpproclier  de  ceux-là?  Comme  peut- 
être  on  pourrait  dii-e  que  le  cnveau,  à  peu  près  contemporain, 
du  tumulus  de  Braives,  dit  d'Avennes,  recouvert  «  d'un  cou- 
vercle circulaire  en  bois  (  '),  »  paraît  avoir  préludé  aux  tombeaux 
apparents  à  couvercle  hémisphérique,  ou  aux  sarcophages  non 
apparents  à  voûte  en  arcade  usités  chez  les  Franks  sous 
l'empire,  mais  surtout  après  la  conquête  (ou  l'an  450). 

M.  Van  Bastelaei-  pose  en  thèse,  comme  nous  avons  vu,  que 
«  touie  sépultui-e  riche....  tumulus  ou  monument, renfermait  un 
caveau  ou  chambre  mortuaire  plus  ou  moins  large,  construit  en 
maçonnerie  {-).  Cela  ne  s'est  pas  vérilié  dans  le  tumulus  de 
Blehen,  où  la  chambre  sépulcrale  était  en  terre,  sans  maçon- 
nerie, et  ]c  coffret  tumulaire  de  bois;  ni  non  plus  dans  le 
tumulus  à  Corlil-Noirmont  (près  de  Perwez  ou  de  Walhain  et  h 
quelque  distance  de  la  haute  chaussée  de  Bavai  à  Tongres), 
dont,  en  outre,  «  les  quatre  fosses  sépulcrales,  disposées  en 
quadrilatèie,  élaieni,  comme  h  Blehen,  plus  larges  à  l'une  des 
extrémités,  »  ei  avaient  contenu  «  des  caisses  funéraires,  » 
comme  en  ont  témoigné  les  restes  des  planches  non  entière- 
ment consumées  (*).  Cela  ne  s'est  pas  vérifié  enfin  dans  la 
tombe  de  Vaux-Borsut,  où  le  caveau,  pareillement  non 
maçonné,  offrait  «  des  traces  de?  planches  latérales  d'un  cofifre 
ou  cercueil  en  bois  encore  en  place,  mais  fortement  consumée  ).» 

Dans  le  sens  de  la  thèse  du  savant  archéologue  cité,  on  peut 
alléguer  la  tombe  de  Middehvinden,  dont  le  caveau,  à  dimen- 

(  •)  Dutlci.  de  l'Inst.  arcfi.  liég.,  XII,  204. 

(•)  Dans  son  travail  dt<jà  citii  :  Les  coffrets  de  u-ptilt.  (  linll.  des  cotnm.  rvy 
d'an  et  d'arcli..  XV,  271  ). 

(»)  Voir  le  rapport  de  M.  Cam.  Van  Dessei,  sur  les  fouilles  faites  en  ftivrier 
•J874)  dans  un  iinnuliis  à  Corlit  \oinnonl  {finit,  des  comin.  roij.  d'art  et  d'arch., 
Xlll,  4nl  )  —  [)e  ce  groupe  de  deux  lombes  de  l'époque  de  l'incinération,  il  est 
fait  mention  dans  ScuAYE^;,  Belgique,  III,  560. 

(*)  Renseignement  particulier  de  .M.  le  CA<-  Georges  de  Looz  qui  a  dirigé  ces 
fouillas  en  1874. 


-   151   - 

sions  démesurées,  avait  des  parois  munies  de  pierres  plates  ou 
dalles  posées  de  champ  et  peut-être  un  couvercle  formé  de  ces 
mêmes  pierres  {^)  ;  pour  la  même  thèse,  peut  aussi  être  allégué 
«  un  petit  tombeau  en  maçonnerie  »  (trouvé en  1747àNamur), 
«  dans  lequel  il  y  avait  deux  urnes  en  bronze,  dont  l'une  était 
remplie  de  ce?idreset  l'autre  de  médailles  rf'ar^^?if, qui  dénotaient 
que  c'était  le  tombeau  d'un  Romain  inhumé  {sic)  sous  l'empire 
de  Gordien  »  [f  237-244]  ou  postérieurement  (^)  ;  ~  enfin  «  un 
petit  sépulcre,  »  pareillement  trouvé  à  Namur  vers  4757,  «  dans 
lequel  il  y  avait  trois  urnes  en  terre,  deux  desquelles  conte- 
naient des  cendres  et  la  troisième  des  médailles  en  cuivre  avec 
les  effigies  de  l'empereur  Constance-Chlore  et  de  son  fils 
Constantin  ('). 

(')  V.  M.  ScHUERMANS,  Rapport  sur  ces  fouilles,  p  217  (  tiré  à  part);  — et 
M.  le  C'e  G   de  Looz,  Bull,  de  l'Iiist.  arch.  liég.,  Xil,  390,  392. 

(  ^)  Galliot,  Hist.  de  Namur,  I,  44.  —  Ce  tombeau  de  l'époque  de  la  crémation 
est  du  III'"  ou  IV'  siècle;  aussi  les  médailles  en  argent  dénotent-elles  quelque  oubli 
de  la  Loi  des  XII  Tables.  —  La  tombe  de  Thisnes,  nivelée  en  18-2o,  a  aussi  fourni 
une  monnaie  en  argent  avec  trois  en  bronze. 

(^)  Galliot, /oc.  cù.,  p.  48.  Ce  sépulcre  prouve  que  la  crémation  était  encore 
usitée  en  Belgique  au  IV^'  siècle.  Qu'on  remarque  aussi  le  petit  nombre  d'objets 
funèbres  dans  chaque  caveau.  —  Dans  le  cimetière  de  Juslenville,  on  a  aussi  trouvé 
des  fosses  sépulcrales  avec  pierres  posées  de  champ  et  avec  dalles  pour  couvercle. 
—  De  ce  cimetière,  malgré  la  belle  forme  de  ses  objets  ou  de  ses  poteries,  le 
minimum  de  son  antiquité,  tout  le  monde  en  convient  aujourd'hui,  doit  être  déter- 
miné par  les  monnaies  du  Bas-Empiro  ;  Magnence,  —  Décence,  —  Constantin  ),  qui 
ont  été  déterrées  en  la  même  commune, de  sorte  que  ce  cimetière,  qui  est  de  l'époque 
de  la  crémation,  doit  avoir  été  continué  par  les  Franks  sous  l'empire  sans  inter- 
ruption [Bull,  de  l'Inst.  arch.  liég.,  XII,  300).  —  La  même  observation  doit  être 
faite  par  rapport  à  l'établissement  de  Jupille,  malgré  ses  poteries  fines  et  les 
marques  de  ses  potiers.  Certaines  autres  poteries  et  les  monnaies  de  Gordien 
[f  237-244]  nous  disent  assez  clairement  que  cet  établissement  était  encore  habité 
après  la  prétendue  invasion  des  Chauques  sous  Marc-Aurèie  (en  176  ou  178); 
comme  l'étaient  aussi  ceux  de  la  province  de  Namur  et  du  Hainaut  {Bull,  de  l'inst. 
arch.,  XI,  49o),  et,  ajoutons-le,  ceux  de  la  Hesbaye,  comme  le  prouvent,  si  pas  de 
nombreuses  monnaies,  du  moins  de  nombreuses  poteries  et  tuiles  postérieures  à 
cette  date.  Au  surplus,  le  texte  de  Spartien  est  clair  :  restitit;  les  Chauques,  à  la  fin 
du  11'^  siècle,  ont  été  arrêtés  tout  court  à  la  frontière  (a).  Ce  n'est  que  dans  le  cours 
du  IV'  siècle  qu'ils  ont  fait  invasion  réelle  dans  les  Gaules  ;  et  ce  n'est  que  dans  les 

la)  Voir  note  I  à  la  fin. 


—  I6â  -- 

Voici  quelques  tumulus  à  cmeau  suigeneris  ou  exceptionnel. 
Je  citerai  d'abord  la  tombe  de  Saventhem,  qui  n'est  pas  sans 
quelque  analogie  avec  celle  de  Blehen.  Celte  tombe  (tombeau 
apparent),  surmontée  de  cinq  grands  vieux  chênes,  fut  nivelée, 
en  1507,  par  son  propriétaire  Renier  Cleerhage.  Elle  avait  en 
élévation  oblique  16"'  (55  pieds)  et  en  circonférence  à  la  base 
environ  IIO"»  (122  pas).  Chose  singulière!  ce  tumulus  renfermait 
dans  la  fosse  sépulcrale  souterraine  un  caveau  en  pierre 
(sepulcrum  lapideum  intra  tumulum  terreum  (  '),  très-solide- 
ment voûté  (-).  Il  mesurait  environ  â", 50  (8  pieds)  de  haut  ; 
2"", 10  (7  pieds)  de  long  et  1'", 80  (6  pieds)  de  large.  Dans  le 
caveau  était  déposé  un  sarcophage  en  pierre  ou  en  marbre 
ayant  un  couvercle  sculpté  à  l'extérieur.  Ce  locutus  ou  cercueil 
était,  d'après  le  rapport  de  Vilierius  ('),  long  de  i"',18  (i  pieds); 
large  de  0'",75  (2  1/2  pieds)  et  profond  de  0"',30  (1  pied),  et  ren- 
fermait les  vases  funéraires,  urnes  et  vases  en  terre  cuite, 
lampe,  bouteille,  etc.,  en  nombre  à  peu  près  égal  de  ceux 
contenus  dans  le  coffret  mortuaire  de  Blehen.  Quelques-un.> 
étaient  remplis  de  cendres  (*).  Dans  le  septième  vase  se  trou- 
vaient six  monnaies  allant  de  Néron  [t  54-68J  à  Antonin  [t  138- 
161]  (^).  —  Le  sarcophage  de  Savenlhem,  creusé  d;nis  la  pierre 
«  ex  lapide  duri.ssimo  »  avec  couvercle  sculpté,  fait  penser  aux 
tombeaux  en  usage  chez  les  chrétiens,  dès  le  IV*"  siècle,  con- 

nombreux  textes  des  auteurs  contemporains  sur  les  invasions  et  les  dévastations 
sans  nombre  des  barbares  dans  le  couis  de  ce  siècle  (textes  rjuni.s  dans  Bucherius, 
Belg.  Itoin.),  que  l'on  trouvera  une  explication  sufTisanle  pour  la  jdupart  des  incen- 
dies que  révèlent  nos  villas  belgo-romaines,  incendies  et  dévastations  continuées 
par  l'invasion  générale  et  définitive  commencée  en  407. 

(•  )  Lambecius  (  Bull,  des  corn.  rnij.  d'art  et  d'arch.,  XIII,  37). 

(•)  "  Cavea  ou  Ciypta  snbten-aiiea  tanta;  soliditatis,  ut  vix  duabus  horis  superna 
»  concameratio  perforari  |iotuerit  »  (Rapport  de  Villerius,  Bull,  des  coin,  roy..^ 
loc.  cit.,  p.  .' o).  —  C'e(!iit  donc  au-dessous  du  niveau  de  la  terre  primitive  que  ce 
caveau  avait  été  maçonné,  ei  pas  au  dessus,  comme  à  Champion  el  Bartlow- Hills. 

(')   Bull,  des  corn,  rny.,  I.  c,  p.  35. 

(*)  Galesloot,  La  prov.  de  Brab.  sous  l'empire  rom.,d\.  III. 

(')  SCHAYES,  Belgique,  lli.  .S33. 


153 


sistanls  dans  des  cercueils  en  pierre  ou  en  marbre,  aussi  avec 
couvercles  sculptés  ;  comme  le  caveau  maçonné  et  voûté  du 
même  tumulus  rappelle  de  semblables  caveaux,  très  en  usage 
chez  les  Franks,  après  la  conquête. 

Le  caveau  du  tu mulus  de  Hun,  (sur  la  rive  gauche  de  la  Meuse, 
à  3  lieues  de  Namur),  mérite  aussi  d'êire  cité.  Il  a  été  trouvé 
en  1619.  «  Le  sépulcre  de  pierre,  dit  Galliot  ('),  était  long  de 
6  1/2  pieds  (l'",93)  sur  3  iji  pieds  de  large  (0"',89)  et  de  hauteur 
de  3  3/4  pieds  (0"',91).  Il  était  enfermé  entre  quatre  murailles  de 
pierres  de  taille,  portant  une  voîiie  ouverte  (sic)  dans  le  centre, 
formant  un  quarré  de  ^5  pieds  (?).  »  Outre  des  os  à  demi-con- 
sumés,  on  y  a  trouvé  environ  22  à  24  objets,  vases,  cruches, 
bouteilles,  etc.,  enire  autres  «  deux  bouteilles  de  verre  de  figure 
»  carrée  pleines  de  cendres;  en  outre  plusieurs  médailles  de 
»  cuivre,  dont  quelques-unes  portaient  l'efTigie  de  l'empereur 
»  Néron.  » 

Je  mentionnerai  encore,  d'après  Galliot  (^),  le  caveau  d'une 
tombe  aplanie,  en  lfi41,  au  bord  de  la  Meuse,  «  à  portée  d'An- 
denne,  »  ayant  «  un  tombeau  plus  riche  que  le  précédent,  et 
»  ayant  au  moins  10  pieds  en  quarré  (3'"),  muni  de  quatre  côtés 
»  de  belles  pierres  de  taille,  et  couvert  de  semblables  pierres 
»  quarrées  et  plates,  lesquelles  reposaient  sur  les  murailles  du 
»  sépulcre,  qui  s'entr'unissaient  toutes,  parleurs  coins,  sur  un 
»  pilier  posé  au  milieu  pour  les  soutenir.  »  On  y  trouva  «  un 
tombeau  de  cuivre  battu  »  avec  cendres  et  «une  urne  de  cristal 
avec  cendres,  »  puis  d'autres  objets  au  nombre  de  douze,  pour 
la  plupart  «  de  cuivre  moulés.  »  On  y  trouva  encore  une 
«  grande  quantité  de  médailles  à'argent  et  de  bronze,  dont 
»  quelques-unes  de  l'empereur  Vespasien  et  de  ses  deux  fils 
»  Titus  et  Domitien  (^).  » 

(*)  Histoire  de  Namur,  1,  42. 

(*)  Loc.  cit.,  p.  43. 

(^)  Ces  médailles  dt^notenl  une  époque,  où  la  Loi  des  XII  Tables  était  en  oubli. 


-  154  — 

Gril  aussi  des  caveaux  tout-à-fail  particuliers  les  tombes 
frankes  ou  germaniques  établies  sur  le  sol  romain,  mais  faites 
par  des  sujets  peu  ou  moins  romanisés  que  les  Belgo-romains. 
Ainsi  la  tombe  de  V Empereur  a  son  mobilier  funèbre  placé  au- 
dessus  du  niveau  du  sol.  Dans  l'un  des  trois  tumulus  de  Seron 
(Forville,  à  une  lieue  de  la  chaussée  romaine,  non  loin  de  la 
tombe  précédente),  le  caveau  était  «  dans  une  petite  cavité 
d'un  pied  environ  (0'",30)  de  profondeur  sur  une  largeur  de  3 
pieds  (0'",90)  en  tout  sens.  »  Là  se  trouvaient  divers  objets  en 
verre  et  des  poteries  en  terre  rougeâue,  jaune,  brune,  grise  et 
sigillée  (  ').  Au  centre  h  peu  près  de  la  troisième  tombe  de  Seron 
et  au  niveau  du  sol,  on  a  rencontré  «  des  vestiges  d'un  ancien 
coffre  ou  cercueil  de  bois  d'environ  4  pieds  en  toutsens  (1"',18), 
dont  il  ne  restait  que  de  fnibles  fragments  de  planches  et  divers 
clous  à  grosses  têtes.  »  Il  s'y  est  trouvé,  outre  quelques  osse- 
ments humains  calcinés,  un  certain  nombre  de  poteries,  placées 
en  lignes  composées  chacune  de  trois  objets  (^). 

V.  Venons  maintenant  aux  objets  funéraires  qui,  au  nombre 
de  treize,  avaient  été  déposés  dans  le  caveau  ou  le  coffret 
lumulaire  de  la  tombe  de  Blehcn.De  ces  vases  et  poteries, déjà 
tant  de  fois  décrits  dans  les  recueils  archéologiques,  je  n'en 
lerai  qu'un  court  examen,  non  pas  d'après  la  classification 
usitée  d'objets  en  métal,  en  verre,  en  poteries,  etc.,  mais  dans 

(  ')  n  y  avait  entre  autres  -11  soucoupes  de  même  forme;  et  puis  deux  bouteilles 
en  verre,  l'une  carrée,  comme  à  Hanrôl,  et  l'autre  hexagone,  semblables  à  celles  de 
la  tombe  bulgo-roniaine  de  Hcmaïa.  Par  conséquent  contempordins  de  celle-ci 
doivent  ùlre  les  trois  tumulus  de  Seion,  proclameraient,  mais  sans  rondement,  ceux 
(lui,  en  fait  de  vases  et  poteries,  aiment  tant  à  faire  valuir  l'argument  «  de  certaines 
similitudes  d  ou  de  certains  »  points  d'analogie,  »  de  quelques  beaux  vases  d'une 
tombe  avec  ceux  d'une  autre,  pour  en  déduire  la  conteniporanéité  de  ces  tombes. 
(Voir  le  rapport  de  M.  Eug.  Del  Marmol  sur  les  tumulus  de  Seron;  voir  aussi  lîuH. 
de  l'inst.  arch.  liéy.,  \ll,  2"26  et  S(iq.) 

(')  Inutile  de  répéter  à  peu  prés  la  même  chose  pour  les  tumulus  ou  cimetières 
pareillumentfraiiks  ou  germaniques  de  Hanrêt,  de  Champion,  de  Friselsous  Vedrin, 
deFlavion,  de  Samson  sous  Thon,  etc. 


185 


l'ordre  môme  où  ils  ont  été  trouvés  dans  le  cercubil  et  tel  qu'il 
est  indiqué  pi.  II,  fig.  E. 

I"  Urne  cinéraire,  olla  cineraria  (pi.  II,  fig.  1).  Nous  l'avons 
trouvée,  comme  aussi  la  petite  olla  n°  10,  brisée  en  un  grand 
nombre  de  morceaux  ;  mais  elle  a  pu  être  reconstituée.  D'après 
ce  que  nous  avonsdit  de  la  composition  du  couvercle  du  cofîret 
de  bois,  cette  partie,  sous  laquelle  l'urne  reposait,  ainsi  que 
celle  du  milieu,  a  pu  être  enfoncée  par  le  bloc  de  terre  ûéjh 
décrit,  avec  plus  de  violence,  que  celle  le  long  des  parois  prê- 
tant plus  de  résistance.  Cette  urne  en  terre  cuite  jnnnâlre, d'une 
hauteur  d'environ  0"\30,  est  un  vase  de  forme  large,  ventrue,  à 
large  ouverture,  muni  d'un  pied,  mais  sans  anse  (').  Elle  porte 
des  traces  évidentes  de  dorure  au  mica  (sorte  de  sable  d'or), 
qui  a  résisté  au  temps,  quoique  disparaissant  facilement  étant 
mouillée  ou  frottée.  Le  haut  de  l'urne  est  orné  de  deux  rangs 
de  petits  boutons  ronds  faisant  fossettes  h  l'intérieur  et  cercle 
à  l'extérieur.  Le  bas  de  la  panse  est  entouré  d'une  bande 
formée  par  deux  ou  trois  lignes  parallèles.  Ces  lignes  et  les 
petites  bosses  sont  aujourd'hui  peu  visibles  ou  presque  effacées 
par  le  long  usage  (-).  L'intérieur  de  ce  vase  est  parsemé  de 
petites  taillades  verticales  et  peu  larges,  disposées  en  losange, 
remplaçant  vraisemblablement  la  granulation  si  commune  à 
l'intérieur  de  tant  d'autres  vases. 


(1)  «  Chaque  tombe,  dit  M.  Van  Bastelaer  d'après  ses  observations  faites  au 
»  cimetière  de  Strée  et  ailleurs  (Bull,  des  corn.  roij.  d'art  et  d'arch.,  XV,  272\  se 
»  composait  généralement  d'un  vase  cinéraire,  ordinairement  de  grande  dimension, 
»  à  large  ouverture.  Autour  (ou  à  côté]  de  ce  vase  étaient  entassés  l'un  à  côté  de 
»  l'iiutre,  ou  parfois  l'un  dans  Tautre,  et  sans  ordre  déterminé,  des  vases  de  toutes 
i>  formes  et  des  olijets  de  toute  nature  et  de  toute  matière.  » 

(2)  <(  n  faut  que  l'on  y  fasse  bien  attention  pour  les  apercevoir,  »  m'écrivit  M. 
l'architecte  Ed.  Jamar.  —  Séparé  des  objets  trouvés  à  Blehen  depuis  le  (î  octobre 
■1874,  date  à  laquelle  ils  ont  été  envoyésà  Liège  pour  l'inauguration,  au  12  octobre 
suivant,  du  Mmée  de  l'Institut  arcli.  tiéfieois,  j'ai  dû  pour  ces  détails  et  d'autres 
encore,  recourir  à  la  grande  obligeance  de  MM.  mes  honorés  collègues  le  D"" 
Alexandre,  l'architecte  Jamar  et  le  G'e  G.  de  Looz,  pour  laquelle  je  leur  exprimiî 
'ci  ma  très-sincère  reconnaissance. 


—  156  — 

Le  couvercle  de  cette  urne,  aussi  brisé,  est  d'une  pâte  noirâtre 
couverte  d'une  coiiClie  blanchâtre.  Mes  fouilles  dans  laBortombe 
( VNals-Beetz )  et  dans  les  subslructions  du  Lazaret  (Wals-We- 
zeren  )  m'ont  fourni  des  couvercles  analogues.  Le  couvercle  de 
Blehen  présente  cette  paiiicuiaiité  (juele  bouton  a  cinq  petits 
trous  larges  de  la  grosseur  d'une  épingle.  Un  sixième  ti'ou,  mal 
réussi,  sort  h  l'extérieur  par  le  bord  du  bouton.  Ces  trous,  placés 
en  croix,  ont  été  destinés,  sans  doute,  à  permettre  h  la  vapeur 
de  se  dégager  pendant  la  cuisson  des  aliments,  alors  que  cette 
urne  cinéraire  servait  encore  à  cet  usnge. 

W  Une  buire  en  bronze  (pi.  II,  fig.  l>),  haute  de  0'",iQ;  sa 
panse,  élevée  de  0"',10,  a  0"\16  de  diamètre  ;  le  col  en  est  long 
de  0™,o,  ayant  un  orifice  de  0"',8  de  diamètre.  Cette  buire,  à 
forme  élégante,  à  goulot  rond,  à  panse  basse  et  fortement 
bombée,  mais  dépourvue  d'anse,  se  trouve  beaucoup  détériorée 
par  suite  de  l'ébouiement  et  probablement  de  sa  vétusté.  Elle 
ressemble  fort,  moins  l'anse  cependant  et  quelques  petits 
détails,  à  celle  que  j'ai  trouvée  h  Fresin  dans  le  tumuhis  du 
milieu  (M. 


(1)  Voir  le  nippon  de  M.  Scliuermans  sur  ces  fouilles,  pi.  III,  fig.  28.  —  Je  me 
garderai  hieu  de  nrer  la  moindre  induction,  soit  quant  à  l'âge  de  ces  tombes  de 
Blehen  el  Fresin,  soit  quant  à  leur  contemporanéilt^  de  cette  similitude  de  buire  à 
buire,  ni  de  certaine  analogie  entre  la  belle  poterie  samienne  de  la  tombe  de  Blehen 
et  celle  de  sa  voisine  la  tombe  Himava.  Je  laisse  cela  au  nouveau  système,  lequel, 
par  suite  de  celte  «  certaine  similitude  »  ou  de  ces  «  quelques  points  d'analogie  « 
entre  tel  ou  tel  objet  d'une  tt-mbe  ou  d'un  cimetière  avec  ceux  o'aulres,  tend  à  les 
faire  tous  «  bi(^n  •■  el  «  incontestablement  »  romains  dans  le  sens  strict,  el  à  les 
faire  remonter  aux  deux  premiers  siècles  de  l'ère  chrétienne,  et  cela  nonobstant  que 
telle  ou  telle  tombe  soit  »  indubtablemenl  «  franke  ou  germanique;  que  tel  ou  tel 
cimetière  soit  o  parfaitement  "  reconnu  comme  n'ay:  nt  pas  été  établi  par  des  Belgo- 
romains;  ou  malgré  que  tel  ou  tel  vase  étant  «  sans  aucun  doute  »  une  contrefaçon 
ou  étant  grossièrement  façonné  et  mal  cuit,  dénote  un  objet  «  absolument  »  frank 
ou  germanique  ou  au  moins  une  époque  «  entièrement  »  de  décadence  ou  de  la  fin 
de  l'empire.  Tous  ces  termes  guillenielés  ici  et  ailleurs  et  d'autres  alfirmations  d'un 
suprôme  superlatif,  appartiennent  à  ce  nouveau  système.  Bans  des  choses  encore 
si  imparfaitement  connues,  tout  cela  est.  à  mon  avis,  trop  magistral  et  peu  propre 
;i  faire  avancer  la  science  archéologique. 


—  157  — 

lll"  Belle  patère  en  terre  samienne  (pi.  II,  fig.  3,  qui  la 
représente  à  l'intérieur  comme  à  l'extérieur).  Elle  est  haute  de 
A"  et  a  17"^  de  diamètre.  Ici,  comme  pour  les  autres  poteries 
samiennes  qui  vont  suivre,  le  centre  du  fond  du  vase  à  l'intérieur 
porte  le  sigle  du  potier  :  of  vital.  Ce  beau  vase,  malgré  son  long 
séjour  en  terre,  a  conservé  la  fraîcheur  de  sa  belle  couleur 
rouge.  Nous  l'avons  trouvé  debout  et  intact  près  de  la  paroi  ('). 

Li-'s  patères  étaient  plu?  pa'niculièrement  employées  pour 
faire  de^  libations,  lesquelles,  dans  les  cérémonies  funéraires, 
étaient  faites,  comme  nous  avons  dit,  en  l'honneur  des  Mânes 
et  comme  pour  les  désaltérer  ('^). 

lY"  Petit  vase  noir  ou  pot  a  onguent  (pi.  II,  fig.  4),  haut 
d'environ  8%  Ji  large  ouverture  et  panse  très-anguleuse  d'un 
dinmèire  de  8%  fait  d'une  pâte  noire,  très-fine  et  reluisante, 
ressemblant  à  de  la  corne,  et  d'une  forme  fort  élégante,  plus 
parfaite  même  que  celle  de  son  analogue  que  nous  a  fourni  le 
lumulus  de  Wals-Beetz.  La  tombe  de  Braives  a  révélé  un  très- 
beau  vase  en  tout  semblable.  Malheuieusement  notre  joli  petit 
pot,  si  délicat,  étyit  brisé  en  plusieurs  morceaux.  Malgré  de 
bien  grandes  difficultés,  notre  habile  et  obligeant  confrère, 
M.  le  C"^  G.  de  Looz,  est  parvenu  à  le  reconstituer,  ainsi  que 
trois  autres  objets  en  verre  di»'^  11,  12  et  13),  h  ma  grande  et 
très-reconnaissante  satisfaction. 

V"  Jatte  ronde  (patina)  hilohée  (pi.  II,  fig.  5),  à  profil  rentrant. 


(')  Sauf  la  grande  patère  n»  6.  fendue  par  le  milieu,  mais  facilement  restaurée, 
tous  les  autres  vases  en  terre  samienne  du  tumulus  de  Blehen  ont  été  trouvés  debout 
et  entiers,  et  ont  conservé  leur  beau  et  premier  lustre  rouge  :  «  Cette  belle  poterie 
"  rouge,  a  dit  M.  Hagemans,  Un  cabinet  d'ainateur,  à  couverte  brillante,  ayant  la 
')  teinte  et  l'aspect  de  la  cire  à  cacbeler,  fut  la  porcelaine  des  Romains,  et  Samos 
»  en  fut  le  Sèvres.  »  Les  poteries  samiennes  de  Blehen  sont  plus  belles  que  celles 
que  mes  fouilles  ont  révélées  dans  les  tumulus  de  Frcsin  et  de  Wals-Beelz  (excepté 
pourtant,  pour  la  liortouibe  le  n°  31,  pi.  V),  et  que  celles  qu'a  fournies  la  tombe 
de  Braives,  dite  d'Avenues. 

j";  "  Aluutur  umbrse  nostris  libationibus  inferiisque  (  offrandes  \  quae  sepulcris 
t  inferuntur.  »  (LucAN.,  De  luctn.  t-f.  ViRG.,  Aen.,^.  98.' 


-  158  — 

en  fine  terre  samienne  {terra  samia)  dans  le  même  état  de  traî- 
cheur  que  le  n»  3  précédent.  Elle  est  haute  de  0'",6  et  d'un 
diamètre  en  largeur  de  0", 12.  La  marque  du  fabricant  de  ce 
beau  vase  est  l^okii  (Frontiuus)  avec  lettres  renversées. 

Vr  Grande patère  en  terre  samienne  (pi.  II,  tig.  6)  (').  Celte 
belle  palère  ne  le  cède  à  aucun  autre  pour  la  tinesse  et  la  dureté 
de  la  pâte,  la  beauté  et  le  brillant  de  la  couverte.  C'est  proba- 
blement ]h  de  la  véritable  terre  de  Samos  (■).  On  peut  présumer 
que  ce  vase  aura  été  importé  d'Italie  par  la  grande  chaussée  de 
Bavai  à  Tongres,  dont  Blehen  n'est  pas  éloigné.  Aussi,  qu'on 
remarque  la  nature  toute  romaine  des  noms  des  sigles  de  Blehen. 

La  patère  de  Blehen,  haute  de  6%  a  à  fouverture  un  diamètre 
de  23'.  Elle  porte  la  marque  du  fabricant  :  of.  vitalis.  p. 

Les  vases  en  terre  samienne  de  la  fabrique  de  Vitalis  ont  été 
répandus  dans  presque  tous  les  pays  de  l'Europe.  Cette  maison, 
dont  on  a  retrouvé  des  produits  h  Pompéï,  paraît  avoir  eu  une 
très-longue  durée;  la  trouvaille  de  Ciney  fait  croire  à  une  con- 
tinuation de  fabrication  encore  sous  l'empereur  Héliogabale 
[t  218-222]  (').  A  l'époque  de  notre  grande  patère  samienne, 

(  •  )  Voir  apud  Schuermans  des  plateaux  analogues  provenant  des  substructions 
de  la  Villa  du  Rondenhnsch,  sous  Haiitheim-Sainl-Gerlach,  pi.  IV,  fig.  40-4!2. 

(*  )  Celte  patère  ayant  é\('  brisée  en  deux  fragments,  l'intérieur  de  sa  pâte  a  pu 
être  examine,  ce  qui  n'a  pas  eu  lieu  quant  aux  autres,  qui  ont  été  conservées 
intactes. 

('')  Schuermans,  Sujles  fujuims  de  Tomires^  etc.,  apud  Bull,  de  la  Soc.  scient, 
et  lut.  du  Liitib.,  tom.  VIII,  v'"'  Vitalis.  —  Pour  ne  pas  laisser  tirer  de  celte  trou- 
vaille de  Ciney  une  conclusion  absolue,  l'aulcur  cilé  fait  observer  que  «  des  produits 
>.  du  il*^  siècle  ■>  (par  exemple  ceux  de  la  fabrique  de  Viialis)  «  ont  pu,  sinon  rester 
»  dans  le  commerce  après  la  cessation  de  l'indiislrie,  au  moins  survivre  au  fabri- 
»  cant.  »  —  M.  le  comte  G.  de  Looz,  de  son  côté,  parlant  du  sigle  Victor,  potier 
qui  passe  pour  avoir  fabriqué  sts  produits  dans  le  courant  du  second  siècle,  et  peut- 
être  même  du  premier,  et  dont  la  marque  a  été  révélée  par  ses  fouilles  dans  la  villa 
rom.  d'Embresin  (/.'(///.  des  coin.  roy.  d'art  et  d'arch.,  XV,  265',  croit  qu'  a  il  est 
«  possible,  probable  même,  que  le  nom  de  Victor  a  été  porté  par  plusieurs  indi- 
•  vidus,  même  de  lamilles  dift'érentes.  Cette  circonstance  nous  empêche,  dit-il, 
»  d'attribuer  tous  les  produits  avec  le  nom  de  Victor  au  premier  siècle,  où  des 
»  industriels  de  ce  nom  ont  laissé  leur  marque  sur  des  objets  en  terre  cuite  et  en 

bronze  u  Pompi'i  pt  a  Ifercuianum,  villes  nnéanties  en  l'an  79  de  l'ère  chrétienne.  » 


—  159  — 

deux  fabriques,  sous  le  nom  de  Vitalis,  doivent  avoir  existé, 
l'une  avec  la  marque  du  père  :  of.  vitalis.  p.  (patris),  et  l'autre 
du  fils  :  OF.  VITALIS.  I.  (juiiioris).  C'est  ainsi  que  j'interprète  le  p. 
du  sigle  de  Blehen,  et  i'i.  du  sigle  trouvé  sur  un  fragment  de 
poterie  samienne  par  M.  Schuermans  dans  les  substructions  du 
Hemelryk  à  Wals-Beelz  (voir  son  Rapport,  p.  344)  ;  où  il  est  dit, 
en  outre  {710t.  5),  que  le  musée  de  M.  de  Meester  de  Ravenstein 
possède  plusieurs  sigles  :  of.  vital.  I.,  ce  qui  ne  semble  pas 
permettre  de  supposer  que  le /soit  le  jambage  vertical  du  P 
dépourvu  de  son  trait  hémisphérique.  M.  Schuermans  cite 
encore  {Sigl.  fig.,  1.  c),  un  autre  sigle  :  vitalis.  pp.,  que  je  ne 
peux  comprendre,  sinon  comme  troisième  fabrique  sous  ce 
nom. 

Sur  cette  patère  n°  6  sest  trouvé  un  certain  nombre  d'osse- 
ments (de  mouton?  de  lièvre?  etc.),  qui  n'avaient  pas  subi 
l'action  du  feu  du  bûcher;  qui,  par  conséquent,  provenaient 
des  viandes  placées  dans  la  fosse  sépulcrale  comme  aliments 
des  Mânes  (').  La  décomposition  de  ces  chairs  a  laissé  une 
tache  dans  le  fond  de  ce  vase. 

VIP  Patère  en  terre  samienne  (pi.  II,  fig.  7),  avec  un  brillant 
lustre  rouge,  en  tout  ressemblant  à  celle  du  n"  3,  mais  d'un 
centimètre  plus  étroite  à  l'orifice.  Son  sigle  est  :  of.  vita. 

VIII"  Jatte  en  terre  samienne  de  forme  conique  (pi.  II,  fig,  8). 
Son  élévation  est  de  6  1/2%  et  elle  a  à  l'orifice  14^  de  diamètre. 
Sa  brillante  couverte  rouge  est  la  même  que  celle  des  poteries 
samiennes  précédentes.  Des  jattes  analogues  ont  été  trouvées 
par  M.  Schuermans  dans  les  substructions  du  Hemelryk  (Wals-  1 
Beetz),  pi.  V,  fig.  11,  et  dans  celles  du  Rondenbosch  {Haulhem-  [ 
Saint-Ger]:ich),  pi.  IV,  fig.  43-47  {^). 

!  V)  ■<  Posito  pascitur  umbra  cibo.  »  (OvlD.,  Fax  t.,  53,S.) 

(M  II  convifint  de  remarquer  qu'à  toutes  les  poteries  samiennes  de  Blehen,  sauf 
notre  jatte  n»  8,  la  tombe  voisine  de  Braives  a  fourni  des  analogues,  mais  plus 
nomlifeuses,  quoique  d'un  lustre  plus  terne. 


—  160  — 

Notre  soucoupe  est  restée  intacte,  quoiqu'elle  ait  eu  à  sup- 
porter le  poids  assez  lourd  du  bloc  dont  il  a  été  parié.  Son 
bord  y  a  laissé  une  empreinte  |)rofonde  d'un  centimètre. 

La  marque  du  fabricant  de  ce  vase  est  avost.  L'Oest  plus  petit 
que  les  autres  lettres.  Ce  sigle  d'Avosius  paraît  être  peu  connu 
ou  inédit.  Je  ne  l'ai  pas  trouvé  pnrmi  ceux  publiés  par  M. 
Schuermans,  soit  du  Musée  de  Liège,  soit  de  Tongres  et  de  ses 
environs  (  '). 

IX"  Petite  jatte  en  terre  samienne,  de  lormi;  cylindrique, 
évasée  comme  la  précédente  (pi.  II,  fig.  9).  Elle  n'a  que  4*^  en 
élévation  avec  une  ouverture  de  8*^  en  diamètre.  Elle  nous  est 
parvenue  intacte,  quoique  elle  aussi  ait  eu  à  soutenir,  peut-être 
pendant  des  siècles,  le  poids  du  même  bloc,  dans  lequel  elle  a 
laissé  une  empreinte  assez  profonde.  Elle  n'a  rien  perdu,  par 
son  long  séjour  en  terre,  de  sa  belle  couleur.  Elle  est  de  la  tine 
terre  de  Samos  au  cliaud  coloris  rouge.  Elle  lessemble  quelque 
peu  à  la  petite  jatte  samienne  trouvée  dans  la  Bortombe  de 
Wals-Beetz  (fig.  31)  et  à  la  plus  petite  de  celles  de  la  tombe 
Hémava  de  Montenaken  [fig.  T''"]  {'^);  si  elle  n'est  pas,  comme 
celles-là,  ornte  de  feuilles  de  lierre  ou  de  lotus,  elle  porte,  par 
contre,  la  marque  de  l'artiste  qui  l'a  fabriquée,  marque  d^>nl  les 
deux  précédentes  sont  dépourvues  Le  sigle  du  potier  est  :  of. 
PATRici,  sigle  déjà  connu 

Tous  les  vases  samiens  énumérés  jusqu'ici  sont  à  bords 
verticaux,  non  plats,  ni  renversés. 

Les  vases  en  poterie  samienne  étaient  !)rineipalemHat  destinés 
aux  mets  de  la  table  (•'),  et  aussi  aux  sacrifices. 

Les  vases  de  la  tombe  de  Blebefi  ayant  été  conservés  intacts 
avec  tout  leur  beau  coloris  primitif,  l'opinion  de  M.  Bron- 

(*)  V.  totn.  VMl  du  liuU.  de  l'iml.  arch.  liécj.;  —  item  lom.  Vil!  du  Bull,  de  la 
Soc.  scient,  ellilt.  du  lAmlwunj. 

[*)  Rapports  de  M.  Sctiuc  imaiib,  lires  à  pari,  pp.   l.'iO  et  199. 

(*)  «  Ast  libi  laela  trahunl  Samiœ  convivia  test».  »    Tibul.,  Il,  H^  V,  49.) 


—  161  - 

gniart  (*)  doit  être  sans  fondement,  en  supposant  qu'on  ne 
inetinit  ces  poteries  daus  les  tombeaux  qu'à  l'état  de  fragments, 
parce  qu'il  ne  les  avait  pas  trouvées  autrement;  notre  décou- 
verte de  Blehen,  aiii  i  que  la  belle  jatte  n°  31  de  Wals-Beetz  et 
le  superbe  service  de  la  tombe  Hémava,  etc.,  prouvent  surabon- 
damment le  contraire. 

Les  poteries  de  Blehen  que  nous  avons  trouvées  debout  à  la 
place  qu'elles  avaient  d'abord  reçue,  ne  laissent  apercevoir 
aucune  trace  d'avoir  jamais  rien  contenu,  (sauf  toutefois  la 
grande  patère  n'^6).  C'est  pourquoi  elles  semblent  y  avoir  été 
déposées  entièrement  vides.  Nous  avons  trouvé  leur  fond 
uniquement  rempli  de  terre;  mais  à  leur  orifice,  il  y  avait  un 
mélange  de  terre  et  de  cendres  provenant  probablement  de  la 
pourriture  du  bois  du  coffret  de  sépulture. 

On  le  voit,  c'est  la  belle  poterie  samienne  qui  prévaut  dans  la 
tombe  de  Blehen,  comme  dans  ses  deux  voisines,  celles  de 
Braiveset  de  Hémava;  nous  l'avons  trouvée  très-rare  dans  les 
tumulus  de  Fresin  et  de  Wals-Beelz.  Aucun  de  tous  ces  beaux 
objets  en  terre  samienne  de  la  tombe  Hémava  (Montenaken), 
richement  ornés  de  la  feuille  de  lierre,  ne  porte  la  marque  de 
leur  artiste  ;  mais  la  tombe  de  Blehen,  (aussi  celle  de  Braives), 
révèle  autant  de  sigles  que  d'exemplaires.  Le  nom  très-connu 
de  Vitalis  s'y  trouve  jusqu'à  trois  fois  et  de  trois  manières 
différentes.  On  peut,  je  crois,  dire  (jue  la  fabrication  des  belles 
poteries  samiennes  a  eu  une  très-iongue  durée,  et  que  leur 
forme  a  moins  varié  que  celle  des  objets  en  bronze  ou  en  verre. 

X"  Pot  ou  olla  en  terre  cuite  ordinaire,  de  couleur  bleuâtre,  à 
bord  plat  et  de  belle  forme  (pi.  II,  tig.  10).  Sa  hauteur  est  de 
0"',i2  et  le  diamètre  de  son  orifice  est  de  0'",18.  Sortie  du 
caveau  et  avant  tout  nettoiement,  elle  offrait  son  extérieur  vers 


(  ')  Traité  des  arts  céramiques,  p.  43'.',  sqq.  —  Voir  dans  le  même  sens  M.  l'abbé 
Cochet,  iVorm.  soM/.,  VI,  83;  el  Publications  de  la  Soc.  d'arc  h.  de  Maestricht, 
lu,  204. 


-  162  - 

le  bas  tout  chargé  d'une  crasse  noirâtre  tort  épaisse,  signe 
évident  que  cette  urne  ou  ollula  avuit  été  au  feu  {').  Si  nous 
l'avons  trouvée  à  l'éiai  de  fragments,  la  cause  en  est  la  même 
que  pour  le  n"  1.  —  Venons  maintenant  à  nos  trois  objets  en 
verre  (*). 

XI»  Un  flacon  en  verre  bleuâtre  (pi.  II,  fig.  il),  mesurant  27' 
de  haut  avec  une  gronde  panse  ronde  d'un  diamètre  de  17%  ornée 
de  stries  ou  côtes  concentriques.  Le  col  et  l'anse  de  celte  carafe 
sont  démesurément  longs  (0"\'lS).Elle  est  munie  d'un  pied  haut 
de  2  1/2  c.  A  ce  genre  de  bouteille  de  forme  et  de  goût  mauvais 
ou  exagérés,  je  ne  connais  pas  d'analogue. 

XII"  Verre  ou  goblet  à  boire  (  pi.  II,  fig.  12),  d'une  hauteur  de 
0'",9  et  d'une  forme  assez  belle,  peu  ou  point  connue. 

XIII"  Carafe  ou  flacon  en  verre  bleuâtre  (pi.  II,  tîg.  13).  Elle 
est  haute  de  O'^jSOeih  panse  conique  et  vilaine,  panse  mesurant 
13'=  de  haut  et  17«  de  large  k  la  base,  ornée  verticalement  de 
côtes  en  relief  et  munie  d'un  pied,  haut  de  5^  Ce  flacon,  de 
forme  excentrique  et  de  lrès-m;iuvais  goiîl,  marquant  une 
époque  de  décadence,  h  col  et  anse  excessifs,  d'une  longueur 
d'au  moins  15  centimètres. 

La  tombe  de  Wals-Beetz  nous  a  fourni  (pi.  V,  fig.  22),  une 
bouteille  semblable,  un  peu  moins  difforme  cependant.  La 
tombe  de  Braives,  dite  d'Avennes,  en  contenait  quatre  à  panse 
moins  large  et  à  fond  plat  sans  pied  (^).  En  fait  de  difformité, 
certes  celh'S-ci  ne  le  cèdent  en  rien  h  leur  analogue  de  Blehen. 

Comme  ces  trois  objets  en  verre  avaient  été  phicés  au  milieu 
du  coffret  tumulaire,  ils  ont  eu  le  plus  à  souffrir  de  la  chute 


(*)  Les  fouilles  que  le  savanl  pré.sident  de  la  Société  d'archéol.  datii  te  Duché 
du  Limb.,  M-  Uabels,  a  faites  dans  le  cimetière  de  Beryli-Terblyt,  lui  ont  fourni 
des  fragments  dn  plusieurs  de  ces  urnes  noircies  par  le  feu  et  qu'il  qualifie  d'oUa 
ou  de  pot-a-feu.  (Voir  les  Publications  de  celle  Société,  III,  191,  194,  198  et  iOl.) 

;*)  Selon  de  Monlfaucon.  le  verre  était  commun  chez  les  Romains,  pour  ce  qui 
regarde  les   bouteilles,   les  coupes,  les  tasses  ou  petits  plateaux. 

(»  )   Bull,  de  l'imt.  arcli.  iiéy.,  XII,  pi.  VII,  fig.  6  et  7. 


—  163  - 

des  planches  du  couvercle  à  demi-consumées,  poussées  par  le 
lourd  poids  du  bloc  que  l'on  connaît  ;  aussi  étaient-ils  brisés 
en  nombreux  et  menus  morceaux.  C'est  par  le  milieu,  en  efiei, 
que  le  couvercle  a  dû  d'abord  et  le  plus  facilement  céder,  et 
moins  facilement  le  long  des  parois,  où  les  objets  qui  y  étaient 
déposés  ont  été  généralement  conservés  intacts  ('). 

Virgile,  parlant  des  funérailles  d'Anchise,  dit  qu'Enée,  se 
conformant  à  l'ancien  Rituel  funèbre  des  Romains,  répandit  sur 
la  terre,  en  forme  de  libations,  deux  grands  vases  de  vin  pur, 
deux  de  lait  nouveau  et  detix  du  sang  des  victimes  (^).  Ici,  à 
Blehen,  il  y  a  quelque  chose  qui  ressemble  à  cette  cérémonie 
par  les  deux  flacons,  les  deux  ou  trois  patères,  les  deux  ou  trois 
jattes;  mais  ces  objets  ne  sont  pas  exactement  pairs,  ni  iden- 
tiques de  forme  et  de  grandeur  (').  Le  nombre  des  objets  ana- 
logues, mais  non  identiques,  a  été  bien  plus  grand,  à  Braives, 
en  fait  de  poteries;  à  Fresin  pour  les  fioles;  à  Wals-Beetz  pour 
les  plateaux.  L'un  des  tumulus  de  Seron  (Forville)  a  fourni 
jusqu'à  11  soucoupes  de  même  forme.  Il  est  permis,  je  pense, 
d'en  conclure,  qu'à  l'époque  de  ces  lombes,  les  rites  funèbres 
étaient  moins  bien  connus  ou  observés  que  du  temps  de  Virgile, 
et  qu'ainsi,  avec  le  laps  de  temps,  quelque  sacrés  qu'ils 
restassent  aux  yeux  des  familles,  ils  se  modifièrent  s'en  allant 
successivement  dans  le  vague  et  en  partie  dans  l'oubli. 

C'est  probablement  dans  le  même  sens  d'altération  des 
anciennes  cérémonies  funéraires,  lesquelles,  depuis  bien  long- 

(M  C'est  aussi  vers  le  centre  du  caveau  que  les  objets  en  verre  se  trouvaient  à 
Braives,  comme  les  fioles  à  Fresin  et  les  beaux  plateaux  à  Wals-Beetz,  où,  par  une 
même  cause,  ces  plateaux  avaient  été  broyés  et  non,  comme  on  aurait  pu  le  croire, 
dévitrifiés. 

(*)  «   Hic  duo  rite  mero  libans  carchesia  Baccho 

»  Fundit  humi,  duo  lacté  novo,  duo  sanguine  sacro.  » 

ViRG.,  Aen.^  V,  77. 
(')  Cf.  M.  Van  Bastelaer  dans  le  Bull,  des  corn.  roy.  d'art  e.i  d'arch.,  XV,  272. 
—  Comme  pour  la  tombe  de  Blehen,  on  peut  dire  la  même  chose  des  objeis  de  la 
tombe  de  l'Empereur.  [Bull,  de  l'imt.  arch.  liég.,  XII,  497,  sqq. 


-  164  - 

temps,  n'étaient  plus  que  de  simples  habitudes  devenues 
quelque  peu  arbitraires,  étant  dépourvues  de  règle  ou  de 
croynnce, — qu'il  faut  inlerpiêler  le  petit  nombre  de  treize 
objeis  seulement,  assez  précieux  cependant  et  variés  considérés 
en  eux-mêmes,  que  renfermait  le  caveau  de  Blelien,  tandis  que 
d'autres  tombes  que  j'ai  visitées,  celles  de  Fresin  et  de  Wals- 
Beetz,  tombes  avec  chambres  sépulcrales  h  grandes  dimensions, 
en  contenaient  de  40  à  50  <  ').  On  ne  peut,  en  effet,  attiibuer 
cette  notable  diminution  dans  la  vaisselle  funéraire  h  une  posi- 
tion présumée  subalterne  ou  à  une  richesse  limitée  du  défunt, 
car  son  tombeau  apparent  (le  tumulus)  est  aussi  beau,  aussi 
grand  que  les  autres;  ni  aux  dimensions  étroites  de  la  fosse 
sépulcrale,  car  on  avait  la  bêche  pour  l'élargir. 

Voici  donc  parmi  les  objets  qu'on  trouve  souvent  dans  les 
tombeaux,  ceux  qui  faisaient  défaut  à  Blehen.  D'abord,  a.  point 
de  ces  objets  d'usage  corporel  qu'on  enterrait  avec  le  mort, 
comme  lui  ayant  été  consacrés  pendant  la  vie,  tels  que  bijoux 
ou  coffrets  à  bijoux,  perles,  amulettes,  styles,  ornements  de 
toilette,  miroirs,  aiguilles  i\  cheveux,  tessères  de  jeux  ou  dés, 
etc.  Les  sépultures  de  Braives  et  de  l'Empereur  (Moxhe)  en 
étaient  dépourvues  pareillement;  —  b.  ni  lampe  sépulcrale, 
comme  il  n'y  en  avait  non  plus  dans  la  tombe  de  Celles,  de 
VEmpereur,  de  Braives,  où  cependant  il  a  été  trouvé  une  espèce 
de  lampadaire;  mais  les  tumulus  de  //d'maw/,  de  Fresin,  de 
Wals-Beetz,  de  Thisnes,  etc.  en  ont  révélé  plusieurs;  —  c.  ni 
enfin  monnaie  funéraire,  ce  que  n'ont  pas  fourni  non  plus  les 
tombes  de  VEmpereur,  de  Vaux,  de  Celles,  de  Héron,  ni  les 
petites  fosses  des  trois  tumulus  de  Seron  (^)  ;  mnis  les  tumulus 

(  ')  Le  tumulus  de  Braives,  dont  le  caveau  n'était  profond  que  de  70  c,  renfer- 
mait un  pareil  nombre  ;  mais  celui  de  Saventhem,  malgré  sa  belle  chambre  mor- 
tuaire maçonnt'e  et  son  préoieux  sarcophage,  n'en  a  fourni  que  onze;  et  quant  aux 
deux  lombes  dont  il  a  été  parlé  d'après  Caillot,  l'une  en  renfermait  2'2  a  24,  et 
l'autre  treize  seulement. 

')  Les   12  pièces  de  monnaies  trouvées   dans  le  tumulus  de  Corlil-Noirmont 


—  465  — 

de  Hémava,  de  Fresin,  de  Wals-Beetz,  de  Thisnes,  de  Braives, 
etc.  en  contenaient. 

Le  défunt,  dont  ce  grand  tertre  ou  tombeau  apparent  rappelle 
et  honore  la  mémoire  depuis  tant  de  siècles,  devait  avoir  eu, 
comme  c'est  à  présumer,  son  séjour  dans  les  environs  de 
Blehen.  Mais  à  Blehen  même,  on  ne  trouve  pas  de  trace  d'une 
villa  romaine;  il  n'y  a  pas  même  de  ruisseau  {*).  C'est  pourquoi 
je  suis  assez  porté  à  mettre  la  tombe  de  Blehen  en  relation  avec 
la  villa  belgo-romaine  de  Bertrée,  explorée  par  l'auteur  de  ce 
rapport  en  1872  {^). 

Vî.  Après  la  demeure,  on  peut  demander  à  quel  peuple  le 
défunt  de  Blehen  appartenait  :  s'il  était  pur  Romain,  ou  Belgo- 
romain  ou  enfin  Franco-romain  (tous  sujets  de  l'empire),  termes 
qui  s'éclairciront  en  indiquant  rapidement  ceux  qui  cultivèrent 

portaient  des  traces  de  combustion.  (Bull,  àes  com.  roy.  d'an  et  d'arch.,W\\, 
452.  I  —  Voici  quelques  cimetières  Germano-  (  ou  Franco)- Belges  ou  Romains  de 
l'époque  de  la  crémation,  qui  n'ont  révélé  aucune  monnaie  :  le  Tombeux  (Avernas- 
le-Bauduin);  le //ae/wèerj/ (Wals-Wezeren)  ;  celui  de  Grez-Doiceau,  près  de  Bonlez, 
pays  de  Wavre;  et  celui  d'Elewyt,  c'est-à-dire  cette  partie  de  l'ancien  cimetière 
belgo  romain  que  les  Germano-Belges  ont  continuée, (/l?ina/.  de  l'Acad.  d'arch.  de 
Betg-,  2»  série,  tora.  IX,  783)  :  «  Cet  établissement  d'Elewyt,  dit  M.  Van  Dessel, 
»  qui  l'a  exploré  (i7»irf.,  X,  525),  était  en  communication  directe  avec  la  Hesbsye 
»  et  la  Germanie,  car  on  ne  doit  pas  perdre  de  vue  qu'une  voie  romaine  allait  de 
i>  Louvain  à  Tirlemont,  et  de  cette  ville  à  Tongres  par  St-Trond.  Celte  voie  ne 
»  peut  être  que  la  continuation  de  la  chaussée  romaine  d'Elevi'yt  à  Louvain.  »  — 
Parmi  les  cimetières  franks  de  l'époque  d'inhumation,  aussi  dépourvus  de  monnaies, 
on  peut  indiquer  les  suivants,  déjà  cités  :  ceux  de  Jauche;  d'Erabresinaux  ;  de 
Fall-Mheer;  de  Sluse,  d'Angleur,  etc. 

(•  )  Il  y  a  derrière  l'église  de  Blehen  une  petite  campagne  élevée  qui  fait  pente 
vers  le  Sud-Est.  Un  jour,  j'y  ai  trouvé,  dans  le  sentier,  un  fragment  de  tuile  à 
rebord,  passant  par  là  en  1872-73  pour  faire  visite  à  la  tombe  de  Braives.  Mais 
toute  inspection  ultérieure  de  ce  plateau  a  été  infructueuse.  —  Quant  à  l'absence 
de  ruisseau,  un  renseignement,  communiqué  récemment  par  M.  le  curé  de  l'endroit, 
contient  :  «  Que  là  réellement,  au-dessus  de  Lens,  se  trouvait  autrefois  une  source 
»  qui  coulait  continuellement,  mais  faiblement,  en  traversant  Lens  ;  mais  qu'à  la 
»  suite  du  tremblement  de  terre  de  1828,  celte  source  a  complètement  cessé  de 
"  couler.  » 

C)  Bulletin  rie  l'Institut  archéologique  liégeois,  XII. 


—  166  - 

le  sol  de  l'empire  romain  en  Belgique  à  dater  de  la  conquête 
par  Jules  César  jusqu'à  rinvasion  générale  des  barbares  en  407. 
Après  la  conquête,  César  confirma  les  Gaulois,  y  compris  les 
Belges,  dans  leur  antique  liberté  (pas  indépendance),  et  leur 
conserva  leurs  lois  et  leur  gouvernement  national  (Caîs.,  B.  G., 
I,  45).  Lors  donc  que  César  quitta  les  Gaules,  les  Belges,  c'est- 
à-dire  les  Nerviens  et  les  Tréviriens,  —  car  les  Atuatiques  et 
les  Eburons  avaient  cessé  d'exister,  —  obtenaient  le  titre  de 
peuples  libres  [liberi,  fœderali),  c'est-à-dire  qu'ils  gardaient 
leurs  chefs  nationaux  et  leurs  antiques  lois  ou  constitutions, 
tout  en  reconnaissant  les  Romains  pour  leurs  maîtres  et  souve- 
rains, et  à  la  seule  condition  de  veiller  à  la  défense  de  la  fron- 
tière septentrionale  do  l'empire  et  de  servir  dans  les  armées 
romaines  comme  troupes  auxiliaires.  L'empereur  Auguste  leur 
conserva  ces  mêmes  prérogatives  (');  et  en  transférant,  dans 
les  déserts  de  la  Belgique,  les  Tongrois,  les  Toxandres,  les 
Béthasiens  et  les  Suniques,  il  paraît  leur  avoir  octroyé  les 
mêmes  privilèges  qu'aux  anciens  habitants,  en  leur  imposant 
les  mêmes  devoirs  et  obligations.  Aussi  Tacite  nous  dit-il  que 
dans  la  guerre  ou  insurrection  desBataves  contrôles  Romains, 
sous  l'empereur  Vespasien  (an. 74),  les  Béthasiens,  les  Tongrois 
et  h'S  Nerviens  se  trouvent  d'abord  dans  l'armée  de  Claudius 
Lalieo  et  qu'ils  finirent  par  prendre  le  parti  de  Civilis,  qui  était 
déjà  à  la  tête  des  Bataves,  des  Tréviriens  et  des  Suniques  (*). 


(')  «  Augustus  intur  subditos  provincias  ex  more  Komanorum  ordinavil  ; 
/œde/a/os  conlra  palriis  semper  legibus  suis  gubernari  jussit.  »  (  Dio  Cass.,  IV.; 

(*i  ScHAYES,  La  Belgique,  II,  ch.  IV.  —  De  ces  Béthasiens,  plusieurs  oni  servi 
dans  les  It'gions  romaines  en  Angleterre.  On  y  a  retrouvé  des  rescrits  de  Trajan  et 
d'Hadrien  (commencement  du  II'' siécio  ,  licenciant  des  vétérans  Béthasiens.  Un 
souvenir  du  séjour  des  anciens  Béthasiens  se  retrouve  dans  le  nom  des  villages  de 
Geeis-lletz,  de  Belecoin  et  de  IVuls-Beeiz,  prés  de  Moiitenaken  :  <  Deiliasii,  dit 
»  MvcuEnws,  Betfiium  Ri>ni..  V,  C.  XIV,  184,  Tungris  proximi,  ad  Demerae  fluminis 
»  ripam  auslralem  sinislramque  jacehanl,  prope  vicum  Ueis,  Belhasios  noraine  rel'e- 
•  rcnlem,  inde  versus  Lovanium  Nivellasijue  porrecli  ;  fere  ubi  sub  Julio  Caesare 
'   Advaiici,  Nerviis  confines.  ■• 


-  167  — 

Outre  plusieurs  chefs  civils  et  militaires,  il  y  avait,  dans  le 
pays,  à  côté  de  nos  Germano-Belges,  aussi  appelés  Belgo- 
Romains,  parce  qu'ils  ont  été  à  peu  près  entièrement  roman/ses, 
d'autres  vrais  Romains,  en  assez  grand  nombre,  du  moins  dans 
les  deux  premiers  siècles  depuis  la  conquête,  savoir  les  pré- 
posés des  impôts,  habitants,  peut-on  croire,  de  nos  villas 
romaines,  qui  importaient  avec  eux  en  Belgique  leurs  mœurs, 
leurs  usages  et  leur  luxe  ('). 

Les  anciens  Germano-Belges,  avons-nous  dit,  furent  presque 
lout-à-fait  romanisés.  En  etfet,  après  la  conquête,  pour  faire 
perdre  h  leurs  nouveaux  sujets  le  souvenir  de  leur  ancienne 
indépendance,  les  Romains  travaillèrent  à  efïacer  les  traces  de 
la  nationalité  celtique  ou  germaine,  en  substituant  ù  la  langue, 
au  culte  et  aux  usriges  du  pays,  la  langue,  le  culte  et  les  u?ages 
de  Rome.  Les  eftbrts  tentés  par  Auguste,  Tibère,  Claude  et  par 
leurs  successeurs  paraissent  avoir  été  couronnés  d'un  grand 
succès.  Mais  un  tel  résultat  n'a  pas  été  obtenu  quant  aux  nou- 
velles colonies  germaniques,  admises  dans  le  pays,  vers  la  fin 
du  IIP  et  au  IV'' siècle,  pour  cultiver  les  divers  endroits  que, 
profitant  de  la  décadence  de  l'empireà  cette  époque, elles-mêmes 
avaient  rendus  déserts  par  leurs  fréquentes  invasions  accom- 
pagnées d'immenses  dévastations. 

Ce  fut  ainsi  que  vers  l'an  277,  l'empereur  Probus  transféra 
dans  les  Gaules  une  multitude  de  Francs,  prisonniers  de  guerre (^). 

(*)  «  Les  places  des  finances,  la  ferme  des  impôts,  dit  Franz  de  Charapagny, 
Les  Césars,  I,  30,  édil.  Loiiv.  ),  engraissaient  (sous  les  l"""*  Césars)  bien  des  for- 
tunes des  chevaliers  (nouvelle  aristocratie).  Ces  publicains,  comme  on  les  appelait, 
formés  en  compagnies  comniprciaies,...  répandus  par  tout  l'empire,  espioitant 
toutes  les  procnices,  correspondaient  par  un  service  de  postes,  organisé  par  eux 
seuls,  de  l'Orient  à  rOccident,  de  l'Asie  en  Espagne.  Leur  cenn-e  était  à  Rome  ; 
toutes  ces  sociétés  y  avaient  leur  représentant.   » 

")  «  Avanliir  galllcana  rura  bobus  barbaris,  »  écrivait  Probus  au  Sénat,  parlant 
de  cet  évcnem.'nt,  «  et  juga  germanica  captiva  prsebent  nosiris  colla  cultoribus  ; 
»  pascuntur  ad  nostrum  aliraonium  gentium  pecora  diversarum.  »  (Vopisc.  in 
Probo,  15  ) 


—  168  - 

14  ans  après,  Maximien  donna  à  une  autre  colonie  de  Francs 
une  partie  des  terres  incultes  des  Tréviriens  et  desNei'viens(*). 
Constance-Chlore  agit  de  même  à  l'égard  des  Cauques  et  des 
Frisons  après  avoir  reconquis  la  Batavie  qu'ils  avaient  envahie  ( -). 
Ces  colonies  germaniques,  fixées  en  Belgique,  gardèrent  leurs 
lois  et  coutumes  avec  leurs  princes  nationaux  sous  les  formes 
extérieures  de  l'administration  provinciale  que  les  Romains 
avaient  établie  sur  la  Gaule  entière  (').  Leurs  mœurs  et  usages, 
leur  langue  et  leur  culte  furent  maintenus  h  peu  près  sans  alté- 
ration jusqu'à  la  fm  delà  domination  romaine.  Elles  vivaient 

(')  «  Tuo,  Maximlane  Auguste,  nutu  Nerviorum  (entendez  ceux  du  Hainaut, 
d'Alost  et  de  Bruxelles  i  et  Trevirorum  ara  jacenlia  lœlus  postliminio  restitulus  et 
receptus  Francus  excoluit.  »  {Eumen.^  in  fine  Pa)ie<j.  10  Maxim,  llerculei.)  Les 
termes  «  poslliminio  receptus  »  indiquent  que  les  Francs  occupaient  déjà  ces  lieux 
antérieurement  à  Maximien  qui,  en  effet,  après  leur  invasion  dans  la  Balavie  et 
d'autres  terres  en-deçà  du  Rhin,  les  en  avait  chassés,  d'après  un  autre  panégyriste. 
(Incerii  paney.  Maxim,  et  Constant.,  i.)  D'oii  BUCUERIUS,  llelg.  Rom.,  VII,  c.  VI, 
lire  cette  conclusion  :  «  Francos  ipsos  paulo  ante  (an.  294)  Bataviam  aliosque  cis 
»  Rhenum  terras  invasisse,  tenuisseque  ;  mox  ab  Constantio  superatos  in  Trevero- 
»  rum,  Nerviorum  Belgarumque  noslrorum  déserta  vastalaque  loca  translates  ; 
»  pror&us  ut  Belgica  nostra,  priusquam  Francis  postea  plane  victoribus  tota  sub- 
»  derelur,  non  paucis  Francorum  colonis  insideretiir.   » 

(')  ScHAïES,  La  BeUj.,  I,  397  ;  —  Bucherius,  loc.cit. 

Cj  La  position  de  ces  nouvelles  colonies  germaniques  dans  le  pays  est  assez 
bien  indiquée  par  De  Petigny,  Etude  sur  l'Iiist.,  les  lois  et  les  i)istir.  de  l'époque 
méroving.,  dont  je  cite  ces  passages  :  «  Les  guerriers  germains  colonisés,  dil-il, 
I,  130,  139,  s'établissaient  avec  leurs  familles  dans  les  cantonnements  qui  leur 
étaient  assignés;  ils  y  vivaient  sous  le  gouvernement  immédiat  de  leurs  chefs;... 
ils  y  suivaient  leurs  lois  ou  plutôt  leurs  coutumes  nationales,  et  n'étaient  rattachés 
à  l'empire  que  parleur  condition  du  service  militaire  et  le  serment  prêté  à  l'empe- 
reur comme  chef  de  l'armée.  —  Ces  barbares  incorporés  dans  les  armées  romaines, 
établis  sur  les  terres  du  domaine  impérial,  sont  désignés  dans  les  écrits  des 
historiens  du  bas  empire  et  dans  les  actes  publics  coniemporaius  sous  lo  nom  de 
Lèles,  Lœii,  et  les  terres  qui  leur  étaient  assignées  sont  appelées  terres  léliques, 
lerrœ  lœticœ.  Le  nom  que  les  auteurs  latins  appliquent  le  plus  généralement  aux 
barbares  établis  sur  les  terres  impériales,  était  celui  de  fœdemti.  En  effet,  ces 
établissements  avaient  toujours  pour  origine  un  traité  qui  concédait  au  peuple 
colonisé  une  certaine  étendue  de  territoire,  sous  la  condition  du  service  militaire 
et  de  la  reconnaissance  implicite  de  la  majesté, ou  si  l'on  veut  employer  l'expression 
féodale,  de  la  suzeraineté  de  l'empire.  »  (V.  Lex  Vil,  Digest.,  De  captiv.  et 
posilim.) 


169 


ainsi,  peu  ou  point  romanisées,  parmi  ou  à  côté  des  anciens 
Germano-Belges  qui  l'étaient  presque  tout-à-fait. 

Dans  le  cours  du  IV«  siècle,  les  Germains  d'Outr<^-Rhin  ne 
crurent  pas  même  nécessaire  de  recourir  à  l'autorité  romaine, 
déjà  fort  affaiblie,  pour  s'établir,  selon  leur  bon  plaisir  (;;rce/î- 
center),  sur  des  terres  à  leur  convenance,  appartenant  au 
domaine  public.  C'est  ainsi  que  Julien  l'Apostat,  créé  César  et 
envoyé  sur  les  lieux  par  l'empereur  Constance  (f  355),  trouva 
les  Francs  Saliens  établis  dans  la  Toxandrie,  où  ils  vivaient  en 
nation  entièrement  libre  et  indépendante  des  lois  de  l'empire  {*). 
Il  leur  permit  d'y  résider,  à  condition  de  reconnaître  l'autorité 
de  l'empereur  (^). 

Maintenant  que  nous  connaissons  les  peuplades  qui  occupè- 
rent le  sol  de  la  Belgique  sous  l'empire  romain,  nous  rangeons 
le  tumulus  de  Blehen  parmi  les  tombes  romaines,  datant  cepen- 
dant, croyons-nous,  des  temps  postérieurs  de  la  domination 
romaine.  Quant  aux  cimetières  du  Haemherg  (Wals-Wezeren)  et 
le  Tomheux  d'Avernas-le-Bauduin,  ainsi  que  la  tombe  de  \'Em- 
pereur,  et  celles  dont  parlent  Schayes  (^)  et  Van  Hasselt  (*), 

(*)  «  Petit  (Julianus)  primos  omnium  Francos,  eos  videlicet,  quos  consuetudo 
»  Salios  appellavit,  ausos  olim  in  Romano  solo  apud  Toxandriam  locum  habitacula 
»  &\bi  dgeve  prœlicenter.  »  (Amm.  Marcel.,  XVII,  8.)  —  «  Le  terme  olim,  dit  M. 
Schayes,  La  Belg.,  I,  399),  indique  qu'ils  occupaient  cette  contrée  depuis  un  assez 
long  espace  de  temps.  » 

(*)  «  Suscepi  quidem  partem  Saliorum,  Chamavos  vero  expuli,  >  écrivait  Julien. 
—  Qu'il  me  soit  permis  d'ajouter  comme  échantillon  des  dévastations  exercées, 
dans  le  IV»  siècle,  par  les  Germains  d'Outre-Rhin  dans  les  Gaules  et  la  Belgique, 
ce  que  rapportait  Julien  {Orat.  I),  se  trouvant  sur  les  lieux  :  «  Jam  imunnera 
Germanorum  multitudo  circum  eversa  per  Gallias  oppida  commorabatur.  Quorum 
numerus  oppidorum  ad  45  pervenerat,  burgis  et  castellis  minoribus  oraissis.  Agri 
vero  quem  cis  Rhenum  oblinebant  barbari,  lanlumerat  spatium,  quantum  a  fonlibus 
illius  ad  Oceanuni  usque  porrigilur.  Poslremi  autem  illorum,  a  finibus  noslris 
cilimi  (fort  voisins  de  tious),  Irecentis  a  Rheni  ripa  stadiis  distabant.  Sed  triplo 
adhuc  amplior  regio  populationibus  illorum  et  excursionibus  vasta  erat  et  inculta  : 
ubi  ne  pascendi  quidem  poteslas  Gallis  fieret.  Erant  et  urbes  aliquot  oppidariis 
vacuse,  etsi  nondura  vicinos  haberent  barbaros.  » 

(')  Schayes,  Hist.  de  l'arch.  en  Belg.,  1, 11  et  18  ;  —  La  Belgique,  1, 118  sqq.; 
299  sqq.;  11,135. 

(*)  Van  Hasselt,  Hist.  des  Belg.,  II,  57. 


-  170  — 

et  bon  nombre  d'autres  tumulus  et  cimetières  dans  la  province 
de  Namur,  de  l'époque  de  la  crémation,  ils   proviennent, 
selon  nous,  des  Germano-(ou  Franco- )  Belges,  peu  romanisés, 
n'ayant  été  admis  dans  l'empire  que  depuis  la  fia  du  III"  ou  au 
IV<^  siècle  (').  Et  pour  ce  qui  regarde  les  petites  tombes  de  la 
Campine,de  Grez-Doiceau,etc.,  aussi  de  l'époque  d'incinération, 
tombes  qui  n'ont  pas  plus  d'un  mètre  d'élévation  et  contiennent 
des  poteries  de  facture  grossière  et  de  cuisson  imparfaite,  nous 
les  attribuons  aux  Germano-  (ou  Franco-)  Belges  qui,  de  leur 
propre  autorité  (prœlicenler),  ont  pris  possession  d'une  partie 
du  pays  au  IV«  siècle.  Mais  les  cimetières  de  la  période  d'inhu- 
mation, comme  sont  ceux  de  Jauche,  d'Embresinaux,  de  Sluse, 
de  Fall-Mheer,  d'Angleur,  de  Bas-Oha,  etc.  proviennent  des 
Franks,  maîtres  définitifs  du  pays  depuis  la  chute  de  l'empire 
romain  en  Belgique  [t  circa  450]. 

VII.  Quel  est  l'âge  delà  tombe  de  Blehen? 

Il  y  en  a  qui  font  de  grands  efforts,  on  ne  sait  trop  pourquoi, 

('  )  On  lit  dans  le  Bull,  des  corn.  roy.  d'art  et  d'arch.,  XV,  237,  que  «  les  envi- 
rons de  Hannutet  de  Landen  recèlent  de  nombreux  cimetières  de  l'époque  franke.  » 
Dans  le  canton  de  Landen,  l'auteur  cite  le  Tombeux  d'Avernas-le-Bauduin  et  le 
Haemberg  Wezeren),  cimetières  que  j'ai  explorés  en  1863-64.  D'après  lui,  ces 
cimetières  contiennent  o  des  sépultures  j/uToi'nfgienHes  (!),  c'est-à  dire  postérieures 
à  la  fin  du  V«  siècle  ;  mais  il  oublie  qu'ils  sont  de  l'époque  de  la  crémation. 
Ailleurs,  Bull,  de  l'Iiisi.  arch.  tiég.,  XII,  205,  grâce  à  son  nouveau  système  de 
«  similitude  »  entre  vases  et  vases,  par  exemple,  entre  l'un  des  vases  de  la  tombe 
d'Avennes  (Braives)  et  un  autre  du  cimetière  du  Haemherg,  il  dit  que  ce  cimetière 
«  est  bien  romain,  »  «  ce  qui,  ajoute-t-il,  avait  pu  être  révoqué  en  doute  à  cause 
d'une  certaine  apparence  franke  de  quelques  (?)  vases  qui  y  ont  été  découverts.  » 
—  Oui,  dans  le  sens  large,  il  est  romain,  comme  aussi  le  Tombeux,  p:irce  qu'ils 
ont  été  établis  sur  le  sol  et  sous  la  domination  de  l'empire  romain  ;  mais  dans  le 
sens  propre,  ayant  appartenu  à  des  Germano-  (ou  Franco-)  Beiges,  admis  dans 
l'empire  k  la  fin  du  lil»  ou  au  IV»  siècle  (a),  ils  sont  «  indubitablement  »  franks, 
comme  leur  mobilier  funéraire  le  prouve  à  l'évidence.  (Voir  aussi  les  rapports  de 
M.  Schuermans  sur  nos  fouilles  en  Hesbaye,  pag.  239  et  417  des  tirés  à  part.) 

(Il)  «  Les  Franks,  dit  M.  Van  Hastelaer,  Ann.  de  l'Acud.  d'arch.  de  lielg.,  X,  iCS,  l'-taient  établi» 
dans  l'Kntre-Samliru-et-Msuse  >>  (ajoute?,  et  au-dessus  de  Namur,  duu»  le  canton  Dliuy,  et  puis 
dans  les  canton»  d'Avenne-s  et  de  Landen)  «longtemps  .Tvant  leur  touquéto  et  eu  paix  avec  les 
iodigènes.  • 


171 


ni  pour  quelle  utilité,  afin  de  ramener,  au  moyen  des  monnaies 
antiques  et  des  poteries  fines,  surtout  les  samienues,  tous  noâ 
tumulus,  toutes  nos  villas,  ainsi  que  nos  cimetières  romaine, 
aux  deux  premiers  siècles  de  notre  ère.  N'en  faisait-on  donc 
plus  de  tumulus  au  IIP  et  IV''  siècle?  Ne  conslruisait-On  plus 
alors  de  villas?  N'éiablissait-ou  plus  de  cimetières?  Ou  bien 
quand  donc  nous  sera-t-il  donné  de  retrouver  les  lieux  de  séjour 
et  d'enterrement  de  ceux  qui  vivaient  alors? 

Il  n'est  donc  pas  sans  quelque  importance  de  rechercher,  si 
et  jusqu'où  les  monnaies  du  haut  empire  et  les  poteries  ont  une 
valeur  probante  h  cet  égard. 

Commençons  par  les  poteries. 

Des  vases  munis  du  même  sigle,  trouvés  dans  les  endroits  bu 
pays  les  plus  éloignés  les  uns  des  autres,  prouvent  l'extension 
commerciale  que  les  fabricants  d'Italie  (ou  des  Gaules)  savaient 
donner  aux  produits  de  leurs  établissements  par  le  colportage 
des  marchands  ambulants.  Aussi  Pline  nous  dit-il  que,  de  son 
temps  (au  !*'■  siècle),  les  grands  fabricants  de  poteries  faites  au 
tour  exportaient  leurs  produits  de  tous  côtés  par  terre  et  par 
mer ('). C'est  pourquoi  des  découvertes  fréquentes  de  monnaies, 
de  vases,  d'armes  et  d'autres  objets  de  provenance  romaine  se 
font  jusque  dans  les  parties  les  plus  reculées  de  la  Germanie, 
où  ne  pénétrèrent  jamais  les  légions  C). 

Nousavons  déjà  dit  que  la  fabrication  de  la  poterie  fine,  surtout 
de  la  samienne,  a  eu  une  très-longue  durée  (  ').  En  tout  cas,  la 

(^)  Pline,  XXXV,  46  :  «  Hsec  per  maria  lerrasque  ultro  citroqiie  porlantur, 
»  insignibus  rotse  oHicinis.  » 

(')  SCHAYES,  La  Belg.,  Il,  6,  note  6;  et  SCHUERMANs,  Rapport  sur  les  fouilles  de 
Fresin,  pag.  72.  —  «  Est  videre  apud  illos  (les  Germains  d'Outre-Rhin,  non  soumis), 
»  argentea  vasa,  legatis  et  principibus  eorum  muneri  data.....  proximi,  ob  usum 
«  coramerciorura,  formas  quasdam  nostrse  pecuniae  agnoscunt  atque  eligunt.  » 
(Tacit.,  m.  g.,  §  s,  fin  du  i^'  et  commencement  du  11*  siècle.  ) 

(  '  )  Le  bon  sens  permet-il,  en  effet,  d'admettre  que  tous  ces  potiers,  connus  déjà 
par  un  nombre  si  grand  de  sigles  et  que  bien  d'autres  encore  feront  connaître, 
aient  tous  appartenu  aux  deux  premiers  siècles  du  haut  empire  ? 


—  172  — 

longue  conservation  de  ces  poteries  dans  les  familles  n'est  pas 
douteuse,  à  peu  près  comme  de  nos  temps,  y  sont  conservées 
ou  avidement  recherchées  les  porcelaines  chinoises,  de  la  Saxe 
ou  de  Sèvres.  On  a  trouvé,  en  effet,  les  poteries  fines,  les 
samiennes,  dans  l'établissement  de  Jupille  à  côté  de  certaines 
poteries  noires  à  ornements  blancs  et  des  monnaies  de  Gordien 
(t237).  Ce  qui  semble  les  faire  durer  jusqu'à  la  fin  du  IIP 
siècle  { '  ).  C'est  vers  cette  époque  ou  postérieurement  que  nous 
croyons  qu'ont  été  érigées  la  tombe  de  Blehen  et  aussi  celle  de 
Braives,  renfermant  de  nombreuses  poteries  samiennes  à  côté 
d'autres  vases  mal  faits  ou  de  mauvais  goût.  En  outre,  le  tom- 
beau frank  en  pierres  maçonnées  trouvé,  en  1868,  à  Fall-Mheer 
contenait,  à  côté  du  squelette,  «  un  mobilier  purement  romain  (^).  » 
De  même  dans  l'antique  cimetière  de  Strée,  «  mi-franc,  mi- 
romain,  »  M.  Van  Bastelaer  a  trouvé,  dans  certaines  sépultures, 
«  réunies  la  hache  du  Franc  et  la  poterie  romaine  (  ^).  » 

Vers  le  temps,  où  de  nombreux  Francs  furent  admis  dans 
notre  pays  comme  sujets  romains,  une  contrefaçon  de  la  poterie 
samienne  est  apparue  en  Belgique.  C'est  ainsi  que  la  poterie 
samienne  du  tumulus  de  Corlil-Noirmoîit  n'avait  pas  la  belle 
couleur  rouge  lustrée  qu'on  lui  connaît  généralement.  «  Elle 
est,  dit  M.  Van  Dessel  dans  son  rapport,  pâle  et  s'enlève  par  le 
simple  frottement  (*).  »  C'est  ainsi  aussi  que  nous  avons  trouvé 
dans  le  cimetière  du  Haemberg  (Wezeren)  a  une  sorte  de  bol 
(pi.  IV,  fig.  26),  en  poterie  rouge,  revêtue  d'ornements  en 
relief  et  d'un  vernis  à  l'instar  de  la  poterie  samienne,  mais 

(•)  Bull,  de  Vlmt.arch.hég.,\\,  49S. 

(*)  liull.  de  la  Soc.  scient,  et  lut.  de  Limb.,  IX,  319. 

(*)  Annal,  de  l'Acad.  d'arch.  de  Bely.,  X,  468.  Mais  «  on  sait,  a-t-on  dit,  que 
les  Francs  qui  ont  succédé  aux  Romains  dans  la  conquête  de  notre  sol,  se  sont 
encore  pendant  longtemps  servi  des  objets  i  vases,  poteries,  monnaies)  délaissés  par 
ces  derniers.  »  S'ils  ont  été  c/é/am-^s,  ils  devaient  encore  exister  (Cf.  Bull,  de  l'Insi. 
arch.Uég.,  XII,  218). 

l*;  Bullel.  des  corn.  roy.  d'art  et  d'arch.,  XIII,  456. 


-  173  — 

n'adhérant  pas  la  pâte.  Ce  dernier  objet,  ajoute  M.  Schuermans, 

reporte  le  cimetière  du  Haemberg  à  l'ère  romaine,  mais à  la 

décadence  (').  » 

Alors  pareillement  s'est  révélée  une  autre  espèce  de  poterie, 
savoir  «poterie  grossière  à  peine  cuite, poterie  s'émiettantdans 
les  doigts  et  n'ayant  pas  du  tout  les  caractères  de  la  poterie 
romaine.  »  C'est  ainsi  que  M.  Schuermans  décrit  un  vase  que 
nous  ont  fourni,  en  1864,  nos  fouilles  dans  la  tombe  de  Middel- 
winde  (^).  Tels  étaient  aussi,  en  général,  les  vases  trouvés,  en 
1863,  dans  le  cimetière  frank  du  Haemberg  (de  l'époque  de  la 
crémation)  :  «vases  d'une  terre  grossière  de  couleur  rose, 
grise  ou  noirâtre,  et  non  ou  à  peine  façonnés  au  tour,  »  lesquels, 
selon  M.  Schuermans,  semblent  avoir  été  cuits  surplace  ou  dans 
le  voisinage'i^).  »  Un  pareil  vase  a  été  trouvé  au  fond  de  la  cave 
de  la  villa  du  Rondenbosck,  «  vase  en  terre  grossière,  à  peine 
cuite  »  et  qui  «  s'est  pour  ainsi'dire  émietté  dans  les  mains  des 
inventeurs  «  au  point  «  qu'à  peine  un  tesson  en  a  pu  être  des- 
siné. »  Ce  vase,  ainsi  qu'un  autre,  «  à  dessins  en  hachures  qui 
ne  paraissent  pas  romains,  »  prouvent  que  cet  établissement 
appartient  «  à  une  époque  plus  récente  (*).  »  Je  citerai  encore 
a.  deux  vases  «  en  terre  très-commune,  peu  cuite  et  excessive- 
ment friable  »  trouvés, 'du  reste,  dans  la  tombe  germanique  de 
l'Empereur,  tombe  de  l'époque  de  la  crémation  et  faite  dans  les 

(*  )  Rapports  sur  nos  fouilles  en  Hesbaye,  p.  24i  des  tirés  à  part.  ^^ 

(*)  Schuermans,  Rapports  sur  nos  fouilles  en  Hesbaye,  pag.  220  (pi.  III,fig.i4). 
«  Mais  pouvant  être,  ajoute-t-il,  tout  simplement  un  \Sise  fait  sur  les  lieux  mêmes.  » 

(')  Ibid.,  p.  241.  —  Ces  vases  indiquent  que  ce  cimetière  de  l'époque  romaine 
doit  être  rapporté  vers  le  déclin  de  l'empire,  ce  que  confirment  et  la  monnaie  de 
Tetricus  (f  268),  trouvée  dans  les  substructions  voisines  da Lazaret  {ibid.,  p.  242), 
et  les  tuiles  difformes  et  mal  cuites  de  cet  établissement,  semblables  à  celles  de  la 
villa  du  Kloosterhof  (Neerlanden)  et  à  une  partie  de  celles  de  la  villa  de  Bertrée. 
«  Aux  temps  plus  récents,  dit  M.  Schuermans  {ibid.,  p.  417),  appartiennent  les 
»  poteries  (frankes?)  du  Tombeux  d'Avernas-le-Bauduin  et  les  poteries  (delà 
»  décadence?)  du  cimetière  du  Haemberg  (Wezeren).  » 

(*)  Schuermans,  Rapport  (tiré  à  part),  pag.  482-83,  pi.  V,  fig.  41,  et  pi.  VI, 
fig.  42. 


—  174  - 

temps  postérieurs  de  l'empire  (').  b.  Les  fragments  d'une  urne 
«  de  facture  grossière  et  de  cuisson  imparfaite  »  trouvée  dans  le 
cimetière  Germano-Belge  de  Grez-Doiceau  (-).  c.  Enfin,  quant 
au  cimetière  d'Elewyt  mi-franc,  mi-romain,  M.  VanDessel  cite, 
pour  la  partie  «  Germano-Belge  »  :  «  deux  jattes  en  terre  gri- 
»  sâtie,  grossièrement  façonnées  et  à  peine  cuites  comuie  seuls 
»  objets  intacts  qu'on  ait  pu  recueillir  dans  ce  cimetière  Ger- 
»  mano-Belge.  »  D'après  lui,  «  le  nombre  d'urnes  ensevelies 
»  dans  ce  terrain  devait  cependant  être  considérable,  et  nous 
M  ne  pensons  pas, dit-il,  nousécarter  de  la  vérité  en  évaluant  ce 
»  nombre  à  plus  de  deux  cents.  Malheureusement,  ajoute-t-il, 
»  dès  qu'on  voulait  les  enlever,  elles  s'émiettaient  dans  les 
»  mains;  souvent  même  elles  étaient  déjà  réduites  en  poussières 
»  avant  que  la  bêche  de  l'ouvrier  les  atteignît,  et  on  ne  recon- 
»  naissait  l'endroit,  où  elles  avaient  été  i)lacées,  qu'à  un  amas 
»  de  terre  noire  mêlée  d'ossements  calcinés  et  de  cendres  de 
»  bois  (  ^  ) .  )) 
De  ce  qui  précède,  c'est-à-dire  de  la  longue  durée,  si  pas 

(  '  )  Bull,  de  ilnst.  arch.  liég.,  XII,  498.  —  Les  vases  funèbres  de  cette  tombe, 
entre  autres,  prouvent  que  les  nouveaux  Germano-Belges,  comme  les  anciens, 
faisaient  provision,  auprès  des  marchands  ambulants,  de  la  poterie  romaine,  tant 
de  la  fine  que  de  toute  autre. 

(*  )  Bull,  des  corn.  roij.  d'art  et  d'arch.,  XIII,  170. 

(')  Bull,  de  l'Acad.  d'arch.  de  Belgique,  IX,  783.  —  On  a  dernièrement  fait  de 
vains  efforts  pour  faire  passer  cette  poterie  grossière  et  mal  cuite  pour  de  la  poterie 
«  parfaitement  »  romaine  i  !)  en  prétendant  «  que  l'on  ne  doit  plus  rapporter  cette 
»  poterie  exclusivement  aux  populations  germaniques,  »  parce  que,  dit-on,  «  toute 
la  poterie  romaine,  pas  plus  que  la  notre,  n'dt-'itde  la  poterie  fine.  »  [Bullei.  de 
l'Inst.  arch.  liég.,  XIF,  505.)  En  vérité,  les  Romains  faisaient  aussi  de  la  grosse 
poterie,  ayant  même  des  parois  épaisses  de  2  c,  par  exemple,  les  doHa,  mais  elle 
était  faite  au  tour  et  fort  bien  cuite  ;  ils  ne  faisaient  pas  de  la  poterie  grossière 
sémiettant  dans  les  doigts.  —  On  réplique  «  qu'il  ne  paraît  pas  bien  démontré,  en 
»  ce  qui  concerne  la  poterie  grossière,  que  {a  fragilité  de  sa  nature  et  Yimpcrfection 
»  de  sa  fabrication  doivent  la  faire  considérer  comme  n'étant  pas  romaine  »  (ibid., 
pag.  392).  Voilà  du  neuf  (!),  mais,  je  pense,  anti-archéologique,  et  contraire  à  ce 
qui  est  communément  admis.  Pour  nous  donc,  ces  poteries  grossières  sont  le  produit 
des  Germains  ou  des  Franks  successivement  admis  dans  l'empire  à  dater  de  la 
dernière  moitié  du  Ille  siècle  et  vivant  dans  le  pays  parmi  ou  à  côté  des  anciens 
Germano-Belges  romanisés  ;  ou,  si  l'on  veut,  elles  proviennent  des  Franks  établis 
prœlicenier  dans  la  Toxandrie,  au  IV«  siècle. 


175 


toujours  de  la  fabrication,  du  moins  de  la  conservation  dans  les 
familles  et  le  commerce  de  la  belle  poterie  romaine,  il  résulte 
clairement,  je  pense,  que  cette  poterie,  trouvée  dans  un  tumulus 
ou  un  établissement  (villa  ou  cimetière)  belgo-romain,  même 
sans  mélange  de  tout  autre  produit  qu'on  doit  regarder  comme 
étant  de  la  décadence,  permet  à  peine  une  faible  présomption 
en  faveur  d'une  haute  antiquité,  mais  certes  ne  la  prouve 
aucunement.  Si,  d'autre  part,  cette  belle  poterie  romaine,  de 
forme  harmonieuse  et  artistique,  se  trouve  à  côté  d'autres  objets 
de  forme  peu  symétrique,  excessive  ou  excentrique,  c'est-à-dire 
de  l'époque  de  la  décadence,  postérieure  aux  deux  premiers 
siècles  de  notre  ère,  ou  se  trouve  ensemble  avec  une  poterie 
grossière  et  mal  cuite,  produit  exclusif  de  certaines  colonies 
admises  dans  l'empire  postérieurement  (pas  avant  la  fin  du  III* 
siècle),  alors,  au  point  de  vue  d'indiquer  l'âge,  les  beaux  objets 
sont  dépourvus  de  toute  force  probante,  laquelle,  dans  ce  cas, 
est  exclusivement  réservée  aux  objets  difformes  dénotant  la 
décadence,  ou  à  ces  objets  grossiers  produits  par  les  Germano- 
Belges,  de  sorte  que  le  tumulus  ou  l'établissement,  où  ils  se 
trouvent,  ne  seront  pas  antérieurs  à  l'époque  de  la  fabrication 
de  ces  derniers  objets.  C'est  ainsi  que,  quant  à  la  tombe  de 
Blehen,  malgré  toutes  les  autres  belles  poteries,  surtout  en 
terre  samienne,  les  deux  flacons  en  verre  à  panse  et  col  déme- 
surés (pi.  II,  fig.  11  et  13),  mais  moins  laids  pourtant  que  les 
deux  bouteilles  ou  flacons  delà  tombe  de  Braives  (pi.  VII,  fig. 
6  et  7),  prouvent  seuls,  en  dehors  de  plusieurs  autres  indices, 
déjà  annotés,  que  cette  tombe  est  postérieure  aux  deux  premiers 
siècles.  C'est  ainsi  aussi  qu'un  flacon  semblable,  de  même  que 
deux  buires  de  la  Bortombe  de  Wals-Beeiz  (pi.  III,  fig.  5  et  6 
et  pi.  V,  fig.  22),  empêchent  tant  d'autres  beaux  objets,  en 
compagnie  desquels  ils  se  sont  trouvés,  de  la  faire  remonter  à 
une  assez  haute  antiquité,  par  exemple,  à  celle  que  paraissent 
avoir  les  tombes  de  Hémava,  de  Fresin  et  d'Omal  (*). 

(•)  «  Le  dépôt  funéraire  de  Wals-Beelz,  observe  fort  bien  M.  Schuormans  dans 


176 


Ce  serait  donc,  comme  je  l'ai  déjà  dit,  de  ma  part,  de  la  peine 
perdue,  si,  m'appuyant  uniquement  sur  les  beaux  objets  trouvés 
dans  le  tumulus  de  Blehen  et  sans  prendre  en  considération 
les  autres  assez  difformes,  je  voulais  un  peu  prétentieusement 
m'efforcer,  au  moyen  de  «  certains  indices  et  de  différents  points 
d'analogie  avec  les  tombes  déjà  explorées  »  (par  exemple, celles 
que  je  viens  de  citer),  à  «  en  faire  remonter  la  construction  (et 
cela  d'une  manière  presque  certaine)  h  la  fin  du  premier  siècle 
ou,  plus  probablement,  au  commencement  du  second  siècle  de 
l'ère  chrétienne.  » 

J'arrive  aux  monnaies. 

D'abord,  pojr  ce  qui  regarde  les  monnaies  de  sépulture,  il 
existe  une  hypothèse  très-hasardée,  d'après  laquelle  il  faudrait 
considérer  le  dépôt  dans  les  tombeaux  de  deux  monnaies,  sur- 
tout si  elles  portent  l'effigie  du  même  empereur  «  comme  en 
déterminant  la  date  réelle,  »  de  sorte  que  «  le  placement  de  ces 
pièces  serait  un  fait  aussi  intentionnel  que  le  scellement  de 
médailles  dans  la  première  pierre  de  nos  édifices  (').  » 

D'après  celte  opinion,  «  les  Romains  ne  mettaient  dans  les  urnes 
»  sépulcrales  que  des  monnaies  récentes  et  ayant  cours  (-),  » 
ce  que  les  faits  contredisent  partout.  C'est  pourquoi  M.  Schuer- 


»  sonrapport  sur  ces  fouilles,  pag.  175  des  tirés  à  p'irl,  indique  déjà  une  déca- 
•  dence  relative  :  plus  de  ces  objets  essentiellement  artistiques  comme  ceux  des 

»  Drijtommen  (Fresin) et  en  fait  de  buires  de  bronze  (ajoutez  e<  de  flacon),  des 

»  formes  moins  pures  et  très-exagérées,  soit  en  longueur,  soit  en  largeur;  enfin 
»  des  ornements  moulés,  au  lieu  de  fines  ciselures.  »  —  De  même,  pour  ce  qui 
regarde  les  villas  belgo-romaines  du  Lazaret  (W'ezeren)  et  de  Bertrée,  sans  égard 
pour  leurs  belles  tuiles,  ce  sont  celles  qui  étaient  difformes  et  mal  cuites,  semblables 
à  celles  de  la  villa  du  Kloosterhof  (Neerlanden)  que  nous  avons  fait  valoir  pour 
indiquer  l'extension  de  leur  durée. 

(')  Telle  est  l'opinion  de  M.  de  la  Saussaye  apud  Cochet,  Norm.  sout.,  p.  80, 
partagée  plus  ou  moins  par  M.  Schuermans,  dans  ses  Rapports  sur  nos  fouilles 
dans  les  Drijtommen  de  Fresin,  p.  70  ;  et  dans  la  Bortombe  de  Wals-Beetz,  p.  174  ; 
et  dans  ses  Menues  inscriptions  du  Musée  de  Liège  (Bu//,  de  l'inst.  arch.  liégeois, 
IX,  397). 

(*)  Publical.  de  la  Soc.  arch.  de  Maestricht,  III,  206. 


-   177  — 

mans  veut  bien  ajouter  (')  que  «  même  pour  les  monnaies 
»  sépulcrales  proprement  dites,  le  système  de  M.  de  la  Saussaye 
»  n'est  encore,  jusqu'à  présent,  qu'une  hypothèsenon  démontrée.  » 

Non,  ce  ne  fut  pas  pour  marquer  l'époque  de  la  sépulture  que 
les  païens,  ni  les  chrétiens,  déposaient  des  monnaies  dans  les 
tombeaux  ;  aucun  témoignage  ancien  ne  peut  être  allégué  en 
preuve  d'une  telle  intention.  Pour  indiquer,  en  effet,  la  date  de 
l'enterrement,  du  décès  et  l'âge  du  défunt,  les  Romains  élevaient 
ordinairement  sur  les  tombeaux  ou  sur  le  sommet  de  leurs 
tumulus  des  stèles  ou  cippes  (Tituli),  portant  sur  la  face  anté- 
rieure une  inscription  rappelant,  entre  autres,  le  nom  et  l'âge 
du  défunt  et  l'année  de  sa  mort  ou  de  sa  sépulture  par  l'année 
consulaire  C^).  De  même,  les  chrétiens  de  la  période  des  cata- 
combes traçaient  généralement  sur  les  tablettes  de  marbre  ou 
les  briques,  avec  lesquelles  on  fermait,  après  la  déposition  du 
cadavre,  les  loculi  de  la  sépulture,  «  le  nom  du  défunt,  son  âge, 
le  jour  de  sa  déposition,  etc.  (^).  »  Les  ouvrages,  traitant  des 
antiquités  païennes  ou  chrétiennes,  sont  pleins  de  ces  inscrip- 
tions, dont  l'étude  est  si  importante  pour  l'histoire  (''). 

Et  à  quoi  aurait  servi  de  marquer  la  date  à  l'intérieur  des 
sépultures  ?  double  emploi  d'autant  plus  inutile  que,  chez  les 
païens,  les  tombeaux  étaient  considérés  en  droit,  et  ceux 

(1)  Bull,  de  rinsl.  arch.  liég.,  IX,  397. 

(•)  A.  RiCH,  Dict.  des  antiq.  rom.,  y^o  Tumulus  ;  —  SCHAYES,  Hist.  de  l'arch. 
en  Belg.,  I,  77. 

(*)  L'abbé  Martigny,  Dict.  des  antiq.  chrét.,  v'^o  Sépultures,  n»  II. 
(*)  Voici,  entre  raille,  l'une  de  ces  épitaphes  païennes,  auxquelles  celles  des 
chrétiens  ressemblaient  pour  le  fond  : 

D.  M. 

DUDUMENO 

AUG.   L.    PRiEPOSlT. 

Ordenato.  ULTRO 
A  Divo.  Tito  VI II.  cos. 

EXCESSIT 

un.  Idus.  septemb. 
VixiT  ANN.  etc.  etc. 


—  178  — 

scellés  par  de  grands  tertres,  même  en  fait,  comme  étant  éter- 
nellement inviolables  (  '  )^  et  chez  les  chrétiens,  comme  ne  devant 
jamais  s'ouvrir  qu'au  grand  et  dernier  jour  à  l'appel  de  Celui 
qui  n'avait  pas  besoin  que  la  date  Lui  en  fût  marquée  par  des 
monnaies. 

J'ai  dit  que  les  faits  sont  en  opposition  avec  le  système  de 
M.  de  la  Saussaye.  C'est,  d'abord,  le  grand  nombre  de  monnaies 
qu'on  trouve  dans  le  même  tombeau  ;  et  puis,  parce  que  géné- 
ralement on  n'y  trouve  les  monnaies  qu'à  l'état  fruste. 

Citons  des  exemples  en  commençant  par  le  nombre. 

Le  tumuhis  des  Wals-Beetz  en  contenait  quatre,  et  autant 
celui  de  Thisnes;  —il  y  en  avait  six  dans  le  tumulus  de  Saven- 
ihem  :  «  numismata  sex  in  septima  urnula  deposita;  »  —  la 
tombe  de  Hun,  dont  parle  Galliot  déjà  cité,  renfermait  «/^/msî^mj's 
médailles  de  cuivre,  dont  quelques-unes  portaient  l'effigie  de 
l'empereur  Néron;  »  —  celle  d'Andenne  (ibid.)  a  une  grande 
quantité  de  médailles  d'argent  et  de  bronze,  sur  une  partie  des- 
quelles étaient  gravées  les  effigies  des  empereurs  Vespasien  et 
de  ses  deux  fils  Titus  et  Domitien.  »  —  D'après  le  rapport  de 
M.  Van  Dessel,  le  tumulus  de  Cortil-Noirmont,  exploré  en  1874, 
en  contenait  douze  pièces  de  monnaies,  etc.  —  Pour  ce  qui 
regarde  les  catacombes,  Marangoni  en  mentionne  un  grand 
nombre,  notamment  de  Marc-Aurèie,  dans  le  tombeau  d'un 
martyr  anonyme,  et  deDiocléliendans  celui  du  pape  S.Caïus(-) 
Buonarruoti  assure  que  dans  un  seul  tombeau  du  cimetière  de 
Sainte-Agnès,  il  observa  des  médailles,  au  nombre  de  dix  et 
plus,  d'empereurs  différents  et  de  temps  très-éloignés  (•"'). 

{')  «  Fori  bustive  seterna  autoritas  esto,  «disent  les  lois  des  XII  Tables. — 
Voir  aussi  Cod.  Justinian.,  1.  IX,  lit.  XIX,  lig.  1.  —  Si,  quoique  assez  lard,  on 
a  parfois  rais  des  monnaies  sous  la  première  pierre  des  édifiées  ecclésiastiques  et 
civils  pour  en  maniuer  la  date,  c'est  qu'on  savait  bien  qu'un  jour  ils  devraient  être 
reconstruits. 

(*)  Act.  S.  F.,  p.  84,  111,  m,  et  Cose  ijeniil.,  p.  382  et  sqq.,  ap.  Martigny, 
Pictionn.,  v'"»  Sépult. 

(■')   Vetri  Prefaz.,  p.  XI. 


179 


«Sans  aucun  doute,»  le  giand  nombre  de  monnaies  trouvées 
dans  un  même  tombeau  indique  une  tout  autre  intention  que 
celle  de  vouloir  marquer  l'époque  de  la  sépulture.  Et  quand  on 
n'y  en  trouverait  que  deux  médailles  du  même  empereur  ou 
de  deux  empereurs  différents,  pourquoi,  on  le  demande,  ce  cas 
de  deux  aurait-il  le  privilège  de  prouver  un  dépôt  intentionnel  à 
cette  fin?  Rien  ne  peut,  selon  nous,  être  allégué  en  faveur  de 
cette  assertion,  qu'une  pure  conjecture  ('), 

Quant  aux  monnaies  frustes  déposées  dans  les  fosses  sépul- 
crales des  tumulus  ou  des  anciens  cimetières,  ce  sont  celles-là 
qu'on  rencontre  le  plus  ordinairement. Voici  quelques  exemples. 
Ainsi  des  deux  monnaies  de  la  tombe  llémava,  celle  de  Galba 
était  presque  entièrement  effacée  ou  fort  usée;  — de  même, des 
deux  médailles  trouvées  dans  le  tumulus  du  milieu  de  Fresin, 
l'une  était  fruste  au  revers  et  l'autre  l'était  ii  peu  près  entière- 
ment. Quant  à  la  Bortombe  de  Wals-Beetz,  une  seule  des  quatre 
monnaies  n'était  pas  fruste  ;  —  parmi  les  douze  pièces  de  mon- 
naies du  (umulus  à  Cortil-Noirmont,c.deux  étaient  frustes  (^);» 
—  le  revers  du  seul  Vespasien,  trouvé  dans  la  tombe  deBraives, 
était  fruste.  Dans  le  cimetière  germano-belge  de  Bergh-Terblyt, 
l'unique  Trajan  qu'on  y  ait  trouvé,  je  crois,  était  «  très-fruste  H,» 
c'est-à-dire  déjà  usé  avant  son  enfouissement;  il  n'était  donc 
pas  une  monnaie  «  récente  »  au  moment  de  son  dépôt,  et  loin 
d'indiquer  que  ce  cimetière  date  «  du  règne  de  cet  empereur  ou 
d'une  époque  un  peu  postérieure  {^),  »  c'est  le  contraire  qu'il 
prouve  ;  -  dans  le  cimetière  de  Juslenville,  les  monnaies 
frustes  trouvées  dans  les  tombes  ont  été  en  très-grand  nombre, 
pour  le  moins  une  trentaine  (^)  :  «  leur  état  autorise  de  sup- 

(*)  Martigny,  Dictionn.  des  antiq.  chrét.,  \^o  Sépult.;  —  Bull.  del'Inst.  arch. 
liégeois,  IX,  397. 

(*)  Bull,  des  com.  roij.  d'art  et  d'arch.,  Xllf,  45:2. 

(')   Publicat.  de  la  Soc.  d'arch.  de  Maestrichl,  III,  i200. 

i*)  //'id.,p.  206. 

(")  Bullei.  de  Vlnsi.  arch.  liég.,  IX,  384  et  385  avec  mt.  i". 


—  180  — 

poser,dit  M.  Schuermans('),  qu'elles  étaient,  en  général,  les  plus 
anciennes  du  dépôt,  »  c'est-à-dire  qu'étant  usées,  elles  avaient 
été  le  plus  longtemps  en  circulation,  avant  de  devenir  monnaies 
funéraires.  Il  y  a  à  dire  la  même  chose  des  monnaies  ;;er/brm, 
comme  on  en  a  trouvé  plusieurs  dans  les  tombes  à  Juslenville. 
«  Ces  monnaies,  comme  l'observe  M.  Schuermaiis  (-),  avaient 
été  portées  comme  ornements,  soit  enfilées  à  un  cordon,  soit 
serties  dans  une  monture  quelconque  ;  or,  bien  certainement 
celles-là,  dit-il,  portées  pendant  la  vie,  ne  peuvent  servir  à 
indiquer  la  date  de  la  mort,  et  leur  possesseur  avait  pu,  à  sa 
fantaisie,  les  choisir  de  tel  règne  |  lutôt  que  de  tel  autre,  pour 
se  rappeler  un  souvenir  d'enfance,  etc.,  etc.  « 

Le  système  donc  de  M.  de  la  Saussaye  n'est  qu'une  simple 
hypothèse  à  laquelle  s'opposent  les  faits  du  grand  nombre  de 
médailles  dans  le  même  caveau,  les  monnaies  frustes  et  les 
médailles  perforées;  et  enfin  la  longue  durée  des  monnaies 
romaines,  de  sorte  que,  comme  le  dit  M.  Schuermans  (iftirf.), 
«  les  monnaies  impériales,  à  quelque  règne  qu'elles  appartien- 
nent, ayant  eu  cours  pendant  les  quatre  premiers  siècles  »  (et 
bien  au-delà)  «  ont  pu  parfaitement  être  en  usage  pour  les 
sépultures,  longtemps  après  leur  émission,  » 

Mais  si  ce  n'était  pas  pour  indiquer  l'époque  de  la  sépulture, 
à  quelle  fin  donc  déposait-on  des  monnaies  dans  les  tombeaux? 
Le  voici  :  dans  le  même  but  et  pour  le  même  motif  qu'on  y 
plaçait  tout  un  magasin  de  vaisselle.  Nous  l'avons  déjà  cit,  les 
anciens  rites  de  sépulture  éVd\eni  fondés  sur  les  vieilles  croyances 
païennes  des  Grecs  et  des  Italiens,  et  étaient  nés  avec  elles, 
savoir,  que  l'âme,  dans  sa  seconde  existence,  s'enfermait  avec 
le  corps  dans  le  tombeau;  et  l'on  croyait  si  fermement  qu'un 
homme  vivait  là,  qu'on  ne  manquait  jamais  d'enterrer  avec  lui 
les  objets  dont  on  supposait  qu'il  avait  besoin,  aliments,  vais- 

f«)  Bull,  de  rinsl.  anh.  liég.,  IX,  p.  398. 
(*)  Ibid.,  p.  397. 


—  181  — 

selle,  monnaies,  ou  qui  lui  avaient  été  consacrés  pendant  la 
vie,  bijoux,  ornements  de  toilette,  armes,  etc.  Les  monnaies, 
par  conséquent,  déposées  dans  les  tombeaux,  faisaient,  comme 
les  différents  vases,  partie  intégrante  du  mobilier  et  des 
cérémonies  funèbres.  Mais  depuis  que  la  nouvelle  croyance  au 
Tartare  et  aux  Champs-Elysées  a  été  inventée  pour  dominer 
pendant  un  certain  temps  (  '  ),  ces  rites  funèbres,  étant  en  désac- 
cord manifeste  avec  cette  croyance,  ont,  quoique  sans  base 
religieuse,  encore  été  continués,  mais  uniquement  comme  des 
usages  anciens  remontant  à  un  temps  immémorial,  comme  des 
habitudes,  comme  des  usages  civils,  lesquels,  depuis  lors,  se 
modifiant  ou  variant  successivement,  par  le  laps  de  temps,  ont 
été  transmis,  à  tra  vers  les  siècles,  mais  sous  des  formes  diverses, 
jusqu'à  notre  époque. 

S'ensuit-il  de  ce  qui  précède  que  les  monnaies  romaines  ne 
peuvent  jamais  aider  à  connaître  approximativement  l'époque 
d'une  tombe  ou  les  derniers  temps  de  l'existence  d'un  établisse- 
ment romain?  Avant  de  répondre,  il  convient  de  constater  la 
longue  durée  des  monnaies  du  haut  empire,  égale  à  celle  de  la 
belle  poterie  romaine.  Les  monnaies  de  Vespasien,  Trajan, 
Hadrien,  Commode,  etc.,  «  éparpillées  parmi  les  squelettes»  du 
cimetière  frank  de  Bas-Oha  de  l'époque  de  l'inhumation  (^), 
prouvent  leur  durée  au  moins  jusqu'au  VP  siècle  et  indiquent 
en  même  temps  (Qu'elles  n'y  avaient  pas  été  déposées  pour  mar- 
quer l'année  de  la  sépulture.  Dans  la  longue  série  ou  «  nomen- 
clature des  monnaies  romaines  découvertes  à  Elouges  (cimetière 
frank),  »  on  remarquera,  dit  M.  Ch.  de  Bove  (^),  que  la  plupart 

(  ')  Déjà  aux  temps  de  Claude  et  de  Néron,  «  ce  qui  domine,  dit  M.  le  C*  Franz 
»  de  Champagny,  Les  Césars,  t.  II,  1.  II,  ch.  2,  §  2,  c'est  un  grand  trouble  de  la 
»  pensée,  un  chaos  intellectuel,  où  toutes  les  idées  se  rencontrent,  parce  que  nulle 

»  n'est  définie L'impiété  a  gagné  les  grands  et  les  petits  ;  —  pas  un  enfant  ne 

»  croit  à  la  barque  de  Caron  et  aux  noires  grenouilles  qui  barbotent  dans  les  marais 

»  du  Styx  (Juven.,  II,  449) 11  n'y  a  pas  de  doctrines,  mais  des  penchants  ;  pas 

»  d'enseignements,  mais  des  habitudes.  » 

(*)  Bull,  de  l'inst.  arch.  liég.,  XI,  498. 

(')  Elouges,  ses  antiquités  et  son  hist.  [Annal,  du  Cercle  arch.  de  Mon5,XII,327). 


—  i«2  — 

des  grands  bronzes  appartiennent  au  haut  empire.  Je  suis  loin 
de  conclure,  ajoute-t-il,  dans  la  note,  qu'une  monnaie  du  haut 
empire,  trouvée  sur  un  squelette,  soit  une  preuve  que  cet  indi- 
vidu vivait  à  cette  époque.  —  Je  possède,  poursuit-il,  un  collier 
(provennnt  de  Villers-deux-églises,  près  de  Philippeville)  avec 
une  chaîne  en  bronze...  formée  de  trois  bouts  de  chaînons  diffé- 
rents raccordés;  au  centre  est  un  anneau  dans  lequel  le  Frank 
avait  inséré  deux  pièces  romaines  trouées  :  l'une  de  Faustine, 
fille  d'Antonin-le-Pieux  et  femme  de  Marc-Aurèle,  vivant  160 
ans  après  Jésus-Christ;  l'autre  est  un  magnifique  grand  bronze 
de  Justinien,  empereur  de  Byzance,  vivant  530  après  J.-G. 
Voilà  un  écart,  dit-il,  de  près  de  quatre  siècles  entre  deux 
monnaies  qui  concourent  à  établir  l'époque  où  vivait  cet 
homme  !  Si  la  dernière  eût  été  méconnaissable,  on  n'eût  pas 
manqué  de  le  faire  vivre  sous  Marc-Aurèle!  » 

M.  Galesloot,  parlant  de  l'âge  de  la  villa  belgo-romaine  à 
Assche,  a  une  faible  lueur,  observe-t-il  (^),  nous  est  fournie  par 
les  monnaies  de  l'époque.  »  Parmi  ces  monnaies,  «  il  y  a,  dit-il, 
deux  gauloises  et  cinq  consulaires.  Les  autres  sont  de  l'empire. 
Elles  embrassent,  à  peu  près,  toute  sa  durée,  et  s'étendent 
même  au-delà,  depuis  Tibère  jusqu'à  l'empereur  d'Orient, 
Anastase  P"",qui  mourut  en  518...  La  pièce  d'Aiiastase, conclut- 
il,  nous  autorise  à  croire  que  cet  établissement  n'avait  pas  cessé 
d'exister  au  commencement  du  VI'' siècle;  »  et  fournil  une 
preuve  de  la  longue  durée  des  monnaies  de  la  république  et  de 
l'empire. 

On  sait  que  «  les  Franks,  fait  remarquer  M.  Schucrmans  (^), 
se  complaisaient  à  occuper  les  habitations  délaissées  par  les 
Romains,  »  tant  en  Hesbaye  que  dans  le  reste  du  pays.  Mais  ce 
que  je  ne  savais  pas,  c'est  que  «  les  Franks,  qui  ont  succédé 


(*)  Notice  sur   les  fouilles   à   Assche,  Siputi  Académie   roy.  de  Belg.,\W\\, 
février  1875. 

(')  Bullet.  de  l'Acad.  darch.  de  Belgique,  pag.  IQ?. 


—  183  — 

dans  la  conquête  de  notre  sol  aux  Romains,  se  sont  encore 
pendant  longtemps  servi  des  objets  »  (vases  et  monnaies) 
«  DÉLAISSÉS  (?)  par  ces  derniers  (  '  ).  »  Quoi  qu'il  en  soit,  ce 
délaissement  et  l'usage  qu'on  en  faisait  encore,  prouvent  que 
ces  poteries  n'étaient  pas  hors  du  commerce  et  que  les  mon- 
naies n'avaient  pas  encore  cessé  d'avoir  cours  dans  la  dernière 
moitié  du  V*'  et  au  commencement  du  VP  siècle. 

A  cause  donc  de  ce  long  usage  qu'on  a  fait  des  monnaies  du 
haut  empire,  on  est  forcé  d'admettre  comme  règle  que  ces 
médailles,  trouvées  dans  un  tombeau  (tumulus  ou  cimetière), 
ou  dans  les  substructions  d'une  villa,  ne  peuvent  servir  à  en 
prouver  directement  l'origine,  ni  à  fixer  le  maximum  d'antiquité 
de  ces  sépultures  ou  de  cet  établissement;  mais  qu'indirectement, 
elles  indiquent  que  la  sépulture  qu'elles  accompagnent  et  que 
l'établissement  ou  villa,  où  elles  ont  été  trouvées,  sont,  pour 
un  temps  indéterminé,  postérieurs  à  la  plus  récente  de  ces 
monnaies.  C'est  ainsi  que  l'explique  très-bien  M.  Schayes  par 
rapport  aune  trouvaille  de  monnaies  dans  le  camp  deDalheim: 
«  comme  les  monnaies  romaines,  dit-il  ("^),  même  les  plus 
anciennes,  n'ont  pas  cessé  d'avoir  cours  pendant  toute  la  durée 
de  l'empire,  la  découverte  d'un  grand  dépôt  de  monnaies  ne 
saurait  guère  servir  à  prouver  l'origine  ou  l'ancieimeté  d'un 
établissement:  il  constate  seulement  les  derniers  temps  de  son 
existence.  Les  pièces  les  plus  récentes  trouvées  à  Dalheioi 
datent  du  règne  de  Valentinien  III  (anno  424  à  455).  »  Et 
ailleurs,  le  même  auteur  parlant  de  la  villa  de  Sommerain,  non 
loin  d'Houffalize,  «  il  est  vrai,  dit-il  {'"),  que  l'on  a  trouvé  dans 
les  ruines  de  la  villa  des  monnaies  du  haut  empire,  et  notamment 
des  empereurs  Tibère,  Caligula,  Vespasien  et  Titus;  mais  elles 
ne  peuvent  servir  de  preuve  en  faveur  de  l'ancienneté  de  la  cons- 

(»]  Bull,  de  l'Inst.  arch.  liég.,  XH,  248. 

(*J  La  Belgique,  II,  47G,  note  "i. 

(')   Hist.  de  l'arch.  en  Belg.,  1, 167,  not.  i. 


—  184  — 

tructiou  de  l'édifice  ;  car,  dit-il,  comme  toutes  les  monnaies 
frappées  par  les  empereurs,  et  même  celles  de  la  république, 
n'ont  jamais  cessé  d'avoir  cours  pendant  toute  la  durée  de 
l'empire,  on  trouve,  dans  presque  tous  les  dépôts  de  monnaies 
du  IV*  et  du  W"  siècle,  des  monnaies  du  haut  empire,  surtout 
des  monnaies  d'argent,  lesquelles,  étant  d'un  titre  plus  élevé 
que  celles  frappées  depuis  le  milieu  du  III"  siècle,  étaient  beau- 
coup plus  recherchées  que  les  dernières.  »  C'est  pourquoi  M. 
Schayes  estime  à  bon  droit  que  «  les  monnaies  en  bronze  de 

Gordien  et  de  Valentinien  P' témoignent  que  la  villa  (de 

Sommerain)  existait  encore  dans  la  seconde  moitié  du  IV* 
siècle  (').  » 

Nous  avons  dit  qu'on  ne  déposait  pas  des  monnaies  dans  les 
sépultures  dans  le  but  d'en  marquer  la  date;  mais  que  cepen- 
dant ces  mêmes  monnaies  pouvaient  servir  à  indiquer  l'époque 
à  laquelle  ces  sépultures  étaient  postérieures.  Ce  double  point, 
une  importante  trouvaille,  faite  récemment,  de  deux  sarcophages 
de  la  fin  du  IV"  siècle,  vient  de  le  confirmer.  Nous  voulons,  pour 
terminer  cette  matière,  en  résumer  les  principales  circons- 
tances. 

On  savait  par  l'histoire  que  8.  Ambroise,  évêque  de  Milan, 
ayant  retrouvé  les  corps  des  SS.  Gervais  et  Protais,  martyrisés 
en  304,"  les  avait  fait  placer,  en  386,  sous  l'autel  de  la  basilique, 
dite  Ambrosienne,  à  droite  du  côté  de  l'Evangile.  Ils  y  avaient 


(*)  «  Le  système  de  Schayes  consiste,  dit  M.  Schuermans,  dans  ses  Rapports 
»  sur  nos  fouilles  en  Hesbaye,  pag.  415,  not.  2,  à  dire  que  les  monnaies  du  haut 
»  empire  ne  peuvent  servir  de  preuvd  en  faveur  de  l'ancienneté  d'une  construction, 
>'  parce  qu'elles  sont  restdes  en  usage  jusque  dans  les  derniers  temps.  »  Mais 
toujours  est-il,  y  lit-on,  que  les  monnaies  du  haut  empire,  quand  elles  sont /jeu 
usées  «  (ce  qui  est  très-rare)  »  et  se  trouvent  sans  mélange  £vec  des  monnaies  pos- 
térieures a  (ajoutez  nécessairement  :  et  sans  mélange  avec  des  vases  ou  poteries 
dont  la  forme  ou  la  fabrication  indiquent  une  époque  de  décadence  ou  le  déclin  de 
l'empire)  »  «  sont  uiiC  forte  présomption  »  à  peine,  selon  nous,  une  légère  lueur  à 
cause  du  long  cours  de  ces  monnaies)  «  en  faveur  de  la  date  très-ancienne,  non- 
u  seulement  de  l'érection,  mais  même  de  la  destruction  de  l'établissement.  « 


m 


été  déposés  dans  un  ample  tombeau,  placé,  par  sa  longueur, 
du  Couchant  au  Levant,  revêtu  intérieurement  de  marbres 
précieux  et  de  diverses  couleurs,  et  recouvert  par  une  grande 
et  longue  pierre.  On  n'y  avait  ajouté  aucune  monnaie,  mais 
bien  un  vase  de  verre,  comme  on  en  trouve  souvent  dans  les 
sépultures  des  martyrs.  On  savait,  de  même,  que  S.  Ambroise, 
mort  en  397,  avait  été  enterré,  selon  ses  désirs,  plusieurs  fois 
exprimés,  sous  le  même  autel,  près  des  corps  des  SS.  Martyrs, 
mais  à  gauche  ou  du  côié  de  l'Epîire.  Dans  son  tombeau,  sem- 
blable Il  celui  des  deux  Martyrs,  et  situé,  par  sa  longueur,  dans 
le  même  sens,  on  avait  déposé  quinze  pièces  de  petite  monnaie 
d'argent  et  de  bronze  du  IV''  siècle,  les  unes  à  l'efflgie  de  Théo- 
dose  [376-395],  les  autres  de  Flavius-Viclor,  lils  du  lyrsn 
Maxime  [t  383-388].  Ces  deux  tombeaux  ont  été  retrouvés,  il 
n'y  a  guère  longtemps.  Pour  confirmer  le  témoignage  de  l'his- 
toire, ou  prouver  l'ideniiié  du  tombeau  de  S.  Ambroise,  le  D' 
Biraghi  a  fait  valoir  ces  monnaies  ('),  non  pas  directement, 
comme  si  elles  y  avaient  été  placées  pour  en  indiquer  la  date, 
ni  comme  si  elles  avaient  été  alors  les  plus  récentes,  ce  qu'elles 
n'étaient  pas;  mais,  de  la  seule  manière  possible,  d'une  manière 
indirecte  et  irrécusable,  en  mettant  en  relief  celles  de  ces 
monnaies  qui  étaient  postérieures  en  date  au  placement  du  tom- 
beau des  deux  SS.  Martyis  en  386  :  «  entre  les  quinze  pièces  de 
monnaies  qui  s'y  trouvaient  lenfermées  (dans  le  sépulcre  à 
gauche  du  côté  de  l'Epîire),  deux,  dit-il, confirmèrent  l'antiquité 
du  sépulcre  de  S.  Ambroise  :  l'une  de  bronze  porte  l'efligie  du 
jeune  empereur  Flavius-Viclor,  fils  du  tyran  Maxime,  avec  cette 
légende  :  Dam.  noster  Ma.  Fla.  Victor,  p.  f.  Aug.;  au  revers, 
une  porte  prétorienne,  et  au-dessus  une  étoile,  avec  l'exergue  : 
Si'ES  Romanorum;  au  bas  s.  c.  s.  p.,  c'est-à-dire  Scisia  percussa. 


(  ')  Dans  un  Mémoire  composé  à  ce  sujet.  —  Voir  aussi  les  leUres  apostoliques 
relatives  à  rinvention  de  ces  corps,  ainsi  que  la  belle  lettre  pastorale  qui  les 
publi«,  de  Son  Em.  Mgr.  DecLamps,  archev.  de  Matines,  en  dale  du  ■14  juin  -1874. 


-  186  — 

Cette  médaille  se  rapporte  aux  quelques  mois,  durant  lesquels 
Maxime  et  Victor,  son  fils,  furent  maîtres  de  Scisia  sur  la  Save 
en  Pannonie  (').  Or,  quand  on  frappait  cette  monnaie,  Gervais 
et  Protais  étaient  déjà,  depuis  deux  ans,  déposés  dans  leur 
tombe.  Le  tombeau,  où  elles  ont  été  trouvées,  ne  pouvait  donc 
être  que  celui  de  S.  Ambroise. 

«  L'autre  monnaie  est  à  l'efllgie  de  Tbéodose  :  D.  N.  TnEono- 
sius.  p.  F.  AU,  Au  revers  sont  deux  "Victoires  tenant  des  palmes 
et  des  couronnes  :  Victoria  auggg.,  ce  qui  peut  s'entendre  des 
trois  Augustes  Tliéodose  et  de  ses  deux  fils  Honorius  et  Arcadius, 
associés  à  l'empire,  dès  394.  Les  deux  victoires  se  rapportent 
aux  deux  succès  militaires  de  l'empereur  en  Occident,  l'un  sur 
Maxime,  l'autre  sur  Eugène,  eu  394,  trois  ans  avant  la  mort 
d'Ambroise,  »  mais  de  huit  ans  postérieures  au  tombeau  des 
SS.  Gervais  et  Protais;  par  conséquent  autre  preuve  que  ce 
tombeau,  dans  lequel  se  trouvaient  ces  monnaies,  ne  pouvait 
être  que  celui  de  S.  Ambroise. 

Les  considérations  que  j'ai  fait  valoir  jusqu'ici,  quant  au 
caveau,  le  coffret,  le  mobilier  funéraire  et  les  monnaies,  etc., 
me  font  conclure,  avec  M.  Schayes  (-),  que  la  plupart  de  nos 
tombes  ne  sont  pas  antérieures  au  IIP  ou  IV^  siècle,  y  compris 
les  tombes  de  Blehen  et  de  Braives,  et  «  incontestablement  » 
la  tombe  germanique  de  ïEmpereur. 

Vin.  Comme  la  savante  Compagnie  de  Vlnstitut  m'a  permis 
d'ajouter  un  mot  sur  Bleben  et  son  ancienne  et  noble  famille, 
c'est  par  Ih  que  je  vais  finir. 

Le  nom  de  Bleben,  comme  celui  de  la  commune  voisine  de 
Trognée  (en  flam.  Tnidelingen  et  puis  Tmijelingen,  au  VIP 
siècle  Tnidutieca  en  laiiii),  est  puiement  lliiois  ou  d'origine 
leutonique.  Aux  14''  et  io*^^  siècles,  en  langue  romane,  l'endioit 

(•  j  V.  Panéijyr.  de  Tliéodose  par  Plac.'ilus;  Panegyrici  veteres,  n»  34. 
(»)  Histoire  de  l'archiiecture  en  Belgique,  1,  18. 


-  187  — 

était  nommé  Blochem  (d'où  Blehen=^  à  Bloc-hem)  {*).  Mais  dans 
les  anciens  registres  flamands  et  encore  chez  les  Flamands 
d'aujourd'hui,  il  ne  reçoit  pas  d'autre  nom  que  celui  ûeBloc-kum 
ou  Bloc-hom.  On  sait  que  le  suffixe  hom,  heim,  hem,  etc.  signifie 
en  thiois  maison,  demeure,  manoir,  etc.  et  bloc,  ce  qu'il  signifie 
en  français.  Par  conséquent,  éiymologiquement,  Blehen  signifie 
«  fortin  fait  de  blocs  de  bois,  »  qu'on  nomme  en  flamand  moderne 
Blokimis  et  en  français  Blockhaus.  —  Ce  fortin  seigneurial  peut 
avoir  été  le  berceau  du  village  actuel. 

Lens-S'-Remi  {^),  Abolens  (')  et  Blehen  ont  élé  réunis  en 
une  seule  commune.  Lens-S'-Remi  et  Abolens  étaient  autrefois 
du  baillage  de  Hannut,  duché  du  Brabant,  et  Blehen  du  pays  de 
Liège. 

Pour  ce  qui  regarde  l'ancienne  et  noble  famille  et  le  bien 
seigneurial  de  Blehen  (^),  jeme  contenterai  de  transcrire  ici 
deux  extraits  tirés  d'un  petit  registre  de  la  cure  de  Blehen, 
obligeamment  communiqué  par  M.  le  curé  de  la  paroisse  (^). 
«  En  cet'.e  année  4723,  y  est-il  dit,  pag.  41,  »  le  baron  (d'Aers- 
chot)  de  Schoonhove,  seigneur  de  Chantraines  en  Condroz  et  de 
Wanroye  en  Bb.,  représentant  l'ancienne  et  noble  famille  de 
Blehen,  doit  payer  sur  la  censé  et  bien  de  Blehen,  joindante 
d'amont  au  bien  qui  fut  à  M.  Ponthier,  à  présent  M"^  Collarl 

(*)  V.  J.  DE  Hemricourt,  Miroir  des  nobles  de  la  Hesbatje,  composé  entre  iSoS 
et  1398; —  voir  aussi  une  charte  de  réglise  de  Marcliin  de  1463  analysée  par 
M.  Schoolmeeslers  {Bull,  de  l'Inst.  arch.  liég.,  XI,  321  ),  où  l'on  trouve  «  Daniel 
de  Blochem,  chanoine  de  S'-Paul  à  Liège. 

(2)  «  Linsium  D.  Remigii  aut  Beguinarum  ob  vêtus  ibidem  ab  anno  ISOO  vel 
»  circiter  Heginasium  sub  tilulo  D.  Magdaleuœ  de  Bcthania  »  (J.-B.  Gramaye, 
Coinitalus  sive  prœfectura  Hannutensis). 

Cj  =  Au-bois-Lens,  «  Liîisium  Sylvestre,  »  dit  Gramaye,  ibid. 

(*)  Voir  sur  celte  famille  J.  de  Hemricourt,  Miroir  des  nobles  de  la  Hesbaye, 
vIjo  Blehen;  —  et  Lkfort,  Manuscrits  généalogiques  et  Recueils  divers,  s^''  Blehen, 
aux  Archives  de  i'Elat  à  Liège. 

C)  Ce  registre  est  intitulé  :  Les  rentes  et  revenus  de  la  cure  de  Blehen  pour 
anniversaires  et  autres  fondations  selon  les  anciens  registres  et  documens,  hil  en 
4723  par  M,  Peeters,  curé  de  Bleben  de  Hii  à  1744. 


-  188  - 

au  curé  de  Blehen  six  muids  d'epeautre  pour  six  anniversaires 
de  ses  dévôls  et  nobles  ancêtres,  savoir  : 

1°  «  Pour  l'anniversaire  de  Messire  Gérard  de  Blehen.  »  — 
Son  père  Gérard,  d'après  de  Hemricourt,  (édit.  et  noies  de 
Jalheau),  issu  de  la  ftimillede  Harzée,  demeurait  au  village  de 
Blehen,  où  il  possédait  de  grands  biens,  et  y  épousa  N.,  fille  du 
vieux  Thomas  de  Hemricourt,  chevalier,  seigneur  de  Blehen, 
«  dont  sortit,  dit  l'auteur  du  Miroir,  le  vieux  Gérard  de  Blehen, 
qui  portait  les  armes  de  Harzée  de  gueules  à  trois  manches  mal 
/a///c'é'Sf/'or,  et  sur  le  tout  celles  ûellemricouit  du  côtéde  sa  mère, 
qui  étaient  d'argent  à  une  bande  de  gueules.  Mais  n'obtenant  pas 
de  secours  dans  la  guerre  qu'il  fit  à  son  cousin  du  côté  de 
Harzée,  le  vaillant  écuyer  nommé  Vilain  de  Jardegiiée  (piôs  de 
Blehen),  de  ses  proches  parents  de  Harzée;  et,  d'autre  part,  le 
seigneur  de  Hemricourt,  surnommé  Malclerc,  chevalier  banneret, 
dont  il  éiait  cousin  germain,  l'ayant  assuré  du  sien,  il  prit  les 
armes  de  Uemricouit,  savoir  d'argent  à  une  bande  de  gueules  ('), 
du  côlé  de  sa  mère,  et  chargea  la  bande  de  trois  manches  mal 
taillées  d'or,  du  côlé  de  son  père  ; 

2°  «  De  Messire  Godefroid  de  Blehen,  chevalier,  le  vieux.  » 
—  Hélait  fils  du  vieux  Gérard  de  Blehen,  qui  précède; 

3°  «  De  Messire  Godefroid  de  Blehen,  seigneur  d'Âubée  en 
Condros.  »  —  Il  élail  fils  aîné  de  Gérard  de  Blehen,  fils  aîné  de 
Godefroid  de  Blehen,  le  vieux  qui  précède.  Sa  mère,  veuve  de 
Fastréde  Berlo,  était  fille  û'Anseau  de  Blehen  et  sœur  de  Pierre 
de  Blehen.  —  Godefroid  de  Blehen,  chevalier,  épousa  Marie, 
dame  d'\bée,  fille  de  Lambert  de  Dommarlin,  de  Warfusée,  de 
Neufchâteau,  dit  d'Abée,  -  et  de  Marie  de  Bassine.  —  Le  dit 
Godefroid  avec  son  épouse  gisent  dans  l'église  de  Blehen,  avec 

(')  Les  armes  des  anciens  châtelains  ou  viconiles  de  Montenaken  (Haicnt  les 
mêmes  que  colles  de  llemricouii,  sauf  (jue  les  couleurs  fêtaient  dillerenles  :  elles 
(îlaienl  de  f/ueules  à  la  bande  d'argent.  Voir  Ùiillelin  de  l'inst.  urch.  liég.,  V,  2ol, 
n»  43,  et  233,  n"  84. 


—  189  — 

cette  inscription  tumulaire  :  «  Ci-gît  Messire  Godefroid  de 
»  Blehen,  chevalier,  s^'  d'Abée  en  Condroz...,  Moha,  comté  de 
»  Namur,  1418,  22  septembre;  » 

4°  «  De  Messire  Godefroid  de  Blehen,  le  jeune,  chevalier,  et 
de  Madame  sa  femme.  »  -  Il  était  fils  aîné  de  Jean  de  Blehen, 
fils  troisième  de  Gérard  de  Blehen,  le  vieux  (n°  r).  Il  se  maria 
au  village  de  Houlain-fEvêque.Son  fils  Godefroid  épousâ Agnès, 
fille  de  Pierre  de  Blehen,  chevalier,  grand  bailli  du  comté  de 
Namur; 

5°  «  De  Jehan  de  Blehen  d'Aubée,  écuyer,  et  de  Madame  sa 
femme.  »  —  Il  était  fils  troisième  de  Godefroid  de  Blehen  et  de 
Marie,  dame  d'Abée.  Il  épousa  Françoise,  fille  de  Gilles  de 
Tombor,  dit  de  Hemricourt,  écuyer,  —  et  &' Agnès  de  Lavoir  ; 

6"  «  De  Messire  Jehan  de  Blehen  d'Aubée,  écuyer,  seigneur 
d'Aubée.  »  -  Fils  du  précédent  (n"  5)? 

Dans  le  même  registre,  il  est  dit,  h  la  pag.  43,  que  la  noble 
famille  de  Blehen  avait  fondé,  en  l'église  du  lieu,  un  bénéfice  en 
l'honneur  de  la  Si-^-Vierge,  ayant  son  tombeau  devant  cet  autel, 
du  côté  de  l'Evangile.  La  collation  de  ce  bénéfice  appartenait  à 
la  famille. 

Ce  registre  nous  fournit  enfin,  p.  45,  les  renseignements 
suivants,  savoir  :  que  «Madame  Philippine  de  Meerls  (lisez 
Meers),  dame  d'AboIens  et  de  Poucet,  douarière  de  sire  Gilles 
Albert  Collart,  lieutenant  capitaine  au  service  des  Etats  généraux 
de  Hollande  et  décédé  en  1720,  (voir  sa  pierre  tumulaire  ci- 
contre),  doit  sur  sa  maison  et  pourprise,  grand  d'environ  sept 
bonniers,  joindant  d'amont  au  curé  et  cimetière  de  Blehen,  — 
conjointement  avec  le  seigneur  comte  d'Oultre?nont,  {h  présent 
Henri  Royer,  son  repreneur)  ;  —  et  sur  la  censé  de  Ponthier, 
payer  au  curé  de  Blehen  les  anniversaires  suivants  : 

1°  «  De  Messire  Pierre  de  Blehen,  chevalier,  et  Madame 
Isabeau  de  Gèves,  son  épouse.  »  —  Il  était  fils  ô'Ajiseau  de 
Blehen,  chevalier,  qui  fut  grand  bailli  du  comté  de  Namur.  Il 


-  190  ~ 

épousa  Isabeau,  fille  à'Everard  de  Boulant,  écuyer,  seigneur  de 
Richelelte,  Gesves,  —  et  de  N.  de  Hemricouit,  dit  de  Vyle 
d'Osoigne  (');  » 

2°  «  HAmeau  de  Blehen,  chevalier,  le  vieux,  et  Madame  sa 
femme  et  bons  amis.  »  —  C'est  le  père  de  celui  qui  précède; 

3°  «  De  Messire  Jehan  de  Gèves,  chevalier,  et  de  Madame  Ide, 
son  épouse; 

¥  «  De  Messire  Evrard  de  Blehen,  chevalier,  et  Madame 
Agnès  de  Comoitisse  [sic],  sa  femme.  »  —  Il  était  fils  second 
de  l'ierre  de  Blehen  qui  précède  (n"  1")  et  épousa  Agnès  de 
Corlis,  dite  de  Lens,  fille  de  Lambert  de  Lens,  et  mourut  le  16 
novembre  1409; 

5**  (f  De  Guillaume  deHamal  et  d'àmoiseWe  Agnès  de  Blehen;  » 

6°  c<  Sur  la  maison  et  pourprise  du  sieur  Ponthier,  joindant 
d'aval  au  sieur  baron  de  Sclwonhove,  pour  l'anniversaire  de 
Wathi  de  Blehen,  le  vieux,  et  Jefienne,  sa  femme.  » 

«  Ces  trois  censés,  poursuit  le  registre  cité,  de  Madame  de 
Collart,  de  Ponthier  et  û'Oultremont  ne  sont  d'ancienneté  qu'un 
même  gage  et  se  garantissent  insolidum.  —Après les  Messieurs 
de  Blehen,  les  Ilamal  ont  succédé  par  alliance;  —  après,  Mes- 
sire Jérôme  d'Oyenbrngge  de  Duras,  Thynes,  etc.  ;  ~  et  puis. 
Madame  de  Duras,  sa  douairière,  dite  de  Bourgogne,  a  trans- 
porté le  dit  bien  h  M.  Maes  del  Vignette,  échevin  de  Liège,  le  9 
décembre  1589;  et  en  1597,  le  24  avril,  les  sieurs  Riga  Deltour 
et  Riga  de  Hemricourt,  ayant  fait  quelques  épargnes,  ont  acquis 
le  dit  bien  du  sieur  Del  Vignette,  coiijoiniement,  en  1599,  pour 
4,200  fi.  bb'.  Le  5  avril,  les  dits  sieurs  Riga  ont  fait  partage  du 
dit  bien,  ayant  eu  le  sieur  Riga  Deltour  pour  sa  part,  la  censé 
du  vieux  Wauthi  de  Blehen,  H  Riga  de  Hemricourt,  \a  censé  de 

(')  Autour  (le  sa  pieire  lumulairc  (jui  n'existe  plus,  on  lisait  :  <■  Cigîl  Messire 
0  Pierre  de  Blehen,  tué  à  la  balnille  d'Olhdo,  23  sept.  1408.  »  Au  milieu  de  la 
»  même  pierre  se  trouvait  l'inscription  :  «  Chy  gisl  noble  liôe  Godfroi  de  Blehen 

q  trépassa  la  1.^72,  premier  de  juin,  et  Madame  Joxset  de  IMarneffe  sô  espeuse.  • 


liillcliii(lrriiisiii\it  .\i'cli('olo<^"''  l,i('"J('()is  T()lll('.\lll.l';l:i(- 


PL 


LONGCHAMPS 


irai 

m 


Proidhomme 


Hemricourt 


Hanosset 


Trr  i'C'posciil  iidhlc  d  oniriTOX 
vS'Wn util  1(1  de  Loir^champs  Seigneur 
d'AbotciLS  et  (le  Piicel  (|in  trépassa 
V  1  (K'Mai'.s  IGIH  cl  noble  (luuu- 
Cadicriiicdf  llciiiricuiirt  sacouinaunc     , 

Hemricourt  .  ^,   .    ,  ,-,,,,„,,,-         Lantremange 

qui  iiTpaNNa  le  1.)  1).  11)4.). 

/'/•/('/  /)/('(/  i)our  leurs  mues 

rvccjuu'scaiil  m  puce, 

A.HEN 


BaredeCiplet 


ROERlXHE 


A.K 


Lilh.erciiidii.  /./(• 


cIiimIc  llll^tlllli  .lirlicdlu''''  Lir^Vois  'Ininr.XIII   l'aiic  |! 


Berewart 


LaLippe 


Van  Es 


Bernard 


COLLAERT  _  De/^EERS 

Hii  celte  e!^lise  l'cpose  le  eorps  du 
noble  cl  i>éiU'r('iL\  >^iiV  Gille  de 
Collaci'l  ai^è  de  4-«^  im-s  décédé  Je 
:'4.  -laiivKT  I7:'(). 

cl  noble  (lame 
Marie  riiili|i[)iiie  de  .Hei\s  sou 
!' fions,  a'iec  de  79  ans  deeédee  le 
-().)aii\r  1/  o'J  en  leurs  vnans  Seifur 
d-lliolcns  et  l'ueet. 

lu'i^iut'scmii  m  ji;ir('. 


Marcin 


Hemricourt 


Legros 


Yemel 


litliJJrUJ<itl,Llr<'C 


_  191  — 

Jean  de  Hamal.  —  Au  dit  Riga  Deltour  a  succédé,  par  alliance, 

le  sieur  Ponthier,  grand  mayeur  de  Tongres,  si  qu'avait  épousé 
la  D"«  de  Hemricouvt  de  Moumelette  ;  et  à  lui  ont  succédé  ses 
enfants  qui,  ayant  suivi  les  guerres  au  service  de  la  France  en 
qualité  de  capitaine,  ont  négligé  de  payer,  ont  été  désaisis,  en 
1703,  par  iMessieurs  de  S'-Pierre  (de  Liège),  auxquels  les  dits 
deux  biens  doivent  conjointement  72  muids  passé.  —  A  M.  Riga 
de  Hemricourt  a  succédé,  par  alliance  avec  D"' Ca</<m/j^  (de 
Hemricourt),  sa  fille,  ^l.Arnoiild  de  Longchamps,  grand  mayeur 
de  Waremme,  et  puis,  par  achat  du  roi,  d'AboIens  et  de  Poucet 
[dont  la  pierre  de  sépulture  ci-h  côiéj  (');  après  qui  ont  succédé 
Mesdemoiselles  ses  filles,  savoir:  Marie  Agnès  qui  avait  épousé 
M.  de  Moutferrand,  et  après  elle.  M"''  Barbe  de  Longchamps  et 
M.  de  Bridlmont  qui  avait  épousé  M"«  Charlotte  de  Longchamps, 
leur  (sic)  sœur;  lequel  sieur  de  Brialmont,  s'étant  accommodé 
autrement  avec  la  dite  D"®  Barbe,  elle  est  demeurée  seule  la 
maîtresse,  jusqu'à  ce  que  le  Seigneur  l'ayant  appelée  de  ce 
monde,  elle  a  laissé,  en  16;)2,  M.  Jean  Jacques  de  Meers,  major 
au  service  de  sa  majesté  catholique  et  lieutenant  du  roi  en  la 
ville  et  citadelle  de  Léau,  son  cousin  germain,  natif  de  Hanrêt, 
fils  du  sieur  de  Meers  et  de  D"*"  Jehenne  de  Hemricourt,  son 
héritier  universel,  et  laissé  suivre  au  sieur  Ponthier  la  censé  et 
bien  qu'elle  avait  été  obligée  de  purger  de  Messieurs  deS'-Pierre, 
pour  conserver  le  bien,  comme  et  aussi  a  été  obligé  le  sieur  de 
Meers,  en  170o,  de  sorte  que,  depuis  ce  deuxième  purgement, 
les  deux  biens  sont  réunis,  et  les  possède  Madame  Collart,  fille 
de  M.  de  Metrs,  comme  prédit  est.  » 

Vient  ensuite  dans  le  même  registre  ce  nota  :  «  En  vertu  du 
»  testament,  y  est-il  dit,  du  vaillant  seigneur  Evrard  de  Blehen, 
»  chevalier  {supra,  n"  4),  réalisé  aux  sieurs  échevins  à  Liège  le 
»  6  (al.  16)  décembre  1409,  il  conste  que  la  collation  du  béné- 


(  •)  La  copie  de  ces  pierres  sépulcrales,  je  la  dois  à  l'extrême  complaisance  de 
M.  Ëdg.  De  Marneffe,  membre  correspondant  de  l'Institut  archéologique. 


—  192  — 

»  fice  des  deux  S'^-Jean,  fondé  en  l'église  de  Blehen,  à  côté  de 
»  l'Epître,  est  appartenante  à  celui  qui  possédera  la  maison 
»  blanclie,  dite  de  Poiitliier,  qui  fut  en  part  à  Riga  Deltour  et, 
»  depuis  le  purgement  fait  en  1705,  au  dit  sieur  de  Meers.  » 

«  Blehen,  dit  M.  Delvaux  (  '  ),  est  la  patrie  et  le  lieu  de  sépul- 
ture du  général  baron  de  CoUaert,  mort,  par  suite  de  ses  bles- 
sures qu'il  avait  reçues,  en  1815,  à  la  bataille  de  Waterloo,  où  il 
commandait  la  cavalerie  des  Pays-Bas.  «On  lit  dans  le  registre 
des  déiès  de  l'église  de  Blehen  :  «  Anno  Diii  1816,  17  jun.i  »  (la 
veille  du  l"  anniversaire  de  la  bataille  de  Waterloo),  Ecclesise 
sacramentis  munilus,  mortuus  est  generosus  et  illustrissimus 
Drus  Joannes  Antonius  Josephus  Philippus  de  CoUaert  Bruxellis, 
generalis  equitum,  sepultus  in  Blehen,  »  dans  le  caveau  de  la 
famille  dans  l'église. 

Du  tumulus  d'un  noble  païen  dans  le  Bosquet  nous  sommes 
allé  aux  tombeaux  des  anciens  seigneurs  chrétiens  d;ins  l'église. 
Maintenant  nous  quittons  l'église  de  Blehen  pour  retourner  «  ù  la 
campagne  de  la  tombe,  »  où,  h  l'entrée  du  Bosquet,  se  trouve  un 
petit  éditice,  entouré  de  beaux  arbres;  c'est  la  chapelle  de  S'- 
Donat  (pi.  I,  lig.  D).  Sur  le  linteau  de  la  porte,  on  lit  :  «  Anno 
1753.  »  On  y  peut  dire  la  messe  une  fois  par  an  ('). 


(')  Diction,  géogr.  de  la  prov.  de  Liège,  \^°  LensS^-Iiemy. 

(')  Voir  sur  S.  Donat  Alb.  Butler,  Vie  des  pères,  vmnyrs,  elc,  au  30  juin;  — 
et  la  Vie  de  S.  Donat,  wariyr,  patron  contre  les  orages,  leinpL'les,  foudres,  lonnéres 
et  autres  intempéries  de  l'air.  Litjg;e,  1758.  —  Cette  chapelle  possède  les  reliques 
de  s.  Donat,  procurées  par  M?^  Delvaux,  tivêque  d'Ypres  et  natif  de  Blehen.  L'ins- 
cription qui  suit,  d'une  pierre  st^pulcrale  de  l'église  de  Blehen,  le  fera  mieux 
connaître  : 

«  l\é\ssime  et  WUsime  seigneur  M^r  Guitleaitme  Delvaux,  natif  de  ce  lieu,  docteur 
»  et  proftfsscur  ordinaire  et  régent  en  l'université  de  Louvain,  évoque  d'Ypres, 
»  ayant  fondu  un  anniversaire 

»   En  mémoire 
»  àuR^  s,^  Guilleaume  de  Brus,  son  grand'oncle,  pasteur   de   Blehen  penjant  37 
»  ans,  trépassé  le  21  X'"c  i72G,  — et  d'honnête  homme  Gille  Delvaux,  eschevin, 
»  son  père,  décédé  le  21  avril  1703  (?;,  et  de  Marie  Uuquet,  sa  mère,  trépassée  le 
f   23  niay  1689.  —  Requiescant  in  pace.  » 


-    193  — 

C'est  dans  cette  chapelle  qu'a  été  enterré  le  colonel  de  Co//ad»7, 
frère  du  général  décédé  en  1816.  Leur  grand'père  était  Gilles 
de  Collaert,  mort  en  4720. Une  très-belle  pierre  sépulcrale  porte 
l'inscription  suivante,  que  je  dois  aux  bons  soins  de  M.  Ferd. 
Cartuyvels  de  Collaert. 

l).  0.  M. 

Ci-gît  Messire  Marie  Jos.  Ferd.  Gérard  de  Collaert,  né  à 
Blehen,  le  46  décembre  4752,  en  son  vivant  chevalier  de  la  légion 
d'honneur,  colonel  du  14''  régiment  des  hussards  au  service  de 
l'empire  français.  Entre  autres  campagnes,  il  fit  celle  de  Bussie  en 
4812  et  1843.  Les  champs  de  la  bataille  de  la  Mmcova  et  de 
Mosayck  furent  les  témoins  de  son  intrépidité.  La  mort  l'épargna, 
lorsqu'il  l'affrontait  devant  l'ennemi.  Il  l'attendit  avec  calme  et 
résignation  dans  sa  retraite  à  Tongres,  où  il  mourut  en  héros 
chrétien,  le  28  octobre  4836. 

Priez  Dieu  pour  son  âme. 


Montenaken,  le  24  nov.  4876. 


A.  Kempeneers. 


notp:s. 


—  Sole  pour  la  page  14.3.  —  Le  célèbre  tombeau  des  Machabées,  retrouvé  par 
M.  Guérin  eii  1870,  avait  des  chambres  avec  des  auges  sépulcrales  taillées  dans  le 
roc.  —  L'antique  et  magnifique  tombeau  de  .Tosu.î  f  1450  av.  J.-C),  découvert,  en 
■1863  par  le  même,  était  aussi  creusé  dans  le  roc.  On  y  plaça,  d'après  les  Septante, 
les  couteaux  de  silex,  avec  lesquels  avaient  été  circoncis  les  Israélites  à  Galgala. 
Les  parois  du  vestibule  sont  percées  d'un  grand  nombre  de  petites  niches  (au 
nombre  d'environ  290),  tapissées  au  sommet  d'une  épaisse  couche  de  suie,  ayant 
sans  doute  reçu  des  lampes  lors  de  certaines  fêtes  coraméraoratives.  La  chambre 
sépulcrale  contient,  dans  ses  parois  latérales,  14  fours  à  cercueil  qui  étaient,  sans 
doute  pour  la  famille  de  Josué  (Voir  M.  Victor  Guérin,  Description  de  la  Pales- 
tine, 1874).  On  voit  que  c'est  bien  le  type  des  sépultures  de  l'ancien  Testament  et 
surtout  de  celle  de  N.  S. -J.-C.  (S.  Math.,  XXVII,  59.60  et  S.  Jean,  XIX,  40)  qui  a 
été  suivi  par  les  Chrétiens  dans  les  catacombes. 

—  Noie  pour  la  page  loi.  —  Parmi  ceux  qui  partagent  l'opinion  peu  soutenable 
que,  sous  l'empereur  Marc-Aurèle,   les   Chauques   auraient,  dans  leur  prétendue 


—  li>i  — 

iuvasiou  en  Belgique,  déiruil  les  villas  romaines  de  noire  pays  tl  surtout  celles  en 
Hesbaye,  il  y  en  a  (V.  Annal,  du  cercle  arch.  et  paléont.  de  Charleroi,  VI,  1:24, — 
et  Ann.  du  cercle  arch.  de  .Uons,  XII,  ?)'27)  qui,  pour  expliquer  la  découverte  dans 
un  grand  nombre  de  ces  villas,  de  monnaies  postérieures  à  Marc-Aurèle,  recourent 
à  une  hypothèse  de  pure  fantaisie,  a  celle  d'une  reconstruction  dont  ces  établis- 
sements auraient  été  l'objet,  après  avoir  éié  détruits.  Mais  si  celte  hypothèse  était 
admissible,  «  Pourquoi,  demande  M.  Van  Dessel,  n'aurait-on  pas  non  plus  relevé 
les  établissements  de  In  Hesbaye.  »  {Bull,  des  corn.  roy.  d'Art  et  d'Arch.,  XIH, 
463). 


CORRECTIONS. 

Page  123,  noi.  2,  pro  mortus,  lisez  :  pro  mortuis. 

—  131,  »     3,  lign.  2,  tanlami,  1.  tantam. 

—  137,     V     5,  lign.  2,  effunda,  1.  effundai. 

—  151,  »     dernière,  note  1,  1.  note  2. 

—  158,  lign.  4,  la  majuscule  r  renversée  de  Frontinus  doit  avoir  ses  lignes 

courbes  tournées  vers  la  droite. 

—  —  lign.  6,  aucun,  I.  aucune. 

—  167,  not.  2,  avantur,  I.  arantur. 


SOMMAIRE. 

l'âge». 

I.  —  Site  du  tumulus  de  Blehen  ;   —   grande  pente  latérale  ;  —  vue;  — 

monument;  — bosquet 122 

11.  —  Dimensions  de  la  tombe  ;   —   exploration  ou  galerie;   —  plaque  de 

bronze;  —  pieu 125 

III.  —  La  sépulture  par  crémation  ;  —  tombeaux  de  famille;  —  cérémonies 

de  sépulture  chez  les  Romains 131 

IV.  —  Le  caveau  et  le  cotl'rel  turaulaire  de  Blehen 144 

V.  —  Le  mobilier  funéraire  du  caveau 154 

VI.  —  Le  défunt  de   Blehen  appartenail-il  aux   anciens  Germano-Belges 

romanisés,  ou  aux  nouveaux,  admis  assez  tard  dans  l'empire    .     .165 
VII.  —  Age  du  tumulus  de  Blehen.  —  .lu.'^qu'oii  les  monnaies  et  les  poteries 
peuvent  servir  de  preuve  en  faveur  de  l'ancienneté  d'un  tumulus  ou 

d'un  établissement  de  l'époque  romaine 170 

A.  —  Les  poteries  .          171 

B.  —  Les  monnaies     . 176 

VUI,  —  Blehen  avec  son  ancienne  et  noble  famille 486 


llil''llliilclllisli(i||,\|r|ic(il(i'j':  l.lt'ijnih  ï(i|iic.\|||.|\'i<jc  II).') 


(■(l|||U' 


>.I.\M.\K.\itIi. 


l.llJi  finiirlllj.irl'i- 

Fonts  Baptismaux  de  L  Eglise  Notre  Dame  a  Seraing. 


Ell.lAAIRWi   fQi^-j-j  BAPTiSMAUXDEL'tCLISES'PlERBE.HUï 


FONTS    BAPTISMAUX 


HIIY,  A  SERAING  &  A  ESNEIX. 


En  ce  siècle,  où  l'éclectisme  domine  dans  les  arts  et  où  de 
soi-disant  architectes  modernes  cherchent  l'originalité  dans  la 
combinaison  arbitraire  de  tous  les  styles,  il  est  bon  de  faire 
connaître  les  œuvres  de  leurs  devanciers,  simples  maîtres- 
maçons  ou  tailleurs  {entretailleurs)  de  pierres,  qui  surent  res- 
pecter le  grand  principe  de  toute  œuvre  d'art  :  l'unité  dans  la 
variété. 

Que  ces  productions  antiques  soient  grandioses  ou  modestes, 
peu  importe,  elles  montrent  toujours,  outre  le  faire  du  maître, 
la  conception  vraie  d'une  idée,  d'un  style. 

Tels  sont,  par  exemple,  les  fonts  baptismaux  de  l'église 
S*-Pierre,  à  Huy,  de  l'église  Notre-Dame,  à  Seraing,  et  ceux 
de  l'église  d'Esneux,  dont  nous  repi  oduisons  les  dessins  respec- 
tifs (').  Ces  fonts  ont  d'ailleurs  une  importance  réelle  pour 
l'archéologie. 

Mais  afin  d'y  intéresser  davantage  nos  lecteurs,  nous  croyons 
utile  d'esquisser  l'historique  du  baptême  et  d'indiquer  en  passant 
les  anciens  fonts  baptismaux  connus. 

Dès  les  époques  les  plus  reculées,  tous  les  peuples  plongèrent 
les  nouveau-nés  dans  l'eau  pour  purifier  leur  corps  {^). 
Chez  les  païens,  les  ablutions    devinrent    une  cérémonie  du 

(  *)  Nous  devons  ces  dessins  à  robligeance  de  iMM.  E.  de  Many  el  Jamar,  archi- 
tectes à  Liège. 

(  '  Voyez  :  De  veterum  gentilium  lustrutionibus  syntagma.  JoH.  LOMEIEBI.  — 
Zutphani93.  1700,  et  l'abbé  Migne  :  Prem.  encytlopédie  théologique,  etc.,  t.  VIII, 
Liturgie. 


—  m\  — 

culle.  Homère  semble  même  y  l'auaclier  un  effet  divin,  lorsqu'au 
départ  de  la  belle  Gtiryséis,  renvoyée  à  son  père  pour  apaiser  la 
colère  d'Apollon,  il  raconte  qu'Agamemnon  ayant  ordonné  aus- 
sitôt aux  peuples  de  se  purifier,  ceux-ci  obéirent  et  jetèrent 
l'eau  lustrale  à  la  mer  : 

Ot  ^'  ocnelvucâvovTO,  xaî  elç  otXa.  \\j\xa~'  sjSaXXov  ('), 

D'après Tertullien,  les  initiés  aux  mystères  d'Isis  et  de  Mithra 
étaient  plongés  dans  un  bain,  symbole  de  leur  adoption. 

Macrobe  dit  au  livre  premier  des  Saturnales  que  les  Romains 
purifièrent  leurs  nouveau-nés  par  l'eau  lustrale  huit  ou  neuf 
jours  après  la  naissance,  selon  que  c'était  un  garçon  ou  une 
fille;  après  quoi,  on  leur  donnait  un  nom.  Les  Égyptiens,  les 
Perses  et  les  Grecs  faisaient  de  même. 

Rien  d'étonnant  donc  que  le  Clirisl  ait  inspiré  à  son  précur- 
seur ce  symbole  de  la  régénération  universelle,  en  attendant 
que  lui-même  instituât  le  sacrement  du  baptême  qu'il  reçut  à 
son  tour  dans  les  eaux  du  Jourdain  des  mains  de  S'-Jean- 
Baptiste. 

Après  l'ascension  du  divin  Sauveur,  les  apôtres  el  leurs  suc- 
cesseurs se  dispersèrent  dans  le  monde  pour  conférer  le 
baptême.  Ils  le  donnèrent  en  immergeant  les  catéchumènes,  soit 
dans  la  mer,  soit  dans  les  fleuves  ou  les  fontaines,  et  cet  usage 
se  conserva  assez  longtimps  dans  certaines  contrées.  Toutefois, 
il  y  eut,  dès  les  premiers  temps  de  l'ère  chrétienne,  des  édifices 
particuliers,  appelés  baptistères,  destinés  à  la  collation  de  ce 
sacrement.  On  cite  notamment  ceux  des  catacombes  de  Rome, 
qui  dalentdes  persécutions,  et  celui  du  cimetière  deS'-Pontien, 
remontant  au  III""'  siècle.  Après  la  conversion  de  l'empereur 
Constantin,  ces  édifices  s'élevèrent  par  toute  la  chrétienté  et 
bientôt  toute  cathédrale  eut  un  baptistère  y  attenant. 

Vers  le  V""*  siècle,  le  grand  nombre  d'églises  érigées  de 
toutes  parts  ne  permit  plus  de  préposer  à  chacune  d'elles  un 

(  '  )   HOMKRE  :  Iliade,  cbant  I,  v.  3U. 


107 


évêque  spécial.  Le  pouvoir  d'administrer  soleiinelleineiit  {*)  le 
baptême,  qui,  d'après  Tertullien  et  les  écrits  des  plus  anciens 
Pères,  avait  été  jusques  là  réservé  à  l'épiscopat,  s'étendit  aux 
archiprétres  ou  doyens  de  la  chrétienté  et  leurs  églises  furent 
désignées  sous  le  nom  de  plèbes  i^)  :  Sicut  ipse  (episcoptis) 
matrici  [cathedrali]  prœest,  ita  archipresbyteri  prœsint  plebibus 
h.  e.  archipresbijterali  et  baptismali  ecdesiœ  (^). 

('  j  Le  baptême  solennel  était  celui  des  adultes  ou  catéchumènes,  car  les  enfants 
étaient  baptisés  aussitôt  après  Ipur  naissance.  Tel  est  le  témoignage  de  S'-Augustin. 
(Epist.  466)  et  celui  d'ÛRiCENEs.  (Lib.V  in  cap. VI.  Epist.  ad  Rom.).S'-CYPRlEN  com- 
battant l'évèque  Fidus,  dit  :  «  Quantum  inquit  ad  causam  infantium  pertinet,  quos 
dixisti  intra  secundum  vel  tertium  diem,  quo  nati  sint,  constitutos  baptizari  non 
oporlere,  et  considerandam  esse  legem  circumcisionis  antiquœ  ut  intra  octavam 
diem  eum  qui  natus  est  baptizandum  et  sauctificandum  non  putares,  longe  aliud  in 
concilio  nostro  omnibus  visura  est.  In  hoc  enim  quod  tu  putabas  esse  faciendum, 
nerao  consensit;  sed  univers!  potiùs  judicavimus  nuUi  noraini  nato  misericordiam 
Dei  et  gratiam  denegandam.  »  (Épist.  LIX.  Édit.  Maur,  p.  98),  cité  par  le  P. 
Perrone  :  Prœlectiones  llieologicœ,  t.  VI. 

Deux  jours  dans  l'année  étaient  désignés  pour  l'administration  solennelle  du 
baptême.  C'étaient  la  veille  de  Pâques  et  celle  de  la  Pentecôte.  Il  ne  reste  plus  de 
cette  ancienne  discipline  que  la  bénédiction  de  l'eau  baptismale  en  ces  mêmes 
jours.  Dans  les  Gaules  on  baptisait  aussi  à  la  Noél  ;  Clovis  l'ut  baptisé  ce  jour-là. 
Le  baptême  solennel  était  encore  en  pleine  vigueur  au  IX""  siècle.  Dans  les  X^  et 
XIp  siècles,  plusieurs  ordonnances  ecclésiastiques  et  civiles  en  prescrivaient  encore 
l'observation;  mais  à  dater  des  Xlle  et  Xlll"  siècles,  on  s'en  écartait  ordinairement 
et  la  coutume  de  baptiser  en  tout  temps  devint  enfin  générale.  Voy.  Vabbé  Migne,  et 
Recsens,  ottvr.  cités. 

(  ^)  Ceierum  pro  intelligendo  hoc  canone  sciendum  est,  olira  non  in  omnibus 
ecclesiis  parochialibus  fuisse  ibntera  baptismalem,  sed  in  quibusdam  tantum  ad 
hune  selectis  usum.  Illa  vero  ecclesia,  qua?  imraersione  erat  destinata,  plebis  nomine 
veniebat,  ceu  ex  prtesente  textu  coUigitur,  cui  prseficiebatur  archipresbyter,  qui 
ctiam  decanus  christianitaiis   vocatur,  quod   in   ejus   ecclesia   christiani  fièrent. 

Evidentius  in  capitalar.  Caroli  calvi  tit.  XLVIII,  de  anno  DCCCLXXIV  c.  II, 
apud  Baluze,  tom.  II  capital,  p.  'J40  dicitur  :  et  ut  ecclesias  baptismales ,  quas 
plèbes  appelant,  secundum  amiquaui  ecdesiœ  consiietudinem,  ecdesiœ  filii  instau- 
rent. Una  autera  tantum  baptismalis  ecclesia  erat  in  civitatibus,  ruri  autem  in  cerlo 
districtu,  seu  lerminatione,  ut  dicitur  in  c.  S4  infra  hujus  causse,  ad  quam  omnes 
infantes  recens  nati  deferendi  erant  ad  faciendus  Christianos,  ut  dicitur  in  c.  3  X  de 
offic.  archipresbyt.  Quia  enim  baptismali  ecdesiœ  prœerat,  tum  infantes  baptizabat, 
tum  etiam  infidèles  catechumenos  ad  baptismura  prœparabat. —  Corpus  juris  Cano- 
nici  Gregorii,  XIII.  etc.,  par  J.  H.  Roehmer.  —  Hal^,  Magdeburgic^,  MDCCLVH, 
p.  6o9,  sous  la  rubrique  :  Bapiisinalibus  ecclesiis  decimœ  dari  debcnl. 
[  ')  Ibidem. 


lOs 


Ainsi  s'accrut  considérablement  le  nombre  des  baptistères 
qui, à  partirdecette  époque, furent construitsdans  VAtrium, puis 
dans  le  Nartliex  et  finalemont  dans  l'intérieur  de  l'église  ('). 

«  Les  baptistères  affectaient  le  plus  souvent  la  forme  circu- 
laire ou  octogone  ;  quelquefois,  mais  rarement,  ils  étaient  carrés 
ou  en  forme  de  croix  grecque.  J^es  cuves  baptismales,  qui 
occupaient  le  centre  du  baptistère,  reproduisaient  en  petit  le 
plan  de  l'édifice. 

«  Les  baptistères  primitifs  consistaient  dans  de  larges 
bassins  (^)  recouverts  d'un  dôme.  Plus  tard,  ils  prirent  parfois 
des  développements  si  considérables  que,  au  témoignage  de 
Du  Caiige  et  de  Suicer,  on  y  célébra  des  conciles.  Presque 
toujours  dédiés  à  saint  Jean-Baptiste,  ils  étaient  ordinairement 
connus  sous  le  nom  à'ecclesia  sancti  Joannis  in  fonte  ou  ad  fontes. 
Des  peintures  représentant  le  baptême  de  Notre  Seigneur  dans 
le  Jourdain  et  des  inscriptions  relatives  au  sacrement  du 
baptême,  recouvraient  les  murailles  {■•).  » 

Ce  qui  précède  démontre  que  dans  les  premiers  siècles  on 
baptisait  généralement  par  immersion.  Nous  disons  générale- 
ment, car  il  est  notoire  entre  autres  que  S'  Pierre  baptisa  par 
aspersion  les  trois  mille  personnes  qui  se  convertirent  au 
christianisme  à  sa  première  prédication. D'autre  part  on  conférait 
le  baptême  par  infusion  aux  malades  en  danger  de  mort.  Ce 
mode  prévalut,  dès  le  XIT-  siècle,  dans  l'église  latine,  seuls  les 
Grecs  et  les  Orientaux  conservèrent  jusqu'à  nos  jours  la  triple 
immersion. 

Les  statuts  synodaux  de  Jean  de  Flandre,  évèque  de  Liège, 

,M  Quelques  villes  d'Italie,  telles  que  l'adoue,  Florence,  Pise.  etc.  conserveiil 
encore  des  baptistères  particuliers. 

(')  On  y  montait  par  trois  marches  et  l'on  y  descendait  par  quatre  degrés.  Voir 
MiG.NE,  ouvr.  cité. 

(')  Reusens,  Èlémenis  d'archéologie,  t.  i'''  pp.  458  et  seq.  Voir  aussi  de  Fleury 
qui  en  parle  sur  la  foi  d'Anastase,  do  Grégoire  de  Tours  et  de  Durand  dans  ses 
notes  sur  le  pontifical  attribué  au  pape  [tamase. 


—  199  — 

datés  du  1"  mars  1288  (*),  eu  traitant  du  rite  du  baptême,  por- 
tent en  commençant  :  Ille  qui  baptizat,  quandoimmerghiîi  aquam 
baptizandum  dicat  hœc  verba  etc.,  ce  qui  prouve  qu'au  pays  de 
Liège  on  baptisait  encore  à  cette  époque  par  immersion.  Cepen- 
dant plus  bas,  il  est  dit  :  Et  ut  caveatur  periculum  baptkandi, 
non  mergatur  caput  pueri  in  aqua,  sed  sacerdos  super  verlicem 
piieri  ter  infundat  aquam  cum  pelvi  vel  alio  mundo  vase  et  honesto, 
tenens  puerum  nihilominus  una  manu  discrète,  ce  qui  semble 
indiquer  déjà  une  tendance  vers  le  baptême  d'infusion. 

Le  baptême  d'infusion  étant  devenu  la  règle  exclusive  en 
Occident,  les  grands  baptistères  n'eurent  plus  de  raison  d'être  ; 
ils  disparurent  donc  peu  à  peu. 

Aucun  monument  de  ce  genre  n'existe  plus  en  Belgique,  le 
dernier  fut  démoli  vers  1806  sans  que  l'on  songeât  à  en  prendre 
le  dessin.  C'était  une  chapelle  circulaire  érigée  près  de  l'église 
cathédrale  deN.  D.,  à  Tongres  (^),  qui  fut  la  résidence  des 
premiers  évêques  de  Liège  et  chef-lieu  de  leur  diocèse  ('). 

Par  contre,  on  trouve  encore  dans  notre  pays  bon  nombre  de 
cuves  baptismales  de  l'époque  romane. 

Lorsque  S^  Hubert  vint  se  fixer  à  Liège  vers  722,  il  transforma 
la  chapelle  de  St-Cosme  et  de  St-Damien  (^)  en  église  cathé- 
drale et  la  dédia  à  la  Vierge  et  à  St-Lambert.  Celle-ci  dévastée 
par  les  Normands  qui  envahirent  le  pays  à  commencer  de  880, 
fut  reconstruite  par  Notger.  Il  fit  bâtir  près  d'elle,  en  982, 
l'église  de  Notre-Dame  aux  fonts,  ainsi  dénommée  parce  que 
l'évêque  y  transféra  les  fonts  baptismaux  de  l'ancienne  cathé- 
drale de  St-Lambert  (^).  Cette  église  n'était  sans  doute  autre 

(■  '  )  Coutumes  du  pays  de  Liège,  par  Raikem  el  POLAIN,  t.  I,  p.  418. 

(  *)  SCHAYES.  Histoire  de  l'architecture  en  Belgique,  t.  II,  p.  68. 

( ')  Daris.  Notice  sur  les  églises  du  diocèse  de  Liège,  t.  III,  pp.  145  et  seq. 
Acta  sanctorum  Belg.  VIII,  p.  17  et  I,  883. 

(*)  CeUe  chapelle  avait  été  érigée  en  558  par  S'  Monuiphe,  à  l'endroit  où  sont 
aujourd'hui  les  degrés  S'-Pierre,  place  Notger. 

(*)  Anselmi.  Canon.  Leod.,  Gâta  Vontific.   Trnject.et  Leod.  Cap.  51,  fol.  102, 


200 


chose  qu'une  plèbes  doiil  nous  avons  parlé  plus  haut,  car  un 
nidiiprêtre  aidé  d'un  pléban  ou  curé  et  de  deux  vicaires  la 
desservait,  et  elle  était  la  première  paroisse  de  la  ville  (*)• 

C'était  aussi  à  Notre-Dame  aux  fonts  que  devaient  être  bapti- 
sés les  nouveau-nés  des  paroisses ,  autres  que  celles  de 
St-Severin,  St-Servais,  Sl-Adalberi,  Si-Nicolas  Outre-Meuse, 
Ste-Foi  et  de  St-Jean-Bapliste,  qui,  avant  1794,  étaient  les  six 
paroisses  sur  les  32  ('^)  qui  existaient  à  Liège,  où  il  y  eût  des 
fonts  baptismaux. 

L'ancienne  cuve  baptismale  de  N.  D.  aux  fonts,  ciselée  en  11112 
par  Lambert  Palras  de  Dinant,  échappa  aux  destructions  insen- 
sées des  jacobins  de  la  révolution  française,  dignes  imitateurs 
des  gueux  du  XVI''  siècle  et  qui  sous  prétexte  de  réforme 
sociale  anéantirent  les  chefs-d'œuvre.  Rage  aveugle  d'un  peuple 
élevé  dans  une  philosophie  sans  Dieu  et  dans  le  mépris  de 
toute  autorité  divine  et  humaine! 

Ces  fonts  remarquables,  mieux  connus  sous  le  nom  de  fonts 
de  St-Barthélemi,  parce  qu'ils  furent  donnés  h  cette  église  après 
la  révolution  française, N.  D.  aux  fonts  étant  démolie,  ces  fonts, 
disons-nous, ont  été  trop  souvent  décrits  pom'  nous  en  occuper 
encore.  Ils  sont  en  bronze,  de  même  que  ceux  de  Fenal  dans 

Daris,  ouvr.  cité.  L'église  Notre-Dame  aux  fonts  se  trouvait  du  côté  de  la  rue  Gérar- 
drie  (*),  à  droite  du  portai!  principal  de  la  cathédrale  St-Lambert,  à  laquelle  elle 
touchait  par  son  cimetière.  Le  dessin  de  l'église  S'- Lambert  reproduit  par  V.  1). 
Stees  en  tète  de  son  Essai  historique  nous  montre  l'église  de  Notre-Dame  aux  fonts 
reconstruite  au  XVIe  et  au  XVIl*  siècle. 

(  *  )  Pouillé  du  diocèse  de  Liège,  année  18o8,  aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège,  et 
publié  par  C.-B.  de  Riddek,  dans  les  Analecies  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiasi. 
de  la  Belffique,  t.  I,  p.  231.  —  B"  V.  D.  Steen.  Essai  historique  sur  Fancienne 
cathédrale,  de  S^-Lamberl,  à  Liérje,  p.  72.  Mathieu  Defays  fut  le  dernier  pléban  de 
celte  église;  arrêté  le  2i  janvier  1798,  il  fut  relâché  le  24  janvier  suivant. 

(')  Vers  la  fin  du  siècle  dernier,  Liège  comptait  26  paroisses,  y  compris  la 
chapelle  de  SteWalburge  érigée  en  paroisse  en  l'année  1612,  formant  lo  concile  de 
Liège.  Les  six  paroisses  qui  existaient  à  cette  époque  dans  les  faubourgs,  compo- 
saient le  concile  de  Si-Ilemacle.  Pouillé  précité,  p.  2o0. 

[' )  Dr.  TniiUX  dit  pur  erreur  .■  la  rue  S'-G.aigulplie.  Cette  ùglisu  fui  demoliL'  vers  i-'O...  .'Jnn 
mobilier  «vnil  viit  Tendu,  lo  i!  soiitciiilni;  tTJS,  poiii-  622  francs. 


201 


la  province  de  Namur,  el  ceux  de  l'église  St-Germain ,  à 
Tirlemont,  conservés  au  Musée  de  la  porte  de  Hal,  à  Bruxelles. 

Ouire  les  fonts  bapùsmaux  en  bronze  (  '  )  il  en  existe  en  pierre 
à  réservoir  ovale,  affectant  généralement  au  dehors  la  forme 
quadrangulaire  et  parfois  la  forme  cylindrique.  Ces  fonts  sont 
pédicules  c  est-ti-dire  portés  sur  un  fût  cylindrique  ou  sur  un 
pilier  carré  tantôt  unique,  tantôt  cantonné  de  quatre  colonnettes 
soutenant  les  angles  du  réservoir.  L'extérieur  de  la  cuve  est 
presque  toujours  orné  de  sculptures  telles  que  rinceaux,  feuil- 
lages, arcatuu'S,  animaux  fanlasliques,  mascarons  et  quelque- 
fois de  sujets  légendaires  ou  historiques. 

La  cuve  était  munie  d'un  couvercle  pyramidal  en  bois  ou  en 
bronze  que  l'on  faisait  mouvoir  au  moyen  de  barres  de  fer  atta- 
chées à  un  pivot  fixé  le  long  d'un  mur  ('-). 

Les  fonts  h  pédicule  unique  sont  très-nombreux  en  Belgique, 
citons  ceux  deCalaix,Fléron  ('■),  Godinne,Heckenrode,Hoesselt, 
Limmel,  Lixhe,  Munster-Bilsen,  Thisnes,  Zillebeke,  etc.  (*), 
ainsi  que  ceux  d'Acrei),  Deftinge,  S'-Pierre-Capelle,  Nieuwen- 
liove,  Schoorisse,Smeeriiebbe,Opbrakel,Nokeren,I.ielferingen, 
Grammerage,Eine,  Ideghem,  Goefferdinge,Maercke,  Santbergen 
et  de  Voorde  (^). 

Avant  1857,  on  ne  connai.ssait  que  deux  fonts  à  cinq  pédicules 
dans  tout  notre  pays,  c'étaient  ceux  de  Termonde  (*')  et  de 
Zedelghem  (').  Depuis  on  a  décrit  et  reproduit  notamment  les 

•  )  En  France  et  surtout  en  Angleterre,  il  y  en  a  en  p)oml>. 

(-)  ScHAïES  et  Reusens,  ouvr.  cités. 

(5j  Au  musée  archéologique  de  Liège. 

(  *)  SCHAYFS  et  Reusens,  ouvr.  cités. Voir  aussi  Annales  de  la  Société  archéologique 
t.  IV,  p.  -140,  et  t.  XIII,  p.  240;  Messager  des  sciences  et  des  arts  à  Gand  ;  Annales 
de  l'Académie  d'archéologie  de  Belgique.  Annales  de  la  Société  d'Émulation  pour 
l'étude  de  l'histoire,  etc..  à  Bruges,  1848. —  Schaepkens  :    Trésor  de  l'art  ancien. 

(')  Van  de  Vyvere  :  Essai  sur  les  fonts  baptismaux  remarquables  des  eniirons 
d'Audenaerde  et  de  Grammont.  Voir  Bull,  des  commiss.  roy.  d'art  et  d'archéologie, 
t.  X,  p.  226. 

(*)  Messager  etc.,  à  Gand,  année  1838. 

Cj  Idem,  année  I82.'>  ;  chan.  Andries,  Bulletin  du  Comité  archéologique  du 
diocèse  de  la  Flandre  occid.   Bruges,  1834. 


—  202  — 

cuves  baptismales  de  Flostoy,  Gosries,   Hour,   Lichtervelde, 
Russon  (')  et  de  Marcq  (-). 

A  notre  tour  nous  venons  tirer  de  l'oubli  trois  fonts  baptis- 
maux de  la  province  de  Liège  :  ceux  de  l'église  S'-Pierre,  h  Huy, 
de  l'église  Notre-Dame,  à  Seraing  ('),  et  de  l'église  S'-Hubert, 
àEsneux  ('). 

Les  premiers, dont  nous  joignons  ici  le  dessin,  sont  richement 
sculptés.  La  frise  est  ornée  à  sa  première  face  d'un  monstre 
apocalyptique  affectant  la  forme  d'un  dragon  ;  à  sa  seconde,  du 
lion  d'Israël  couronné;  à  sa  troisième,  d'arcatures  romanes,  et 
à  sa  quatrième  de  palmettes.  Nous  croyons,  à  cause  de  sa  riche 
ornementation,  de  la  simplicité  des  moulures,  du  caractère 
classique  des  palmettes  et  de  la  forme  du  iùi  (^),  pouvoir  les 
rapporter  au  XI«  siècle.  En  voici  les  diverses  dimensions  : 

mètre      cent. 

Hauteur  totale 0  91 

Hauteur  de  la  table 0  30 

Largeur  de  la  table 0  83 

Diamètre  du  bassin 0  46 

Diamètre  du  fût  central     ....  0  33 

Hauteur  de  son  chapiteau.     ...  0  10 

Hauteur  des  moulures  formant  sa  base  0  10 

Diamètre  des  colonnettes    ....  0  09 

Hauteur  du  socle 0  05 

Largeur 0  83 

Le  hasard  les  lit  découvrir  par  pièces  détachées  sous  des 

(*  )  ScHAYES,  Reusens  et  ScHAEPKENS,  ouvi".  cités  ;  Messager  de  Gand,  ISST  ; 
Annales  de  ta  Société  archéologique  de  Namur,  mentionnés  ci-dessus. 

(*)  Van  de  Vyvere,  ouvr.  cité. 

(')  L'auteur  d'une    soi-disant  :  Histoire  de  Seraing,  les  décrit  imparfaitement. 

(*)  Ils  sont  tous  les  trois  en  pierre  bleue. 

('•")  Nous  devons  faire  observer  que  les  colonnettes  ont  été  remplacées  et  leurs 
chapiteaux  mal  retaillés  ;  nous  no  pouvons  donc  en  tenir  compte  pour  fixer 
l'époque  du  monument. 


—  20?»  - 

décombres  dans  la  chapelle  de  Reppe,  aujourd'hui  paroisse  de 
Seilles  en  Ândenne,  d'où  ils  furent  transportés  en  l'église 
S*-Pierre,  à  Huy.  C'est  ce  que  nous  apprend  feu  le  curé  Knaden 
par  ses  annotations  inscrites  à  la  date  du  18  mars  1856  dans 
un  registre  de  la  fabrique.  Il  y  est  dit  aussi  qu'il  acheta  ces 
fonts  pour  90  lranc:s  et  lit  rétablir,  au  prix  de  80  francs  les 
quatre  colonneltes  qui  manquaient.  Le  couvercle  en  cuivre  est 
surmonté  d'un  rocher  sur  lequel  est  assis  l'enfant  Jésus  tenant 
dans  la  main  droite  une  coquille,  le  tout  en  plâtre,  et  tenant  de 
l'autre  une  simple  croix  en  bois.  Ce  couvercle  fut  payé  40 
francs;  il  est  mis  en  mouvement  au  moyen  de  barres  en  fer 
attachées  à  un  pivot  fixé  dat.s  le  mur  dont  le  coût  revint  à 
-28  francs  ('). 

Cette  restauration  grotesque  et  barbare,  accentuée  encore 
par  le  vandalisme  d'un  ciseau  brutal,  est  déplorable  au  dernier 
point.  Il  serait  à  souhaiter  que  le  curé  actuel,  M.  Wagemans, 
dont  le  zèle  est  si  grand  pour  tout  ce  qui  touche  à  sa  belle 
église,  fît  faire  une  restauration  de  meilleur  goût,  en  harmonie 
avec  le  beau  style  roman  de  cette  précieuse  relique  d'un  art 
qui  s'oublie. 


Les  fonts  baptismaux  de  l'église  Notre-Dame,  à  Seraing  ('), 
sont  composés  d'une  table  quadrangulaire  de  81  centimètres  de 
côté,  dans  laquelle  est  taillé  un  réservoir  dont  l'ouverture 
hémisphérique  mesure  60  centimètres  de  diamètre  et  l'intérieur, 
creusé  en  forme  sphérique,  a  28  centimètres  de  profondeur. 
L'extérieur  de  la  cuve  présente  une  frise  de  38  centimètres  de 
hauteur,  ornée  de  colonnettes  géminées  et  d'arcades  de  23 
centimètres  de  haut.  Les  angles  de  cette  frise  sont  formés  par 


(']  Nous  devons  la  communication  de  ces  détails  à  l'obligeauce  de  H.  le  curé 
Wagemans. 
(-;  Voirie  dessin  ci-contre. 


-  204  — 

quatre  monstres  de  12  ceriti mètres  de  face,  au  bas  desquels 
quatre  cliapileaux  ii  volutes,  taillés  dans  la  même  pierre,  cou- 
ronnent quatre  colonnettes  de  11  centimètres  de  diamètre  et  de 
37  de  hauteur.  Ces  colonnettes  reposent  sur  un  soubassement 
carré,  orné  de  moulures  formant  bases  des  colonnes  ;  ces  profils 
mesurent  15  centimètres  de  hauteur.  Le  pilier  central  a  50 
centimètres  de  diamètre  et  37  de  hauteur. 

Ces  fonts  qui  ont  une  élévation  totale  de  l  mètre  05  centi- 
mètres, sont  construits  de  quatre  pièces  dont  la  première  forme 
le  socle,  l;i  seconde  les  moulures  ou  bases  des  colonnes, 
la  troisième,  les  fûts  des  colonnes  et  la  quatrième,  la  frise 
et  les  chapiteaux. 

A  quelle  époque  remontent  les  fonts  baptismaux  de  Seraing? 
Nous  croyons  pouvoir  les  attribuer  au  commencement  du  xn*= 
sinon  à  la  fin  du  XI«  siècle.  En  effet,  ils  appartiennent  au  style 
roman  le  plus  pur  et  l'on  retrouve  dans  leur  ornementation  tous 
les  caractères  qui  distinguent  le  XIP  siècle  :  la  forme  carrée  de 
la  cuve,  les  monstres  des  angles  de  la  frise  ornée  de  colonnettes 
géminées,  les  volutes  des  chapiteaux,  l'arc  plein-cintre  des 
arcades  qui  relient  les  colonnettes  et  entre  les  naissances  des- 
quelles sont  taillés  des  rainures,  et  enfin  le  lourd  fût  cylindrique 
central  couronné  do  colonnettes  munies  de  griffes  foliiformes 
qui  emqjàtent  le  tore  inférieur  aux  angles  de  la  plinthe.  Mal- 
heureusement le  ciseau  moderne  d'un  ouvrier  ignare  en  a,  par 
un  taillant  mal  habile,  dénaturé  l'aspect  antique.  De  plus,  il  est 
à  regretter  qu'on  ait  placé  sur  cette  cuve  baptismale  un  cou- 
vercle en  cuivre  qui,  par  sa  forme,  oflre  un  contraste  bizarre 
avec  le  beau  style  roman  de  ce  précieux  monument. 

Une  légende  qu'on  fer;iil  mieux  d'appeler  une  réclame  et 
portant  :  A.  Colliii,à  Liège,  1843,  fait  ressortii  au  vif  ce  sin- 
gulier anaclironisme. 

Si  d'une  part  les  fonts  baptismaux  de  Seraing  présentent  au 
point  de  vue  architectural  les  caractères  du  commencement  du 
XII'  siècle,  nous  avons  d'autre  part  quelques  renseignements 


—  203  ~ 

historiques  qui  vieuiieiit  corroborer  notre  assertion  et  même 
les  faire  remonter  à  la  fin  du  XP  siècle. 

A  cette  époque  Seraing  possédait  une  chapelle  épiscopale 
bâtie  par  Henri  de  Verdun.  Nous  en  trouvons  la  preuve  dans  le 
Cantatorimn  de  St-Hubert  (  '),  où  il  est  dit  que  Thierry, abbé  de 
S'-Hubert  en  Ardennes,  vint  h  Seraing  le  mercredi  delà  semaine 
de  Pâques  de  l'année  1082  [83  N.  S.],  trouver  l'évéquede  Liège, 
qui  l'introduisit  dans  une  chapelle  assez  élégante  qu'il  y  avait 
fait  bâtir  :  I?i  quartâautern  ferid  Paschalis  hebdomadœ  horâferè 
tertiâ  [Theodericus  abbas]  veniens  Tieletum,  audivit  a  suis  Serani 
esse  episcopum,  ascensâque  navi   venit  ad  eum.  Episcopus  ad 

podium  siium  consistens,  de  longé  recognovit  venientem quem 

episcopus  bénigne  exceptum  introduxil  in  cappellam  quam  satis 
eleganter  ipse  ibi  condideral 

Henri  de  Verdun  fut  élu  eu  1073;  nous  pouvons  donc  fixer 
la  date  de  l'érection  de  cette  chapelle  entre  les  années  1075  et 
1082.  11  n'est  point  douteux  que  le  sacrement  du  bapiêtiie  ne 
fût  administré  dans  celte  chapelle  épiscopale.  La  présence  de 
l'évêque  à  Seraing  pendant  la  semaine  de  Pâques  semble  le 
prouver,  car,  nous  l'avons  dit  plus  haut  ('-)  le  baptême  solennel 
s'administrait  le  samedi-saint  jour  de  la  bénédiction  de  l'eau 
baptismale. 

Cette  chapelle  avait  été  bâtie  avec  élégance,  dit  l'auteur  du 
Cantatorium,  et  il  nous  est  permis  de  supposer  qu'elle  le  fut  dans 
le  style  de  la  cuve  baptismale  qui  nous  occupe.  Les  fonts 
baptismaux  ne  reproduisaient-ils  pas  souvent  en  petit  le  plan 
des  baptistères  ? 

Il  existe  d'ailleurs  des  preuves  très-anciennes  qui  démontrent 
que  cette  chapelle  épiscopale  fut  bientôt  et  peut-être  dès  son 
origine,  comme  c'était  la  règle  au  moyen-âge,  érigée  en  église 
paroissiale.  Ce  sont  les  épitaphes  suivantes  provenant  de  l'église 

(')  Édité  par  Robaulx  de  Socmo\,  ch.  63. 
(M  Note  :  in  fine  p.  197. 


—  206  - 

priiuitivt^  de  Seraiiig  Cil  portant  los  claies  rcspectivo^i  dti  18 
décembre  1246  et  du  23  novembre  1297  ('). 

Anno  DoMiNi  M".  CC".  XLVP  XV»  Kal.  Januarii 

Obht  Thëodericus  ue  Serain  uictls  Hatin 

Miles  filius  ejiis.  Anim.*;  eorum  requiescant  jn  pace  amen. 

Orate  PRO  EIS. 

A.NNO  DoMiNi  M".CC''.XCVIJ"  IN  uiE  Clememis 
Obijt  domina  Maria  uxor.  .  .  . 

L'on  voit  encore  aujourd'hui  derrière  le  chœur  de  l'église 
actuelle  des  restes  d'une  ancienne  tour  où  se  découvrent  des 
culs-de-lampes  recevant  des  retombées  de  nervures  et  dont  le 
tout  accuse  le  XIV*'  siècle. 

C'est  par  conséquent  à  cette  époque  qu'un  nouvel  édifice 
fut  construit,  dans  de  plus  vastes  proportions,  sur  l'emplace- 
ment de  la  chapelle  primitive   bâtie  par  Henri  de  Verdun. 

(*)  Ces  épilaphes  ont  été  recueillies  sur  place  par  le  chanoine  V.  D.  Kergh, 
héraut  d'armes  à  Liège,  y  décédé  le  7  janvier  1671.  Nous  les  donnons  d'après  le 
manuscrit  de  M.  le  chanoine  Henrotte.  Voici  les  autres  épitaphes  renseignées  dans 
ce  manuscrit  sous  la  rubrique,  Seraimi  : 

ChI  GIST    LiBlET   JADIS   FIS   MONSAIGNOUK 

GERAR   de   SERAING    le    PANETIER  ,    CHEVALIER  , 

Kl   TREPASSAT   LAN   DE    GRASCE    M.CCC.  et   XXXI    LE    PREMIER   .10I!R  DEL  MOIS   DE    MAJ 

Pries  poit  lv 

CHI   r.lST   MESSIRES  GERAR  ,  JADIS    LE  PANETIER     DE    SERAÏN,     CHEVALIER 

gui   TRESPASSAT   LAN    DE   GRASCE    M.CCC    ET    XXXV 

LA   NUIT   DE   L'ANNONCIATION    NOSTRE   SAIGNOUR    .IhESUS    CHKIST. 

Pries  por  lv. 

...JULIl   OBIIT    WlLELMUS    DE  SERAIGNA,    ARMIGER  FILIUS   DNI  TlIEODERICI    DICTl 

HiEsi  MiLiTis.    Anima   ejus  requiescat  in  page. 

ANNO   DNI   MCCCVI      IN    VIGILIA   BE\TI    BERNARDI    CONFËSSORIS 

OIUIT    DOMICELLA     IVETTA     BEGHINA 
Kll.IA    DNI     HU....1NI    MIIITIS    DE    SeRAING.    OrATE   PRO   EACI. 

'    l.'civlliiiurO|.|i    iii.  fcs  (liv.'i-  lextc'8  est  ■■■.  iilpinnietii  lautivf. 


20: 


En  1407  l'église  paroissiale  de  Seraing  l'ut  incorporée  à  l'ab- 
baye de  S'-Jacques,  à  Liège.  Jean  de  Sarto,  recteur  de  cette 
église  la  résigna,  le  27  mai  1407,  entre  les  mains  de  l'abbé  de 
S'-Jacques,  ce  dont  Jean  de  Nassouwen  (')  archidiacre  de  Brabant, 
fit  passer  acte  notarié  le  29  novembre  1408  f).  Le  5  février  1407 
[n,  s.]  Jean  de  Bavière  avait  consenti  à  cette  incorporation,  que 
le  chapitre  de  la  Cathédrale  approuva  le  20  mars  suivant. 

Il  fallait  que  l'église  de  Seraing  eût  alors  de  bien  riches  revenus, 
car  le  motif  invoqué  pour  son  incorporation  à  l'abbaye  de  Saint- 
Jacques,  porte  que  c'était  afin  de  relever  les  ruines  de  celle-ci 
et  l'aider  à  poursuivre  son  œuvre  hospitalière  (^).  De  plus  il 
fut  réservé  au  desservant  de  celte  église  des  revenus  suffisants 
pour  sa  subsistance  et  entre  autres  les  bénéfices  provenant  des 
baptêmes.  Ceci  démontre  d'une  part  l'ancienneté  de  l'église 
paroissiale  de  Seraing,  puisqu'il  est  rationnel  d'admettre  qu'elle 
n'acquit  ses  nombreux  biens,  rentes,  etc.,  qu'à  la  suite  d'un 
espace  de  temps  assez  long  ;  de  l'autre  l'existence  d'une  cuve 
baptismale,  qui  est  sans  nul  doute,  celle  que  nous  signalons. 

Le  15  mars  1729  la  communauté  de  Seraing  transporta  i\ 
S.  A.  Georges  Louis  deBergues  les  terrains  et  fond  de  la  vieiHe 
église,  c'est-à-dire  de  celle  incorporée  à  l'abbaye  de  S'-Jacques 
en  1407,  pour  2,000  florins  de  Brabant,  qui  furent  aff'ectés  à  la 
construction  de  l'église  moderne  ().  Nous  trouvons  en  outre 
une  déclaration  émanant  de  la  dite  communauté  et  datée  du 
18  novembre  1784  du  paiement,  par  la  mense  épiscopale,  des 
terrains  acquis  pour  un  nouveau  cimetière.  11  est  déclaré  aussi 
que  l'ancien  cimetière  y  appartient  (^). 

(*)  OuJ.  (le  Nassau.  Cet  archidiacre  n'est  pas  cité  par  de  Theux,  qui  men- 
tionne un  Jean  de  Nassau,  chan.  de  Mayence  en  1468  et  de  St-Lamb.  vers  1470, 
décédé  en  1482.  Serait-ce  le  même? 

{')  Chartes  du  fonds  de  l'ancienne  abbaye  de  St-Jacques,  aux  archives  de  l'État 
à  Liège,  année  indiquée. 

O  Id.        id. 

[*)  Chambre  des  finances  K.  XI.  pp.  247  V"  et  seq.,  aux  archives  de  l'Étal,  à 
Liège. 

C)  Chambre  des  finances  reg.  K.  CXI,  p.  428,  aux  archives  de  l'État,  à  Liège. 


-  20«  — 

On  le  voit  l'église  actuelle  de  Seraiiig,  comme  celle  qui  l'.'i 
précédée,  fut  bâtie  sur  l'emplacement,  de  la  chapelle  épiscopak' 
érigée  par  Henri  de  Verdun,  partant  nous  pouvons  en  conclure 
que  les  fonts  baptismaux  qui  s'y  trouvent  encore  aujourd'hui 
proviennent  de  l'église  première.  On  ne  nous  accusera  donc 
pas  de  témérité  si  nous  invoquons  ces  données  historiques, 
pour  démontrer  que  ces  fonts  remontent  h  la  fin  du  XI^  siècle 
et  peut-être  vers  les  années  1075-82, 

Seraing  ne  posséda  jamais  d'ailleurs  qu'une  seule  église,  car 
M.  S,  Bormans  interprète  mal  le  texte  de  la  fondation  d'Henri 
Collard  de  Seraing  lorsqu'il  avance  (*)  que  le  dit  Henri  érigea  le 
20  mars  'lo55  [n.  s.J  une  église  h  Seraing  en  l'honneur  de  Saint- 
Jeaii-l'évangéliste.  L'unique  église  ii  Seraing  était  sous  le 
vocable  de  N.-D.  et  l'acte  précité  parle  d'un  autel  avec  bénéfice 
fondé  dans  l'église  paroissiale  de  Seraing  et  dédié  h  S'-Jean- 
l'évangéiiste  et  à  S'-Lambert. 

L'extrait  suivant  du  document  en  question  le  prouve  dans 
toute  sa  clarté  : 

1554,  Indictione  duodecima  mensis  vero  martii  dievicesima. 

Henricus  jUlus  quottdam  Johannis  CoUardi  de  Seranio 

supra  mosam....  declaravit  sese concepisse certain  parlem 

bonorum  liereditarium  et  temporalwm permutare  atque  e:r 

illis  beneficium   imuni  eœlesiastieum  seculare ad  Itonorem 

omnipolentu  Dei  etsub  invocatione  seu  vocabulo  bealorum  Johannis 
evanyelistœ  ac  Ijamberli  episcopi  et  martyris  in  ecclesia  parochiali 

dictœ  villœ  de  Seranio  supra  mosam fundare  et  dotare 

atque  pro  illius  jundalione  et  dotatione  eideni  altari  annuum 

redditum   triginta   duorum   modiorum   speltœ ex  diclis  suis 

hereditariis  bonis  realiter  assiynare  ['^),.. 

(»)  Tables  «le  Lelbrl,  3«  partie,  p.  (14. 

(  *)  M^nusc.  (le  Lefort  1^"  partie,  carton  S.  (Seraing)  15-21  aux  archives  <te 
l'Etai,  à  Liège. 


Les  fonts  baptismaux  de  l'église  St-Hubert  à  Esneux,  quoi- 
qu'affreusement  mutilés,  méritent  aussi  l'attention  des  archéo- 
logues. Ces  fonts,  dont  il  ne  reste  plus  que  la  cuve  et  le  fût,  qui 
repose  sur  un  soubassement  d'emprunt,  sont  placés  dans  l'un 
des  angles  de  la  chapelle  baptismale.  Une  partie  en  est  encas- 
trée dans  le  mur  et  une  autre  adossée  à  l'autel,  de  façon  qu'une 
seule  face  reste  totalement  visible.  C'est  d'ailleurs  la  partie  la 
mieux  conservée  et  qui  donne  une  idée  exacte  de  l'ensemble. 
Nous  eu  leproduisons  ici  la  gravure. 

La  cuve  baptismale,  d'une  seule 
pièce,  a  80  centimètres  de  dingo- 
naie;  l'ouverture  ronde  du  réser- 
voir, creusé  en  forme  sphériqu(^, 
mesure  62  centimètres  de  dia-, 
mètre  cl  26  centimètres  de  pro- 
fondeur.^ L'extérieur  de  la  cuve 
présente  une  frise  octogone,  dont 
chaque  côlé  a  31  centimètres  de 
longueur.  Elle  est  ornée  d'arca- 
lures  lancéolées  ayant  2  centi- 
mètres de  saillie,  et  qui  mesurent 
à  l'intrados  10  centimètres  de  haut,  10  centimètres  à  leur  base 
et  8  centimètres  aux  reins. 

Les  retombées  de  ces  arcatures  ont  3  1/2  centimètres  de  lar- 
geur à  leur  base  et  sont  distantes  de  4  centimètres  de  la  base 
de  la  frise,  qui  a  une  hauteur  totale  de  26  centimètres.  Une 
moulure  à  tores,  de  16  centimètres  d^  profil,  relie  la  cuve 
à  un  fût  cylindrique  haut  de  36  centimètres  ('  ). 

Par  la  foime  octogone  de  la  cuve  ces  fonts  appartiennent  au 
XIV-^  siècle.  Par  son  ornementation  d'une  belle  simplicité,  l'arc 
lancéolé  des  arcatures,  à  saillies  fortement  accusées,  et  leur  fût 


(1)  Nous  donnons  les  diverses  dimensions  de  ces  fonts  baptismaux  pour  aulanl 
que  leur  mauvais  emplacement  et  leur  état  de  conservation  nous  Ta  permis, 


210 


petit  et  cylindrique  ils  se  rnpprochenl  du  XIII*  siècle.  Nous 
croyons  pouvoir  les  faire  remonter  à  la  lin  du  XIII«  siècle, 
d'après  différentes  considérations  historiques  que  nous  allons 
exposer. 

Sous  l'année  814  figure  dans  le  carlulaire  de  Stavelot  l'intitulé 
suivant  :  Ueprecati  siint  etiam  nos  de  decimis  et  capellis  ab 
antecessoribus  nostris  sibi  concessis  et  quibusdam  fiscis  nostris  id  est 
etc.  (').  Parmi  les  localités  citées  se  trouve  Esneux  {Astanido). 
Nous  pouvons  en  inférer  peut-être  qu'il  s'agit  ici  de  la  chapelle 
d'Esneux,  dont  nous  aurions  ainsi  une  mention  authentique  au 
IX'  siècle.  Un  acte  du  17  mai  1277  portant  :  Instrumenlum  super 
designatioiiem  terrarum  Henrici  de  Assenneur,  quas  ipse  liabebal 
tempore  quo  ecclesia  décimas  ibidem  émit,  que  terre  non  debent 
décimas  soîvere  (-)  menlioiine  la  maison  du  curé  d'Esneux  (^), 
preuve  évidente  de  l'existence  d'une  église.  Sans  trop  présumer 
on  pourrait  en  fixer  la  reconstruction  vers  l'année  1277,  car  le 
2  ociobre  1319  le  ccmcile  de  Sl-Remacle  h  Liège,  statua  sur  une 
demande  du  curé  et  des  habitants  d'Esneux,  tendant  h  obtenir 
une  cloche  banale.  Celle-ci  leur  fut  refusée  parce  qu'elle  était 
église  filiale!*)  deTiIff,  et  comme  telle  une  ancienne  coutume  s'y 
opposait  C*).  Cette  demande  de  cloehe  indique  le  parachèvement 

'*)  Citù  par  Ch.  Ghandgagnage,  Mémoire  sur  les  aticiens  noms  de  lieux,  etc. 
(Cour,  par  l'acaildniic  de  Belgique)  p.  22 

's)  Stock  rouge.  —  Complefie  de  la  cathédrale,  n»  278,  p.  172  v»,  aux  archives 
del'Elal,  à  Liège. 

(')  llem  supra  Assenneur  in  loco  qui  dicitur  sour  peruze,  Iria  bonnaria  et  duo 
jornaiia  in  quatuor  peciis  inler  viam  et  domura  presbyteri  de  Assenneur.  —  Stock 
BoiGE,  indiqué  ci-dessus,  p.  -nîî.  —  Au-dfssus  de  la  porte  de  la  maison  curiale  on 
lit  :  Maiiliœus  De  l'.orltj.s,  pastor,  me  fier i  cnravii  anno  1682,  ce  qui  nous  donne  la 
date  de  la  construction  du  nouveau  presbytère. 

(')  l^es  églises  sont  divisées  cnnoniquemont  en  églises  mères  ou  matrices,  églises 
filiales  et  églises  ou  chapelles  succursales. 

{*)  Voici  l'acte  in  extenso  -.  OfTicialis  curie  leodiensis  per  copiam.  Universis  pré- 
sentes lilteras  inspeclurs...  deoanus  et  IVaties  concilii  Sancti  Kemacli  prope  Léo 
dium  salutem  et  cognoscere  verilatem.  Noverilis  quod  anno  domini  Wu.CCC".  XIX», 
in  craslino  lesli  beati  Kemigii  coni'essoris,  in  ecclesia  sancti  Remacii  predicti,  nobis 
ad  celebrandum  coîn-ilium  moresolito  congregatis,  viri  venerabiles  domini  Nicolaus 
l'aiuns  i;i  Amalor,  l'aiionici  leodiens.,  procuratores  venerabiii.s  capiluli  leodiensis, 


—  211  — 

de  l'égiise  tout  comme  elle  en  fait  supposer  la  construction.  Les 
chapiteaux  et  les  bases  des  colonnes  que  l'on  voit  encore  dans 
l'église  actuelle  accusent  d'ailleurs  la  iln  du  XIII«  siècle  et  nul 
doute  que  les  fonts  baptismaux  n'aient  été  faits  en  même  temps. 
Citons  d'autres  preuves  encore  démontrant  l'ancienneté  de 
cette  église.  Le  21  juin  1628  elle  menaçait  déjà  ruine  ('),  mais 
ce  ne  fut  que  le  23  juin  1631  que  le  chapitre  de  la  cathédrale 
St-Lambert  reçut  relation  de  l'enquête  ordonnée  à  ce  sujet.  Elle 
avait  eu  pour  résultat  de  constater  non  seulement  le  mauvais  état 
de  l'édifice,  mais  aussi  la  vétusté  extrême  des  ornements  sacer- 
dotaux (-).  Le  chapitre  commit  l'écolàtro  Marcelis  et  le  chanoine 

prout  in  ejusdemcapituli  litteris  vidiraus  contineri,  proposuerunt  nomine  dicli  capituli 
coram  nobis,  quod  cura  investilus  vel  parochiani  de  Astenoir  peliverinl  ab  eisunam 
campanambannalem,ralione  décime,  quam  in  villa  de  Aslenoir  habere  dinoscuiUiir, 
et  propter  hoc  dictos  investituni  et  parochiaoos  citari  fecerunt  coram  nobis  ad 
diem  predictam,  prout  in  litteris  citatoriis  vidiraus  contineri,  dictique  parochiani 
non  comparuerinl,  peliverunt  instanter  declarari  utruni  ecclesie  filic  tenanlur  ad 
companara  solvendam  vel  non, quod  nos,  more  nostro  diflîniendum,  commi^imus  duo- 
bus  ex  fratribus  nostris  qui  ad  parlera  se  Irahenles,  céleris  IValribus  convocatis, 
habita  eorura  sequela,  reportarunt  per  judiciura  et  antiquam  consuetudinem  dicti 
concilii  approbatani,  qu(>d  nuUa  ecclesia  filia  tenetur  ad  aliquani  campanam  persol- 
vendam;p03t  modum  vero  predicli  canonici  petiverunl  declarari  iitruni  ecclesia  de 
Astenoir  sit  filia  vel  non.  Nos  autera  sicut  prius  uni  fratrura  istud  commisimus 
declarandum.  ille  autera  ex  antiqua  consueludine  approbata  dicti  concilii,  dictam 
ecciesiam  de  Astenoir  esse  filiam  ecclesie  de  Tilves  per  sequelam  oranium  reporta- 
vit,  de  quibus  omnibus  ad  maudatum  et  preces  dictorum  canonicorum  bas  litleras 
scribi  fecimus  nostroque  sigillé  sigillari.  Dalum  et  actum  anno  et  die  supradictis. 
Datum  autem  per  copiara  sub  sigillo  curie  nostre  leodiensis  anno  dominice  nati- 
vitatis  M"  CGC  quiuquagesimo  tertio,  mensisjunii  die  vicesima  nona.  — Charte  de 
Saint- Lambert,  iï°  53o,  aux  Archives  de  l'État^  a  Liège. 

(')  21  Junii  U)28. — Exposuil  dominas  archidiaconusEldcren  ecciesiam  parochia- 
lem  de  Asseneur  ruinara  minari  nisi  brevi  providealur,  unde  comniissura  dominis 
directoribus  ut  se  informent  ad  quem  ejusmodi  reparaiio  spectel.  —  Cathédrale, 
secrétariat,  —  Décrets  cl  ordonnâmes  —  1628-29.  Refj.  E.  135,  p.  40  V,  aux 
Archives  de  l'Éiai,  à  Liéye. 

')  23  Junii  1631.  —  P.etulit  dorainus  Marcelis  scholastici,  vices  gerens,  se  una 
cura  domino  Trips  accessissi.!  locum  de  Esneux,  visitasse  ecciesiam  ejusdem  loci, 
illiusque  ornamenlorum  defectus  el  comperisse,  déesse  tabulatum,  Ibrnicemque 
aliqua  in  parte  ruinam  rainari,  ornemenlaque  vetustato  plane  corrupta  et  lacera, 
super  quo  domini  mei  commisserunt  ijsdem  dominis  depulatis,  ut  omni  quo  fieri 
poterit  meliori  mudo  cum  incolis  convenianl  el  provideanl.  Ibidem,  reg.  E.  137, 
p.  197. 


—  212  — 

ïrips,  qui  avaient  ele  chargés  de  l'enquête  susdite,  pour  s'en- 
tendre avec  les  habitants  d'Esneux  afin  d'y  remédier  au  mieux. 
Ces  négociations  n'aboutirent  point; le  rapport  de  la  visite  archi- 
diaconale  du  30  septembre  1698  le  prouve.  11  y  est  dit:  mûri 
ecdesiœ  minanlur  ruinam.  Tabula  altaris  est  indeceus.  Tabulatum 
est  ruinosum.  l'rovkleant  desuper  decimalores  quamprimum.  Mûri 
et  parietes  appendicum  debtnt  reparari.  Non  est  tabulatum  in 
appendicibus.  CanceUi  ad  baptisterium  debenl  obserari,  et  cœme- 
terium  débet  mûris  recludi.  Mandamus  parochianis  quatenus 
super  prœmissis  quamprimum  provideant  (').  Relevons  ici  avant 
tout   l'indication  des  fonts  baptismaux  décrits  ci-dessus. 

(*)  Nous  croyonx  tiiik  de  donne}-  ici,  en  entier,  ce  rapport,  que  nous  devons  à 
l'obligeance  de  M.  le  cliun.  Daris. 

30  Seplembris  1698. — Visilala  fuit  ecclesia  parochialis  d'Esneux,  quse  est  ecclesia 
intégra  sub  invocatione  S.  Huberli  ;  rescribitur  ad.....  quos  D.  paslor  percipil  ex 
decimus  novalibus  quos  integraliter  percipil,  et  ex  reddilibus  annuis  ;  et  habet  a 
decimatore  quinquaginta  impériales  annuos  ;  in  annivi-rsariis  circiler  sex  florenos. 

t.ollator  :  capituluin  leodiense.  Rector  :  D.  Thomas  CaraHe,  instilutus  auctoritate 
archidiaconali. 

Gapitulum  leodiense  habel  omnes  décimas,  exceplis  novalibus. 

Sunt  duo  altaria  coUaleralia  non  consecrata,  nec  dotola. 

Sub  dicta  parochiali  ecclesia  sunl  capellae  in  Fonlin  et  Roleux. 

In  capella  de  Roleux  celebralur  diebus  dominicis  et  feslivis.  Sunl  fundali  ad  eura 
etîeclura  viginti  quinque  floreni  iinnui.  Presbyler  oflicians  administrai  sacramenta, 
ex  permissione,  et  percipil  jura  slolae. 

Matricularia  est  annalis  ad  electionem  D.  pasloris  et  parochianorum.  Modernus 
est  magisler  Lamberlus  Poncin,  admissus  ad  confessiones  ;  habel  circiler  quatuor 
florenos  qualilate  malricularii,  el  lolidem  pro  regendo  horologio,  et  percipil  a 
quacumque  l'arailia  quolannis  decem  slupheros,sub  onere  celebrandi  missam  diebus 
dominicis  el  feslivis. 

Fabrica  habel  circiler  septemdecim  impériales  annuo.s;  redduntur  computus 
coram  D.  pastore  el  tenanlibus. 

Pauperes  habenl  circiler  decem  modios  ;  redduntur  computus  ul  supra.  Décima 
non  subminislral  panem,  vinuni  el  candelas. 

Mûri  ccclesiœ  minanlur  ruinam.  Tabula  altaris  est  indecens. Tabulatum  est  ruino- 
sum. Provideanl  dusuper  decimalores  quamprimum.  Mûri  et  parietes  appendicum 
debenl  reparari. Non  est  tabulaUim  in  appendicibus.  Cancelli  ad  baptisterium  debenl 
obserari;  el  cœmelerium  débet  mûris  recludi. 

Mandamus    parochianis   qualcnus  super     prtcmissis    quamprimum    provideanl. 

humérus  communicantium  circiler  mille. 

Est  obslelrix  jurata  : 

Malriciilarius  lenel  scholum. 

Splendel  lumen  conlinuo  coram  venerabili,  ex  devolione  el  munificentia  particu- 
laris  parocliiani. 

D.  Paslor  habel  registra  baplizalorum  et  morliiorum.  I».  Paslor  dicil  registra 
conjugalornm  esse  doperdila.  Providuiit  de  alin. 


—  213  — 

Le  16  décembre  1704  les  directeurs  et  policiants  de  la  com- 
munauté d'Esneux  et  les  tenants  de  l'église,  informés  par  le 
curé  Caraffe  que  le  chapitre  de  St  Lambert  offre  150  écus 
pour  réparer  l'église,  déclarent  enfin  accepter  cette  ofifrc, 
jaçoit  qu'en  vérité  la  somme  leur  semble  modique  et  ne  responde 
pas  à  leur  espoir.  Ils  décident  en  conséquence  que  chaque 
paroissien  paiera  pour  ces  mêmes  réparations  trois  florins  icij 
coursables  (*). 

Au  15  juin  1705,  le  contingent  de  la  paroisse  fut  fixé  à  511 
florins,  10  patards,  somme  à  fournir  par  162  ménages  (dans 
lesquels  non  compris  17  indigents),  mais  on  ne  put  prélever 
que  475  florins  ("-). 

Ce  ne  fut  donc  qu'en  1705  que  les  réparations  se  firent  (^). 

Il  est  h  regretter  que  cette  église  n'ait  pas  été  rétablie  dans 
son  style  primitif.  Si  le  monastère  a  disparu  ('),  si  du  manoir 
des  seigneurs  et  comtes  d'Esneux  (^), il  ne  reste  que  des  vestiges 
douteux ,  si  de  l'antique  chàteau-fort  de  Beaumont ,  réputé 
vieux  déjà  en  1277  C^),  il  n'existe  plus  que  le  sol  élevé  qui  le 


(*)  Registre  aux  résolulions,  commem.ant  le  ::iO  septembre  1»i92,  aux  Archives 
communales  d'Esneux. 

(')  Ibidem. 

(')  L'un  des  bénitiers,  qui  sont  placés  à  l'entrée  de  l'église,  porte  la  date  de  1707, 
époque  sans  doute  à  laquelle  les  réparations  furent  terminées. 

(*)  Le  dictionnaire  géographique  de  Helvaux  indique  les  quatre  châteaux  sui- 
vants :  Es7ieux,  Rond-Chêne,  la  Vaux  et  Avionpuits,  (orthographié  awillompuche, 
et  aïoilhonpuche,  dans  le  Stock  précité,  pp.  174  v»  et  174). 

(^)  Item  supra  monaslerium  versus  montein  ...  Stock  rouge,  précité,  même  acte. 

C')  Le  diplôme  impérial  de  l'an  lloS  par  lequel  Frédéric,  empereur  des  Romains, 
confirme  à  l'église  de  Liège  la  possession  de  ses  biens,  mentionne  le  chàteau-fort 
de  Beaumont  avecl'alleux  d'Esneux,  en  ces  termes  :  Castrum  de  Belmoni  cum  omui 
familia  et  aUodio  de  Hastinoit.  M.  Grandgagnage  dans  son  Supplément  au  mémoire 
sur  les  anciens  noms  de  lieux  de  la  Belgique  orientale  (Mém.  cour.),  dit  ne  pas  con- 
naître, à  Esneux,  de  lieu  nommé  Belmont,  il  se  trompe.  L'acte  du  17  mai  1277, 
signalé  à  la  page  210,  mentionne  le  château  de  Beaumont  en  le  qualifiant  de  velus 
castrum.  Voici  ce  passage  :  quedam  prata  per  pecias  prout  in  subsequentibus  an- 
notatur,  videlicei  in  terrilorio  de  Melac,  prope  vêtus  castrum  dt;  Bellomonte,  in 
deiiixo  )nontis  versus  i'rtam,  sexjornalia  terre  nrabilis.  Iiem  prope  locum  cundem 


—  214  — 

poi'lail  vers  les  nues,  el  du  sommet  duquel  le  loui-isle  s'extasie 
devant  les  sites  merveilleux  qui  se  déroulent  h  ses  pieds,  non 
loin  de  là  gisent  peut-être  encore  sous  terre  les  fondements  de 
sa  chapelle  castrale  qui,  d'après  la  coutume  du  moyen-âge, 
donna  naissance  à  la  première  église  paroissiale. 

La  commune  d'Esneux  devrait  donc  se  souvenir  que  noblesse 
oblige  en  ordonnant  une  restauration  savante  et  complète  de 
son  église.  Un  beau  monument  en  style  ogival  primaire  rappel- 
lerait des  grandeurs  passées  et  serait  en  harmonie  avec  la 
beauté  de  sa  situation.  Puisse  mon  rêve  se  réaliser;  j'aime 
Esneux  ! 

T)""     VAN  DE  CaSTEELE. 


iii  luco  qui  (licitur  supra  iiioitieiit  de  leri,  boiiuariuin  uiiuni  circa  princiinum  declitii 
montis...  fiem  in  loco  qui  dicitur  in  valle,juxta  Ham,  duo  bonnnria  nupra  viain  que 
est  ville,  ibi  in  siuistra  manu  versus  castrum,  et  jornale  iinum  in  loco  qui  dicitur 
ad  quercum  au  courtiih  de  Ham...  Itetu  anle  casirum  veius  predictum,  in  dcclDio 
montis  versus  Assenncur,dnol>onnaria  inier  Assenncur  el  dictum  velus  casirum... — 
Stock  rouge  précité,  même  acte.  Le  dictionnaire  géographique  de  Del  vaux  nous 
apprend  de  plus  que  «  vers  l'an  1177,  en  défrichant  un  terrain,  au  lieu  dit 
sur  Beaumoni,  où  il  a  existé  un  ancien  cliâteau,  on  a  découvert  un  tombeau  en 
maçonnerie  peinte,  dans  lequel  on  a  trouvé  un  squelette  dont  la  stature  élait  d'une 
grandeur  extraordinaire,  avec  une  lanterne,  une  urne,  un  cimeterre  et  quelques 
gros  clous,  qui  furent  brisés  par  la  chute  de  la  voûte.  »  Beaumont  d'ailleurs  est 
connu  de  mémoire  d'homme  de  tous  les  habitants  d'Esneux. 


SUR  L'ORPHEE  AUX  ENFERS 


DE    GERARD    LAIRESSE. 


Parmi  les  œuvres  de  Gérard  Lairesse,  l'un  des  peintres  en 
renom  de  Liège,  se  trouve  sa  Descente  d'Orphée  aux  Enfers, 
que  M.  J.  Helbig  décrit  ainsi  : 

«  Orphée  est  sur  le  point  de  quitter  le  noir  séjour,  guidé  par 
un  génie  qui  vole  à  ses  côtés,  l'éclairant  au  moyen  d'une  torche 
dont  la  lueur  se  projette  sur  le  groupe  principal.  L'artiste  a 
représenté  le  fils  d'Apollon  la  lyre  sous  le  bras,  au  moment  où 
il  succombe  au  désir  de  revoir  son  amante.  Il  se  retourne,  et, 
à  l'instant,  il  est  puni  de  son  infraction  aux  ordres  de  Platon. 
Eurydice,  pâle  et  glacée,  retombe  mourante  entre  les  bras  des 
Parques  qui  l'entourent.  Celles-ci  sont  d'âges  différents,  con- 
formément i\  la  mythologie;  revêtues  de  draperies  aux  couleurs 
sombres,  elles  ont  au  dos  des  ailes  légères,  transparentes  et 
noires.  Dans  le  fond,  qui  occupe  une  grande  partie  de  cette 
toile,  on  voit  le  Tartare  et  la  cité  infernale.  Des  constructions 
fantastiques,  immenses,  entrevues  aux  lueurs  d'un  vaste  incen- 
die, étagent  leurs  galeries  superposées  et  les  spirales  de  leurs 
tours.  Sous  ces  portiques,  le  long  de  ces  galeries,  circulent  les 
ombres  des  morts. 

»  La  couleur  noire  qui  domine  dans  cette  toile  la  rend  peu 
agréable  comme  effet,  et,  sous  ce  rapport,  elle  est  fort  inférieure 
à  beaucoup  d'autres  productions  du  maître. Mais  la  composition 
est   claire,  le   modelé   étudié,    le   groupe  d'Eurydice    et   des 


^16 


Parques  est  très-bien  disposé,  et  l'une  de  ces  dernières  a  une 
jolie  tête.  La  figure  d'Orphée  exprime  bien,  quoique  d'une 
manière  un  peu  théâtrale,  les  sentiments  dont  celte  figure 
doit  être  animée. 

"  Toile  :  H.  1.82.  L.  -2.18.  (Musée  communal  de  la  ville  de 
Liège.)  »  (') 

«  Ce  tableau,  dit  encore  M.  J.  Helbig,  tut  t'ait  en  166:i  par 
Gérard  Lairesse  pour  orner  le  vaste  manteau  de  la  cheminée 
de  l'une  des  salles  de  l'habitation  de  Godefroid  de  Sélys,  ancien 
bourgmestre  de  la  ville  de  Liège  (■-),et  se  trouve  actuellement  au 
musée  connnunal  de  celte  ville  ('').  » 

De  son  côté,  le  comte  de  Becdelièvre  nous  apprend  cette  par- 
ticularité, dans  sa  Biographie  Liégeoise,  publiée  en  1839, 
que  cette  toile  passa  aux  mains  des  messieurs  de  Difl'uy,  à 
Liège  ('). 

D'autre  part,  tèu  le  chanoine  Devaux  ajoute  dans  ses  annota- 
tions manuscrites  ('')  :  «  M.  le  chanoine  Bemy  la  reçut  de  ce 
»  dernier  (de  DifCuv)  par  succession  et  il  a  passé  au  même  titre 
»  à  une  nièce  de  ce  dernier.  Il  se  trouve  déposé  chez  M.  le 
»  notaire  Keppenne  chargé  de  le  vendre.  » 

De  plus,  d'après  nos  renseignements  particuliers,  le  tableau 
dont  il  est  question  ici,  fut  plus  tard  repris  par  la  famille  du 
Df  Lombard,  et  il  est  notoire  que  le  fils  de  celui-ci  le  vendit  à 
la  ville  de  Liège,  le  23  mai  1866  («). 

Ces  détails  peu  importants  en  eux-mêmes  sont  cependant 


(')  Hi-^toire  (le  In  l'cmline  au  Paifs  de  Liège,  imprimerie  DE  TlllEli.  Li(:gc  1873, 
p.  21.5. 

(t)  Ibid.   p.   203. 

C)  Ibid.  p.  203,  noie  2. 

(*)  Tome  II,  p.  195. 

(")  Conservées  à  la  Bibliolliè()ue  de  l'iniversité,  a  Liège. 

t")  L'adminislralion  communnlo  acquit  lo  tableau  d'Orph<'e,  en  mùmc  temps  que 
le  portrait  de  Philoguet,  par  Lombard,  pour  la  somme  totale  de  2,000  francs. 


—  217  — 

dignes  d'intérêt,  après  la  découverte  que  nous  venons  de  faire 
de  l'acte  notarié  suivant,  daté  du  25  septembre  1794: 

LIBERTÉ.  ÉGALITÉ.  —  FRATERNITÉ. 

Ce  jourd'hui  'lîi''  vendémiaire  lan  troisième  de  la  république  francoise 
une  et  indivisible,  pardevant  moi  notaire  public  soussigné  et  les  témoins 
ci  après  nommés,  fut  présent  le  citoyen  de  cette  ville  de  Liège,  Charles 
Théodore  de  Diffuy,  lequel  nous  a  dit  et  déclaré  que  passé  dix  à  quinze 
jours,  plusieurs  citoyens  se  sont  rendus  chê  lui  et  demandé  d'y  voir  un 
tableau  lui  appartenant  dont  Lairesse  en  est  l'auteur,  représentant  Orphée 
et  Euridice,  à  quoi  les  aiants  satisfaits  ils  se  sont  retirés  ;  qu'en  après 
scavoir  le  25  de  ce  mois  au  matin,  le  déclarant  reçut  une  lettre  du 
représentant  du  peuple  Frecine[t]  par  quelle  il  lui  demandoit  de  lui 
envoler  ledit  tableau  pour  qu'il  pourroil  le  voir;  que  sur  ce  ledit  déclarant 
lui  écrivit  qu'il  ne  pourroit  pas  le  lui  envoler  à  raison  de  la  grande 
difficulté  de  le  détacher  de  sa  position,  mais  qu'il  se  feroit  un  vrai 
plaisir  de  le  lui  montrer  s'il  vouloil  se  donner  la  peine  de  le  venir  voir 
dans  sa  maison;  que  le  même  jour,  l'apres  midi,  plusieurs  citoyens 
accompagnés  de  six  fusiliers  armés  de  la  republique  francoise  sont  venus 
à  la  maison  dudit  déclarant,  muni  d'une  commission  des  citoyens  Michel 
de  Blond,  Devvaille,  Thonin,  Franjan,  après  les  signatures  desquels  s'y 
trouve  ce  qui  suit  :  u  Le  représentant  du  peuple  près  les  armées  du  nord 
«  de  Sambre  et  Meuse  ordonne  que  le  tableau  ci  dessus  mentionné  sera 
»  enlevé  dans  le  plus  court  délais,  à  Liège  le  25  vendémiaire  l'an  5'"e  de 
»  la  republique  francoise  une  et  indivisible,  signé  Frecine[t] ,  et  étoit 
»  apposé  le  cachet  de  la  republique  francoise  sur  cire  rouge.  »  Lesdits 
citoyens  entrés  dans  ladite  maison  ont  détaché  ledit  tableau,  l'ont 
transporté  de  la  maison  du  déclarant  pour  le  faire  conduire  suivant  leur 
commission  au  muséum  des  arts  de  la  République  francoise,  présents  les 
citoyens  Albert  Joseph  Favereau ,  Henri  Hoyens,  Marie  Barbe  Lejeune, 
Geneviève,  Etienne,  Jacques  Charles  Morviller. 

Lesquels  nous  ont  dit  et  déclaré  d'avoir  vu  et  été  présents  lors  que  les 
dits  citoyens  et  fusiliers  armés  ont  venu  détacher  et  transporter  le  dit 
tableau  de  la  maison  dudit  citoyen  Diffuy  comme  dit  est  ci-dessus. 
Ce   qu'ils  offrent  de  réitérer  lorsqu'ils  en  seront  requis,  ainsi   fait   et 


-   218  ~ 

déclaré  dans  la  maison  dudil  ciloyen  Uifluy  où  il  a  sa  demeure  située 
sous  la  paroisse  de  Si  r{emi  à  Liège,  y  présent  comme  témoins  A  ce 
requis  et  appelles  les  citoyens  L.Grandmaison  et  Antoine. 

(  Signé  )        Le  citoyen  Diffi  y 

A    J.  F AVER EAU 

J.  L.  MoRMLLER ,  t  signature  d'HENRi  Hoyens  disant  ne 

scavoir  écrire 
t  signature  de  Marie  Barbe  Lejeune 

disant  ne  scavoir  écrire 
Geneviève 
Etienne 
Grandmaison 
Antoine 
Pierre  Godsoll,  notaire  ('). 

Nous  ignorons  sur  la  loi  de  quel  document  M.  J.  Helbig  (ail 
reposer  son  assertion,  lorsqu'il  indique  le  tableau  décrit 
ci-dessus  comme  ayant  appartenu  à  Godefroid  de  Selys  et, 
après  avoir  lu  la  pièce  oificielle  que  nous  venons  de  repro- 
duire, on  pourra  aussi  se  demander  pourquoi  le  comte  de 
Becdelièvre  imprime,  en  l'année  1839,  que  MM.  de  Diffuy 
possèdent  le  tableau  précité.  Cette  possession  est  d'ailleurs 
conti'ouvée,  quant  à  sa  date,  par  les  annotations  de  Devaux, 
rapportées  plus  haut.  D'api^ès  lui,  le  chanoine  Bemy  reçut,  de 
de  Diffuy,  la  Descente  iV Orphée  aux  enfers,  de  G.  Lairesse  ; 
or,  le  premier  décéda  le  18  octobre  1832  (').  Par  contre,  l'acte 
notarié  que  nous  venons  de  faire  connaître,  met  à  néant  l'ori- 
gine du  tableau  qui  fut  déposé  chez  feu  le  notaire  Keppenne. 

Nous  croyons  donc  pouvoir  établir  la  vérité,  en  disant  que 
la  Descente  ilOrfhée  aux  enfers  qui  se  trouve  au  Musée  commu- 
nal liégeois,  ne  provient  pas  de  CHARLEs-THÉonoRE  de  Diffuy, 
autrement  il  faudrait  admettre,  ce  qui  es!  fort  peu  probable, 

(')  l'rotocok'  du  notaire  Godsoul,  aux  Archives  de  l'Étal,  à  Liège.  (Copie 
textuelle.) 

(^)  Histoire  de  St-Paul,  par  le  clianoinc  Thimisler. 


-     219  — 

que  le  tableau  de  1794,  enlevé  pour  le  Muséum  des  arts  de  la 
République  françoise,  fut  rendu  ii  son  propriétaire  légitime. 
Ce  qui  est  certain,  c'est  qu'il  ne  figure  point  sur  la  liste  des 
tableaux  revenus  de  Paris.  Il  est  connu  d'ailleurs  que  Gérard 
de  Lairesse  reproduisit  son  œuvre  ('). 

Retse  h  savoir  si  le  lableau  exécute  pour  le  compte  de 
Godefroid  de  Selys  est  devenu  la  propriété  de  de  Diffuy,  ou 
s'il  n'en  obtint  qu'une  copie.  Dans  le  premier  cas,  l'original 
devrait  se  retrouver  aux  greniers  du  Musée  du  Louvre;  dans 
le  second,  Liège  aurait  le  bonheur  de  le  posséder. 

Charles-Théodore  de  Diffuy  ayant  pour  aïeul  François-Joseph 
de  Diffuy,  qui  épousa  Anne-Calherine-Conslance  de  Selys,  fille 
de  Godelroid  susdit  (-),  il  nous  faut  admettre,  jusqu'à  preuve 
contraire,  l'hypothèse  première. 

La  toile  dont  parle  Devaux  était  comprise  peut-être  parmi  le 
mobilier  de  Michel-Joseph  de  Difîuy.  Celui-ci,  par  testament  du 
17  janvier  1789,  légua  tous  ses  biens,  meubles  et  immeubles,  à 
son  frère  Charles-Théodore,  qui  le  9  mai  1790  constitua  le 
chanoine  J.-B.  Bemy,  en  son  lieu  et  place,  pour  accepter  l'hé- 
ritage de  son  frère  (^).  On  ne  saurait  toutefois  supposer,  devant 
l'acte  que  nous  venons  de  faire  connaître,  qu'il  s'agirait  ici 
du  tableau  original. 

La  Descente  d'Orphée  aux  enfers,  conservée  au  Musée  com- 
munal de  Liège,  ne  serait  ainsi  qu'une  répétition  du  maître. 

D^   VAX    DE    CaSTEELE. 

(•)  .1.  Helbig,  ouvr.  cite,  p,  216. 

;')  Lefort,  ;•!<=  partie,  carton  K.  21, S.  (Selys),  aux  An;tiive.s  de  l'État,  à  Liège. — 
Capitalion  1740  et  1792,  paroisse  St  Rémi.  —  Idem,  État-Civil,  à  Liège. 

(5)  Testaments  des  chanoines  de  Sle  Croix,  1728-96,  aux  Archives  de  l'État 
à  Liège. 


LES 


Châsses  de  Saint  Domitian  et  de  Saint  Mengold 


l'ancienne  oollé|i;iale  de  Hu\.  Le  reliquaire  offert  en  don  expialoii'e  à  la 
cathédrale  de  Saint-Laiultei'l  de  Liège. 

LES  AUTEURS  ET  l'hISTOIRE  DE  CES  RELIQUAIRES. 


Malgré  les  recherches  eiUrepiisGs  par  nos  archéologues daiis 
les  différentes  provinces  du  pays  et  la  persévérance  que,  par- 
fois on  peut  qualifier  de  passionnée,  avec  laquelle  plusieurs 
d'entre  eux  se  sont  attachés  à  dépouiller  les  archives  et  les 
documents  locaux, les  trésors  de  nos  églises  contiennent  encore 
toute  une  catégorie  de  monuments  dont  l'histoire  reste  ti  faire 
et  les  artistes  ù  nommer. 

Nous  entendons  parler  des  œuvres  de  l'orfèvrerie  du  moyen- 
âge  ;  de  ces  travaux  dont  à  la  vérité  les  proportions  matérielles 
sont  petites,  mais  au  dessin  et  à  la  conception  desquelles  le 
mot  de  «  monument  »  convient  si  bien. 

En  effet  ces  petits  édifices,  en  métal  précieux  pour  la  plupart, 
semblent  relever  souvent  plus  de  l'architecture  que  de  l'orfè- 
vrerie enli^ndue  comme  fabrication.  Bien  que  dans  l'exécution 
du  travail  le  burin  du  graveur,  le  marteau  du  ciseleur,  le  cha- 
lumeau et  la  palette  de  l'émailleur  nient  tour  à  tour  à  intervenir, 
ces  reliquaires,  ces  châsses,  —  quelquefois  de  simples  calices, 
—  ont  un  aspect  si  monumental,  leur  composition  révèle  si 
bien  «  un  maître  d'œuvre  »  qu'on  ne  peut  s'empêcher  de  regret- 


—  222    - 

1er  profondémeiit  l'igrioranco  dans  laquelle  l'hit-loire  du  l'ai't 
nous  a  laissé  quant  aux  artistes  inspirés  et  laborieux  auxquels 
on  doit  ces  créations. 

Tout  ce  qui  peut  apporter  quelque  lumière  sur  les  auteurs  de 
ces  travaux,  tout  ce  qui  peut  nous  en  l'aire  connaître  les  noms 
et  la  destinée  doit  donc,  ce  semble,  être  accueilli  avec  un  inté- 
rêt d'autant  plus  grand  que  les  indications  précises,  reposant 
sur  des  documents  originaux  et  contemporains  sont  plus 
rares. 

Ce  sont  ces  considérations  qui  nous  portent  à  faire  connaître 
aujourd'hui  quelques  renseignements  recueillis  sur  l'orfèvre 
auquel  on  doit  deux  cliàsscs  conservées  à  l'ancienne  collégiale 
de  Huy,  sur  l'histoire  de  ces  châsses,  et  enfin  sur  l'auteur 
d'une  œuvre  d'orfèvrerie  que  possède  le  trésor  de  la  cathédrale 
de  Liège. 

Dans  le  premier  volume  du  «  Bulletin  des  Commissions 
royales  d'art  et  d'archéologie  (i)  »  notre  collègue,  M.  Vier.sel- 
Godin,  a  décrit  les  deux  châsses  de  Saint-Mengold  et  de  Saint- 
Domitian,  et  à  cette  occasion  il  a  rappelé  les  renseignements 
donnés  par  l'auteur  du  petit  livre  intitulé  :  Incunnhula  Ecdesiœ 
Hoyensis,el  que  celui-ci  semble  en  partie  avoir  empruntés  ù  son 
tour  au  chroniqueur  hutois  Laurent  Mélari. 

Ce  dernier  ropporie  en  effet,  que,  l'an  1174,  Radulphe  de 
Zaehringen,  évêquc;  de  Liège,  lit  déposer  solennellement  les 
corps  de  Saint  Menguld  et  de  Suint  Domilian  dans  deux  fiertés 
richement  iravoillées  et  qu'il  lit  l'aire  ces  reliquair(>s  par  un 
orfèvre  célèbre,  du  nom  de  Godelroid  de  Claire,  dit  le  Noble. 
Il  ajoute  que  cet  artiste,  ayant  longtemps  suivi  la  cour  des 
empereurs  d'Allemagne  Lothaire  et  Conrad  III,  il  y  avait  acquis 
de  glandes  richesses  et  était  devenu  un  homme  important. 
Vers  la  tin  de  sa  vie  il  Ut  de  larges  olïraiides  aux  églises, 
partieulièreiiienL  à  celle  de  l'abbaye  du  Neumostier,   on  il    prit 

(')  Voyez  loiiie  I  p.  ;-!97  <•[  buivaiiles. 


-  223  — 

l'habit  de  chanoine  régulier  de  Saint-Augustin  et  acheva  le  reste 
de  ses  jours  (i). 

D'après  un  chroniqueur  assez  ancien  pour  avoir  pu  être 
témoin  du  fait  qu'il  rapporte,  Gilles  d'Orval,  le  corps  de  saint 
Domitian  aurait  été  placé  solennellement  et  porté  procession- 
nellement  dans  une  châsse  confectionnée  d'avance  pour  les 
recevoir,  —  non  pas  en  1174,  mais  une  année  plus  tôt,  le  17 
des  calendes  de  juillet,  c'est-à-dire  le  15  juin  1173  (2). 

Cette  légère  rectification  faite,  nous  admettons  volontiers 
que  les  renseignements  que  Mélart  nous  fournit  sur  les  deux 
châsses  et  sur  leur  auteur,  méritent  tout  crédit.  Toutefois, 
comme  il  écrivait  au  17"  siècle  sur  un  artiste  qui  avait  vécu  au 
12",  s'appuyant  comme  il  le  rapporte  sur  différents  manuscrits, 
il  n'est  pas  sans  intérêt  de  connaître  au  moins  une  partie  des 
sources  où  il  a  pu  puiser  les  détails  qu'il  donne  sur  Godefroid 
de  Claire. 

l'ne  circonstance  favorable  nous  a  initié  à  l'une  de  ces 
sources  et  nous  a  permis  de  retrouver  dans  un  document  inédit 
dont  la  date  se  rapproche  assurément  beaucoup  de  l'époque  où 
vivait  l'orfèvre  hutois,  non-seulement  la  confirmation  de  c^ 
que  nous  savions  déjà,  mais  encore  quelques  indications  sup- 
plémentaires sur  sa  vie  el  ses  travaux  qu'on  ne  lira  pas  sans 
intérêt. 

Voici  d'abord  comment  ces  renseignements  nous  sont  par- 
venus : 

Le  président  Grandgagnage  que  la  mort  a  enlevé  il  y  a  quel- 
ques mois  aux  sociétés  savantes  dont  il  taisait  partie,  et  notam- 
ment à  l'Institut  archéologique  liégeois  dont  il  était  l'un  des 
membres  fondateurs,  a  légué  au  Musée  de  cet  Institut  le  ma- 
nuscrit original  du  Nécrologe  de  l'abbaye  de  Neumostier,  dans 


,  ')  V.  L'histoire  de  la  ville  et  chasteai  de  Hiii/,  p.  112. 

(*)  V.  .Efiidii  aureœ  Vallis  retigiosi  Gesta    Ponlificum  Leodletiuum,  apud  C.lia- 
pearille,  tome  II,  p.  124. 


—  224  — 

laquelle,  comme  nous  venons  de  le  rappeler,  l'orfèvre  de  Huy, 
Godefroid  de  Claire,  de  même  que  Pierre  l'Hermite,  s'était 
retiré,  et  où  il  a  terminé  sa  vie,  joignant  aux  labeurs  de  l'art, 
dont  il  y  a  continué  les  travaux,  les  austérités  de  la  profession 
religieuse.  Le  dernier  propriétaire  de  KObituaire  de  Neumos- 
lier,  attachait  à  juste  titre  un  grand  prix  à  ce  manuscrit,  préci- 
sément à  cause  de  la  mention  qui  y  est  faite  du  décès  et  de  la 
lianslation  du  corps  du  célèbre  prédicateur  des  croisades. Dans 
plusieurs  articles  insérés  au  Bulletin  de  l'Institut  archéologique 
liégeois  (M,  M.  Grandgagnage  cite  le  Nécrologe  h  l'appui  de  la 
thèse  qu'il  soutenait  alors  et  d'après  laquelle  Pierre  l'Hermite 
aurait  vu  le  jour  dans  l'ancien  pays  de  Liège.  Chose  étrange, 
l'auteur  de  ces  études,  absorbé  sans  doute  par  son  sujet,  ne 
semble  pas  avoir  lu,  et  certainement  il  n'a  jamais  fait  connaître 
la  mention  que  le  même  manuscrit  consacre  h  l'artiste  des 
chasses  de  saint  Mengold  et  de  saint  Domitian. 

La  disposition  testamentaire  qui  confiait  désormais  le  dépôt 
du  précieux  manuscrit  à  l'Institut  archéologique  liégeois,  le  ren- 
dait naturellement  accessible  à  tous,  et  les  membres  de  l'Institut 
furent  les  premiers  à  parcourir  le  document  échu  à  leur  garde. 
Or,  comme  chacun  lit  et  trouve  dans  un  livre  ce  qu'il  lui  con- 
vient particulièrement  d'y  lire  et  d'y  trouver,  notre  attention 
tut  immédiatement  appelée  par  le  conservateur  du  Musée,  sur 
les  lignes  suivantes  qu'il  convient  de  rapporter  textuellement; 
complétant  seulement  les  abréviations  qui  en  rendent  la  lecture 
difficile  : 

Novemher.  l)°  VIII  K"  Commemoratio  Godefvidi  Aurificis  fra- 
iris  nostri.  Une  autre  main  un  peu  moins  ancienne,  ajoute  en 
coniinu.int  la  même  ligne  :  /.s/f  Godeiridus  aurifaber ,  ciuis 
Hoyensis,  et  pnstmodum  ecdesie  noslre  coHcanonicus,  uir  in  anri- 
fahricatura  sua  tempure  nuUt  secundus,  pei  diuersas  regiones  plu- 


^«)  V.   liulletiri  de  l'Inslilut  urcliëologique  lit^^t'ois,  lonie  II,  p    l.'i  et   suivantes. 


—  iiâo  — 

rima  sanctorum  fecit  feretra  et  cetera  reijum  vaaa  vtensUia.  ISam 
in  ecdesia  Hoyensi  duo  composuit  feretra,  turibulum  et  calicem 
argenteos.  In  noslra  quoque  ecdesia,  capsam  mirifico  opère  deco- 
ratam,  in  qua  recondidit  iuncturam  sancti  lohannis  Baptiste, 
quant  ei  domnus  Almaricus  Sydonensis  episcopus  contulerat,pro 
eo  quod  quedam  vasa  delectabilia  fecerat. 

Il  résulte  donc  de  ce  texte  : 

1"  Que  notre  orfèvre  Godefroid,  autrefois  bourgeois  de  Huy, 
est  mort  clianoine  de  l'église  de  Neumostier,  le  25  octobre. 
La  date  de  l'année  n'est  malheureusement  pas  indiquée. 

2°  Que  dans  l'exercice  de  sou  art  il  était  considéré  comme 
n'ayant  été  surpassé  par  personne,  et  que,  après  avoir  fait  dans 
différents  pays  plusieurs  châsseb  pour  les  ossements  des  saints 
et  des  vases  précieux  à  l'usage  des  souverains,  il  avait  fait 
pour  l'église  de  Huy  detïx  fiertés,  un  encensoir  et  un  calice  en 
argent. 

3"  Que  enfin,  il  avait  exécuté  pour  l'église  de  Neumostier 
un  reliquaire  magnifiquement  orné  pour  y  placer  une  articula- 
tion (probablement  du  doigt)  de  saint  Jean-Baptisie,  relique  que 
Godefroid  avait  reçue  autrefois  d'Almaric(Amalaric?)  évêquede 
Tyr,  en  reconnaissance  d'un  vase  charmant  qu'il  avait  fabriqué 
pour  ce  prélat. 

Comme  on  le  voit,  l'Obituaire  de  Neumostier  fait  connaître 
plusieurs  ti-avaux  de  notre  orfèvre  malheureusement  perdus 
aujourd'hui,  et  sur  la  destinée  desquels  aucun  renseignement 
n'est  parvenu  jusqu'à  nous.  îi'dutre  part,  une  publication  toute 
récente,  qui  nous  parvient  au  moment  où  nous  corrigeons  les 
épreuves  de  cette  étude,  -  celle  du  quatrième  volume  des 
chroniques  de  Jean  d'Outremeuse  édité  par  notre  collègue 
S.  Bormans,  —  confirme  les  faits  consignés  dans  l'Obituaire  de 
Neumostier,  en  ajoutant  quelques  renseignements  nouveaux. 
Voici  ce  que  rapporte  Jean  d'Outremeuse  : 

«L'anXIMiXXIII  revient  Godefroit,appedain  de  Hny,  àmaistre 


—  :226  — 

d'orfeivrie,  li  miedre  et  li  plu^  expers  et  subtils  ovriers  que 
ons  sawist  en  monde  à  chel  jour,  et  qui  avoit  cherchiez  toute 
régions;  si  revient  à  Huy  en  mois  de  Jule;  ilh  avoit  demoreit 
bien  XXVIl  ans  hors,  s.  avoit  en  inaintez  régions  diverses  bons 
ovrages,  lielres  et  altre  quelconques  ovrage.  El  à  sa  revenue 
en  i'englise  de  Huy  al  (ait  I  lieire  et  I  enchenseir  et  I  caliche 
d'argent;  et  en  Teiiglise  de  Nuetmostier,  deleis  Huy,  fist  et 
donat  I  tussial  d'oniie  chappe  d'on  merveilheuse  ovrage,  en 
queil  ilh  enfermât  les  piochez  des  jointures  saint  Johain-Bap- 
tiste  que  niesire  Almaris,  l'evesque  Sydoiiien,  li  avoit  donneit 
de  totcoisié,  partant  qu'il  li  avoit  fait  alcons  vasseais  d'argent. 
Et  ndonî  li  canoines  de  Huy,  partant  qu'il  astoit  viez  et  astoit 
clers  asseis,  le  fiseiil  canoinez  h  Nuefmostier  ù  Huy;  et  vestil 
les  draps  le  XVII  kalende  de  Jule  l'an  XF  et  LXXIIII.  Et  les 
dois  fietres  qu'il  list  ii  Notre-Damme  de  Huy,  fut  aie  requeste 
et  à  le  despens  del  evesque  Radulphe  de  Liège;  si  fut  mis  en 
lieu  saint  Domitien,  evesque  de  Tongre,  et  en  l'autre  saint 
Mengoul,  qui  fut  adont  translaieis  en  I'englise  Nostre-Damme  (').» 

Il  résulte  donc  des  renseignements  apportés  par  le  chroni- 
queur : 

1°  Que  ce  fut  l'an  117:^,  après  une  absence  de  vingt-sept  ans, 
et  déjà  âgé,  que  Godefroid  de  Claire  revint  ti  Huy. 

'2°  Que  l'année  suivante,  le  17  des  calendes  de  juillet  (15  juin» 
il  prit  l'habit  de  chanoine  régulier  h  l'abbaye  de  Neumostier, 
dispensé  des  études  de  théologie  par  sou  âge  et  la  science  qu'il 
possédait  déjà. 

l]"  Que  le  reliquaire,  d'un  travail   merveideux,  qu'il  exécuta 

(*)  Chronique  de  Jean  d'Outremeitse,  lorae  IV,  p.  iï)~. 

Nous  ne  jugeons  pas  a  propos  de  reproduire  les  vers  que,  dans  la  Geste  de 
Liège,  le  même  auteur  consacre  au  letour  de  Godefroid  de  Claire  à  Huy,  à  sa  prise 
d'habil  au  couvent  de  Neumostier  el  aux  travaux  qu'il  y  fist.  Jean  d'Outremeuse, 
dans  sa  Geste  ne  lait  que  repeter  en  vers,  avec  moins  de  ciarlé,  les  renseigne- 
ments consignés  en  prose  dans  sa  chronique. 

Nous  renvoyons  toutefois  If  lecteur  qui  voudrait  contrôler  un  tcxt»^  par  l'autre 
aK  même  vol.  p.  701 . 


—  227  - 

pour  renfermer  l'arliculntion  du  doigt  de  sainl  Jean  Baptiste, 
était  en  forme  de  mors  ou  d'agrafe  de  chappe.  C'était  en  effet 
assez  l'usage  du  temps,  de  renfermer  dans  les  férmails  des 
chappes,  pièces  d'orfèvrerie  du  plus  beau  travail  parfois,  des 
parcelles  de  reliques. 

En  ce  qui  concerne  l'église  de  Neumostier  et  particulière- 
ment le  reliquaire-fermail  dont  il  vient  d'être  question  ,  déjà  le 
bon  Mélart  nous  avait  appris  que  Godefroid  le  Noble  donna 
encore  plusieurs  loyaux  à  ladite  Église,  entre  lesquels  il  y  auoit 
la  iointure  d'un  doigt  dudit  sainct  lean  Baptiste,  autres  disent 
la  iouë  iM  ;  "lais  il  ne  tait  aucune  mention  du  reliquaire  façonné 
par  la  main  même  du  donateur. 

11  est  vrai  que,  déjà  à  l'époque  oîi  Mélart  publiait  sa  chro- 
nique, la  précieuse  relique  donnée  par  (iodefroid  ,  avait 
disparu.  En  effet,  une  note  inscrite  dans  la  copie  relativement 
récente  de  l'Obituaire  auquel  nous  avons  emprunté  le  texte 
donné  plus  haut,  et  qui  est  déposée  aux  archives  provinciales 
de  Liège,  nous  fournit  un  renseignement  curieux  sur  cette 
relique  pour  laquelle  l'orfèvre  hutois  avait  confectionné  une 
plaque-fermail  enrichie  avec  toutes  les  i-essources  de  son 
art.  Cette  relique  fut  volée  l'an  1632,  le  jour  de  la  fête  Saint- 
Jean-Baptiste,  pendant  lequel  elle  était  probablement  exposée, 
— et  dont  on  rehaussait  la  solennité  par  un  repas  auquel  pre- 
naient part  un  certain  nombre  de  citoyens  de  la  ville  de  Huy. 
—Cette  note  nous  apprend  encore  que  ce  méfait  était  attribué 
aux  P.P.  Jésuites,  que  déjà  au  dix-septième  siècle  on  n'était  pas 
fâché  de  noircir  un  peu  à  l'occasion.  La  main  traditionnelle  qui 
se  retrouve  toujours,  pour  souligner  les  accusations  portées 
à  la  Compagnie,—  comme  si  sur  la  robe  de  ses  membres  une 
tache  était  plus  apparente  que  sur  celle  de  leurs  accusateurs 
—  s'est  trouvée  aussi  pour  souligner  son  nom  dans  le  document 


(  ')  L'hisiotrt   tic   ta   rilic   et  i.'liasUav  de  Huy  et  de  ses  ant'iqrite:.  pai'   Laurent 
Mélard,  p.  li>. 


—  228  — 

original  que  nous  ciDiis.  Ajoutons  cependant  que  la  note 
constate  qu'il  s'est  trouvé  un  honorable  chanoine  de  Huy 
pour  soutenir  cette  accusation  en  présence  de  personnes 
connues  ('  ). 

Ce  reliquaire  étant  perdu,  il  ne  reste  aujourd'hui,  pour 
donner  la  mesure  du  talent  de  l'orfèvre  Godefroid  de  Claire, 
que  les  deux  châsses  de  saint  Mengold  et  de  saint  Domitian. 

Malheureusement  les  huit  siècles  qui  ont  prisse  sur  ces  fiertés 
en  ont  altéré  si  sensiblement,  non-seulement  les  détails,  mais 
même  la  disposition  «générale,  qu'elles  sont  loin  de  donner  une 
idée  du  travail  sortant  des  mains  de  son  auteur.  Il  est  même 
probable  que  celui-ci  les  renierait  absolument  comme  son 
œuvre,  si ,  l'évoquant  de  sa  tombe,  on  pouvait  l'appelei'  en 
témoignage  sui'  l'autheulicité  du  travail  original. 

Disons  d'abord  qu'il  en  est  des  monuments  de  l'orfèvrerie  comme 
des  édifices  en  pierre  et  en  brique  :  ils  ont  moins  souffert  du 
temps  que  des  remèdes  apportés  à  leur  état  de  vétusté.  A  des 
époques  où  l'on  ne  comprenait  plus  rien  à  l'art  des  périodes 
romane  et  ogivale  et  où,  par  conséquent,  on  ne  respectait  nas 
les  monuments  auxquels  ces  époques  ont  donné  l'existence,  on 
s'est  permis  trop  souvent,  sous  prétexte  de  restauration,  de 
véritables  actes  de  barbarie  d'autant  plus  à  déplorer  qu'il  est 
plus  difficile  de  réparer  les  ruines  qui  en  sont  la  conséquence. 

Dans  sa  notice  sur  le  trésor  de  la  Collégiale  de  Huy  que  nous 
avons  rappelée  en  commençant  ces  lignes,  iM.  Vierset-Godin 
rappelle  l'état  de  déiérioration  et  d'abandon  dans  lequel 
se  trouvent  actuellement  les  châsses  de  saint  Mengold  et  de 
saint  Domitian.  Toutefois  notre  confrère  n'accuse  pas  toute 
l'étendue  des  outrages  qu'elles  ont  eu  à  subir  et  sur  lesquels 


{\  Que  junctura  dicitur  furaia  A  JESUITIS  aniio  1632  in  diefesti  SU  Joannis 
Baptisia  quo  die  cxculabalur  a  civibun  et  adveuieutibus,  eic;  et  hec  teste  dno 
Joumie  Doultretiiou  dno  de  Lamine  canonico  olitn  béate  Marie  Huy  qui  sepe 
coravt  personis  affirmai  it  et  etiam  coram  dno  Carolo  Hoinain  medico.  Manuscrit 
du  Ni^crolojçe  de  Neumostier  déposé  aux  archives  de  Liège. 


229 


nous  avons  quelques  renseigtiemenls  supplémetitaires  à  ap- 
porter. 

Ici  encore,  c'est  un  document  consigné  sur  une  feuille  de 
parchemin  et  renfermé  dans  la  châsse  de  Saint-Domiiian,  qui 
va  nous  édifier,  nous  apprenant,  —  non  sans  une  sorte  d'or- 
gueil —  le  temps  où  une  première  restauration  générale  a  été 
entreprise,  ainsi  que  les  noms  des  auteurs  et  les  promoteurs  de 
cette  besogne.  Il  est  constaté,  en  effet,  par  ce  document  maïuis- 
cril  que  l'an  de  la  nativité  de  N.  S.  1860,  Robert  de  Bergues 
étant  évêque  de  Liège,  Pie  IV  pape  et  Ferdinand,  succédant  à 
son  frère,  Charles  V,  empereur,  le  13  juillet,  la  nouvelle  et 
entière  réparation  de  In  châsse  a  été  parachevée,  par  l'orfèvre 
Jaspar  de  Namur  et  Henri  son  fils;  que  le  prix  du  travail  fut 
payé  des  biens  délaissés  par  Nicolas  Richard,  chanoine  de 
l'église  Notre-Dame  de  Huy,  dont  le  testament  fait  deux  parts 
égales  entre  la  fabrique  et  les  pauvres. 

Cette  pièce  contenant  des  détails  assez  curieux  qui  ne  con- 
cernent pas  la  châsse,  est  écrite  et  signée  de  la  main  de  Bauduin 
de  Longpré,  prêtre,  trésorier  et  maître  de  la  Fabrique  de 
l'égHse.  Elle  est  datée  du  13  juillet  de  l'année  précitée.  (') 

S'il  n'est  plus  possible  de  dire  actuellement  dans  quelle 
mesure  une  réparation  des  deux  châsses  était  nécessaire  en 
1S60,  en  revanche  il  est  fort  aisé,  grâce  au  sans-gêne  auquel  se 


(*)  Auno  a  natiritale  Doinini  millesiino  quingenlesimo  sexagesimo,  mensis  julii 
die  décima  tertia,  compléta  et  consummata  fuit  kuiiis  feretri  nova  reparaiio  et 
intégra  restauratio  (ex  bonis  qiiondam  domini  ÎSicolai  Richard  Indus  ecclesie 
canonici,fabrice  huius  ecclesie  et  pauperibus  mediatim  testameHlaliter  legatis)  per 
Jasparnm  de  Namurco  et  Henricum  eius  filium  aiirifabros;  dominis  Petro  Dio 
nanti  magno  computaiore,  Henrico  Pietktjn  et  Gerardo  de  Freypont  respective  cano- 
nicis,  ac  Balduino  de  Longoprato,  fabrice  maqistris  et  computatore  procurantibus , 
lempore  venerabilis  domini  Gerurdi  Loze  huius  ecclesie  decani,  Hoberti  a  Bergis 
episcopi  Leodiensis,  PU  pape  quarti  et  Ferdinandi  post  Carolum  quintum  quondam 
imperatorem  suum  frairem  imperatoris.  In  quo  quidem  anno  XVIl"in  aprilis,Engel- 
berttis  de  Fuze,  clericus  coniugatus,  le  drappier,  cum  Catharina  filia  Pauli  Barbe, 
a  sancta  ciuitaie  Jherusalem  peregrinus  rediit^  magno  cum  incolarum  Huyensiuw 
gandin.  Scriptum    per    ilowinum    Baidninum   de    Louiioprato  presbtjternm,  huiijn 


-  ÏÎ30  — 

suiit  abandoimés  l'orfèvre  Jaspar  de  Namur  et  sou  tils  ;  grâce 
surtout  à  riiidigence  de  leur  savoir  taire,  de  reconnaître  en  quoi 
a  consisté  la  nova  reparatio  et  intégra  restauratio  dont  parle  le 
parchemin  que  nous  venons  de  citer. 

Et  d'abord,  bien  que  ce  document  soit  muet  à  cet  égard,  il  est 
de  toute  évidence  que  la  restauration  de  la  cliàsse  de  Saint- 
Domitian,  n'a  pas  été  entreprise  isolément.  Remarquons,  au 
surplus,  qu'elle  n'est  pas  désignée  nominativement  dans  notre 
texte  dont  une  seconde  expédition,  nous  sommes  disposé  à  le 
croire,  aura  pu  être  placée  dans  la  châsse  de  SaiiU-Mengold. 
Nous  ne  larderons  pas  à  voir  que  les  deux  tiertes  ont  dû  être, 
nous  ne  dirons  pas  réparées,  mais  remaniées   en  même  temps. 

Les  deux  œuvres  d'orfèvrerie  présentent,  quant  aux  dimen- 
sions, au  style  et  à  la  composition  de  Tensemble,  une 
grande  analogie.  Variées  dans  les  détails,  elles  sont  sorties  de 
la  même  main,  elles  ont  été  conçues  par  le  même  esprit.  Comme 
le  fait  observer  M.  Alfred  Darcel  dans  son  «  Voyage  en  Alle- 
magne »  elles  semblent  les  deux  moitiés  d'une  châsse  immense 
coupée  en  travers  par  le  milieu.  Mais  si  cela  est  vrai  pour  le 
plan  général,  il  n'en  pouvait  plus  être  de  même  pour  la  concep- 
tion des  détails  et  le  choix  des  figures  que  la  ciselure  devait  y 
reproduire.  Fidèle  aux  traditions  de  la  grande  époque  ii  laquelle 
Godefroid  de  Claire  travaiHait,  il  a  dû  conformer  son  thème 
iconogi-aphique  à  la  vie  et  aux  mérites  particuliers  du  Saint  dont 


riclesit  llieauuiarhnn.  el  t'abriçe  coiiipittiitnri'iii  prefatuiii  XIII  •    menus  jiilii  Si(pn 
ificii  et  sifiniiiiini. 

linldiiiuiis  (te  l.oiuioptato  qui  supra,  niunu  propna , 

\\i  verso.  Prœseuieiii  carlam  de  iikiihIuio  II.  li. 
lidd.  DD.  Decani  et  Cnpituli  Hueiisis  reijixirari 
iii  lihro  qtiitito  Chartanim  hoc  21  rnarlii  17fil-i. 

Franaotie  Nots 

et    lecretarin/!. 

Nous  devons  la  couimunicalion  du  ci;  duiuimenl,  ainsi    que  celle  du$  deuxaiùr» 
ine  lions  cilons  plus  liaiil.  ù  l'obligeance  du  IL  M.  Dclruelle.  cun;  doyen  à  Huy. 


-  m  -^ 

il  voulait  honorer  les  reliques  et  dont  son  travail  devait  gloritier 
le  tombeau. 

Cette  donnée  si  simple  n'existe  plus  depuis  la  restauration 
accomplie  à  la  tîn  du  seizième  siècle. 

A  la  vérité  l'on  voit  encore,  à  l'un  des  deux  frontons  de 
chaque  châsse  la  figure  du  Saint  dont  elle  renferme  les  osse- 
ments. Mais  au  fronton  opposé,  dont  les  ligures  originales  sont 
perdues,  il  devait  se  trouver,  soit  l'image  du  Christ,  modèle 
et  type  de  toute  sainteté,  soit  le  Saint  dont  la  châsse  est  la 
tombe,  recevant  de  Dieu  la  récompense  de  ses  vertus.  Au  lieu 
de  ces  figures  traditionnelles,  on  voit,  à  la  châsse  de  saint 
Domitian,  la  Sainte  Vierge  assise  avec  l'enfant  Jésus,  très- 
mauvais  travail  du  seizième  siècle  qui,  à  cette  place  est  un  hors 
d'œuvre.  A  celle  de  saint  Mengold  on  voit,  d'un  travail  infé- 
rieur encore,  la  figure  du  Christ,  en  souvenir  probablement  de 
ce  qui  y  a  préexisté. 

Les  parois  des  longs  côtés  étaient  ornées  de  façon  à  développer 
le  thème  adopté  par  l'artiste.  Saint  Mengold  a  illustré  sa  vie 
par  les  vertus  du  chevalier  chrétien  ;  Saint  Domitian  a  sanctifié 
la  sienne  dans  les  voies  du  sacerdoce.  Voilà,  dans  sa  simplicité 
la  pensée  dont  s'est  inspiré  le  moine  orfèvre.  Aussi,  avait-il 
dans  les  entrecolonnements  de  la  châsse  du  premier  de  ses 
héros,  ciselé  douze  figures  de  saints  guerriers.  Il  ne  reste 
malheureusement  que  peu  de  chose  de  cette  partie  du  travail 
original,  mais  ce  qui  a  été  conservé  se  rapporte  à  cette  donnée. 
Ce  sont  les  images  de  Sébastien,  le  martyr,  chevalier  romain  ; 
les  héros  de  la  légion  Thébaine,  Maurice,  Exupère,Mercuriuset 
d'autres  guerriers.  La  restauration  datant  d'une  époque  où  toutes 
les  règles  iconographiques  étaient  méconnues,  où  les  traditions 
de  l'art  étaient  perdues,  aassocié  à  ces  hommes  d'éf)ée,  Saint  Jean 
Baptiste  et  des  figures  d'apôtres  dont  on  ne  comprend  pas  la 
présence  à  cette  place.  En  revanche,  Saint  Victor,  figure  revêtue 
de  la  cotte  de  mailles  assez  bien  conservée  et  qui  faisait  partie 


232  - 

des  hommes  de  guerre  associés  à  la  châsse  de  Saint  Mengold, 
a,  par  interpolation,  éié  placée  h  celle  de  Saint  Domitian. 

Quant  à  la  tierte  du  saint  évêque  qui  a  été  l'apôtre  de  Huy, 
il  était  naturel  que  l'artiste  l'ait  ornée  des  images  des  douze 
apôtres,  les  prédécesseurs  de  Domitinn  dans  la  carrière  sacer- 
dotale; aussi  y  retronve-t-on,  dans  un  assez  triste  état  plusieurs 
tigures  d'apôtres.  Saint  Jude  est  original;  saint  Barthélémy  et 
saint  Simon  semblent  empruntés  à  une  autre  châsse  du  quin- 
zième siècle,  tandis  que  saint  André  et  saini,  Jean  y  ont  été 
ajoutés  dans  la  seconde  moitié  du  seizième. 

Les  versants  de  la  toiture  des  deux  châsses  ont  souffert  d'une 
manière  plus  regrettable  encore  aue  les  parois  et  les  frontons  ; 
les  maladiesses  et  les  malentendus  de  la  restauration  y  ont 
altéré  le  travail  original  d'une  manière  radicale.  Seules,  sur  !a 
châsse  de  saint  Mengold  il  existe  encore  trois  demi  figures 
d'anges  dont  on  peut,  malgré  de  nombreuses  lésions,  recon- 
naître le  travail  original.  Deux  d'entre  eux  tiennent  des  philac- 
tères  avec  des  textes  relatifs  aux  huit  Béatitudes;  l'encadrement 
de  c^s  demi  figures  est  formé  par  des  cercles  dont  l'ordonnance 
est  originale;  de  l'un  de  ces  cercles  on  voit  émerger  une  assez 
jolie  figure  d'ange  du  15''  siècle,  évidemment  empruntée  à  quel- 
qu'autre  reliquaire  qui  n'existe  plus.  Tous  les  autres  anges  sont 
d'un  travail  en  dessous  du  médiocre  et  une  série  de  six  d'entre 
eux  est  sans  doute  l'œuvre  du  nrtmurois  Jaspar. 

Une  seule  des  châsses  avait  l'encadrement  des  deux  frontons 
où  se  trouvent  les  figures  principales,  ortié  d'émaux  daîis  \r 
goût  rhénan,  et  employés  avec  beaucoup  de  sobriété.  L'ouvrier 
restaurateur—  sans  doute  dans  un  esprit  d'équité,  —  a  divise- 
l'encadrement  d'émaux  entre  les  deux  châsses  de  façon  qu'ac- 
tuellement chacune  d'elles  a  l'un  des  frontons  décoré  d'émaux, 
en  disparate  complet  avec  l'autre  fronton  rehaussé  seulement 
d'ornements  au  vernis  brun. 

Le  crélage  de  la  châsse  de  saint  Mengold  est  d'un  travail 
barbare,  probablement  du  l(i"  siècle,  et  dans   les  deux  fiertés 


—  233  — 

des  bandes  de  métal  sont  couvertes  de  rinceaux  gravés  accu- 
sant par  leur  mauvais  style  la  même  époque.  Les  textes,  dont 
les  beaux  et  fermes  caractères  du  12^  siècle  sont  peints  au 
vernis  brun,  sont  interpolés,  tronqués  et  rendus  inintelli- 
gibles. 

On  comprend  seulement  que  ceux  de  la  châsse  de  saint 
Domitian  se  rapportent  ti  la  mission  sacerdotale. 

Enfin  pour  comble  de  mutilations  ces  deux  longues  fiertés, 
si  imposantes  dans  leur  développement,  ont  été  recoupées 
toutes  ies  deux  et  chacune  d'elles  a  été  raccourcie  d'une  travée, 
de  sorte  que,  dans  la  châsse  de  saint  Domilian  le  collège  apos- 
tolique se  trouve  réduit  à  dix  membres,  parmi  lesquels,  à  la 
vérité,  s'est  introduit  d'une  façon  subreptice  un  saint  chevalier 
qui  a  déserté  son  poste  d'honneur  au  tombeau  métallique  de 
saint  Mengold,  lequel  de  son  côté  est  flanqué  aujourd'hui  de 
ligures  en  relief  dont  assurément  l'artiste  primitif  n'avait  en 
aucune  façon  prévu  la  présence  à  cette  place. 

Après  la  nmtilation  qui,  en  retranchant  la  sixième  partie  de 
chacun  de  ces  monuments  en  altérait  toutes  les  proportions  — 
acte  de  barbarie  commis,  paraît-il,  afin  de  les  placer  plus  aisé- 
ment dans  un  autel  qui  devenait  pour  elles  un  lit  de  Procuste, 
—  on  peut  se  dispenser  de  signaler  encore  bon  nombre  d'autres 
mutilations  de  détail.  Sans  doute  le  lecteur  se  demandera  si 
alors  au  moins  la  mesure  des  outrages  subis  par  l'œuvre  de 
Godefroid  de  Claire  était  comblée,  et  s'il  était  possible  encore 
de  lui  infliger  un  nouvel  acte  de  vandalisniô? 

Hélas,  non.  In  mesure  n'était  pas  comblée,  l'œuvre  de  dévas- 
tation et  de  ruine  n'était  pas  complète  ! 

Une  nouvelle  infortune  était  réservée  à  l'une  ies  tiertes;  il 
restait  encore  une  restauration  h  consommer  après  un  dernier 
acte  de  violence.  L'an  1762,  la  châsse  de  saint  Domitian  fut 
dépouillée  et  dévastée  par  des  voleurs. 

Il  parait  que  ce  méfait  n'émut  pas  outre  mesure  les  gardiens 
du  dépôt  sacré;  ce  ne  fut  en  effet  que  l'année  suivante,   le  21 


—  234  ~ 

mai,  qu'on  ouvrit  la  châsse,  pour  reconnaître  la  grandeui-  du 
dommage. 

La  pièce  authentique  que  nous  reproduisons,  constate  que 
l'intérieur,  se  composant  d'un  fort  coffre  en  bois,  garni  de 
métnl,  plomb  ou  étain,  les  dignitaires  ecclésiastiques  députés  à 
l'effet  d'examiner  l'état  de  la  tîerte,  admirent  la  probabilité  que 
le  coffre  intérieur  n'avait  pas  été  ouvert. 

Sans  doute,  les  malfaiteurs  qui  n'avaient  pas  la  piété  aux 
saintes  reliques  pour  mobile,  ne  le  tentèrent  pas.  Mais  il  est 
présumable,  d'autre  part,  que  les  voleurs  ont  enlevé  tout  ce 
qu'ils  pouvaient  détacher  de  métal  précieux  et  que  plusieurs 
des  figures  formant  saillie  disparurent  alors.  Une  nouvelle 
réparation  ou,  si  l'on  aime  mieux,  une  restauration  était  donc 
devenue  nécessaire. 

Elle  fut  accomplie  cette  même  année.  «  Régnant,  comme  dit 
le  document  que  nous  donnons  en  note,  sur  le  trône  pontitical, 
le  pape  Clément  XIII,  François  étant  empereur  et  le  siège  épis- 
copal  de  Liège,  vacant.  »  La  pièce  est  revêtue,  en  témoignage 
de  son  authenticité,  de  l;i  signature  de  J.-M.-J.  Francotte, 
notaire  et  secrétaire  du  chapitre  de  Huy  (^). 

Le  travail  de  cette  restauration  est  facile  à  reconnaître.  Un 
certain  nombre  de  têtes  à  l'expression   stéréotypée  et  d'une 

(')  Prsesens  sancti  Domitiaui  fereirum  aniio  176:2,  a  furibus  devaslatum,  aperlum 
fuil  hac  vigesima  prima  raartii  anni  1763,  prteseutibus  Rndis  dnis  Joanne  Nicolao 
Vercour  cantore,  el  Carolo  Francisco  d'Andriessens  magistro  fabricifi,  canonicis  a 
Pindis  add""i  dnis  vicedecano  el  ca|)itulo  ad  hune  cftecliim  specialiter  depulatis  ;  in 
iiuo  feretro  auro  el  argento  decoralo,  comperla  fuil  secunda  capsa  lignea  ferris 
utrimque  cincta,el  in  ea  propter  cerlum  pondus,  alia  capsa  plurabea  seu  slannea,  ni 
probabile,  quai  non  fuerunl  aperUc.  Quapropler  reparalio  sive  reslauratio  ejusdeni 
l'erelri,  partim  raunilicenlia  Dominorum.  parlim  sumptihus  rabrictf-  ccciesiœ  sutr  a 
Hndis  add""i  dnis  Decano  el  Capituio  fuit  ordinala  tempore  Clementis  Papœ  XHI, 
Francisci  imperaloris,  Sede  Episcopali  Leodiensi  vacante,  Kndi  add""'  dni  Servatii 
le  Tiiorier  decani,  dominorum  Joannis  Pétri  Doucet,  et  prœfati  dni  D'Andriessens 
canonicorum,  ejusdem  fabric»  magistrorum.  nec  non  dni  Guillolmi  Josephi  Collii 
canonici  rcceptoris. 

Quod  tester.  .1.  M.. I.  Francotte,  notarius  et  insignis  capiluli  praefati  Huensis 
secretarius  in  fidcra.  176:'.. 


235 


ineptie  peu  commune,  posées  indifféremment  sur  les  corps 
d'apôtres ,  de  saints  ou  d'anges ,  forment  le  complément 
que  la  châsse  de  saint  Domitian  doit  à  l'art  du  dix-huitième 
siècle. 

Cependant  les  rigueurs  du  sort  pour  les  deux  reliquaires 
n'étaient  pas  épuisées  encore.  Après  les  restaurations,  après 
les  voleurs,  survenait  la  Révolution  envoyant  dans  toutes  les 
parties  de  l'Europe  ses  armées  afin  d'y  répandre  les  lumières 
dont  la  France  se  trouvait  si  bien.  Nos  pauvres  châsses  avaient 
eu  trop  à  souffrir  des  amateurs  de  métal  précieux  pour  attendre 
de  pied  ferme  ceux  qui  envahissaient  la  principauté  de  Liège 
au  nom  de  la  |)lus  touchante  fraternité.  Le  clergé  de  Huy  eut 
le  bon  esprit  d'expédier  les  châsses  de  la  collégiale  à  Altona. 
C'est  encore  une  lanière  de  parchemin  déposée  dans  l'une 
des  fiertés  qui  nous  renseignera  sur  ce  voyage.  Nous  trans- 
crivons : 

«  Les  quatre  châsses  ou  fitres,  l'un  de  la  sainte  Vierge,  le 
second  de  sair.t  Mengold,  le  troisième  de  saint  Domitian, 
patrons  de  la  ville  de  Huy,  le  quatrième  de  saint  Marc,  après 
une  émigration  d'environ  20  ans,  sont  revenus  à  Huy  le  20  sep- 
tembre 1813;  ils  avaient  été  déposés  à  Altona,  en  Danemarck, 
dans  l'église  catholique. 

Ce  n'est  qu'avec  la  plus  grande  peine  qu'on  est  parvenu  à 
les  ravoir,  ies  administrations  des  douanes  s'y  opposaient 
fortement. 

Le  fifre  dans  lequel  est  déposé  ce  billet  est  celui  de  saint 
Mengold. 

Le  semblable  est  celui  de  saint  Domitien  /sic». 

Celui  qui  est  le  mieux  travaillé  est  celui  de  la  sainte  Vierge. 

Enfin  le  plus  petit  est  celui  de  saint  Marc. 


Sous  l'administration  de  M   Nicolas  Fonsnv,  curé;  Robert 


—  236  — 

Louis  de  Speckman,  Charles  HansoUe,  Je;i:i   Hubert  Ansiaux 
marguilliers  (').  » 

Après  ces  différentes  lestauralions,  réfections,  réparations  et 
remaniemenls,  après  les  fatigues  d'un  long  voyage,  les  deux 
châsses  sont,  on  le  comprend  de  reste,  dans  un  état  déplorable. 
Elles  apparaissent  comme  des  ruines  dont  les  pierres  disjointes 
et  les  colonnes  brisées  ne  sont  soutenues  que  par  les  plantes 
parasites  qui  les  enveloppent.  Les  pièces  d'orfèvrerie,  bonnes 
ou  mauvaises,  anciennes  ou  récentes,  ne  tenant  plus  ensemble, 
semblent  protester  contre  les  mains  maladroites,  qui  les  ont 
unies  les  unes  aux  autres.  Nous  ne  sommes  pas,  en  thèse  géné- 
rale, de  ceux  qui  préconisent  pour  les  œuvres  d'orfèvrerie  du 
moyen  âge,  des  restaurations  dont  nous  venons  d'ailleurs  de 
constater  les  tristes  effets.  Mais  ici  le  mal  est  si  profond,  qu'il 
ne  peut  être  guéri  que  par  le  mal  lui-même.  Il  ne  semble  d'ail- 
leurs guère  possible  d'abandonner  ces  ruines,  laissant  s  accom- 
plir jusqu'au  bout  les  infortunes  de  leur  triste  destinée.  Peut-être 

(*)  Au  verso  du  parchemin  sont  inscrits  quelques  renseignements  sur  la  collé- 
giale de  Huy,  qui  ne  sont  pas  absolument  dénués  d'intérêt  ;  voici  textuellement 
cette  note  : 

'<  Quelques  particularités  sur  l'église  primaire  ci-devant  collégiale  de  Huy. 

Toute  la  toiture  et  la  superbe  flèche  ont  été  brûlées  en  1803  par  le  tonnerre,  la 
veille  de  la  Fêle-Dieu. 

La  grande  nef  a  été  recouverte  en  1806  ;  la  grande  tour  en  -1809. 

L'orgue  provenant  des  Croisiers  a  été  placé  en  1807. 

En  1810,  on  a  blanchi  toute  l'église,  repeint  les  voûtes  et  remis  les  pierres  en 
couleur  ;  —  on  a  ouvert  le  chœur  ;  —  on  a  fait  fondre  deux  cloches  qui  ont  été 
bénies  le  9  septembre,  savoir  la  grosse  et  la  T^"«. 

La  '2""^'  cloche  provient  de  St  Mengold  ;  la  H'"«  de  St  Kemy;  la  i'^e,  5"'e,  8'"*-'  de 
.saint    Maure;   —   la   6'"o   de   saint  Etienne. 

En  1811  on  a  replacé  au  maître  autel  la  statue  de  l'Assomption,  avec  les  acces- 
soires, —  fait  le  nouvel  esc^dier  du  ciiœur,  acheté  et  placé  la  balustrade  de  marbre, 
—  fait  l'escalier  d'entrée  du  côlé  de  la  Meuse. 

Le  29  octobre  1811,  on  a  reporté  l'image  de  la  Ste  Vierge  dans  sa  chapelle 
sur  la  Surthe,  il  y  avait  700  llambeaux  à  la  procession.  En  1812  on  a  recrepi 
toute  l'église  et  garni  le  tabernacle  en  argent,  puis  on  a  l'ait  les  autels  en 
marbrf*. 

H.  Ansiaux, 
trésorier.  » 


—  237  — 

le  moment  est-il  venu  où  la  science  des  arts  industriels  du 
moyen  âge  est  assez  avancée  pour  tenter  le  travail  réparateur 
de  ces  monuments  qu'il  n'est  plus  possible  de  compromettre 
davantage  qu'ils  ne  l'ont  été  par  les  restaurations  successives. 

Il  est  donc  permis  de  faire  des  vœux  pour  que  la  piété  des 
fidèles,  la  ferveur  des  admirateurs  de  l'art  du  passé,  enfin  le 
patriotisme  local  lui-même,  se  concertent  et  fassent  un  effort 
généreux  pour  relever  de  l'état  de  dégradation  dans  lequel  ils 
se  trouvent,  les  seuls  travaux  connus  de  l'orfèvre  hutois, 
Godefroid  de  Claire,  dit  le  Noble. 

Nous  ne  pouvons  quitter  ce  sujet  sans  rappeler  que,  indé- 
pendamment des  reliques  des  deux  saints  lutélaires  de  la  ville 
de  Huy,  ces  châsses  contiennent  plusieurs  fragments  de  tissus 
précieux,  dont  nous  avons  fait  exécuter  des  dessins  les  plus 
fidèles. 

La  châsse  de  saint  Domitian  renferme  un  grand  morceau  de 
soie,  tissu  lancé-croisé,  de  fabrication  hispano-mauresque,  qui 
peut  dater  de  l'époque  de  la  translation  des  reliques  que  cette 
étoffe  enveloppait.  Le  fond  du  tissu  est  noir;  il  est  formé  de 
dessins  à  formes  géométriques  d'oiselets  rouges,  et  d'un  galon 
lilas  historié  d'animaux  et  d'oiseaux  de  couleurs  variées 

Celle  de  Saint  Mengold  renferme  d'assez  grands  fragments  de 
deux  étoffes  différentes.  L'une  est  un  tissu  de  soie  assez  fin, 
lancé-croisé,  de  fabrication  arabe,  noir  avec  des  ajours  orlés  de 
bords  jaunâtres,  orné  d'un  galon  rose,  avec  un  mot  en  carac- 
tères coufiques  tissé  en  fil  d'oret  se  répétant  en  sens  contraire. 
L'autre,  au  contraire,  est  un  tissu  très-épais  de  soie  à  grands 
dessins,  tels  qu'on  les  fabriquait  â  Byzance,  pour  les  étoffes  de 
courtine. ,  ou  le  vêtement  de  dessus. 

Le  dessin  de  très-grand  style  figure  deux  agneaux  affrontés, 
séparés  par  l'arbre  de  vie,  qui  joue  un  rôle  si  important  et  si 
prolongé  dans  le  symbolisme  et  dans  l'ornementaiion  de  l'anti- 
quité en  Orient,  et  inscrits  dans  de  grands  cercles  reliés  entre 
eux.  Le  tissu,  dont  le  dessin  est  sans  doute  la  copie  d'un  ancien 


—  238  — 

tissu  arabe,  est  comme  nous  venons  de  l'indiquei',  de  iruvail 
byzantin  et  semble  remonter  au  11""'  ou  12"'"  siècle.  Les 
agneaux  sont  de  couleur  rose  et  se  détachent  sur  un  fond  jau- 
nâtre d'une  coloration  très-originale. 

Le  fragment,  qui  est  assez  grand,  n"a  pas  servi  à  envelopper 
les  ossements  du  saint,  et  les  taches  de  cire  qui  s'y  trouvent, 
nous  ont  fait  supposer  que,  dans  les  grandes  fêtes  et  les  solen- 
nités où  les  cercueils  des  saints  étaient  exposés  dans  l'église, 
cette  riche  tenture  servait  de  poêle  pour  le  couvrir.  Plus  lard, 
lorsque  l'usage  de  ce  genre  de  tentures  a  été  abandonné,  on 
aura  renfermé  dans  la  tierte  même,  l'étoffe  précieuse  qui  a 
servi  autrefois  à  donner  plus  d'éclat  aux  expositions  des 
reliques. 

Le  reliquaire  donne  par  Charles-le-Téméraire,  duc  de  Bouryotjne 
à  la  cathédrale  Saint- Lambert  de  Liège. 

Dans  son  livre  sur  les  Ducs  de  Bourgogne  qui  contient  un  si 
grand  nombre  de  renseignements  intéressants  sur  les  artistes 
employés  par  la  maison  de  Bourgogne,  le  comte  de  Laborde 
cite  une  ordonnance  de  payement  copiée  aux  archives  conser- 
vées aujourd'hui  à  Lille  et  extraite  du  compte  de  la  recette 
générale  de  1466  à  1467,  laquelle  evSt  ainsi  conçue  : 

A  Gérard  Loyet,  orfèvre  de  Md-i.,  la  .somme  de  douze  cens  livres 
que  par  rordoimance  que  dessus  lui  a  été  délivrée  comptant,  sur 
ce  qui  pourrait  lui  estre  deu  a  cause  de  certain  image  dor  que 
Mds.  lui  avait  ordonné  jaire,  pour  présenter  de  par  lui  à  l'église 
Saint  Lambert  de  Liège  XII'  l. 

Lorsque  cette  note,  qui  a  éié  reproduite  dans  le  Dictionnaire 
de  l'Orfèvrerie  chrétieinie  de  l'abbé  Texier,  nous  passa  .sous 
les  yeux,  nous  ne  pûmes  supprimer  un  sentiment  de  surprise 
de  ce  qu'aucun  dos   liisloriens    du   pays  de  Liège,  aucun    des 


239 


archéologues  locaux,  ne  se  soit  préoccupé  de  rechercher  ce  que 
pouvait  bien  être  cette  image  d'or  que  le  dit  Seigneur,  Charles- 
le-Téméraire,  Duc  de  Bourgogne,  avait  ordonné  de  l'aire  pour 
être  offerte  par  lui  à  l'église  Saint-Lambert  de  Liège. 

Quant  à  nous,  malgré  une  difficulté  de  date  sur  laquelle  nous 
allons  revenir,  nous  n'avons  pas  hésité  à  voir  dans  celte  image, 
celle  qui  représente  le  Duc  Charles  lui-même ,  à  genoux,  sous 
le  patronage  de  saint  Georges,  le  patron  des  chevaliers,  et 
tenant  à  la  main  un  reliquaire  contenant  des  reliques  de  saint 
Lambert ,  image  qui  fut  offerte  comme  le  rapportent  tous  les 
historiens,  par  Charles-le-Téméraire  à  la  cathédrale  de  Liège 
le  14  février  1471,  ainsi  qu'une  riche  chasuble,  trois  chappes, 
deux  dalmatiques  et  quelques  nappes  d'autel. 

Nous  n'ignorons  pas  qu'il  est  généralement  admis  que  cette 
œuvre  d'orfèvrerie  et  les  dons  qui  l'accompagnèrent  ont  été 
offerts  par  le  Téméraire  à  l'église  Saint-Lambert,  en  expiation 
des  pillages,  des  profanations  et  des  atrocités  de  toutes  sortes 
que  les  hordes  bourguignonnes  avaient  commises  lors  de  l'in- 
cendie et  du  sac  de  la  ville  de  Liège  en  1468.  Par  cet  acte  de 
réparation  le  Duc  espérait  se  faire  absoudre,  disait-on ,  et  se 
faire  relever  de  la  sentence  d'excommunication  que  le  pape 
avait  prononcée  contre  lui  en  apprenant ,  par  son  Légat ,  les 
violences  de  toute  nature  faites  k  l'Église  et  au  pays  de  Liège 
par  le  Duc  irrité. 

Il  est  évident  que  s'il  convenait  d'accepter,  sans  restriction, 
l'opinion  que  l'image  en  or  aurait  été  commandée  à  Gérard 
Loyet  en  vue  de  cet  acte  public  de  solennelle  réparation,  il 
faudrait  appliquer  la  mention  faite  dans  les  comptes  compulsés 
par  M.  de  la  Borde,  à  un  autre  travail.  Le  Duc  de  Bourgogne 
ne  pouvait  faire  travailler  en  1467,  à  une  pièce  d'orfèvrerie  qui 
devait  devenir  l'objet  d'une  offrande  expiatoire  pour  des  actes 
de  barbarie  qui  devaient  se  commettre  un  an  plus  lard. 
Mais  nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  croire  que,  destinée 
dès  sou   origine  à   être  offerte   à  l'église  de  Saint-Lambert  de 


—  240  — 

Liège, dans  une  inieiition  restée  inconnue,  limage  en  orl'èvierie 
du  Duc,  par  le  cours  des  événemenis  qui  se  sont  passés  pendant 
qu'on  y  travaillait,  aura  été  donnée  en  Ull  avec  une  significa- 
tion toute  différente  de  celle  que  le  Duc  comptait  lui  assigner 
dans  le  principe. 

Noire  pensée  a  été  d'abord  que  le  comte  de  la  Borde,  dans 
sa  transcription  du  document  original, avait  commis  une  légère 
erreur  de  date.  Pour  vérifier  l'exactitude  de  la  copie,  nous 
nous  sommes  adressé  à  M.  j.  Houdoy  de  Lille  qui,  avec  une 
obligeance  égale  à  sa  science,  après  avoir  revu  le  document 
original ,  nous  a  certifié  l'exactitude  de  la  transcription.  C'est 
bien  dans  la  recette  générale  de  1466—1467  que  figure  l'article 
scrupuleusement  reproduit.  Toutefois  notre  savant  correspon- 
dant a  remarqué  que,  en  marge  de  cet  article  se  trouve  une 
note  inscrite  par  l'un  des  commissaires  de  la  Chambre  chargé 
de  la  vérification  ;  cette  note  porte  textuellement  : 

Cou.  G.  Ou  il  prendra  le  surplus  au  premier  compte  de  Nicolas 
de  Gondeval,  argentier  /"  VCIX  ou  il  en  a  esté  payé. 

Cette  note  prouve  que  l'avance  de  1200  livres  l'aite  en 
1466 — 1467  n'a  pas  suffi  à  solder  le  travail  de  l'orfèvre  et  qu'un 
supplément  a  dû  être  payé  par  l'argentier  Nicolas  de  Gondeval. 
Donc  la  somme,  très-considérable  pour  cette  époque,  roi- 
seignée  au  compte  de  la  recelte  générale,  n'est  qu'une  avance 
faite  à  l'artiste  pendant  son  travail,  et  qui  se  justifie  d'autant 
mieuK  que  la  matière  de  l'image  oiaii  plus  précieuse  ;  donc 
aussi  cette  image  n'était  pas  achevée  à  l'époque  où  mention  du 
payement  à  Gérard  Loyel  est  faite. 

Malheureusement  les  comptes  de  l'argentier  de  Gondeval 
manquent  aux  archives  de  Lille;  ainsi,  chose  plus  regretfïbie 
encore,  que  tes  comptes  détaillés  de  la  recette  générale  pour 
les  années  postérieures  à  1467. —  Peut  être  y  eùt-on  trouvé 
quelque  article  meniionnanl  la  remise  solennelle  de  l'image  et 
des  ornements  sacerdotaux  en  1471. 


241 


Maintenanl  si,  l'iiisloire  en  main,  ou  suit  les  événements  qui 
.se  sont  passés  entre  le  Duc  Charles  et  le  pays  de  Liège,  il  n'est 
pas  bien  difficile  de  se  rendre  compte  pourquoi  l'image  destinée 
;i  l'Église  de  Liège  n'a  pu  être  offerte  que  deux  ou  trois  ans 
îiprès  avoir  été  commandée  à  l'artiste. 

Philippe-le-Bon  est  mort  à  Bruges  le  15  juin  1167.  Ce  n'est 
qu'après  cette  date  que  Charles  a  pu  songer  à  faire  un  don 
au  saint  patron  du  pays  de  Liège.  —  En  montant  sur  le  trône 
de  son  père,  le  jeune  Duc  se  rappelait-il  les  massacres  des 
Dinantais  et  le  pillage  de  leur  ville  auxquels  il  avait  présidé 
au  mois  d'août  de  lannée  précédente,  sous  le  litre  de  comte 
de  Charolais,  et  voulait-il  par  le  don  qu'il  avait  l'intention  de 
faire,  expier  l'incendie  de  l'opulente  cité  que  vainement,  disent 
les  historiens,  il  avait  cherché  à  éteindre  ?  Son  esprit  inquiet 
et  changeant,  avait-il  une  autre  satisfaction  en  vue  ?  L'histoire, 
sans  doute,  ne  donnera  pas  de  réponse  à  ces  questions.  Mais 
aussi  est-il  permis  de  se  prévaloir  de  son  silence  pour  admettre 
que  l'œuvre  conçue  en  1467  n'a  reçu  sa  destination  qu'en 
1471. 

Ce  qui  est  certain,  l'extrait  des  comptes  que  nous  avons 
donné  le  prouve  à  toute  évidence,  c'est  que  l'année  de  son 
avènement  le  jeune  Duc  voulait  faire  un  riche  don  k  l'Église 
de  Liège.  Mais,  à  partir  de  ce  moment ,  les  événements  se 
pressent  jusqu'à  la  catastrophe  qui,  le  30  ociolu-e  de  l'année 
suivante,  mit  fin  h  la  puissance  politique  de  la  principauté  de 
Liège,  en  livrant  sa  capitale  à  l'incendie  et  au  pillage.  Au  milieu 
des  coups  successifs  que  portait  le  Duc  à  un  ennemi  plus  faible 
qui, à  la  vérité,  le  provoquait  delà  manière  la  plus  audacieuse, 
une  offrande  faite  à  l'église  du  saint  lutélaire  de  la  principauté 
n'eût  été  qu'u!i  non-sens  ou  une  d.^rision  véritable.  Le  don 
ne  devint  possible  que  plus  tard,  quand  le  ressentiment 
du  1  éméraire  était  asscivi ,  et  à  titre  d'une  expiation  trop 
justifiée. 

A  la  suite  de  ces  coni?idé:ations  nous  croyons  à  peine  devoir 


242 


hiire  ressortir  encore  deux  circoiisiaiicos  (|ui  ai<leiiî  à  assure r 
à  Gérard  Loyet  la  paternité  de  l'œuvre  d'orfèvrerie  conservée 
au  trésor  de  la  cathédrale  de  Liège. 

1°  Chose  assez  rare,  l'image  mentionnée  dans  les  comptes 
conservés  aux  archives  de  Lille  est  en  or  ;  celle  delà  cathédrale 
de  Liège  l'est  aussi,  hormis  le  soubassement  qui  est  en  ver- 
meil, malgré  l'erreur  de  quelques  historiens  qui  prétendent 
qu'elle  est  en  argent  doré. 

2°  Gérard  Loyet,  orfèvre  et  graveur  de  sceaux  h  Lille,  était 
orfèvre  particulier  et  varlet  de  chambre  du  Duc  Charles  ;  il 
conserva  sa  position  même  après  la  mort  du  Téméraire  ;  on 
trouve  encore  dans  les  comptes  piécités,  à  la  date  de  1477 
la  mention  très-détaillée  d  importants  travaux  exécutés  par  le 
même  artiste  pour  la  maison  de  Bourgogne.  Donc  le  Téméraire 
a  dû,  en  tout  état  de  cause,  s'adresser  à  Gérard  Loyet,  son 
orfèvre,  pour  le  don  expiatoire  offert  à  l'église  de  Saint-Lambert 
le  15  février  1471. 

En  terminant  cette  étude,  nous  rappellerons  que,  de  même 
que  le  reliquaire  offert  par  Charles  le  Téméraire,  les  châsses 
de  Huy  occupent  une  certaine  place  dans  les  annales  du  pays 
de  Liège,  et  sont  à  différentes  leprises  citées  par  les  chroni- 
queurs. 

Nous  venons  de  rappeler  déjà,  en  peu  de  mots,  que  la  signi- 
fication attribuée  par  les  historiens  ii  la  pièce  d'orfèvrerie 
donnée  k  l'église  saint-Lambert,  n'est  pas  conforme,  sans  doute, 
ù  la  première  intention  du  donateur.  Pendant  que  travaillai! 
l'artiste,  des  évènemenis  mémorables  ont  modilié  les  intentions 
du  duc.  L'œuvre  n'en  a  pas  moins  acquis  une  haute  portée 
historique. 

D'autre  pari,  les  historiens  nous  parlent  aussi  des  châsses 
de  Huy  apparaissant  dans  les  grandes  circonstances.  On  les 
porte  processionnellement  à  Huy  après  que  l'évêque  Radulphe 
y  a  fait  déposer  les  corps  des  saints.  La  châsse  de  saint  Domi- 
lian  vient  à  Liège  lors  du  grand  incendie  qui  détruisit  la  calhé- 


—  243  — 

drale,  afin  de  toucher  les  cœurs  des  fidèles  et  les  porter  à  con- 
courir, par  de  larges  offrandes,  à  la  reconstruction  de  l'édifice 
incendié.  Elle  reste  déposée  quelque  temps  k  l'église  saint- 
Barthélémy  et  signale  par  des  miracles  son  passage  par  la  ville 
et  son  retour  à  Huy.  D'ailleurs  les  châsses  étaient  de  tous  les 
cortèges  pieux,  où  par  la  prière  publique,  et  l'intercession  des 
saints  dont  les  corps  étaient  présents,  on  espérait  obtenir  du 
ciel  une  faveur  exceptionnelle. 

Si  donc  ces  œuvres  jouent  pendant  des  siècles,  un  rôle  dans 
l'histoire  du  pays  et  dans  les  manifestations  de  la  piété  natio- 
nale, il  n'est  que  juste  de  revendiquer  pour  les  artistes  qui  en 
sont  les  créateurs,  la  place  qu'ils  méritent  de  prendre  dans 
l'histoire  de  l'art. 

En  18o7,  un  prêtre  savant,  d'ailleurs  écrivain  distingué  et 
sincèrement  épris  du  beau  sujet  qu'il  s'était  proposé  de  traiter, 
M.  l'abbé  Texier,  a  publié  un  Dictionnaire  d'orfèvrerie,  de  gra- 
vure et  de  ciselure  chrétiennes,  travail  important  et  dans  lequel 
l'auteur  a  résumé  à  peu  près  tout  ce  que,  il  y  a  vingt  ans,  on 
connaissait  sur  la  mine  si  riche,  mais  insuffisamment  explorée 
encore,  de  l'orfèvrerie  consacrée  au  culte  catholique.  Il  y  a 
donné  nécessairement  une  place  à  Gérard  Loyet,  citant  textuel- 
lement, comme  nous  l'avons  dit,  les  notes  publiées  par  le  comte 
de  Laborde  et  que  celui-ci  avait  tirées  des  archives  de  Lille. 
Toutefois,  ni  lui  ni  aucun  autre  auteur,  ne  fait  mention,  à  pro- 
pos de  l'œuvre  de  cet  artiste,  de  la  statuette  de  St-Georges  que 
possède  la  cathédrale  de  Liège.  Parmi  les  milliers  de  noms 
d'orfèvre,  de  ciseleurs  et  de  graveurs  que  cite  le  Dictionnaire 
d'orfèvrerie  souvent  avec  des  indications  historiques  sans  in- 
térêt, on  ne  trouve  pas  celui  de  Godefroid  de  Claire. 

Nous  croyons  que  désormais  il  sera  difficile  de  faire  un 
travail  semblable  à  celui  entrepris  par  le  savant  abbé  français, 
sans  restituer  au  graveur  de  sceaux  de  Lille,  probablement  la 
seule  œuvre  qui  existe  encore  de  lui.  Du  moins  nous  n'en  con- 
naissons pas  qu'on  puisse  lui  attribuer  avec  le  crédit  des  argu- 
ments que  nous  avons  présentés. 


214 


Nous  avons  ia  conviclioii  que,  iiprès  les  îexlcs  (juc  nous 
avons  cilés  et  les  renseignements  que  nous  donnons,  il  sera 
impossible  de  refuser  h  l'orfèvre  huiois,  Godefroid  de  Claire, 
justemenl  dit  le  noble,  on  ses  vieux  jours  chanoine  régu- 
lier à  l'abbaye  de  Neumostier,  —-  la  plaça  d'honneur  qu'il 
mérite  d'occuper  dans  i'hisloire  de  l'orfèvrerie  du  inoyen-â^^e. 

C'est  là  le  but  du  travail  que  l'on  vieni  de  lire. 

Jules  Helbk;. 


LAMBERT  SUAVIUS 

DE    LIÈGE 

Graveur  en  taille  douce,  typographe-éditeur,  peintre,  poëte  et  architecte. 


Dans  la  première  moitié  du  quinzième  siècle,  Liège  vit 
s'établir  dans  son  sein  une  famille  originaire  de  Maestriclit,  du 
nom  de  Zutman  (  ')  c'est-à-dire  homme  doux,  dans  laquelle  le 
génie  des  arts  se  maintint  héréditaire  pendant  plusieurs  géné- 
rations. 

Le  premier  de  ses  membres  qui  vil  le  jour  dans  celte  ville 
d'adoption  naquit  vers  1430,  fut  nommé  Lambert  et  devint 
«  sculpteur  fameux  (*).  »  Ses  talents  le  firent  appeler  à  orner 
de  ses  œuvres  les  voussures  du  portail  qui  donnait  accès  à  la 
cathédrale  de  Saint-Lambert,  du  côté  du  Palais  {''). 

Les  figures  dont  il  orna  ce  porche  étaient  du  style  gothique 
et  se  l'aisaieni  remarquer  par  le  naturel  de  leur  pose,  selon 
Villenfagne,  qui  ajoute  les  «  avoir  souvent  admirées  avec  un 
plaisir  mêlé  de  surprise  {^  ).  » 

C'était  aussi  le  jugemetit  du  peuple  qui  ne  désignait  celte 
entrée  du  temple  que  par  le  nom  de  bai  poirteau  ou  beau  por- 
tail; et  souvent  nous  avons  entendu  des  vieillards  exprimer  les 


(  ')  L.  ABRY.  Les  hommes  illustres  de  la  nation   liégeoise,  Liège,  1867,  p.  461. 

(-)        Id.    p.  162. 

(*)  De   Villenfagne.  Recherches  sur  l'histoire  de  Liège  t.  II.  p.  282. 

{']  là 


•im 


regrets  que  leur  fil  éprouver  la  deslruclion  de  ces  sculptures 
remarquables,  lesquelles  disparurent  avec  l'édifice  dont  elles 
faisaient  rornemeul. 

Bref,  Zutman  eut  deux  tils,  Lambert  et  Henri.  Le  premier, 
sculpteur  aussi,  latinisa  son  nom  par  Suavius,  le  doux,  tandis 
que  son  frère  Henri  conserva  celui  de  son  père.  Henri.  Né 
en  1475  à  Liège,  il  y  mourut  âgé  de  près  de  cent  ans, fut  orfèvre- 
ciseleur  de  haut  mérite  et  entr'autres  œuvres  exécuta,  de  1506 
à  1512,  le  superbe  buste  de  S'-Lambert  que  l'on  admire  encore 
aujourd'hui  et  que  possède  la  cathédrale  actuelle  de  Liège  ('). 

De  ce  maître  l'on  connaît  deux  fils  nommés  encore  Lambert 
et  Henri,  lesquels  furent  orfèvres  comme  leur  père.  «  Ils 
eurent  postérité  nombreuse  jusqu'à  notre  temps,  »  disait  Abry 
en  1715. 

Leur  oncle  ,  Lambert  Suavius  le  sculpteur,  eut  une  fille  qui 
devint  la  seconde  femme  du  peintre  Lambert  Lombard,  et  des 
fils,  entr'autres  Daniel ,  Guillaume  et  Lambert  (-),  né  vers 
1510  (^)  lequel  est  l'artiste  émineni  dont  nous  allons  nous 
occuper  (^). 

L'on  voit  combien  était  remarquable  le  foyer  artistique  dans 
lequel  il  travaillait ,  foyer  qu'augmentaient  les  alliances  de 
trois  des  filles  de  Lombard  avec  des  artistes  liégeois,  les 
peintres  Paque  Balene,  Louis  de  Hasque  et  le  sculpteur  Thomas 
Tollet,  fils  du  peintre  de  même  nom.  Aussi,  en  présence  d'une 
famille  aussi  l'emarquable,  l'on  trouve  bien  naturelle  l'ex- 
pression du  célèbre  Vasari  qui  lui  accorde  le  titre  flatteur,  d'ex- 
cellente maison  artistique. 

Une  large  part  des  éloges  adressés  à  l'école  de  Lombard 
par  Vasari  revient  certainement  à  Lambert  Suavius  deuxième 

(  '  j  Essai  historique  sur   l'ancienne    cathédrale  de  Saint-Lambert  à  Liège,  par 
X.  Van  den  Steen,  p.  214. 
(•)  Abry,  p.  162. 
(»)  Ms. 
(*)  De  Vii.lenfagne  ,  Recherches,  t.  II,  p.  283. 


—  247  — 

lu  nom,  connu  seulement  comme  graveur,  quoiqu'il  possédât 
les  talents  nombreux  et  distingués  restés  inconnus  à  la  plupart 
les  biographes. 

Et  pourtant  à  l'époque  où  l'Italie  brillait,  par  la  renaissance, 
l'une  gloire  artistique  sans  égale,  au  moment  où  Michel  Ange 
sculptait,  peignait,  édifiait  ses  admirables  colosses,  ce  fut  la 
)resse  Florentine  qui  prit  à  tâche  de  faire  connaître  au  monde 
les  arts  la  valeur  de  Suavius. 

Le  premier  auteur  qui  signala  son  mérite  fut  Louis  Gui- 
îhardin  dans  sa  Description  des  Pays-Bas,  publiée  à  Florence 
m  1561  ;  là,  parlant  des  illustrations  liégeoises,  il  dit  :  «  Liège 
)0ssède  Lambert  Suavie,  architecte  et  graveur  sur  cuivre, 
l'un  rare  talent.  » 

Ce  témoignage  est  d'autant  plus  précieux  que  l'auteur,  en 
visitant  Liège,  avait  pu  connaître  Suavius  en  ses  travaux  divers. 
Le  titre  d'architecte  qu'il  lui  décerne  paraît  attesté  encore  par 
in  contemporain,  le  poète  Gilles  Boileau  de  Buillon,  mention- 
lant  des  relations  que  notre  artiste  entretenait  avec  la  cour  de 
'Infante  d'Autriche,  Marie,  reine  de  Hongrie  et  de  Bohême. 

On  sait  que  cette  princesse  ht  exécuter  sur  le  sol  belge  des 
;ravaux  considérables,  rivalisant  de  luxe  avec  ceux  dont  s'en- 
•ichissaient  en  France  Fontainebleau,  Anet,  etc.;  mais  que, 
guidée  par  un  sentiment  national,  elle  y  employait  surtout  les 
irtistes  du  pays.  L'auteur  de  fexcellente  notice  intitulée  Lettre 
ie  Lombard  à  Vasari{^)  suppose  que  dans  ces  conslruciions 
suavius  pouvait  être  chargé  de  fexècuiion  des  plans  de  Lom- 
bard ,  auquel  M.  Schayes  attribue  «  en  partie  »  ceux  des  rési- 
lences magnifiques  que  la  dite  souveraine  faisait  élever  à 
Binche,  Boussu  et  Mariemont ,  en  1548.  »  Et  le  texte  de  Gui- 
îhardin  prouve  que  Suavius  peut  revendiquer  sa  part  de  maî- 
trise dans  cette  lice  où  s'escrimaient  nos  artistes  les  plus 
accomplis. 

(M  Litige.  Gothier  éditeur.  1874. 


—  '248  — 

La  reine  Marie  devait  désirer  d'auiant  plus  vivement  d'utiliser 
les  talents  de  nos  Maîtres,  que  ses  rapports  avec  la  principauté 
liégeoise  étaient  des  plus  suivis  et  importants.  Enlr'autres 
avantages,  elle  en  avait  obtenu ,  en  retour  de  la  baronnie  de 
Herstal  il  est  vrai,  un  village  qu'elle  affectionnait  et  dont  elle 
fit  la  ville  de  Marienbourg  en  1542.  D'autres  traités  avantageux 
furent  conclus  encore,  et  quoi  de  plus  naturel  que  de  voir  nos 
artistes  d'élite  appelés  par  la  gouvernante  des  Pays-Bas  à  la 
construction  des  palais  qu'anéantirent,  hélas  en  loo4,  les  sol- 
dats de  Henri  II  avec  l'injure  connue  :  «  souviens-toi  de 
Folembray.  » 

Cette  destruction  fut  donc  encore  un  coup  fatal  porté  aux 
arts  liégeois,  car  les  talents  de  Suavius  et  de  Lombard  étaient 
dans  leur  plénitude  lorsque  la  sœur  de  Charles-Quint  faisait 
élever  ces  édifices  auxquels  fut  aussi  attaché  le  nom  du  célèbre 
architecte  montois  Jacques  de  Breuck. 

Suavius  avait  dû  y  laisser  quelque  produit  de  ses  pinceaux. 
Abry  (*)  nous  apprend  que  «  ce  peintre  fameux  travaillait  fort 
doux,  non  dans  le  goût  de  Lombard  qui  est  tout  antique,  mais 
dans  celui  d'Albert  Dure  »  (sic).  Appréciation  confirmée  par 
de  Villenfagne  qui  écrivait  en  1817  avoir  vu  plusieurs  tableaux 
de  Suavius  «  ressemblant  assez  à  ceux  d'Albert  Durer  dont  il 
a  parfaitement  imite  le  style  et  la  manière.  »  En  outre,  il  cite 
ainsi  qu'àbry,  trois  tableaux  de  Suavius  que  possédait  l'église 
Saint-Barthélemi  à  Liège,  dont  une  Vierge  couronnée  par  des 
anges  placée  à  l'entrée  du  chœur,  et  deux  autres  au  fond  de 
la  dite  église. 

Notre  peintre,  architecte  et  graveur,  était  aussi  poète  et  pour 
preuve  nous  consignons  ici  la  pièce  suivante,  remarquable 
pour  l'époque  où  elle  fut  composée. 


(«)  p.  162. 

',*)  T.  II.  p.  •28 i. 


249 


«  Dixain  de  M' Lambert  Suavius  Second  Apelles  a  graver  du  burin. 

Quiconque  voit  l'adorable  grandeur 
De  tous  les  cieulx  illuminans  la  terre, 
Leurs  mouvemens  cheminans  en  rondeur; 
Puis  leur  facteur,  qui  tel  circuit  enserre. 
L'homme  vivant  contre  ce  n'est  qu'un  verre  : 
Et  touteffois  pour  tel  œuvre  comprendre, 
Le  grand  facteur  donne  h  l'homme  d'entendre 
La  profondeur  de  noble  astronomie. 
Parquoy  devons  a  tel  act  prétendre. 
En  deschassant  ignorance  endormie. 

JNiL  Deo  Suavius.  » 

Ces  vers  permettent  d'attribuer  aussi  à  leur  auteur  les  textes 
latins  dont  il  orna  ses  planches,  lesquels  reflètent  les  pensées 
les  plus  nobles  et  les  plus  élevées. 

Ce  fut  l'écrivain  Gilles  Boileau,  dont  la  famille  était  d'origine 
liégeoise,  qui  signala  le  talent  littéraire  de  Suavius  avec  lequel 
il  semble  avoir  vécu  en  communauté  d'idées  et  de  rapports  à 
la  cour  de  la  reine  Marie.  A  cette  protectrice  des  arts  chacun 
d'eux  voulut  dédier  une  œuvre  de  mérite:  l'un  son  livre d'i4ma- 
ilis  des  Gaules,  édité  en  1551,  et  l'autre  la  plus  complète  de  ses 
compositions  gravées,  l'une  des  plus  grandes  pièces  du  genre 
qui  eût  paru  jusqu'alors,  La  guérisoti  du  boiteux  par  St-Pierre, 
datée  de  4553. 

Et  c'est  comme  gnsveur  surtout  que  nous  devons  considérer 
ici  cet  homme  remarquable.  Ace  titre  les  éloges  les  mieux 
mérités  sont  dus  h  son  talent  artistique,  à  son  burin  pj-imes- 
autier  offrant  un  haut  intérêt  pour  la  gravure,  celte  branche 
féconde  des  nrts  et  pour  laquelle  il  fut  un  heureux  novateur. 

Parmi  les  fleurons  de  la  couronne  artistique  liégeoise,  certes 
l'un  des  plus  rares  est  celui  qui  sut  ouvrir  au  monde  la  première 
école  ou  académie  de  gravure,  grâce  aux  talents  multiples  et 
généreux  de  Lambert  Suavius  et  de  Lambert  Lombnrd.  Celui-ci 


250 


en  fut  le  créateur,  l'organisateur,  dit  Lampson;  mais  nous  con- 
sidérons comme  son  fondateur  Suavius,  dont  l'œuvre  gravée, 
vu  le  nombre  et  la  valeur  des  pièces,  prend  rang  parmi  les  plus 
parfaites  de  ce  XVP  siècle  dont  la  fécondité  fui  si  merveil- 
leuse. 

Cette  académie  s'ouvrit  toutefois  dans  la  maison  de  Lombard, 
sur  Avroy,  près  du  couvent  des  Augustins  (i)  et  reçut  une 
pléiade  laborieuse  de  compatriotes  et  d'étrangers  qui  se  répan- 
dirent bientôt  dans  toute  l'Europe.  Car  de  cette  école,  au  rap- 
port de  Vasari,  sortirent  les  meilleurs  graveurs  des  Pays-Bas 
et  de  l'Italie. 

Cette  dispersion,  toute  naturelle,  donna,  dit  Lampson, 
«  bien  des  regrets  à  Lombard  »  qui  certes  était  en  droit  de 
désirer  une  suprématie  pour  le  siège  de  son  heureuse  innova- 
tion, tandis  que  Rome,  Francfort  et  surtout  Anvers  s'attachèrent 
ses  élèves  et  parvinrent  k  occuper  le  premier  rang  en  cette 
spécialité,  grâce  à  des  presses  florissantes  établies  dans  ces 
métropoles. 

Pourtant,  sous  ce  rapport  aussi,  la  chalcographie  liégeoise 
était  déjà  complète.  Suavius,  encore  en  cette  branche,  payait  de 
sa  personne,  il  en  était  l'iraprimeur-éditeur  ;  ce  titre,  offert  par 
ses  gravures  seules,  y  est  exprimé  de  deux  manières  :  Typo- 
graphus  et  cœlator  sur  des  pièces  datées  de  1548  et  1553  (-i). 

En  supposant  que  Suavius  n'ait  imprimé  pour  la  première 
fois  qu'en  1544,  millésime  de  la  plus  ancienne  de  ses  planches 
datées,  (3)  celle-ci  n'en  est  pas  moins  encore  un  titre  de  gloire 
pour  lui  et  pour  Liège,  parce  qu'elle  y  précède  de  douze  années 
l'établissement  du  plus  ancien  imprimeur,  Henri  Rochefort, 
dont  le  début  est  de  1556,  une  année  après  celui  de  Plantin. 

Suavius  est  donc  aussi,  en  même  temps,  le  plus  ancien  graveur 


(')  Lettre  de  Lombard  à  Vasari,  p.  16. 

(*)  Voir  les  planches  citées  ci-après,  n"'  12  et  24. 

C)  Voir  ci-après  n"  I.S. 


—  251  — 

et  le  premier  imprimeur  liégeois  connu  jusqu'à  ce  jour.  Et  si, 
par  ses  élèves  et  ceux  de  Lombard  fondateurs  de  l'école  de 
gravure  d'Anvers  celle-ci  supplanta  l'école  de  Liège,  il  faut 
l'attribuer  en  grande  partie  à  la  fortune  rapide  de  Plantin  qui, 
protégé  par  Philippe  II  vit  bientôt  ses  ateliers  transformés  en 
source  intarissable  pour  tout  chalcographe. 

Lorsque  l'on  considère  l'œuvre  gravée  de  Suavius  connue  en 
ce  moment,  à  la  vue  du  nombre,  de  l'importance,  du  fini  des 
pièces  et  de  leur  vigueur  de  clair  obscur  en  leur  premier  état, 
l'on  est  surpris  que  l'activité  de  l'artiste  ait  pu  suffire  à  ses 
divers  et  nombreux  travaux,  lesquels  devaient  souvent  le  tenir 
éloigné  de  son  burin. 

Marc  Antoine  Raimondi,  le  premier  graveur  que  Rome  ait 
possédé,  pratiquait  encore  son  art  lorsque  Suavius  fit  paraître 
la  planche  précitée  de  1544,  La  Résiirredmi  du  Lazare.  Cette 
pièce  révèle  déjà  une  excellente  pratique  du  burin,  mais  offre 
des  poses  dont  la  raideur  rappelle  l'ancienne  école. 

De  1545  à  1548  parurent  les  onze  Apôtres  et  le  Christ,  d'un 
dessin  réaliste  en  général,  mais  où  se  font  remarquer  en  divers 
ensembles,  airs  de  tête  et  jets  de  draperies,  certains  éclairs  de 
style  tenant  du  génie. 

Le  burin  de  Suavius  procéda  par  tailles  très-fines  et  très-ser- 
rées; ses  planches  ont  un  aspect  soyeux  et  velouté  que  l'on  peut 
considérer  comme  une  véritable  innovation  en  leur  richesse  de 
clair-obscur,  le  plus  parfait  qui  se  fût  produit.  Telles  sont  Les 
Grâces,  Saiîit-Paul,  le  Christ  au  tombeau  dans  des  épreuves 
citées  ci-après  aux  n"'  20, 21, 28  et  dont  Jean  Valdor,  le  deuxième 
du  nom  semble  avoir  voulu  appliquer  la  manière  pour  ses 
œuvres  les  plus  vivaces. 

Suavius  eut  le  bonheur  d'être  le  créateur  de  la  plupart  des 
scènes  qu'il  grava  et  dans  lesquelles,  disons-le,  se  manifestent 
des  mouvements  irréguliers  de  progrès. 

Le  Lazare  de  1544  présente  en  son  dessin  certaine  raideur, 
des  mouvements  anguleux  paraissant  révéler  un  début,  quoique 


—  t252  — 

la  finesse  du  travail  et  la  vigueur  du  modelé,  surtout  dans 
l'exemplaire  de  Paris,  attestent  que  son  auteur  était  déjà  tout-à- 
fait  maître  de  son  burin. 

Quant  au  style,  en  présence  du  Saint-Jude  de  la  Suite  des 
Apôtres,  fait  en  1545,  on  a  lieu  d'être  surpris  du  progrès 
accompli  en  une  année,  car  tout  ici  est  excellent  et  Suavius 
signa  ces  deux  pièces  comme  inventeur. 

En  1548  il  achevait  la  Suite  des  Apôtres  et  lit  paraître  le 
Christ  au  tombeau  de  grand  format  (n"  20),  avec  plus  de  mérite 
encore  que  le  Lazare  précité,  mais  le  rappelant  assez  pour  y 
retrouver  Suavius  en  sa  première  voie  comme  dessinateur, 
donnant  souvent  trop  de  sveltesse  à  ses  figures.  Néanmoins  cette 
planche,  en  bonne  épreuve,  est  d'un  modelé  très-remarquable 
et  d'un  effet  brillant. 

L'œuvre  capitale  de  ce  maître  est  La  guérisondu  boiteux,  dont 
l'ensemble  offre  des  qualités  de  premier  ordre,  comme  compo- 
sition, dessin  et  exécution. 

Tout  en  Suavius  révèle  une  organisation  aux  aspirations 
élevées,  cherchant  à  unii  le  pittoresque  de  la  nature  à  la  grâce 
artistique  et  atteignant  souvent  la  limite  de  la  perfection.  L'an- 
tique le  préoccupa  dès  ses  débuts  :  la  Suite  des  Apôtres  le 
prouve,  mais  il  n'avait  pas  vu  l'Italie  lorsqu'il  les  exécuta.  Il  dut 
faire  ce  voyage  vers  le  milieu  du  siècle,  et  le  résuUat  fournit 
certainement  la  planche  de  La  guérison  du  boiteux,  reflétant 
dans  sa  composition  et  son  dessin  la  beauté  des  œuvres 
romaines.  C'est  de  là  qu'il  dut  rapporter  aussi  ses  sujets  de 
Bois  germains  prisonniers,  la  Statue  d'adolescent,  les  Vues  de 
Rome,  le  Portrait  de  Michel-Ange  qu'il  put  dessiner  d'après 
nature,  etc. 

Tout  s'accorde  à  démontrer  que  Suavius  ne  lermina  pas  sa 
carrière  à  Liège  ;  à  ce  sujet,  un  manuscrit  rapporte  que  «  ce 
graveur  ne  récoltant  pas  de  fruit  en  sa  patrie,  s'expatria  vers 
1554,  pour  se  tixer  à  Francfort-sur-le-Mein.  »  Mais  l'œuvre  de 
ce  maître  dit  assez  que  s'il  lit  alors  un  voyage  en  Allemagne, 


^253 


le  retour  dut  être  prompt,  comme  on  le  verra;  et  remarquons 
d'abord  que  celte  date  précitée  est  celle  de  l'invasion  des 
domaines  de  la  gouvernante  des  Pays-Bas  par  les  soldats  de 
Henri  II.  Or,  on  conçoit  la  douleur  que  durent  éprouver  les 
artistes  qui  avaient  coopéré  à  la  création  des  splendides  cons- 
tructions élevées  par  la  reine  Marie  à  Marienbourg,  Binche  et 
Marieuiont,  que  pillèrent  et  brûlèrent  les  dites  troupes  fran- 
çaises, et,  dans  un  pareil  moment,  l'éloignement  momentané  de 
Suavius  est  très -naturel. 

Pourtant  ses  planches  prouvent  à  l'évidence  que  ce  fut  sur- 
tout à  Anvers  que  notre  artiste  alla  chercher  des  consolations 
et  des  travaux;  car,  cette  même  année,  il  produisit  six  gravures 
datées,  dont  quatre  portraits  de  membres  de  la  famille  Schets, 
l'une  des  plus  considérables  et  des  plus  éclairées  de  la  dite  cité. 
Cette  année,  il  fit  paraître  le  portrait  (rAjitoine  Perrenot  de 
Granvelle,  du  format  le  plus  grand  qui  eût  paru  jusqu'alors. 

De  tels  travaux  unis  au  succès  obtenu  l'année  précédente  par 
La  guérison  du  boiteux,  disenl  assez  combien  le  burin  de  Suavius 
était  considéré  en  Belgique.  S'il  quitta  la  principauté  liégeoise, 
c'est  que  son  talent  supérieur  fut  appelé  sur  une  scène  contigue 
où  le  mouvement  des  arts  se  développait  avec  énergie,  grâce 
aux  élèves  sortis  de  l'école  liégeoise,  tels  que  GoKzius,  Floris, 
Cayo,  etc.,  encouragés  par  des  protecteurs  éclairés  comme 
Perrenot,  que  Suavius,  en  la  dédicace  de  son  œuvre,  nomme 
le  Mécène  unique. 

Notons  encore  que  l'année  4554  fut  la  plus  féconde  de 
Suavius  en  pièces  datées. 

Deux  ans  après,  il  reproduisait  le  portrait  du  cardinal  de 
Granvelle;  et,  l'an  1561,  portraitait  encore  divers  membres  de 
la  dite  famille  Schets,  parmi  lesquels  Balthasar,  seigneur  de 
Hoobocken,  près  d'Anvers. 

Ici  s'arrêtent  en  l'œuvre  de  Suavius  les  preuves  de  sa  pré- 
sence sur  le  sol  belge. 

En  1548,  la  suite  du  Christ  et  des  Apôtres  le  dit  imprimeur  à 


—  254  — 

Liège,  comme  on  a  vu.  Quant  h  savoir  h  quelle  époque  il  y 
délaissa  ses  presses,  Saumery  rapporte  que  la  Guérison  du 
boiteux  (i^^S)  fut  gravée  à  Bruxelles  (');  ce  qui  est  très-pos- 
sible, vu  les  rapports  de  son  auteur  avec  la  cour.  Nonobstant, 
rien  n'indique  où  fut  imprimée  cette  pièce  sur  laquelle  Suavius 
prend  le  titre  de  Cœlatore  ;  mais  de  1557  est  un  Christ  en  croix 
de  Suavius  (n"  16),  imprimé  par  Gérôme  Cock,  d'Anvers. 

Les  archives  de  cette  ville  n'ont  rien  livré  encore  au  sujet  du 
séjour  qu'a  pu  y  faire  Suavius  et  les  auteurs  liégeois  sont  una- 
nimes en  l'assertion  qu'il  ne  mourut  pas  en  sa  ville  natale. 

Comme  il  fut  dit,  sa  dernière  œuvre,  datée  de  Belgique,  est 
de  1561,  et  voici  qu'il  nous  vient  de  Francfort  une  pièce  unique, 
de  1562  (n"  63),  ayant  trait  au  couronnement  de  l'empereur 
Maximilien,  lequel  eut  lieu  en  cette  dite  ville  en  novembre  de 
cette  dite  année.  En  outre,  une  note  que  nous  devons  au  regretté 
Ulysse  Capitaine,  se  termine  en  disant  que  «  Suavius  s'étant 
retiré  à  Francfort,  chez  un  ami,  y  mourut  en  1567.  » 

Il  est  donc  permis  de  croire  que  cette  belle  et  féconde  illus- 
tration s'éteignit  aux  bords  du  Mein,  que  les  de  Bry,  ses 
concitoyens  et  disciples,  illustraient  par  leurs  travaux  artis- 
tiques. 

A  tel  propos,  il  ne  sera  peut-être  pas  sans  intérêt  de  repro- 
duire ici  des  textes  écrits  au  sujet  de  Suavius,  à  trois  siècles 
de  distance,  par  des  écrivains  spéciaux  ;  celui  de  Vasari 
porte  :  (') 

«  Lambert  Suave,  excellent  graveur  sur  cuivre,  a  publié  le 
Christ  et  douze  apôtres  en  treize  feuilles  ('),  d'une  finesse  de 
burin  qui  approche  de  la  perfection  ;  s'il  eût  été  meilleur  dessi- 
nateur, il  aurait  obtenu  des  résultats  merveilleux,  comme  il  est 
facile  de  s'en  convaincre  en  examinant  le  St  Paul  qui  écrit  et 
sa  Résurrection  du  Lazare.  » 

(})  Délices  du  pays  de  Liège,  i"  partie,  p.  310. 

(*)  Vasari.  Vile  de  piu  eccellenti  pitlori    etc.  Firenza,  1568. 

C)  Il  fwil  erreur  sur  le  nombre.  Voir  h  description  de  cette  suite. 


255 


Et  l'on  voit  que  l'auteur  ne  connaissait  pas  les  pièces  les 
plus  importantes  de  Suavias,  mais  seulement  les  moins  sévères 
en  fait  de  dessin,  sauf  le  Saint  Paul. 

Enfin,  le  jugement  de  Passavent,  en  son  livre  du  Peintre- 
graveur,  imprimé  à  Leipzig  en  1860,  lui  accorde  les  éloges 
suivants  : 

«  Lambert  Suavius,  de  Liège,  était  un  artiste  d'un  talent 
très-distingué,  il  se  forma  à  Rome  principalement  sur  l'an- 
tique, mais  ne  put  échapper  entièrement  au  maniérisme  qui 
prédominait  alors  en  Italie.  Les  gravures  qu'il  exécuta  d'après 
ses  propres  dessins,  se  distinguent  par  une  finesse  tout-à-fait 
néerlandaise  dans  le  maniement  du  burin,  par  la  bonne  con- 
duite du  trait  et  par  le  grandiose  dans  le  style  et  le  dessin.  » 

Voilà  donc  encore  une  illustration  liégeoise  du  domaine  des 
arts,  qui  ne  fait  que  gagner  en  estime,  en  passant  à  travers  les 
âges. 

Abry  nous  apprend  qu'à  son  époque,  on  comptait  quarante- 
huit  gravures  de  Suavius,  la  présente  série  en  contient  en  tout 
cent  et  dix-sept. 

Nous  avons  écarté  de  ce  présent  recueil  plusieurs  planches 
attribuées  à  Suavius  par  des  catalogues  de  vente,  parce  qu'elles 
ne  nous  ont  point  paru  porter  le  caractère  propre  à  son  burin, 
malgré  leur  similitude.  Il  arriva  même  de  lui  accorder  des  gra- 
vures de  compositions  de  Lombard  son  beau-frère ,  par  la 
raison  que  plusieurs  auteurs  confondirent  ces  deux  maîtres. 

Au  sujet  des  gravures  de  Suavius  non  signées,  nous  nous 
sommes  ralliés  parfois,  comme  on  pourra  le  voir,  à  l'opinon  de 
Pierre-Jean  Mariette.  Car  cet  amateur  distingué,  du  18"  siècle, 
fils  de  graveur,  graveur  lui-même,  collectionneur  de  gravures 
et  écrivain  en  cette  spécialité,  a  laissé  des  notes  intéressantes 
sur  le  sujet  qui  nous  occupe. 

La  préoccupation  du  burin  de  Suavius  était  d'unir  le  moel- 
leux des  teintes  à  la  vigueur  de  l'effet  et  il  sut  y  atteindre  un 
degré  inconnu  jusqu'à  lui. 


—  '■im  — 

Autant  que  possible  il  évita  d'indiqué)'  les  contours  par  un 
trait,  il  les  forma  en  général  par  la  l  rminaison  des  tailles  don- 
nant les  ombres,  ce  qui  concourt  surtout  au  velouté  obtenu. 

Comme  détail  particulier,  Suavius  se  plut  à  diversifier  sa 
signature,  on  en  trouvera  des  exemples  ci-après  en  la  des- 
cription de  la  suite  des  Apôtres.  En  général  ces  monogrammes 
sont  en  lettres  romaines,  le  V  pris  pour  U  et  les  S  placés  parfois 
à  rebours.  Néanmoins,  par  quelques  rares  exceptions  les  noms 
sont  en  italiques  régulièrement  orthographiés  ;  mais  la  signa- 
ture de  1544  en  italiques  aussi  a  le  V  remplacé  par  un  U. 

Voici  la  nomenclature  de  ces  gravures  (^). 

1. 
Buste  de  Jésus. 

Médaillon,  9  ■  de  diamètre   |    G.  E.  | 

Sur  un  fond  simulant  un  creux  hémisphérique  se  détache  le 
buste  du  Christ,  de  profil ,  tourné  à  droite.  La  barbe  ni  la 
chevelure  ne  feraient  trop  reconnaître  la  figure  du  Sauveur 
mais  une  inscription  en  lettres  romaines,  disposée  en  cercle 
sur  la  bordure,  dit  :  Eljigies.  D.  Jhesu  Christi.  filii.  Dei.  et  Sal- 
vatoris  mundi.  M.  D.  LIV. 

Au  bas,  près  du  mot  Dei,  est  le  nom  de  Suavius. 

Cette  pièce  a  pour  pendant  la  suivante. 


f  »  )  Ainsi  que  pour  le  catalogue  de  Nalalis    déjà    publié,  les  noms   des   pos 
sesseurs  des  gravures  décrites  ici  sont  indiqués  comme  suit,  par  initiales  : 
C.  E.  Cabinet  des  Estampes  à  Paris. 

B.  Cabinet  des  Estampes  à  Biuxel'es. 

U.   L.  Université  de  Liège. 

Coll.  U.  C.  Collection  Ulysse  Capitaine  ,  aussi  à  la  même  Université. 
N.  H.         M.    le  chanoine  Henrotte  à  Liège. 
H.  l).  M.  Henri  Duval ,  à  Liège. 

H.  J.  S.  Renier,  Verviers. 


257  — 


Buste  de  la    Vierge. 

Médaillon  ,  9''  de  diamètre,  |  C.  E.  | 

Sur  fond  ombré  en  creux  se  détache  cette  figure  de  profil , 
tournée  à  gauche.  La  tête  est  charmante  de  douceur,  de  naïveté; 
l'effet,  d'une  grande  simplicité,  est  obtenu  par  masses  offrant  le 
moelleux  uni  à  la  vigueur  et  donnant  à  cette  œuvre  un  attrait 
tout  particulier.  La  bordure  porte  ces  mots  :  Ecce  abhiunc. 
beatam.  me.  dicent.  omnes  generationes.  Luc.  cap.  1. 

Le  Christ   et  les  Apôtres. 

Douze  planches  de  19,  5  —  9  |  C.  E.  |    B.  |  UL.    |  N.  H.  |  R.  | 
(Le  premier  chiifre  indique  la  hauteur  le  second  la  largeurf.) 

En  cette  série  intéressante  le  graveur  semble  avoir  voulu 
rassembler  une  variété  de  types  et  poses  pittoresques.  La  rai- 
deur du  modèle  posant  y  est  parfois  apparente,  mais  ce  défaut 
est  racheté  par  des  physionomies  vivaces,  énergiques,  saisies 
sur  le  vif,  la  plupart  empreintes  de  distinction. 

Les  proportions  en  sont  sveltes,  fétude  de  la  nature  et  du 
style  s'y  marient  en  dispositions  souvent  heureuses,  d'aspect 
original,  imprévu,  surtout  pour  de  tels  sujets. 

Ces  figures ,  mesurant  pour  les  apôtres  16  centimètres  de 
haut  et  le  Christ  17,  sont  debout  ou  appuyées  contre  une 
construction  en  ruines.  Toutes  ne  sont  pas  renseignées  par  des 
emblèmes  et  celles  qui  le  sont  par  des  chiffres  ne  suivent  pas 
exactemeai  la  nomenclature  liturgique. 

Le  tout  est  traité  en  une  gamme  vigoureuse,  d'une  belle  rec- 
titude de  hachures,  adoucies  par  des  pointillés  produisant  des 
effets  très-agréables  comme  moelleux  et  légèreté. 

Les  épreuves  de  l'Université  de  Liège  sont  très-belles  ;  voici 
l'ordre  des  sujets. 


—  258  — 

3. 
Jacques  le  Majeur. 

Premier   état. 

De  profil,  allant  à  droite,  entièrement  drapé,  les  bras  croisés 
sous  le  manteau  d'où  la  main  droite  couverte  tient  un  bâton 
noueux.  Le  type  est  celui  de  Socrate  avec  chevelure  complète; 
le  fond  est  une  niche  cachée  en  partie  par  une  draperie 
légère. 

Sur  un  espace  blanc  réservé  au  milieu  du  socle,  où  pose  le 
personnage,  est  la  signature  L.  SVAVIVS  invent,  et  sur  un 
caillou  du  sol  est  le  n"  1. 

La  figure  manque  de  grâce,  mais  offre  un  beau  caractère  de 
vérité,  l'exécution  est  belle  et  le  clair  obscur  a  quelques  parties 
blafardes. 

Deuxième  état. 

C.  E. 

Paris  possède  de  celte  planche  un  exemplaire  portant  à  droite 
de  la  dite  signature  le  nom  EZEGHIELeià  l'angle  de  g.'iuche 
le  chiffre  3.  De  là  on  peut  conclure  que  ces  apôtres  de  Suavius 
furent  transformés  en  prophètes  que  certains  auteurs  mettent 
au  nombre  des  sujets  traités  par  Suavius  et  dont  nous  n'avons 
rencontré  nulle  autre  trace. 

4. 

Si  Jude  ou  Thadée. 

Debout,  de  prolil,  regardant  vers  la  gauche,  en  une  pose 
élégante,  il  appuie  le  bras  droit  sur  une  sorte  de  garde-fou  et 


—  i259  ~ 

tient  des  deux  mains  une  équerre.  Les  draperies  du  torse  et  de 
la  tête  sont  très-bien  jetées,  le  fond  est  un  hémicycle  en  ruines 
s'harmonisant  très-bien  avec  la  sévérité  de  style  du  personnage; 
le  clair  obscur  très-moelleux  est  servi  par  des  tailles  d'une 
grande  délicatesse. 

Au  bord  inférieur,  sur  le  sol,  on  lit  :  Z.  Suavius  inve  .  1545, 
date  intéressante  en  ce  qu'elle  atteste  que  le  graveur  mit  trois 
années  pour  compléter  la  suite  dont  il  s'agit.  Au  bas,  à  l'angle 
de  gauche  est  le  chiffre  2. 

5. 

St  André. 

Adossé  à  sa  croix  il  appuyé  le  bras  gauche  sur  une  pierre 
saillante.  L'apôtre  est  vêtu  d'un  pantalon,  d'une  tunique  courte 
et  d'un  manteau  attaché  sur  l'épaule  droite  ;  la  tête  est  couverte 
d'un  capuchon  semblable  à  ceux  que  portent  en  leurs  travaux  le 
lazzarone  et  la  botresse.  L'aspect  de  celle-ci  est  indiqué  par 
tout  l'ensemble;  le  visage  imberbe  et  aussi  l'angle  supérieur  de 
la  croix,  qui  en  rappelant  le  contour  du  bot  ou  hotte,  complète 
le  rapprochement. 

Au  bas  à  droite  est  la  signature  L.  SVAVIVs  inve,  à  gauche 
est  le  IV  3. 

Cette  planche,  est  la  moins  réussie  de  la  présente  suite, 
surtout  comme  composition. 


St  Simon. 

Agé,  barbe  longue,  torse  et  bras  nus,  le  reste  du  corps  couvert 
d'une  draperie  aux  bords  effiloqués  ;  il  est  debout,  les  jambes 
croisées,  les  pieds  superposés  et  s'accoude  sur  un  cippe,  posé 


260 


à  gauche,  sur  lequel  est  un  livre  qu'il  feuillette  de  la  main 
gauche  tandis  qu'il  appuie  la  tête  sur  la  main  droite.  Son  visage 
exprime  l'attention  soutenue  ei  toute  celte  figure  pourrait 
servir  à  personnifier  l'étude. 

Au  pied  ducippe  est  un  blason  à  une  scie,  instrument  de  tor- 
ture de  cet  apôtre. 

Le  fond  est  une  arcade  dont  la  voussure  est  percée  d'une 
ouverture  circulaire.  Un  rectangle  blanc  placé  h  l'angle  infé- 
rieur de  droite  tient  la  signature  L'  svavius  .  invnè.  (sic);  plus 
à  gauche,  sur  le  sol  est  la  date  1545  et  à  l'angle  de  gauche,  sur 
un  caillou,  le  chitfre  4.  Ensemble  et  détails  sont  réussis,  le 
dessin  en  est  naturel  et  grandiose,  un  air  de  pauvreté  ajoute  au 
caractère  de  ce  personnage. 

7. 
St  Barthélemi. 

Dans  un  réduit  voûté,  en  ruines,  il  s'adosse  à  une  arcade 
divisant  en  deux  la  hauteur  de  la  construction  ;  des  pieds  il 
s'arcboute  contre  des  pierres  brutes  du  premier  plan.  En  cette 
pose  sinj^ulière  et  très-serré  dans  ses  vêtements  il  tient  de  la 
main  gauche  un  couteau,  son  emblème  de  supplice  et  tourne 
des  regards  de  terreur  vers  la  gauche. 

La  tête  est  d'aspect  bizarre,  la  barbe  à  la  nazaréen;  il  porte 
tunique  courte,  manteau  et  pantalon  flottant  aux  cuisses  et 
serré  par  des  bandelettes  du  genou  à  la  cheville.  Cette  figure 
forme  en  la  série  une  exception  avec  celle  de  St-Paul  en  ce 
sens  que  toutes  deux  portent  des  sandales,  les  autres  sont  pieds 
nus. 

Cette  gravure  très-bien  exécutée  pèche  dans  son  dessin  par 
un  excès  de  longueur  du  torse. 

Un  caillou  équarri,  posé  à  l'angle  inférieur  de  gauche  porte 
ces  mots  L.  SUAVIUS  inve,  k  l'angle  opposé  est  le  chiftre  5. 


—  ^61  — 

8. 

St  Jacques  le  mineur. 

Se  détachant  sur  l'intérieur  d'une  logette  semi-circulaire. 
percée  de  baies  et  ornée  d'une  statuette,  le  Saint  en  une  pose 
très-pittoresque  est  debout,  les  jambes  croisées,  il  serre  de  ses 
deux  mains  un  long  bâton  ferré  qu'il  soutient  verticalement  sur 
le  sol.  Le  visage  accuse  l'âge  mûr,  la  barbe  est  divisée,  un 
bonnet  conique  à  bord  retroussé  couvre  la  tète  qui  est  baissée, 
exprimant  la  réflexion. 

Le  costume  se  compose  d'un  manteau  drapé  avec  goût, 
d'une  tunique  courte  et  de  braies  amples,  serrées  à  la  cheville 
par  un  ruban. 

Ce  tout  élégamment  disposé  est  embelli  par  un  clair  obscur 
très- agréable;  au  premier  aspect  la  pose  fait  penser  à  un  halle- 
bardier  s'appuyant  sur  son  arme.  Telle  impression  unie  à  l'air 
pauvret  du  Saint  que  l'on  surnomma  le  juste,  aura  sans  doute 
inspiré  au  savant  M.  Michiels  la  pensée  que  les  apôtres  de 
Suavius  ressemblent  à  des  gueux,  à  des  lansquenets. 

Au  bas  de  la  pièce  qui  nous  occupe,  est  un  cartouche  blanc, 
cintré,  posé  à  droite,  où  sont  ces  mots  :  L.  SVAVIVS,  isventor, 
et  le  n°  6. 

9. 
St   Mathieu  '! 

Au  milieu  des  ruines  d'un  bel  édifice  est  appuyé  contre  une 
pierre  un  vieillard  à  la  physionomie  souriante,  de  profd,  regar- 
dant à  droite,  les  jambes  croisées  et  soutenant  de  la  main 
gauche,  contre  sa  poitrine,  un  livre  ouvert. Vu  l'absence  d'autre 
objet  servant  à  le  nommer,  ce  dernier  détail  peut  faire  croire 
qu'il  s'agit  ici  de  l'apôtre  évangéliste. 

La  pose  est  belle,  la  draperie  du   toise  parfaitement  jetée, 


—  :*6!!  — 

dessinée  et  modelée  ;  des  braies  d'éloffe  légère,  tluttautes,  des- 
cendent à  mi-jambes  et  la  tête  est  couverte  d'un  petit  bonnet 
conique  dit  pileus,  lequel  ferait  prendre  le  personnage  pour  un 
Ulysse. 

L'une  des  pierres  du  sol  porte  les  nom  et  date  SVAVIUS,  i.n 
1547,  au  côté  opposé  est  un  7. 

Ce  travail  est  excellent  :  pourtant  le  modelé  de  l'avant-bras 
gauche  laisse  à  désirer  ainsi  que  le  lalon  gauche. 

10. 

St  ?  Mathias,  Thomas  ou  Philippe. 

Debout  entre  deux  murailles  architecturées,  en  ruines,  est 
un  homme  d'âge  mûr,  à  barbe  divisée;  le  coude  droit  élevé  k 
hauteur  de  la  tête  et  appuyé  contre  la  ruine  de  gauche.  L'autre 
bras  est  ployé  sur  la  hanch(3  et  les  deux  mains  soutiennent  en 
arrière  le  manteau  qui  recouvre,  en  plis  élégants,  toute  la  par- 
lie  antérieure  du  corps.  Le  reste  du  vêtement  est  fait  d'une 
tunique  courte  et  de  braies  larges,  serrées  à  la  cheville. 

Nul  emblème  ne  caractérise  celte  ligure  qui  est  de  propor- 
tion élancée;  sur  le  seuil  oîi  il  pose  on  lit,  à  gauche:  SVAVIVS, 
iNVE,  k  droite:  8. 

Le  clair  obscur  vigoureux  est  trop  heurté  pour  le  fond  qui 
nuit  au  persoiinage. 

H. 

St  Jean  l'Evangéliste. 

Sous  la  figure  d'un  adolescent  svelte,  vu  de  profil,  entouré 
de  murs  en  ruines,  il  fe  penclie  pour  écrire  sur  une  tablette 
posée  sur  un  grand  ch;ipiieau  corinthien  élevé  sur  deux 
marches. 


—  *63  — 

Au-dessus  de  ce  débris  est  un  aigle  paraissant  dicter  au  saint 
lequel  est  vêtu  d'une  draperie  d'étoffe  légère  et  d'une  tunique 
allant  aux  genoux,  le  reste  des  jambes  est  nu, 

A  ses  pieds  est  une  statuette  de  femaie  drapée,  placée  contre 
les  dites  marches  ;  auprès  est  un  rectangle  blanc  portant  la 
signature  :  SVAVIVS,  inven,  auprès  est  le  chiffre  S). 

Le  burin  de  celte  pièce  est  d'une  finesse  irréprochable,  la 
draperie  est  écourtée  et  sans  grâce,  la  pose  ressemble  à  celle 
d'un  broyeur  de  couleur  à  la  moulette. 

12. 

St  Paul. 

Debout,  entre  deux  arcades  en  ruines,  le  coude  droit  appuyé 
sur  celle  de  gauche,  il  tient  de  la  droite  un  papier  roulé  et  de  la 
gauche  une  tablette. 

Vu  de  face,  la  tête  tournée  à  droite,  regardant  le  ciel,  il  a  les 
cheveux  courts  et  barbe  longue  ;  seul  entre  les  apôtres  qui 
nous  occupent,  il  porte  une  tunique  descendant  jusqu'aux 
pieds  ;  son  manteau  est  noué  par  les  coins  sur  le  côté  gauche 
delà  poitrine. 

La  voussure  de  la  ruine  de  droite  est  ornée  d'un  bas-relief 
représentant  un  sacrifice  qui  paraît  être  celui  de  Noé  ;  la  base 
de  la  môme  construction  présente  un  blason  à  une  épée  dési- 
gnant le  saint  dont  il  s'agit.  Plus  bas  est  la  signature:  SVAVIVS, 
iNVE,  et  vers  le  milieu  inférieur  le  n"  10. 

13. 

St  Pierre. 

Eu  une  attitude  humble,  appuyé  contre  un  bloc  équarri,  vu 
de  profil,  tout  d'une  pièce,  tourné  à  droite  ;    il  tient  des  deux 


ii^  i 


mains  contre  ses  genoux  une  lablelte,  osl  vêtu  d'une  lunique 
courte,  d'un  petit  manteau  noué  sur  la  poitrine,  jambes  et  bras 
sont  nus. 

Derrière  lui  est  une  clef  placée  sur  la  pierre  contre  laquelle 
il  s'adosse;  en  face  est  un  piédestal  portant  une  statue  drapée 
et  décapitée. 

Sur  le  sol,  à  l'angle  de  gauche,  dans  un  rectangle  blanc 
sont  la  signature  et  le  chiffre  d'ordre  ;  SVAVIVS,  II.  iwvEN, 
(sic). 

Effet  vigoureux,  dessin  correct,  la  pose  manque  de  distinc- 
tion. 

14. 
Le  Christ. 

De  stature  élégante  et  d'expression  digne  du  sujet,  la  tête 
entourée  d'un  nimbe  blanc,  puis  rayonné,  le  Sauveur  est  en 
acte  de  marcher,  drapé  d'un  ample  pallium  à  plis  multiples, 
enveloppant  aussi  avec  grâce  le  bras  gauche  dont  le  poing, 
recouvert  aussi,  est  posé  sur  la  hanche.  Le  second  coude,  posé 
trop  symétriquement  avec  lu  premier,  semble  accuser  môme 
pose  pour  la  main  cachée  ;  la  chevelure  offre  une  mèche  sail- 
lante à  la  place  de  la  raie  traditionnelle. 

Cette  belle  figure  se  détache  sur  fond  blanc,  mais  entourée 
d'un  cadre  lait  de  nuages  disposés  en  ovale,  elle  pose  sur  un 
socle  blanc  tenu  par  deux  petits  anges  nus,  vus  ii  mi-corps  et 
supportant  le  tout. 

La  lettre  de  celle  planche  est  très-variée,  une  inscription 
grecque  placée  à  l'écoincon  supérieur  de  gauche,  dit  :  Je  suis 
le  commencement  et  la  fin.  Celle  de  droite,  en  latin  :  ,1e  suis  la 
voie  et  la  vérité.  Ces  dernièi'cs  paroles  sont  reproduites  en  hé- 
breu sur  le  seuil  oii  pose  le  Sauveur. 

Au-dessus  de  la  tète  de  l'ange  posé  à  droite,  est  une  tablette 


-     26o    - 

contenant,  avec  la  signature,  l'une  des  deux  seules  indications 
de  localité  que  présente  l'œuvre  de  Suavius,  la  voici  : 


L.  SVAYIVS. 
LEOD:  INVE 
ET-TIPOGR: 


Au-dessus  de  l'ange  de  gauche  est  la  date  1548,  au  bas  du 
même  la  lettre  f,  en  italique  ;  enfin,  à  l'angle  opposé,  le  chiffre 
IZ  clôture  la  numération  de  cette  série  d'œuvres  dont  les  pièces 
3,  4,  6,  7  et  12  méritent  d'être  étudiées  pour  l'excellence  d'alti- 
tude et  de  caractère. 

L'auteur  eut  donc  désir  de  n'y  figurer  que  douze  personnages 
y  compris  le  Christ.  Le  catalogue  d'une  vente  chez  G. -G.  Boemer 
h  Leipzig,  octobre  1872,  fit  erreur  en  disant  pour  cet  objet, 
n"  2174  :  «  douze  feuilles.  Christ  et  Apôtres,  manque  une 
feuille,  »  Mais  Vasari  commit  pareille  erreur  en  citant  ce  même 
sujet. 

A  leur  propos,  une  coquille  advenue  dans  le  discours  sur  les 
artistes  liégeois,  par  Villenfagne,  lui  fait  dire  fuite  pour  suite  du 
Christ  et  des  Apôtres,  et,  chose  étrange,  ce  titre  impossible  fut 
reproduit  par  divers  auteurs  parlant  de  Suavius. 


15. 


Résurrection  du  Lazare. 

"20  —  32  G  E  I  B  I  U  L  coll.   U  C.  |  N  H  |  R  | 

En  une  grotte  taillée  dans  le  roc  et  s'ouvrant  près  d'une  place 
ornée  d'édifices,  est  un  sarcophage  dont  le  couvercle  déplacé 
laisse  voir  Lazare  assis.  A  l'entour  sont  do  nombreux  pcrson- 


—  266  - 

nages  dont  l'un  délie  les  pieds  du  frère  de  Marthe  et  Marie, 
tandis  que  l'assistance  témoigne,  par  des  gestes  variés,  les 
senliments  qui  l'agitent. 

l  es  groupes  sont  cpars,  les  ligures  d'un  dessin  maigre,  ce 
qui  paraît  la  présenter  coinme  première  grande  pièce  de  son 
auteur.  Néanmoins,  quoique  la  lumière  y  papillotle,  celle 
planche  est  d'un  etlet  excellent,  comme  vigueur,  dans  les 
exemplaires  de  Paris  et  du  contingent  Ulysse  Capitaine,  de 
l'Université  de  Liège. 

A  l'angle  supérieur  de  droite  est  un  carré  de  o«  5*"  portant 
onze  hexamètres  latins  ayant  trait  à  la  scène  représentée  ;  et, 
du  même  côté,  au  bas,  une  dalle  est  signée  : 


Lambertus 

Suauius 

1544. 


C'est  la  plus  ancienne  gravure  datée  de  ce  maître  ;  comme  il 
fut  dit  déjà,  pour  trois  d'entre  elles,  le  nom  d'auteur  est  en 
italiques  avec  trois  u. 

Le  Lazare  est  l'une  dos  deux  pièces  que  cite  Vasari,  lequel 
vante  l'effet  de  la  grotte. 

16. 

CIniiiten  croix,  d'après  Lambert  Lombard. 

26  —  '26.  o.  (C  E.) 


Cette  belle  composition  montre  le  calvaire  portant  les  trois 
croix  sur  une  ligne  parallèle  au  cadre,  à  celle  du  milieu  est  le 
Christ  expiré,  Ji  droite  saint  Jean,  debout,  l'adore  ;  au  pied 


—  267  — 

est  assise  la  Miideleine,  à  gauche  est  une  femme  vue  de 
dos. 

Tout  ie  premier  plan  est  occupé  par  dix  femmes  pleurant  et 
priant  à  i'entour  de  la  Vierge  couchée  à  droite  sur  le  sol  et 
regardant  le  ciel. 

Cette  ligure  est  la  moins  réussie  ;  les  autres  présentent  de 
grandes  qualités  de  style  et  plusieurs  peuvent  servir  de  modèle 
comme  jet  élégant  de  draperios  :  telles  sont  les  deux  femmes 
posées  aux  angles  extrêmes  et  le  saint  Jean,  parfait  sous  ce 
rapport  ainsi  que  pour  son  geste.  Le  larron  de  droite  est 
savamment  mouvementé. 

Le  tout  a  pour  fond  une  ville  moyen-âge. 

Au  milieu  inférieur  de  la  gravure,  sur  un  carré  blanc  on  lit, 
en  lettres  romaines  : 

Mihi  absit  gloriari  nisi  in  cruce  domini  nostri  Jesu  Christi. 
Cliristus  vuhieratus  est  propter  iniquitates  nostras  ;  et  au  bas,  k 
gauche  :  Lambertus  Lombardus,  inventor,  à  droite  :  Cock  excu- 
dit,  1557. 

Suavius  ne  l'a  signée,  mais  elle  offre  tout  le  caractère  de  son 
burin,  tel  que  dans  la  figure  n"  45  ci-après,  portant  son  mono- 
gramme. 

L'exemplaire  susdit  est  excellent,  et  cette  belle  planche  mé- 
rite d'être  étudiée  comme  fraîcheur  d'effet  obtenu  sans  opposi- 
tions vives. 

17. 

Le  Christ  descendu  de  la  croix,  d'après  Raphaël. 
!22  —  -15,  s  I  B  I 

En  un  paysage  fermé  à  droite  par  un  rocher,  h  gauche  par 
un  tronc  d'arbre  sec,  est  debout,  au  centre,  la  Vierge  regardant 
le  ciel  et  montrant  son  fils  couché  au  premier  plan,  de  profil, 
la  tête  posée  à  droite,  tout  le  corps  reposant  sur  une  maçonne- 
rie recouverte  en  partie  d'un  linceul. 


—  l>68  — 

Le  jçroupe  se  détache  sur  lond  blanc. 

Cette  composition,  d'un  beau  sentiment  religieux,  exécutée 
avec  soin,  montre  l'excellent  moelleux  du  burin  de  Suavius,  et 
porte  au  bas  ces  mots  : 

Vuhierat.  est  propt.  transgressio.  nostras  et  attrit.  propt.  mi- 
quitates  nostras.  Hans  Liefriîick  excud. 

Celle  création  est  due  h  Raphaël  ;  Jérôme  Wierix  la  grava 
aussi,  mais  sur  un  ciel  sombre,  avec  la  ville  de  Jérusalem  au 
fond,  le  bloc  où  pose  le  Christ  (ait  d'une  pièce,  eî  le  groupe 
placé  en  sens  contraira-, 

18. 

Le  Christ  mort,  près  du  tombeau,  entouré  des  saintes  femmes. 

12.  3—9  avec  la  bordure  I  B  |  R  |  . 
il  —7,  2  sans  la  bordure. 

Au  devant  d'une  arcade  à  rustiques,  construite  en  un  rocher, 
est  déposé  le  Christ,  à  droite  sur  le  sol;  il  est  entouré  des 
saintes  femmes  qui  le  conlemplent  et  de  St  Jean  qui  soutient  la 
Vierge  affaissée  et  touchant  le  bras  gauche  de  son  fils.  Le  tout 
eniouré  d'un  cadre  fait  en  guise  d'embrasure,  ombré,  sans 
autre  ornement  qu'un  petit  rectangle  blanc  au  milieu  inférieur 
et  portant  la  signature,  Svavius.  in. 

Sur  la  pierre  du  sol,  à  droite,  est  tracée  en  caractères  faible- 
ment indiqués  par  de  petites  hachures  la  date  1554,  que  le 
M"^  Mariette  dit  par  erreur  être  1541. 

19. 

Même  sujet,  avec  cadre  historié  et  en  contre  épreuve. 

27,5—19,  2    j  CdesE  I  . 

C'est  la  scène  précitée,   am|)lifiée  aux  côtés  de  manière  à 


i 


-  iim  - 

mesurer  10,-  :.ur  9,5  et  encadrée  cette  t'ois  d'une  ordonnance 
dorique,  dans  le  genre  de  ces  ex-voto  funéraires  dont  il  est  tant 
d'exemples  de  cette  époque. 

Dans  le  tympan  est  Dieu  le  Père  étendant  les  bras,  accom- 
pagné de  deux  petits  anges  ;  deux  autres  sont  assis  au  sommet 
du  fronton  et  regardent  le  Christ.  Le  tout  est  couronné  par  deux 
cornes  d'abondance  symétriquement  posées  et  surmontées 
d'un  vase  (?)  dont  la  partie  supérieure  est  taillée  de  l'exemplaire 
que  nous  citons  et  le  seul  qui  nous  soit  connu.  Cet  ensemble  se 
détache  sur  un  fond  gris  orné  de  méandres  et  découpures  du 
genre  dit  cuir. 

Au  socle  de  l'édicule,  entre  le«  piédestaux,  est  un  cartouche 
portant  sur  deux  lignes  ces  mots  :  Notum  sit  vobis,  viri  fratres, 
quod  per  hune  vobis  remissio  peccatoru  annunciutur  per  hune 
omnis  qui  crédit  justificatur. 

Plus  bas,  un  second  cartouche  final  dit:  Hune  lesum  susci- 
tavit  Deus.  Enfin,  en  un  détail  de  la  découpure  inférieure  du 
fond,  sont  les  noms  et  date  H.  Cock  excudit  1567. Ce  travail  non 
signé  est  bien  en  rapport  avec  les  travaux  de  Suavius;  sa  date 
est,  comme  on  voit,  celle  de  sa  mort  indiquée  par  la  note 
d'Ulysse  Capitaine. 

20. 

Le  Christ  mis  au  tombeau. 

17,0—20.  5.  C.  E.  I  B.  I  UL.  |  R.  | 

En  une  grotte  taillée,  sept  personnages  entourent  ou  déposent 
le  Sauveur  dans  un  sarcophage  en  avant  duquel  est  un  vase.  La 
composition  a  du  mouvement,  du  naturel,  mais  plusieurs  des 
personnages  ont  trop  de  raideur  et  les  seules  mains  de  la  vierge 
sont  entièrement  visibles. 

Le  clair  obscur  est  assez  bien  établi  sur  plusieurs  points  de 
cette  œuvre. 


—  270  — 

A  l'angle  supérieur  de  droite  e>[  une  labletle  oblongue,  por- 
tant ce  texte  : 

An  ignoratis  fialres  quia  quicumqz  baptisati  sumus  in  Cliristo 
Jesu,  in  morte  ipsius  liaj)tisali  sumiis. 

A  l'angle  inférieur  de  gauche  est  un  reciangle  blanc,  conte- 
nant la  signature  :  L.  Siiavins,  inventor  1548. 

L'exemjdaire  de  l'Université  de  Liège,  très-bien  conservé, 
provient  de  la  collection  P.  Mariette  dont  il  porle  au  verso  le 
nom  avec  la  date  1770. 11  figura  sous  le  n"  1563  à  la  vente  Bor- 
luut  de  Noortdonck. 

Les  épreuves  de  Paris  et  de  Bruxelles  sont  aussi  très-brillantes, 
et  cette  plancbe  en  tel  élat  sefait  excellente  sans  la  raideur  de 
pose  de  la  figure  du  premier  plan.  Qu'il  soit  permis  de  dire  que 
notre  exemplaire  est  d'un  moelleux,  d'une  vigueur  très-remar- 
quables. 

21. 

St  Paul,  apôtre. 

47.3  —  12.  I  C  E  1  B  I  U  L  I  R  I 

En  un  intérieur  dont  la  partie  élevée  est  garnie  d'un  rideau, 
le  célèbre  converti,  sous  l'aspect  d'un  vieillard  robuste,  est 
assis  sur  un  vaste  socle  qui  précède  uue  niche  servant  de  fond 
au  personnage. 

La  tête  est  chevelue,  la  barbe  longue,  le  haut  du  corps  nu  et 
le  bas  enveloppé  d'une  ample  draperie. 

La  jambe  gauche,  ployée  sur  le  genou  de  la  droite,  sert  de 
pupitre  au  saint,  lequel  y  soutient  une  tablette  portant  un  feuil- 
let, où  il  écrit  avec  une  plume  d'oie,  de  la  main  gauche,  tout 
en  tenant  l'écritoire  dans  la  droite. 

Contre  le  dit  socle,  îi  gauche,  est  posée  une  épée  large  et  à 
droite  est  une  t;ibleite  poilanl  cts  mots  :  Qnamdiu  sum  gentium 
apostolus  ministcrium  meum  honorifîcabo. 

Au  bas  du  seuil,  à  droite,  est  la  signature  :  Suavius.  invtn.,  à 


-  271  ~ 

droite  de  la  pointe  de  l'épée,  sur  le  sol,  est  un  trait  que  l'on 
prendrait  pour  le  chifilYe  1,  lequel  peut  n'être  qu'un  effjt  du 
hasard. 

Celte  œuvre  dénote  la  maturité  du  talent,  le  burin  sut  y  allier 
le  moelleux  et  la  vigueur  à  un  haut  degré;  le  dessin  en  est  large, 
le  modelé  excellent,  les  draperies  élégantes,  parfniîement  dis- 
posées et  l'expression  très-énergique.  Seuls,  le  bras  et  la  main 
droite  laissent  à  désirer. 

Celte  pièce  est  très-intéressante  pour  la  délicatesse  de  ses 
tailles  simulant  l'aquatinle  et  Vasari  la  cite  avec  satis- 
faction. 

L'exemplaire  de  Paris  est  très-beau  :  qu'il  soit  permis  encore 
d'en  dire  autant  du  nôtre  comme  vigueur. 

22. 

St  Pierre  guérissant  le  boiteux. 

30.8  ~  42.S.  I  B.  I  UL. 
PREMIER  ÉTAT. 

Sous  un  élégant  portique  d'ordre  corinthien,  occupant  les 
deux  tiers  du  fond  à  droite,  et  dans  l'échappée  de  vue  s'ouvrant 
à  gauche,  se  trouve  répandue  une  foule  disposée  avec  talent, 
par  groupes  nombreux  et  animés. 

La  scène  se  passe  au  moment  de  la  sortie  du  temple,  incident 
bien  exprimé  par  la  suite  de  personnages  iravei'santle  portique 
du  second  plan  et  les  arches  du  troisième,  tandis  que  sur  le 
premier,  au  centre,  se  trouve  assis,  sur  le  sol,  un  vieillnrd 
presque  nu  dont  le  dit  apôtre  s'approche  en  lui  tendant  la  main 
ouverte,  vers  laquelle  se  dirige  la  main  crispée  du  perclus. 

Derrière  celui-ci,  près  d'un  chien  couché, sont  deux  vieillards 
appuyés  sur  une  balustrade  ;  auprès  de  St  Pierre  est  St  Jean  ; 


-  2T-J    - 

plusieurs  groupes  qui  les  enlourenl  sont  composés  en  général 
de  vieillards  coiffés  de  bonnets  coniques. 

L'ensemble  de  la  composition  présente  un  grand  caractère 
historique,  pourtant  la  moitié  de  droite  est  infiniment  supé- 
rieure à  celle  de  gauche.  En  la  |)remière,  le  boiteux  et  les  deux 
vieillards  qui  l'accompagnent  sont  excellents  de  pose,  d'inten- 
tion et  de  draperies  ;  silhouettes,  dessin  et  modelé  y  sont  réus- 
sis, de  même  que  l'effet  de  lumière  répandue  sur  le  cortège 
surmontant  ce  groupe,  laquelle  est  disposée  d'une  façon  origi- 
nale et  vraie. 

Les  têtes  sont  expressives  et  les  mains  bien  posées  pour  con- 
courir à  l'explication  du  sujet. 

Il  est  à  regretter  que  les  deux  apôtres  soient  les  moins  heu- 
reusement drapés;  une  partie  de  leur  torse  est  nu  et  ils  sou- 
tiennent leur  manteau  de  manière  à  laisser  croire  qu'ils  sont 
occupés  à  s'en  vêtir  ou  s'en  débarrasser. 

Le  clair  obscur  de  l'ensemble  est  bien  compris,  l'ombre  y 
prime  les  clairs  et  l'aspect  général  a  du  moelleux  ;  c'est  une 
œuvre  savante,  harmonieuse  et  certainement  le  chef-d'œuvre 
du  maître  dont  Liège  a  droit  de  s'honorer. 

La  composition  s'étale  sur  un  seuil  horizontal  occupant 
toute  la  largeur  de  la  planche  ;  à  partir  de  son  milieu,  vers  la 
droite  s'étendent  deux  tablettes  portant  douze  hexamètres  latins 
ayant  pour  sujet  l'éloge  de  la  charité. 

A  l'angle  supérieur  de  gauche,  dans  les  nuages  est  un  ange 
portant  cette  inscription  dédicatoire  : 

Sereniss.  Simul  ac  Potentiss.  Beyni  ffungarici  Viduœ  Reginœ 
Mariœ  ah  Ausiria  Divi  Caroli  Quint,  Max,  Cœsaris  Germaniœ 
Sorori  Cœteraruqz  Provinc.  Ducat.  Comit.  Insulari.  Brab.  Fland. 
Holan.  Cohœredi  Gnbeniatri.  Piœ  Castœ  Felici.  Dedicabat. 

A  l'angle  inférieur  de  droite  sur  une  petite  tablette  sont  ces 
mots  :  Iluius  prototipi  inven.  Suavius. 

L'épreuve  de  Bruxelles    est    d'une  vigueur    remarquable. 


Zani,  en  son  Encidopedia  1.  28,  p.  179,  décrit  longuement  cette 
pièce  qu'il  cite  comme  premier  état  et  plus  rare  que  le  second. 

Deuxième   état. 

G.  des  E.    I  B  I  UL  I  NH  i  R  I 

Il  diffère  du  précèdent  en  ce  que  l'inscription  de  la  tablette 
susdite  est  remplacée  par  cette  autre  :  Inventore  ac  cœlatore 
Suavio  1553. 

23. 

Saint-Pierre  en  prison. 

25,  o—  18,  2.  I  CE  ( 

Assis  à  gauche,  au  premier  plan,  sur  la  paille,  ses  chaînes 
fixées  derrière  lui  à  une  croix  grecque  incrustée  dans  la  mu- 
raille, il  regarde  à  droite  vers  deux  personnages  auxquels  il 
s'adresse  et  qui  semblent  l'écouler  avec  attendrissement  ;  au- 
près du  saint  est  un  vase.  Au  fond  une  porte  entr'ouverte  laisse 
voir  un  homme  regardant  le  groupe  ;  cet  intérieur  esi  éclairé 
par  deux  fenêtres  grillées,  l'une  carrée,  à  gauche;  l'autre,  cir- 
culaire, à  droite. 

Le  dessin  offre  certaine  raideur,  le  clair  obscur  est  très- 
vigoureux  et  le  burin  présente  bien  le  caractère  de  celui  de 
Suavius. 

24. 

Les  saints  Pierre  et  Paul    conduits  au  supplice. 

40  —  15.  2.  I  R  i 

Ils  occupent  le  milieu  d'un  groupe  allant  k  droite,  le  person- 
nage que  l'on  peut  croire  être  Saint  Paul  a  le  torse  nu ,  les 
mains  liées  derrière  le  dos  par  une  corde  que  tient  un  soldat 


—  274  — 

iiu-iêie  et  qui  de  la  main  gauche  frappe  les  patients.  Ceux-ci 
sont  dirigés  vers  deux  langées  de  soldats  dont  celui  du  premier 
plan  montre  du  doigt  le  groupe  principal.  Tous  paraissent 
sortir  d'un  ëditlce  dont  on  ne  voit ,  au  premier  plan,  qu'un 
piedfcsial  et  une  marche  sur  laquelle  sont  les  initiales  et  la  date 
L.  S.  1553. 

L'ensemble  bien  composé  et  dessiné  avec  soin  rappelle  les 
œuvres  italiennes  de  l'époque,  mais  le  clair  obscur,  titrs- 
vigoureux  manque  de  demi- teintes. 


Sujets  profanes  et  allégories. 
25. 

Hercule  et  Déjatiire. 

Médaillon  .3,  5  avec  bordure,  2,  6  sans.  |  B  | 

Les  deux  têtes  de  ces  personnages,  posées  ainsi  qu'en  une 
médaille,  de  protll.  regardent  h  droite  ;  au  premier  plan  est 
l'homme,  barbu,  d'âge  niûi-  ;  au  second  est  la  iVmme,  d'expres- 
sion gracieuse. 

La  bordure  les  dé.-igne  par  k-s  noms  :  Hercules  Dejaniri. 

Au  centre  inférieur  sont  les  monogramme  et  date  :  15  SWL 
54.  Mais  ajoutez  une  barre  dans  l'angle  médian  du  W  pour 
former  l'A  du  nom  de  Suavius,  ainsi  qu'elle  existe  sur  la  gra- 
vure. Ce  dit  sujet  est  l'un  des  deux  médaillons  placés  horizon- 
talement sur  une  même  plaiiche  ;  le  second,  à  droite,  repré- 
sente, en  buste  aussi,  Mekhior  S<  hels  ei  sa  femme,  voir  n"  78. 
Cet  exemplaire  est  h  grande  marge,  détail  très-rare  pour  les 
planches  de  Suavius,  rognées  pour  la  plupart. 


—  275  -► 
26. 

Junon  et  Psyché. 

'25,S  —  17,2.  I  II.  L.  I  R  I 

Celte  composition  prise  d'entre  celles  que  Raphaël  peignit  à 
la  Farnésine  à  Rome,  montre  la  déesse  coilTée  d'un  diadème  et 
assise  sur  des  nuages. 

Elle  étend  les  bras  en  signe  d'étonnement  à  la  vue  du  vase  de 
Proserpine,  que  Psyché  agenouillée  lui  présente. 

Une  tablette  placée  dans  les  nuages  ,  servant  de  siège  au 
groupe,  porte  ces  abréviations  des  noms  d'auteurs  :  Rapha. 
inven.  et  plus  bas  L.  g. 

L'ensembie  a  de  la  grandeur,  mais  l'anatomie  du  torse  de 
Junon  est  trop  accusée. 

L'exemplaire  de  l'université  de  Liège  est  irès-vigoureux. 

27. 
Vulcain. 

19.7  —  11  I  U.  L.  I 

Encadré  par  une  niche,  coiffé  d'un  bonnet  phrygien,  ce  Dieu, 
de  stature  vigoureuse  et  bien  prise  est  en  l'acte  de  frapper 
d'un  marteau,  qu'il  lient  élevé  des  deux  mains ,  en  regardant 
vers  la  droite  où  il  semble  diriger  son  effort. 

A  ses  pieds  sont  posées  une  enclume  renversée,  une  pince  et 
un  marteau. 

Le  clair  obscur  est  indiqué  par  masses  bien  disposées,  d'en» 
semble  très- heureux.  Cette  pièce  n'est  pas  signée  mais  le  burin 
de  Suavius  y  apparaît.  Cet  exemplaire  porte  au  bas,  mais  écrits, 
les  mots  suivants  que  la  planche  porta  peut-être  :  Aurea  :  mi 
conjunx  Venus  est  Saturnia  matri. 


—  i76  — 

Sur  la  gravure  deux  petits  détails,  posés  près  du  pied  qui 
est  II  droite,  resseir.blenl  assez  le  premier,  près  du  talon,  à  un 
5  et  le  second  sous  l'orteil  au  chiffre  12  ;  il  n'y  a  peut-être  là 
qu'un  effet  du  hasard. 


Les  Grâces. 
aO  —  2S.8  I  c.  E.  I 

Debout,  le  haut  du  corps  et  les  bras  nus,  posées  sur  une 
même  ligne  au  premier  plan,  elles  se  détachent  sur  un  fond 
tait  d'un  mur  que  surmonte  un  ciel. 

La  figure  de  gauche,  tournée  du  même  côté,  pose  le  pied 
droit  sur  une  urne  renversée  d'où  s'échappe  un  flot;  elle  tient 
en  ses  mains  une  colombe.  La  femme  du  milieu,  vue  de  dos, 
tourne  la  tête  à  droite,  de  profil  ;  elle  a  aussi  le  pied  droit  sur 
une  urne  semblable  à  la  première  et  tient  en  la  main  gauche 
une  touffe  faite  de  deux  épis  et  de  graminées.  La  main  droite 
tend  vers  des  fruits  que  porte  en  sa  tunique  la  figure  placée  h 
droite.  Celle-ci  a  près  d'elle  un  panier  en  osier,  en  forme  de 
vase,  aux  oreilles  duquel  pendent  deux  glands  ;  enfin  toutes 
trois  sont  couronnées  des  feuilles  d'olivier  consacrées  aux 
grâces. 

Cette  gravure  d'une  grande  vigueur  de  clair  obscur  et  d'un 
modelé  gracieux,  présente  tous  les  caractères  des  œuvres  de 
Suavius  en  leur  complément,  surtout  en  la  figure  centrale. 

Ces  figures  ont  vingt  centimètres  de  hauteur  et  sont  l'une 
des  pièces  les  plus  importantes  sorties  du  burin  dont  il  est 
question. 

29. 

La  Sy bille  Libique. 

47.5  —  8.2  I  C.  E.  I 

Debout,  devant  une  niche,  tournée  vers  la  gauche,  de  profil; 


—  m  — 

l'ensemble  en  est  agréable  ;  au  bas  est  le  titre  S.  LIBIGA  et  au 
dessous  du  chambranle  de  droite  est  un  petit  carré  contenant 
les  initiales  L.  S. 

30. 

La  Sybille  Persique. 

-17. s  —  8.2    I  C.   E.  I 

Allant  à  gauche,  elle  lient  de  la  main  droite  une  tablette  et  de 
l'autre  main  montre  à  gauche.  Au  bas  est  un  petit  carré  pareil 
à  celui  de  la  planche  précédente,  mais  vide  ;  au  milieu  inférieur 
on  Ut  :  S.  PERSICA. 

Statues  de  femme,  style  antique. 

Mariette  en  connut  dix,  qu'il  nomme  Sybilles,  plusieurs  au- 
teurs, entr'autres  Passavent,  en  citent  douze,  mais  ne  nomment 
que  les  deux  susdites,  les  seules  titrées  que  nous  soyons  par- 
venu à  rencontrer.  Il  est  donc  probable  que  les  dix  autres 
furent  prises  parmi  les  dix- huit  figures  suivantes ,  représentant 
des  statues  de  femme,  drapées  à  l'antique,  dans  le  goût  de  celles 
qui  précèdent  et  de  dimension  analogue. 

Un  catalogue  les  cite  comme  suit  :  «  Ces  douze  sybilles  ont 
leurs  attributs,  la  première  est  marquée  La7nbertus  Lombardus 
inv.,  puis  L  S,  petit  in-4°.  «  L'on  verra  qu'il  s'agit  là,  sans  nul 
doute,  du  n°  44,  ci-après. 

Passavent  parlant  de  celte  pièce  dit  que  l'exemplaire  in-S" 
qu'il  en  a  vu  «  ne  porte  pas  cette  indication  et  paraît  être  une 
épreuve  d'artiste.  » 

Chacune  de  ces  figures  est  debout  devant  une  niche  semi- 
circulaire,  plantée  à  cru,  toutes  de  proportion  svelte,  en  des 
poses  animées,  nu-lête,  coiffées  avec  goût  et  drapées  élégam- 
ment. Elles  sont  composées  dans  le  genre  antique,  mais  avec 


—  â78  — 

raturé  des  coilTuros  ,  l'nfTéterie  de  draperies  particulières  aux 
statues  de  la  renaissance;  ici  pourtant  ce  cachet  existe  sans 
exagération. 

Le  dessin  en  est  gracieux,  le  nu  exactement  indiqué  par 
masses,  le  clair  obscur  très-vigoureux  et  bien  répandu.  Le 
cabinet  des  estampes  à  Paris  en  possède  bon  nombre,  comme 
on  va  voir.  Ces  planches  ont  pu  être  négligées  par  les  collec- 
tionneurs faute  de  signature,  et  les  artistes  ont  dû  les  recher- 
cher comme  variété  de  motifs.  Deux  seules  d'entre  celles  qui 
vont  suivre  porieiU  preuve  d'auteur.  Nous  leur  donnons  titre 
d'après  accessoire  ou  particularité  de  pose  et  les  classons  selon 
leur  proportion  qui  diffère  de  peu. 

31. 

Figure  indiquant  à  gauche. 

Première  grandeur,  18.5  —  8  |  G.  E.  | 

De  profil,  regardant  à  gauche,  de  la  main  droite  elle  montre 
le  sol  et  de  la  gauche  soutient  sa  draperie.  Le  socle  où  la  ligure 
pose  est  teinté,  en  son  milieu  est  un  rectangle  blanc. 

32. 


Figure  au  livre  et  chiffre  3. 

Première  grandeur  18,5  —  8,2  |  G.  E.  | 


i 


Le  corps  de  face,  la  tête  de  profil  ;  tournée  à  gauche  ;  le  bras 
gauche  est  pli'  en  la  draperie  et  la  main  droite  tient  un  livre. 

Le  sol  se  prolonge  au-delà  de  la  niche  dont  l'angle  inférieur 
de  droite  porte  le  chiffre  3.  Les  écoinçons  du  haut  portent  un 
rectangle  blanc  dont  l'angle  intérieur  est  coupé  selon  l'arc  de 
la  niche,  de  même  qu'en  la  planche  suivante. 


—  279  — 
33. 

Figure  au  chiffre  5. 
Première  grandeur  18  —  8,6  |  C.  E.  | 

De  profil,  tournée  à  gauche  ;  elle  retient  de  la  main  droite 
son  manteau  sur  la  poitrine  et  le  soutient  aussi  de  la  main 
gauche  qui  est  baissée. 

L'ensemble  est  très-distingué  comme  sentiment  et  style.  Au 
bas  à  droite  est  le  chiffre  5  ;  le  cartouche  des  écoinçons  est  un 
croissant  blanc,  cornes  en  haut ,  surmonté  au  milieu  inférieur 
d'un  demi-cercle  y  faisant  corps. 

Les  quatre  statues  qui  précèdent  et  les  dix  suivantes  sont  en 
des  niches  dont  la  face  est  uniformément  teintée  sans  nulle 
ornementation. 

34. 

Figure  au  poing  sur  la  hanche. 

Deuxième  grandeur  47.5  —  8.5   |  C.  E.  |  R.  | 

Allant  à  droite,  tournant  la  tête  à  gauche,  elle  appuyé  la  main 
droite  sur  la  hanche  et  de  la  gauche  tient  le  bord  inférieur  du 
manteau. 

La  stature  est  bien  prise,  l'ensemble  distingué  ;  le  socle  sur 
lequel  la  figure  pose  est  blanc,  limité  par  la  seule  trace  du 
cuivre,  mais  le  pied  y  porte  ombre. 

35. 

Figure  au  manteau  retenu  siir   la  poitrine. 

Deuxième  grandeur  17, S  —  8,2    |  C.  E.  | 

A  peu  près  de  face,  laissant  tomber  le  bras  droit  et  de  la  main 
gauche  retenant  le  manteau  sur  la  poitrine. 


—  280  — 

36. 
Figure  à  la  draperie  nouée  sur  le  dos. 

Deuxième  grandeur    47,5  —  8,3    |  C.  E.  |  U.  L.  |  R.  | 

Vue  de  dos,  la  lête  inclinée  à  gauche,  elle  retient  son  man- 
teau de  la  main  gauche  ;  sa  coiffure  se  distingue  aussi  par  un 
rul)an  passant  sur  la  chevelure  et  noué  à  droite.  Draperies  soi- 
gnées, dessin  gracieux. 

37 

La  liseuse. 

Deuxième  grandeur  17,^5  —  8,4    |  G.  E.  |  U.  L.  | 

De  face,  drapée  et  posée  avec  grâce,  la  lête  inclinée  à  gauche, 
elle  regarde  un  livre  qu'elle  tient  des  deux  mains.  Le  sein  et 
le  haut  du  bras  gauches  sont  découverts  ;  dessin  correct.  Sous 
l'angle  inférieur  de  droite  est  le  monogramme  L.  S. 

38. 

Figure  indiquant  à  droite. 
Deuxième  grandeur  17, ;i  —  8,4  j  C.  E.  | 

De  face,  montrant  de  l'indicateur  droit  le  sol  ;  pose  et  drape- 
ries très-belles  ,  clair  obscur  excellent. 

39. 
Figure  vue  de  dos,  au  monogramme  L.  S. 

Deuxième  grandeur  17,3  —  8,4   |  C.  E.  | 

De  dos,  regardant  à  droite,  d'ensemble  très-distingué;  au 
bas,  sous  l'angle  de  droite,  sont  les  initiales  L.  S. 


—  -281  — 

40. 

Figure  soulevant  son  voile. 

Deuxième  grandeur  17,3  —  8,4  |  CE.  |  R.  | 

De  face,  regardant  à  droite,  tête  en  profil;  la  main  gauche 
soulève  le  voile  et  le  bras  droit  tombant  est  couvert  par  la 
draperie.  Une  torsade  de  cheveux  descendant  sur  l'épaule  dis- 
tingue la  coiffure. 

41. 

Figure  montrant  son   manteau. 
Deuxième  grandeur  17,3  —  8,4   |  C.  E.  |  R.  | 

Allant  à  droite,  de  protil,  soulevant  son  manteau  de  la  main 
droite  et  le  montrant  de  la  gauche. 

42. 

Figure  à  la  tablette. 

Deuxième  grandeur  17,3  —  8,4    t  C.  E.  I  R.  | 

Femme  âgée,  allant  à  gauche  en  soutenant  contre  elle,  de  la 
main  droite,  une  tablette. 

43. 

Figure  vue  de  dos  au  tronc  d'arbre  et  fond  blanc. 

Deuxième  grandeur  17  —  9  —  8,4  |  C.  E.  1 

Sur  fond  blanc,  près  d'un  tronc  d'arbre  s'élevant  à  droite, 
elle  va  à  gauche,  la  tête  tournée  à  droite  et  montre  le  sol  de 
l'indicateur  de  gauche. 

Faible  de  composition  et  de  gravure. 


28-2  — 


Figure  à  la  niche  coupée. 

Troisième  grandeur  15,7  —  8,  5  |  C.  E.  | 

En  une  niche  dont  l'arc  supérieur  est  omis,  laquelle  est  ornée 
d'une  astragale  continuée  aux  monta'its  du  chambranle,  une 
femme  jeune  est  debout,  vue  de  face  et  tète  de  profil,  regardant 
à  droite.  Des  deux  mains,  elle  lient  une  draperie  passant  sur  la 
tète. 

Cette  figure  ost  charmante,  du  meilleur  stylo  et  le  burin  y 
rivalise  avec  la  grâce  de  la  pensée.  Cette  œuvre  présente  un 
double  intérêt  artistique  sa  lettre  citant  :  Lambertus  Lombardm 
inven.,  mots  en  italiques  accompagnés  du  monogramme  L.  S. 

Cette  œuvre  et  la  charité  n"  58  sont  les  seules  que  Suavius 
désigne  co  nme  étant  collectives  avec  son  beau-frère  et  toutes 
deux  honorent  leurs  auteurs. 

Quatrième  grandeur. 

De  même  disposition  que  les  sujets  qui  précèdent,  les  quatre 
figures  ci-après  posent  sur  un  sol  non  limité  au  bas  par  un  trait 
mais  continuant  le  blanc  du  papier.  Le  haut  de  la  niche  a  deux 
cartouches  blancs,  plats  et  variés  h  chaque  planche. 

45. 

Statue   à    la    lampe    sépulchrale. 
Quatrième  grandeur  12,3  —  7,8  |  C.  E.  ( 

De  profil,  regardant  à  gauche,  elle  tient  de  la  main  droite  une 
sorte  de  lampe  sépulchrale  ouverte  du  haut  et  terminée  à  droite 
par  une  tête  d'oiseau. 

Les  cartouches  ont  la  forme  d'un  écusson  allongé  horizontale- 
ment, de  même  que  pour  les  deux  planches  suivantes. 


—  283  — 
46. 

Statue  à  la  couronne  murale. 
Quatrième  grandeur  12,3  —  7,8  |  C.  E.  | 

De  même  pose  que  la  précédente,  elle  est  coiffée  d'une  cou- 
ronne murale  dont  les  crénaux  sont  disposés  en  encorbelle- 
ment. 

47. 

Staiuc  à  la  fivirlati'^e. 
Quatrième  grandeur  12,3  —  7,8  |  C.  E.  | 

Posée  comme  les  deux  précédentes,  elle  élève  une  guirlande 
terminée  par  des  rubans. 


Statue  à  la  lyre. 
Quatrième  grandeur  12,3  —  7,8  |  C.  E.  | 

En  pareille  attitude  aussi,  elle  tient  une  lyre  à  trois  cordes, 
les  cartouches  offrent  un  triangle  curviligne. 

Toutes  ces  figures  bien  composées,  de  bon  effet,  quoi- 
qu'avec  un  peu  de  raideur,  sont  en  rapport  avec  les  travaux 
de  Suavius. 

49. 

Statue  d'adolescent,  d'aprèa  l'antique. 
28  —  11,5  I  c.  E.  I 

De  face,  la  télé  légèrement  tournée  à  gauche,  ayant  les  bras 
mutilés,  cette  belle  ligure  du  meilleur  style  porte  tunique  et 


—  284  — 

manteau  s'arrêtant  au-dessus  des  genoux  ;  ses  brodequins  sont 
ornés  de  têtes  de  lion.  Elle  est  debout  sur  un  tertre  d'où  s'élève 
un  tronc  d'arbre  conire  lequel  est  un  bouclier,  placé  derrière  le 
pied  gauche  du  personnage.  Le  tout  parfaitement  dessiné  se 
détache  en  clair  sur  un  fond  uniforme,  assez  teinté.  Le  burin  y 
est  bien  celui  du  graveur  dont  il  s'agit. 

L'exemplaire  que  nous  citons  est  rogné  de  côtés  et  du 
haut  ;  nulle  lettre  n'existe  sur  cette  œuvre  d'ensemble  très- 
agréable. 

50. 

L^ homme  à  la  hampe. 

19,"2  —  8,3  I  G.  E.  I  U.  L.  CoUec.  l".  G.  i 

Dans  le  genre  des  figures  de  la  suite  des  Apôtres,  ce  person- 
nage, entouré  de  détails  architectures,  est  debout,  appujé  contre 
la  base  d'une  colonne  ;  tourné  vers  la  gauche.  La  tête  est  de 
face,  il  lève  vers  le  ciel  les  yeux,  sans  prunelles,  et  tient  de  ses 
mains  élevées  une  hampe,  tronquée  ainsi  que  les  doigts  par  le 
champ  de  la  gravure. 

L'ensemble  est  bizarre,  la  pose  raide,  la  draperie  sans  grâce 
et  le  clair  obscur  assez  satisfaisant. 

L'épreuve  de  l'Université  de  Liège  est  à  toute  marge,  ne  porle 
nulle  lettre,  mais  est  certainement  du  dit  graveur,  vu  son  rap- 
port avec  le  Christ  au  tombeau  de  1548,  n"  20. 

Au  verso  sont  tracés,  au  crayon,  ces  noms  et  date  :  P.  Ma- 
riette, 1667. 

Cet  exemplaire  et  celui  de  Paris  sont  très-vigoureux  de  clair 
obscur. 

51. 

Slahtes  de  Heine  et  Hoi  mitiques,  j»  isuniiieis. 

"25,0  —  16,8  I  G.  E.  I 

Sur  un  socle,  orne  au  centre  d'un  cartouche  blanc,   sont 


-  285  - 

debout  deux  personnages  dans  l'altiiude  et  le  costume  que  les 
sculpteurs  romains  antiques  donnèrent  aux  chefs  du  nord 
vaincus.  Ici  ils  sont  debout,  vus  de  face,  l'homme  est  à  gauche, 
a  les  bras  tombant  et  les  mains  rapprochées.  Il  porte  la  barbe 
petite,  deux  longues  mèches  de  cheveux,  tordues,  descendent 
sur  la  poitrine,  un  bandeau  lui  ceint  le  front  ;  des  braies,  une 
tunique  et  un  manteau  composent  le  costume. 

Sa  compagne,  à  droite,  a  pour  particularité  de  coiffure,  deux 
tresses  faisant  symétrie  avec  les  boucles  du  premier  et  les  mains 
sont  couvertes  par  les  draperies. 

Les  regards  des  deux  figures  se  portent  vers  la  gauche;  la 
disposition  générale  est  élégante,  le  clair  obscur  réussi  et  le 
travail  présente  bien  le  velouté  du  faire  de  Suavius. 

52. 
Même   sujet . 

25  —  a  —  46,8.    1  G.  E.  | 

De  même  disposition  que  dans  le  groupe  qui  précède,  mais 
drapés  différemment;  l'homme  se  tient  aussi  les  mains,  est 
coiffé  cette  fois  d'un  bonnet  phrygien  et  porte  chevelui-e  courte. 
La  femme  a  le  front  ceint  d'un  ruban,  les  bras  tombants  et  les 
mains  cachées  par  la  draperie. 

La  base  portant  ces  figures  a  une  corniche,  détail  qui  n'existe 
pas  h  la  planche  précédente  ;  le  burin  de  celle-ci  est  rude,  en 
dehors  de  la  manière  de  Suavius,  qui  pourtant  y  est  rappelé  par 
les  tailles  du  fond  et  de  la  base. 

Les  deux  exemplaires  précités  ont  été  taillés  par  le  milieu, 
mais  leur  rapprochement  permet  de  constater  que  nulle  abla- 
tion n'y  fut  produite. 

53. 
Statues  d'une  jeune  fille  et  sa  suivante,  style  antique. 

28,2  —  16. s.    1  N.  H.  I 

Dans  le  genre  des  deux  groupes  précédents  sont  deux  figures 


—  286  - 

debout  sur  un  socle,  lequel  est  orné  sur  sa  tace  d'un  cartouche 
horizontal,  blanc. 

Au-dessus,  ii  gauche,  est  une  jeune  femme  de  haute  stature, 
bien  proportionnée,  coiffée  de  tresses  entourant  la  tête,  retom- 
bant l'une  à  droite  sur  la  poitrine  et  l'autre  en  arrière.  Elle 
porte  souliers,  tunique  ceinte  d'un  cordon  et  manteau  frangé, 
qu'elle  retient  de  la  main  droite  et  du  bras  droit  plié  contre  la 
hanche  gauche. 

La  seconde  figure  est  à  droite,  âgée,  en  une  pose  plus  humble, 
a  les  bras  allongés  et  les  mains  se  tiennent.  Le  costume  est 
composé  :  de  souliers,  de  braies  larges  nouées  à  la  cheville, 
d'une  tunique  descendant  jusqu'au  milieu  du  tibia  et  d'un  ample 
manteau  passant  sur  la  tête. 

L'imberbe  de  cette  statue,  la  forme  de  la  partie  visible  de  la 
poitrine  et  aussi  la  place  qu'elle  occupe,  c'est-à-dire  donnant  la 
droite,  permettent,  malgré  les  pantalons,  d'y  voir  une  femme 
de  condition  modeste,  s'effaçant  à  côté  de  la  prestance  aisée  de 
sa  compagne. 

Le  dessin  en  est  correct,  les  draperies  étudiées  avec  beau- 
coup de  soin  et  disposées  avec  goût.  Le  clair  obscur  est  très- 
moelleux  et  le  tout  se  détache  sur  une  teinte  foncée,  mais  irré- 
gulière dans  le  distancé  des  hachures.  Nulle  lettre  n'orne  cet 
exemplaire,  lequel  est  peut-être  un  peu  rogné,  aucune  trace  de 
marge  ne  s'y  rencontre. 

La  disposition  identique  de  ce  sujet  avec  les  précédents 
permet  d'y  voir  une  sorte  de  pendant  représentant  aussi  des 
prisonnières  antiques. 


Allégories. 

Les   vertus  tliéoloyales. 

7,8  —  6,5. 

Chacune  de  ces  personnifications  est  représentée  par  une 
femme  assise  eu  une  niche,  cintrée  et  architeclurée.  Quelque 


—  287  — 

petite  qu'en  soit  la  dimension  ,  toutes  ont  cet  aspect  de  gran- 
deur que  Michel-Ange  imprimait  à  ses  œuvres,  caractère  que 
Lombard  sut  s'assimiler  souvent. 

Ici  les  proportions  sont  belles,  les  têtes  agréables  et  les 
draperies  bien  agencées. 

54. 

La  Foi. 
8  —  6,5  I  R.  I 

Élégamment  posée,  coiffée  d'une  calotte  ecclésiastique  et 
couverte  d'une  ample  draperie  sauf  une  partie  de  la  poitrine  et 
le  bras  gauche  ;  elle  montre  et  regarde  un  Christ  qu'elle  tient 
sur  le  bras  droit.  L'ensemble  d'aspect  agréable  et  vigoureux  de 
clair  obscur  atteste  un  talent  aux  aspirations  grandioses  et 
distinguées.  Nulle  lettre  n'orne  cette  série,  mais  leur  travail 
s'accorde  avec  la  citation  des  vendeurs  à  leur  sujet,  nous  les 
tenons  de  la  vente  Boerner  à  Leipzig,  1872,  n°  2179  du  catalogue. 

55. 

L'Espérance. 

8  —  6,5.  I  R.  I 

Nous  nommons  ainsi  une  tîgure  de  disposition  générale  iden- 
tique à  la  précédente,  mais  sans  emblème  caractéristique. 
Néanmoins  tout  en  elle  la  ferait  prendre  pour  la  personnifica- 
tion de  l'attente. 

C'est  une  femme  robuste,  vue  de  face,  coiffée  et  drapée  avec 
goût,  les  mains  croisées  sur  son  géron.  La  tête  légèrement 
inclinée  vers  la  droite,  elle  fixe  avec  force  un  point  de  l'espace 
et  semble  près  de  se  mouvoir. 

56. 

La   Cfiarilé. 

8  —  6,5.  I  R.  I 

Assise  et  amplement  drapée,  elle  tient  deux  «nfants  debout 


-288 


sur  bcs  genoux;  ce  groupe  remplit  presqu'cntièrement  l'arcade 
qui  l'entoure. 

La  partie  supérieure  est  bien  disposée,  l'inlerieure  trop 
massive  en  ses  draperies. 

57. 

La  Charité,  d'après  Lombard. 

J3,6  —  18,;^  I  G.  E.  I  B.  I 

Ici  le  sujet  est  pris  dans  sou  acception  la  plus  gracieuse, étant 
représenté  par  une  jeune  femme  souriante,  accompagnée  d'en- 
fants folâtrant;  le  tout  sous  l'image  de  l'affection  naïve.  La  per- 
sonnification de  l'heureuse  vertu  est  assise  en  une  niche  que 
précèdent  deux  piédestaux  de  colonnes  cannelées.  Elle  tient 
sur  ses  genoux  deux  des  petits  dont  l'un  l'embrasse  sur  la  joue 
tandis  que  l'autre,  posé  à  gauche,  tend  les  bras  et  saisit  une 
grappe  de  raisins  d'un  plateau  que  lui  présente  l'un  des  enfants. 
Celui-ci  est  debout  sur  les  deux  degrés  du  siège  de  leur  protec- 
trice, entourée  de  huit  de  ces  jeunes  espiègles,  tous  en  des 
poses  pittoresques  et  variées. 

L'ensemble  rappelle  les  compositions  de  Raphaël,  le  dessin 
en  est  soigné,  le  clair  obscur  appliqué  avec  talent,  le  burin  flou, 
harmonieux. 

A  l'angle  inférieur  de  gauche,  sur  le  seuil,  sont,  comme  pour 
la  planche  n"  44,  les  noms  Lambert  Lom.  inve,,  en  italiques  et 
au-dessous  les  initiales  L.  S. 

Comme  renseignement,  nous  en  citerons  une  copie  contre 
épreuve,  mesurant 

-2-6  —  48,8  I  C.  E.  I 

Elle  est  d'un  burin  moins  expérimenté,  et  manque  du  moel- 
leux qui  distingue  la  première.  A  la  corniche  du  piédestal  de 


—  289  — 

gauche  est  celte  indication  ^  14,  que  nous  croyons  signifier 
aetatis  14,  signalant  quelque  talent  précoce;  sur  le  seuil,  à 
droite,  est  la  date  1563. 

Les  Vertus  cardinales. 

La  seule  que  nous  connaissons  est  semblable,  pour  la  dispo- 
sition générale,  aux  trois  allégories  précédentes,  Nagier  et 
Passavant  les  citent  toutes  quatre,  le  second  les  dit  signées. 

Le  catalogue  Wouters  en  cite  in-8°,  mais  sans  preuve  d'au- 
thenticité, car  il  ajoute:»  peut-être  de  Suavius,  dans  la  manière 
de  Marc  Antoine.  » 

Ce  caractère  est  présenté  par  les  trois  vertus  théologales  pré- 
citées et  par  la  vertu  cardinale  que  voici. 

58. 

La  Force. 

7,8  —  6,5  I  B.  I 

De  profil,  tournée  à  droite,  elle  soutient  sur  son  genou  gauche 
un  tronçon  de  colonne;  la  draperie  est  bien  disposée  et  le  clair 
obscur  de  bon  effet. 


Concernant  ces  allégories  des  vertus,  il  est  facile  de  com- 
prendre la  confusion  qui  a  pu  exister  entre  celles  de  Suavius 
avec  les  mêmes  sujets  composés  par  Lombard,  gravés  par 
Hans  Golhiort  et  qui  mesurent  10''  sur  6%8  pour  les  Théologales, 
12,3  —  7,8  pour  les  Cardinales.  Toutes  sont  d'un  burin  se  rap- 
prochant de  celui  de  Suavius,  nulle  ne  porte  de  marque.  Celles 
de  ce  second  format  sont  accompagnées  d'un  pendant  intilHlé 
Coynitio,  ou  connaissance  de  soi-même,  signé  des  deux  dits 
artistes  et  de  l'imprimeur  Cock,  avec  la  daie  1557. 


—  290  — 
59. 

L'abondance. 

H  —  n,  y  compris  l'inscription  l'entourant  |  R.  ( 

Au  devant  d'une  niche,  dont  la  coquille  est  à  rustiques,  elle 
est  debout,  tournée  à  droite,  drapée  à  l'antique,  portant  dia- 
dème et  tenant  une  corne  d'abondance  dont  elle  verse  le 
contenu,  composé  de  médailles  ou  monnaies  à  toutes  effigies. 

La  pose  est  gracieuse,  mais  la  proportion  trop  svelte. 

Ce  sujet  est  encadré  de  trois  côtés  à  15  millimètres  du  bord 
par  des  mots  en  grandes  lettres  romaines,  espacés  comme  suit  : 
à  gauche  Hubertas,en  haut  Aureti,  à  droitp  Saeculi,  foimant  jeu 
de  mots  sur  les  noms  de  Hubert  Goltzius,  dont  cette  planche  est 
la  marque  ('  ). 

Quoiqu'elle  ne  soit  pas  signée,  sa  similitude  avec  les  Sybilles 
de  Suavius  nous  la  lui  fait  attribuer.  Notre  exemplaire  prove- 
nant de  la  collection  T.  Camberlyn,  dont  elle  porte  le  cachet, 
tient  au  verso  ces  mots  au  crayon  :  Suavius  fecit,  surmontés 
d'un  H.  Hamal  ï 

Cette  pièce  figure  au  catalogue  de  la  dite  vente  sous  le  nom 
de  notre  graveur,  au  n"  3528. 

Cependant  l'iconophile  allemand  Harzen  dit  que  «  cette  marque 
doit  avoir  été  gravée  par  Goltzius  d'après  un  dessin  de  Lambert 
Lombard.  »  Nous  n'y  voyons  pas  le  caractère  du  dessin  de  ce 
peintre,  mais  bien  l'excès  de  sveltesse  qui  distingue  la  plupart 
des  figures  tracées  par  Suavius.  Ses  statues  de  femme  peuvent 
servir  de  comparaison  pour  le  présent  objet,  indépendamment 
de  son  rapport  comme  burin. 

Et  si  l'opinion  de  l'auteur  précité  prévaut  quant  à  l'invention, 
cette  œuvre  peut  donc  être  un  don  collectif  des  deux  artistes 

{*)  Voir  la  biographie  de  C.oltziits  par  M.  J.  Weale  dans  le  Beffroi,  Bruges, 
i868. 


291 


liégeois,  et  bien  explicable,  l'un  ayant  été  on  le  sait  le  maître 
de  Goltzius,  comme  peintre,  et  l'autre  comme  graveur,  selon 
toute  probabilité. 

60. 

Un  Prince  uveiiyk'  eittourc  de.  ses  conseillen. 

25,5—  20.  I  C.  E.  !  R.  I 

En  un  intérieur  architecture,  dont  le  haut  est  orné  d'une  dra- 
perie, est  assis  au  milieu  un  vieillard  drapé  k  l'antique,  coiffé 
d'un  bonnet  genre  phrygien.  Il  est  vu  de  face,  baisse  les  yeux  et 
des  deux  mains  jointes  tient  le  sommet  d'un  bâton  dont  la  base 
pose  sur  le  giron  du  personnage.  Celui-ci  et  son  siège  élevé  de 
deux  marches  occupent  une  grande  partie  de  l'espace,  ii  l'en- 
tour  de  ce  groupe  sont  rangés  douze  vieillards  debout,  drapés, 
quelques-uns  portant  même  bonnet  que  leur  chef.  Tous  ont  les 
mains  coupées  et  tendent  leurs  moignons  vers  le  Prince.  Le 
sujet  n'est  terminé  au  bas  par  aucune  ligne,  la  trace  du  cuivre 
y  est  rejointe  par  l'ombre  d'une  tablette  placée  à  gauche,  portant 
ce  texe  de  langage  ludesque  suranné  : 

Dese  figure  soo  Andréas  Alciatus  Verhaelt,  Beteeckent  een 
oprecht  Prince  met  bynen  raet.  Die  naer  giseen  ein  gauen  int  oor- 
deelen  niet  en  taelt,  Nock  en  aensi  et  eenige  persoonen  tôt  syîider 
baet. 

Sur  le  sol  on  lit  : 

Siet  toe  wat  ghy  doet,  want  gliy  en  hout  dat  gerecht  des 
menschen  niet,  maer  den  Heere,  ende  hy  is  met  vint  gerechte, 
Paralipo  :  19. 

Enfin,  sur  un  espace  réservé  à  droite  est  cette  troisième 
inscription  : 

Jesaias.  V.  —  Weev  du  den  hoosen  rechtueerdicht  om  gauen, 
endde  ontneempt  het  recht  den  gerechtigen. 

La  seconde  est  donc  le  verset  7  du  chapitre  indiqué,  disant  : 


—  ^912  - 

«  Prenez  bien  garde  ù  tout  ce  que  vous  ferez,  car  ce  n'est,  pas  la 
justice  des  hommes  que  vous  exercez,  c'est  celle  du  Seigneur  et 
tout  ce  que  vous  aurez  jugé  retombera  sur  vous.  » 

La  scène  étrange  dont  il  s'agit  est  d'un  bel  ensemble,  formée 
de  groupes  assez  bien  disposés  et  composés  de  figures  dont 
certaines  ont  trop  de  raideur.  Le  clair  obscur  est  vivace,  les 
ombres  y  dominent  de  beaucoup,  les  tailles  sont  fines,  serrées, 
rappelant  Suavius.  Cependant  certains  détails  et  la  calligraphie 
ne  nous  ont  pas  entièrement  convaincu  que  ce  maître  en  fut 
l'auteur.  Néamoins  nous  la  plaçons  ici  h  cause  de  l'avis  de 
Pierre  Jean  Mariette  qui,  parlant  de  celte  œuvre,  dit  que 
malgré  l'absence  de  nom  ou  marque  «  on  la  croit  incontesta- 
blement de  L.  Suavius.  »  Il  l'a  décrit  comme  suit  : 

«  Un  prince  équitable  et  judicieux  fermant  les  yeux  à  tout  ce 
qui  pourrait  le  distraire  de  rendre  justice  et  écoutant  les  avis 
de  ses  conseillers  qui  n'ont  point  de  mains,  pour  marquer  que 
les  personnes  de  cet  estât  ne  doivent  point  se  laisser  corrompre 
par  les  présents  ;  cette  pièce  emblématique  est  de  la  gravure 
et  de  l'invention  de  Lambert  Suavius.  » 

61. 

I^es  Uoliémif-nfi  '! 

J0,7  —  9,4  I  G.  E.  I  Hri  D.  | 

Sept  personnages,  se  détachant  sur  fond  blanc,  marchent  de 
front,  allant  vers  la  gauche,  précédés  d'une  sorte  de  pître  mai- 
grelet d'un  sérieux  comique,  lequel  paraît  commander  à  cette 
troupe.  Il  tient  une  dague,  est  coiffé  d'un  bonnet  dont  le  bord 
est  relevé  sur  le  devant,  il  porte  une  camisole  passée  sur  un 
sarreau,  ceint  d'une  sangle  soutenant  une  aumônière.  Ses  pan- 
talons, amples,  sont  serrés  par  des  cordes  au-dessus  et  au-des- 
sous des  genoux,  ainsi  qu'ù  la  cheville  de  la  jambe  gauche. 

D'entre  ses  compagnons,  le  premier  est  vu  de  dos,  le  poing 


—  293  — 

sur  la  hanche;  il  porte  chapeau  mal  tapé,  petit  manteau  sur 
l'épaule  gauche,  tunique,  pantalons  et  chausses.  Le  second  est 
un  vieillard  courbé,  coiffé  d'une  draperie  en  torsade,  ayant  à  la 
ceinture  une  bourse  et  un  poignard;  il  pose  la  main  sur  la  tète 
d'un  petit  garçon  portant  un  chien. 

Suit  une  femme  portant  un  vase  sur  la  tète  et  daïis  ses  bras 
un  coq  et  une  poule,  elle  est  chaussée  de  sandales  à  deux  talons 
ou  supports.  Enhn  la  rangée  se  termine  par  un  homme  et  deux 
femmes  sans  particularité  et  cachées  en  partie  par  le  conduc- 
teur susdit;  sur  le  sol,  au  premier  plan  est  une  touffe  d'herbes. 
Le  groupe  traité  quelque  peu  en  manière  de  charge,  ofire  une 
variété  de  types,  et  le  burin  en  est  agréable,  Ihii  et  bien  de 
Suavius;ce  n'est  certainement  pas  la  même  planche  qui  parut  à 
la  vente,  faite  h  Vienne,  de  la  collection  Georges  Rath,  1869,  le 
catalogue  disant  au  n"  1170,  «  de  Lambert  Suavius,  hommes  et 
femmes,  allant  à  un  sacrifice,  très-rare.  »  Ce  titre  doit  s'appli- 
quer à  une  sorte  de  frise  représentant  un  sacrifice,  composée 
par  Lombard,  qui  la  signa  L.  LOiM.  mais  elle  n'est  pas  gravée 
par  Suavius,  quoiqu'elle  ait  figuré  sous  son  nom  à  la  vente 
Boerner  à  Leipsig,  octobre  1872. 

Afin  d'écarter  toute  confusion  au  sujet  de  la  planche  que  nous 
intitulons  les  Bohémiens,  il  faut  savoir  qu'il  en  existe  une 

Contre  épreuve, 

De  môme  dimension  [  H''.  D.  | 

Original  ou  copie?  par  le  graveur  Jacques  Binck,  né  à  Nurem- 
berg ou  à  Cologne.  Cet  élève  de  Marc-Antoine,  fut  graveur  de 
Christien  II,  roi  de  Danemarck,  parcourut  les  Pays-Bas  de  1548 
à  50,  habita  Anvers  pour  y  surveiller  certains  travaux  et  mou- 
rut à  Rome  vers  1568.  L'exemplaire  dont  il  s'agit  fut  noté  au 
catalogue  de  la  vente  Borluut  de  Nortdonck  comme  suit  : 
«  Jacques  Binck,  n"  65.  Une  famille  composée  de  huit  per- 
sonnes, parmi  lesquelles  un  enfant  et  une  femme  portant  une 


—  -29  i  — 

cruche  sur  la  lète  el  dirigeant  ses  pas  vers  la  di'oile;  posée  en 
largeur. 

Celte  estampe  porte  le  monogramme  de  Binck  mais  elle  n'a 
probablement  pas  été  gravée  par  cet  artiste.  » 

Comme  particularité  elle  n'a  pas  la  touffe  d'herbes  de  la 
planche  qui  précède,  à  laquelle  elle  est  intérieure  comme 
travail;  ce  qui  nous  engage  à  y  voir  une  copie  d'après 
Suavius. 

62. 

Allégorie   héraldique    du    couronnement    de    l'empereur 
Maximilien. 

Médaillon,  9  c.  de  diamètre  |  R  | 

En  une  embrasure  circulaire,  entourée  d'une  bordure  à  ins- 
criptions, sont  cinq  têtes  disposées  ainsi  que  des  curieux  regar- 
dant d'une  f  nêtre  dans  la  rue  et  représentant  quatre  petits 
anges,  posés  symétriquement  autour  d'une  femme.  Celle-ci  en 
buste  occupe  le  milieu,  est  coiffée  et  vêtue  avec  élégance,  la 
poitrine  ornée  d'un  cœur  de  grande  dimension,  les  mains  croi- 
sées s'appuyant  sur  un  cartouche  à  inscription.  En  avant  de  cet 
objet  elle  lient  une  couronne  h  pointes  à  laquelle  est  suspendu 
un  blason  aux  armes  du  St-Empire, accompagnées  de  l'épée  et  du 
sceptre. 

La  bordure  extérieure  porte  ces  mots  : 

Maximilianus  ■  Borna  •  et  ■  Bolie  •  Rex  •  Coronat  ■  nit  ■  no- 
vem.  anno  1o6i2. 

L'iiiscriplion  du  cartouche  dit  : 

Coroné  est  un  Roy  par  charité  : 
Qui  maintiendra  justice  et  vérité. 

Auprès  de  la  dite  date  est  posé  en  sens  inverse,   le  nom  : 


—  295  — 

Suavius,  les  deux  S  mis  à  coiili'e  sens  tandis  qu'elles  ont  leuj- 
direction  ordinaire  dans  les  textes  qui  l'accompagnent. 

On  sait  que  Maximilien  II  fut  élu  roi  des  Romains,  le  30  no- 
vembre 1562. 


Personnages  historiques  et  portraits. 

63. 

Marins  sur  les  ruines  de  Carthaye. 

(Titre  donné  par  le  catalogue  de  la  collection  léguée  par  M. 
Ulysse  Capitaine  h  l'Université  de  Liège.) 

17,3—  12.  I  CE  I  U.  L.,Coll.  U.  C.  \ 

Au  milieu  de  ruines  bien  architecturées  est  assis  un  homme 
d'âge  mûr, d'expression  (niergique,  barbu,  dirigeant  ses  regards 
vers  la  gauche.  Il  est  drapé  à  l'antique  et  tient  de  la  main 
gauche  un  bâton  de  commandant ,  sculpté  de  feuilles  de 
laurier. 

L'une  des  jambes  est  chaussée  et  liée  à  la  manière  des  cam- 
pagnards italiens  dits  ciucciari,  l'un  des  pieds  est  posé  au  pre- 
mier plan  sur  un  seuil,  à  droite  duquel  est  la  signature  :  SVA- 
VIVS,  iNVE  ;  suivie  d'un  groupe  des  trois  lettres,  A  L  M,  enche- 
vêtrées. 

Ce  dernier  signe  est  donné  par  Mariette  pour  la  date,anno  36, 
c'est-à-dire  1SS6,  l'M,  fait  en  partie  par  l'L,  pouvant  donner  VI. 

L'épreuve  de  l'Université  de  Liège  est  d'une  belle  vigueur  de 
clair  obscur  ;  et  cette  figure  disposée  avec  mérite  forme  un 
beau  pendant  au  St-Paul  n°  21 ,  qui  a  les  mêmes  dimensions. 

Ils  font  peut-être  partie  d'une  suite,  mais  en  attendant  preuve 
le  titre  susdit  est  bien  trouvé:  cette  pièce  porte  au  verso  la 
suscription  P.  Mariette  1767. 


64. 
Tibère  en  buste. 

U,9  I  K  I 

Sur  un  l'ond  en  o^uhe  de  niche  sans  cinlre,  se  dëlaclie  un 
disque  à  bordure  et  fond  hémisphérique  en  creux,  devant  lequel 
est  la  dite  tigure,  vue  de  trois  quarts,  laurée,  regardant  à 
gauche,  élevée  sur  un  double  socle. 

Sur  la  bordure  susdite,  et  en  lettres  romaines  simulant  le 
relief,  sont  ces  mots  : 

Tib.  Cœ.mr  Augusli  imperat  Vil  ; 

Sur  le  socle  teinté  touchant  au  buste  : 

Ànno  Domi  16. 

Sui-  le  socle  blanc  servant  de  base  :iu  tout  est  ce  quatrain  : 

«  Sous  ce  César  premier  des  inhumains 
Mesme  a  son  sang  en  dits  et  faits  iniques 
Forçant  la  Vierge  et  la  couche  impudique 
Fut  mis  en  croix  le  Sauveur  des  humains.  » 

Au  somme!  du  disque  cité  est  un  mascaron  sarcastique;  le 
fond  où  se  détnche  le  portrait  simule  la  craquelée,  comme  Sua- 
vius  la  produisit  pour  diverses  autres  pièces  du  genre,  et  le 
burin  de  la  présente  planche  dénote,  en  son  beau  fini,  le  travail 
du  dit  maître  liégeois. 

Douze  personnages  romains  antiques. 

Clmciin  (>n  un  cuiJrc  ovnle,  4  —  ;^,:2.  |  N.  H.  | 

Bustes  entourés  d'une  bordure  à  fond  blanc  où  sont  les  noms 
et  titres,  et  .se  détachant  sur  un  rectangle  teinté,  le  tout  d'un 
aspect  claii' et  d'un  beau  fini. 


—  297  — 

65. 

Octaviiis  Augus.  pater. 

De  pi'olil,  regardant  h  droite,  jeune,  imberbe,  agréable  de 
type. 

Valeria  .  Mesa  .  CAa  .  Jinp  .  Vxor  , 

De  protil,  tournée  à  gauclie,  jeune,  coiffée  d'un  bonnet  de 
perles,  à  bord  formant  couronne  et  retenant  une  tresse,  laquelle 
posée  en  volute  à  la  nuque  s'élève  en  serpentant  vers  le  front, 
où  elle  se  perd  en  une  touffe  de  cheveux. 

67. 

Gn  .  homitius  .  Neronis  .  imp  .  Pater  . 

De  protil,  tourné  adroite,  tigure  âgée. 

68. 

Popea  .  Sabina  .  Neronis  .  imper  .   Vxur  . 

Figure  de  trois  quarts,  tournée  k  droite,  la  coiffure  est  ornée 
d'un  bandeau  sur  le  haut  du  front  et  d'une  torsade  de  perles  ; 
la  draperie  est  retenue  par  un  bouton  à  l'épaule  droite. 

(^9. 

Aiili  .  ViteUiu.s  .  German  .  imp  .  aug  .  p  .  m  .  t .  p  . 

Agé,  replet,  imberbe  et  lauré. 


—  49«  — 

70. 

Amiius  .  Verus  .  M  .  Anlonini  .  Im])  .  Pater  . 

De  protil,  tourné  k  droite,  barbe  courte  et  touftue,  clievelure 
ideiu. 
L's  du  premier  nom  est  à  rebours. 

71. 

Aurélia,  mater   C.  G. 

A  peu  piès  de  f;ice,  regardant  à  droite,  âgée,  coiftéo  d'un 
bonnet  de  linge  dont  les  barbes  tombent  sur  les  épaules. 

Celte  figure  est  la  plus  finement  exécutée  de  la  présenie 
série. 

72. 

Domicilia.  Vesp.  Imp.  filia. 

Elle  regarde  à  droite,  est  coifl'ée  d'une  couronne  de  perles, 
dont  une  carrée  au  milieu;  cette  couronne  est  surmonlée  de 
touffes  de  cbeveux  et  le  chignon  est  en  une  résilie. 

La  tète  est  gracieuse  et  jeune  ;  comme  pour  les  suivantes,  le 
profil  se  détacbe  sur  un  fond  teinté,  le  reste  sur  fond  blanc. 

7;-}. 

Arricidia.  F.  Tertulia.  F.  Vesp.  Vxor. 

Le  profil  tourné  à  droite  est  jeune,  les  cheveux  en  torsade 
entourée  d'un  petit  ruban,  laquelle  serpente  aux  tempes,  puis 
est  roulée  quatre  fois  au  haut  de  la  têre. 


—  299  — 

74. 

Antonius.  Aug.  plus.  PP.  Pater. 

De  protil,  tourné  à  droite,  il  porte  barbe  courte,  bouclée 
comme  la  tête,  qui  est  laurée  ;  les  rubans  de  la  couronne  des- 
cendent sur  le  dos. 

Au  bas  du  cadre  et  comme  lui  servant  de  base,  est  un  rec- 
tangle blanc  portant  cette  signature:  SvAVIVS,  la  seule  que 
possède  la  présente  suite. 


Faustina  F.  Aug.  PU.  filia. 

De  face,  coiffure  ornée  de  bandeaux  de  perles,  surmontée  de 
touffes  de  cheveux  et  d'une  torsade  ;  une  draperie  ou  ruban 
large  descend  de  la  téle  vers  la  nuque. 

76. 

Crispina  Augusta. 

De  profil,  regarde  à  gauche,  figure  jeune,  coiffure  élégante. 

Voir,  de  la  même  série,  les  n»'  103,  104  et  105  ci-après. 

Les  douze  qui  précèdent  firent  partie  de  la  collection  du  cha- 
noine Hamal  ;  le  n"  74,  par  sa  signature,  a  l'avantage  de  lever 
un  doute,  divers  auteurs  ayant  attribué  ces  œuvres  à  Le  Rosso, 
florentin,  peintre  et  graveur  contemporain  de  Suavius. 

77. 
Portrait  buste  de  Lambert  Lombard. 

Rond  9,7  I  C.  des  E.  |  UL.  |  NH.  |      .  R.  j 

Vu  de  profil  et  regardant  vers  la  droite,  la  tête  occupe  la  plus 
grande  partie  du  champ  d'où  elle  se  détache  en  vigueur,  lequel 


;^(jo 


est  teinté  d'une  seule  rangée  de  traits  horizontaux  donnant  un 
ton  uniforme.  Il  est  entouré  d'une  bordure  simulée  au  moyen 
de  lignes  circulaires.  Dans  le  champ  de  celle-ci,  en  lettres 
romaines,  sont  les  mots  :  Lambertus  .  Lombardus  .  pictor  .  ebii- 
ronensis. 

Le  célèbre  Liégeois  y  paraît  nu  tête,  dans  toute  la  force  de 
l'âge  mûr,  une  organisation  puissante  se  révèle  en  cetie  phy- 
sionomie robuste,  au  front  vaste,  bombé,  orné  d'une  chevelure 
courte  el  crépue.  Les  yeux,  au  regard  pénétrant,  paraissent 
sonder  l'espace,  y  poursuivre  un  but  avec  une  volonté  invin- 
cible. Expression  confirmée  par  celle  des  lèvres  à  peine 
visibles  et  néanmoins  si  bien  accusées  entre  les  moustaches 
touffues  dominant  une  barbe  très-agréablement  vermiculée. 

Le  costume  se  compose  de  trois  vêlements,  dont  deux  à  bou- 
lons, sur  lesquels  tombe  un  petit  collet  de  linge  et  le  pardessus 
qui  est  à  larges  revers. 

Quoique  cette  œuvre  ne  soit  pas  signée,  elle  ot!re  une  trop 
grande  analogie  de  burin  avec  les  précédentes,  pour  ne  pas  être 
attribuée  au  même  auteur,  et  la  calligraphie  elle-même  con- 
court à  cette  certitude. 

L'esprit  du  modèle  .semble  y  avoir  été  parfi^itement  rendu  el 
l'on  doit  une  expression  de  reconnaissance  à  Suavius,  qui  sut 
nous  léguer  les  traits  parlants  de  celui  qui  mérita  d'être  regardé 
comme  le  restaurateur  des  arts  au  pays  de  Liège. 

78. 
Portrait  de  Baltliasar  Schetus. 

Médaillon,  8,5  avec  bordure,  6,0  sans  |  C.  des  E.  j  ^.  H.  | 

En  buste,  d'âge  mûr,  cheveux  courts,  barbe  divi.sée  et  mous- 
taches; vêtu  d'un  col  de  linge,  d'un  justaucorps  à  raies  horizon- 
tales, boutonné,  sur  lequel  passe  une  chaîne  à  double  rang  ;  un 
manteau  complète  le  costume. 


801 


Sur  le  fond,  à  gauche,  esl  un  heaume,  de  face,  surmonté 
d'une  aigle  éployée  ;  à  droite  du  personnage  est  un  blason 
écartelé  aux  l'"'"  et  4  à  une  aigle  volant  à  dextre;  aux  2  et  3  à  un 
dragon  couronné,  volant  aussi  à  dextre,  ceux-ci  sur  fond  teinté 
quoique  sans  hachures  héraldiques,  les  aigles  sur  fond  blanc. 

Le  tout  se  détache  sur  un  fond  simulant  un  creux  hémisphé- 
rique. 

La  bordure  circulaire  du  cadre  porte  les  noms  :  Baltlmsar 
Schelus  D  in  Hoobocken,  1561. 

Au  bas  est  signé  sVAVIVs,  les  S  posés  en  sens  inverse. 

Balthasar  Schetz  était  numismate,  étude  partagée  par  plu- 
sieurs membres  de  sa  famille.  Goltzius  le  cite  en  son  Jules 
César  et  Goropius  lui  dédia  le  6*"  livre  de  ses  Adiiatica. 

Le  cuivre  de  son  portrait  précité  fut  employé  comme  preuve 
historique  par  l'écrivain  Jacques  Leroy,  h  la  page  369  de  son 
livre  intitulé  :  Notitia  Marchionatus  S  RL  sive  agri Antverpiensis; 
libri  \ U.Amsterdam  1678. 

79. 
Portrait  île  Melchior  Schets  et  de  Anna  van  Stralen,  sa  femme. 

Médaillon,  3,7  avec  bordure,  2,7  sans.  |  B.  | 

Tournés  à  droite,  de  profil,  en  guise  de  médaille,  ils  n'offrent 
rien  de  caractéristique,  le  mari  se  présente  le  premier  avec 
cheveux  courts  et  barbiche;  le  haut  de  leur  taille,  seul  point 
apparent  du  costume,  n'a  nul  ornement. 

La  bordure  en  sa  moitié  supérieure,  porte  en  lettres  romaines 
les  noms  du  premier,  et  l'inférieure  ceux  de  la  dame  ;  ces  der- 
niers commençant  à  droite,  c'est-à-dire  à  rebours. 

Cette  œuvre  est  l'objet  de  droite  d'une  planche  offrant  à 
gauche  le  médaillon  contenant  les  bustes  ^'Hercule  et  Dejanire, 
décrits  ci-dessus  au  n"  25  et  dont  le  diamètre  est  un  peu  plus 
petit  que  celui  du  présent  sujet,  lequel  est  finement  exécuté. 


—  ao2  — 

Guichardin  cite  les  Schets  et  les  Straleii  parmi  les  douze  plus 
nobles  d'Anvers  ;  le  Bulletin  de  la  commission  des  monuments 
d'Anvers,  1867-68,  s'occupe  de  la  famille  des  premiers. 

80. 
Portrait  d'Ursule  Lopès,  épouse  de  M.  Ferez. 

Médaillon,  7,8.  |  B  | 

En  buste,  occupant  tout  le  diamètre  du  champ,  cette  dame, 
jeune  encore,  en  costume  élégant,  porte  bonnet  orné  de  perles, 
fraise  montante,  chemisette  très-ouvragée,  taille  et  épaulières 
ornées  de  perles. 

Elle  se  détache  sur  un  fond  simulant  un  creux  hémisphé- 
rique, rayé  en  guise  de  craquelée  sauf  un  disque  resté  blanc  au 
centre  du  creux. 

Une  bordure  entourant,  mais  sur  laquelle  passe  le  buste, 
•   contient  ces  mots  :  Ursula  Lopes  M.  Ferez  conjun. 

Au  milieu  inférieur  de  cet  encadrement,  en  un  petit  rec- 
tangle, est  le  nom  du  graveur  ainsi  tracé  :  SVVIVS. 

Ce  travail  est  agréable  et  finement  produit. 

Le  portrait  de  M.  Ferez  est  décrit  au  n°  1 10,  ci-après. 

81. 
Fortran  d'Antoine  Ferrenot,  évéque  d'Arras,  etc. 

40  —  28  I  B.  I 

Sur  un  fond  architecture  est  debout,  à  mi-corps,  en  une  atti- 
tude digne,  ce  premier  archevêque  de  Malines  ;  tourné  vers  la 
droite,  ses  yeux  fixent  à  gauche  et  il  tient  des  deux  mains  abais- 
sées un  livre  à  belle  reliure. 

Il  porte  cheveux  courts  et  frisés,  barbe  et  moustaches  petites  ; 
il  a  pour  costume  un  col  de  linge,  justaucorps  à   poignets 


-  303  — 

garnis  de  crevés,  plus  un  pardessus  orné  de  fourrures  et  bou- 
tonné. 

Le  socle  servant  de  base  à  cet  ensemble  montre,  à  droite,  la 
date  1556,  et  au  milieu  un  cartouche  à  inscription,  laquelle  est 
à  rebours,  et  dit  :  Effigies  ill.  ac  R'"'  D.  Antonii  Perrenot.  Epi. 
Àtrebatensis  Imp.  Caroli.  V.  primi  consiliarii  et  Sigillorum 
custodis. 

C'est-à-dire  :  Portrait  de  l'illustre  et  révérend  seigneur  An- 
toine Perrenot,  évêque  d'Arras,  premier  conseiller  et  garde 
sceaux  de  l'empereur  Charles-Quint. 

L'individualité  du  personnage  paraît  bien  rendue,  vu  la 
rectitude  du  dessin,  mais  le  clair  obscur  y  présente  de  îa 
sécheresse. 

Mariette  dit  qu'en  ce  portrait,  «  si  l'on  ne  trouve  point  le  nom 
de  L.  Suavius,  ce  travail  est  reconnu  pourtant  pour  être  de  lui.» 
Le  fait  est  prouvé  par  l'indication  du  n»  suivant. 

(Ce  portrait  a  été  reproduit  sur  bois  pour  !e  beau  travail  inti- 
tulé :  The  cliief  victories  o(  tfie  emperor  Charles  the  fifth.  London 
1870.  8r.  Sir  William  Stirling-Maxwell  bart.,  mais  l'inscrip- 
tion y  a  été  placée  dans  le  ciel  de  l'embrasure  du  tond,  à 
droite.) 

Voilà  donc  quatre-vingt  et  une  pièces  décrites  de  visu,  si- 
gnées ou  présentant  le  caractère  des  tailles  dont  leur  auteur 
usait  en  ses  travaux.  Suivent  les  planches  citées  par  divers  au- 
teurs et  catalogues. 

Celles  dont  l'existence  nous  paraît  ii  Jubitable,  sont  distin- 
guées par  un  astérisque,  et  nous  laissons  sans  n"  les  douteuses 
ou  étrangères  à  l'œuvre. 

Citons  d'abord  comme  suite  à  la  planche  précédente,  le 
deuxième 

82. 

Portrait  de  Perrenot,  daté  de  1554  *. 

11  est  assis,  et  cette  œuvre  que  iMarietle  qualifie  de  «  mor- 


—  304  — 

ceau  considérable.  »  est  accompagnéu  des  deux   inscriptions 
que  voici  : 

Rêver endiss{i mi)  et  iUustris(simi\ 

Domini 

D{omini)  Antonii  Penenot  Atrebate()ms)  epi(scopi) 

Ac.  Caroli  V.  a  consiliis,  primi 

Artium  et  ingenii  unici  fautoris 

effîgiem,  ad  vivum 

Lambertus  Suaviiis  Leodiensis 

expressit. 

Unice  Mecœnas,  o  illustrissime  Prœsul 

En  tibi,  qiiod  veneror,  Snavius  autor  opus. 

Vullus  effigiem  licuit,  non  sculpere  mentis. 

Hoc  tamen  in  votis,  si  licuisset,  erat. 

Ut  velut  hinc  vultus,  sic  dos  foret  agnita  mentis 

Qiia  servas  artes,  et  studiosus  amas. 

Celle  gravure  lit  partie  de  la  collection  Didot  qui  vient  d'être 
vendue  à  Paris  et  dont  le  catalogue  dit  au  n"  3369  :  «  Suavius 
(Lambert  Suterman  dit)  Granvelle  (Anl.  Perrenot,  cardinal) 
chancelier  de  Charles-Quint,  1554.  » 


Sujets  Bibliques. 

Adam  et  Eve. 

28,S  —  20—5    I  R  I 

Cette  pièce  indiquée  par  un  catalogue  de  Bœmer,  à  Leipzig, 
présente  bien,  pour  les  ligures,  l'aspect  du  burin  de  Suavius, 
néanmoins  nous  ne  la  croyons  pas  de  ce  maître,  parce  que  le 
travail  dos  accessoires  parait  lui  être  étranger.  On  l'a  attribuée 
à  Boivin. 


—  :)0t;  — 

88. 

Le  passage  de  la  mer  rowje* 

cité,  par  Saumery,  Délices  du  pays  de  Liège,  t.  V  p,  310,  note 
M.  1744. 

Le  catalogue  delà  vente  P.  Wouters,  Bruxelles  1797,  ajoute  : 
«  N"  23,  Le  passage  de  la  mer  rouge,  d'après  Angelo  Bronzini 
(sic),  par  Lambert  Suavius.  H.Cock  excud,  belle  épreuve,  posée 
en  travers.  » 

Angelo  Bronzino  mourut  à  Florence,  vers  1578.  Notons  que 
Lambert  Lombard  peignit  le  même  sujet,  mais  placé  en  hauteur, 
voir  :  Histoire  de  la  peinture  au  pays  de  Liège,  par  ,1.  Helbig, 
p.  138. 

84. 
«  Les  Israélites  raynassaiis  la  manne  dajis  le  désert*.  » 

Cité  par  P.  Mariette,  qui  reproduit  la  signature,  gravée  à 
rebours  comme  suit  :  suV^auS  et  donne  la  mesure  :  2  pouces  3 
lignes  sur  3  p.  4  1. 

«  Esther  devant  Assuerus, 

H.  Cock,  exe.  »  Huber  (i).Il  ne  s'agit,  croyons-nous,  que 
du  même  sujet,  d'après  Lombard,  reproduit  deux  fois  ;  le 
grand  par  H.  Cock,  1553;  la  manière  du  second  est  étrangère 
à  Suavius. 

Sujets  du  Nouveau  Testament. 

85. 

La    Vierge   et  r enfant  Jésus*, 
que  Mariette  cite  encore,  voici  son  texte  : 

(*  Nolices  générales  des  graveurs.  Dresde  et  Leipzig,  1787. 


—  806  — 

a  La  S'*  Vierge  assise  dans  une  riiciie  ruinée  et  ayant  entre 
ses  bras  l'enfant  Jésus  debout;  il  y  a  apparence  que  celle  pièce 
est  inventée  et  gravée  par  Suavius,  quoique  sou  nom  n'y  soit 
pas,  elle  me  paraît  pourtant  incontestablement  de  lui.  o"  d. 
3"  p.  6',  travers.  » 

86. 

Jésus  ressuscitant  le  fils  de  la  veuve  de  Naim, 
par  Suavius",  cité  par  Huber. 

Il  ne  paraît  pas  y  avoir  ici  confusion  avec  les  deux,  résurrec- 
tions du  Lazare,  signées  et  renseignées  par  inscriptions,  quant 
au  sujet,  lesquelles  représentent  le  ressuscité  sortant  de  sa 
tombe,  tandis  que  le  lils  de  la  veuve  se  leva  du  cercueil 
«  qu'on  portait.  » 

87. 
ii  Jésus  à  table  chez  Simon  le  pharisien*,   H.  Cock,  ex.  »  Hubei'. 

Lombard  dessina  le  même  sujet,  voir  le  Catalogue  de  dessins 
deV Académie  de  Liège  ('). Pourtant  rien  ne  détruit  la  citation  de 
Huber. 

«  Jésus  prêchant  le  peuple  en  paraboles.  Kaiolus  iec.  »  Hubei'. 

C'est  la  gravure  du  tableau  de  Lombard,  appartenant  à  M.  le 
Duc  d'Arenberg,  à  Bruxelles.  Elle  ue  doit  pas  être  de  Suavms, 
Anvers  en  possède  un  exemplaire. 

88. 

«  La  femme  adulière* ,^rdnûe  composition,  Benetto  Stephani, 
exe.  »  Huber. 

«  Jésus  ressuscitant  Lazare,  H.  Cock,  exe.  »  Huber. 

En  celle  citation,  nous  croyons  voir  ce  sujet,  de  grand  for- 


(l)  Catalogue  de  dessins  d'artistes  liégeois,    possèdes   par  l'Académie  des  Beaux- 
Arts  et  l'Université  de  l.iége.  Verviers  1874. 


307 


mat,  gravé  d'après  Lombard,  par  un  maître  inconnu,  lequel  est 
probablement  Hans  Collaert,  dont  le  burin  ressemble  parfois  à 
celui  de  Suavius.  La  dite  gravure  est  signée  Lam.  Lombard, 
inven.  A.  Cock,  excudebal. 

Jésus  lavant  les  pieds  aur  apôtres. 

|R| 

C'est  une  composition  de  Lombart,  signalée  par  un  catalogue 
Bœrmer,  mais  non  gravée  par  Suavius. 

89. 

«  Le  Christ  sur  la  croix*,  H.  Cock,  exe.  »  Huber. 

On  a  vu  la  même  scène,  par  cet  éditeur,  au  n"  16,  signé  Cock, 
excudit  15S7,  néanmoins  la  susdite  pièce  peut  être  autre,  Huber 
ayant  eu  soin  de  noter  les  dates  rencontrées  parmi  les  douze 
Suavius  qu'il  connut. 

Il  est  vrai  aussi  qu'il  confondit  Suavius  avec  Lombard,  et 
qu'il  existe  une  gravure,  d'après  celui-ci,  du  sujet  en  question, 
signée  H.  Cock,  exe.,  mais  elle  est  datée  1563, 

Descente  de  croix. 

|R| 

Signalée  par  un  catalogue  Bœmer,  elle  n'est  pas  de  Suavius, 
mais  c'est  i;;ie  intéressante  reproduction  d'un  groupe  de  la  des- 
cente de  croix  de  Lombard,  laquelle  orna  l'église  St-Jean-en-Ile, 
à  Liège,  et  dont  M.  Duval  de  cette  ville,  possède  le  dessin 
original  ('). 

(0  Voir  catalogue  des  dessins  d'artistes  liégeois. 


—  .M08  — 

90. 

«  Descente  de  croix*,  Suaviiis,  (ecit.  »  Huber. 

Entre  les  planches  du  même  sujet,  décrites  aux  !i'"  18,  19 
et  20,  aucune  ne  porte  le  mot  fecit. 

Mise  au  tombeau,  d'après  Albert  Durer. 

88,5  —  47,3    I  H.  D.  I 

Signalée  par  un  catalogue  comme  étant  de  Suavius;  elle  pré- 
sente plus  de  lourdeur  que  n'en  comportait  en  général  le  travail 
de  notre  graveur.  Le  copiste  y  a  reproduit  la  date  1507  et  le 
monogramme  du  maître  Nurembergeois. 

91. 
t<. Mise  au  /om&eaw*, sans  aucune  marque, posée  en  largeur.» 

Catalogue  de  la  vente  Boriuut,  de  Nortdonck,  Gand  1858,  au 
n»1563. 

9i>. 

«  Jésus  marchant  avec  les  deux  disciples  d'Emaus*,  Suavius, 
fecit.»  Huber. 

Même  sujet  lut  gravé  d'après  Lombard,  par  Furnius,  mais  la 
citation  de  la  signature  de  Suavius,  permet  de  croire  que  le  dit 
auteur  la  nota  de  visu. 

«  St-Pierre  écrivant  sur  une  tablette.  » 

Ainsi  s'exprimait  im  novembre  1872,  le  n"  2175  d'un  catalogue 
d'une  vente  faite  à  Leipzig,  mais  il  y  avait  erreur,  la  gravure 
était  le  Sl-Paul  écrivant. 


—  309  — 

aSt-Pierre  et   St-Paul  à  Athènes,   grande  composition 
eu  largeur.  » 

Catalogue  Borluut,  n"  3526.11  s'agit  sans  nul  doute  de  La  gué- 
rison  du  boiteux,  dont  la  scène  eut  lieu  à  Jérusalem,  présents 
les  Saints  Jean  et  Pierre.  Certains  confondent  certainement 
aussi   en  citant  le  sujet  suivant  : 

«  La  guéri  son  du  Paralglique.-)-! 

Laquelle  eut  lieu,  chacun  le  sait,  en  présence  du  Christ. 

93. 

«  Un  apôtre  debout  en  une  niche*,  tourné  à  gauche,  tète  de 
profil,  il  tient  sous  son  manteau  un  livre  qu'il  indique  de  la 
main  gauche.  Non  signé,  mais  dans  la  manière  de  Suavius  et 
moins  fin  que  la  suite  susdite  de  ses  apôtres.  »  C'est  ainsi  que 
s'exprime  Passavent,  t.  3,  p.  113  et  suiv.  n"  19. 

(c  Une  série  d'apôtres  et  de  saints  debout  avec  leurs  attributs, 
par  Suavius,  d'après  Lombard.  » 

Nagler,  t.  XVII,  p.  534,  les  dit  in-4'',  sans  nom  ni  signature. 
Môme  citation  au  catalogue  Winckler,  t.  III,  n°  5605. 

Il  doit  être  question  en  cela  de  la  suite  des  apôtres,  compo- 
sée par  Lombard,  que  nous  espérons  décrire  en  sou  œuvre,  et 
dont  la  gravure  est  étrangère  à  Suavius. 

«  Un  Evangeliste  assis  en  une  niche,  et  écrivant  sur  une  tablette.  « 

Catalogue  Borluut,  de  Noordonck. 

Il  peut  y  avoir  méprise  avec  le  St  Paul,  assis  et  éci'ivant,  n"21. 

94. 

i(  Le  couronnement  de  la   Vierge  * 

qui  se  voit  à  l'entrée  du  chœur  de  St-Barthélemi,  à  Liège.  » 
Délices  du  pays  de  Liège,  t.  V.,  p.  310. 


—  :mo  — 

95. 
«  Sîe-.Margucrile,* 

signée  L.  Suavius,  iii-12.  »  Nagler,  10,  et  PnssavenI,  t.  3,  p. 
109  à  115. 

96. 

«  Hommes  et  femtnes  allant  à  un  sacrifice  ,*  par  Lambert 
Suavius,  très-rare.  » 

Cité  au  n°  1170  Ju  catalogue  de  la  collection  du  conseiller 
Georges  Uath,  vendue  à  Vienne,  en  janvier  1869.  Cette  citation 
paraît  assez  précise  pour  croire  qu'il  n'y  a  pas  confusion  avec  la 
frise  due  h  Lombard,  citée  au  n-  61. 


Allégories. 
97. 

«  La  Philosophie  * 

Copie  en  contre-épreuve  d'après  Marc  Antoine,  qui  la  grava 
d'après  Raphaël.  »  Baisch,  n"  381,  et  Passavent,  t.  III,  p.  114, 
lequel  rapporte  qu'on  en  trouve  des  épreuves  avec  et  sans  le 
nom  de  Lambert  Suavius. 

«  Ti'ois  philosophes  antiques, 

vêtus  de  longs  manteaux  et  parmi  lesquels  il  y  en  a  deux  qui 
tiennent  des  livres;  ces  trois  petites  pièces  sont  attribuées  à  L. 
Suavius,  cependant  il  y  a  apparence  qu'elles  ne  sont  que  de  son 
dessin. 

Sans  nom  ni  marque,  3"  5'-liaut,  1",  6'  travers,  chaque,  »  dit 
Mariette. 


31 


«  Deux  statues  de  Philosophes, 

enveloppés  dans  leurs  manteaux,  sur  une  même  planche  gravée 
en  1558.  Cependant  quoique  cette  pièce  soit  attribuée  à  Lambert 
Suavius,  il  y  a  lieu  d'en  douter  et  peut-être  n'est-elle  que  de  son 
invention. 

Sans  nom  ni  marque,  seulement  la  date  est  sur  le  socle  du 
piédestal,  sur  lequel  les  statues  sont  posées,  5°,  6'  haut,  5%  2' 
travers.  »  P.  Mariette. 

Les  vertus  cardinales. 

A  ce  sujet  il  est  permis  de  croire  que  Suavius  en  a  complété 
le  nombre  cité  par  divers  et  dont  une  seule  est  décrite  ici,  la 
Force,  \r  58,  il  reste  à  noter  ; 

98. 

La  Prudence  * 

99. 

La  Justice  * 

100. 

La  Tempérance  * 

Quant  aux  sybilles,  les  auteurs  variant  sur  le  nombre,  il  n'est 
rien  à  prévoir  encore  sur  les  dénominations  à  rencontrer, 
en  outre  des  deux  précitées,  Lybique  et  Persique,  v.  n"»  29  et  30. 

«  Il  fut  aussi  attribué  au  même,  » 

101. 

Un  Ëvangéliste  * 
Quant  aux  figures  dites  : 

Statues  de  femme, 
les  sujets  décrits  au   n°'  32  et  33,  portent  les  chiffres  3  et  5, 


3 1^2 


il  doit  donc  rester  iiicoiiiius,  au  moins  irois  des  ti""  précédant 
ce  dernier,  nous  les  notons  : 

102*103*  104* 

Mariette  ciie  encore  les  deux  sujets  suivants  : 

105. 

«■  Trois  figures  grotesques,  à  ïiii  rorps  * 

Représentant  un  vieillard  qui  offre  sa  bourse  à  une  vieille 
femme,  dont  l'aspect  est  des  plus  difformes,  il  y  a  apparence 
que  celte  pièce  est  gravée  par  L.  Suavius,  quoique  l'on  n'y  voye 
pas  son  nom. 

Cock,  ex.  Et  deux  vers  flamands  au  bas  ;  6"  9  haut  4",  9  tra- 
vers. » 

106. 

Une  tête  de  morl  * 

Elle  paraît  être  gravée  par  E.  Suavius,  dit  iVIarietle,  lequel 
ajoute  : 

«  Pour  celle  qui  suit  et  qui  est  plus  petite,  ce  n'en  est  qu'une 
copie  non  du  même,  quoiqu'elle  lui  soit  attribuée  par  quelques 
uns. 

A  la  première,  il  n'y  a  aucune  marque  ni  aucun  nom,  seule- 
ment ces  mots  :  Vigilale  quia  nescitis,  etc.,  suivis  de  deux  vers 
tlamands;  hauteur  4"  2',  travers  2"  8'.  » 


Portraits. 

107. 

«  Jules  César*. 

Petit  médaillon,  »  Nagler  10  et  Passavenl  t.  3,  faisant  partie 
de  la  suite  décrite  aux  n-'  65  à  76,  ainsi  que  les  deux  suivants, 
cités  par  les  mêmes  auteurs. 


—  813   - 

108. 

Claude  Néron*. 

101». 

Lollia  Paulina*. 

110. 

«  t/n  empereui'  romain  assis  dans  une  niche*, 

posé  en  hauteur,  »  catalogue  Borluut  de  Noortdonck. 

111. 

(■(.Thomas  Philologus  Ravennas*, 

an.  1260,  iii  8",  »  idem. 

112. 

Michel  Angélus  Buonarottus* , 

nobilis  florenlinus.  aetatis  LXXI  in  8"  idem.  Cette  célébrité 
étant  décédée  en  lo63,  âgée  de  90  ans,  l'âge  indiqué  reporte  la 
gravure  à  1545.  Le  suivant  est  d'un  autre  format. 

113. 

vBuonarotti  {Michel  Ange)*, 

in  4",  rare,  très-belle  épreuve  »  dit  le  n"  3'-{68  de  la  vente  Didot 
à  Paris,  1877.  Au  nom  de^  Suavius(Lambert  Sulerman  dit).  «Au 
n"  3371  il  offre  du  même  graveur  : 

114. 

«  Titien  (Tiziano  Vecello)*, 
in  4".  »  Même  catalogue. 


-  :)14  — 

115. 
«  M .  Perez* , 

médaillon  de  1553,  in  8".  »  Nagler  et  Passaveiu.  Voir  le  ir  79 
qui  peut  être  le  pendant  de  celui-ci. 

il  6. 

«  Erasme  Schetus*, 

aetatis  suœ,  61  A.  D.  t554  in  8"  médaillon,  »  idem. 

117. 

«  Anna  Straelen  Melchior,  Schetus*  conjux, 

aetatis  31  A.  D.  1554  in  8",  médaillon  »  idem. 

118. 

«  Melchior  Schetus* 

aetatis  suœ  37  A.  D.  1561  in  8°,  médaillon  »  idem. 

On  voit  que  ces  deux  derniers  portraits  semblent  être  une 
amplification  de  ceux  des  mêmes  personnages  décrits  au  n"  79, 
sur  lesquels  ne  sont  indiqués  ni  l'âge  ni  la  date.  Le  Balthasar 
Schetus,  n"  78,  est  de  1565  aussi,  comme  on  a  dit. 

119. 

«  Rogerius  le  Strange  et  Dorothea*  uxor  ejus, 

in  12".  »  Nagler  et  Passavent  qui  les  citent  encore,  ne  disent 
pas  s'ils  se  trouvent  sur  une  même  feuille. 

«  Le  portrait  de  Lambertus  Lombardus  Leodiensis  pictor  et  archi- 
tectus.  »  Huber. 

Le  titre  d'architecte  n'existe  pas  sur  les  deux  portraits  mé- 
daillons qui  paraissent  avoir  été  faits  du  vivant  de  Lombard, 


316 


celui  de  sa  biographie,  par  Goltzius,  et  son  ainplitication  en 
contre-épreuve.  Mais  il  se  trouve  sur  le  portrait  de  ce  peintre 
ornant  la  biographie  poétique  de  Domi nique  Lampson:  Pictorum 
aliquot  celebrium  Germaniœ  inferioris  efjîgies  etc.  Antverpiœ. 

Celte  gravure  est  signée  sur  le  fond,  en  haut  à  gauche,  de  la 
marque  W.  I.  avec  titre  apposé  au  bas,  comme  suit  :  Lamherto 
Lombardo  Leodiensi,  pictori  et  arcliitecto. 

C'est  là  très-probablement  que  Huber  aura  pris,  en  la  corri- 
geant, la  dite  citation. 


Paysages. 

120. 

«  Vue  d'une  partie  du  Cotisée  de  Rome*, 
signé  L.  S.  in  4°.  »  Catalogue  Sternberg  n*  247,  et  Passave.nt. 

121. 

«  Vue  du  palais  des  Césars  à  Rome*, 

avec  l'inscription  :  Divus  Augustus  et  Nero  Claudius  imp.  Rom. 
et  au  milieu  inférieur  :  1553  Suavius.  »  dit  Passavent. 


NOTE  1. 

Prix  atteints  par  des  gravures  de  Suavius. 

Le  catalogue  de  la  vente  P.  Wouters,  faite  à  Bruxelles  en 
1787,  dit  : 
ce  Lambert  Suavius,   iv  686.  Soixante-huit  pièces  dont  le 


316 


Christ  mis  au  Tombeau,  1348;  la  Résurrection  du  Lazare,  1544  ; 
les  autres  consistent  en  portraits,  médailles,  statues,  etc.  » 

Adjugés  au  prix  de f.  5,15 

Achetés  par  Bauer,  selon  l'annotation  du  catalogue  que  pos- 
sède le  cabinet  des  estampes  à  Bruxelles. 

En  ce  prix,  il  s'agit  probablement  de  florins Brabant,  îifr.  1,21 

Le  même  livret  cite  au  «  n"  683,  treize  pièces,  dont  la  Cha- 
rité, d'après  Lombard,  par  Suavius,  »  que  l'on  a  vue  au  58  de 
nos  numéros. 

A  la  vente  de  la  collection  du  chevalier  J.  Camberlyn,  k 
Bruxelles,  le  dit  cabinet  acquit  pour  fr.  60,00  : 

Les  deux  planches  portraits  de  : 

1"  Ursule  Lopes  (80)  ; 

2"  Melchior  Schetz  et  sa  femme  (79). 

Celte  seconde  pièce  portant  sur  même  feuille  le  médaillon 
d'Hercule  et  Déjanire,  avec  marges. 

Le  cabinet  des  estampes,  h  Bruxelles,  acquit  le  grand  portrait 
d'Antoine  Perrenot  {S'i  pour fr.  80,00 

Ces  deux  pièces  sont  d'une  belle  conservation  et  très-rares, 
et  firent  exception  extra  comme  prix. 

NOTE  2. 

Concernant  le  nom  de  Suavius. 

Nul  artiste  ne  vit  diversilier  l'orthographe  et  la  teneur  de 
son  nom,  autant  que  notre  graveur.  Chaque  biographe  sembla 
vouloir  y  apporter  une  tournure  particulière;  aussi  le  trouvons- 
nous  écrit  de  vingt-six  manières,  c'est-à-dire  : 

Schwabe.  Schwave. 

Soave.  Suave. 

Suavie.  Suavio. 

Suavius.  Subterman. 

Subtermans.  Substermans. 


—  317  - 

Suptennan.  Suster. 

Susterman.  Sustermanns. 

Sustermans.  Sulerman. 

Sutermann.  Sutermans. 

Suttermann.  Tedesco. 

Zeustris.  Zustres. 

Zustris.  Zustrus. 

Zutman.  Zoutman. 

Sans  compter  Lambert,  dit  Lombarde.  Noms  accordés  aussi 
en  partie  à  Lombard  avec  lequel  on  confondit  si  souvent  Sua- 
vius  ;  de  même  qu'avec  Lambert  Suster,  dit  Sustris,  d'Amster- 
dam, peintre  de  mérite  et  leur  contemporain. 

Vasari  avait  pourtant  cité  particulièrement  nos  deux  illus- 
trations dès  1S61. 

Leurs  deux  noms  se  trouvent  tracés  comme  inventeur  et 
graveur  sur  des  planches  de  Suavius. 

Néanmoins,  Sandrart  ayant  publié  en  1683  que  Lambert 
Lombard  et  Lambert  Suavius  n'étaient  qu'un  même  person- 
nage, cette  erreur  fut  répétée  par  la  généralité  des  biographes. 
Quoiqu'en  1740  Mariette  eût  signalé  encore  leur  dualité,  la 
dernière  traduction  de  Vasari,  Paris  1842,  dit  à  la  table  du 
tome  8  : 

«  Zustris  ou  Suterman  ou  Susterman  ou  Suster,  Lambert  dit 
Lombarde  ou  Tedesco  ou  Suave  ou  Suavius.  » 
Le  même  travail  ajoute  h  la  note  26  : 
«  Lambert  Sutermans  signait  ses  gravures  L.  Suavius.  » 


La  biographie  des  artistes  de  tous  les  temps  et  de  tous  les 
puples,  publiée  naguère  h  Berlin,  ajoute  qu'il  n'est  pas  établi 
si  Suavius  est  un  même  personnage  avec  Lombard,  s'il  a  été 
ou  non  son  disciple  et  confondu  avec  lui,  ou  s'il  n'est  aucun 
des  deux. 


318 


De  Villenfagne  disant  que  la  famille  Zutmaii  eut  des  repré- 
sentants à  Liège  jusqu'au  siècle  dernier,  il  y  a  peut-être  aifinilé 
avec  les  suivants  : 

1"  Pierre  Zutman,  mayeur  de  Lantremange,  auteur  du  Recueil 
de  différents  privilèges,  records  et  anecdotes  concernant  les  terres 
et  juridiction  de  Lantremange.  1  vol.  in-f",  1617. 

2-  Un  religieux  dont  le  portrait,  gravé,  a  pour  lettre  ces 
mots:  «  Suavius  Andri.  Pred.  zu  Utrecht.  Hustbaet  65  fol:  S.  V. 
Lamseiverde  fec.  ad  vivum  1648. 


Table  des  planches  datées  de  Suavius. 


15     16  La  résurrection  du  Lazare 1544 

0      5  St  Simon  de  la  mite  des  apôtres 1S45 

4       7  St  Jude                       id.               1545 

112  Portrait  de  Michel- Ange 1545 

9  St  Mathieu 1547 

14  Le  Christ  d^  la  suite  des  apôtres 1548 

20  Le  Christ  mis  au  tombeau ,     •     •  1848 

24  St  Pierre  et  St  Paul  conduits  au  supplice  .     .     .  1553 
23  bis  La  guérison  du  boiteux 1553 

121    Vue  du  palais  des  Césars  à  Rome 1553 

115  Portrait  de  M.  Perez 1S53 

79  Portraits  de  Melchior  Sclietz  et  de  sa  femme  sur 

le  même  médaillon;  imprimés  sur  la  même 

feuille  avec  les  deux  figures  suivantes  :     .     .  1554 

25  Hercule  et  Dejanire  sur  un  même  médaillon  .     .  1554 

116  Portrait  d'Erasme  Schetus 1554 

117  Portrait   d'Anna    Stralen,    femme    de   Melchior 

Schetz,  précités.   Ici  elle  est  seule.     .     .     .  1554 

82  i"''  portrait  d'Antoine  Perrenot 1554 

iS  Le  Christ  mort,  déposé  près  du  tombeau.     .     .     .  1554 

1  Buste  de  Jésus 1555 

2  Buste  de  la  Vierge 1555 

81  Second  portrait  d'Antoine  Perrenot,  de  Granvelle.  1556 

63  Marius  sur  les  ruines  de  Carthage.     •     .     .     .     .  1^56 

89  Christ  en  croix ,     .     .     .     .  1557 

97  Les  deux  philosophes 1558 

78  Portrait  de  Baltha:ar  Schetus 1561 

118  Portrait  de  Melchior  Schetus 1561 

62  Allégorie  héraldique 1562 

18  Le  Christ  mort  déposé  près  du  tombeau  .     .     .     .  1567 


Table  des  quatre-vingt  et  une  gravures  de  Suavius 

DÉCRITES  DE  VISL. 


Sujets  du  Nouveau  Testament. 

1  Buste  de  Jésus. 

2  Busle  de  la  Vierge. 

o  Saint,  Jacques  le  Majeur. 
4      »    Jude  ou  Thadée. 
o      »    André. 

6  ))    Simon. 

7  »     Bailhelemi. 

(S  »  Jacques  le  Mineur. 

9  »  Mathieu. 

10  »  ? 

1 1  »  Jean  l'Evangéliste. 

12  ))  Paul. 

13  »  Pierre. 

14  Le  Christ. 

1o  Résurrection  du  Lazare. 

16  Christ  en  croix,  d'après  Lombard. 

17  Le  Christ  descendu  de  In  croix,  d'après  Raphaël. 

18  Le  Christ  mort,  déposé  près  du  tombeau,  entouré  d(^s  saintes 

femmes. 

19  Même  sujet  en  contre-épreuve. 

20  Le  Christ  mis  au  tombeau. 

21  L'apôli-e  saint  Paul. 

22  Saint  Pierre  guérissant  le  boiteux. 


-  321  — 

23  Saint  Pierre  en  prison. 

24  Les  saints  Pierre  et  Paul  conduits  au  supplice. 

Sujets  mythologiques 

25  Hercule  et  Dejanire. 

26  Junon  et  Psyché. 

27  Vulcain. 

28  Les  Grâces. 

29  La  sibylle  Libique. 

30  La  sibylle  Persique. 

Statues  de  femme,  style  antique. 

31  Figure  indiquant  à  gauche. 

32  »  au  livre  et  chiffre  3. 

33  »  au  chiffre  5. 

34  ')  au  poing  sur  la  hanche. 

35  ))  au  manteau  retenu  sur  la  poitrine. 

36  »  à  la  draperie  nouée  sur  le  dos. 

37  La  liseuse. 

38  Figure  indiquant  à  droite. 

39  »      de  dos,  au  monogramme  L  S. 
soulevant  son  voile, 
montrant  son  manteau, 
à  la  tablette. 

de  dos,  au  tronc  d'arbre  et  fond  blanc, 
à  la  niche  coupée, 
k  la  lampe  sépulchrale. 
à  la  couronne  murale, 
à  la  guirlande, 
à  la  lyre. 

49  Statue  d'adolescent,  d'après  i'anliqu(\ 

50  L'homme  à  la  hampe. 


40 

» 

41 

» 

42 

)) 

43 

» 

44 

» 

45 

» 

46 

» 

47 

» 

48 

)) 

322 


ol  Statues  de  reine  et  roi  Daces  prisonniers. 

52  Même  sujet. 

53  Statues  d'une  jeune  fille  et  de  sa  nourrice,  style  antique. 

Allégories. 

54  La  Foi. 

55  L'Espérance. 

56  La  Charité. 

57  La  Charité,  d'après  L.  Lombard. 

58  La  Force. 

59  L'Abondance. 

60  Un  prince  aveugle  entouré  de  ses  conseillers. 

61  Les  Bohémiens. 

62  Allégorie  du  couronnement  de  l'empereur  Maximilien, 

Personnages  Romains  antiques. 

63  Marius  sur  les  ruines  de  Carthage. 

64  Tibère. 

65  Octavius,  père  de  l'empereur  Auguste. 

66  Messaline,  femme  de  l'empereur  Claude. 

67  Caïus  Domitius,  père  de  Néron. 

68  Poppea,  femme  de  Néron. 

69  Vitellius. 

70  Annius  Verus,  père  de  Marc-Aurèle. 

71  Aurellia,  mère  de  C.  G.  (Claudius  Galenus  ?) 

72  Domicilia,  fille  de  Vespasien. 

73  Arricidia,  femme  de  Titus. 

74  Antonius,  père  d'Antonin-Ie-i'ieux. 

75  Faustine,  fille  d'Antonin-le-Pieux. 

76  Crispina,  femme  de  l'empereur  Commode. 


—  323  — 
Portraits  modernes. 

77  Lambert  Lombard. 

78  Portrait  de  Ballhazar  Sclietz  ou  Schelus. 

79  »        de  Melchior  Schetz  et  de  sa  femme. 

80  »        d'Ursule  Lopes,  épouse  de  M.  Ferez. 

81  Deuxième  portrait  d'Antoine  Perrenot  de  Granvelle. 


Table  des  gravures  de  Suavius 

INDIQUÉES  PAR  LES  AUTEURS  ET  QUI  NOUS  SONT  RESTÉES  INCONNUES. 
CELLES  QUE  NOUS  CONSIDÉRONS  COMME  DOUTEUSES  SONT  MARQUÉES 
d'un    ASTÉRISQUE. 


Sujets  Bibliques. 

82*  Adam  et  Eve. 

83  Le  passage  de  la  Mer  Rouge. 

84  Les  Israélites  ramassant  la  manne. 
84*  Esther  devant  Assuérus. 

Sujets  du  Nouveau  Testament 

85  La  Vierge  et  l'enfant  Jésus. 

86  Jésus  ressuscitant  le  lils  de  !a  veuve  de  Naïm, 

87  Jésus  k  table  chez  Simon  le  pharisien. 
87*  Jésus  prêchant  le  peuple  en  paraboles. 

88  La  femme  adultère. 

88*  Jésus  ressuscitant  le  Lazare. 

89  Le  Christ  en  croix. 
89*  Descente  de  croix. 

90  Descente  de  croix. 

90*  Mise  au  tombeau,  d'après  Albert  Durer, 

91  Mise  au  tombeau. 

92  Jésus  marchant  avec  les  deux  disciples  d'Emaus. 
92*  St  Pierre  écrivant  sur  une  tablette. 

92*  St  Pierre  et  St  Paul  à  Alliènes. 
92*  La  guérison  du  Paralytique. 


-  325  — 

93  Un  apùlre  debout,  en  une  niche. 

93*  Une    série    d'apôtres    et    saints    debout ,    avec    leurs 

attributs. 
93*  «  Un  évangéliste    assis  en    une  niche,  écrivant  sur  une 

tablette.  » 

94  Le  couronnement  de  hi  Vierge. 
05  Ste  Marguerite. 

Sujets  profanes  et  allégories. 

96  Hommes  et  femmes  allant  à  un  sacrifice. 

97  La  Philosophie. 

97*  Trois  philosophes  antiques. 
97*  Deux  statues  de  philosophes. 

98  La  Prudence. 

99  La  Justice. 

100  La  Tempérance. 

101  Un  Evangéliste. 

102  Statues  de  femme. 

103  »  » 

104  »  « 

lOo  Trois  figures  grotesques,  à  mi-corps. 

106  Une  tête  de  mort 

Portraits. 

107  Jules  César. 

108  Claude  Néron. 

109  Lollia  Paulina,  femme  de  Galigula. 

110  Un  empereur  romain  assis  dans  une  niche. 

111  Thomas  Philologus  Ravennas. 

112  Michel-Ange  Buonaroltus. 

113  Idem. 


-►  H26  — 

114  Titien. 

115  M.  Perez. 

116  Erasme  Schetus. 

117  Anna  Straelen,  femme  de  Melctiior  Schetus. 

118  Melchior  Schetus. 

119  Rogerius  le  Strange  et  Dorothée  sa  femme. 

Paysages. 

120  Vue  d'une  partie  du  colisée  de  Rome. 

121  Vue  du  palais  des  Césars. 


TRAITÉ   DE   PAIX 


CONCLU  ENTRE 


Hugues,  abbé  de  Slavelot  et  de  Malmédy ,  et  Jean ,  seigneur  de  Schleiden , 
le  18  juin  1S50. 


M.  Arsène  de  Noue,  dans  ses  Études  historiques  sur  l'ancien 
pays  de  Stavelot  et  Malmédy  ,  rappoiHe  que  l'abbé  Hugues  d'Au- 
vergne (1343-1373)  apaisa  les  diffisultés  qui  existaient  depuis 
longtemps  entre  l'église  de  Stavelot  et  Jean  de  Schleiden  au 
sujet  des  nominations  aux  places  de  la  magistrature  à  Malmédy; 
cette  vieille  querelle  avait  souvent  été  le  prétexte  de  longues 
guerres  et  même  de  l'incendie  de  la  ville  de  Stavelot.  Ayant  eu 
la  bonne  fortune  de  trouver  à  Aix-ia-Ghapelle,  dans  la  collec- 
tion de  feu  M.  Ritz,  que  so  i  lits  a  bien  voulu  mettre  à  m;)  dis- 
position, l'original  du  traité  conclu  à  ce  sujet  le  18  juin  1350, 
par  l'interméJiaire  de  l'évêque  de  Liège,  Euglebert  de  La  Maick, 
je  crois  être  agréable  aux  historiens  liégeois  en  publiant  ici  le 
texte  littéral  de  ce  document. 

Les  membres  de  la  famille  le<  seigneurs  de  Schleiden  men- 
tionnés dans  notre  diplôme  figurent  dans  les  notices  généalo- 
giques que  donne  M.  Bârsch  dans  son  Eiilia  illustrata,  I,  2, 
page  655  et  suivantes. 

Hlgo  Loersch, 

Professeur  à  l'Université  de  Buno. 


3â8 


A  tous  cheaiis  qui  chest  présent  chyrographe  verionl  ou  orroni,  Hues, 
parle  soffranche  de  Dieu,  abbés  do  églises  de  Siavio  et  de  Malmedie,  des 
dyoc.eses  de  Lyege  et  de  Cologne,  et  Jehaiis,  site  délie  Scleyde,  cheva- 
liers, salut  en  Dieu  et  conihsîinclie  de  veriteit.  Sachent  tuit  que  comme 
discors,  guerres  el  debas  aient  esteit  entre  nous,  le  dit  abbeit  et  religieus 
bornes  les  doijens  et  capitles  des  de'^us  diites  eglizcs  et  paijs  de  Slavlo  et 
de  Miiimedio,  «l'une  part,  ei  nous,  le  signe  ir  del  Scleyde  cl  nobles  homes 
Conrat  délie  Scleyde,  prov<js  de  S;iint-Gyrion  de  Cdlogne,  notre  frère, 
monsigueur  Thiri.  signeur  de  JûMcrod(%  che\alier,  Willeaume  délie 
Scleyde,  canoine  de  Cologne,  nos  oncles,  et  Jehans  de  Lansvell,  lilh 
Thiri  de  Meiros,  nos  aidans  et  confortans,  d'autre  part  ;  et  nos,  li  dis 
abbés,  por  nos,  nôtres  eglizes  et  paijs,  d'un  costeil,  et  nos,  li  sires  del 
Scleyde,  por  nos,  nos  dis  fi  ère  et  oncles  [et]  Jehan  de  Lansvelt,  el  nos 
aidans  et  conforlans,  d'autre  costeit.  nos  en  lui-siens  mis,  de  haut  et  de 
bas,  en  le  volonieit  et  en  la  disposition  et  ordinanche  de  révèrent  père 
en  Nostre-Signeur  Jhesu  Crist  notre  très  chier  signeur  monsignour 
Engleliiert,  par  le  grasce  de  Dieu  eveske  de  Lyege,  pour  mettre  le  bien 
de  pais  et  l'ac.oit  entre  nous,  les  dittes  parties,  et  nos  aidans,  à  perpe- 
tuiteil  ; 

Si  sommes  nous,  li  sires  délie  Scleyde,  por  noire  dilte  partie  a  che 
consentit  et  acortleii  parle  coiiseilh,  dit,  traitiet,  pronuiiciaiion  et  accor- 
danche  de  noire  dit  révèrent  peie,  que  bone  pais  etaccort  doieni  estre 
et  seront  a  Inus  jourv  mais  des  (îiiles  guerres,  discors  et  debas  que  nous 
avons  eus  juscjucs  au  jour  d'ui  au  dit  abbeit.  ses  eglizes  et  son  paijs,  et 
avons  renun(  hiet  el  renunchons  dès  maintenant  a  tout  le  droit  et  action 
ke  nous,  nos  dis  frères,  no  oncle  et  Jehans  de  Lansvelt  poriens  et  devriens 
demandeir  por  nous,  nos  hoirs  et  successeurs  et  les  hoirs  et  successeurs 
de  cascliun  d'eausa  le  niayrie  deiMalmedie  el  de  sesappendiches,et  aussi 
a  tout  le  droit  el  action  que  nos  aviens  et  poijens  avoir  en  une  provende 
Iciiuelle  nos  demandions  a  avoir  sour  l'eglize  de  Malmedie;  el  renunchons 
aussi  nous,  li  sires  délie  Scleyde,  ses  frères  el  si  oncle  desus  dit,  a  tout 
chu  que  nos  poriens  diiiiandeir  pour  le  mort  de  Piètre  de  liulissen  et  a 
tous  les  autres  clains,  demandiscs,  occoisons  et  debas  ki  pueleni  esire 
avenus  entre  nous,  les  dis  religieus  et  lor  partie,  et  ke  nos  poriens  faire 
por  les  choses  desus  dites  jusques  au  jour  d'uy,  et  aussi  a  tous  cous, 
irais,  despens  et  damages  que  nous,  notre  aidant  el  confortant  avons 
souslenut  et  eut  a  l'occoison  des  dis  discors  et  debas.  et  pour  le  mairie, 


1 


—  329  — 

provende  et  mort  desusdittes,  et  pour  toutes  autres  occoisons  juskes  au 
jour  d'uy;  et  quitons  enlirement  |)or  nos,  nos  hoirs  et  successeurs,  les 
hoirs  et  successeurs  de  caschun  des  desusdis  notre  frère,  oncles  et 
Jehan  de  Lansvelt,  tout  chu  que  nos  poriens  jamais  dt^mandeir  à  la  ditte 
mairie.  Et  encors  avons  encouent  nous,  li  sires  délie  Scleyde,  (rabondant, 
que  nos  ferons  le  dit  Jehan  de  Lansvelt  aleir  pardevant  le  dit  abbeit  et 
ses  homes  et  quiteir  en  tesmoignage  de  ses  homes  tout  le  droit  k'ilh  et 
si  successeur  poroient  jamais  clameir  en  le  diite  mairie  de  Malmedie;  et 
se  chu  ne  fait  li  dis  Jehan,  et  damages  en  avenist  au  dit  abbeit,  ses  eglizes 
et  son  paijs,  nous,  li  sires  délie  Scleyde,  en  devrons  et  avons  encovent  en 
bone  foid  de  jetteir  et  desdamageir  le  dit  abbeit,  ses  eglizes  et  son  paijs. 
Item  nous,  li  sires  délie  Scleyde,  avons  renunchiet  et  renunchons  pour 
nous  et  le  dit  signeur  de  Joncrode,  nofre  oncle,  nos  hoirs  et  successeurs  et 
les  siens  et  pour  toute  notre  partie,  a  le  deraandise  ke  nous  et  nos  dis 
oncles  faisions  a  dit  abbeit,  ses  eglizes  et  son  paijs  pour  le  chevauchie 
que  mesire  Ponches  de  Margeri,  provos  délie  Roche  pour  le  temps,  fist  por 
î'abie  de  Stavlo  si  qu'ilh  disdit  en  le  ville  le  dit  signeur  de  Joncrode  a 
Meuringes,  et  avoek  tout  che  a  tous  autres  claius  et  calenges  que  nous  et 
li  sires  de.loncroide,nos  oncles,  por  nos,  nos  hoirs  et  successeurs  poriens 
demandeir  a  dit  abbeit,  ses  eglizes  et  paijs  jusques  au  jour  d'uy  por  les 
chozes  desusdites.  Ei  est  a  savoir  que  tout  li  prison  ki  pris  sunta  l'occoison 
des  dis  debas  sunt  quites  et  les  quitons  entiremenf.  mais  ilh  dolent  gésir 
et  estre  en  le  main  mon  signeur  de  Lyege  desusdit  jusques  a  tant  que  li 
dit  prison  ou  autres  de  par  eans  a  lour  cous,  frais  et  despens,  aront 
impetreit  de  l'auctoriteit  notre  saint  père  le  pape  u  de  son  peniianchier 
une  absolution  por  cheaus  ki  sunt  u  seroient  excommenijes,  entredis  et 
culpables  de  le  prise  des  dis  prisons;  et  nos,  li  sires  délie  Scleyde  et 
chilh  ki  seroient  ciilpahle  de  fait,  devons  constitueir  procureur  en  le  court 
de  Rome  ki  aie  pooir  de  chu  a  impetreir;  et  devront esfre  ches  absolutions 
impeirees  dedens  le  feste  saint  Rcmy  proehainemenl  venant;  et  s'elles  ne 
l'estoient,  dont  pomit  noire  dis  père;-  en  Dieu  li  (■ve^kes  de  Lyege  somonir 
les  prisons  de  rentreir  en  prison  après  le  fieste  saini  Remy,  !a  u  ilh  li 
plairoit.  Et  nos,li  abbes  desusdis,  pour  aeq  leiie  pais  et  concorde,  et  par- 
mi l'acort  et  traiiiei  fait  j  ar  notre  revereni  père  en  Dieu  desusdit,  avons 
encovent  et  prome;  tons  en  bone  foid  et  loialuient  que  por  les  renuncia- 
tions,  quitanches  et  autres  choses  chi  deseure  escriptes  que  li  dis  sires 
délie  Scleyde  et  sa  partie  ont  fait  a  nous,  nos  eglizes  et  paijs,  nous  paierons 


-  330  — 

a  dit  signeur  délie  Scleyde,eii  nom  et  a  oes  de  lui  et  de  sa  ditle  partie,  V*^ 
et  chinquante  escus  vies  bons  d'or  et  de  pois,  u  monoie  a  l'avenant,  a 
termes  chi  desous  nommeis  ch'est  a  savoir  :  C  et  L  escus  dedens  le  fieste 
saint  Gilleet  C  et  L  dedens  le  fieste  saint  Remy,  et  le  remanant  dedens  le 
fieste  (iel  Toussains  prochainement  venans;  et  s'ensi  estoit  (que  ja  ne  puist 
avenir!)  que  nos,  li  abbes  desusdis,  fuissiens  troveis  en  faute  de  paijer  les 
dittes  sommes  de  florins  az  dis  termes,  dont  volons  nos  et  a  chu  nos 
consentons  que  li  dis  sires  délie  Scleyde  et  si  aidans  por  faute  de  caschun 
paiement  puist  entreir  et  brisier  le  paijs  de  Stavlo  et  de  Malmedie  et 
prendre  et  paneir  sour  le  dit  paijs,  sens  descompteir  de  le  somme  des 
chinqcens  et  L  escus  desus  dis,  jusques  a  tant  qu'ilh  sera  paijet  entirement 
de  toute  le  dilîe  somme;  et  de  chu  ne  li  devons  contresteir  ne  nos  justices 
ne  paijs,  et  en  chu  faisant  ilh  ne  meft'eral  (i)  nient  a  nous  ne  n'i  puel  mef- 
faire,  car  nos  nos  j  obligons  de  notre  lyege  volonteil,  sauf  tant  k'ilh,  li  dis 
sires  délie  Scleyde  ne  si  aidant  ne  devront  riens  nieffaire  ens  eglizes  de 
Stavlo  ne  de  Malmedie,  ne  ne  devra  mettre  le  main  ne  faire  mettre  al  abbeit 
ne  as  persones  des  dittes  eglizes.  Et  par  tant  que  chis  pais  et  acors  soient 
plus  fermes  et  plus  estables,ct  en  tesmoignage  des  chozes  desusdittes,  nous, 
li  abbes  desusdis,  avons  appendul  notre  propre  seal  a  ches  présentes  lettres 
et  prions  et  requérons  amiablemenl  a  doyiens  et  capitles  des  dittes  eglizes 
de  Stavlo  et  de  Malmedie  k'ilh  lor  plaise  tenir  et  wardeir  le  pais  et  l'acort 
desusdittes  et  gréer  chu  que  nous  en  avons  fait  pour  le  mellour,  et 
appendre  por  chu  a  ches  présentes  lettres  lor  propres  seauz  avoek  le 
notre.  Et  nous,  li  doyen  et  capitle  de  Stavlo  et  de  Malmedie,  ki  avons 
encovent  de  tenir  et  wardeir  le  dilte  pais  et  accort,  avons  appendus  nos 
propres  seauz  as  dittes  lettres.  Et  nous,  li  sires  délie  Scleyde  desus  dis, 
Conrars  ses  frères,  me  sire  Thiris  sires  de  .Joncroide  et  Willeaumes  délie 
Scleyde  si  oncle,  ki  avons  aussi  encovent  de  maintenir  et  wardeir  le  pais 
et  accort  desus  dis  pour  nous  et  nos  hoirs  et  successeurs  après  nous, 
avons  aussi  fait  appendre  nos  propres  seaus  a  ches  lettres.  Et  nous,  Ij 
abbes  et  li  sires  délie  Scleyde  desusdit,  prions  et  supplions  a  notre  très 
chier  signeur  mon  signeur  l'evesque  de  Liège  desusdit  et  a  noble  home  et 
poissant  mon  signeur  de  Falcomont  chevalier  k'ilh,  por  plus  grant  ferme- 
teit  et  a  fin  qu'ilh  aident  que  cheste  présente  pais  soit  maintenue  etwardee, 
lour  plaise  a  mettre  lor  seauz  a  ches  présentes  lettres  overtes  avoekes  les 

M  I  t,(;s  fierniorcs  ii-.ltri'S  sunl   ondom  iiiiigees  par  le  pli. 


331 


nôtres.  El  nos,  ii  eveskes  de  Lyege  et  H  sires  de  Falcomont  desus  dis,  a  le 
proijere  et  supplication  des  dis  abbeit  et  signeur  délie  Scleyde,  qui  avons 
encovent  d'aidier  a  wardeir  le  ditte  pais  et  acort  entirement,  avons 
appendus  et  fait  appendre  nos  propres  seauz  a  ches  présentes  lettres,  ki 
furent  faites  et  données  l'an  de  grasce  mil  ccc  et  l,  xviii"^  jour  del  moys 
de  Jun. 

(Sous  le  pli)..  Adul.  per..  dom.) 

Sur  le  pli,  l'indication  des  sceaux  dans  l'ordre  suivant  :  adbas. 
convenius  Stabulensis.  conventus  Malmundariensis.  dominus  de 
Scleda.  Conradus  de  Scleda.  dominus  de  Joncrode.  WtUelmus 
de  Scleda.  episcopus  Leodieîisis.  dominus  de  Falcomonte. 

De  tous  les  sceaux,  celui  de  la  communauté  de  Stavelot  seul 
est  conservé  entier,  mais  très-rogné;  celui  de  la  communauté 
de  Malmédy  dans  sa  partie  inférieure;  celui  de  Conrad  de  Sleide 
est  brisé  en  deux;  l'écusson  avec  lion  droit  marchant  à  droite, 
est  conservé;  quelques  débris  restent  de  celui  du  seigneur  de 
Joncrode.  Toutes  les  queues  de  parchemin  sont  à  leurs  places. 

Charte  sur  parchemin  de  la  collection  de  feu  M.  Ritz,  à  Aix- 
la-Chapelle.  Hauteur  :  35  cent.,  largeur  50,5  cent.  Belle  écri- 
ture, les  marges  larges;  au  haut  de  la  charte  se  présente,  à 
l'envers,  la  moitié  du  mot  chirographus. 

Au  dos  de  la  feuille,  plusieurs  notes  de  diverses  mains,  qui 
se  suivent  ainsi  dans  l'ordre  chronologique  : 

Litera  pacti  inter  ecclesias  nostras  et  dominum  de  Scleda, 
facta  a.  13î)0. 

Renunciation  par  ceulx  de  la  maison  de  Scleda  à  la  mairie  et 
biens  de  Malmedie,  etc.,  parmy  V"^  L  escus. 

Stabulaus.  Hugo  abbas.  A.  g.  C.  A.  36. 


AGE  DES  VILLAS  ET  TUMULUS 

DE   LA    HESBAYE  (  '  ). 


Bacon  nous  enseigne  que  la  vérité  se  dégage  plus  facilement 
de  l'erreur  que  de  la  confusion. 

Précisons  donc  avec  netteté  quelle  est  la  véritable  position 
de  la  question  à  discuter  ci-après. 

Deux  systèmes  sont  en  présence  : 

D'après  le  premier,  la  Belgique,  pendant  toute  la  domination 
romaine,  aurait  été  absolument  inculte  et  dépeuplée. 

D'après  le  second,  au  contraire,  la  Belgique,  à  la  même 
époque,  aurait  fourmillé  de  villas  opulentes,  auprès  desquelles 
se  seraient  groupées  des  agglomérntions  d'habitations,  berceaux 
de  nos  villages  modernes. 

La  vérité,  comme  presque  toujours,  n'est  ni  dans  l'une  ni 
dans  l'autre  des  thèses  extrêmes. 

D'abord,  dégageons  la  question  de  toute  préoccupation  étran- 
gère à  la  science  archéologique  et  ne  nous  faisons  pas  les  parti- 
sans systématiques  de  ceux  qui,  dès  le  premier  siècle,  allèguent 
l'apostolat  en  Belgique  d'un  premier  S.  Materne,  disciple  de 
S.  Pierre,  et  au  11^  au  111%  la  présence  de  chrétiens  dans  les 
légions  romaines  de  la  Gaule-Belgique  (-).  Mais  n'adoptons  pas 

(•)  Dans  l'intérêt  de  la  dignité  de  la  discussion,  imprimons  à  celle-ci  une  allure 
qui  ne  soit  pas  celle  de  la  polémique  quotidienne  des  journaux  :  les  questions 
scientifiques  sont  au-dessus  de  la  personnalité  de  ceux  qui  les  discutent. 

('-)  Voir  Actn  SS  du  17  oct.,  ViH,  p.  31. 


-   334  — 

non  plus,  sans  la  contrôler  de  près,  l'opinion  contraire  à  celle 
des  Bullandisles,  opinion  dont  la  portée  serait  de  reculer  jus- 
qu'au V'^  siècle  l'époque  de  l'introduction  en  Belgique  du  chris- 
tianisme, dont  jamais  aucune  trace  n'a  été  découverte  dans  le 
tréfonds  romain  de  nos  villas. 

A  ceux  qui  demanderont  à  quoi  bon  rechercher  la  date  où 
les  villas  et  tumulus  ont  cessé  d'être  en  usage,  on  répondra 
que  rien  n'est  inutile  en  matière  scientifique,  et  il  est  d'ailleurs 
toujours  important  de  fixer  des  jalons  certains  pour  l'histoire. 

N'est  ce  pas  quelque  chose,  en  effet,  que  de  n'avoir  plus  5 
se  demander,  quand  on  lira  nos  historiens  futurs,  si  «  entre 
»  l'invasion  de  César  et  l'arrivée  des  Franks,  des  feuillets 
»  n'ont  pas  été  égarés  à  l'imprimerie  ou  oubliés  par  le  bro- 
»  cheur  (')  ?  » 

César  (B.  G.,  1,  33,  voy.  ibid.  28,  3)  considérait  comme  un 
grand  danger  pour  l'Empire  que  les  Germains  s'habituassent  à 
franchir  le  Rhin  ;  et  en  effet,  comme  l'a  très-bien  fait  remarquer 
Fauriel,  les  invasions  des  Germains  datent  de  bien  loin  avant 
les  grandes  invasions  du  commencement  du  V'^  siècle  ;  elles 
n'ont  pour  ainsi  dire  jamais  cessé,  sinon  dans  une  période  dont 
il  sera  parlé  plus  loin,  où  elles  ont  été  momentanément  com- 
primées, mais  pour  reprendre  bientôt  leur  essor. 

Elles  avaient  commencé  avant  la  conquête  romaine;  c'est  à 
elles  que  remonte  l'arrivée  en  Belgique  des  Nerviens,  des  Ébu- 
rons,  et  d'autres  peuples  d'origine  germanique,  qui  refoulèrent 
les  Gaulois  et  les  expulsèrent  d'une  partie  du  territoire  de  la 
Belgique. 

Ces  poussées  (-)  des  barbares  qui  transportèrent  les  Ména- 


(*)  Prospectus  du  IV^  vol.  de  Schayos,  publiti  en  1877  par  M.  Van  Dessel. 

(-)  Ansibarii  pulsi  a  Chaucis  (Tacit.,  A?»?.,  XUI,  5S);  Bnicteri  pulsi  a  Charaavis 
el  Angrivariis  (lu,  .Vor.  Germ.,  XXXIH);  Marcomanni  pulsi  a  superioribus  bar- 
baris  (Cai'ITOl.,  in  M.  Ani.  pliil- ,  XIV),  etc.,  etc. 

Aussi  QuiCHElîAT,  Bull,  (le  la  Soc.  det  Aniiq.  de  France,  1875,  p.  168,  emploie- 
t-il  Ift  mol  piopre  en  parlant  des  poussées  des  barbares. 


—  33b  — 

piens  des  bords  du  Rhin  jusqu'à  ceux  de  la  mer,  etc.,  etc.,  ne 
furent  pas  absolument  maîtrisées  par  César,  car  en  l'an  26  de 
l'ère  chrétienne,  sous  Tibère,  les  Gaules,  d'après  Aurelius 
Victor,  furent  ravagées  par  les  nations  voisines  (a  fînitimis  gen- 
libus  Galliae  direptae  sunt)  ;  Suétone  nous  le  dit  formellement, 
ces  voisins  gênants  étaient  les  Germains  (Gallias  a  Germanis 
Tiberius  vastari  neglexit);  c'est  bien  ainsi  la  Belgica  qui  dut 
subir  le  principal  effort  de  celte  invasion. 

Sous  Claude  (en  l'an  47  ou  48),  nous  voyons  les  Barbares  de 
la  Germanie,  et  nommément  les  Chauques,  qui  reparaîtront 
plus  loin,  dévaster  une  partie  de  la  Gaule-Belgique,  portant  le 
nom  de  Germanie  inférieure,  partie  à  laquelle  appartient  notre 
ville  de  Tongres  (Tacit.,  Ami.,  XI,  18,  19). 

A  peine  vingt  autres  années  se  passent-elles,  que  les  inci- 
dents de  l'insurrection  de  Civilis  en  l'an  70,  incidents  dont 
plusieurs  eurent  lieu  au  sein  de  nos  contrées,  dans  les  avia 
Belgarum,  près  du  pons  Mosae,  etc,  ne  permirent  guère  encore 
aux  habitants  du  pays  de  s'installer  à  la  campagne  dans  des 
villas  luxueuses. 

Mais  alors  s'ouvre  une  période  très-longue  de  repos  et  de 
tranquillité,  que  M.  le  chanoine  Cajot  croit  également  avoir 
pris  naissance  avec  la  paix  entre  les  Romains  et  les  Germains 
qui  suivit  l'insurrection  de  Civilis  ('). 

Heureux  les  peuples  qui  n'ont  pas  d'histoire,  a-t-on  dit  ;  le 
mot  est  applicable  à  la  Belgique  d'alors  dont  le  nom,  pas  plus 
que  celui  de  la  Gaule,  n'est  cité  sous  les  successeurs  de  Vespa- 
sien,  jusqu'à  Nerva,  qui  fut  proclamé  empereur  chez  les  Séqua- 
nais,  peuple  de  la  Belgica.  et  Trajan,  qui  avait  été  gouverneur 
de  la  Germanie  inférieure;  ces  princes  avaient  donc  contribué  à 
maintenir  la  paix  dans  nos  contrées,  avant  leur  avènement  à 
l'Empire. 

Quant  aux  grands  règnes  d'Hadrien  et  des  deux  premiers 

i')   Aiin.  de  la  Snciélé  archéol.  de  t\'nmiir,  XIV,  p.  97,  note  i. 


:s36 


Autoiiiiis,  un  auteui-  a  pu  iiitilulor  le  chapitre  qui  en  traite,  de 
celte  rubrique  éloquente  :  «  Belgica  pauca  sub  impp.  Hadriano, 
Antonino  Pio,  et  iMarco  Aurelio  philosopho.  » 

C'est  cette  période  qu'indiquent,  sans  exception,  par  les  mon- 
naies qui  y  ont  été  trouvées,  toutes  les  villas  de  la  route  de 
Cologne  à  Bavay  jusqu'un  peu  au  delà  de  Tongres,  et  tous  les 
tumulus  de  la  Hesbaye  (dépendances  mortuaires  de  ces  villas, 
comme  l'a  prouvé  la  paire  de  petits  trépieds  découverts  l'un 
dans  une  villa  à  Pelit-Fresin,  l'autre  dans  un  tumulus  à  Grand- 
Fresin), 

Les  monnaies  impériales  ont  eu  cours  sous  tout  l'Empire, 
soit!  Mais  quand  l'induction  tirée  de  la  date  des  monnaies  con- 
corde avec  une  période  de  tout  un  siècle  de  calme  et  de  tran- 
quillité, serait-il  interdit  d'invoquer  ces  monnaies  comme 
un  contrôle  utile  des  faits  historiques  connus,  et  réciproque- 
ment ? 

D'une  part,  cent  ans  de  paix;  d'autre  part,  une  série  de  villas 
et  de  tumulus,  tous  datés  des  mêmes  cent  ans,  ne  donnent-ils 
pas  lieu  de  supposer  que  l'absence  de  monnaies  postérieures 
n'est  pas  un  simple  accident  ? 

M.  le  chanoine  Gajot,  dont  l'autorité  vient  d'être  invo- 
quée, a  produit  une  autre  induction  à  laquelle  on  avait  déjà 
songé  (')  : 

«  Les  données  fournies  par  les  monnaies  d'un  trésor,  dit-il, 
permettent  d'assigner  au  dépôt  non-seulement  une  antiquité 
minima,  mais  sa  date  précise  ;  car  on  peut  avancer  en  règle 
générale  que  les  monnaies  les  plus  récentes  d'un  trésor  enfoui, 
au  moins  quand  elles  sont  nombreuses  et  à  fleur  de  coin, 
désignent  d'une  manière  presque  certaine  le  règne,  je  dirais 
volontiers  Tannée,  pendant  lesquels  le  trésor  a  été  caché.  Cette 
date  une  fois  trouvée,  on  remarquera  qu'elle  coïncide  presque 

(')  idill.  des  Comm.  rotj.  d'art  et  d'ajxhéol.,  V.  p.  515),  noie  2,  où  il  est  parié 
du  iresor  de  Mespelaere,  cit«?  ci-après. 


-  387  — 

toujours  avec  un  bouleversement  ou  une  invasion,  doai  la 
crainte  aura  déterminé  le  propriétaire  du  trésor  à  le  confier  à 
la  terre...  Dans  leur  langage  muet,  les  monnaies  nous  désignent 
les  années  où  ces  trésors  ont  été  cachés,  comme  des  années 
d'inquiétude  pour  les  colons;  elles  nous  disent  les  agitations  de 
ces  époques  éloignées,  les  appréhensions  et  les  craintes  à 
l'annonce  d'un  danger  imminent...  Quand  on  rencontre  des 
trésors  nombreux  de  ces  monnaies  confiés  à  la  terre  à  la  même 
date,  on  doit  se  dire  :  leur  enfouissement  a  eu  une  cause  com- 
mune. » 

M.  le  chanoine  Cajot,  outre  le  trésor  de  Mespelaere  déjà  cité, 
en  produit  deux  autres  de Sweveghem  et  de  Baudour  qui,  comme 
celui-là,  indiquent  le  règne  de  Marc-Aurèle  :  les  monnaies  de 
Commode  encore  César  (i)  et  même  déjà  Auguste  (de  178  à  180), 
o'esi-à-diie  avant  qu'il  n'eût  succédé  à  son  père,  ont  eu  cours 
pendant  plusieurs  années  du  règne  de  celui-ci. 

Un  quatrième  trésor  important  rentre  dans  la  même  caté- 
gorie, c'est  celui  qui  fut  découvert  en  1830  dans  la  commune  de 
Baerlo,  près  de  Blerick  (-)  (Limbourg  hollandais),  et  qui  contenait 
des  pièces  d'or  et  d'argeiit,  vendues  par  finvenîeur  pour  plu- 
sieurs milliers  de  florins:  toutes  ces  monnaies  étaient  comprises 
entre  les  règiics  d'Auguste  et  d'Antonin. 


(*)  Tel  ost  certainement  le  cas  pour  l'abondant  trésor  de  Mespelaere,  comme  on 
peut  le  voir  chez  M.  Galesloot,  Le  Brabant  sous  l'empire  romain  -.  Commode  avait 
été  dès  l'âge  de  cinq  ans  décoré  du  nom  de  César,  et  il  avait  environ  dix-neuf  ans 
quand  il  succéda  à  son  père  :  «  Puer  Caesar  appellatus  est,  »  dit  Lampride,  c.  1. 
EcKHEL  et  Cohen  nous  font  connaître  des  monnaies  portant  le  nom  de  Commode, 
mises  en  circulation  dès  l'an  172  et  473,  et  il  serait  bien  possible  que  ce  ne  fussent 
pas  les  plus  aiioiennes. 

(*)  Voir  sur  celte  trouvaille,  Publications  de  la  Société  d'archéoloqie  dans  le 
duché  de  Limbourg,  I,  P.64,  II,  p.  247;  l'Eclaireur  de  Maeslricht  du  20  juin  1830, 
Le  Courrier  de  la  Meuse  du  23  du  môme  mois,  n"  147;  ScHAYis  111,  p.  424,  qui  cite 
Van  der  Chys,  I,  p.  349,  s'occupe  de  la  même  trouvaille,  ainsi  que  Gaedechens; 
Das  Medusenltaupt  von  Blariacum,  p.  4. 


—  338  — 
II. 

Un  événement  a  donc,  sous  les  premiers  Antonins,  provoqué 
l'enfouissement  de  trésors,  en  des  localités  éloignées  de  la 
Gaule-Belgique,  trois  sises  dans  le  Hainaut  et  les  deux  Flandres, 
qui  faisaient  alors  partie  de  la  Belgica  proprement  dite,  et  une 
dans  la  Germania  inferior. 

Cet  événement  dont  l'importance  est  assez  généralement 
admise,  a  cependant  été  considéré  comme  tout  à  fait  insigni- 
fiant par  un  auteur  qui  fait  régner  en  Belgique  la  sécurité  et  la 
prospérité  la  plus  complète,  bien  au  delà  du  règne  de  Marc- 
Aurèle... 

Il  y  a  donc  lieu  d'étudier  de  près  cette  «  prétendue  invasion 
des  Chauques,  si  peu  connue  dans  l'histoire,  «  comme  on  l'a 
appelée. 

«  Dès  le  règne  de  Marc-Aurèle,  dit  Gibbon,  presque  tous  les 
Germains  entrèrent  dans  une  conspiration  générale  qui  glaça 
l'empire  d'effroi,  depuis  l'embouchure  du  Rhin  jusqu'à  celle  du 
Danube  (').  Une  invasion  si  dangereuse  excitait  toute  la  fermeté 
el  toute  la  vigilarice  de  Marc-Aurèle.  Il  confia  plusieurs  postes 
importants  à  d'habiles  généraux.  » 

Pertinax  et  Didius  Julien,  depuis  empereurs  l'un  et  l'autre, 
avaient  été  deux  des  généraux  choisis  par  Marc-Aurèle,  et 
celui-ci,  pour  reconnaître  leurs  services,  tant  ceux-ci  avaient 
été  considérables,  le;,  fit  nommer  consuls  en  l'an  478  (*). 

Mais,  dit-on,  l'expédition  des  Chauques  en  Belgique,  n'a 
guère  pénéiré  dans  ce  pays;  elle  a  été  arrêtée  tout  court  à  la 
Irontière  par  Didius  Julietï.  Donc  toutes  ces  prétendues  inquié- 
tudes des  habitants  des  villas  rurales  ne  sont  que  chimères  ;  la 


('-)  Hisi.  Aug.,  viii;  Ammien  Marcellin,  XXXI,  S  ;  Aurelius  Vict.  etc. 

(*)  D'après  un  mémoire  pub  i'-  par  l'Académie  de  Belgique,  -1875,  XLI,  p.  41, 
ce  consulat  daterait  seulement  du  mois  de  Juillet  179.  il  est  vrai  que  Borchesi  le 
place  en  175  (C.I.L.,  VI,  -r'  1401). 


—  339  - 

tranquillité  la  plus  complète  a  continué  à  régner  en  Hesbaye.... 

Dans  le  texte  de  Spartien,  tous  mots  portent;  citons-les: 
«  Belgicam  (Didius  Julianus)  sancte  et  diu  rexit.  Ibi  Gauchis, 
Germaniae  populis,  qui  Aibim  fluvium  accolebant,  erumpenti- 
bus  restitit,  tumultuariis  auxiliis  provincialium:  ob  quae  con- 
sulatum  meruit,  testimonio  imperatoris.  » 

Remarquons  d'abord  (bien  que  plus  tard  certains  vers  con- 
nus de  Claudien  opposent  les  Chauques  à  tous  Belges  quel- 
conques), qu'il  s'agit  ici  de  la  Belgica,  dans  son  sens  le  plus 
strict,  et  non  pas  de  la  Gallia  Bdgica  en  général  :  celle-ci  à 
l'époque  où  nous  sommes,  comprenait  trois  parties,  la  Belgica 
(non  encore  divisée  en  Prima  et  Secundo),  et  les  deux  Ger- 
maniae {Superior  et  Inferior)  ('). 

Or,  dans  le  passage  cité,  Belgica  est  opposée  à  Germania  infe- 
rior, avec  emploi  du  môme  mot  rexit;  Spartien  continue  en 
effet  :  «  Postea  Germaniam  inferiorem  rexit.  » 

La  même  distinction  est  établie  dans  un  cwsus  honorum  de 
ce  personnage,  où  il  est  dit  qu'il  fut  successivement  legatus 
Augusti  pro  praetore  de  la  Belgica,  de  la  Dalmatia,  puis  de  la 
Germania  inferior  (^). 

Les  deux  Germanies,  on  le  sait,  étaient  sises  sur  la  rive 
gauche  du  Rhin,  l'une  en  atnont,  vers  Mayence,  l'autre  en  aval, 
ayant  Cologne  et  Tongres  pour  villes  principales  (■'). 


(  *  )  On  discute  même  le  point  de  savoir  si  la  Germanie  n'était  pas  une  province 
indépendante  de  la  Gallia  Belgica.  [Voir  dans  ce  sens  L.  Renier,  nouv.  édit.  de 
Spon,  Recherches,  etc.,  p.  141);  l'illustre  Mommsen,  et  d'autres  savants,  mais  de 
second  ordre,  sont  d'une  autre  opinion  :  en  tout  cas  ,  on  n'admettra  pas  l'avis  d'un 
de  ces  derniers  qui  suppose  que  Didius  Julien  résista  dans  la  Germania  aux  incur- 
sions des  Germains;  ce  ne  peutêtre  en  aucun  cas  pendant  qu'il  était  gouverneur 
de  la  Germania  inferior,  puisque  celle-ci  était  une  province  impériale  consulaire, 
et  que  Didius  Julien  ne  fut  nommé  consul  qu'après  l'exploit  en  question. 

(2)  Corpus  inscript,  latin,  VI,  n"  1401. 

(')  On  sait  que  l'inscription  du  musée  de  Liège,  trouvée  en  même  temps  qu'une 
autre  du  musée  de  Bruxelles  dédiée  aux  Fines  ou  divinités  des  frontières,  provient 
de  Brohl,  près  d'Andernach  ;  en  cet  endroit,  coule  un  ruisseau   nommé  Finxibach 


—  340  — 

Les  Chauques  qui,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  avaient  déjà 
une  première  fois  pénétré  dans  la  Germania  inferior,  la  traver- 
sèrent tout  entière  cette  fois  et  s'avancèrent  tout  au  moins 
jusqu'aux  frontières  de  la  Belgica;  or  Tongres  appartenait 
à  la  Germania  inferior ... . 

Donc,  même  si  les  Chauques  ont  été  arrêtés  à  la  frontière  de  la 
Belgica  romaine,  ils  n'en  avaient  pas  moins  pénétré  dans  notre 
Belgique  actuelle  et  au-delà  de  Tongres.  Cela  est  de  toute  évi- 
dence, et  cela  suffît  à  la  thèse  ici  soutenue. 

Qu'est-il  besoin,  après  cela,  de  discuter  sur  le  temps  qu'ont 
incontestablement  exigé  des  levées  en  masse,  et  des  réquisi- 
tions allant  susciter  le  concours  de  tous  les  provinciaux  depuis 
l'Escaut  jusqu'à  la  Seine  et  jusqu'à  la  Marne  ?  En  supposant 
même  que  l'armée  de  Didius  Julien  se  soit  trouvée  tout  équi- 
pée à  la  frontière  de  la  Belgica,  quand  les  Chauques  s'y  sont 
présentés,  ceux-ci  n'avaient  pas  moins  dépassé  Tongres,  et  par 
conséquent  ruiné  ce  qu'ils  avaient  rencontré  sur   leur  route. 

Soutenir,  comme  on  l'a  fait  (*),  que  les  Chauques  sont  allés  au 
moins  jusque  vers  Waremme,  ce  n'est  donc  que  rester  dans  la 
plus  stricte  vraisemblance. 

A  en  juger  par  la  récompense  impériale,  il  faut  bien  certai- 
nement que  l'exploit  de  Didius  Julien  ait  été  considérable; 
c'est  à  ce  critérium  qu'il  faut  juger  le  danger  qu'il  réprima,  et 
la  crainte  ou  au  moins  l'inquiétude  que  ce  danger  avait  fait 
naître.  N'est-ce  pas  même  cette  crainte  ou  cette  inquiétude  qui 
engagea  l'empereur  à  contiei"  à  Didius  Julien,  après  son  con- 
sulat, le  gouvernement  de  cette  Germania  inferior  que  les 
Chauques,  avant  d'arriver  à  la  Belgica,  avaient  impunément  tra- 


(ruisseau  àe&  fines),  qui  passe  pour  avoir  séparé  la  Germania  superior  de  la  Ger- 
mania inferior. 

Le  Tertinius  Severus  de  l'inscription  du  musée  de  Liège  a,  dans  une  inscription 
de  Lyon,  un  homonyme  nommé  Tertinius  ...ssus,  comme  lui  soldat  de  la  Legio 
VI 11  A  u(/ lista. 

(')  Introduction  du  IVe  volume  de  Schayes,  publié  par  Van  Dessel,  p.  XI. 


;i4i 


versée  ?  Ce  gouverneineiil,  qui  ne  se  donnail  qu'à  des  persou- 
nages  consulaires  et  à  des  hommes  de  guerre  distingués  ('),  était 
un  nouveau  témoignage  de  l'importance  des  exploits  précédents 
de  Didius  Julien. 

Croit-on  que  l'empereur  Marc-Aurèle  se  fût  livré  à  des  dé- 
monstrations aussi  exceptionnelles,  s'il  ne  s'était  pas  passé  en 
Belgique  un  événement  d'une  grande  portée  ? 

Et  pour  qu'il  ne  reste  pas  de  doute  sur  la  voie  que  les 
Chauques  avaient  dû  parcourir  pour  arriver  à  la  frontière  de  la 
Belgica,  rappelons,  en  y  renvoyant,  tous  les  arguments  que  l'on  a 
fait  valoir  pour  démontrer  que  c'était  et  que  ce  devait  être  la 
route  de  Cologne  à  Tongres  {-).  C'était  là  d'ailleurs  que  les 
Chauques,  Germains  et  par  conséquent  peu  disposés  à  oublier 
une  injure  (Tacit.,  Mor,  Germ.,  XXI),  avaient  à  réprimer  un 
guet-apens  dont  leurs  aieux  avaient  été  l'objet  de  la  pan  des 
Agrippiniensde  Cologne  (TAcrr.,^is/.,IV,  79);  ceux-ci  n'avaient 
du  reste  cessé  d'être  mal  vus  des  autres  peuples  de  la  Germa- 
nie (Id.,  IV,  64,65;  Caes.  B.  G.,  iV,  3). 

A  Cologne  s'ouvrait,  devant  les  Chauques,  la  route  romaine 
vers  Tongres  qui  fut  construite  par  Agrippa,  ou  qui,  tout  au 
moins,  existait  déjà  depuis  longtemps  à  l'époque  des  Antonins, 
ce  qu'il  est  superflu  de  démontrer. 

Ce  qu'on  ne  contestera  pas,  en  tout  cas,  c'est  que  les  pro- 
vinciaux à  l'aide  desquels  Didius  Julien  résista  aux  Chauques, 
furent  les  habitants  de  la  Belgica,  les  Belges  proprement  diis; 
ce  fut  là,  à  coup  sûr,  pour  ces  Belges  des  Flandres,  du  Hainaut, 
etc.,  un  appel  assez  sérieux  à  l'inquiétude  et  à  la  défiance.  La 
rencontre  dut  même  être  fatale  à  plusieurs  d'entre  eux  qui  ne 
retournèrent  pas  chez  eux,  témoin  les  trésors  qu'il  ne  leur  fut 
pas  donné  d'aller  déterrer  à  la  place  où  ils  les  avaient  en- 
fouis. 


(*)  Mémoires  de  l'Académie  de  Belgique,  déjà  cités,  p.  il. 

(*)  On    peut   los   lire   dans    If    liull.   des    Comm.    roy.  d'an   f^t   U'archéol.,  VI, 
p.  298. 


—  ut 


m. 


Les  discussions  dont  l'irruption  des  Chauques  de  l'an  176  ou 
177  a  été  l'objet,  sont  la  conséquence  du  système  qui  lend  à 
prolonger  l'existence  des  villas  belgo-romaines  jusqu'au  IV'' 
siècle  et  au  V^ 

Mais  tout  ce  qu'on  a  pu  dire  à  ce  sujet  serait  fondé,  que  la 
thèse  contraire  serait  encore  insoutenable. 

Faut-il,  en  effet,  faire  ici  une  concession  toute  gratuite, 
faut-il  considérer  la  conspiration  générale  des  Barbares  contre 
l'empire  sous  Marc-Aurète,  et  l'irruption  des  Chauques  en 
Belgique,  épisode  de  celte  conspiration,  comme  n'ayant  répandu 
dans  notre  pays  ni  terreur,  ni  même  simple  défiance;  admet- 
tons par  pure  hypothèse  que  les  villas,  même  de  la  Germania 
inferiov,  aux  abords  de  Tongres,  n'aient  pas  été  désertées;  que 
l'on  n'ait  pas,  dès  ce  moment,  cherché  des  résidences,  villes, 
bourgs,  camps  ou  postes  fortifiés,  où  l'on  pouvait  se  défendre 
contre  des  coups  de  main 

Toujours  est-il  que,  tout  au  moins,  le  règne  de  Commode  fut 
une  occasion  d'inquiétude  et  de  trouble. 

Pendant  ce  règne,  plusieurs  provinces  voulurent  se  sous- 
traire au  pouvoir  de  l'Empereur.  Or,  la  province  de  Germania 
—  à  laquelle,  on  le  répète,  appartenait  Tongres  — est  citée  tout 
particulièrement  comme  ayant  pris  part  au  mouvement  :  «  in 
Germania  imperium  ejus  recusanlibus  provincialibus.  »  Et 
apparemment  que  les  Germains  non  romanisés  d'Oulre-Rhin, 
ne  restèrent  pas  étrangers  à  ce  mouvement  de  leurs  congé- 
nères (  ')  implantés  sur  le  sol  romain. 

Si  les  moiniaies  au  type  de  Commode,  trouvées  dans  certains 
trésors  cités  plus  haut,  sont  de  Commode  déjà  empereur,  il  y  a 


(')  Voir  ace  sujel  les  diviniltis  :  Matronae  Canirusteihiae,  Uea  Viradesthis, 6lc. 
adoréi's  aux  bonis  du  Rhin  el  dans   notre  Belgique. 


—  M4H  — 

dans  ces  circuiistances  d'insurrection,  plus  qu'il  n'eu  faut  pour 
justifier  les  craintes  des  possesseurs  des  trésors,  comme  le 
pense  M.  Galesloot  qui  les  croit  enfouis  sous  Commode  seule- 
ment (M. 

Or  comment  veut-on  qu'avec  de  pareilles  inquiétudes,  les 
campagnes  et  les  villas  aient  pu  être  encore  habitées  avec  con- 
fiance et  sécurité  ? 

Puis  les  événements  se  précipitent  : 

Sous  Septime-Sévère  (193  à  21 1)  c'est  la  lutte  de  cet  empe- 
reur avec  son  compétiteur  Albinus  qui  débarque  de  la  Bhtamiia 
dans  la  Belgica,  perçoit  dans  celle-ci  des  tributs,  avant  de  se 
faire  battre  à  Lyon. 

Sous  le  règne  d'Alexandre-Sévère,  en  l'année  234,  ou  selon 
d'autres  en  241  ou  242,  les  Franks  font  leur  apparition  dans 
l'histoire  :  ce  n'est  pas  à  titre  de  colons  venant  s'établir  chez 
nous,  plus  ou  moins  du  gré  des  populations  ;  c'est  à  titre  de 
conquérants  :  «  Francos  irruentes,quum  vagarentur  per  totain 
Galliam,  »  dit  l'Histoire  Auguste  en  parlant  de  l'empereur 
Aurélien  alors  simple  tribun  de  la  VP  légion.  Non-seulement 
ils  avaient  franchi  la  frontière  romaine  et  le  Rhin ,  mais  ils 
avaient  attaqué  les  campements  romains,  envahi  un  grand  nombre 
de  villes  et  de  bourgs,  en  un  mot  ravagé  toute  la  Gaule  ( -i. 

N'est-ce  pas,  dès  lors,  une  erreur  de  soutenir  que  les  Bar- 
bares ont  seulement  au  IV*"  ou  au  V'^  siècle,  fait  réellement 
invasion  en  nos  contrées  ? 

Mais  c'est  loin  d'être  tout  :1e  mêmellPsiècle  nous  montre  toute 
une  série  d'événements  de  guerre,  et  nommément  d'invasions 


(  '  '  Dans  un  trésor  découvert  vers  1834,  près  du  village  de  Hornoy,  en  Pi- 
cardie ('c'est-à-dire  dans  la  Belgica),  on  a  trouvé  plus  de  cunt  médailles  d'or  de 
Commode.  ,Voyez  ce  nom  dans  la  Biographie  Universelle,  édit.  de  1844.) 

(')  Cfr.  Ai'RELius  Victor  et  Hérodien  ;  celui-ci  rapporte  même  que  la  nouvelle 
était  arrivée  jusqu'en  Syrie  :  o  que  les  Germains  avaient  traversé  ie  Rhin,  envahi 
l'Empire ,  cerné  les  armées  des  rives,  et  fait  des  irruptions,  eu  troupes  nom- 
breuses, par  les  villes  et  bourgs.  » 


—  344   - 

germaines,  avec  lesquelles  l'existence  des  villas  en  pleine  cam- 
pagne est  devenue  tout  h  fait  incompatible. 

Postume,  d'après  Auielius  Victor  et  Zonaras,  avait  été 
préposé  par  Valérie n  (253  à  259)  au  gouvernement  des  Gaules 
et  delà  frontière  romaine  sur  le  Rhin  ;  il  fut  obligé  d'en  chasser 
par  la  force  un  grand  nombre  de  Germains  qui  avaient  passé  le 
fleuve,  «  explosa  Germanorum  multitudine.  » 

Postume  avait  rétabli  la  paix  dans  les  Gaules,  repoussé  toutes 
les  nations  de  la  Germanie, et  rendu  pendant  quelques  années  à  la 
Gaule  la  tranquillité  dont  elle  avait  joui  auirefois«  pristina  secu- 
ritas;  «mais  à  peine  Postume  est-il  mort  que  les  Germains  vien- 
nent ravager  la  Gaule  ei,  après  avoir  dévasté  et  brûlé  les  châ- 
teaux construits  sur  la  frontière,  font  subir  le  même  sort  à 
plusieurs  villes  de  la  Gaule, «  plerasque  Galliae  civitates,  nonnulla 
etiam  castra  quae  Postumus,  per  septem  annos,  in  barbarico  (*) 
aedificaverat,  quaeque  subiia  irruplione  Germanorum  direpta 
luerani  et  incensa.  » 

Gallien  lui-même,  au  témoignage  d'Aurelius  Victor  et  d'Eur 
trope,  eut  aussi  à  lutter  contre  les  Germains,  et  dut  les  chasser 
de  la  Gaule  qu'ils  avaient  ravagée  «  vaslaiis  Galliis.  »  Et  cette 
invasion  dut  même  être  bien  générale,  f-ar  c'est  en  Italie  et  en 
Espagne  que  se  réfugient  les  vaincus. 

Les  légendes  ont  parfois  leur  fond  de  vérité;  c'est  h  la 
même  époque  à  peu  près,  sous  Valérien  et  Gallien  (2o3  à  268), 
que  Grégoire  de  Tours,  mieux  informé  que  les  chroniqueurs 
qui  le  suivirent,  place  l'histoire  de  ce  Chrocus,  roi  desAlamans 

(*)  Ici  Ton  doit  se  séparer  de  M.  F.  i).  (Ànn.  Soc.  arclieol.  de  Namur.)  XIV,  p. 
104  ,  qui  considère  les  casira  qu'on  rencontre  disséminés  dans  notre  pays,  comme 
iiyanl  été  établis  par  Postume  et  Probus.  Tkebellius  Poi.lion  et  Vopiscus  parlent 
formellement  de /<?>7-iroj>e  barbare  «  in  barbarico,  in  solo  barbarico;  »  il  s'agit  là, 
non  db  territoire  provincial  occupé  par  des  colons  venant  île  l'étranger,  mais  de 
fortificaiions  établies  sur  les  limites  de  l'Empire  contre  des  agressions  futures. 

Le  fait  peut  nt'anmoins  être  admis,  car  Probus,  le  constructeur  de  tant  de  villes 
(urbesromana.s  posuil),doit  avoir  songea  défendre  aussi  les  campagnes,  notamment 
celles  ou  il  cantonna  des  colons  germains.  (Voyez  ci-après.) 


—  345  — 

qui,  dans  le  but  d'illustrer  son  nom  à  la  manière  d'Érostrate, 
ravagea  les  Gaules  pour  les  ravager  el  y  détruisit,  pour  les 
détruire,  une  quantité  de  villes  et  d'éditices  antiques  ;  la  ville 
de  Metz,  située  dans  la  Belgica,  est  citée  tout  particulièrement 
comme  ayant  été  sur  le  passage  des  Alamans  de  Ghrocus. 

Mais  que  sont  ces  événements  à  côté  de  ceux  de  l'an  254,  où 
l'on  voit,  comme  le  dit  formellement  Zosime,  soixante  villes 
des  Gaulestomber  successivement  dans  les  mains  des  Barbares? 

Ce?  soixante  villes  sont  celles  que,  dans  un  travail  récent  ('), 
l'on  signale  comme  ayant  été  fortifiées  par  les  Romains  depuis 
l'an  277,  époque  de  leur  reprise  par  Probus,  jusqu'en  l'an  306, 
tin  du  gouvernement  de  Constance  Chlore.  Arlon  est  Tune  de 
ces  villes,  ce  qui  démontre  que  les  motifs  de  défiance  à  l'égard 
des  Barbares  s'appliquaient  aussi  bien  à  la  Belgique  actuelle 
qu'au  restant  de  h  Gaule. 

En  attendant  que  la  thèse  de  ce  travail  soit  contestée  et  réfu- 
tée, il  sera  bien  permis  de  se  servir  des  arguments  qui  y  sont 
présentés,  et  notamment  du  fait  suivant  :  à  la  fin  du  IIl«  siècle, 
les  villes  avaient  été  si  dépeuplées  par  la  guerre  et  les  violences, 
que  partout  elles  durent  réduire  leurs  enceintes,  pour  pouvoir 
se  défendre  contre  les  invasions  de  plus  en  plus  rapprochées, 
de  plus  en  plus  terribles.  «  Les  habitants  décimés,  dit  M.  Buhot 
de  Kersers,  rentrant  dans  les  villes  ravagées,  ont  consommé  la 
destruction  de  leurs  monuments  et  ont  reconstruit  à  la  hâte  des 
fortifications  restreintes,  proportionnées  à  la  condition  misé- 
rable que  leur  faisaient  ces  malheurs  !  w 

Comment  Probus,  lui-même,  rend-il  compte  au  Sénat  du 
triomphe  qu'il   a  remporté,   et,  par  la  violence  de  sa  réaction, 


(*)  Bull,  des  Comm-  toy.  d'art  et  d'archéoL,  XVI,  p.  482. 

La  fixation  du  dernier  quart  du  \\\^  siècle  aux  fortifications  des  villes  de  Gaule 
est  confirmée  par  les  inscriptions  qui,  sur  les  portes  romaines  de  Grenoble,  rap- 
pelaient que  les  remparts,  au  travers  desquels  elles  étaient  ouvertes,  furent  cons- 
truits par  Dioctétien  et  Maximien  (281)  à  3051. 


346 


comment  nous  permet-il  de  juger  de  cequ'avaitdû  être  l'attaque 
réprimée  par  lui  ï 

«  Quarante  mille  ennemis,  dit-il,  ont  été  tués;  seize  mille  pri- 
sonniers ont  été  faits;  soixante-dix  villes  ont  été  reprises  sur 
l'ennemi,  et  la  Gaule  entière  a  été  délivrée.  Toutes  les  villes  de 
la  Gaule  m'ont  décerné  des  couronnes  d'or.  Tout  le  butin  a  été 
repris.  « 

Et  dans  ces  Gaules  dévastées,  pillées,  et  pendant  plus  de  vingt 
ans  occupées  par  les  Barbares,  on  auraitencore vu  partout  dans 
nos  campagnes,  des  villas  habitées  paisiblement  par  des  proprié- 
taires romains  !  Yo'ûh  ce  qu'on  ne  croira  pas... 

Non  !  il  suffit  de  parcourir  les  récits  des  historiens  pour  ne 
pas  s'y  tromper  :  MM.  Bequet  et  Cajot  qui,  cl  ils  n'ont  pas  tort 
peut-être,  n'acoeptent  pas  l'invasion  des  Ch^tuques  comme 
ayant  détruit  les  villas  romaines  de  la  province  de  Namur,  ne 
résistent  pas  aux  preuves  que  leur  livrent  l'histoire  et  l'archéo- 
logie pour  le  siècle  suivant. 

«  Vers  le  milieu  du  IIP  siècle,  dit  le  premier  ('),  la  faiblesse 
des  empereurs,  l'éloignement  des  armées  permirent  aux  Franks 
de  traverser  le  Rhin  et  de  se  jeter  sur  la  Gaule  qui  leur  offrait 
une  proie  facile.  Partagés  en  bandée  peu  nombreuses,  ils  portent 
leurs  ravages  jusque  dans  nos  contrées.  A  leur  approche,  les 
populations  fuient,  les  riches  abandonnent  leurs  maisons  et 
leurs  villas,  pour  se  réfugier  dans  des  endroits  escarpés,  dont 
ils  augmentent  les  défenses  naturelles  par  des  murailles  élevées 
à  la  hâte;  tel  fut,  croyons-nous,  l'origine  dans  cette  province, 
des  camps  de  Furfooz,  d'Éprave,  de  Montaigle,  de  la  Roche-à- 
l'Homme. 

« La  frontière  du  Rhin  n'étant  plus  protégée, était  franchie 

par  des  troupes  de  Barbares  qui  venaient  prendre  leur  part  du 
pillage  des  Gaules;  ces  désordres  empêchèrent  la  sécurité  de 

(•)  innnle^  ri^ln  Sf>e.  arrht'iil.  ih  Sniniir,  XIV.  pp.  I  I   et  l:î. 


—  :u'i  — 

renaître,  dépeuplèrent  les  campagnes,  et  mirent  le  pays  dans  un 
déplorable  état  de  misère   » 

«  C'était,  dit  le  second  ('),  une  triste  époque  pour  les  Gaules 
que  la  dernière  moitié  du  [II*""  siècle  :  alors  commença  cette 
longue  série  d'invasions  frankes  qui  ne  devnient  définitivement 
cesser  que  deux  siècles  plus  tard,  parla  conquête  de  la  moitié 
des  Gaules.  * 

»  Un  auteur  ancien  rapporte  que  dès  l'an  241,  les  Franks  ayant 
fait  irruption  dans  l'empire,  erraient  par  toute  la  Gaule;  ils  y 
exerçaient  les  plus  grandes  dévastations,  surtout  dans  les  cam- 
pagnes, restées  sans  défense.  Malheureusement  ces  invasions 
n'étaient  pas  passagères  comme  celle  des  Chauques,  mais 
presque  continuelles  ;  chaque  année,  de  nouveaux  arrivants 
s'efforçaient  de  prendre  pied  sur  le  territoire  de  l'empire,  ou  du 
moins  de  s'y  enrichir  par  le  pillage. 

»  ....  Telle  est  la  cause  probable  de  la  ruine  de  la  plupart  des 
établissements  romains,  de  la  destruction  d'une  bonne  partie 
de  nos  villas;  telle  est  aussi  l'origine  de  ces  cas/m  romains, 
qui,  dans  un  but  de  protection  pourles  habitants  des  campagnes, 
s'élevèrent  sur  les  hauteurs  dans  les  parties  du  pays  les  plus 
menacées.  » 

Nous  possédons,  au  surplus,  une  preuve  historique  de  la 
dépopulation  et  de  l'abandon  de  nos  campagnes:  Eumène.dans 
un  panégyrique  en  l'honneur  de  Maximien,  dit  que  les  champs 
jadis  labourés  par  les  Trévires  et  les  Nerviens,  avaient  été 
abandonnés,  et  qu'il  y  avait  eu  nécessité  de  requérir  le  con- 
cours des  Barbares  pour  les  remettre  en  culture  :  «  Nerviorum 
et  Trevirorum  arva  jacentia  Francus  excoluit.  » 

Déjà  Probus  avait  dit  au  Sénat  dans  son  message  déjà  cité  : 
«  Les  champs  de  la  Gaule  sont  maintenant  cultivés  par  les 
bœufs  des  Barbares  ;  les  troupeaux  de  ces  derniers  paissent 

(*)  Ihid.,  p.  \m. 


348 


maintenant  pour  noire  subsistance;  nos  greniers  regorgent  de 
leurs  blés...  » 

Et  Ton  voudrait  que  des  villas  (mieux  encore  des  villages  ! 
berceaux  de  !ios  villages  modernes)  eussent  continué  à  exister 
dans  ces  an'a  naguère  encore  jacentia,  désormais  cultivés  par 
des  prisonniers  ou  des  colons  étrangers! 

Les  préposés  romains,  chargés  de  sui^eiller  ces  agriculteurs 
implantés  forcément  sur  notre  sol,  ne  songèrent  certes  plus  h 
s'établir  dans  des  villas  luxueuses,  peu  susceptibles  de  défense  : 
c'est  du  liant  de  leurs  camps  retranchés,  et  appuyés  de  forces 
militaires  sutïisantes,  qu'ils  durent  songer  à  exécuter  leur  mis- 
sion. 

C'est  à  cette  période,  par  exemple,  que  doit  se  rapporter  le 
camp  qui  protégeait  le  bourg  romain  d'Assche,  récemment 
décrit  par  M.  Van  Dessel  ('),  où  l'on  a  trouvé  des  monnaies  du 
III"''"  siècle  et  du  IV""';  c'est  aussi  l'époque  des  castelets,  cfiàte- 
lets,  chasselets^cheslins,  etc.,  si  nombreux  dans  toute  la  partie 
montagneuse  de  la  Belgique  (-),  de  ceux  de  la  province  de 
Namur  déjà  signalés,  etc.  etc. 

L'influence  de  l'invasion  des  Chauques  de  l'an  176  a  pu  ne 
s'exercer  que  dans  un  rayon  restreint,  rayon  qui,  en  tout  cas, 
s'étendait  au-delà  de  ïongres  vers  la  Hesbaye;  mais  quant  aux 
invasions  du  milieu  du  III""'  siècle,  elles  ont  été  générales  et  à 
plus  forte  raison  ont-elles  compris  la  même  contrée.  Cette  suc- 
cession d'événements  de  guerre  fit  nécessairement  déserter  les 
habitations  paisibles  des  campagnes,  et  cela  est  si  vrai  qu'un 
auteur  est  allé  jusqu'à  nier  l'existence  et  la  possibilité  de  l'exis- 

(')  mélanges  archéologiques  dont  l'impression  a  été  ordonnée  dans  les  Annales 
de  l'Acitdcmie  d'archéologie  de  licl<)i(iue,!H)\xs  presse.  L'auteur  élimine  par  de  bonnes 
raisons,  certaine  monnaie  d'Anastase,  dont  M.  Galesloot  et  autres  avaient  fait 
étal. 

(*)  Voir  a  cet  égard  un  travail  de  M.  Sulbout,  curé  à  Strainchamps,  qui  paraîtra 
prochainement  dans  les  mêmes  Annales-,  dans  le  seul  canton  de  l'auvillers,  l'auteur 
a  trouvé  uni'  vingtaine  de  ces  ra>^(ello. 


349 


tence  de  villas  romaines,  vers  les  bords  du  Rhin,  parce  qu'elles 
y  auraient  été  bien  trop  exposées  aux  irruptions  des  Barbares  ('). 
Erreur  due  h  une  confusion  des  temps:  quand  l'Empire  vécut 
dans  la  paix  et  la  tranquillité,  de  l'an  70  à  l'an  176,  la  sécurité 
fut  aussi  grande  sur  la  rive  gauche  du  Rhin  que  partout  ailleurs; 
quand  les  invasions  germaines  reprirent  leur  cours,  toute  la 
Gaule  partagea  les  mêmes  dangers,  et  les  villas  les  plus 
éloignées  du  Rhin  ne  furent  pas  mieux  protégées  que  celles  des 
bords  de  ce  fleuve. 


[V. 


Probus  ne  procura  à  la  province  qu'une  tranquillité  momen- 
tanée; il  ne  régna  que  six  ans  (276  h  282),  et  à  peine  était-il 
mort  que  l'on  vit  de  nouveau  les  Barbares  traverser  le  Rhin. 
Carus  envoya  en  Gaule  son  fils  Carinus,et  l'empereur  manifesta 
même  le  regret  de  ne  i)ouvoir  déléguer  nji  homme  plus  ferme, 
tant  à  ses  yeux  le  gouvernement  de  cette  partie  de  l'empire 
b-xigeait  de  mesures  d'une  énergie  toute  particulière. 

Quel  fut  le  motif  pour  lequel  Tacite  fut  en  Tau  275  élevé  au 
trône  impérial?  Vopiscus  nous  le  dit;  un  sénateui-,  Velius  Corni- 
ficius  Gordien,  en  pleine  séance  de  la  curie,  invoque  le  fait  que 
les  Germains  ont  de  nouveau  franchi  le  Rhin,  se  sont  emparés 
de  plusieurs  places  fortes  et  de  villes  considérables,  riches,  puis- 
santes :  «  limitem  trans  Rhenum  Germani  rupisse  dicuntur, 
occupasse  urbes  validas,  nobiles,  divites,  potentes.  »  Et,  dit  un 
historien  moderne,  «  sans  aucun  rfouf^,  parmi  ces  villes  se  trou- 
vaient nos  villes  belges  opposées  les  toutes  premières  aux 
incursions  des  Barbares.  » 

En  284,  s'agitèrent  les  Bagaudes,  qui  révolutionnèrent  une 
partie  de  la  Gaule,  dévastèrent  toutes  les  campagnes  et  harce- 

(*)  Voir  iJull.  rfev  Comm.  rof).  d'art  et  d'orcheol.,  VI,  p.  iOi. 


:^50 


lèreiit  même  les  villes,  au  témoignage  d'Aurelius  Victor;  si  leui's 
traces  vers  le  Nord  ne  sont  pas  signalées  plus  haut  qu'à  Meaux 
et  sur  les  bords  de  la  Marne,  l'auleur  moderne  déjà  cité  n'en 
émet  pas  moins  l'avis  que  cette  rébellion  dut  menacer  la  Bel- 
gique indépendamment  des  irruptions  continuelles  des  Barbares 
d'Oulre-Rhin.  «  Il  est  évident,  dit-il,  qu'à  cette  époque  l'aspect 
de  la  Belgique  était  digne  de  pitié.  » 

A  peine  Maximien  a-t-il  comprimé  la  rébellion  des  Bagaudes, 
voilà  de  nouveau  les  Barbares  qui  menacent  la  Gaule  :  «  uni- 
»  versae  Gnlliae  minabantur  et  praecipiti  impetu  irrumpe- 
»  bant,  »  dit  Mamertin.  Aussi  Maximien  établit-il  le  siège  de 
l'Empire  à  Trêves,  comme  l'avaient  déjà  fait  Telricus  et 
Postume',  pour  être  mieux  à  même  sans  doute  de  défendre  les 
parties  menacées  dont  notre  Belgique... Maximien  est  cité  par 
un  panégyriste  comme  ayantexterminé  et  réduit  des  milliers  de 
Franks  qui  avaient  dévasté  la  contrée  rhénane  :  «  qui  terras  cis 
Rhenum  invaserant.  » 

Eutrope  ajoute  à  cela  les  déprédations  maritimes  exercées  par 
les  pirates  barbares  sur  les  côtes  de  cette  partie  de  la  Gaule, 
«  per  traclum  Belgicae,  »  et  qui  n'étaient  pas  faites  pour  ras- 
surer nos  populations. 

Aussi  le  même  historien  moderne,  déjà  cité,  ne  se  fait-il  pas 
faute  do  s'écrier:  «  Si  dans  ce  siècle  les  Germains  ou  les  Franks 
ont  si  souvent  franchi  le  Rhin  et  envahi  la  Gaule,  combien  n'a 
pas  dû  souffrir  notre  Belgique!  »  Et  plus  loin  :  «  C'est  seule- 
ment sous  l*robus  que,  déchirée  par  tant  d'incursions,  la  Bel- 
gique ail  pu  quelque  peu  respirer  .  » 

Inutile  de  citer  à  la  même  époque  l'invasion  des  Bourguignons 
et  Vandales  qui  désolèrent  la  Gaule  en  275,  et  celle  des  Bour- 
guignons en  l'an  286,  qui  traversèrent  le  Rhin  et  vinrentmourir 
dans  la  Gaule  de  la  faim  et  de  la  peste  (M. 


(M  Dom  BouoUET,  Recueil  drs  Htsiunnn.  MI.   |).  40^.  Note   où  il  cite  ZosiME  et 
Mamertin. 


351 


C'est  à  peine  si,  sous  Constance  Chlore,  la  Belgique  jouit 
encore  de  quelque  quiétude,  car  nous  voyons  en  l'an  296  ou  301 
une  quantité  immense  de  Germains,  «  immanis  mullitudo  ex 
diversis  Germanorumpopulis,  »  traversant  de  nouveau  le  Rhin... 
Mais  nous  voilà  arrivés  au  IV™«  siècle,  où  la  question  n'est  plus 
posée  dans  les  mêmes  termes. 


Au  IV®  siècle,  dit-on,  auraient  bien  commencé  les  invasions 
réelles  des  Barbares,  invasions  continuées  par  la  grande  inva- 
sion de  l'an  406,  et  ce  serait  à  ces  invasions  seulement  que 
pourraient  être  attribués  les  incendies  des  villas ,  incendies 
auxquels  les  habitants  des  villages  voisins  auraient  pris  part. 
Ces  villages  n'ont  pas  cessé  d'être  peuplés,  ni  au  IP  siècle,  ni 
au  IIF,  ni  au  IV%  etc. 

Ni  au  III"'  siècle  ni  au  IV%  ajoute-t-on.  on  n'a  cessé  d'ériger 
des  tumulus,  de  construire  des  villas... 

Comme  ce  système  ne  méconnaît  pas  la  destruction  com- 
plète des  villas,  tout  en  la  reportant  bien  tard,  il  n'y  aurait 
guère  d'intérêt  à  continuer  ici  l'étude  des  documents  historiques 
concernant  le  IV®  siècle,  si  l'on  n'avait  introduit  un  élément 
nouveau  dans  le  débat,  c'est-à-dire  l'existence  de  villages  pla- 
cés à  côté  des  villas,  villages  qui  auraient  contribué  à  la 
destruction  de  celles-ci,  et  qui  leur  auraient  survécu. 

L'existence  de  ces  villages  n'est  pas  du  tout,  comme  on  le 
dit,  admise  par  l'opinion  communément  reçue;  loin  de  là. 

En  efiet,  lorsque  Gibbon,  les  auteurs  à  la  main,  nous  rap- 
porte quelle  fut  la  situation  de  la  Gaule  au  IV«  siècle,  voici  ses 
propres  paroles  : 

«  Dans  l'aveugle  acharnement  de  la  discorde  civile,  Con- 
stance avait  abandonné  aux  Barbares  delà  Germanie  les  contrées 
do  In  Gaule  qui  obéissaient  à  son  rival.  Un  nombreux  essaim 


352 


de  Frank:,  et  d'Alamans  turent  invités  à  passer  le  Rhin,  par  des 
présents,  des  promesses,  l'espoir  du  pillage  et  le  don  de  toutes 
les  terres  qu'ils  pourraient  envahir,  (On  peut  trouver,  dépeints 
dans  les  ouvrages  de  Julien.  d'Ammien  Marcellin,  de  Libanius, 
de  Zosime,  de  Sozomène,  les  ravages  des  Germains  et  la 
détresse  des  Gaules.) 

«  Indifférents  h  la  qualification  de  révolte  ou  de  loyauté,  ces 
voleurs  indisciplinés  traitaient  comme  leurs  ennemis  naturels, 
tous  les  sujets  de  l'Empire  dont  ils  convoitaient  les  possessions. 
Quarante-cinq  villes  florissantes,  Tongres,  Cologne,  Trêves, 
Worms,  Spire,  Strasbourg,  et  un  grand  nombre  d'autres  villes 
et  villages,  furent  ravagées  et  la  plupart  réduites  en  cendres. 
Les  Barbares  de  la  Germanie  habitaient  les  bords  des  rivières 
du  Rhin,  de  la  Meuse  (')  et  de  la  Moselle.  Des  sources  du  Rhin 
jusqu'à  son  embouchure,  les  conquêtes  des  Germains  s'éten- 
daient à  quarante  milles  vers  l'Occident  de  cette  rivière;  mais 
les  pays  qu'ils  avaient  dévastes  étaient  trois  fois  plus  étendus 
que  leurs  conquêtes.  Jusquà  une  distance  beaucoup  plus  éloignée, 
toutes  les  villes  ouvertes  des  Gaules  étaient  désertes,  et  les  habi- 
tants, renfermés  dans  les  villes  fortes,  tiE  pouvaie.nt  plus  recueillir 

DE  GRAINS  QUE  SUR  LES  TERRES  ENCLOSES  DANS  l'ENCEINTE  DE  LEURS 
MURS » 

Et  l'on  voudrait  qu'en  présence  d'une  pareille  situation  il 
existât  encore,  non  plus  des  villas  (quoiqu'on  les  fasse  persister 
au  moins  en  partie  jusqu'au  V*"  siècle),  mais  des  villages  d'agri- 
culteurs  

On  oublie  sans  doute  la  description  de  notre  pa>s  au  com- 
mencement du  moyen  âge,  telle  que  nous  l'ont  laissée  les 
historiens,  les  clnoniqueurs  et  les  hagiographes  :  C'est  une 
«  regio  ferox,  terra  int'ecunda,  inculta,nemorosa,  silva  immanis 


(  *)  Un  épisode  de  la  guerre  soutenue  contre  les  Franks  par  Julien  se  passe,  en 
effet,  sur  les  bords  de  la  Meus'-.  où  l'Empereur  fit  bàlir  Irnis  fortoresses.  Ammien 
MAHCti.liN,  XVII,  ii  PI  9. 


—  353  — 

absque  niisericordia  veniaque,  lerra  nullis  humaiù  negotii 
usibus  apta,  sed  latronum  scrobibus  plena,  solis  lalroiium  vel 
praedonum  spurcitiis,rapinis  et  homicidiis  vacans.lerià  invia,» 
etc.  etc.  elc 

El  cependant,  la  chose  est  certaine,  depuis  les  environs 
d'Ostende  et  de  Saint-Nicolas  (Waes),  jusqu'au  fond  des  Ar- 
dennes,  depuis  le  Hainaut  jusqu'au  Limbourg,  le  sol  de  notre 
pays  a  éié  parsemé  de  constructions  romaines. 

Il  faut  donc  bien  que  cet  état  brillant  de  la  Belgique,  toute 
couverte  de  villas  opulentes,  exhumées  depuis  quelque  vingt 
ans  dans  toutes  nos  pro\i  ices,  ail  cessé  un  jour:  si  on  ne 
veut  pas  accepter  le  IP  siècle,  voire  même  le  111%  comme  ayant 
accompli  celte  dépopulation  presque  absolue ,  est-il  permis  de 
résister  aux  preuves  que  fournit  le  IV"'  siècle  ? 

Y  avait-il  encore  place  pour  des  villages  dans  cette  désorga- 
nisation ? 

Oui,  pour  ceux  qui  voient  dans  la  villa  mérovingienne  ou 
carlovingieune  la  continuation  de  la  villa  romaine,  quoiqu'il 
ne  faille  pas  les  confondre  (  *). 

Oui,  pour  ceux  qui  perdant  de  vue  les  latifundia  ou  grandes 
propriétés  rurales  qui,  devaient  être  bientôt,  d'après  Pline,  la 
perte  des  provinces  comme  elles  l'avaient  été  de  l'Italie;  pour 
ceux  qui  oublient  l'institution  de  l'esclavage  (^),  qui  dispensait 
du  concours  des  bras  d'hommes  libres,  les  possesseurs  des 
villas  placées  au  centre  de  l'exploitation  de  ces  latifundia. 

Oui,  pour  ceux  qui  ne  peuvent  se  résoudre  à  ne  pas  voir  dans 


(')  XXVIe  Congrès  archéol.  de  France,  p.  67. 

C)  A  côlé  tles  bàlimenls  principaux  d'une  villa  romaine  découverte  récemment 
en  France,  à  Saint  Romain  Tarn-el-Garonne),  on  a  remarqué  «  de  modestes  réduits 
où  le  travail  devait  s'exécuter  par  les  mains  de  l'esclave  qui  remplissait  toutes  les 
fonctions  et  exerçait  tous  les  métiers.  » 

De  même,  dans  une  villa  romaine  de  Belgique,  M.  Van  Dessel  a  cru  reconnaître 
Vergastuluin,  les  menottes  d'un  esclave,  et  jusqu'à  l'inscription  de  son  nom  sur  sa 
loge  (Annales  de  l'Académie  d'archéoloçiie,   lU  série,  Vni.  p.  188,  et  IX,  p.  788.) 


—  354  — 

notre  pays  actuel  l'image  de  ce  qui  cxislait,  d'apj-ès  eux,  k 
l'époque  romaine. 

Pour  ceux-là,  les  villages  n'ont  pas  cessé  d'être  peuplés  ni 
au  11^  siècle,  ni  au  111%  ni  au  IV%  etc.  Où,  en  effet,  se  dit-on, 
leurs  habitants  se  seraient-ils  retirés?  Dans  la  seule  cité  de 
Tongres,  ou  dans  de  petits  camps  retranchés....  ? 

Eh  bien  !  ce  qu'on  se  refuse  h  voir  dans  notre  Belgique 
romaine,  cette  absence  d'habitants  des  campagnes,  on  peut 
aller  la  constater  dans  l'Europe  contemporaine  ! 

Voici,  en  effet,  ce  qu'on  lit  dans  un  travail  tout  moderne  sur 
l'Espagne  :  (') 

«  Les  indices  d'un  état  de  révolution  et  de  guerre  venant  à 
vous  rappeler  à  la  réalité  au  milieu  de  cet  Éden,  formaient  un 
contraste  douloureux.  Avant  d'arriver  h  Cordoue,  on  traverse, 
non  de  véritables  villages,  mais  beaucoup  de  petites  villes.  En 
Espagne,  de  même  qu'en  Sicile,  on  ne  connaît  ni  le  hameau, 
ni  la  ferme,  ni  le  manoir  isolé.  Les  mêmes  causes  produisant  les 
mêmes  effets,les  fermiers  se  réfugient  dans  les  villes,  et  de  là  vont 
souvent  à  plusieurs  lieues,  ensemencer  leurs  terres  et  recueillir 
leurs  récoltes A[s  apportent  leurs  produits  et  les  entassent  dans 
les  greniers  des  maisons.  Comment  pourraient-ils  vivre  dans 
des  heux  solitaires  et  serrer  leur  blé  dans  des  granges,  en  se 
mettant,  eux  et  leurs  biens,  à  la  merci  des  voleurs  ?  » 

On  a  bien  tenté  d'atténuer  le  caractère  agressif  des  invasions 
germaines  du  II*  siècle,  du  III'"  et  du  IV«;  on  a  représenté  les 
Fraiiks  comme  ayant  été  implantés  chez  nous  par  l'autorité 
elle-même,  ou  comme  s'étant  bornés  à  se  passer  de  la  permis- 
sion de  celle-ci  en  venant  s'établir  chez  nous  spontanément 
(praelicenter),  et  Ozanam,  notamment,  a  essayé  d'enlever  aux 
conquêtes  des  Franks,  tout  caractère  de  violence  en  disant  que 
ce  peuple  n'avait  fait  que  répondre  à  l'appel  des  habitants  de 
nos  contrées. 

(*)  LéoQUESNEL,  L'Espagne.  Revue  politique  et  littéraire,  ISIS;  Journal  de  Liège  ^ 
du  i  3  septembre  1873. 


—  355  - 

Il  esl  vrai  qu'Auguste,  que  Tibère,  que  Maximieii  et  Probus, 
ont  établi  sur  les  terres  belges  des  colons  germains  et  franks  : 
mais  il  n'est  pas  moins  vrai  que,  à  côté  de  ceux-là,  l'histoire 
nous  fait  connaître  l'existence  de  bandes  envahissantes  qui 
depuis  le  H'  siècle,  et  en  tous  cas  pendant  le  III'  et  le  IV%  n'y 
mirent  aucun  ménagement  et  s'implantèrent  chez  nous  les 
armes  à  la  main.  C'est  ainsi  que,  au  témoignage  de  Sulpice 
Alexandre, cité  par  Grégoire  de  Tours  ('), l'invasion  des  Franks, 
conduits  par  Genebaude,  Marcomir  et  Sunnon,  en  388,  et  celle 
qu'Arbogaste,  allié  des  Romains,  dut  combattre,  en  392  (pour  ne 
parler  que  de  celles-là,  les  dernières  du  IV*'  siècle),  coûtèrent 
bien  du  sang  et,  pour  la  première  de  ces  invasions,  le  théâtre  de 
la  lutte  fut  même  la  forêt  Charbonnière  (en  pleine  Belgique 
actuelle),  où  un  grand  nombre  de  Franks  furent  massacrés. 

Ce  n'est  ni  au  III^  siècle,  ni  au  IV%  c'est  seulement  beaucoup 
plus  lard,  avec  la  décadence  complète  de  l'Empire,  qu'on  peut 
admettre  l'opinion  de  Guizot,  que  les  invasions  des  Franks 
furent  des  événements  partiels,  locaux,  momentanés,  accomplis 
par  des  bandes  peu  nombreuses,  bien  accueillies  parles  popula- 
tions. 

Cela  fut  vrai  à  l'époque  de  Clovis  (VP  siècle),  dont  Guizot 
parle  spécialement;  cela  ne  l'était  pas  auparavant. 


VI. 


La  vérité,  on  l'a  déjà  compris,  est  dans  le  système  moyen  ; 
mais  on  va  laisser  à  autrui  le  soin  de  préciser. 

Voici  Comment  Gibbon  débute,  dans  son  Histoire  de  la  déca- 
dence de  l'Empire  romain  : 

«  Dans  le  second  siècle  de  l'ère  chrétienne,  Rome  avait  sou- 
mis à  son  empire  les  plus  belles  contrées  de  la  terre,  et  comptait 

(M  H,  9. 


356 


parmi  ses  sujets  les  peuples  les  plus  civilisés.  Lii  courage,  la 
discipline,  une  réputation  acquise  par  une  longue  suite  de  vic- 
toires, assuraient  la  frontière  de  cette  immense  monarchie. 
L'influence  douce,  mais  puissante,  des  lois  et  des  mœurs,  avait 
insensiblement  cimenté  l'union  de  toutes  les  provinces  ;  leurs 
habitants  jouissaient  et  abusaient,  au  sein  de  la  paix,  des  avan- 
tages du  luxe  et  des  richesses. 

»  Pendant  plus  de  quatre-vingts  ans,  l'administration 

publique  fut  dirigée  par  les  talents  et  la  venu  de  Trajan,  d'Ha- 
drien et  des  deux  Antonins.  État  florissant  de  l'Empire  dans 
cette  heureuse  période,  décadence  et  chute  depuis  la  mort  de 
Marc-Aurèle,  révolution  h  jamais  mémorable  et  qui  influe  encore 
maintenant  sur  toutes  les  nations  du  globe....  » 

Lisons  maintenant  l'état  de  notre  pays,  tel  que  nous  le  décrit 
en  termes  fort  heureux  et  fort  justes,  M.  Alf.  Bequet  ('),  archéo- 
logue qui  a  non-seulement  beaucoup  fouillé,  mais  beaucoup  lu 
et  beaucoup  comparé  : 

«  La  population  de  Namur  se  livrait  paisiblement  au  com- 
merce et  à  l'agriculture;  nos  ancêtres  rendaient  hommage  à  la 
Fortune,  et  élevaient  des  autels  à  cette  bonne  déesse  qui  leur 
prodiguait  ses  faveurs.  Les  riches  élevaient  sur  les  collines 
voisines  des  villas  dont  on  voit  encore  aujourd'hui  les  ruines  ; 
la  quantité  de  constructions  qui  s'élevèrent  dans  nos  campagnes 
pendant  les  deux  premiers  siècles,  est,  nous  senible-til,  une 
preuve  de  la  prospérité  du  pays.  Ces  belles  poteries  samiennes, 
ces  vases  avec  bas-reliefs,  rencontres  dans  notre  sous-sol, 
appartiennent  aussi  presque  tous  à  cette  époque  du  Haut- 
Empire...  La  paix  profonde  dont  jouissait  la  Belgique  fut  tout 
à  coup  interrompue.  La  race  germanique,  fixée  sur  les  bords 
du  Rliin,  avait  tenté  en  valu  de  franchir  cette  barrière  pendant 
les  dernières  années  de  la  République  et  le  commence- 
ment de  l'Empire.  Ces  invasions  avaient  été  promptement 
dispersées....  » 


(•    Ann.  dt  la  Soc.  archéol.  de  yamt)r,\\\.  p.  9  et  nolï  1. 


—  357  — 

M.  Simon,  président  de  la  Société  d'archéologie  et  d'iiisloire 
de  la  Moselle,  a,  de  son  côté,  parfaitement  défini  la  situation 
(Mémoires  de  cette  Société,  1864,  p.  79)  : 

(c  Lorsque,  après  la  conquête,  le  pays  fut  pacifié,  lorsque 
chaque  habitant  put  jouir  paisiblement  de  ce  qu'il  possédait, 
on  vit  tous  les  habitants  profiter  des  bienfaits  d'une  civilisation 
avancée;  les  campagnes  se  peuplèrent  de  nombreuses  habita- 
tions, et  l'agriculture  prit  un  nouvel  essor.  Mais,  après  une 
longue  possession  des  bienfaits  que  procurait  la  sécurité 
publique,  on  fut  menacé  d'invasion  ;  bientôt  le  pays  éprouva 
de  vives  inquiétudes;  on  ne  pensa  plus  qu'à  défendre  son  ter- 
ritoire et  h  se  retrancher  dans  des  lieux  plus  ou  moins  sûrs. 
Les  hordes  sauvages  apparurent,  qui  brûlèrent  et  pillèrent  tout 
ce  dont  elles  purent  s'emparer.  Dès  lors,  le  pays  tomba  dans 
un  état  de  marasme  et  de  langueur,  causé  par  le  malheur  et  le 
découragement.  Les  populations  des  campagnes  étant  ruinées 
et  même  détruites  en  grande  partie,  on  ne  releva  plus  les  habi- 
tations ;  la  terre  fut  en  partie  abandonnée;  on  vit  les  forêts 
reconquérir  leur  empire,  elles  recouvrirent  les  terres  arables, 
les  restes  d'habitations  et  même  les  routes...  {^)  » 

On  connaît  le  reste  d'après  la  revue  des  événements  histo- 
riques qui  ont  prouvé  :  Que,  dès  le  IP  siècle,  un  premier  cri 
d'alarme  avait  éveillé,  sinon  la  défiance,  au  moins  l'attention  sur 
les  courses  des  Barbares.  —  Que,  pendant  le  IIP  siècle,  ceux-ci 
ravagèrent  à  différentes  reprises  les  Gaules,  et  rendirent  impos- 
sible la  culture  des  terres,  à  laquelle  les  empereurs  durent  em- 
ployer les  Barbares  eux-mêmes.  ~  Que,  durant  le  IV''  siècle,  la 
dévastation  devint  générale,  et  qu'il  n'y  eut  plus  aucune  espèce 
de  sécurité  dans  les  campagnes.  —  Qu'au  commencement  du  V^ 
siècle  enfin,  la  Belgique  si  florissante  au  P'  siècle,  comme 


(*)  Qui  veut  voir  avec  quelle  rapidité  les  buissons  envahissent  les  habitations 
désertées  par  l'homme,  en  trouvera  un  exemple  frappant  dans  le  Bulletin  de  ta 
Société  den  antiquaires  de  France,  1874,  p.  147. 


—  358  -- 

l'avait  été  l'Empire  romain  tout  entier,  était  devenue  une  vaste 
solitude  entrecoupée  par  de  rares  villes... 

Schayes,  M.  Ars.  de  Noue,  d'autres  encore,  soutiennent  que 
la  Belgique,  dès  le  commencement  de  la  domination  romaine, 
fut  ce  qu'elle  devint  à  la  fin  de  cette  domination.... 

Schayes  et  consorts  ont  tort,  en  ce  qui  concerne  une  grande 
partie  des  deux  premiers  siècles,  époque  de  bonheur  et  de 
prospérité. 

D'autres  auteurs  soutiennent  que  pendant  le  III*  siècle  et 
le  IV%  les  campagnes  ont  continué  à  être  parsemées  de  villas, 
voire  même  de  villages... 

Ici,  Schayes  et  ses  adhérents  ont  seuls  raison. 

Les  deux  premiers  siècles  :  progrès,  prospérité. 

Les  deux  siècles  suivants  :  décadence,  ruine. 

Telle  est  l'histoire  de  l'Empire  romain  ;  telle  est  aussi 
l'histoire  de  la  Gaule,  et  spécialement  de  notre  Belgique  (^). 

S. 
Liège,  1^*^  novembre  1877. 


(')  On  n'a  pris  ici  à  lâche  de  réfuter  que  Tune  des  nombreuses  thèses  soutenues 
en  des  articles  récents,  publiés  par  l'Institut  archéologique  liégeois. 

Qu'il  suffise  d'établir  des  réserves  sur  d'autres  points  d'archéologie,  traités  par 
les  mêmes  articles  et  auxquels  il  est  impossible  à  l'auteur  de  la  présente  notice 
d'adhérer;  il  y  reviendra  peut-être. 


DE  LA  NOUE  OU  BRAS-DE-FER 


AU  CHATEAU  DE  LIM.BOURG. 


Parmi  les  capitaines  les  plus  fameux  qui  se  soient  acquis 
une  renommée  impérissable,  ii  en  est  peu  à  mettre  en  parallèle 
avec  François  de  la  Noue,  surnommé  Bras-de-Fer.  Le  légen- 
daire chevalier  «  sans  peur  et  sans  reproche  »  pourrait  tout  au 
plus  lui  disputer  la  gloire. 

Presque  tous  les  biographes  ont  retracé  la  vie  de  ce  vaillant 
soldat,  qui,  par  la  part  qu'il  prit  à  nos  luttes,  appartient  pres- 
qu'autant  à  l'histoire  des  Pays-Bas,  qu'à  celle  de  France. 
M.  Kervyn  de  Volkaersbeke  lui  a  consacré  une  notice  très- 
intéressante  (i)  à  laquelle  nous  renvoyons  ceux  de  nos  lecteurs 
qui  s'intéressent  particulièrement  à  cet  éminent  héros.  Mais 
il  n'a  pas  tout  dit  sur  le  séjour  de  cet  intrépide  homme  de  guerre 
en  notre  pays.  Il  n'a  pas  connu,  notamment,  les  tentatives  de 
délivrance  dont  il  avait  été  l'objet  pendant  sa  captivité  à  Lim- 
bourg. 

Les  archives  de  Spa  nous  ont  fourni  des  détails  sur  une  pré- 
tendue manœuvre  d'évasion  de  la  part  de  ses  amis.  Ce  sont  ces 
pièces  que  nous  croyons  utile  de  mettre  aujourd'hui  sous  les 
yeux  des  membres  de  l'Institut. 

L'on  nous  permettra  auparavant  de  rapporter  en  raccourci 

(')  Notice  biographique  sur  François  de  la  Noue,  surnommé  Bras-de-Fer,  par 
Ph.  Kervyn  de  Volkaersbeke.  Gand.  Gyselynck,  1848,  grand  in-S"  d8  31  p.,  un 
autographe  fac-similé  et  un  tableau  généalogique. 


—  360  — 

.  les  circonstances  qui  donnèrent  à  de  la  Noue  la  forteresse  de 
Limbourg  pour  prison.  Nous  n'aurons,  à  cet  effet,  qu'à  puiser 
dans  l'œuvre  de  M.  Kervyii,  le  résumé  des  événements  qui  mar- 
quèrent la  vie  du  célèbre  Bras-de-Fer. 

François  de  la  Noue,  né  en  Bretagne  en  1531,  porta  les  armes 
dès  l'enfance.  Après  s'éire  signalé  en  Italie,  il  revint  en  France 
où  il  embrassa  le  parti  des  Calvinistes.  On  le  voit  successive- 
ment se  distinguer  à  Saiiit-Quenliii  en  1557,  à  Orléans  en  1567, 
à  la  bataille  de  Jarnac  deux  ans  plus  tard,  puis  s'emparer  de 
Fontenoi,  d'Oiéron,  de  Marennes,  de  Soubise,  de  Brouage. 
Atteint  d'un  coup  d'arquebuse  qui  lui  brisa  Tes  du  bras  gauche 
à  Fontenoi,  on  dut  le  lui  couper  et  le  remplacer  par  un  bras 
de  fer  dont  il  se  servait  fort  adroitement  pour  manier  son 
cheval. 

Envoyé  une  première  fois  dans  les  Pays-Bas  en  1571,  il  prit 
Valenciennes,  puis  s'enferma  dans  Mons,  qui  dut  capituler.  Il 
retourna  bientôt  dans  sa  patrie,  où  il  accomplit  de  nouveaux  et 
brillants  faits  d'armes. 

Rappelé  dans  notre  pays  en  157s,  avec  le  titre  de  maréchal- 
de-camp,  il  éprouva  des  tiraillements  sans  nombre  à  la  suite 
desquels  il  manifesta  l'intention  de  rentrer  en  France  ;  mais 
les  Etals-Généraux  tirent  tout  pour  le  retenir.  Partout,  dès 
lors,  son  passage  fui  marqué  par  des  actions  d'éclat.  Il  se  cou- 
vrit de  gloire  notamment  à  Werwick  en  1579,  h  la  prise  de 
Ninove  en  1580,  où  il  s'empara  de  la  personne  du  comte  d'Eg- 
mont.  Cependant,  de  la  Noue  vit  pâlir  son  étoile.  En  cher- 
chant à  surprendre  Lille,  il  lui  écrasé  par  le  nombre  et  fait 
prisoiniier. 

«  Le  premier  soin  du  marquis  de  Roubaix,  dit  M.  Kervyn, 
»  après  ce  brillant  fait  d'armes,  fut  d'envoyer  son  prisonnier 
»  au  prince  de  Parme,  qui  se  trouvait  alors  à  Mons,  et  qui  le 
»  tit  conduire  sous  bonne  escorte  au  château  de  Limbourg,  où 
»  il  fut  confié  à  la  garde  de  Gaspard  de  Robles,  seigneur  de 
»  Billv,  gouverneur  de  celle  forteresse.  » 


:m 


Peu  s'ea  fallut,  à  ce  que  nous  dii  son  biographe,  que  l'illustre 
captif  ne  payât  de  sa  tête,  sa  témérciire  entreprise.  On  se  con- 
tenta de  le  laisser  dans  le  château  de  Limbourg, 

«  Là,  il  fut  relégué  dans  un  lieu  étroit  et  malsain,  situé  au 
»  haut  d'une  tour,  où  l'air  et  la  pluie  pénétraient  cm  même 
»  temps  par  une  ouverture  pratiquée  dans  le  milieu  du  toit. 
»  Chaque  jour  on  lui  apportait,  dans  cette  triste  et  humide 
»  prison,  cloaque  infect  où  la  vermine  et  les  crapaux  avaient 
»  élu  leur  domicile,  une  misérable  nourriture  qu'on  lui  faisait 
»  payer  fort  cher.  Cependant,  il  supportait  ce  traitement  inhu- 
»  main  avec  un  courage  digne  de  son  beau  caractère... 

»  Vainement  les  Etats  offrirent-ils  au  Roi  (Philippe  II)  d'é- 
»  changer  de  la  Noue  contre  les  seigneurs  de  Selles,  de  Cham- 
»  pagni  et  d'Egmont.  Philippe  II  ne  voulut  d'abord  à  aucun 
»  prix  se  dessaisir  d'un  général  aussi  estimé...  Une  fois,  cepen- 
»  dant,  il  prêta  l'oreille  aux  propositions,  mais  ce  fut  pour  y 
»  ajouter  la  condition  barbare  que  de  la  Noue  se  laisserait 
»  crever  les  yeux...  De  la  Noue  n'ayant  pu  consentir  à  une 
»  mutilation,  universellement  réprouvée,  attendit  patiemment 
»  que  la  mort  vînt  l'enlever  aux  tourments  qu'il  endurait  dans 
»  son  cachot. 

»  Plusieurs  fois,  le  prince  d'Orange  entreprit  de  le  délivrer, 
»  mais  toutes  ces  tentatives  échouèrent.  » 

Telle  est  la  seule  allusion  que  fasse  M.  Kervyn  au  fait  qui  est 
l'objet  du  présent  article. 

A  l'époque  dont  il  s'agit,  Spa,  déjà  connu  depuis  quarante  à 
cinquante  ans  comme  ville  d'eaux,  fréquenté  chaque  été  par 
des  personnes  de  marque,  éloigné  de  trois  lieues  à  peine  de 
Limbourg,  offrait  tous  les  avantages  incontestables  à  ceux  des 
amis  de  De  la  Noue  qui  eussent  voulu  prêter  les  mains  à  une 
évasion.  C'est  vraisemblablement  ce  qui  fit  suspecter  plus  d'un 
étranger,  venu  tout  simplement  à  Spa  pour  soigner  sa  santé,  et 
notamment  le  sieur  de  la  Personne,  qui,  ainsi  qu'on  le  verra  par 


—  :^62  - 

es  pièces  suivantes,  lut  soupçonné,  et  pour  ce,  retenu  prison- 
nier à  Limbourg,  en  1584. 

M.  Eugène  Poswick,  dont  les  recherches  sur  l'histoire  du 
Limbourg  ont  été  des  plus  fructueuses,  et  qui  a  rassemblé  une 
foule  de  matériaux  dont  nous  verrons  bientôt  la  mise  en  œuvre, 
a  bien  voulu  nous  fournir  l'indication  d'une  autre  tentative  ana- 
logue h  celle  que  nous  signalons. 

Elle  est  mentionnée  dans  la  Drossarderie  de  Limbourg,  à  la 
Chambre  des  comptes.  On  y  trouve  au  registre  13072,  folio  370 
(années  1580  à  1586): 

«  Sur  l'avis  donné  au  drossart  du  Duché  de  Limbourg, 
»  Louis  d'Aranda,  par  le  conseiller  Cryp  (probablement  con- 
»  seiller  fiscal  du  Conseil  souverain  de  Brabant),  il  fît  arrêter 
»  Etienne  Pelser,  accusé  d'avoir  des  intelligences  à  Cologne 
»  avec  quelques  Français,  amis  du  seigneur  de  la  Noue, 
»  prisonnier  à  Limbourg.  Après  une  enquête  faite  à  Cologne, 
»  le  dit  Pelser  fut  relâché,  sa  culpabilité  n'ayant  pu  être  éta- 
»  blie.  » 

Albin  Body. 

A  Monsieur  de  Linde,  gouverneur  pour  le  prince  de  Liège  en  ces  Pays  et 
Marquisat  de  Franchimont. 

Supplye  humblement  dame  Marie  de  Marolles,  femme  du  Signeurdela 
Personne,  remonstranl  que  pour  Tlndisposition  et  maladye  de  gouttes  et 
gravelle  dont  le  dit  S^""  de  la  Personne  son  mary  est  extrêmement  offensé, 
Hz  s'estoient  acliemynez  en  ce  lieu  de  Spa  estant  partis  de  Paris  le  xx* 
jour  de  May  et  à  ceste  fin  avoient  loué  ung  coche  pour  les  y  conduire 
n'aiantz  aultre  compagnie  avec  eulx  que  la  damoiselle  leur  fille,  et  en  leur 
suictte  une  damoiselle  et  une  fille  de  chambre,  deulx  serviteurs  et  ung 
laquais  el  sans  aultres  armes  que  l'espée  :  de  manière  qu'ilz  esloient 
arrivez  au  dit  lieu  de  Spa  le  xx*  jour  de  Juing  y  ayant  séjourné  jusques  k 
présent;  et  combien  que  pendant  leur  séjour,  le  dit  S^'  de  la  Personne 
s'éloit  comporté  doucement  et  en  patience,  sans  avoir  eu  aultre  subjecl 
devant  les  yeulx  que  la  recherche  de  sa  disposition  et  sancté  et  qu'il  ne 


—  363  — 

fust  venu  pour  aultre  effect,  comme  l'indispozition  de  sa  personne  faict 
assez  suffizante  preuve  combien  il  a  besoin  de  remède  pour  sa  sancté, 
estant  sy  mal  dispos  qu'il  ne  poeuct  faire  ung  seul  pas  à  pied  sans  avoir 
ung  baston  pour  s'appuier,  et  ne  se  poeull  monter  à  cheval  sans  ayde.  De 
sorte  qu'il  estoit  contraint  pour  se  conduyre  jusques  à  la  fontaine  de  Spa 
d'emprunter  l'ung  des  chevaulx  de  Madame  de  Montafifye  n'aiant  faict  ame- 
ner ung  seul  cheval  avec  luy  en  intention  de  séjourner  en  ce  dit  lieu  jus- 
que à  ce  qu'il  eust  recouvert  sa  disposition  ou  qu'il  eust  apperçeu  quelque 
amendement  de  son  indisposition.  Ce  nonobstant  et  sans  avoir  esgardaulx 
choses  dessus,  soub  prétexte  que  le  dit  S^'^de  la  Personne  s'estoit  acheminé 
lundi  dernier  à  Lenbourg  non  pour  aultre  raison  que  pour  faire  compa- 
gnie à  Madame  de  Monlaffye,  laquelle  l'avoit  induitte  d'y  aller,  avoit  esté 
arresté  prisonnier  par  le  dit  S""  gouverneur  disant  avoir  reçeu  commende- 
ment  pour  cest  effect  de  la  part  de  son  Altesse  prince  de  Parme  pour  sus- 
piction  que  l'on  prétend  avoir  contre  le  dit  S^''  de  la  Personne  auquel  on 
voeult  mettre  sus  qu'il  auroit  délibéré  d'entreprendre  et  practicquer  sinis- 
trement  la  délivrance  du  S'"  de  la  Noue  prisonnier.  Chose  que  se  trouvera 
sauf  votre  Révérence  du  tout  éloignée  de  vérité  et  dont  n'y  a  seuUement 
aucune  présomption  ny  apparence  de  suspiction.  Ce  considéré  et  attendu 
que  vous,  Monsieur  et  tous  les  habitants  de  ce  lieu  avés  certaine  cognois- 
sance  quelz  ont  esté  les  desporîemens  du  dit  Ss''  de  la  Personne  pendant 
son  séjour  en  ce  dit  lieu  de  Spa  et  avec  quel  petit  train  et  équipaige  il  est 
arrivé,  Il  vous  plaise  pour  la  vérification  de  l'innocence  du  dit  S»""  de  la 
Personne  bailler  votre  attestation  à  la  dite  suppliante  aux  fins  dessusdites 
et  dabondant  en  faire  informer  par  telles  personnes  que  vous  adviserez 
bien  estre  pour  cognoistre  et  esclarcir  toutes  les  actions  et  desportemens 
du  dit  Se''  de  la  Personne  en  se  negara  (sic)  afïin  d'en  faire  apparoir  à  Son 
Altesse  ou  au  dit  S^""  gouverneur  de  Lenbourg  aultres  qui  vouldroit  pour 
en  faire  révocquer  en  doubte  son  innocence  et  probité. 

Ayant  veu  la  présente  Requeste,  désirant  de  donner  adresse  de  justice 
à  tous,  les  Mayeurs  et  Eschevins  de  Spa  prendront  information  et  orront 
des  tesmoins  sur  l'arrivée,  disposition,  équipaige,  vie  et  conversation  du 
sieur  de  la  Personne  mentionné  au  contenu  de  la  présente  requeste  pen- 
dant le  temps  qu'il  a  esté  à  Spau  pour  par  après  en  pouvoir  donner  attes- 
tation comme  il  appartient. 

Faict  à  Spau  le  vingt  sixiesme  jour  de  Juillet  1584. 

Robert  de  Lynden. 

Exhibé  en  justice  le  vingte-septième  jour  de  juillet  an  1584. 


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Tesmoings  produis  en  forme  d'information  pour  honorable  S?'  Robert 
de  Lienden,  hault-officier  et  gouverneur  de  Marquizai  de  Franchimont, 
faisant  partye  pour  Dame  Marye  deMarolles,  femme  du  S''  de  la  Personne, 
sur  ce  parla  dite  Dame  requis,  devant  nous,  la  Court  de  Spau,  le  xxvi* 
jour  de  Juillet  an  xvc  octante  quatre,  présens  maire  Adolphe,  Eschevins 
Henrozet  Lambert  et  Xherveau,  sur  le  faict  de  la  venue  en  Spau,  mala- 
dieze,  gouvernement,  hantieze  de  dit  S""  plus  amplement  contenu  par 
certaine  requeste  par  la  dite  Dame  oultredonnées  pour  s'en  servir  ou 
qu'il  appartiendra. 

Franckque  délie  Colevrine  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  d'eaige 
suffisanl,  homme  catholique,  dist  ne  scavoir  de  temps  de  laryvement  à 
Spau  de  dit  S""  de  la  Personne,  dist  ne  scavoir  de  la  maladieze  de  dit 
S'  synon  qu'il  at  ouy  dire  qu'il  estoil  gotteux,  à  rest  ne  sçeit  de  la  hantieze, 
foid,  ny  gouvernement  de  dit  S^ 

Ainsi  subescript. 

Franck  delle  Coullevrin. 

Remade  Xhrouet  de  Spau,  prochain  voisin  du  logis  de  dit  S'  de  la 
Personne,  en  Spau,  deaige  et  foid  que  dessus,  témoin  juré  et  adjourné 
dist  avoir  veu  arryver  le  dit  S"^  en  Spau,  ne  se  record  proprement  depuis 
quelle  temps  et  estoit  l(»gy  en  la  maison  Jeroisme  du  dit  Spau  et  pendant 
le  temps  qu'il  y  at  esté,  lat  veut  aller  aile  Fontaine  en  coche  avecq  Madame 
la  comtesse  de  Montaffie,  dist  avoir  ouy  dire  que  le  dit  S'' estoit  gotteux, 
desort  qu'il  ne  povoit  bonnement  cheminer.  De  surplus,  dist  ne  scavoir 
de  quelle  foid  ny  gouvernement  de  dit  S'. 

Ainsi  subescript. 

Hemacle  Xhrowet. 

Le  S'  Bernardin  Esmyralle,  italien,  de  la  ville  de  Sienne,  demourant  à 
Calais,  présentement  à  Spau,  y  uzant  des  eawes  de  la  Fontaine,  deaige  de 
liij  ans,  homme  catholicque,  témoin  juré  et  adjourné,  dist  ne  cognoistre 
le  dit  S"^  de  la  Personne,  synon  depuis  son  arryvement  en  Spau,  enquelle 
l'at  veu  venir  dainsung  coche,  logy  en  la  maison  Jheroisme  du  dit  Spau, 
depuis  environ  le  xx"  jour  de  Jung  dernier  et  de  la  maladieze  du  dit  S''  ne 
sceii  proprement  synon  que  k  son  veoir  luy  semble  iceluy  estre  quausi 
impotent  de  ses  membres,  bras  et  jambes,  dist  le  dit  déposant  que  le 
charrioi  ou  qu(!  le  dit  S""  estoit  arrivé  en  Spau  n'estoil  point  n  luy  ap[)ar- 
tenanl,  ains  l'avait  par  louaige  de  sort  que  lendemain  de  son  arryvement 


36n 


le  dil  chariot  s'en  retournai;  pendant  le  temps  que  le  dit  S"^  al  esté  au  dit 
Spau  rat  aulcune  fois  veu  aller  à  la  Fontaine  dains  le  coche  de  Madame  de 
Montaffie  et  aulcune  fois  sur  ung  cheval  grision  que  l'on  emprontoit  de  la 
dite  dame,  pour  cause  que  le  dit  S""  n'avait  coche  ny  cheval  en  ce  lieu.  De 
lafoid  de  dit  S'' ne  sceit  synon  dist  avoir  ouy  dire  qu'il  estoil  de  la  religion 
hogunoitle,  s'en  rapport  arest,  ne  sceit  de  dit  S''  aultremenl  l'avoir  hanté 
et  le  cognoit  pour  ung  homme  de  bonne  conversasion ,  et  quant  au 
dil  S""  dist  et  croit  que  depuis  le  temps  qu'il  al  esté  à  Spau,  que  iceluy  n'at 
point  esté  à  la  Fontaine  plus  de  xx  fois  pour  cause  de  son  indisposision 
des  gottes  et  aultres  maladiezes,  qu'il  ne  povoit  bonnement  cheminer  à 
pied  ny  à  chevalle,  en  la  compaingneit  dequelle  est  arryvé  au  dit  Spau  la 
femme  de  dit  S^  ung  sienne  fil  deaige  de  quelque  environ  de  xiij  à  xiiij 
ans,  une  fille  de  quelcque  xvi  a  xvij  ans,  avecq  deux  filles  de  chambre, 
deux  serviteurs  et  deux  petits  lackaye. 

Le  S""  Jacque  Save,  italien,  d'eaige  environ  Ixiij,  de  la  ville  de  Sienne, 
homme  de  la  foid  catholicque,  témoin  juré  et  adjourné,  compagnon  de 
susdit  Bei'nardin,  dist  et  demeure  de  mot  à  autre  eraprès  la  déposision  de 
susdit  Bernardin. 

Heluy  espeuse  à  Jheroisme,  horgois  de  Spau,  eagé  environ  xxxij  ans, 
feme  catholicque,  témoin  juré  et  adjourné.  Elle  dist  et  dépose  ne 
cognoisire  le  dit  S'  de  la  Personne,  synon  depuis  sa  venue  en  sa  maison 
à  Spau  depuis  quelcque  v  sepmaine  passé,  en  liquel  arryvat  dains  ung 
coche  quil  avoit  par  lowaige,  estoit  accompangneit  de  sa  femme,  ung 
petit  fil,  une  fille,  deux  filles  de  chambres,  deux  serviteurs  et  deux  petits 
lackaye,  et  estoil  le  dit  S''  gotteux  qausi  impotent  de  ses  membres,  de  sort 
qu'il  ne  povoit  qausi  cheminer  et  pendant  le  temps  qu'il  at  esté  en  sa 
maison,  elle  dist  que  iceluy  uzoit  des  eawes  pour  sa  santé,  allant  aulcunes 
fois  à  la  Fontaine  avecq  le  coche  de  Madame  de  Montaffie  et  aulcune  fois 
avecq  les  chevalz  de  la  dite  Dame,  pour  cause  que  le  dit  S"^  n'avoit  point 
de  coche  ni  de  cheval  à  lieu  de  dil  Spau.  De  la  foid  de  dit  S''  ny  sa  famille, 
elle  dist  ne  scavoir  synon  qu'il  se  conduysent  en  sa  maison  corne  bon  Srs 
et  gens  de  bien  et  que  des  jours  prohibé  de  uzer  de  chaire  ne  les  at  veu 
uzer  de  chaire  synon  de  poissons  et  viandes  que  les  chresliens  et  gens 
catholicques  uzent  ensdis  jours. 

Le  xxvij<=  jour  de  dit  mois,  présent  Eschevins  Henrozet  et  .lohan 
Bastin. 

Françeu  Le  Loup,  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige  environ 


366 


xlviij  ans,  examiné  sur  le  faict  de  dit  S""  de  la  Personne,  dist  et  atteste 
avoir  veu  arryver  le  dit  S'  en  ce  lieu  de  Spau,  logy  en  la  maison  Jheroisme 
du  dit  lieu,  ne  se  recorde  proprement  de  temps  de  sa  venue,  luy  estant 
arrivé  dains  ung  chariot  que  l'on  dist  qu'il  avoit  par  lowaige,  pour  cause 
qu'il  n'avoil  chevalz  ny  chariot  à  luy  appartenant  en  ce  lieu,  dist  ne  luy 
avoir  veu  manyé  autres  armes  synon  des  potences  ('),  ou  bastons  pour 
cause  de  son  indispositions  et  maladieze  des  gottes,  de  sort  qu'il  ne  peult 
bonnement  cheminer  et  avoit  à  sa  suyctte  sa  femme,  ung  petit  fil,  une 
fille,  dist  ne  scavoir  se  le  dit  S""  at  plus  de  ij  serviteurs  et  une  servante. 
De  la  hantieze  de  dit  S^  ne  lat  veu  hanter  avecq  autres  gens  synon  avecq 
des  seigneurs  franchois  et  d'autres  nations,  tant  en  la  maison  de  dit 
depozant  emprès  Madame  de  Chambre,  comme  à  logist  de  Melchior,  son 
frère,  emprès  Madame  de  Sainctge  (Samtge?)  et  pendant  le  temps  que  le 
dit  S"'  at  esté  au  dit  Spau  ne  luy  at  veu  faire  aulcune  enlrepriese  synon 
comme  ung  homme  de  bien  ;  d'aller  à  la  Fontaine  ne  sceit  en  quelle  estât 
il  y  alloit,  mais  sceit  bien  qu'il  uzoit  de  l'eawe  de  la  Fontaine  pour  cause 
de  son  indispositions  et  maladieze.  De  surplus,  ne  sceit  de  Testât  ny  gou- 
vernement de  dit  S^ 

Ainsi  subescript. 

Franck  Y  Le  Leux. 

Melchior  Le  Loup,  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige  environ 
xl  ans,  examiné  que  dessus,  dist  et  attest  avoir  veu  arryver  Monsieur  de  la 
Personne  en  la  maison  Jheroisme,  à  Spau,  ne  se  record  proprement  de 
quelle  temps,  luy  estant  dains  ung  coche,  ne  sceit  sille  estoità  luy  appar- 
tenant ny  les  chevalz  y  atteliez,  ne  sceit  quelle  arme  le  dit  S""  avoit  lors,  et 
estoient  à  sa  suycte  sa  feme,  ung  petit  fil,  une  fille  et  plusieurs  serviteurs 
et  servantes,  et  plusieurs  fois  vyeu  cheminer  le  dit  S'' avecq  ung  baston  en 
sa  main,  liquel  cheminoit  à  bien  grande  paine  pour  cause  de  son  maladize, 
ne  sceit  quelle  elle  estoit  synon  dist  avoir  ouy  dire  quil  avoit  malle  az 
gambes,  ne  sceit  pour  ce  quelle  gens  le  dit  S''  frequentoit  synon  quil  at 
ouy  dire  que  pendant  le  temps  quil  se  sont  tenu  en  ce  lieu  se  sont  poi- 
siblement  conduyct,  uzant  de  leawe  de  la  Fontaine  pour  cause  de  son 
indispositions  et  maladieze,  ne  sceit  pour  ce  en  quel  estât  il  alloit  à  la 
Fontaine,  arest  de  Testât  et  gouvernement  de  dit  S""  ne  sceit  aultrement 
qu'il  s'est  dessus  expediet. 

Ainsi  subescript. 

Menchfor  Le  Leux, 

(*)  Béquilles. 


—  367  — 

Gielel  fil  Bastin  Borguet  d'Arbespine,  témoin  juré  el  adjourné,  deaige 
environ  xxv  ans,  examiné  sur  le  faict  de  dit  S""  de  la  Personne,  disl  et 
dépose  ne  les  cognoistre  luy  ny  sa  famille,  ne  se  record  de  l'avoir  vyeu, 
vraye  est  que  depuis  environ  quelcque  xv  jours  passé  at  faict  une  potence 
de  bois  pour  un  S"'  logy  en  la  maison  Jheroisme  en  Spau,  ne  sceit  pour 
ce  le  nom  ny  surnom  de  dit  S',  pour  quy  estoit  la  dite  potence,  de  plus 
ne  sceit  aparler  de  lestât  ny  gouvernement  de  dit  S""  de  la  Personne. 

Johan  Bastin,  de  Spau,  notre  confrère,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige 
environ  xl  ans,  examiné  sur  le  faict  de  dit  S''  de  la  Personne,  sur  quoy 
nous  at  dit  et  attesté  ne  avoir  mémoire  davoir  vyeu  ny  congnu  le  dit  S'  de 
la  Personne,  dist  bien  avoir  ouy  dire  quil  estoit  logy  en  la  maison 
Jheroisme  à  lieu  de  Spau,  arest  ne  sceit  de  lestât  ny  gouvernement  de 
dit  S'. 

Ainsy  subescript. 

JoH.  Bastin. 

Jheroisme  Mor,  demourant  à  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige- 
xl  ans,  produys  sur  le  faict  de  dit  S""  de  la  Personne,  dist  et  atteste  que 
depuis  quelcque  v  sepmaines,  et  trois  jours  passé  arryvat  le  dit  en  sa 
maison,  accompangneit  de  sa  feme,  ung  petit  fil,  une  flUe,  deux  servi- 
teurs, ij  petits  lackaye  et  deux  filles  de  chambre,  là  arryvarent  tous  dains 
ung  coche  de  Esden  par  lowai^e,  de  sort  que  l'on  print  le  dit  S""  de  dit 
chariot  par  le  corps  et  lemporte  en  la  maison  pour  cause  quil  ne  povoit 
bonnement  cheminer,  à  liquel  arryvement  neat  veut  qu'il  euisse  espé  ny 
armes  et  que  le  dit  S""  n'at  à  son  logyst  chevalz  ny  chariot,  de  sort  que 
pendant  que  le  dit  S''  sest  tenu  en  sa  maison,  alloit  à  la  fois  à  la  Fontaine 
sur  ung  cheval  de  Madame  de  Montaffie  et  que  pendant  telle  temps  le  dit  S" 
uzoit  de  la  Fontaine  pour  cause  de  son  indispositions  et  maladieze  des 
gouttes  et  gravelle.  De  la  hantieze  de  dit  S%  dist  que  le  dit  S""  conversolt 
tous  S"  estant  à  Spau  ou  la  plupart,  et  que  ce  pendant  il  et  touttes  sa 
suyctes  se  sont  si  hoiinestement  conduict  quil  est  possible,  corne  gens  de 
biens  et  gens  catholicques  non  uzant  des  viandes  de  chaire  ens  jours 
défendu  et  que  pendant  que  le  dit  S""  alloit  chi  et  là  n'avoil  autz  armes 
synon  ung  baston  à  la  main,  et  aulcune  fois  uzoit  de  potences  araison 
quil  ne  povoit  comedit  est  bonnement  cheminer,  ne  luy  ayant  veu  faire  ny 
dire  entreprieze  aulcune  ny  parlumenter  (?)  aultrement  que  gens  debiens 
et  que  pendant  qu'il  sest  tenu  en  sa  maison  ne  luy  at  vyeu  manyeraulcunes 


368 


armes  ny  munitions  de  guerre  synon  depuis  quelcque  xv  jours  que  Ion 

dist  qui!  avoit  endroit  de  la  Fontaine  aulcuns  volleurs,  quoy  entendant 

le  dit  S'  acheptat  ung  petrinalle,  desort  que  le  dit  déposant  dist  luy  avoir 

preste  deux  charges  de  pouldre,  lune  pour  esprover  la  dite  petrinalle, 

et  l'aultre  pour  aller  à  la  Fontaine  avecq  les  autres  pour  cause  de  ce  que 

dist  est,  duquel  s'en  servoit  le  serviteur  du  dit  S^ 

Ainsi  subescript. 

Jheroisme  Mor. 

Léonard  Le  Loup,  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige  environ 
Iv  ans,  homme  catholicque,  nous  dist  et  attest  n'avoir  vyeu  arryver  le  dit 
S'  de  la  Personne  à  Spau,  mais  sceit  bien  quil  l'at  veu  par  lespasse  de 
quelcques  v  sepniaines  dernir  logy  en  la  maison  Geroisme,  à  Spau,  l'at 
plussieurs  fois  vieu  passer  et  rapasser  devant  sa  maison  dévissant  avecq 
autres  gens  ne  se  record  de  quelle  nations,  tenoit  en  ses  mains  une 
potence  pour  ce  qu'il  ne  povoit  bonnement  cheminer  pour  cause  de  sa 
maladises  comme  apparoit,  dist  ne  pour  ce  sçavoir  quelle  estoit  sa  dite 
maladiese,  dist  quil  at  à  sa  suycte  sa  feme  avecq  quelques  servans  des- 
quelz  n'en  sceit  le  nombre,  et  arest  dist  ne  scavoir  de  lestât  et  gouverne- 
ment de  dit  S''  pour  ce  qu'il  ne  le  cognoit  synon  depuis  sa  venue  quil  at 
ouy  dire  quil  uzoit  de  l'eawe  de  la  Fontaine  pour  son  indispositions.  De 
plus  dist  ne  sçavoir. 

Ainsi  subescript. 

LiNAR    [.I    Lu. 

Thomas  Le  Loup,  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  home  catholicque, 
deaige  environ  liiij  ans,  i)roduys  sur  le  faict  de  dit  S''  nous  at  attesté 
avoir  vyeu  venyr  un  S"^  franchoy  nommé  Mons'  de  la  Personne  dains  ung 
coche  avecq  sa  feme,  ung  petit  til,  avecq  plussrs  serviteurs  et  servantes 
desquelz  n'en  sceit  le  nombre,  ne  sceit  ainsy  le  temps  de  sa  venue,  ny 
quelles  aimes  iceulx  conduisent,  mais  veyt  que  l'on  print  le  dit  S'  lem- 
portant  en  la  maison  ou  estoit  logy,  dist  ne  sceit  se  le  dit  coche  estoit  à 
luy  ou  non,  mais  at  ouy  dire  quil  at  les  goltes  et  la  gravelle,  de  manir 
quil  l'at  plussieurs  foisveyu  deviser  avecq  des  S''^e(  queiceluymarohissoit 
à  la  potance  à  bien  grande  peine,  l'at  aulcunes  fois  vyeu  aller  à  la  Fon- 
taine à  cheval  et  dist  avoir  ouy  dire  quil  uzoit  des  eawes  de  Spau  pour 
recoverer  sa  santé,  de  plus  avant  dist  ne  scavoir  de  lestât  et  gouverne- 
ment de  dit  S""  pour  ce  quil  ne  l'at  hanté. 

Ainsi  subescript. 

Thomas  Le  Lour. 


—  369  - 

Le  xxviij*  jour  du  dit  mois  presens  Eschevins  Joh.  Bastin  et  Xherveau. 

Pierre  Lulier,  escuyr,  S"'  de  Montengny,  Sainct  Felys  de  Lielle  de 

Franche,  aage  environ  xxij  ans,  témoin  juré  et  adjourné,  examiné  sur  les 

articles,  sur  le  faict  de  M.  de  la  Personne,  nous  dist  n'avoir  jamais  cognois- 

sauce  de  la  personne  de  dit  S'',  synon  luy  estant  arryvé  à  Esden  (*)  et  eulx 

parti  de  là  pour  s'acheminer  à  Spau,  veit  à  chemin  li  coche  de  dit  S-'de  la 

Personne  ne  l'ayant  pour  ce  vyeu  ny  parlamenteràsa  personne,  synon  eulx 

estant  à  Boulhon  trovit  illec  le  dit  S''  en  son  coche  et  qui  de  là  l'at  accom- 

pangneit  jusques  à  Bastongne  ou  que  en  dit  chemin  al  veyu  le  dit  S'  en 

très  malvais  estât  pour  la  maladieze  des  gottes  et  gravelle ,  de  sort  que 

eulx,  le  dit  déposant  extant  partis  de  dit  Bastongne  y  lassant  illecq  le  dit 

S'^  n'arryvat  à  Spau  que  environ  quelcque  deux  à  trois  jours  après  pour 

les  séjournements  quil  flrent  en  chemin  pour  cause  de  l'indisposilions  de 

dit  S''.  Luy  semble  que  le  dit  S""  vint  à  Spau  le  xxi«  jour  de  juin  dernir  et 

estoit  à  sa  suycte  sa  feme,  ung  petit  fil,  une  fille,  une  damoiselle,  une 

borgoisse,  deux  serviteurs  et  deux  lacquaye.  Des  armes  n'at  vyeu  quil 

euissent  aulcunes  armes  à  feu  et  sceit  bien  que  le  coche  ou  astoit  le  dit 

S'  l'avoit  par  lowaige  de  cochi  d'Esden.    De  la  fréquentation  de  dit  S''  en 

ce  lieu  dist  luy  avoir  vyeu  fréquenter  ung  chacun,  ne  luy  at  vyeu  pour  ce 

faire  aulcune  entrepriese,  et  que  pendant  le  temps  qu'il  s'est  tenu  en  ce 

lieu  luy  at  vyeu  uzer  de  la  Fontaine  pour  cause  de  son  indispositions. 

Ainsi  subescript. 

Pierre  Luillier. 

Maître  Anthoine  Blondeau,  l'ung  des  appotticaires  de  Made  de  Boilhon, 
estant  en  ce  lieu  de  Spau,  témoin  juré  et  adjourné,  deaige  environ  Iviij 
ans,  examiné  sur  le  faict  de  Mons''  de  la  Personne,  nous  at  dit  et  attesté 
cognoistre  le  dit  S''  passé  xx  ans  et  que  le  dit  S''  est  malade  de  la  maladie 
des  gottes  tant  az  pieds  come  az  mains  avecq  la  gravelle  et  que  à  cest 
occasion  le  dit  S''  est  arryvé  en  ce  lieu  de  Spau  le  xx^  jour  de  mois  de  jung 
dernier  dains  ung  coche  appartenant  à  l'ung  des  cochiet  de  Esden,  logiet 
en  la  maison  Jheroisrae,  à  Spau,  accompangneit  de  sa  feme,  ung  petit  fil 
aagé  environ  rv  ans,  une  damoiselle  fille  de  sa  feme,  ung  damoiselle  et 
une  autre  filK^  de  chambre,  ij  serviteurs  et  ij  petits  lackaye,  et  que  en  che- 
min le  dit  S'^  luy  dit  que  les  gottes  luy  estoient  prins,  à  quelle  occasion  il 

(*)  11  faut  certainement  lire  Sedain,  Wachlendonck  dans  sa  chronique  écrit  par- 
tout Esden  pour  Sedain. 


—  370  — 

avoit  séjourné  quelcque  jour,  n'ayant  vieu  quil  euissent  luy  ny  sa  suycie 
aulcunes  armes  de  guerres  dont  lendemain  de  l'arryvement  du  dit  S""  fist 
venir  emprès  soy  le  dit  déposant  pour  luy  administrer  les  médicaments 
servant  pour  ses  maladie,  ce  quil  luy  at  conlynué  jusque  à  son  partement. 
Oultre  plus  ce,  disl  que  de  commencement  de  son  arryvement  que  le  dit 
S' at  esté  contynuellemenl  l'espace  de  vi  jours  al  lyct  pour  le  débilité  de 
ses  membres.  De  la  hantieze  de  dit  S""  dist  ne  luy  avoir  cause  personne 
veu  hanté  synon  l'ai  vieu  quelquefois  pormener  à  la  place  avecq  ung  bas- 
ton  en  la  main,  de  quoy  se  trouviat  fort  malle  en  quoy  fust  constrainct  de 
se  retourner  a  liect.  A  rest  ne  sceit  synon  quil  at  vieu  le  dit  S''  de  temps 
quil  sesl  tenu  en  ce  lieu  sest  uzé  de  la  Fontaine  pour  cause  de  ses  maladie 
et  le  plus  sovent  le  prendoit  à  son  logist  à  raison  quil  ne  povoit  bonne- 
ment cheminer  à  la  Fontaine  pour  cause  de  son  impotence.  De  plus  ne 
sceit. 

Ainsi  signé. 

A.  Blondeau. 

Là  mesme  à  la  requeste  de  dit  S'  gouverneur  en  telle  nom  quil  précède 
avons  les  présentes  dépositions  et  informations  publiée  ouverte  et  copie 
az  parties  accordé.  Et  affin  que  ce  soit  choese  digne  de  crédit  avons 
icelle  faict  autenticquer  par  signateur  de  notre  greffier  sermenté  ichi 
mise. 


TONGRES  &  HONTEM, 


J'étais  dernièrement  à  la  bibliothèque  publique  de  Nieuport, 
lorsque,  par  hasard,  mes  regards  tombèrent  sur  une  brochure 
portant  ce  titre  :  Nouvelles  études  sur  la  géographie  ancienne  de 
la  Belgique,  par  A.  Wauters,  archiviste  de  la  ville  de  Bruxelles. 
Cette  brochure,  qui  est  loin  d'être  récente,  puisqu'elle  porte  la 
date  de  1867,  était  cependant  une  nouveauté  pour  moi.  En  effet, 
par  suite  des  nombreux  changements  de  résidence  que  j'ai  dû 
subir,  je  n'ai  plus  guère  été  à  même  de  me  tenir  au  courant  des 
controverses  archéologiques. 

Aussi,  ce  fut  avec  un  vif  sentiment  de  curiosité,  que  j'em- 
portai ce  petit  livre,  désireux  de  renouer  connaissance  avec 
des  questions  qui  ont  toujours  eu  le  privilège  de  m'intéresser. 

Est-ce  aberration  d'esprit  ?  Défaut  de  jugement  ou  du  moins 
de  goût  ?  Je  ne  sais  ;  toujours  est-il  que  malgré  le  charme  et  la 
haute  saveur  des  circulaires  du  Recueil  administratif,  je  n'ai  su 
résister  au  désir  de  mordre  encore  une  fois,  et  à  la  dérobée, 
dans  un  fruit  étranger. 

Je  n'ai  pas  la  prétention  de  passer  m  extenso  l'ouvrage  en 
revue,  je  ne  veux  m'occuper  que  du  chapitre  XII,  intitulé 
Aduatuca.  Naturellement,  ce  chapitre  est  celui  qui  eut  le  plus 
d'attrait  pour  moi,  parce  qu'il  était  consacré  tout  entier  à 
une  que.- Lion  que  j'avais  osé  aborder  autrefois  quand  j'habi- 
tais un  petit  village  des  bords  de  la  Meuse,  et  même  discuter 
longuement. 

Je  ne  sais  encore  si  je  me  trompe,  mais  il  m'a  paru  que  l'au- 
teur, sans  l'avouer,  avait  surtout  en  vue  l'opinion  que  j'ai  émise 


—  372  - 

dans  mes  «  Promenades  dans  les  environs  de  Visé,  »  non  pas 
toutelbis  en  abordant  eaiTémeni  cette  opinion,  sous  ses  laces 
multiples  et  avec  les  raisoimements  spéciaux  qu'elle  comporte, 
mais  en  ne  la  combattant  que  sur  des  points  accessoires. 

Je  me  permettrai  de  rompre  une  lance  courtoise  en  faveur 
de  mes  anciennes  convictions;  elles  ne  se  sont  pas  modifiées, 
même  après  la  lecture  de  l'ouvrage  de  M.  Wauters,  qui,  natu- 
rellement, continue  à  voir  dans  la  ville  de  Tongres  —  Atuatuca 
Tongrorum  —  le  Atuatuca  des  Eburons. 

J'ai  toujours  été  d'avis  qu'il  y  eut  jadis  deux  Atuatuca  bien 
distincts:  celui  des  Eburons,  le  premier  en  date,  Atuatuca  tout 
court,  puis  ensuite  celui  des  Tongriens,  Atuatuca  Tongrorum, 
fondé  sous  Auguste,  myis  que  l'on  s  obstine,  je  ne  sais  trop 
pourquoi  -  probablement  pour  embrouiller  une  question,  qui 
sans  cela  serait  trop  simple  —  à  confondre  en  un  seul. 

Tout  le  monde  sait  que  le  premier  fut  détruit  de  fond  en 
comble  par  César,  lors  de  la  dévastation  qu'il  lit  de  l'Eburonie; 
dès  lors,  il  ne  figure  plus  dans  l'histoire,  il  est  mort  ;  le  second 
est  bien  la  ville  des  Tongriens,  Atuatuca  Tongrorum. 

Mais  pourquoi  ce  nom  bizarre  et  si  longtemps  incompréhen- 
sible de  Atuatuca,  reparaît-il  encore  ici?  Tout  bonnement, 
parce  que  ce  mot,  comme  le  démontre  à  l'évidence  M.  le  cheva- 
lier de  Corswarem  ('),  n'est  que  le  mot  allemand  Achterwacht, 
arrière-garde,  ou  plutôt  corps  d'armée  laissé  à  la  garde  des 
bagages,  latinisé  ou  prononcé  —  en  élidant  ses  nombreuses 
consonnes  —  comme  un  romain  pouvait  prononcer  ce  mot 
guttural,  impossible  à  articuler  pour  un  gosior  qui  n'est  ni 
allemand  ni  flamand. 

De  ce  qui  précède,  il  s'ensuit  que  trois  localités  ont  été 
appelées  de  ce  nom,  parce  que  toutes  les  trois  elles  ont  été 


(*)  Mémoire  historique  et  élymologique  sur  les  noms  des  anciens  habi- 
tants, territoires,  communes  et  hameaux  de  la  province  de  Limbourg.  Tongres, 
1863. 


i:-i 


fondées  par  une  arrière-garde  destinée  à  veiller  aux  impedi- 
menta : 

1»  Atuatuca,  celui  qui  nous  occupe,  lieu  de  stationnement 
temporaire  de  cette  arrière-garde  de  6,000  hommes,  laissée  à  la 
garde  des  bagages  par  les  Cimbres  et  les  Teutons  lorsqu'ils 
envahirent  l'Italie,  et  qui  fut  la  souche  des  Atuatiques. 

2°  Oppidum  Atuatucorum,  la  ville  des  Atuatiques,  l'établis- 
sement définitif  de  ces  mêmes  gens  de  l'arrière-garde,  achter- 
wncliter,  fixés  à  demeure  et  constitués  en  corps  de  nation, 
après  les  longues  guerres  qu'ils  avaient  dû  soutenir  contre  les 
Eburons  avant  de  les  reiidre  leurs  tributaires.  Nous  n'avons 
point  à  nous  en  occuper  ici  ('). 

3"  Atuatuca  Tongrorum,  le  lieu  de  dépôt  pour  les  bagages, 
les  femmes  et  les  enfants  des  diverses  peuplades  qui  vinrent 
repeupler  TEburonie  et  se  mêler  aux  habitants  primitifs,  échap- 
pés au  massacre  qu'en  fit  César.  Ce  lieu  de  dépôt,  ce  centre  de 
la  nouvelle  tribu,  mis,  comme  toujours,  à  l'abri  d'un  coup  de 
main,  est  la  ville  qui  figure  sur  l'iiinéraire  d'Antonin.  Quant 
au  premier  Atuatuca,  détruit  de  fond  en  comble,  il  n'exisie 
plus  depuis  longtemps,  il  a  disparu  avec  les  malheureux 
Eburons. 

Je  ne  trouve  donc,'lans  la  dissertation  de  M.  Wauters,  aucun 
argument  nouveau,  aucune  démonstration  probante  pour  infir- 
mer, ni  même  ébranler  le  système  qui  place  le  castellum  des 
Eburons  à  Hontem,  près  de  Gronsfeld  -  et  non  à  Houthem, 
comme  il  le  dit  erronémenl.  —  Je  sais  que  celte  opinion  fait 
tout  doucement  son  chemin. 

Gomme  je  ne  veux  absolument  aborder  que  les  passages 


(♦)  On  esl  d'accord  pour  convenir  que  It;  lieu  du  slalionneinent  des  Atuatiques 
fut  occupé  par  les  Eburons,  qui  en  firent  leur  plai-e  de  refuge.  Sabinus  et  Colta. 
quand  ils  vinrent  pour  hiverner  dans  l'Eburonie,  trouvèrent  donc  un  camp  tout 
fortifié.  C'est  le  seul  de  tous  les  cantonnements  de  ses  lieutenants,  que  Cc^-sar  a  pu 
désigner  par  son  nom  propre.  Les  autres  n'ont  pu  l'être,  parce  que  les  lieux  où  ils 
étaient  placés  n'avaient,  à  cette  époque,  aucune  dénomination  appellalive. 


374 


soulignés  par  mon  savant  contradicteur,  je  vais  me  borner  ^ 
les  discuter  dans  l'ordre  où  ils  se  présentent  à  la  lecture  de  son 
ouvrage. 

J'ai  relevé,  dans  le  cliapitre  de  mon  livre  qui  a  trait  aux 
Eburons,  quelques  appellations  que  portent  encore  certaines 
parties  de  la  grande  vallée  de  Sainte-Gertrude,  ou  des  lieux  qui 
l'avoisinent  :  gebrande  grebbe,  vallée  brûlée,  mortsgraef,  fossé 
des  morts,  hellegraaf,  fossé  de  l'enfer,  peut-être  de  Hellia, 
Bombosch,  bois  des  Romains.  «  Je  ne  vais  pas  plus  loin,  dit 
M.  Wauters,  pour  en  épargner  l'énuméralion  au  lecteur  sé- 
rieux.» Je  ne  puis  que  l'approuver.  Mais  alors,  puisqu'il  répudie 
ce  genre  de  preuve,  je  me  permettrai  de  lui  demander  pour 
quel  motif  il  y  a  recours  et  vient  à  son  tour,  lorsqu'il  en  a 
besoin,  s'appuyer  sur  les  noms  que  portent,  de  nos  jours,  cer- 
tains lieux-dits  (^).  Est-ce  aussi  pour  faire  sourire  le  lecteur 
sérieux?  Ma  foi!  au  risque  de  tranformer  ce  sourire  en  hilarité 
prononcée,  j'ajouterai  encore,  à  ceux  déjà  cités  plus  haut, 
quelques  nouveaux  noms  de  lieux  que  je  dois  à  des  recherches 
postérieures  sur  le  terrain  :  ainsi,  la  tranchée  au  débouché  de 
la  vallée,  se  nomme  hakkenbwep,  colline  creusée,  certains 
endroits  sont  désignés  par  les  noms  significatifs  de  Roemslag^ 
bataille  des  Romains,  de  Lutlenraderveld,  champ  de  la  lutte, 
Heervout,  trou  de  l'armée,  Liebeck,  dans  l'idiome  du  pays,  ruis- 
seau de  sang,  l.e  Mortsgraef  touche  au  Tomveld,  au  Tommelweg, 
au  Tommelsgraef,  champ,  chemin  et  fossé  des  lombes.  On  y 
trouve  beaucoup  o'ossements;  en  1863,  on  a  fait  disparaître 
une  tombelle  connue  sous  le  nom  de  Tombe  de  la  sorcière,  j'ai 
fouillé  son  emplacement  et  j'en  ai  encore  retiré  des  os  et 
quelques  débris  informes  de  ferrailles  ;  un  autre  petit  tumulus, 
aujourd'hui  sous  la  sauvegarde  d'une  croix,  existe  encore  à  un 
carrefour  de  chemin.  Dans  la  vallée  même  de  Sainte-Gertrude 
se  dresse  un  demi-dolmen,  en  pierre  de  grès,  d'une  hauteur  de 
1  mètre  15  centimètres. 


(*) 


Voir,  par  exemple,  dam  Touvrage  cité,  les  pageti  148,  149,  1S9,  153. 


;:{7r> 


Mais  je  vais  plus  loin  :  npn  seulement  je  vois  dans  Hontem  le 
Atuatuca  des  Eburons  et  dans  la  vallée  de  Sainte-Gertrude  le 
lieu  de  la  défaite  de  Sabinus  et  Cotta,  mais  je  prétends  retrou- 
ver au  milieu  des  bois  qui  couvrent  encore  les  collines  entre 
Gronsfeld  et  Hontem,  des  vestiges  de  l'ancien  culte  germain. 
Une  clairière  porte  toujours  le  nom  de  Thor,  dans  un  coude  de 
la  vallée,  nous  trouvons  la  fontaine  sacrée,  lieilige  fonleine  ('). 
Une  partie  de  bois  se  nomme  lieL  sans  doute  de  Hellia,  la 
sœur  de  Tlior,  à  côté  nous  avons  le  Woodsboom,  l'arbre  de 
Wooden  ou  à'Odin,  plus  loin  les  fermes  de  Venusiwf  et  de 
Panhof.  Tous  ces  noms  étrangers  ne  nous  agaçent-ils  pas  par 
un  je  ne  sais  quoi  de  mystérieux  qu'ils  laissent  entrevoir  et  que 
l'on  s'irrite  de  ne  pouvoir  éclaircir  complètement?  Près  de  là 


(')  Celle  fontaine  était  devenue,  sous  le  premier  empire  français,  un  lieu  de 
pèlerinage  très-suivi  ;  en  1806,  M.  Zaeppel,  évêque  de  Liège,  jugea  opportun  de 
faire  cesser  cet  usage.  Voici  la  lettre  pastorale  que  ce  prélat  éclairé  adressa,  à  ce 
sujet,  au  clergé  de  son  diocèse  : 

c  Comperimus  novum  fontem,  inilio  mensis  maii,  nuperi  fuisse  animadversutn 
in  valle  quadani  dislrictus  de  Gronsfeld,  cujus  inexpectatus  saltus  locuni  deJit 
pluribus,  prsesertim  idiolis  et  mulierculis,  existimandi  fontem  islum  peltere  aliquà 
virtule  supernaturale.  Inde  ruraor  spargitur  ubique,  inde  concursus  sexus  omnis 
ex  locis  non  solum  circumvicinis^  sed  el  disserlis  ;alii  curiositatis  causa,  alii  vero 
gratià  sanilatis  obtinendse  illuc  se  conferunt,  tanquam  ad  piscinam  probriticam  aut 
natatorium  Siioë.  Sanatione  omnis  gencris  priedicantur,  cœci  vident,  ciaudi  ambu- 
lant, paralytici  curanlur. 

n  Verum,  relalionibus  Rde  dignissimis  nobis  constat,  cœcos  islos  non  videre, 
claudos  non  ambulare,  paralyticos  manere  paralyticos  :  insuper  banc  aquam,  expe- 
rimentià  physicorum,  esse  aquam  communem,  nec  uUam  se  habere  virtutem  specia- 
lem,  multo  minus  supernaturalem. 

»  Quapropter,  cum  ofllcii  noslri  pasloralis  sit  irapendere  taies  abusos  super- 
stiosos  et  scandalosos,  re  sacra  religio  nostra  vituperationi  ac  raalevolorurad  icteriis 
exponatur,serio  hortamus  vos,  ut  plebem  vobis  commissura  illico  desuper  edoceatis, 
illumque  deterretis  a  fanaticis  itàtis  excessibus. 

»  Curent  Pastores  dare  stalim  suis  succursalislis  notitiam  prsesentium. 
»  Leodii  bac  17  octobris  1806. 

•    LlTTËKA   AD   CLËRUM.    * 

Celte  fontaine  se  trouve  sur  le  territoire  de  Gronsfeld;  ce  qui  est  remarquable, 
c'est  que  son  eau  semble  parfois  se  perdre.  Après  avoir  lari  pendant  assez  long,- 
temps,  elle  coule  de  nouveau  depuis  quelques  années. 


—  S76  — 

sont  les  villages  de  Keer  et  de  Ambi.  Dans  le  premier,  on  a 
trouvé  une  hache  celtique  en  bronze,  des  fragments  de  poterie, 
une  urne  remplie  de  cendres  et  d'ossements  brûlés.  Le  second 
nous  fait  rêver,  parce  qu'il  nous  donne,  dans  son  ensemble,  les 
deux  premières  syllabes  du  grand  ennemi  des  Romains,  Am- 
biorix,  roi  de  Ambi. 

Je  passe  à  deux  bouts  de  phrase  de  mon  ouvrage  et  que 
M.  Wauters  copie  pour  les  réfuter:  «  de  ce  que  les  habitants 
»  du  pays  voisin  de  Fouron  racontent  qu'il  y  a  bien  longtemps, 
»  du  temps  des  Romains  ou  des  Sarrasins,  il  s'est  livré  une 
»  grande  bataille  dans  la  vallée  et  que  le  sang  a  coulé  partout,  » 
en  résulte-t-il  qu'on  doive,  dit-il,  chercher  l'explication  de  cette 
tradition  5  l'époque  des  Eburons  ?  N'a-t-on  pas  livré  d'autres 
batailles  dans  la  vallée  de  la  Meuse?  Le  22  mars  1106,  un  com- 
bat terrible  se  livra  aux  portes  de  Visé  entre  les  troupes  du 
jeune  roi  Henri  V  et  les  partisans  de  son  vieux  père,  l'empereur 
Henri  IV  :  n'est-ce  pas  là  cette  journée  sanglante  dont  le  souve- 
nir est  resté  vivant  au  même  endroit  ?  M.  Caumartin  décrit 
longuement,  «  des  travaux  étranges,  de  longs  boyaux,  des 
»  restes  d'anciens  ouvrages,  des  tranchées,  »  où,  d'après  lui, 
Ambiorix  posta  ses  Eburons  de  manière  à  surprendre  Sabinus 
et  Cotta.  Tout  ce  système,  appuyé  sur  des  étymologies  forcées, 
résiste  diflicilement  à  l'examen.  »  Voilà,  me  semble-l-il,  ce 
qu'avant  tout  il  aurait  fallu  démontrer,  et  ce  que  M.  Wauters 
n'a  pas  fait.  Il  est  par  trop  laconique. 

Mais  procédons  par  ordre. 

Constatons  d'abord  que  la  défaite  de  Sabinus  et  Cotta  a  eu  lieu 
dans  la  vallée  de  Sainte-Gertrude  qui,de  Hontem-Atuatuca,yïeï\i 
déboucher  dans  la  vallée  de  la  Meuse,  cette  dernière  n'a  donc 
que  faire  ici  ;  elle  reste  complètement  en  dehors  de  la  question. 
Le  fait  est  que  le  combat  terrible,  dont  parle  mon  savant  con- 
tradicteur, tut  livré  aux  portes  de  Visé,  à  très-peu  de  distance 
des  remparts  de  la  ville,  et  non  h  Hontem  qui  en  est  éloigné  de 
plus  (II-  (l<M)\   lieues  Pt,  en  outre,  (]t\u<  une  autre  direction; 


ensuite  ,  Hontem  élani  bien  plus  lappruclié  de  Maestricht 
que  de  Visé  —  la  distance  est  moindre  de  moitié  —  l'histoire 
aurait  dit,  fut  livré  aux  portes  de  Maastricht,  ce  qui  e>t  faux.  Ce 
combat  -  ce  n'est,  après  tout,  qu'un  combat  —  eut  lieu 
dans  les  campagnes  de  Bombaye  et  de  Berneau,  mais  sur- 
tout sur  le  beau  plateau  qui  s'étend  entre  ce  village  et  Visé. 

Je  n'admets  nullement  que  sans  des  travaux  préparatoires  qui 
aient  ouvert  des  voies  caciiées  et  faciles,  permettant  aux  Ebu- 
rons  de  déboucher  à  l'aise  et  par  plusieurs  côtés  à  la  fois  dans 
la  vallée,  il  leur  eût  été  possible  de  venir  à  bout  de  9  k  10,000 
légionnaires  lomains.  Ceux-ci  n'ont  pu  sortir  de  cette  terrible 
vallée;  preuve  indubitable  qu'elle  était  obstruée  à  son  débouché, 
puisqu'ils  purent  très-bien  se  retirer  dans  Atuatuca.  Gésav  nous 
dit  que  les  Eburons,  embusqués  sur  les  deux  versants,  étaient 
cachés  dans  l'épaisseur  des  bois.  D'accord,  mais  il  leur  fallait, 
avant  tout,  sortir  de  ces  bois  en  masses  assez  compactes  pour 
aborder  de  vaillants  adversaires  mieux  armés  et  mieux  disci- 
plinés. Admettez-vous,  par  exemple,  qu'un  régiment  d'infanterie 
abrité  dans  un  bois,  puisse  en  sortir  tout-ii-coup,  à  l'impro- 
viste,  pour  en  assaillir  un  autre  qui  chemine  à  quelques  pas  de 
lui?  Pas  du  tout.  Les  arbres  de  haute  futaie  d'abord,  puis  les 
taillis  épais,  les  ronces,  les  épines,  seront  un  obstacle  insur- 
montable à  une  marche  en  corps,  la  sortie  sera  pénible  et  avant 
tout  très-lente.  Les  soldats  émergeront  de  l'épaisseur  des  bois 
comme  ils  le  pourront,  isolément,  par  groupes,  gênés  parleurs 
armes,  et,  pour  ainsi  dire,  sans  défense,  ou  pour  le  moins  aussi 
en  désarroi  que  ceux  qu'ils  viennent  combattre.  Pour  avoir 
chance  de  réussir  ils  devront,  au  préalable,  reformer  leuis  rangs 
et  agir  avec  ensemble. 

Voilà,  Monsieur,  la  cause  de  ces  tranchées,  de  ces  longs 
boyaux,  de  ces  places  d'armes  si  bien  cachées,  si  traîtreuse- 
ment dissimulées  dans  les  versants  des  côies  qui  dominent  et 
enserrent  le  vallon  de  Sainte-Gertrude;  elles  ont  permis  à  Am- 
biorix  de  précipiter  subito  se^  Khnrons  en  corps  épais,  bien 


-  378  - 

préparés,  et  qui,  n'étant  arrêtés  par  aucun  obstacle  matériel, 
tombaient,  avec  un  élan  irrésistible,  au  milieu  des  troupes 
romaines,  dont  nul  bruit  suspect  n'était  venu  éveiller  les 
soupçons. 

Passons  à  une  autre  objection.  «  Dès  l'instant  où  l'on  rejette 
Tongres,  dit  M.  Wauters,  on  tombe  dans  l'incertitude,  on  ne 
\  oit  plus  d'issue  pour  se  tirer  d'embarras,  on  ne  fait  qu'aug- 
menter les  difficultés  résultant  des  distances  données  par 
César.  » 

C'est  possible  pour  beaucoup  de  localités,  mais  ce  n'est  cer- 
tainement pas  le  cas  pour  Hontem,  bien  au  contraire. 

Tongres,  dit  le  général  Creuly,  réalise  la  condition  don- 
née ('),  étant  à  98  kilomètres  du  Rhin  en  ligne  droite,  ou,  en 
mesure  itinéraire,  à  117  kilomètres,  qui  font,  à  peu  de  chose 
près,  deux  marches  de  cavalerie.  Ainsi  donc,  c'est  parce  que 
Tongres  se  trouve,  à  peu  de  chose  près,  à  deux  marches  de 
cavalerie  du  Rhin,  que  vous  lui  attribuez  l'honneur  d'être  le 
Atuatuca  des  Eburons?  Vous  comptez  sans  doute  pour  rien  la 
Meuse  qu'il  faudra  passer  pour  aller  de  Tongres  au  Rhin  ?  Eh 
bien!  je  le  demanderai  hardiment  à  tout  lecteur  impartial, 
Hontem  lui,  sur  la  rive  droite  de  la  Meuse,  presque  en  regard 
de  Tongres  et  plus  rapproché  du  Rhin,  ne  réalise-t-il  pas  beau- 
coup mieux  celte  condition  essentielle  de  distance?  N'esi-il  pas 
évident  que,  lorsqu'un  grand  cours  d'eau  s'interpose  entre  un 
corps  d'armée  et  un  point  donné,  elle  ne  peut  jamais  être  cer- 
taine de  l'atteindre  dans  un  temps  rigoureusement  fixé  ?  D'un 
autre  côté,  M.  Wauters  n'admet  pas  non  plus  que  si  les  troupes 
romaines  eussent  été  cantonnées  à  Aluatuca-Toiigres,  la  Meuse 
qu'elles  auraient  eu  à  franchir  —  et  pendant  l'hiver!  —  eût  été 
un  obstacle  pour  qu'elles  puissent  surveiller  efficacement  la 
partie  principale  de  l'Eburonie,  la  plus  accidentée,  la  plus  peu- 
plée, celle  comprise  entre  ce  fleuve  et  le  Rhin. 

I*)  Oeil»"  rt'ètre  a  deux  journé«'S  (Je  marche  rlu  Rhin. 


—  379  — 

«  Or,  dit-il,  César  a  maintes  fois  passé  la  Meuse  et  ne  la  cite 
»  que  très-accessoirement  et  dans  d'autres  occasions. 

»  Puis,  voyez  la  différence:  traverser  un  fleuve  est  une  opé- 
»  ration  très-difficile  pour  une  armée  considérable  marchant 
»  avec  tout  son  matériel.  A-t-elle  off'ert  autant  de  difficultés  à 
»  une  troupe  de  hardis  cavaliers,  comme  l'étaient  les  2,000 
»  cavaliers  Sicambres  qui  assaillirent  Atuatuca-Tongres,  en  été, 
»  à  l'époque  des  sécheresses?  »  D'abord,  Monsieur,  ce  qui  est 
à  noter  précisément  ici, c'est  que  César  observe  que  ces  cavaliers 
Sicambres  ont  passé  le  Rhin  sur  des  barques,  mais  soit, 
auraient-ils  dû  franchir  la  Meuse,  ils  l'auraient  fait  très-facile- 
ment en  été,  à  Vépoque  des  sécheresses  ;  puis  mon  savant  contra- 
dicteur, croyant  me  battre  par  mes  propres  armes,  ajoute 
victorieusement  :  «  la  Meuse  est  facilement  guéable  près  de 
»  Visé,  c'est  un  défenseur  de  l'opinion  contraire  à  la  mienne 
»  qui  nous  l'apprend;  il  existe,  dit  M.  Caumartin,  en  face  du 
»  village  de  Lixhe,  un  gué  de  la  Meuse,  »  et  plus  loin  le  même 
auteur  ajoute  :  «  Le  gué  de  Lixhe  ou  de  Navagne  est  si  facile 
»  que,  avant  la  cession  de  la  rive  droite  à  la  Hollande  et  l'éta- 
»  blissement  des  chemins  de  halage,  les  habitants  de  ce  vil- 
»  lage  traversaient  la  Meuse  avec  des  charrettes  pour  voiturer 
»  les  récoltes  de  la  rive  droite.  C'est  là  que  l'armée  espagnole  a 
»  passé  en  1634,  et  Jean  de  Weert  en  1636.  »  (') 

En  citant  ces  extraits  de  mon  petit  ouvrage,  M.  Wauters  a 
complètement  perdu  de  vue  un  point  capital,  une  chose  essen- 
tielle: c'est  que  ces  divers  passages  de  la  Meuse  ont  toujours 
été  effectués  pendant  ou  après  les  grandes  chaleurs  de  l'été,  à 
l'époque  de  la  récolte.  Mais  ici,  ce  n'est  pas  le  cas.  Un  grand 
cours  d'eau  n'est  plus  guéable  à  l'époque  de  la  chute  des 
feuilles,  du  moins  dans  nos  climats.  Or,  les  troupes  romaines 
étant  entrées  dans  leur  cantonnement  d'hiver  pendant  la  pre- 
mière quinzaine  du  mois  d'octobre,  précisément  lorsque  la 

(*)  Promenades  dans  les  environs  de  Visé,  pages  1T8  et  201. 


880 


Meuse  a  cessé,  ou  va  cesser  d'être  guéable,  je  inaiiUiens  qu'il 
leur  était  impossible  d'exercer,  pendant  l'hiver,  la  moindre 
influence  dans  l'Eburonie  transmosane,  pays  boisé  et  d'un 
accès  si  difficile,  dont  elles  étaient  séparées  par  un  fleuve 
qu'elles  ne  pouvaient  plus  franchir,  et  qui,  en  outre,  les  eût 
coupé  complètement  de  leur  base  d'opération. 

Il  est  une  particularité  sur  laquelle  j'ai  déjà  appelé  l'atîen- 
tion,  je  pense  même  être  le  premier  qui  l'ait  signalée  et  qui  en 
ait  tait  ressortir  l'importance;  j'ai  été  étonné  de  ce  que  M.  Wau- 
ters  n'ait  pas  jugé  î^  propos  de  s'en  occuper,  car  elle  ne  me 
paraît  pas  devoir  être  dédaignée,  la  voici  :  les  soldats  romains, 
en  quittant  leur  cantonnement  d'hiver  de  Atuatuca,  se  mettent 
en  marche  dans  l'intention  de  se  retirer  sur  le  camp  de  Cicéron 
-  ad  proximam  legionem,  —  battus  dans  la  grande  vallée  — 
magnam  convallem  —  ils  se  réfugient  derrière  les  remparts  de 
Mnaluca,  mais  dans  l'impossibilité  de  résister,  et,  pour  ne  pas 
tomber  vivants  entre  les  mains  d'un  ennemi  implacable,  ils 
enterrent  leur  aigle  et  s'entretuent  pendant  la  nuit,  quelques 
légionnaires,  dit  César,  parvinrent  isolément  à  gagner  le  camp  de 
Labienus. 

Pourquoi  donc  les  fuyards  ne  cherchent-ils  plus  leur  refuge 
dans  le  camp  de  Cicéron,  mais  bien  dans  celui  de  Labienus, 
qui  cependant  (tait  plus  éloigné?  La  raison  en  est  telle- 
ment concluante  que.  seule,  elle  dispenserait  de  longues  dis- 
cussions. 

C'est  que,  partis  de  Atuatuca-Uontem  pour  atteindre  le  camp 
de  Cicéron,  il  leur  fallait  inévitablement  passer  la  Meuse  d'a- 
bord, puis  cheminer  dans  l'Eburonie  en  armes,  ce  qu'ib  ne 
pouvaient  plus  même  tenter  de  faire,  tandis  que  pour  gagner 
celui  de  Labienus,  ils  n'avaient  qu'à  s'enfoncer  dans  les  pro- 
fondeurs de  la  forêt  des  Ardennes,  qui  devenait  pour  eux  un 
lieu  de  refuge  assuré.  Remarquez-le  bien.  Monsieur,  dans  votre 
système  de  A  tuatuca-Tongres,  les  Romains,  battus  et  fugitifs, 
sont  forcés  de  passer  la  Meuse  à  gué  devant  un  ennemi  victo- 


—  381   — 

rieux  qui,  iieu  doutez  pas,  faisait  bonne  garde,  tandis  que  nous 
savons  qu'ils  n'ont  même  pu  sortir  de  la  vallée.  C'est  radicale- 
ment impossible. 

Mais  à  quoi  bon,  après  tout,  ces  longues  dissertations  pour 
démontrer  que  les  Romains  pouvaient  facilement  passer  la 
Meuse?  Elles  sont  inutiles,  ou  plutôt,  elles  vont  à  rencontre  du 
système  de  mon  savant  contradicteur,  et  me  fournissent  des 
armes  contre  lui.  Àtuatuca  est  Tongres,  prétendez-vous?  Eh 
bien!  dans  ce  cas,  Sabinus  et  Cotta  n'avaient  que  faire  d'aller 
passer  la  Meuse  n'importe  à  quel  endroit,  ils  atteignaient  l'ob- 
jectif de  leur  marche,  le  camp  de  Cicéron,  sans  s'approcher  de 
ce  fleuve,  mais,  ce  qui  est  plus  fort,  c'est  que  s'ils  avaient  été 
assez  malavisés  pour  la  passer,  ils  se  seraient  trouvés  dans 
l'obligation  de  la  franchir  une  seconde  fois  pour  sortir  de  l'im- 
passe où  ils  se  seraient  fourvoyés  de  gaieté  de  cœur.  Mais  à 
Hontem,  il  en  était  tout  autrement  :  ils  ne  pouvaient,  dans 
aucun  cas,  se  dispenser  de  passer  la  Meuse  au  gué  de  Lixhe,  le 
3eul  entre  Maeslricht  et  Liège,  et  c'est  pendant  leur  marche 
vers  ce  gué  qu'ils  tombèrent  dans  les  embuscades  préparées 
[)ar  Anibiorix,  qui  savait  très-bien  que  !a  vallée  de  Sainte-Ger- 
trude  était  la  roule  naturelle  pour  atteindre  le  gué,  en  venant 
du  haut  pays.  Existe-t-il  même,  entre  Tongres  et  la  Meuse, 
une  vallée  assez  spacieuse  et  en  même  temps  assez  encaissée 
pour  avoir  été  le  théâtre  du  drame?  J'en  doute. 

Je  ne  conçois  pas  comment  ce  changement  dons  l'itinéraire  de 
l'armée  intacte  et  de  l'armée  battue,  n'a  pas  attiré  l'attention. 
Là,  selon  moi,  est  la  solution  de  la  question  qui  nous  occupe. 

Depuis  l'époque  où  M.  Franquinet,  de  Maestricht,  et  moi, 
nous  fîmes  à  M.  le  commandant  de  Locquessye  les  honneurs 
de  la  vallée  de  Sainte-Gertrude,  je  l'ai,  ainsi  que  les  lieux  qui 
l'avoisinent,  explorée  maintes  fois  et  minutieusement  ;  et  qui 
sait,  si  les  nouveaux  renseignements  que  je  serais  à  même  de 
fournir  au  commandant  ne  seraient  pas  de  nature  à  modifier 
le  rappoit  qu'il  transmit  autrefois  à  l'auteur  de  la  Vie  de  César. 

CAL'MART1^. 


SAINT    LAMBERT. 


VIE    EN    VERS 


Par     HUCBAI^L»     OS-     Hi%.II%IX-AIIIA.IVn 


ET 


DOCOMENTS  DU  r  SIÈCLE. 


INTRODUCTION. 

Les  documents  que  nous  nous  proposons  de  reproduire,  sont 
extraits  du  recueil  manuscrit  14,650-59  de  la  Bibliothèque 
royale  de  Bruxelles.  Ils  ne  constituent  pas  seulement  un  en- 
semble de  monuments  curieux  de  la  vieille  liturgie  liégeoise  et 
de  l'état  des  lettres  chez  nos  pères,  à  une  période  des  moins 
connues  de  leur  histoire  littéraire,  au  dixième  siècle  ;  après  la 
biographie  de  saint  Lambert,  écrite  par  un  de  ses  contempo- 
rains, et  remaniée  pendant  deux  cents  ans  jusqu'à  la  rédaction 
de  l'évêque  Etienne  (902-920),  ils  nous  fournissent  les  rensei- 
gnements les  plus  anciens  sur  le  patron  de  la  patrie  liégeoise  ; 
ils  nous  offrent,  en  outre,  les  premiers  vers  latins  dans  lesquels 
il  soit  parlé  de  Liège;  ils  nous  apportent  enfin  des  lumières 
précieuses  pour  l'éclaircissement  de  quelques-uns  des  pro- 
blèmes les  plus  obscurs  de  nos  traditions  nationales.  Voilà  plus 
qu'il  n'en  faut,  sans  doute,  pour  leur  mériter  une  place  dans  les 
Annales  de  YInstituI  archéologique. 


—  384  — 

Un  mot,  d'abord,  du  recueil  d'où  nous  allons  les  extraire. 

Ce  recueil,  grand  in-quarto  de  cent  soixante-huit  feuillets  de 
parchemin  enserrés  dans  une  vieille  reliure  appartenait,  au 
siècle  dernier,  au  Musée  des  Bollandistes;  antérieurement,  en 
l'an  1608,  il  était  la  propriété  de  Corneille  Duyn,  d'Amsterdam, 
mais  il  ne  se  trouvait  déjh  plus  intact,  quand  il  arriva  dans  les 
mains  de  ce  propriétaire;  du  moins  la  pagination,  qui  semble 
dater  de  ce  temps,  atteste-t-elle  que,  dès  lors,  plusieurs  feuillets 
avaient  été  arrachés  de  différentes  pièces. 

Quoi  qu'il  en  soit,  les  Bollandistes  ont  fait  et  feront  encore 
bon  usage  de  cette  collection  :  elle  comprend,  en  effet,  les  vies 
de  sept  saints  qui,  tous,  ont  été  particulièrement  révérés  dans 
nos  provinces,  et  qui,  sauf  un  seul,  ont  tout  au  moins  passé 
dans  le  pays  de  Liège  une  partie  de  leur  existence:  S.  Re- 
macle,  S.  Lambert,  S.  Légei-,  S.  Amand,  S.  Hubert,  S.  Trond 
et  S.  Euchère. 

Ce  choix  ne  permet-il  pas  d'induire  que  ce  recueil  a  été 
formé  au  pays  de  Liège,  et  probablement  à  Stavelot  ou  à  Mal- 
medy,  puisque  le  premier  rang  y  est  donné  à  la  biographie  du 
fondateur  de  ces  deux  cités  monastiques,  et  qu'un  manuscrit 
romain,  dont  nous  aurons  à  parier  tout  à  l'heure,  le  manuscrit 
8,565  de  la  Bibliothèque  du  Vatican,  dans  lequel  toutes  les 
pièces  relatives  à  S.  Lambert  sont  rangées  dans  le  même  ordre 
et  reproduites,  sauf  un  hymne,  précisément  dans  le  même  texte 
qu'ici,  est  de  la  main  d'un  certain  Pierre,  de  Malmedy. 

Pertz  reconnaissait,  dans  les  copies  de  ce  Pierre,  les  carac- 
tères de  l'onzième  siècle  (i)  ;  le  recueil  de  la  Bibliothèque  royale 
est  pour  le  moins  aussi  ancien. 

A  part  ce  qui  concerne  S.  Lambert,  toutes  les  vies,  toutes  les 
relations  de  miracles  insérées  dans  cette  collection,  sont  de  date 
antérieure  au  dixième  siècle. 

La  vie  de  S.  Amand  (t  679)  est  celle  que  nous  a  laissée 

'i  Àrchiv  der  (ieielUcha/i  fin  altère  deutsche  (rf^chichikunde,  l.  XU,  361. 


—  385  — 

Baudemond,  le  disciple  du  saint;  la  vie  de  S.  Léger  (t  678;, 
celle  qu'un  contemporain  adressait  ù  l'évêque  Erminaire  qui 
remplaça  sur  le  siège  d'Autun,  la  victime  d'Ebroin;  toutes 
deux  appartiennent  donc  au  VU""*  siècle.  Deux  autres  sont  du 
VIII""=:  celle  de  S.  Trond,  l'œuvre  bien  connue  du  diacre  Donat, 
et  celle  de  S.  Euchère,  rédaction  d'un  anonyme  du  même  temps. 
Les  Vies  les  plus  liégeoises,  si  l'on  peut  ainsi  parler,  sont  rela- 
tivement les  moins  anciennes:  celle  de  S.  Remacle,  avec  le 
récit  des  plus  anciens  miracles  de  ce  saint,  nous  vient  du  [X""*  ; 
de  même  celle  de  S.  Hubert,  complétée  par  la  relation  de  divers 
prodiges,  dont  le  dernier  peut  être  reporté  vers  l'an  840.  Au 
dixième  siècle  appartiennent  seulement  les  pièces  relatives 
à  S.  Lambert.  Ces  pièces  s'y  présentent  rangées  dans  l'ordre 
suivant  : 

—  Versus  in  laude  Beati  Lantberti  (99  et  verso),  poëme  de 
cinquante-six  vers. 

~  incipit  proemium  in  vita  vel  passione  atque  responsoriis 
beati  Lantberti  martyris  (100-101  verso),  préface  donnée  par 
l'évêque  Etienne  à  sa  rédaction  nouvelle  de  la  première  Vie  de 
S.  Lambert  et  à  son  office  du  saint. 

—  Incipit  vita  et  passio  beati  Lantberti  episcopi  (102-106  verso), 
texte  de  la  biographie  remaniée  par  Etienne. 

—  Unde  supra  antiphonœ  et  responsoria  (117-119),  antiennes 
et  répons  de  l'office  composé  par  Etienne,  avec  leur  notation 
musicale. 

—  Incipiunt  antiqua  Dei  miracula,  in  honore  Lantberti  mar- 
tyris, nostris  temporibus  innovata  (119-122),  récit,  avec  com- 
mentaires, de  trois  miracles  arrivés  sous  les  règnes  de  Francon 
et  d'Etienne,  son  successeur. 

—  In  illo  tempore...  Texte  des  versets  32  à  44  du  chap.  XII 
de  l'Evangile  de  S.  Luc  (123). 

Dominus  ac  redemptor...  Homélie,  commentaire  de  ce  texte 
évangélique,  avec  application  finale  à  S.  Lambert  (123-126). 

—  Table  des  chapitres,  puis  texte  d'une  vie  en  vers  de  S. 


-  386  - 

Lambert,  écrite  sur  l'ordre  de  l'évêque  Etienne  (127-140),  et 
enfin  hymne  en  l'honneur  du  même  saint. 

Hormis,  peut-être  —  mais  nous  n'oserions  décider  sur  ce 
détail,  hormis  l'Evangile  et  l'homélie,  toutes  ces  pièces  paraissent 
être  de  la  même  main  ;  de  plus  experts  que  nous  en  ont 
déterminé  la  date.  M.  de  Reiffenberg  croyait  le  recueil  entier 
du  X'"''  siècle  ('i)  ;  et  le  P.  Suyskens,  qui  écrivit  l'article  de 
S.  Lambert,  dans  le  tome  V  d'octobre  des  Acta  Sanctorum, 
avait  déclaré,  avant  lui,  que  l'écriture  accusait  assez  bien  ce 
même  temps  «  cujus  characteres  a  Stephani  sœculo  non  abhor- 
rent (2).  » 

L'avis  de  ces  savants  s'ajoute  donc  à  la  date  d'origine  des 
divers  travaux  insérés  dans  cette  collection  ,  pour  nous  donner 
la  conviction  que  nous  nous  trouvons  en  présence  d'un  en- 
semble de  documents  antérieurs  aux  biographies  de  S.  Lam- 
bert composées  par  le  chanoine  Nicolas  et  le  chroniqueur 
Sigebert,  dans  les  débuts  du  douzième  siècle,  antérieurs  même 
au  résumé  que  le  chanoine  Anselme  donnait  de  cette  vie,  dans 
son  histoire  de  nos  évêques,  vers  la  première  moitié  de 
l'onzième. 

La  vie  de  S.  Lambert,  rédigée  par  Etienne,  est  la  plus  con- 
nue de  ces  pièces  ;  elle  a  été  publiée  par  Chapeaville  (1, 350-370) 
dès  les  débuts  du  XVII™"  siècle,  par  divers  autres  ensuite,  par 
les  Bollandistes  même  d'après  notre  manuscrit  de  Bruxelles  (3). 
Ecrite,  comme  l'indiquait  le  rédacteur  dans  sa  préface  ou  lettre 
d'envoi  à  l'archevêque  Heiiman  de  Cologne,  écrite  pour  rem- 
placer dans  la  liturgie  de  la  Cathédrale  de  Liège,  cette  relation 
première  dont  la  révision  de  Godeschalc  n'avait  guère  enlevé 
tous  les  barbarismes,  elle  est  divisée  en  neuf  lecliones.  Ces 
divisions,  négligées  par  les  Bollandistes,  ont  été  conservées 
par  Chapeaville   avec  beaucoup  d'à  propos,  l'auteur  épiscopal 

(•j  Annuaire  de  la  Bibliothèque  royale,  •1847,  p.  10.3. 
•)  Acia  Sanciorum,  l.  V,  octobris,  p.  519.  Acta  Semctorum  Belgii.  VI,  24. 
O  AcU  S.  S.  V  octobris  581. 


—  387  — 

ayant  établi  un  rapport  spécial  entre  elles  et  l'office,  dans  lequel 
elles  entraient  :  «  in  quitus  ordini  lectionum,  écrivait-il,  séries 
respondet  tonorum,  quatenus  sibi  œquando  quitur  numerus 
horum.  » 

Moins  heureux  que  ces  lectiones,  l'office  même  arrangé  par 
Etienne  n'a  pas  été,  que  nous  sachions,  imprimé  jusqu'à  cette 
heure.  Nous  eussions  aimé  le  publier  avec  la  reproduction  de 
la  notation  musicale  d'Etienne  ;  cette  notation  nous  a  été  con- 
servée avec  netteté  parfaite  dans  le  manuscrit  de  Bruxelles  ; 
elle  ne  comprend  que  cinq  feuillets  in-quarto;  elle  n'eût  pas 
manqué  d'intéresser  nos  musicologues  ;  elle  est  l'œuvre  d'un 
évêque  de  Liège  du  X"*  siècle,  et  ses  accents  ont  été  répétés 
avec  enthousiasme  par  vingt  générations  de  Liégeois  dans  la 
vieille  basilique  nationale....  On  nous  a  dit  toutefois  que  les 
pages  de  musique  de  ce  temps  ne  sont  pas  cho.se  si  rare,  et 
force  nous  est  de  nous  contenter  de  reproduire  ici  le  texte  sans 
notation. 

Ce  texte  toutefois  n'est  original  et  nouveau  que  dans  sa 
plus  petite  partie  :  à  part  l'hymne  d'introduction,  les  éléments 
qu'Etienne  mit  en  œuvre  dans  ces  répons  et  ces  antiennes  sont 
tirés  mot  pour  mot,  comme  on  le  verra:  — tantôt,  de  sa  rédaction 
de  la  vie  de  S.  Lambert, et  nous  avons  indiqué  lâlectio  à  laquelle 
est  emprunté  chaque  passage; —  tantôt  du  poème  biographique 
qu'on  trouvera  plus  loin  et  auquel  nous  renvoyons  le  lecteur  en 
indiquant  par  un  chiffre  le  vers  cité. 

Ainsi  que  l'annonçait  Etienne,  dans  l'épître  dédicatoire  à 
son  métropolitain  de  Cologne,  ces  chants  répètent,  en  l'abré- 
geant la  prose  des  lectiones  : 

Canlica  qua  propter  museo  compta  lepore 
Succinctim  replicant  ac  eius  gesta  renarrant. 

Ils  ne  constituent  pas,  d'ailleurs,  bien  qu'on  l'ait  parfois 
affirmé,  un  office  complet  de  S.  Lambert  ;  ils  n'en  sont  que  la 
partie  nocturne  et  matinale;  «  canticum  nocturnum  »  comme  le 


—  888  — 

note  ton  bien  Sigebert,  en  énuméraiil  les  œuvres  d'Etieiiiie, 
dans  son  catalogue  des  Ecrivains  ecclésiastiques.  (I,  125.) 

C'était,  comme  on  sait,  l'usage  de  ce  temps  ~  et  les  canons 
du  concile  de  Latran  de  1213,  rappelaient  encore  le  clergé  à 
cet  usage  —  d'interrompre  le  repos  de  la  nuit  pour  chanter  les 
louanges  de  Dieu  :  lorsqu'il  s'agissait  des  grandes  solennités  de 
l'Eglise  ou  du  diocèse,  la  nuit  qui  les  précédait  éiait  même  con- 
sacrée tout  entière  à  cette  veille  pieuse  ;  le  chœur  des  fidèles 
venait  alors  renlorcer  celui  des  clercs,  et  le  chant  nocturne  de 
S.  Lambert,  par  exemple,  devait  être  répété,  il  y  a  neuf  siècles, 
par  la  population  liégeoise  tout  entière. 

Ordonné  comme  on  va  le  voir,  l'office  d'Etienne  ne  manquait 
pas  d'une  poésie  grandiose  et  saisissante  ;  partagé  entre  le 
chant,  la  prière  et  la  lecture  des  actes  de  S.  Lambert,  il  rappelait 
tour  à  tour  les  gloires  du  Très-Haut  exallées  dans  les  psaumes 
du  Roi-prophète,  et  les  mérites  du  patron  du  pays  tantôt  dé- 
taillés dans  ces  lectiones,  tantôt  résumés  dans  ces  antiennes  et 
ces  répons.  La  pieuse  carrière  du  héros  national  se  déroulait 
de  la  sorte  à  mesure  que  s'avançait  la  nuit,  et  le  récit  de  ses 
vertus,  de  ses  luttes  se  prolongeait,  entre  les  chnnts  et  la  prière, 
dans  le  recueillement  des  ténèbres  et  devant  l'autel  élevé  sur 
sa  tombe,  de  façon  à  rappeler,  jour  pour  jour,  heure  pour 
heure,  dans  le  lieu  où  il  avait  péri,  à  l'aube  anniversaire  de 
celle  qui  éclaira  son  martyre,  le  dénouement  .sanglant  de  sa 
glorieuse  existence 


UNDE  SUPOi  ÂNTIPHON^  ET  RESPONSOBIA, 


Respomorium  ad  vesperos 

Consilium  et  opus  suum  semper  ad  dominum  coiivertebat; 
cor  ejus  et  pedes  direcli  eraiu  ad  evangelisandam  pacem. 
V.  Erat  enim  vere  dignus  beatus  lantbertus  et  aspeciu  amabilis, 
colloquio  affabilis.  Cor  ejus. 

Antiphona  ad  magnificat. 

Magna  vox  laude  sonora 
Te  decet  per  omnia 
Quo  poli  chorea  gaudet 
Aucia  tali  conpare 
Terra  plaudil  et  résultat 
Digna  tanto  prœsule 
0  sacer  laïUberte  martyr 
Nostra  vota  suscipe 

Antiphoîia  ad  invitatorium . 

iElernum  triiiumque  Deum  laudemus  et  uiium 
Qui  sibi  lantberlum  transvexit  in  ethera  sanctum 

Antiphonœ  in  primo  nocturno. 

A  Orbita  solaris  presenlia  gaudia  coiifert 
Praesulis  eximii  Lantberti  gesta  revolvens 

Psal.  Beatus  vir. 

Antiphona. 

Hic  fuit  ad  tempus  Hildrici  régis  in  aula  (64) 
Dilectus  cunctis  et  vocis  famine  dulcis  (65) 

Psal.  Quare  fremuerunt 


—  ;wo  - 

Antipliona. 

Sed  post  ut  fidei  dévolus  dogmala  sumpsit  (66) 
Doctrinae  cumulos  illi  sapientia  vexit  (67) 

Psal.  Domine  quid  m. 

Responsorium  in  primo  nocl. 

R.  Gloriosus  martyr  lantbertus  ,  et  aeterno  régi  sacerdos 
dilectissimus  insigni  ex  prosapia  treiectensi  vice  extitit  oriundus 
V.  Puer  quidem  streunuus  nilebalur  totis  viribus  rteri  vir  per- 
tectus.  Insigni.  (Lectio.  I  de  la  Vie  d'Etienne). 

R.  Sanclus  lantbertus  parvi  pendebat  presentia  veluli  devo- 
verat  in  pueritia  estimans  pro  nichilo  omnia  prteter  quod  erat 
aeternae  salutis  gratia.  V.  Gselestibus  animo  inhaerens  sese  in 
holocaustum  domino  mactabat.  Estimans  pro  nichilo  omnia 
praeter  quod...  (II) 

R.  Sanctum  domiiii  lantbertum,  ditatuni  honoribus  sanctimo- 
nise,  illustratum  commerciis  parsimoniae,  plebs  treiectensium 
pariter  congregala  episcopum  sibi  fieri  acclamavit.  V.  Regalis 
etiam  celsitudo  ac  procerum  multitude.  Eplïï.  (II,  III.) 

Antiphonœ  in  II  noct. 

A  Is  subjectus  erat  ferventi  pectore  Xro  (257) 
Moribus  eximiis  et  vitae  clarus  in  aclis.  (225) 

Psal  Gum  invocarem 

Antipliona. 

Dignus  honore  sacro  doctrina  lumine  verbo  (259) 
lustitia?  cupidus,  recto  non  devius  ulli.  (262) 

Psal  Verba  mea 

Antiphona. 

Fortis  in  adversis,  humilis  par  prospéra  pacis  (261) 
Nec  terrore  teri  potuit  nec  munere  frangi  (263) 

PI.  Domine  dominus  nosler 


—  :^9l  - 

Hesponsoi  inm  iu  II  iiort. 

R.  Almitluus  praesul  domini  Lantberlus  culmeu  religionis 
perpétuée  studuit  pielatis  augere  opéra,  qui  ponlificali  auctus 
erat  infula,  Mactabat  omni  die  holochaustum  domino  non  ex 
pectore  alieno,  sed  ex  corpore  proprio.  Studuil  pietatis  augere 
opéra  qui  pontificali  auct.  (IV) 

R.  Lantbertus  Xri  athleta  clementer  ferens  cuncta  praesulatus 
liquit  sceptrum,  commendans  curam  ovium  ei  qui  lavit  baptis- 
male ac  redemit  sanguine.  V.  Cumque  discederet  vir  mitissimus 
omnis  eum  popuius  lamentabatur. Praesulatus  liquit  sceptrum.  (V) 

R.  Sacerdos  dei  mitissimus  ardebat  plane  interius  flamma 
paraclyti  spiritus.  lecirco  exterius  frigoris  contempsit  cruciatus. 
V.  Cselum  ejus  patuit  precibus  et  oratio  ad  supernos  pervenit 
auditus.  V.  Gloria  patri  et  filio  et  s.piritui  sancto.  (VI) 

Antiphou'B  in  III  noct. 

A  SoUieitus  plebis  patrias  lustravit  et  urbes  (266) 
Confirmando  fidem  trino  de  nomine  natam  (267) 
Ut  palris  ac  nati  sancto  cum  tlamine  numen  (268) 
Esse  Deum  credat  tam  quisquis  amaverit  unum  (269) 

Psal.  Domine  quis  ha. 

Antiphoua. 

Hic  indeficiens  Domini  sub  lege  manebat  (227  ) 
Gujus  nulla  means  suberat  conlagio  carni  (228) 

Ps.  Domine,  in  virlute. 

Aîitiphona. 

Ultima  namque  dies  astabat  semper  ocellis  (293) 
Illius  unde  bonum  fecit  certamine  cursum.  (294) 

Ps.  Domini  est  terra. 


—  892  — 

HeaponsDiium  in  III  nuct. 

Egregius  praesul  fratres  benedixit  et  intit 
0  Deus  omnipotens  ca3lestia  liimine  complens  j 
Hos  exposco  tuos  benedic  per  ssecula  servos  )  (VU) 
V,  Protège  ab  insidiis  serva  virtuUbus  almis     \ 

R.  Iste  miles  emeriius,vir  pra3maxima  tribulatione  purgatus, 
ovium  suarum  vocibiis  altoUilur  el  in  calliedra  treiectensium 
decenter  relocatur.  V.  Iii  corde  illius  sinceritas  et  legis  pléni- 
tude, in  ore  ipsius  veril;is  erat  et  pulchritudo.  Ovium  suarum 
vocibus.  (VIII,  IX). 

R.  Pra^tiosus  Domini  sacerdos  lanlbertus  Iruilur  gaudens  et 
exullaiis  societate  apostolorum,  glorificatione  prophelarum, 
coiifes-sioiie  miirtyrum,  cohereditate  confessorum,  integritate 
virginum  obtiiietque  pahnam  perennis  gloria^  el  stolam  jocun- 
ditatis  aeternae.  (ÏX  in  fine) 

V.  Exanimes  artus  nec  liquit  cailica  virtus.  \ 
Moiistravil  populis  quantae  f'uerit  bonitatis.  i 
Obtinetque.  V.  Gloria  palri  et  filio  et  splritui  sancto 

Antiphonœ  in  matutinis  laudibus. 

A.  Gontigit  ergo  virum  cselesli  munere  dignum  (341) 
Urbi  vicinas  extra  secedere  partes  (342) 
Venit  et  ad  villam  quœLedgia  iiomine  feriur  (343) 

Antiphona. 

Quod  cum  praîscireiit  pravi  Dodouis  amici  (348) 
Gomplicibus  iunctis  pergunl  ad  limera  patris  (352) 

Antiphona. 

Ecce  propinquanles  praîcingunt  lecta  domorum  (354) 
El  tune  landberii  quo  sunl.  habilacula  saiicti  (355) 
Supra  conspiciunl  crucis  a'innrabile  signum  (356) 


Antiphona. 

Unus  et  ex  illis  scaiidens  super  aidua  cella?  (409 1 
Hune  lelo  tigeiisauxit  sibi  vulnera  eulpae  (410) 

Antiphona. 

Sic  animaui  claris  cœloi'um  reddidit  aslns  (411) 
Quam  sacer  angelicus  deduxit  adelliera  coetus  (4  H 

Antiphona  in  evangelium. 

Exin  prsBclaris  anglorum  vocibus  aimum  (4i28) 
Ecclesise  templum  reboabat  dulce  canorum  (4!iJ9) 
Solibus  in  primis  mansit  celebratio  talis  (440) 
Sanctetuo  landberte  loco  caelestibus  ymnis.  (441) 


Le  poëme  biographique,  dans  leqiiel  Etienne  a  puisé  la  plu- 
part de  ces  antiennes  et  qui  fait  le  principal  objet  de  cette 
étude  n'a  pas  obtenu  la  même  popularité  que  l'office  qu'on  vient, 
de  lire  ou  la  vie  en  prose,  de  la  composition  de  l'évéque 
liégeois  ;  il  l'eût  méritée,  cependant,  car  si  comme  la  rédaction 
d'Etienne,  il  traduit  ou  suit  tidèlement  la  narration  contempo- 
raine de  la  carrière  et  de  la  mort  de  St-Lambert,  il  offre,  sur 
cette  transcription  en  prose,  l'avantage  d'introduire  dans  le 
récit  quelques  détails  nouveaux  empruntés  aux  traditions  lo- 
cales. 

Par  malheur,  tandis  que  l'œuvre  d'Etieinie  était  copiée  de 
toutes  parts,  celle  du  poète  anonyme  tombait  tout-à-lait  dans 
l'oubli.  Le  Bollandiste  Suyskens  fut  le  premier  à  l'en  tirer; 
mais  l'unique  manuscrit  qu'il  connut  était  celui  de  Bruxelles,  et 
parmi  les  feuillets  qu'une  main  inconnue  avait  arrachés  du  re- 
cueil, avant  1608,  figurait  une  des  pages  du  poème:  la  fin  du 
chapitre  40,  les  chapitres  41 ,  42  et  43  y  manquaient.  Cette  lacune 
avait  décidé  le  docte  jésuite  à  ne  mêler  à  ses  commentaires  sur 
l'existence  de  S.   Lambert,  que  des  extraits,  assez  longs,  il  est 


-  394   - 

vrai,  (le  cette  poésie.  M.  de  Keitîenberg  trouva  que  la  pièce 
méritait  mieux; il  la  reproduisit, d'après  ce  manuscrit  toujours, 
dans  YAnnuaire  de  la  Bibliothèque  royale,  année  1847,  p.  108- 
128,  aussi  intégralement  qu'il  le  pouvait,  c'est-à-dire  sans  com- 
bler la  lacune  laissée  par  l'enlèvement  des  trois  chapitres.  On 
ne  connaissait  pas  alors  d'autre  copie  de  ce  document. 

Nous  en  avons  retrouvé  une  seconde  dans  cette  mine 
inépuisable  et  trop  peu  explorée  :  la  célèbre  collection  des 
manuscrits  du  Vatican. 

Grâce  à  l'intervention  d'un  prélat  dont  le  diocèse  de  Liège 
regrettera  longtemps  la  perte  Mgr  de  Moreau,  et  grâce  h 
l'intermédiaire  obligeant  de  M.  l'abbé  Moreau,  le  R.  P.  Bollig, 
réminent  linguiste  qui  occupe  avec  tant  de  distinction  la  charge 
de  préfet  de  la  Bibliothèque  du  Vatican,  a  bien  voulu  compa- 
rer à  notre  intention  la  copie  du  manuscrit  de  notre  Bibliothèque 
royale,  avec  le  texte  du  manuscrit  8565  de  sa  précieuse  collec- 
tion. Cette  comparaison  lui  a  permis  de  relever  quelques  me- 
nues erreurs  échappées  au  copiste  de  M.  de  Reiffenberg,  et  de 
retrouver  les  passages  qui  complètent  enfin  le  poème  duX'^ 
siècle  et  vont  permettre  d'en  donner  ici,  pour  la  première,  une 
reproduction  intégrale. 

Nous  avons  de  nouveau  collationné  sur  le  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  royale  le  texte  révisé  par  le  R.  P.  Bollig  :  ce  tra- 
vail a  réduit  à  un  nombre  minime  les  variantes  d'une  version 
avec  l'autre;  le  nom  du  saint  toujours  écrit  avec  un  t,  dans  la 
version  belge,  et  un  d  dans  la  version  romaine  Lantbertus  au 
Weu  de  Landber  tus  ;  Ledgia,  h  BruxeWes;  Legia,  à  Rome;  une 
ou  deux  interversions  de  mots  ou  de  temps  voilà,  ou  peu  s'en 
faut,  à  quoi  se  bornent  ces  variantes  :  aussi  devant  la  concor- 
dance parfaite  des  deux  textes,  il  est  tout  au  moins  permis  de 
se  demander  si  le  manuscrit  romain,  œuvre  du  XI«  siècle,  au 
jugement  de  Pertz,  ne  se  trouve  pas  simplement  la  copie  du 
manuscrit  belge,  œuvre  du  siècle  précédent  d'après  nos  éru- 
dits. 


-   395  — 

Quoi  qu'il  eu  soit,  nous  avons  pris  soin  de  noter  toutes  les 
différeaces  des  deux  textes,  de  même  que  celles  qu'a  produites 
l'inattention  du  copiste  de  M,  de  Reiffenberg.  ÎNous  tenons  à 
mettre  cette  poésie  dans  toute  son  originalité,  dans  toute  sa 
barbarie  parfois,  sous  les  yeux  du  lecteur  avant  d'essayer  d'en 
tirer  quelques  inductions,  d'abord  pour  soulever  un  coin  de  ce 
voile  de  l'anonymat,  sous  lequel  s'est  caché  l'auteur,  ensuite 
pour  y  chercher  des  éléments  de  solutions  à  quelques  pro- 
blèmes de  l'histoire  liégeoise. 

L'œuvre  débute,  sans  titre,  par  cette  table  des  chapitres  : 

Gap,  I.  De  cultu  paganorum  in  Deos 

Cap.  IL  De  spe  gentilium 

Cap.  IIL  De  temporibus  Xri 

Cap.  un.  De  nativitate  sancti  Landborii  m 

Gap.  V.  De  qualitate  eius 

Cap.  VL  De  electione  eius 

Cap.  VIL  De  abiectioue  eius. 

Cap.  VIII.  Quando  monasterium  adiit 

Gap.  VIIIl.  Gur  passus  est  frigora 

Gap.  X.  Qualiter  ivit  ad  cruciatum 

Gap.  XL  Quid  passus  est  in  cruciatu 

Gap.  XII.  Quid  cogitabai  in  pénis 

Cap.  XIIl.  Ubi  requiritur  a  fratribus 

Gap.  XIIIl.  Ubi  invenitur 

Gap.  XV.  Ubi  illum  adorabatabbas  et  Iratro 

Cap.  XVt.  Ubi  rursus  eligitur 

Gap.  XVII.  Ubi  de  celia  educitur 

Gap.  XVIII  Ubi  restituitur  sedi  prisline 

Gap.  XVIIII.  Qualiter  se  agebat  (2) 

Cap.  XX.  Quahter  aliis  subveniebat 


('>  Le  manuscril   ilti   Vatican   poilo  :  Lnntb,  ici  et  [lailutil  ailleiii'.s.   l'i    Aielial. 

iVal... 


398 


Gap.  XXI.  De  eius  liabilu  vili 

Cap.  XXII.  De  eius  prœdicatione 

Cap.  XXIII.  Quid  in  texandria  (U  fecit 

Cap.  XXIIII.  Quoinodo  simulachra  praecipilari  t'ecit 

Cap.  XXV.  De  ieiuniis  eius 

Cap.  XXVI.  Ubi  musaB  predicitur  luctus 

Cap.  XXVII.  Ubi  .sancto  finis  appropinquat 

Cap.  XXVIII.  De  impio  dodone 

Cap.  XXVIIII.  Ubi  sanctus  landbertus  venit  ad  ledgiam 

Cap.  XXX.  De  sigrio  crucis  supra  (2)  domum  sancli 

Cap.  XXXI.  Ubi  sanctus  landbertus  arma  aocepit 

Cap.  XXXII.  Ubi  nepotes  casligat 

Cap.  XXXIII.  Ubi  carnifices  infringunt  domum 

Cap.  XXXIIII.  Ubi  sanctus  landbertus  occiditur 

Cap.  XXXV.  Ubi  corpus  eius  evehitur 

Cap.  XXXVI.  Ubi  templum  resonabat  angelicis  vocibus 

Cap.  XXXVII.  Ubi  dominus  sanctum  suum  mirificai 

Cap.  XXXVIII.  De  fama  piorum 

Cap.  XXXVIIII.  Ubi  se  manifestavil 

Cap.  XL.  De  mandate  dodoni  misse 

Cap.  XLl.  De  morte  dodonis 

Cap.  XLII.  De  morte  sociorum  dodonis 

Cap.  XLIII.  De  revelata  sancti  voluntate 

Cap.  XLIIII.  De  corporis  translalione 

Cap.  XLV.  De  repositione  corporis 

CAP.  I. 

i  Pagani  ritus  coluerunt  templa  deorum 
Aller  saturni,  iovis  aram  protulit  alter 
Saturni,  quod  eo  (h)  gratus  salurabitur  annus 
Et  nunc,  quod  mentem  dicunt  agnomine  greci 


')  TechaiidriM  ?  (Val.).  (»)  Supor.    Rcil.).  (')  Mvo  (H.) 


:m 


5  Celsior  ac  reliquis  subiectum  circulet  orbem 
Inde  iovis,  iuvet  ipse  pater  quod,  iupiter  iiide 
Dicitur,  a  multis  erat  his  narratio  talis 
Martis  eo  quod  inesi  maribus  per  prselia  virtus 
Atque  marem  cunctse  cupiunt  animalia  terrae 

10  Solis  enim  quia  disponit  sua  lumina  terris 
In  medio  residens  et  habetur  clarior  astris 
Nam  veneris  quod  ea  gestit  sociatio  carnis 
Perque  duos  unus  mire  nascendo  creatur 
Mercurii  quia  cuncta  suo  sermone  geruntur 

lo  Quae  rjunl,  si  sermo  deest  operatio  cessât 
Hinclunae,  quia  partiturcum  fratre  vicissim 
Officium  quia  vel  noctes  illuminai  atras 

CAP.  II. 

His  etenim  sepiem  sperabant  cuncta  tueri 
Hinc  illis  celsas  statuebanl  cultibus  aras 

:20  Vel  quia  septenis  discurrunt  saecla  diebus 
Sicut  habent  genesis  divini  dogmata  libri 
Vel  quasi  corporibus  humana  carne  coactis 
Esset  ab  his  virtus  qualis  vel  quanta  fuisset 
Nam  sic  volvebant  ut  eorum  vocibus  utar 

28  Spiritus  est  a  sole  datus,  nam  corpora  luna 
Fabricat  et  martis  procedit  numine  fervor 
Est  a  mercurio  pollens  sapientia  cunctis 
A  iove  lemperies,  veneri  stat  grata  voluptas 
Tarda  siib  his  quse  sunt  saturni  sydere  dantur 

;{0  Sic  tune  tallebat  démens  inventio  multos  ii) 
Sunl  ei  adhuc  alii  quos  alligat  impius  error 
Qui  dicunt  ignem  vel  aquam  debere  vocari 

(1       r.UIlCtllS     Ri. 


398 


Rite  deos,  et  ut  agnoscanl  incerta  luturi 
Auguriis  mentem  caecato  pectore  tenduni. 

GAP.  m. 

35  Haec  quoque  preclaro  priscorum  canniio  (i)vates 
Extollutit  scriptisque  suis  ad  sydera  mittunt 
Hos  igitur  quibus  est  patris  sapieiitia  Christus 
Eius  servoium  cur  non  cantare  triumphos 
Altis  carminibus  studeamus  laudibus  aptos 

40  Aurea  divini  cum  vernent  tempora  Ghristi 
Messis  et  ad  multam  tlavescant  stamina  trugem 
Sed  spectat  paucos  terrena  colonia  serves 
Vinea  quis  domini  mustis  clarescat  in  uvis 
Ad  cuius  pleclas  non  tendit  vinitor  ulnas 

40  Necsese  exercet,  nec  ei  (2)  munimina  prasbei 
Idcirco  multi  quibus  est  custodia  verbi 
Terrentui'  famuli  pastorum  nominedicti 
Sicut  ait  plenus  Domini  spiramine  vates 
Vge  qui  se  pascunt  et  oves  non  pascere  querunt 

oO  Exprobrat  his  dominus  dum  dicit  voce  prophetap 
Non  ex  adverso  voluislis  scandere  murum 
Ponentes  vobis  domini  ad  certamina  belli. 

CAP.  IIIl. 

Haec  ita  cum  fuerint  hildrici  tempore  régis 
luxta  cor  proprium  pastorem  quaerere  iustum 
o5  Disposuit  dominus  plebis  miserando  labores 
Urbe  triectensi  faciens  hune  corpore  nasci 
Germine  sublimi  quod  nobilitate  vigebat 

(';  .Nomme  (VmI.  .    »)  Knnii  iH  . 


399 


Quem  lune  felices  puerum  voluere  parentes 
Landbertum  dici,  presaga  voce  futuri 
60  Dicimus(i)  hoctactum  patriae  defensor  ut  essel, 
Linguae  barbaricae  sat  praesignante  figura. 

CAP.  V. 

Huic  eral  infaiiti  species  pulclierriraa  visu 
Sanctaque  simplicifas  morum  probitate  redundans 
Hic  fuit  ad  tempus  praedicti  régis  in  aula 
65  Dilectus  eunctis  et  vocis  famine  dulcis 
Sed  posl  ut  fidei  devotus  dogmata  sumsit 
Doctrinae  cumulosilli  sapienlia  vexit 
Hinc  régi  placuit  regni  primoribus  atque 
Hinc  effulgebal  pollens  in  flore  iuventa?. 

CAP.  VI. 

70  Sed  eu  m  iam  dicta  piaîsul  ledaidus  (2)  ab  urbe 
Decessit  stimulis  terebratus  mortis  iniquse 
Orabant  proceres  constanter  et  ordo  minorum 
Ut  sibi  landbertum  meruissent  sumere  sanctum  {3) 
Pastorem  dignos  domini  qui  pasceret  agnos 

75  Pontifîcalis  eum  quia  susceptura  nitebat 
Cathedra  divino  coepit  splendere  coturno 
Annuit  his  votis  sublimis  iussio  régis 
Landbertum  sanctum  repetitum  terque  quaterque 
Gloria  pontificis  simnl  et  cathedra  recepit 

nO  Quem  rex  prœ  reliquis  ut  honoris  munere  dignum 
Tempore  quo  vixit  care  ac  veneranter  amavil 
Sed  postquam  tetigit  mundanae  débita  carni 

M  hiioimiis  iVal.  .    2'  'lyiardus    W    .  is   Scciim    Ki. 


—    il  10   — 

Rex,  tune  primoiuiu  labies  exire  coegit 
PontiHcciu  sanctuin  propria  de  sede  repuisum. 

CAP.  V[l. 

85  Qui  quaiilo  populis  piieseus  in  tempore  maiisil 
Lumina  docU'iiuie  quam  l'urva  per  avia  fudit 
PraBcinctus  lumbos  manibus  gestarelucernavS 
Ardentes  siuduit,  cœlestia  semina  misil 
Dans  exempla  bonis,  feriens  et  prava  raacheiis 

00  Ille  domum  propriam  prgeclarae  luminis  instar 
Lumine  lustrabat,  sed  non  conventio  lucis 
Esse  potest  tenebris.  Ideo  muudana  volantes 
Eiecere  sacrum  ne  possit  pellerc  pravum 

GAP.  VIII. 

Hoc  qui  (1)  patrarunt  taramundum  iiomine  qu(.'ndani 
95  Arripiunt  et  euni  iam  dicti  in  sede  reponunt 
Prœsulisalmifici,  quo  saiicte  beatior  esses 
Nam  dominus  Cliristus  niagis  hos  ait  esse  beaios 
Propter  iustitiam  quos  dat  deiectio  passos 
Pi'sesul  enim  lune  coenobiuin  quod  nomine  dicunt 

100  Stabolaum  subiens  monachoruin  dogmala  duxit 
Annos  per  septem,  sed  eosdem  qualiterœgil 
Scripturis  aliis  lector  sal  scire  valebis 
Nam  modo  parva  loquar  metri  ratione  retentus 
Pandens  simplicitas  vel  quœ  pacieniia  niansil 

105  Huic  inter  reliquos  tralerni  nominis  actus(^2) 

CAP.  VIIII. 

.Vccidit  ergo  vigil  liyenialis  lempore  noclis 
Cuin  solitas  domino  vellel  dependere  laudes 

'    Outil  ifi:.    îi  Vci'.-  n  ()iirlr  |i,ir  i  rci>ui'  ;jii  ch:ipilr''  siiiv;uil.  (iuiis  Heil'. 


401 


Ut  surgens  caperet  céleri  conamine  soccos 
Uiius  et  elapsus  fugeret  lerranique  feriret 

MO  Guius  de  sonitu  vexatio  Iratribus  hsesit 

Qua  depulsa  quies  quosdam  turbamine  possit  (i; 
Atque  loci  patrem  talem  commovit  in  iram 
Ut  precepta  daret  dicens  quicumque  pergegii 
Hoc  opus  ille  foras  pergat  stans  atque  laborans 

115  lam  crucis  ad  stabulum  uivis  ac  bruinalia  tangal 
Frigora  patratse  quae  sint  purgamina  culpse 
Haec  pater  ignorans  sonituin  quis  fecerit  inquii 

GAP.  X. 

Hoc  sacer  aure  traheiis  per  magna  sileiUia  gressum 
Fixit  et  egrediens  nudis  incsedere  plantis 

120  Coepii  apudque  crucem  gaudenii  pectore  mansit 

Stansque  canensque  deo  super  haec  (2)  crucimina  carnis 
Cor  ait  attritum  quod  mitis  factio  cingit 
Non  deus  hoc  spernit  sed  secum  lumine  comit 
Scilicet  ut  supplex  domini  vestigia  GHristi 

12o  His  imitaus  paenisexemplum  in  corpore  ferret 
Eius  quod  patitur  taies  in  (3)  carne  procellas 

CAP.  XI. 

Inierea  sanctus  cruciatibus  inditus  altis 
Stabat  et  ad  laudes  cordis  laxabat  habenas 
Hinc  angor  quaiit,  inde  rigor,  nix  influit  altis 
130  Sediba.»  adveniens,  hyetnis  quain  cima  sodalis 
Aspera  mollicies,  invisa  caloribus,  atque 
Crudelis  candor,  nudis  ac  mitibus  algor 

'    l'ressit  ,R^.   (*   Hîp   H.  .   (»)  K  (Vat.;. 


—  40-i  - 

Cuius  vestitus  nullum  porlare  caloreiu 
Novit,  et  ut  vestit  m)  citius  frigescit  amictus 
135  Insuper  etboreas  uiidisdabat  aspera  duris 
Flamina  saxosiim  qui  iam  nutriverat  imbrem 
Sic  turbatus  erat,  sic  dendus  (2)  inhorruit  aer 
Quod  sanctum  domini  pacientem  (3)  tanta  videret 

CAP.  XII. 

Haec  quoque  landbertus  cum  iam  saiictissimus  esset 

140  Dicta  supei"  patiens  psallebat  famine  dulci 
Ut  posset  Christi  solers  imitator  haberi 
Intendebatenim  doctae  sub  acumine  mentis 
Quod  caro  non  possit  digno  sociamine  iungi 
Spiritui,  ni  trita  prius  vapulamine  duro 

445  Deserat  illecebras  pollutse  veslis  iniquas 
Unde  canit  paulus  nobis  sat  fldus  amicus 
Sanguineae  carnis  non  est  conscendere  sursum 
In  coruptelam  nec  iam  corruptio  carpet 
Hsec  salis  exponens  prius  hoc  quod  dixerat  inquit 

450  Taiiter  instructus  landberti  praesulis  actus 
In  bello  fortis  ne  princeps  aeris  huius 
Praevaleat  propriam  domitabat  verbere  carnem 
Pro  certo  uoscens  quod  ni  sit  passio  carni 
Agminibus  caeli  nulla  compage  ligari 

455  Haec  valet  ut  oarpat  paradysi  gaudia  veri 

GAP.  XIII. 

Ut  t'ratres  i^itui'  sacri  solemnia  ritus 
Explevere  quidem,  cupientes  pellere  l'rigus 

(*)  Veptit  (K.i.  O  Oensus  (R.).  (■')  Patienter  (R.  . 


403 


Tune  adeunt  cellam  qua  mansio  grata  caloris 
Esse  solel  quaeruntque  simul  quis  frater  abesset 

160  Et  quo  detentus  saeiis  non  esset  in  ymnis 
Tune  ait  abbati  quidam  de  fratribus  astans 
Te  pater  audivi  nocle  hac  disponere  quendam 
Ut  crucis  ad  stabulum  pergat  dimittere  culpam 
Tune  alius  dixit  dominus  landbertus  habetur 

165  Ante  erueem  eonstaiis,  ymnis  modulatur  et  orat 
Nudatus  plantas  et  opertus  tegmine  duro 
Quem  crudelis  liyems  adimet  de  nomine  nostro 
Ni  cilo  subvenlum  iuerit  de  more  paterno 

CAl».  XIIII. 

Haec  pater  advertens  coepit  cum  supplice  voto 
170  Mente  pavoraïus  quosdam  disponere  fratres 
Ut  subeant  ipsumque  rogent  ad  ovile  reverti 
Confeslim  pergunt  et  ovantem  pectore  cernunl 
Erectis  (i)  oculis  manibusque  ad  syderatensis 
Te  dominum  dicunt  abbas  fratresque  precantur 
17o  Hinc  ut  eas  clemens  et  eorum  visibus  astes 
Qui  rumpendo  moras  ad  eorum  limina  (2)  venit 
Tune  plus  allacrimans  illi  prosternitur  abbas 
Atque  simul  fratres  veniam  de  pectore  poscunt 
Sancte  pater  nobis  noxam  de  corde  remitte 
180  Ignorando  quidem  quae  gessimus  acta  fatemus  (3) 
Haec  dixere  illi,  sanctus  landbertus  et  illis 
Hgeo  vobis  dominus  clemens  indulgeat  inquit 
Nam  paulus  dicit  nudis  et  Irigore  tactis 
Servitium  domini  digno  de  corpore  constat 

•»  Kt  rectis  (R.).  !*)  Lutnina  (R.i.    »)  Fatemur  (Vat.). 


—  404  — 

CAP.   XV. 

185  Continuo  calidas  ad  aquaruni  ducitur  undas 
Vestibus  atque  aliis  indutum  semper  honorant 
Perque  manasiam  perque  pedes  luiic  oscula  donaru 
Huncque  dei  ceudiscipulum  gaudenter  adorant 
Ac  sic  illorum  pulsabant  sydera  voces 

190  Heu  .lunc  mi  frater  quam  heu  IVatercule  nobis 
Nocte  sub  hac  dominus  cur  nos  cselavit  ut  essenl 
Gara  deo  nimium  nobis  haec  abdita  facta 
Nec  sentira  quidem  fuimus  nec  cerneredigni 
Elus  ul  ex  meritis  accrescat  gloria  maior 

195  Et  nos  denigret  diro  stillamiue  torpor 
Mansimus  expertes  huius  vexamine  sa  net  i 

CAP.  XVI. 

Explelis  igitur  septem  féliciter  annis 

Ex  quo  coenobium  iam  dictum  sanctus  adivit 

Rumor  habens  alas  faramundura  narrât  abisse 

200  Abieclumque  foras,  patria?  acde  limine  pulsum 
Tune  plebs  etcierus  sustoUit  ad  ethera  voces 
Et  clamore  preces  voliiare  per  alta  videras 
Nubila  lector  ibi  tandem  si  forte  fuisses 
Deposcunt  ovium  balatus  undique  mites 

205  Ut  reddatur  eis  landberti  gratia  sancti 
Pastoris  prisci  sub  eorum  vocibus  apti 
Ista  per  alta  meai,  per  rura,  per  intima  cursat 
Vox  penetrans  omnes  secreli  flaminis  aures 

CAP.  xvn. 

Tune  pippiiujs  eral  princeps  regionibus  illis 
210  Ad  quem  lama  viri  céleri  delapsa  volatu 


—  40o  — 

Intrat,  et  exponil  tanti  miracula  sancti 
Confestim  princeps  divino  tactiis  amore 
Jussit  ut  ediuctum  de  cellae  sedibus  aptis 
Pontificem  sacrum  plebis  poscentibus  odis 
â15  Restituant  sedisque  suae  perdebita  reddant. 

GAP.  XVIII 

Ad  caulas  et  enim  sanclus  dum  ducilur  urbis 
Grex  illi  proprius  Claris  exultai  in  yninis 
Collaudans  dominum  qui  perdita  reddidil  illis 
Latae  ditïusis  pairiae  per  plana  caiervis 
220  Inde  per  exlernas  (i)  viciai  regminis  urbes 
Maxima  pregrandes  dabat  exultatio  laudes 
Sancta  quod  almitici  pastoris  cura  revixii 
El  florens  iterum  verborum  semina  mittil  (2) 

CAP.  XVIIII 

Hinc  igilur  propria  landberius  sede  receplus 
225  Moribus  eximiis  et  vitae  clarus  in  actis 

Vestiri  studuit  divinse  tegmine  vestis 

Hic  indeficiens  domini  sub  lege  rnanebat 

Cuius  nuila  means  suberat  contagio  carni 

Hanc  quia  divino  iungebant  frena  timori 
280  Omnibus  atque  horis  (3)  illi  custodia  plebis 

Stabat  et  ad  morsus  mitlebat  lela  lu  pi  nos 

Cor  oculosque  sui  divina  luce  repleri 

Poscebat  cunctis  humili  (4)  sub  peclore  votis 

Ut  domini  plebem  recto  sub  (o)  callp  regendam 
285  Eius  sub  manibus  ducat  sapientia  mundam 

(i)  Extern«?  (R  i.  (■:)  Misit  (Vat'.  (î)  Oris  (Vat.    (4)  Hiimilis  (R.i.  (si  Colle  (R. 


—  406  - 

CAP.  XX 

Non  apud  hune  viguit  pravi  persona  poteriiis 
Unde  eliminium  fuerat  per  tempora  passus 
Sed  quemcumque  bona  cernebat  degere  vita 
Huic  solamen  eral  ducens  ex  mente  paterna 

240  nie  quidem  vivens  sanclo  sub  flamine  pauper 
Paupei'ibus  Chrisli  tribuebat  dona  decenier 
Cuinque  monasteriis  coepisset  visore  fraires 
Dans  elemosinam  caeleslia  prsedicat  illis 
Quicquid  eis  iribuit  Ghristo  est  iribtiisse  gavisus 

245  Mente  quidein  tractans  quod  dixerit  esse  beatos 
Chiislus  eos  qui  sunt  misero  de  corde  vocali 
Clémentes,  pariter  quos  (i)  sic  clementia  cinget 
Ut  (2)  veniam  carpant  omnis  pro  labe  reatus 

CAP.  XXI 

nie  volebat  enim  vili  sub  veste  videri 
250  Sed  mens  tecta  fuit  pretiosi  staminé  fili 
Non  pompare  suum  care  decorando  sedile 
Quœsivit  fulgens  ornatu  mentis  honestae 
Cumque  daretur  ei  Culgenli  veste  venusias 
Maxima  (;".)  quod  siecli  precellens  quœrit  honestas 
255  Ssepe  reiruncalam  splendenli  murice  vestem 
Induit  elclarum  mansuescere  fecit  honorem 
Hic  subieclus  eral  fervent!  pectore  Christo 
Eiuset  ad  landem  terreno  munere  praido  (4) 
Dignus  honore  sacro,  doctrina,  (s)  lumine  verbo  (6) 
260  Correclor  scelerum,  rectorum  dulcis  amator 
Fortis  in  adversis,  humulis  per  prospéra  pacis 


t»)  Quod  (Vat).  (8)  llti  (Val),    (s)  Miiximi  (R.).  ,*)   Praeco  (R).  (5)  Doclrinae  (R). 
^6)  Sacro  (R). 


-   407  — 

Jiistilise  cupidus,  recto  Ç)  non  devins  uili 

Nec  terrore  teri  potuit  nec  munere  IVangi 

Carnem  quippe  deo  casto  servavit  honore 

265  Atque  gregem  proprium  condigno  pavit  amore 

CAP.  XXII. 

Sollicitus  plebis  patrias  lustravit  et  urbes 
Gonfirmando  fidetn  trino  de  nomine  natani 
Ut  patiis  ac  nati  sancto  cum  flamine  numen 
Esse  deum  credat  iam  quisquis  amaverit  unum 
270  Hic  ubi  manabat  miseris  gentilibus  error 
Obvius  assistens  firmabat  pectora  paslor 

GAP.  XXIII. 

Post  ubi  paganis  inerat  vesania  maior 
In  tellure  quidem  quîe  fertlexandria  noaien 
Illuc  intrepridus  fidei  fervore  perunctus 
2'î3  Ivit  et  inspiciens  falsorum  phana  (2)  deorum 
Praedicat  aeternis  frangi  debere  ruinis 
Ut  nova  divinus  fiant  habilacula  sanctis 

GAP.  XXIIII. 

Hinc  quoqne  sublato  populis  errore  velusto 
Iam  simulachra  malis  olim  constructa  sub  annis 
280  Prsecipitata  ruunt  passim  per  rnra  per  urbes 
Tune  populi  fremitus  gentili  voce  redundans 
Auditur  multus,  sed  non  perterritus  aslas 
Sancte  Dei  landberie  potens,  per  verba  per  aclus 
Nam  quicumque  prius  succensi  mente  furoris 

(*)  Reetor(Val.).  (;)  Fana  (Val 


-   408  — 

285  Adveiieie  simul  sancLuiii  diSi't'i-pcM'L'  vivum 
Audilis  tîdei  verbis  de  munere  trinse 
Abscessere  satis  Christo  de  corde  fidèles 
Usus  barbaricus  sic  est  abiectus  ab  illis 

CAP.  XXV. 

Sanctus  eiiim  quam  saepe  ferens  ieiunia  sancla 
"290  liitulil  in  noctes  lelris  instantibus  (  '  )  auris 
.'^sepe  suis  cum  visceribus,  eonduceret  escam 
Glarens  rorifluam  prebebat  luna  iiicernam 
Ullima  liamque  dies  astabat  (2)  semper  ocellis 
Illius  unde  bonum  tecit  certamine  cursum 

CAP.  XXVI. 

29o  Eheu  musa  canens  causas  canitura  doloris 

Quis  tibi  flalus  habet  claras  inducere  voces 

Tnditus  extensis  efflans  bine  inde  labellis 

Stridula  quae  dulces  effringet  tibia  cantus 

Garrulitate  cavas  (s)  muicens  hinnitibus  aures 
1^00  Saltando  coram  quis  et  arridendo  iocosus 

Histrio  gaunitus  extoUet  voce  decoros 

Unde  prius  calamis  afflabas  guttura  plenis  (4) 

Spumanti  t'aciaj  mento  vibrata  subacto 

Inde  reduiidantes  adduces  tlaccida  tletus 
30o  Emiltens  tremulam  Ujgenti  peclore  vocem 

Altreclaro,  necem  cantu  cum  coeperis  almain 

Landberli  sacri,  (oïdiro  iugulaniinecaesi. 

CAP.  XXVII. 

Ergo  propinquaiiti  supremae  fine  diei 
Cum  sanctus  domini  deberelrite  vocaii 

(')  liisistt;iiii))iis  (Val.),     j)  Adsiabai    (Val.i.    (Ji   C.ana^  (Val.),  (i    (Menas  (Val.;. 
(;;;  Saricti  iVal.  . 


-     40^1    — 

310  Sacris  pro  mentis  decorandus  luce  perenni 
Ecce  duo  IVatres  nain  gallus  et  inde  rioldiis 
Nomine  sunt  dicti  lorla  de  fsece  liquati 
Insurgunt  pariter  per  villas  atque  per  agros 
Ecclesiae  famulos  prédis  et  verbere  presses  (\) 

315  Addicunt  morti,  qui  non  tolerare  queuntes 
Dedecus  id  notum  per  amicos  perque  nepotes 
Efficiunt  late,  landberli  prœsulis  almi 
Qui  nimis  audaces  tulit  hoc  cuin  fama  viritini 
Accensi  stimulis  et  cordis  vulnere  isesi 

320  Atque  irritali  ceu  crebra  pericula  passi 
Non  potuere  pati  taies  inpune  reverti 
Sperantesiusto  tune  indignamine  duci 
Assurgunt  citius  contisi  mente  vel  armis 
Atque  adversantes  mortis  misère  tenebris 

325  His  etenim  dictis  sic  deliquere  coacti. 

CAP.  XXVIII. 


Interea  domui  pippini  principis  auctor 
Huius  erat  sceleris  dictus  de  nomine  dodo 
In  quo  fidentes  patriam  vexasse  putantur 
lam  dicti  fratres  eius  de  carne  propinqui 

330  Fertur  enim  trito  (2)  multis  sermone  quod  esset 
Prsesul  landbei  tus  diris  itivisus  amicis 
Pravi  dodonis,  pallens  ob  stupra  sororis 
Illius  ad  regem,  quam  rex  cum  coniuge  viva 
Ducebat  pelicem  proculcans  iura  pudoris 

335  Hinc  et  dodo  suum  plus  exaltabat  honorem 

Qui  noscendo  nec  est  (o)  dictorum  corpore  tVatrum 
Sat  memor  in  dictis  quae  sunt  de  carne  sororis 
Praesulis  exitium  coepit  disquerere  sacrum 

'    l'assos  (Vat   .   fj  Telio  (Val.,.    '':  Necet;  (Val 


illl 


Explorando  vias  quibus  hune  occidere  possel 
o40  Atque  illos  pariier  noxîTi  quos  lama  dedisset 

(;âi>.  xxviiii. 

Contigitergo  viruin,  caelesti  muiiere  dignum 
Urbi  vicinas  exlrasecedere  partes 
Venit  et  ad  villam  quse  ledgia  d)  nomine  fertur 
Igiioraiido  dieni  qu»  vult  adducere  finem 

345  Ultima  supremum,  cnelos  quando  esset  iturus 
Coi'poris  et  claras  quod  sit  clausura  fenestras 
Eius  et  excelsis  illum  iuuctura  catervis 
Quod  cum  prescirenl  pravi  dodonis  amici 
Se  subagerida  parant  insanse  mentis  et  inde 

3S0  Ipse  suique  simul  laxantes  corda  furori. 
Insurgunt  auiinis  per  amara  mente  subactis 
Complicibusiunctis  perguiitad  funera  palris 
Carnjlicem  sa^vo  se  sic  habet  agmine  dodo 

CAP.  XXX. 

Ecce  propinquanies  precingunt  lecla  domorum 
355  Et  tune  landberti  quo  sunt  liabitacula  sancli 
Supra  conspiciunt  crueis  admirabile  signum 
Auri  ceu  puii  radiis  fulgentibus  instans 
Ex  his  p^niluit  quosdam  post  tempora  quorum 
Notiticata  mauenl  diclis  ha3C  signa  decoris 
360  Post  igitur  ru  père  moras  tune  dodo  suique 
Quod  coepere  doli  peius  peperere  dolori 
[iistanles  (4)  obiter  valvas  muniminis  intraiit  (;^) 
Disruptis  claustris  sut  iam  i)er  aperta  meantes 
Tune  socii  famuliqiie  domus  dietique  nepoles 

i';  Leij'ia  (Val.»    (')  Inslaiiler    V.)  (s)  Instans  (V.;, 


—   411   — 

365  Arreptis  gladiis  forti  virtute  resislunt 
Et  sic  exsuperaiit  ut  eos  extra  atria  cogait 

CAP.  XXXI. 

Tune  domini  satictus  robuste  pectore  sumptis 

Armis  miliiigeceii  pugnaturus  adesse 

Cœpit,  et  hinc  secutn  Christi  mandata  revolvens 

370  Non  décaisse  virum  sacris  altaribus  aptum 
His  ferramenlis  ut  se  praecingat  et  armis 
Nec  iam  terreri  sub  eis  qui  corpora  coedunt 
Qui  nullis  animam  possunt  occidere  telis 
Arma  solo  tribuit,  se  pœnituisse  notavit 

375  Hœcquia  suscepit,  Christi  cum  miles  adesset 
Hinc  est  (i)  fama  volans  tensis  sublimiter  alis 
Quod  dixisset  enim  sanctus  sub  famine  mentis 
Annis  se  septem  voluisse  reducere  paenis 
Si  vitalis  ei  terretur  corpore  tlatus 

CAP.  XXXIII. 

380  Inde  suis  tribuit  mandata  nepolibus  ista 
Vos  nolite  manus  (2)  inducere  telis 
Sed  potius  factam  per  vos  agnocile  culpam 
Sponte  quidem  dignam  nunc  vobis  carpite  penam 
Est  et  (3)  enim  iustum  carnem  coniungere  flagris 

385  Ex  qua  probra  ruunl  Iaxis  in  corpore  \en\s 
Spiritus  ut  possit  salvari  lu  ce  perenni 
Qui  de  cgelorum  descendit  sede  nitenti 
Quod  deus  hic  punit  iam  bis  non  iudicat  ipsum 
Et  peccata  quidem  nuUi  sine  verbere  donat 

390  Haec  ait  et  cellam  cunctos  exire  coegit 

Et  suamembra  solo  crucis  in  velamine  pressit 

{i)  m  (H.  .   (î)  Manus  veslras  (R.).  {'')  Essel(K.). 


41:2 


Oraiis  ul  Cliiisluj  cui  se  devovit  habeiiclum 
Se  cilo  pei'ducal  païadysi  ad  gatidia  letum 

CAl».  \XXIII. 

Cariiifices  l'ui'sus  siabilito  robore  iuxtiin 
)Wo  CurreiUes  obiter  cuneata  per  agmiiia  mixtim 
Foï'lius  irrumpuiit,  posiesque  ac  limina  (ranguni 
Et  quos  inveniuiit  coiitestim  iiudibus  (i)  addunt 
Expavit  niiiiium  telis  volilantibus  aura 
Ac  de  conspicuis  visa  est  iiudata  lerislris  (!2) 
400  Sic  et  trisiis  erat  pailens  iiebulateiius  aer 
Ut  maie  siccatis  non  flumina  promeret  arvis 
Hoc  est  ommipotens  tidei  documenta  malignis 
Nulla  daret  quia  salvendos  non  esse  videbat 

CAP.  XXXIIII. 

Cellam  lune  c^i  adeunt  orans  (4)  qua  sanclus  habebat 
iOo  ludita  membra  solo  manihus  sub  sydera  tensis 
Dissolvi  cupiens,  claro  et  sociamine  Christo 
Coniungi  melius  pensabat  pectore  puro 
Sicut  paule  tuis  promuiitur  verba  loquelis 
Unus  et  ex  illis  scandens  super  ardua  cellae 
i  10  Hune  (.-;)  telo  iigens  auxit  sibi  vulnera  culpae 
Sic  an  imam  Claris  caîlorum  reddidit  astris 
Quam  sacei-  aiigelicus  deduxit  ad  ;ethera  coetus 

CAP.  XXXV. 

(juius  euim  sacrum  posi  tania  pericula  corpus 
Navicula  positum  paucis  redeuiitibus  inde 
Uo  Ducilur  eveclum  proprior;  ad  sedis  honores 

(•)  Niihiliiis  K.  .    -)  Terrislre.-   Vat.  .   ••"•  Nunc  (U.^.  (*i  Ovans  (R).  (*;  Hiuc   K 


\\i] 


Qui  cum  rite  sinum  coepisset  pandere  portus 
Maximus  (i)  auditur  per  rura  per  oppida  luctus 
Ivit  quod  sic  vir  pretiosus  ad  ethera  martyr 
Gomplosis  manibus  dum  ferlur  clamor  ad  alla 

420  Cauta  timoris  erat  sonitum  restringere  causa 
Hinc  feretro  ponuiit  et  id  ad  sublimia  ducunt 
Sedis  ubi  petrus  suscepit  apostolus  illud 
Tune  clerus  populusque  sacris  sic  queslibus  oraiit 
Ut  noctem  vigiles  divinis  laudibus  addant 

425  Non  id  sunt  ausi  proprio  decorare  sepulcro 
Cailentes  patrio  slatuerunt  ponere  tapho 
TuMc  plus  ossa  patris  sacrantur  ab  ossibus  istis 

CAP.  XXXVl. 

Exin  prœclaris  anglorum  vocibus  alinum 
Ecclesige  templum  reboobat  dulce  canorum 

430  Ut  sublilis  erat  dicti  vox  prœsulis  aima 
lllic  vicini  multo  admiramime  ducti 
Sepius  accedunt  et  quid  sit  noscere  quserunt 
Qui  sini,  quidque  canaiU  vel  quse  sint  munera  vocis 
Sed  tune  interius  proprios  extendere  visus 

435  Dum  eupiunt  ea  vox  tenui  snbdicitui'  aura 
Ut  solet  audiri  cum  vas  coulingitur  œris 
Et  sonus  assurgens  paulatim  ducitur  astris 
Sed  docte  dum  se  retrahunt  ut  longius  essent 
Duleibus  auditu  resonabat  vocibus  aer 

440  Solibus  in  primis  maiisit  eelebratio  talis 
Aime  tuolandberte  loco,  caelestibus  ymuis 

GAP.  XXXVII. 

Hune  igitur  sanetum  dominus  clarescere  multis 
Decrevit  signis,  virtutibus  inde  notatis 

l'i  MyxiiUii  (VhI.). 


41 


Postquam  dicta  super  stilus  (i)  ascribendo  periegil 
445  Ostendeiis  mitem  sacro  de  prœsule  tinem 

Quas  non  nostra  suis  audet  contiiigere  plectris 
Calliope  ludens  quia  surit  miracula  summi 
Pati'is  ab  excelso  qui  conspicit  omnia  gyro 
Est  et  ei  vilis  stulti  sapienlia  mundi 
450  Sed  quod  fama  bonis  ingesserat  auribus  olim 
Illud  enim  pangampressis  sub  peclore  fibris 

GAP.  XXXVIII. 

Illa  piam  duceus  per  celsa,  per  infima  vocem 
Non  reticere  valet  pretiosus  corpore  martyr 
Illius  ergo  sacer  coram  cum  finis  adesset 

45^  Et  sumptis  armis  voluisset  miles  haberi 
Hinc  et  pensasset  (2)  cordis  libramine  recti 
A-biectis  armis  ut  se  prosterneret  arvis 
Quod  se  dixisset  septem  gestare  per  annos 
Pœnituisse  bonum  carni  si  vita  maneret 

460  Cum  se  ferre  deo  sacris  deberet  in  ymnis  {'d) 
Et  non  militice  nimium  crudelibus  armis 

CAP.  XXXVIIII. 

Unde  per  hos  septem  tacito  sub  tempore  iussa 
Nulla  revelando  de  se  facienda  iubebat 
Sed  post  expletos  iam  dicti  temporis  annos 
465  Advenisse  viro  clarus  narratur  eidem 
Qui  lune  clavigeras  astab^t  reddere  curas 
Eeclesiae  sacr»,  sic  tune  coepere  loquentes 
Unde  venit  dominus  multis  non  visus  ab  annis 
nie  quidem  fuimus  romam  iam  viseredixit. 

MSlilus.  (K).   (-1  IV'iis^bui  (Val.  )    ixi  Inermi;^  (R). 


415 


CAP.  XL. 

470  Sed  nunc  tempus  adest  et  nos  idcirco  venimus 
Dignae  mercedis  frater  quo  dodo  suique 
Praemia  suscipiant,  dominis  et  débita  reddant 
Se  quibus  addiderant  studiis  servire  malignis 
Nunc  tu  vade  celer  dodoni  et  talia  defer 

475  Audito  princeps  et  hinc  sermone  vocantis 
Ibis  et  ante  deum  rationis  famina  pones 
Per  te  cur  tetigit  landbertus  limina  mortis 
Nuncius  advenit  dodoni  et  talia  promsit 
Dodo  furens  voluit  super  hune  efferre  mucronem  (i) 

480  Ille  sed  evasit  Domino  salvante  reduclus 

CAP.  XLI. 

Tune  tremuere  nimis dire praecoidia  mentis 
Ilumor  ab  internis  turpi  maculamine  traetus 
Advolat  atque  ruber  fluvialiter  exiit  imber 
Disrupti  iecorisbilis  est  exire  coactus 
485  Pecloreconcusso  coepit  sepellere  tabo 

Atque  per  os  putridum  miseri  dodonis  ab  intus 
Erupere  foras  fetentis  turpia  ventris 
Hue  illucque  ruens  insano  fine  peremptus 
Sic  que  animam  miser  exhalans  interna  petivit 

CAP.  XLII. 

490  Eius  et  ex  soeiis  plures  insania  pressit 

Turpiter  ac  rapuit  raptosque  ad  tartara  misit 
Exemptes  alii  gladiis  sub  cède  vicissim 
Ad  priscos  redeundo  patres  interna  revisunt 
Demoniis  alios  diro  et  clamore  fragosos 

495  Mors  sibi  succerisis  et  lineisindidit  oris 
Ille  quidem  qui  non  timuit  configere  lelo 
Sacrum  pontifieem,  fraterno  euspide  fossis 

(')   /-Cï.  vers  419  à  olti  sonl  rnii>ruiités  hii  iiiHimscrit  du  ValicHi». 


-     416    - 

Heu  sibi  perpetuis  maasurus  igiiibus  ardet 
Dodoiii  ssocii  tali  sunt  fide  perempti 

CAP.  XLIII. 

500  Post  alios  igitur  currentis  temporis  aniios 
Praesul  lantbertus  noctis  per  somiiiavisus 
Divinae  fidei  fidis  constaiiter  amicis 
Sgepe  revelavit  proprium  quod  corpus  haberi 
Vellet  ubi  cœlis  animam  commiserat  almam 

505  Jussit  et  hoc  fieri  repetens  expressius  infit 
Comperit  hoc  praesul  Hucbertus  nomine  dictus 
Almi  pontificis  rumor  quia  talis  habelur 
Cuius  discipulus  fuerat  karissimus  olim 
Collectis  populis  et  clarae  civibus  urbis 

olO  Praesulibusque  sacris  regno  primoribus  aplis 
Pergunt  ad  tumbam  pretiosi  martyris  illam 
Quae  reserata  bonos  flagrans  sic  sparsit  odores 
Plebs  ad  divinos  magis  ut  se  ferret  amores 
Tune  vox  apta  sacris  lunares  concitat  orbes 

olo  Clarus  et  astrigeris  sic  movil  laudibus  aer 
Sydera  demulcens  lacrimis  ut  cuncta  maderent 

CAP.XLIIII. 

Hiiic  eteniin  corpus  solida  cuui  carne  reperluui 
Suscipiunt  sacris  alte  volitantibus  ymnis 
Tune  urbs  mestitiam  conectit  laudibus  atram 

o20  Quod  se  conspiciat  visu  custodis  abactam 
Grex  ovium  luctus  altis  balatibus  addit 
Quod  se  deserlum  pastoris  cura  relinquit 
Goeptum  ducit  iler  plebis  veneratio  mitis 
Etcomitanlur  idem  crebris  miracula  signis 

o25  Sic  adiere  locum  sancto  doruiire  paraium 
Garnis  et  illius  roseo  de  rore  peruncluni 


—  417  — 

CAP.  XLV. 

Illius  inde  loci  plebs  assurexit  ovanter 
Et  sua  largifluis  ornare  cubilia  donis  (i) 
Maturai  satagitque  sacros  ut  spargat  odores 

530  Tune  altos  audire  fuit  per  compita  cantus 
Dum  tuba  mugitus  per  dévia  quœrere  claros 
Bombica  temptaret  ringentibus  undique  musis 
Stridula  carpsit  iter  resecare  per  alla  canoras 
Tibia  rite  vias  tali  landbertus  honore 

535  Martyr  et  eximius  deductus  ad  intima  (i)  praesul 
Carne  quiescit  ibi  vitam  quo  reddidit  astris 
Qui  terrae  populus  gemmis  auroque  nitentem 
Egregiam  struxisse  domum  signatur  et  aplam 
Munera  muneribus  iungens  et  prsedia  donis 

540  Mausoleum  comens  et  dans  laquearia  fulcris 
Quam  Domini  Christi  sic  lux  virtutis  honorât 
Ut  sibi  landbertum  dilectum  munere  promat 

Pontifici  stephano  sit  laus  et  gloria  sacro 
Cuius  precepto  dicta  haec  sunt  fulgida  métro 
545  Nominis  et  claram  car  pat  de  voce  coronam 

Les  trois  derniers  vers  qu'on  vient  de  lire,  indication  de 
l'origine  et  date  indirecte  du  poème  composé  pour  l'évêque 
Etienne,  n'ont  été  visibl  nuent  copiés,  la  différence  d'encre  en 
tait  foi  sur  le  manuscrit  de  Bruxelles,  que  quelque  temps  après 
le  reste.  Ils  y  précèdent  immédiatement  une  hymne  transcrite 
avec  la  notation  musicale  du  temps,  et  l'on  aurait  pu  se  de- 
mander même  s'ils  ne  se  rapportaient  pas  à  cette  hymne  : 
l'absence  de  celle-ci,  dans  le  manuscrit  du  Vatican,  nous  dis- 
pense de  discuter  l'hypothèse  en  nous  donnant  la  preuve  que 

'    Doraus  (Val.  .    (',  Infima  (Val.  . 


—  418  - 

c'est  bien  au  poème  que  le  copiste  du  XI*  siècle,  Pierre  de 
Malmedy,  attribuait  la  mention  faite  d'un  ordre  de  l'évêque 
Etienne 

Cuius  precepto  dicta  hsec  sunt  fulgida  métro. 

Voici  l'hymne  : 

HYMNUS  SANCTI  LANTBERTI  (')• 

Fulges  salvifico  nomine  martyr 
Custos  ecclesiae  pastor  et  almae 
Munis  atque  régis  quam  vice  pétri 
0  landberte  gerens  praelia  Christi 

Defensor  patriam  climatis  huius 
Compsisti  rosei  sanguinis  undis 
Hanc  ut  caeligenis  iungere  possis 
Tempus  cum  fuerit  currere  caelis 

Tu  nos  a  viciis  carne  coactis 
Ac  vinclis  pariter  solve  malignis 
Deposcens  dominum  qui  regat  aptos 
Nos  et  Isetificet  pace  petites. 

Une  autre  poésie  ouvre,  dans  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque 
Royale,  la  collection  des  documents  relatifs  à  saint  Lambert, 
de  cette  même  époque.  Il  convient ,  ce  nous  semble,  d'en 
publier  également  le  texte,  en  notant  les  variantes  qu'oftre  la 
copie  du  Vatican  et  les  erreurs  de  transcription  échappées  à 
M.  de  Reiffenberg  : 

VKRSUS  IN  LAVDE  BEATI  LANTBERTI. 

Praesulis  egregii  laniberti  laude  perenni 
Laetificus  volitet  cantus  per  secula  mundi 

(  *  )  Oq  remarquera  que  dans  ce  litre ,  et  dans  le  texte  des  pièces  sui- 
vantes, le  manuscrit  de  Bruxelles  comme  celui  de  Home,  porte  LanT  et  non  plus 
LanDberli. 


419 


Exterior  visus  conducens  intima  cordis 
Suffît  (i)  his  levius  quod  vix  captatur  ab  illis. 
Quando  vides  stellas  aliud  sentisce  per  illas. 
Sit  tibi  sol  Christus  ceteris  dans  lumina  solus. 
Ecclesise  normam  teneat  lucina  per  auram 
Vocis  apostolicae,  maiugena  fabilis  ore 
Ignis  mai  tyrii  martis  meditelur  ab  igni 
Saturnus  subolem  (2)  delens  det  virginitatem 
Ipsa  venus  poierit  conventos  reddere  dignos. 
^thera  dum  cernis  veluti  gemmarier  istis. 
Gelesiem  solymam  sic  percole  nostram. 
Epias  haec  eadem  qua  connumerantur  hesedem.  (3) 
Fluminis  almifici  propinat  munialaudi 
Hsec  candelabra  sunt  septem  quse  stantia  prosunt 
Ante  dei  sedem.  Grevil  siramista  iohannes 
Fidus  (4)  sic  animus  teneat  sic  vernula  verus 
Respuat  ac  falsos  errorum  dogmate  doctos 
Qui  sibi  hos  dominos  malebant  dicere  divos. 
Liba  quod  apposuit  puro  (3)  de  semine  nostra 
Hoc  super  almifluum  prsetendit  vertere  nostrum. 
Prsecluis  ille  pater  lantbertus  nomine  noster 
Syderibus  totidem  nostram  stellaverat  (6)  sedem 
Scilicet  ecclesiam  matrem  quam  credimus  unam 
Cuius  germineam  pertraxit  serpere  prolem 
Slercore  componens  multo  madore  lenitans 
Quotenus  ad  dominum  ferretur  solvere  fructum 
lussa  sit  emeritis  arbor  bona  stare  perennis  (^) 
Partes  quas  tetigit  solis  de  lumine  sanxit 
Lunificans  noctes  tenebras  disciecerat  omnes 
Instituens  plèbes  foecundos  sparserat  imbres. 
Martyrio  palmam  semper  quaesiverat  aptam. 

(*)  Suficit(Vat.).  (')  Sobolem  (Val.).  (')  Eaedem  (R.).  i*)  Fisus  (R.).f)  Pura  (Val.). 
i«t  Scellavcrat  (R.).  (')  Per  agrum  (R.)- 


—   i-20  — 

Necque  \i)  recusaret  coiifessor  sique  (-ji  inaneret 
Perviguit  castus  pollens  ceu  flore  pudicus 
Fœdera  coniugii  liaud  dampnans  extitit  uUi 
Instar  neinpe  poli  mundum  redimiverat.  arvi 
Rursus  ab  (3)  humanis  cœlum  pulchraverat  ipsis 
Arva  soli  cselum  sic  cselum  fecerat  arvum. 
Namque  fides  valuil  tantum  qiiam  pectore  gessit 
Omnia  quod  fecit  quae  mens  puelle  (4)  poposcit. 
Materies  rerum  vivax  excepit  agendum 
lllius  impei'ium  du  m  noverat  ore  digressum. 
In  reliquis  fandum  potis  est  quid  prodeie  laudum. 
Nec  capitur  sensu  nec  quitur  (o)prendere  dictu 
Quantus  tuncfuerat  qualis  per  cuncta  manebat, 

Hsec  tua  haec  tibi  sunt  o  ledgia  haec  tibimet  sunt 
His  super  astra  sedes,  cseli  super  ardua  splendes. 
Et  procul  a  terris  absens  exasse  vocaris. 
flanc  tibi  iam  paradise  dei  solam  meritasti 
Nulla  tibi  compar  nisi  constal  haec  tibi  compar 
0  quam  dulce  solum  quani  dulcis  gleba  per  arvum 
Quas  tibi  quasque  vales  dignas  tibi  lîngito  laudes 
Tum  sursum  vocites  lusumque  iuvamina  clames 
Magniticent  dominum  quotecum  cuncta  per  aevum 
A  quo  tantus  honos  tibi  cessit  iure  per  annos  ! 

Ces  vers  cités,  à  litre  de  curiosité  littéraire  et  d'exemple 
des  obscurités  qu'amenait  alors  le  souci  fréquenl  de  faire  rimer 
chacun  d'eux  avec  une  syllabe  de  sa  première  moitié,  et  aussi 

avec  la  linale  du  suivant,  revenons  ;iu  poème  reproduit  avant 
eux. 

Ce  poème,  on  l'a  vu,  ollre  un  caractère  assez  étrange  ;  nous 
nous  trouvons  en  présence  d'un  auteur  inconnu  à  qui  ne  font 

(,')  Haecque  Nul),  (-|  Si  qiia  (H  sicque  Vat).  a  Ac(R.  (*)  Mees  per  ubilem  (Ki. 
15)  Quœril  'I!  I. 


—  4-ii  — 

défaut  ni  l'abondance  des  mois,  ni  lesconnaissanceslitiéiaires, 
ni  l'image,  ni  parfois  certaines  tournures  pittoresques,  mais 
dont  l'œuvre  est  déparée  par  des  fautes  grossières  contre  les 
règles  de  la  prosodie  ou  l'agencement  naturel  de  la  phrase 
latine.  Ainsi  versifierait  un  prosateur,  homme  de  style,  pour 
qui  le  langage  poétique  consisterait  à  briser,  n'importe  de 
quelle  façon  les  mots,  afin  de  les  faire  entrer  dans  le  moule  du 
rythme  hexaméirique. 

Curieuse  comme  travail  littéraire,  sa  biographie  ne  laisse 
pas  non  plus  que  d'offrir  quelque  intérêt  pour  l'histoire  :  pour 
n'être  le  plus  souvent  que  ia  traduction  en  vers  quelconques  de 
la  vie  de  S.  Lambert  écrite  en  prose  par  un  des  contemporains 
du  saint,  elle  n'ajoute  pas  moins  quelques  renseignements  nou- 
veaux à  ceux  donnés  par  son  modèle  : 

D'abord  l'explication  étymologique  du  nom  de  Lambert; 

L'affirmation  ensuite  que  si  Gall  et  Riold  poursuivirent  de 
leurs  violences  le  prélat  et  ses  gens,  c'est  que  non  seulement 
ils  se  fiaient  sur  leur  parenté  avec  Dodon,  mais  encore  qu'ils 
savaient  celui-ci  en  disposition  de  profiter  de  la  première  occa- 
sion pour  se  défaire  d'un  évêque  dont  les  plaintes  sur  les  re- 
lations de  Pépin  avec  la  sœur  de  Dodon,  indignaient  celui-ci; 

Le  fait  encore  qu'Amalgysile,  chargé  par  S.  Lambert  d'annon- 
cer au  principal  auteur  du  martyre  le  châtiment  providentiel, 
faillit  périr  sous  les  coups  du  perfide; 

Le  détail  enfin,  relatif  au  premier  mouvement  qu'éprouva 
l'évêque  à  l'annonce  de  l'attaque  de  ses  bourreaux  :  on  sait 
qu'il  saisit  une  arme  pour  opposer  la  force  à  la  force,  mais  qu'il 
la  rejeta  aussitôt.  D'après  notre  poète,  le  saint  se  promit  alors, 
s'il  échappait  à  la  mort,  d'expier  ce  mouvement  qu'il  estimait 
contran-e  à  l'obligation  du  prêtre  de  ne  pomt  verser  le  sang, 
par  une  pénitence  de  sept  ans,  pénitence  qu'il  aurait  accomplie, 
même  après  le  martyre,  en  s'abstenant  durant  sept  années  de 
réclamer  la  translation  de  ses  restes  mortels  aux  lieux  de  sa 
passion. 


—  42-2  — 

En  dehors  de  ces  quatre  points,  la  version  du  poëte  ne  dif- 
fère que  par  les  ornements  de  style,  du  récit  le  plus  ancien  de 
la  vie  et  de  la  mort  de  S.  Lambert,  et  n'est  précieuse  que  pour 
nous  donner  cette  conviction  :  la  biographie  primitive  du  saint, 
telle  qu'on  la  connaissait  au  X""'  siècle,  a  été,  en  somme, exacte- 
ment reproduite  duns  les  copies  postérieures  que  nous  en  pos- 
sédons, el  dans  celle  publiée  par  Mabillon  et  les  Bollandistes, 
mieux  encore  que  dans  la  transcription  allongée  du  recueil  de 
Ghapeaville. 

Par  malheur,  si  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  du  Vatican 
nous  livrait  enfin  le  texte  complet  d'une  œuvre  intéressante  à 
ces  divers  litres,  il  ne  nous  révélait  pas  plus  que  celui  de 
Bruxelles,  le  nom  de  l'auteur  de  cette  œuvre. 

Cet  auteur  osait  des  premiers  donner  pour  cause  au  martyre 
de  son  héros  les  amours  adultères  du  maire  du  palais  Pépin.  A 
quelle  source  avait-il  puisé  l'explication  qu'il  répandait  avec 
cette  netteté  hardie  ?  Etait-il  d'un  caractère,  d'une  intelligence, 
d'une  position  à  lui  mériter  créance  ? 

Autant  de  questions  qu'il  importait  de  résoudre  pour  arriver 
à  se  rendre  compte  de  la  valeur  historique  de  l'œuvre. 

On  pouvait  se  demander  si  l'auteur  du  poëme  n'était  pas 
l'évoque  Etienne  lui-même. 

Dans  la  lettre  par  laquelle  il  envoyé  à  son  métropolitain  sa 
révision  de  la  vieille  vie  et  son  office  nouveau  de  S.  Lambert, 
Etienne,  en  effet,  s'il  ne  se  donne  pas  pour  l'auteur  de  cet  office 
aussi  bien  que  cette  biographie,  Etienne  ne  laisse  pas  entendre 
qu'il  aurait  eu  un  collaborateur  ;  cependant,  à  part  huit  hexa- 
mètres —  les  quatre  premiers  et  le  premier  répons  du  troisième 
nocturne  —  tous  ceux  qu'il  a  fait  entrer  dans  son  office  sont 
empruntés  à  notre  poëme.  Trois  autres  vers  d'ailleurs,  les  der- 
niers de  ce  poëme  dans  les  deux  textes  que  nous  en  possédons, 
sont,  dans  la  copie  de  Bruxelles,  manilëstement  écrits  avec  une 
autre  encre  que  les  précédents  :  ne  pourraient-ils,  à  la  rigueur, 
s'entendre  comme  une  affirmation  postérieure  de  la  paternité 


-  423    - 

littéraire  d'Etienne  :  cnjus  precepto  dicta  su7it  haec  fiilgida  métro? 
Preceptum  signifie  ordre  sans  doute,  mais  ne  pourrait-il  pas 
signifier  aussi  la  règle  prosodique  qu'Etienne  lui-même  se  serait 
imposée  dans  sa  composition  ? 

Quoi  qu'il  en  soit  du  sens  élastique  du  terme  precepto,  on  ne 
peut,  en  y  réfléchissant,  s'arrêter  à  l'hypothèse  indiquée. 

Si  Etienne  était  l'auteur  du  poème,  pourquoi  les  vers  assez 
nombreux  qu'il  intercale  dans  un  autre  travail,  sa  biographie 
en  prose,  se  trouveraient-ils  n'être  qu'une  fois,  sur  douze, 
empruntés  au  poëme  ?  Pourquoi  se  serait-il  donné  la  peine 
d'exprimer  deux  fois,  en  vers  différents,  les  mêmes  faits,  les 
mêmes  sentiments?  Pourquoi  aussi,  écrivant  en  prose,  se 
serait-il  contenté  de  suivre  pas  à  pas,  sans  jamais  s'écarter  de 
son  modèle,  de  traduire  en  phrases  plus  belles  seulement  la 
plus  ancienne  Vie,  tandis  qu'envers  il  se  serait  livré  aux  écarts, 
aurait  ajouté  les  détails  complémentaires  que  nous  avons 
signalés  ? 

Quant  au  fait  d'un  évêque  se  laissant  prendre  ainsi  pour 
l'auteur  d'un  office  dont  la  moitié  du  texte  était  empruntée  ?i  un 
autre  auteur,  il  semblerait  sans  doute  un  plagiat  de  nos  jours  ; 
il  ne  peut  nous  surprendre  à  l'époque  d'Etienne.  Un  autre  bio- 
graphe de  St-Lambert,  le  chanoine  Nicolas  ne  présente-t-il  pas 
comme  un  travail  original  son  histoire,  composée  pourtant  en 
majeure  partie  d'extraits  d'autres  écrivains?  Les  auteurs  hagio- 
graphiques du  temps  n'en  usaient- ils  pas  tous  de  même  ?  Tous 
les  chroniqueurs  de  l'époque  ne  se  copient-ils  pas  l'un  l'autre  ? 
Ne  font-ils  pas  consister  leur  originalité  non  danï?  la  nouveauté 
de  la  rédaction,  mais  dans  la  juxtaposition  plus  complète  et 
mieux  assortie  des  dires  de  leurs  devanciers?  A  bien  presser 
d'ailleurs,  le  texte  de  la  lettre  d'envoi  d'Etienne  à  l'archevêque 
Heriman,  il  ressort  sans  doute  que  le  prélat  se  donne  pour 
l'auteur  de  la  révision  de  la  Vie  en  prose  du  Saint  ;  il  n'en  res- 
sort pas  qu'il  s'attribue  exclusivement  la  paternité  de  l'oifice. 

Une  dernière  remarque  à  ce  propos  et  qui  nous  semble  assez 


424 


concluante  :  il  serait  permis  peut-être  d'attribuer  à  Etienne 
l'hymne  ajoutée  au  poëme,  dans  le  manuscrit  de  Bruxelles  : 
Fulges  salvifico  nomine  martyr.  Cette  hymne  nous  vient  de  son 
siècle,  elle  salue  dans  le  Saint  le  défenseur  de  la  patrie  liégeoise: 
Defensor  patriam  climalis  Huius...  Compsisti  rosei  sanguinis 
undis  Hanc.»  Il  serait  permis  aussi  de  rechercher  si  les  Versus 
in  laude  beati  Lantberti  ne  sont  pas  également  d'Etienne  :  un 
auteur  liégeois  s'y  révèle  encore  dans  la  façon  de  parler  de  notre 
Saint:  ille  pater  lantbertus  nomine  noster. 

Dans  le  poëme  biographique,  au  contraire,  pas  un  mot,  pas 
une  allusion  de  nature  h  indiquer  la  nationalité  de  l'auteur. 
Quand  l'écrivain,  à  propos  du  nom  du  Saint,  parle  du  pays 
liégeois,  il  s'abstient  de  le  donner  pour  sien  : 

Ducimus  hoc  factum  patriae  defensor  ut  esset 
Linguœ  barbaricse  sat  prœsignantefutura. 

Un  liégeois  eût-il  traité  de  barbare  la  langue  de  ses  frères  ? 
Eût-il  parlé  des  diverses  parties  du  diocèse,  de  la  ville  épisco- 
pale,  sans  y  joindre  jamais  un  possessif  : 

In  tellure  quidem  quae  fert  Taxandria)  nomen... 
Venit  et  ad  villam  quae  Ledgia  nomine  fertur... 
Comperii  hoc  prœsul  Hucbertus  nomine  dictus... 
Illius  inde  loci  plebs  assurexit  ovanter. 

Un  liégeois  eût-il  évoqué  ces  souvenirs  de  martyre  et  de 
gloire,  l'origine,  la  fondation  de  Liège,  sans  rencontrer  ni  un 
mot  ni  un  pronom  pour  laisser  percer  sa  fierté  d'appartenir  à  ce 
glorieux  p;iys,  d'avoir  pour  patron  ce  martyr  ? 

M.  de  Reiflenberg  a  visiblement  fait  erreur  en  donnant  pour 
rcilain  (  i  )  —  sans  même  essayer  de  le  prouver  —  que  l'auteur 
vivait  à  Liège.  Il  laut,  au  contraire,  le  chercher  en  dehors  de 
Liège,  et  cette  conclusion   surprendra  d'autant  moins  que  nos 

(*)  Annuairu  do  la  Hibliôthèque  royale,  1847,  p.  104. 


-  4i5  — 

Annales  n'ont  gardé  mémoire  d'aucun  poète  qui  eût  vécu  chez 
nos  pères  au  temps  de  l'évêque  Etienne. 

Le  texte  du  poëme  ne  nous  fournissant  aucune  indication 
propre  à  nous  mettre  sur  les  traces  de  son  rédacteur,  il  n'y  avait 
qu'un  parti  à  prendre  :  s'efforcer  de  découvrir  dans  d'autres 
œuvres  poétiques  du  temps  quelques  traits  de  ressemblance 
de  nature  à  nous  éclairer. 

Nous  nous  sommes  livrés  à  celte  recherche  et  nous  sommes 
arrivés,  de  la  sorte,  à  rencontrer  Jean,  moine  û'Ebwiie  ou  de 
Saint-Amand,  monastère  fondé  par  l'apôtre  de  ce  nom  au 
diocèse  de  Tournay.  Ce  Jean  est  l'écrivain  qui,  sur  l'ordre  d'Er- 
luin  (évéque  de  Cambrai  de  996  à  1011),  rédigea  ou  plutôt  tra- 
duisit en  vers  (i)  une  vie  de  Ste-Rictrude,  écrite  en  prose,  au 
commencement  duX'"* siècle,  par  un  de  sespiuscélèbresdevan- 
ciers  dans  la  carrière  littéraire  à  la  même  abbaye. 

Jean  d'EInone  s'est  manifestement  inspiré  du  style  de  notre 
poète  de  S.  Lambert.  II  a  fait  siens  des  fragments  de  vers 
(oo,  o7,  164,  etc.)  voire  même  deux  vers  qu'il  a  peu  déguisés 
de  notre  biographie  anonyme.  Où  celle-ci  portait  ; 

Prœcinctus  lumbos,  manibus  gestare  lucernas 
Ardentes  sluduit... 

Jean  d'EInone  a  copié,  avec  ce  léger  changement  : 

Prœcinctus  retinens  lumbos,  manibusque  lucernas 
Ardentes  gestans... 

Le  plagiat  est  formel.  Mais  encore  une  fois,  qui  cet  imitateur 
prenait-il  pour  modèle  ?  Un  seul  de  ses  vers,  nouveau  plagiat, 
va  nous  l'apprendre  : 

Carminé  dulcisono  et  claris  ornare  camenis. 

n  Acta  Sanc».  Belgii,  II  394,  408,  IV,  483 


—  426  - 

C'est  pj'esque  mot  pour  mot  le  vers  de  refrain  placé  eu  tête 
de  chacune  des  treize  strophes  d'une  pièce  célèbre  du  dixième 
siècle,  ré?;Iogue  en  l'honneur  des  chauves,  œuvre  précisément 
du  littérateur  monastique  dont  Jean  mit  en  vers  la  vie  en  prose 
de  S*  Riclrude  : 

Carmina,  clarisona3,  calvis  cantate  camenae. 

Cette  fois  nous  avons  rencontré  un  auteur  bien  connu  ;  Huc- 
bald  qui  dédia  à  l'Empereur  Charles  le  Chauve  ce  poëme  étrange 
•par  son  sujet,  la  calvitie,  plus  étrange  encore  par  sa  composi- 
tion, car  des  136  vers  qui  le  remplissent,  pas  un  dont  tous  les 
mots  ne  commencent  par  la  lettre  C. 

Hucbnld  était  l'un  des  modèles  que  suivait  Jean  d'Elnone  : 
pourquoi  ne  serait-il  pas  l'auteur  de  ce  poëme  sur  Saint  Lambert, 
auquel  Jean  empruntait  ces  citations  en  même  temps  qu'à 
l'églogue  sur  les  Chauves  ?  La  chose  à  première  vue  paraît 
d'autant  plus  vraisemblable  qu'Hucbald  est  mort  nonagénaire 
vers  l'an  930;  il  écrivait  donc  au  temps  où  notre  poëme  a  vu 
le  jour;  qu'il  était  poète  lui-même,  poète  hagiographe  et  qu'il 
s'est   trouvé  en   relations  intimes  avec  cet  évêque  Etienne 

Cujus  precepto  dicta  hœc  sunt  fulgida  métro. 

Poète,  en  effet,  son  poëme  sur  la  calvitie  en  fait  foi.  Nous 
lui  devons  d'autres  vers  encore,  adressés  au  même  empereur 
Charles  pour  lui  présenter  un  écrit  sur  la  sobriété,  de  la  plume 
de  Milon,  le  maître  et  l'oncle  d'Hucbald  ;  nous  avons  de  lui  une 
épilaphe,  deux  hymnes,  et  nous  trouvons  des  vers  de  sa  façon 
intercalés  dans  sa  vie  de  S»  Aldegonde,  comme  à  la  fin  de  sa 
préface  de  la  vie  de  S«  Rictrude  :  on  le  dit,  en  outre  auteur 
d'autres  ouvrages  malheureusement  perdus. 

(»y  Histoire  litt.  de  la  Franco,  VI,  t>10-i>-21.  -  Jligne.  Paliologic  latine  CXXXII. 
(>l)cra  Hucbaldt,  SI."-10r.O. 


—  4^7  — 

Les  travaux  hagiographiques  étaient  d'autre  part,  une  des 
occupations  traditionnelles  des  moines  d'Ehione  ;  après  Huc- 
bald,  nous  y  voyons  la  biographie  en  vers  des  saints,  cultivée 
par  Jean,  son  imitateur,  vers  l'an  mille,  par  Gilber  et  par 
Gontier,  autres  moines  poètes,  vers  1095  et  1108;  avant  lui, 
Milon,  son  maître,  avait  traduit  dans  la  langue  du  rythme,  la 
plus  ancienne  vie  en  prose  de  S.  Amand,  précisément  comme 
nous  soupçonnons  Hucbald  lui-même  de  l'avoir  fait  pour  S. 
Lambert. 

Hucbald,  en  effet,  n'était  pas  seulement  un  moine  érudit  pour 
son  temps,  un  philosophe  renommé,  un  linguiste,  un  artiste 
dont  nous  possédons  encore  les  écrits  sur  la  musique,  les 
leçons  dialoguées,  les  essais  de  solfège,  et  qui  le  premier  a 
publié  un  traité  de  l'harmonie;  c'était  aussi  et  surtout  un  Bol- 
landiste  de  son  époque,  un  rédacteur  de  vies  de  Saints. 

Deux  cents  ans  après  sa  mort,  Sigebert,  de  Gembloux,  cons- 
tatait encore  la  persistance  de  la  réputation  d'hagiographe 
d'Hucbald  ;  après  avoir  noté  que  sa  parfaite  connaissance  des 
arts  libéraux  l'avait  fait  comparer  aux  philosophes  les  plus 
célèbres,  Sigebert  signalait  tout  d'abord  parmi  ses  titres  litté- 
raires «  de  nombreuses  vies  de  Saints  (  i  ).  » 

L'épitaphe  que  ses  frères  placèrent  sur  son  tombeau  avait  la 
même  portée;  elle  ne  comprend  que  six  vers,  débute  par  rappe- 
ler la  simplicité,  la  modestie  du  défunt,  sa  régularité  exemplaire 
et  finit  en  constatant  qu'il  a  mis  son  couvent  en  possession  des 
restes  précieux  du  bienheureux  martyr  Cyrice;  elle  ne  dit  mot  du 
poème  sur  la  calvitie  ni  des  traités  de  musique,  mais  elle 
insiste,  au-dessus  de  tout,  sur  les  services  rendus  par  lui  à 
l'hagiographie  : 

Hucbaldus  famam  cuius  per  climala  mundi 
Edita  sanctorum  modulamina  gestaque  clamant. 

(')  I>o  scriploribiis  ecclcsiasticis  CVll. 


-  4^i8  — 

La  composition  de  vies  de  saints  et  d'offices  en  leur  honneur, 
voilà  donc  aux  yeux  des  frères  d'Hucbald  la  plus  importante 
partie  de  son  œuvre,  celle  qui  l'a  fait  et  le  tait  encore  connaître 
sous  tous  les  cieux  :  (mnam  clamant  pcr  climata  mundi  ! 

De  tous  les  pays  voisins,  on  s'adressait,  en  effet,  au  moine 
d'Elnone  pour  obtenir  de  lui  quelqu'une  de  ces  biographies. 

C'est  ainsi  qu'il  a  composé  : 

Vers  860  croit-on,  et  h  la  demande  de  l'évêque  de  Nevers  soit 
un  office  avec  hymne  et  répons,  soit  une  vie  on  vers  de  Sainle- 
Célinie,  mère  de  St-Remy  ; 

Un  peu  après,  la  relation  du  martyre  de  Ste-Cyr  et  de  Ste- 
Julitte  ; 

Plus  tard,  pour  les  moines  de  St-Thierry,  à  Rheims,un  office 
de  la  nuit  en  l'honneur  de  ce  saint,  avec  hymne,  répons, 
antiennes,  le  tout  tiré  de  la  vie  du  saint  et  mis  en  musique  par 
Hucbald  —  travail  complètement  semblable  à  l'office  de  St-Lam- 
berl  arrangé  par  Etienne  ; 

Plus  tard  encore,  vers  908  ce  semble,  et  à  l'intention  des  re- 
ligieuses de  Maubeuge  une  vie  de  la  fondatrice  de  leur  maison, 
Sle-Aldegonde; 

Vers  le  même  temps  sans  doute,  pour  les  Frères  et  Sœurs  de 
Marchiennes,  et  sous  le  tilre  d'Exhortation,  un  discours  dans 
lequel  entre  l'histoire  de  St-Jonat,  premier  abbé  de  Marchiennes; 

Après  918  pour  l'évêque  d'Utrecht,  Baldric,  une  vie  de  Saint- 
Lebwin,  apôtre  de  ce  pays,  vie  qu'on  est  unanime  h  recom- 
mander comme  le  meilleur  travail  de  l'auteur. 

On  lui  attribue  en  outre  —  œuvres  perdues  ou  inédites  jus- 
qu'à ce  jour  :  une  vie  de  Sle-Madelberte  qui  succéda,  comme 
on  sait,  à  sa  lante  Ste-Aldegonde,  dans  la  direction  du  monas- 
tère de  Maubeuge  —  une  autre  de  Ste-Brigide  —  d'autres 
encore  avec  monis  de  certitude  —  enfin  cette  vie  de  Sie-Ric- 
trude,  fondatrice  de  Marchiennes,  vie  composée,  si  pas  sur  la 
demande  expresse,  du  moins  avec  le  concours,  les  conseils  de 
l'évêque  de  Liège  Etienne. 


429 


Un  moine  de  Marchiennes  qui  rédigeait,  vers  la  fin  du  Xï"* 
siècle,  une  chronique  de  sa  maison,  enregistre  ce  détail  au 
chapitre  17  de  son  livre  I:  «L'évêque  de  Liège,  Etienne,  homme 
»  de  grand  âge  et  d'une  admirable  piété,  fit  écrire  par  Hucbald, 
»  moine  de  St-Amand,  la  vie  de  la  Sainte  (Rictrude).  »  Le  texte 
même  de  la  préface  dédicatoire  donnée  par  Hucbald  à  son  tra- 
vail ne  marque  point  que  ce  fut  sur  l'ordre  d'Etienne  qu'il 
écrivit  ;  il  permet  simplement  de  croire  soit  qu'Etienne  avait 
désigné  aux  religieuses  de  Marchiennes  Hucbald  pour  l'homme 
le  plus  capable  de  mener  à  bonne  fin  l'entreprise,  soit  qu'il 
s'était  interposé  pour  obtenir  du  moine  qu'il  acceptât  cette 
tâche.  Toujours  est-il  que,  sa  rédaction  terminée,  Hucbald  la 
soumit  à  l'examen  d'Etienne  :  celui-ci  n'y  trouva  rien  à 
reprendre,  et  demanda  simplement  au  biographe  de  dater  et  de 
signer  son  travail.  La  réponse  d'Hucbald  à  cette  demande  est 
devenue  la  préface  de  la  Vie  de  Ste-Rictrude,  et  fait  connaître 
l'intimité  de  l'évêque  de  Liège  et  du  moine,  avec  quelques 
traits  dislinctifs  du  caractère  de  celui-ci. 

Après  avoir,  suivant  son  habitude  chaque  fois  qu'un  nom 
propre  se  présente,  donné  l'étymologie  en  grec,  de  celui  du 
prélat  auquel  il  s'adresse  :  «  Stephano,  secundum  nomen  suum 
apostolicœ  reverentiœ  signo  ah  hominibus  quidem  coronato  »  — 
Hucbald  rappelle  que  les  clercs  et  les  religieuses  de  la  pieuse 
congrégation  de  la  bienheureuse  Rictrude,  lui  ont  demandé  de 
prendre  la  plume  pour  rédiiier  une  Vie  nouvelle  de  cette  Sainte 
et  de  ses  enfants.  «  J'ai  longtemps  et  vivement  refusé,  dit-il,  et 
»  parce  que  je  jugeais  mon  pauvre  petit  savoir  incapable  de 
»  traiter  une  aussi  grande  matière,  et  parce  que  je  n'avais 
»  recueilli  ni  écrits  ni  traditions  de  nature  à  m'éclairer  avec 
»  certitude  sur  une  existence  qu'un  si  long  espace  de  temps 
»  sépare  de  nous.  Je  craignais  de  donner  pour  certains  des 
»  faits  douteux,  pour  vraies  des  assertions  fausses.  Afin  de 
»  triompher  de  mes  résistances  on  m'a  communiqué  diverses 
«  histoires  dont  les  allégations  concordent  entre  elles,  et  plu- 


-  430     - 

»  sieurs  personnes  de  qui  je  ne  saurais  mépriser  le  témoignage 
»  m'ont  rapporté  d'autres  détails,  qu'elles  m'affirmaient  avoir 
»  été  consignés  autrefois  par  écrit,  mais  dont  la  relation  a  péri 
»  dans  les  dévastations  de  l'invasion  normande.  Conjuré  enfin 
»  au  nom  redoutable  de  la  Sainte-Trinité,  j'ai  dû  me  rendre  et 
»  je  me  suis  attaché,  si  point  comme  il  l'eût  fallu,  comme  je  l'ai 
»  pu  du  moins,  non  pas  à  enfiler  des  mots  brillants,  mais  à 
»  fournir  un  sujet  d'édification  à  mes  lecteurs  ou  à  mes  audi- 
»  teurs. 

»  Mon  œuvre  achevée,  je  l'ai  communiquée  à  votre  Excel- 
»  lence,  ou  plutôt  soumise  à  votre  examen,  et  vous  avez  jugé, 
»  dans  votre  sagesse,  qu'elle  manquait  de  quelques  unes  des 
»  indications  réclamées  d'habitude  par  les  maîtres  de  l'art  pour 
n  établir  l'autorité  d'un  livre  :  le  nom  de  l'auteur,  le  lieu  et  la 
»  date  de  l'écrit.  Pour  moi,  il  me  semblait  qu'un  travail  où  sont 
»  rappelés  les  noms,  les  actes,  le  séjour  de  tant  de  person- 
»  nages  illustres,  pouvait  parfaitement  se  passer  d'indiquer 
»  le  nom  et  l'habitation  de  l'auteur,  de  crainte  que  ce  détail  ne 
»  couvrît  comme  d'un  voile  de  ténèbres  la  splendeur  d'astres 
»  aussi  brillants.  Mais  puisque  votre  piété  a  en  jugé  autrement, 
»  nous  laisserons  donc,  à  la  suite  de  votre  nom  éclatant,  venir 
»  à  la  lumière  le  mien  si  obscur  soit-il,  et  dans  une  préface  où 
»  il  est  parlé  d'un  prélat  aussi  célèbre  qu'Etienne,  il  sera  fait 
»  aussi  mention  de  notre  chétive  personne. 

»  Quant  au  lieu  que  j'habite,  ce  n'est  plus  comme  autrefois, 
»  vous  le  savez,  quelque  ville  célèbre,  et  je  me  glorifierais  plu- 
»  tôt  de  vivre  à  présent,  tout  indigne  que  j'en  sois,  parmi  les 
»  moines  du  monastère  de  Saint  Amand,  glorieux  confesseur 
»  du  Christ  et  votre  prédécesseur,  si  par  un  juste  châtiment  de 
»  mes  péchés,  la  crainte  des  invasions  barbares  ne  me  forçait 
»  souvent  à  m'enfuir  de  cet  asile.  Que  dire  de  ce  temps,  si  ce 
»  n'est  qu'il  est  doux  encore  en  présence  de  ce  qui  nous  me- 
»  nace  :  C'est  le  moment,  en  vérité,  de  se  tourner  vers  Dieu 
»  poiii'  lui  dire  avec  le  Psalmiste:  «Nous  étions  heureux  pendant 


-   431  — 

»  les  jours  où  vous  nous  avez  humiliés,  pendant  les  années  qui 
»  ont  vu  nos  souffrances.  Jetez  Seigneur  un  regard  de  pitié 
»  sur  vos  serviteurs  et  sur  vos  œuvres  !  »  C'est  le  moment  de 
»  se  conformer  aux  avis  de  l'apôtre  en  profitant  du  temps,  puis- 
»  que  les  jours  sont  mauvais  !  Pour  ne  point  paraître  cepen- 
»  dant  manquer  de  déférence  aux  ordres  de  votre  autorité,  je 
»  note,  omettant  les  noms  de  nos  rois,  que  nous  sommes  en 
))  l'an  907,  à  partir  de  la  nativité  du  plus  grand  des  rois  Jésus- 
»  Christ,  dixième  année  de  l'indiction.  «(Migne,  CXXXII,  829.) 

Sur  quoi,  Hucbald  termine  par  quelques  vers,  dans  lesquels 
il  recommande  à  Etienne  de  corriger  les  erreurs  dont  son  tra- 
vail pourrait  être  entaché,  et  de  n'adresser  qu'à  Dieu  des  remer- 
ciements s'il  n'y  rencontre  plus  de  faute. 

On  voit  par  ce  document  combien  les  relations  d'Hucbald 
étaient  intimes  avec  l'évéque  Etienne. Les  circonstances  n'ont  pas 
dû  manquer  pour  resserrer  les  liens  de  cette  intimité  :  les  deux 
correspondants  ont  également  laissé  un  grand  renom  de  piété  ; 
unis  dans  l'amour  de  l'Eglise,  ils  ont  fait  également  paraître 
ce  dévouement  dans  les  mêmes  dévotions  :  Etienne  institua, 
comme  on  sait,  la  fête  de  la  S^  Trinité,  telle  que  l'Eglise  catho- 
lique la  célèbre  encore  aujourd'hui  ;  Hucbald  ne  manque  jamais, 
dans  ses  oeuvres,  l'occasion  de  confesser  ce  dogme,  et  noire 
poète  anonyme  agit  en  cela  comme  Hucbald  (vers  267,  286). 
Tous  deux  enrichirent  de  leurs  œuvres  le  trésor  de  la  liturgie 
sacrée  ;  tous  deux  étaient  écrivains,  littérateurs  ;  tous  deux  cul- 
tivaient la  musique.  L'Église  a  conservé  diverses  compositions 
religieuses  d'Etienne;  nous  en  devons  d'autres  à  Hucbald, 
outre  ses  traités  théoriques,  et  ce  véritable  solfège  du  X«  siècle, 
antérieur  à  l'invention  de  Guy  d'Arezzo, 

L'évéque  et  le  moine  entretenaient  les  mêmes  hautes  rela- 
tions avec  les  hommes  les  plus  distingués  de  leur  temps; 
l'évéque  et  le  moine  jouissaient  auprès  des  princes  d'un 
même  puissant  crédit.  Plusieurs  diplômes  par  lesquels  sont 
garanties  ou  étendues  les  propriétés  de  l'Eglise  de  Liège,  ont 


—  432  — 

été  obtenus  par  Etienne;  l'un  de  ces  diplômes,  délivré  par 
Charles  le  Simple,  en  915,  contient  la  mention  que  le  don  est 
octroyé  à  la  demande  de  son  très-cher  parent  Etienne  «  inter- 
ventu  Stephani  îiostri  consanguinitatis  affinis  dilectissimi.  »  Huc- 
bald  n'a  pas  été  moins  bien  vu  de  ses  souverains  :  on  en  a  la 
preuve  dans  les  vers  qu'il  adressait  à  Charles  le  Chauve,  et  plus 
encore  dans  le  diplôme  accordé  par  le  parent  d'Etienne, 
Charles  le  Simple,  à  Foulques,  archevêque  de  Rheims  et  chance- 
lier du  royaume  <s.medianle  HucbaUlo  monacho  »  sur  les  sollici- 
tatum  d'Hucbald. 

Ces  occasions  de  rencontre,  cette  communauté  des  relations, 
des  goûts  artistiques  ou  religieux,  des  occupations  pieusement 
littéraires,  cette  haute  estime  qu'Etienne  faisait  du  talent  d'Huc- 
bald, tout  nous  induit  à  penser  que  songeant  à  doter  l'Église  de 
Liège  d'un  office  de  son  patron,  et  d'un  oftice  qui  pût  enfin  épar- 
gner au  clergé  liégeois  les  moqueries  des  érudits  dont  se  plai- 
gnait Etienne,  celui-ci  n'a  pu  manquer  de  faire  appel  au  con- 
cours, à  l'amitié  d'Hucbald  —  et  d'autre  part  que  Hucbald,  lié 
comme  il  l'était  avec  Etienne,  professant  pour  févêque  la  défé- 
rence, l'obéissance  attestées  par  la  préface  de  la  vie  de  S«  Ric- 
trude,  n'a  pu  refuser  ce  concours,  ce  témoignage  d'amitié. 

Toutes  ces  inductions  toutefois  n'auront  de  valeur  que  pour 
autant  que  le  style  de  notre  anonyme,  ses  procédés  littéraires, 
les  traits  caractéristiques  de  sa  manière  de  composer  et  d'orner 
sa  composition  se  trouveront  ressembler  au  style,  aux  pro- 
cédés, à  la  manière  d'Hucbald. 

Comparons  donc,  sur  quelques  points  essentiels,  notre 
poème  aux  œuvres  connues  du  correspondant  d'Etienne. 

Parmi  les  pratiques  d'Hucbald,  il  en  est  une  à  laquelle  il 
tenait  spécialement  :  l'établissement  de  divisions  nombreuses 
dans  ses  écrits  et  leur  strict  respect  par  les  copistes. 

Son  sermon  biographique  sur  St-Jonat  de  Marchiennes  est 
divisé  en /^c//oM<'.s  nettement  tranchées  ;  la  Vie  de  St-Lebwin  en 
chapitres.  Dans  la  Vie  de  Ste-Rictrude,  la   liste  des  chapitres 


—  438  - 

suivait  la  lettre  d'envoi  à  l'évêque  Etienne,  et  ces  titres  étaient 
tellement  abondants,  ces  cliapilres  si  courts,  que  trouvant  ces 
intitulés  de  dimension  presque  égale  parfois  au  texte  même  de 
chaque  article,  les  Boliandistes  ont  cru  inutile  de  les  repro- 
duire (i).  La  préface  d'une  autre  Vie,  pareillement  découpée  en 
divisions  assez  nombreuses,  la  Vie  de  Sle-Aldegonde,  marque 
l'importance  que  l'auteur  attachait  à  ce  classement  minutieux  des 
diverses  parties  d'un  écrit  :  «  Si  vous  trouvez  bon,  mande-t-il 
aux  religieuses  de  Maubeuge,  de  copier  ce  travail,  prenez  atten- 
tion, je  vous  prie,  à  bien  conserver  la  division  des  chapitres. 
La  préface  traite  de  la  Vie  des  saints  en  général...  Ayez  soin  de 
la  bien  placer  avant  l'index  des  chapitres.  »  Et  de  fait  dans  le 
poëme  d'Hucbald  sur  les  chauves  il  serait  souvent  malaisé 
sans  l'intitulé  explicatif  de  chacune  des  strophes,  de  démêler  le 
sens  général  attribué  par  l'auteur  h  chacune  de  ces  divisions. 

Par  une  coïncidence  assez  notable,  le  manuscrit  romain 
comme  le  manuscrit  bruxellois  de  notre  poëme  biographique 
nous  offre  la  table  de  ses  chapitres  soigneusement  placée  en 
tête  de  l'ouvrage,  et  le  lecteur  a  pu  constater  combien  ces  cha- 
pitres même  sont  nombreux  et  nettement  divisés  :  les  chapitres 
4"  et  34^  ne  comptent  chacun  que  neuf  vers;  les  5%  8«  et  39*^ 
que  8;  le  17«  7,  et  les  22%  23^  et  25"^  une  demi-douzaine  au  plus. 
Rien  de  plus  conforme,  on  le  voit,  aux  procédés  d'Hucbald 
que  la  vie  en  vers  de  S.  Lambert. 

Celle  conformité  entre  le  poëme  anonyme  et  les  œuvres 
connues  du  moine  d'Elnone,  se  retrouve  dans  le  vocabulaire, 
dans  les  tournures  du  style,  dans  l'ordonnance  de  la  composi- 
tion, dans  la  connaissance  des  auteurs  classiques,  voire  du 
grec,  et  de  l'Ecriture  Sainte,  dans  l'emploi  aussi  des  termes  em- 
pruntés aux  sciences  que  l'auteur  cultivait  de  préférence,  la 
musique  et  les  arts  rattachés  de  son  temps  h  la  musique  : 
science  du  mouvement  des  nombres  et  du  mouvement  des 
astres. 

(1)  Acta  s. -s.  Belgii  IV  489  in  fine. 


-    434    - 

Sans  doute,  parmi  les  œuvres  poétiques  de  ce  moine,  les 
unes  sont  fort  courtes  :  ainsi  les  hymnes  en  l'honneur  de  S. 
Thierry,  ou  i'épithaphe  de  Milon;  d'autres  datent  de  quarante 
ans  avant  l'époque  où  Hucbald  a  pu  écrire  la  vie  en  vers  de  S. 
Lambert:  ainsi  la  lettre  d'envoi  ii  Charles  le  Chauve,  en  876,  du 
poëme  de  Milon  sur  la  sobriété;  la  principale  enfin, joint  au  mal- 
heur de  la  date,  celui  d'une  nature  à  dérouter  toute  étude  com- 
parative :  quel  style  personnel,  quel  dictionnaire  particulier 
pourrait-on  reconnaître  dans  un  poëme  dont  le  mérite  consiste 
à  ne  renfermer  que  des  mots  commençant  uniformément  par 
la  lettre  C,  Ce  tour  de  force  indique  seulement  que  l'auteur  de- 
vait posséder  à  sa  disposition  une  riche  provision  d'expressions 
et  celte  richesse  n'est  propre  qu'à  nous  donner  le  change  dans  le 
rapprochement  à  établir. 

Un  dernier  embarras  vient  se  joindre  à  ces  difficultés  : 

«  Rosweide,  écrivent  les  auteurs  de  YHistoire  littéraire  delà 
»  France,  (VI,  221),  a  voulu  transporter  à  Hucbald,  l'honneur 
»  d'avoir  écrit  la  Légende  de  S"  Eusebie,  abbesse  d'Amay,  qu'on 
»  a  en  vers  et  en  prose.  Mais  les  Bollandistes,  ses  confrères, 
»  n'ont  pas  jugé  son  opinion  assez  bien  fondée  pour  fadopter. 
»  Elle  ne  semble  effectivement  appuyée  que  sur  ce  qu'on  y  lit 
»  presque  les  mêmes  choses  qni  se  trouvent  dans  l'histoire  de 
»  S^Rictrude.  Et  c'est,  au  contraire,  ce  qui  doit  faire  conclure 
»  que  celte  Légende  n'est  point  l'ouvrage  d'Hucbald  qui  ne  se 
»  copie  point  de  la  sorte.  » 

Hucbald  ne  se  copiant  pas,  ne  nous  ayant  pas  laissé  d'autre 
biographie  en  vers  qui  soit  reconnue  dès  à  présent  pour  nous 
venir  de  lui,  et  montrant  dans  ses  œuvres  diverses  une  grande 
variété  d'expressions,  on  nous  pardonnera  de  ne  pas  entrer  ici 
dans  l'examen  détaillé  de  son  dictionnaire;  il  nous  suffira  de 
dire,  pour  nous  en  être  minutieusement  assurés  à  peu  près  pour 
tous,  qu'on  y  retrouve  les  termes  que  nous  avons  notés  comme 
les  plus  fréquemment  répétés  dans  notre  poëme  de  S.  Lam- 
bert : 


435 


AptuSy  altuSy  almus,  almificus,  carpere,  confestim,  dogmata, 
decorare,  famen,  flamen,  fulgere,  habitaculum,  induere^inducere, 
instare,  lumen,  luctus,  lucerna,  lustrare,  munimen,  mundanus, 
manere,  munus,  malignus,  pollens,  pallens,  prœclarus,  peremiis, 
quœrere,  redundare,  rite,  stamen,  scandere,  spargere,  stridula, 
succensus,  tribuere,  vicissim. 

Une  expression  favorite  de  l'auteur  du  poëme  de  S.  Lambert 
est  l'emploi  depectus  avec  un  qualificatif  (vers  34, 120, 172,233, 
257,  271,  305,  451,  485)  peetore  fido,  pectore  puro,  robusto  pec- 
tore,  cœcato  pectore,  lubeuli  pectore,  etc.,  nous  la  retrouvons  : 
prudenti  pectore  pollens,  dans  les  quelques  vers  de  l'envoi  à 
Charles  le  Chauve.  Une  des  chevilles  les  plus  fréquentes  de 
notre  poëte  est  caro,  carne  ou  corpus,  corpore;  nous  la  retrou- 
vons à  peu  près  à  chaque  dizain  de  l'églogue  sur  la  calvitie.  Un 
autre  mot  mérite  attention.  Alors  que  pour  désigner  la  ville  ou 
l'habitant  de  Liège,  on  écrivait  le  plus  souvent  Leodium, 
comme  le  Pape  Jean  X  dans  une  lettre  de  921,  à  Charles  le 
Simple  —  et  leodiensis,  comme  le  porte  la  signature  de  Ri- 
chaire,  successeur  d'Etienne,  au  bas  de  l'acte  pontifical  qui 
confirme  la  fondation  du  monastère  de  Brogne,  Hucbald,  au  con- 
traire, dans  la  lettre  d'envoi  de  la  vie  de  S«  Rictrude  à  Etienne, 
nomme  ce\{xi-ci  legiensium  episcopus,  et  l'auteur  du  poëme  em- 
ploie précieusement  la  même  forme  :  ledgia  (343). 

On  pourrait  noter  la  ressemblance  des  tournures,  parfois  des 
fautes  de  quantité,  des  comparaisons  surtout,  car  si  Hucbald 
partage  avec  les  hagiographes  de  son  époque,  le  défaut  de  la 
sécheresse  et  le  tort  de  s'imaginer  que  la  prosodie  suffit  à  faire 
le  poëte,  parfois  cependant  des  éclairs  sortent  de  cette  obscu- 
rité et  font  reconnnaître  que  cet  homme  d'étude  a  vécu  avec  les 
livres  des  maîtres  du  bel  art. 

Le  début  de  notre  poëme  est  assez  bizarre  pour  être  remar- 
qué :  il  part  d'une  énuméralion  des  divinités  et  des  supersti- 
tions payennes,  afin  d'arriver  à  S.Lambert.  C'est  précisément  le 
système  suivi  par  Hucbald,  dans  toutes  ses    biographies  :  il 


--  436    - 

ouvre  celle  de  S*  Aldegonde,  par  des  considérations  générales 
sur  les  saints,  et  nous  l'ait  descendre  des  hauteurs  du  paradis 
terrestre,  et  de  l'ancien  testament  b.  la  naissance  de  son  hé- 
roïne; des  considérations  du  même  genre  préludent  à  l'histoire 
du  martyre  de  S.  Cyr,  histoire  qu'il  n'aborde  qu'après  un 
voyage  d'Auguste  à  l'empereur  Alexandre  Sévère.  La  biographie 
de  S'^  Rictrude  remonte  plus  haut  :  elle  prend  les  Francs  à  leur 
départ  fabuleux  de  la  Phrygie  et  de  Troie,  pour  nous  mener  à  la 
conversion  de  leurs  rois,  et  à  la  conquête  par  ceux-ci  du  pays 
des  Vascons,  puis  nous  conte  l'origine  des  Vascons,  parmi 
lesquels  Rictrude  était  née.  La  ressemblance  apparaît  plus 
frappante  encore  entre  le  premier  chapitre  de  l'histoire  de  S. 
Lebwin  et  le  premier  de  notre  poëme.  Des  deux  côtés,  le 
début  est  le  désir  de  Dieu  de  sauver  les  hommes,  et  des  deux 
côtés  c'est  à  l'astronomie  qu'on  emprunte  la  première  com- 
paraison, puis  par  l'étymologie  du  nom  du  héros  qu'on  entre 
dans  le  vif  du  sujet. 

On  sait  qu'entre  tous  les  beaux-arts,  Hucbald  cultiva  particu- 
lièrement la  musique.  Comment  ne  pas  reconnaître  la  langue, 
les  goûts,  les  préoccupations  d'un  musicien  dans  maints  pas- 
sages de  notre  poëme,  dans  le  soin  avec  lequel  il  note  la  part  de 
la  musique  aux  incidents  qu'il  rapporte  :  —  appels  à  la  muse 
ou  souvenirs  des  chants  payens  (v.  35,  295-306)  chants  d'allé- 
gresse (38,  217)  chants  des  saints  offices  (160, 165,  217)  chants 
de  deuil  (417-422)  chapitres  entiers  consacrés  à  nous  faire  en- 
tendre, soit  les  hymnes  des  anges,  gardiens  invisibles  du  corps 
sacré  (chap.  XXXVI)  soit  les  harmonies  qui  accompagnèrent 
l'ouverture  du  tombeau  de  Maestricht  (514  etc.)  ou  la  déposition 
des  reliques  dans  l'église  de  Liège  (530,  etc.)  Dans  les  solen- 
nités de  l'Eglise,  la  musique  est  manifestement  ce  qui  séduit 
avant  tout  noire  auteur  :  comment  ne  pas  soupçonner  l'auteur 
d'être  un  poète  doublé  d'un  musicien  ? 

La  musique  était  considérée  au  temps  d'Hucbald  comme  une 
branche  de  la  science  générale  des  nombres.  Le  moine  d'Elnone 


-   437  - 

lui-même,  dans  son  dialogue  Scholia  Enchiriadù,  (i)  rattache 
également  à  cette  science  l'arithmétique,  la  géométrie,  la  mu- 
sique et  l'astronomie  :  «  La  musique,  écrivait  un  contempo- 
»  rain  d'Hucbald,  Reginon,  (2)  est  naturelle  ou  artificielle....  La 
»  musique  naturelle  est  celle  qui  sans  l'emploi  d'aucun  instru- 
»  ment,  sans  l'assistance  des  doigts,  sans  nul  attouchement, 
»  nulle  impulsion  de  l'homme,  mais  par  l'effet  d'une  organisa- 
»  lion  divine,  et  suivant  les  lois  de  la  nature,  module  harmo- 
»  nieusement  ses  mouvements.  C'est  ce  qui  a  lieu,  soit  dans  le 
»  son  de  la  voix  humaine,  soit  dans  les  mouvements  du  ciel.  » 
Chez  Hucbald,  comme  chez  Reginon,  l'amateur  d'astronomie  se 
coniondail  avec  le  musicien,  et  c'est  une  présomption  de  plus 
pour  lui  attribuer  la  paternité  de  ce  poëme,  dans  lequel,  à 
maintes  reprises,  il  est  parlé  d'astres,  de  lumières  (86,292,411, 
536),  de  soleil,  de  lune,  d'étoiles  surtout  :  ad  sydera  mittunt  (36), 
ad  sydera  tensis  (173),  pulsabant  sydera  voces  (189),  sut  sydera 
tensis  (405),  sydera  demulcens  (516),  et  dont  le  second  chapitre 
est  presque  entièrement  consacré  à  nous  expliquer  les  effets 
que  le  paganisme  greco-latin  attribuait  aux  planètes. 

Le  lecteur  aura  remarqué,  d'ailleurs,  l'amour  de  l'auteur  du 
poëme  pour  les  observations  numérales;  il  s'arrête  avec  com- 
plaisance h  raisonner  sur  le  chiffre  astronomique,  hebdomadaire 
et  mythologique  sept,  chiffre  des  jours  de  la  semaine,  des  pla- 
nètes, des  Dieux,  des  années  de  pénitence  que  S.  Lambert  se 
serait  proposé  de  s'infliger,  et  de  celles  pendant  lesquelles  il 
différa  de  réclamer  la  translation  de  ses  reliques. 

Le  savant  allemand  qui  a  publié  le  texte  de  Sigebert  de 
Gembloux  dans  la  collection  célèbre  des  Monumenta  Germaniœ, 
a  remarqué  que  le  grec  était  connu,  cultivé,  avant  Sigebert, 
dans  certaines  de  nos  écoles  monastiques  :  il  a  trouvé  des  cita- 
tions, des  pages  >!,nlières  de  grec,  dans  les  manuscrits  de  Gem- 

(')  Livre  11,  de  symphoriiis.  {■)  Epistola  de  harmonica  instflutiono,  §  4.  Palrol. 
latine,  CXXXH,  p.  487. 


-  438  — 

bloux,  de  S.  Laurent  de  Liège  et  tout  d'abord  d'EInone,  ou 
Saint-Amand.   Hucbald,   de  fait,   en  maints  passages  de  ses 
écrits,  laisse  percer  quelque  teinture  de  cette  langue.  Il  intro- 
duit le  mot  navdîxTeç  dans  ses  vers  d'envoi  h  Charles  le  Chauve, 
il  parle  de  symmystae  et  philocliristi  au  chap.  VII  de  la  vie  de  S* 
Aldegonde  ;  s'occupe  de  celte  partie  de  la  philosophie  quae  grece 
ethica  dicitur,  au   même  chapitre  ;  à'elopliorio  au  chapitre  IX, 
explique  -/.l-ripoc,  (IV)  et  a-noçrolo^  (VI)  dans  la  vie  de  S.  Lebwin; 
explique  de  même  dans  son  Traité  de  ï Harmonie  les  termes 
grecs   employés  dans  la  musique  (*)  :  dicti  autem  phtongi 
a-KQ  Toueyy£o-^at,etc.  N'est-il  pas  curieux  de  relever  dans  l'auteur 
de  notre  poëme  des  indices  analogues  d'une  fréquentation  de 
la  langue  d'Homère?  Le  latin  y  offre  des  exemples  de  ce  que 
nos  maîtres  de  grammaire  qualifiaient  accusatif  grec  :  nudatiis 
plantas  et  divers  mots  trahissent  certaine  teinture  de  l'hellé- 
nisme ; 

Quod  menlem  dicunt  agnomine^mec/        (4) 
Palrio  statuerunt  ponere  tapho...  (426) 

Ponlifici  Stéphane...  (Iretpav/î,  couronne) 
Nominis  et  claram  carpat  de  voce  coronam  (fin). 

Il  y  a  plus  d'un  témoignage  aussi  de  rapports  entretenus 
avec  les  classiques  latins,  dans  celte  façon,  par  exemple,  de 
nommer  ville,  par  excellence,  m;  ôs,  la  capitale  du  pays;  (70)  dans 
telle  imuge  empruntée  au  ihéàlre  antique  :  splendere  coturno, 
dans  ces  détails  mythologiques  surtout  :  énumération  répétée 
des  grands  Dieux  aux  deux  premiers  chapitres,  évocation 
ailleurs  des  augures  (34),  de  Borée  (135),  de  Galliope  (447)  ou 
du  Tartare  (491). 

Odilon,  moine  de  S.  Médard  à  Soissons,  à  qui  Hucbald,  son 
ami,  avait  envoyé  la  vie  de  S.  Lebwin  pour  qu'il  l'examinât, de 

(')  Page  91-1. 


-  439  - 

même  qu'autrefois  l'évêque  Etienne  avait  revu  l'histoire  de  S' 
Rictrude,  Odilon  répondait  de  la  sorte  à  son  ami  :  «  J'ai  lu  celte 
»  œuvre  écrite  avec  sagesse,  enrichie  de  tous  les  ornements 
»  du  style,  et  qui  reçoit  une  force  particulière  de  l'application 
»  que  vous  y  faites  de  toutes  les  parties  de  la  philosophie;  je 
»  l'ai  lue  et  n'y  ai  rien  trouvé  h  reprendre,  mais  au  contraire 
»  maintes  choses  dont  chacun  pourra  tirer  enseignement  et  bon 
»  exemple.  La  puissance  de  votre  talent  est  grande,  en  vérité; 

»  vous  possédez  une  provision  infinie  de  mots Mais  ce  qui 

»  m'émerveille  plus  encore,  c'est  que  vous  vous  adressiez  pour 
»  faire  juger  ces  fleurs  d'éloquence  à  moi  qui  n'ai  ni  talent,  ni 
»  mérite,  ni  valeur....  «  Plus  lu  es  élevé,  dit  l'Ecriture,  plus  il 
»  faut  savoir  t'humilier.  »  Voilà  ce  que  vous  avez  fait,  non  par 
»  nécessité,  mais  de  vous-même,  dans  l'esprit  de  notre  saint 
»  état  et  par  affection  pour  moi.  » 

Voilà  dans  quels  termes  les  (Contemporains  d'Hucbald  appré- 
ciaient son  savoir  philosophique,  la  variété  de  sa  langue  et  la 
modestie  de  sa  vertu  ;  on  lui  faisait,  en  outre,  et  non  sans 
raison,  un  mérite  d'avoir  «  siî  placer  grand  nombre  de  passages 
de  l'Ecriture  avec  tant  d'art,  que  bien  loin  d'affaiblir  sa  diction, 
ils  en  sont  un  ornement  (').  » 

L'examen,  le  plus  superficiel,  du  poëme  de  S.  Lambert  y  fait 
reconnaître  les  mêmes  traits  dislinclifs.  La  main  du  philosophe 
chrétien  s'aperçoit  sous  plus  d'un  vers  (15)  dans  ces  passages 
qui  exaltent,  soit  en  général  la  sagesse  (67,  235),  soit  plus  par- 
ticulièrement la  philosophie  chrétienne  (37,  46,  449).  Quant  à 
l'Ecriture  sainte,  elle  a  fourni  à  l'auteur  la  plupart  de  ses 
images.  La  moisson  évangélique  (41),  la  vendange  apostolique 
(43),  le  mur  de  l'édifice  sacré  (51),  les  reins  ceints  et  les  lumières 
ardentes  (87),  la  maison  éclairée  (9l),Satan,  prince  de  l'air  (151), 
le  vêtement  de  la  vérité  divine  (226),  les  traits  réservés  aux 
loups  ravisseurs  (231),   le  bon  combat  ii  soutenir  (294)  sont 

(')  Hist.  liit.,  VI,  220. 


—  440  — 

nulaiit  dexpressioiis  empruniées  aux  livres  saints,  l'auteur  ne 
va  pas  non  plus  chercher  ailleurs  les  formules  de  ses  principes 
de  morale  et  de  foi  :  ainsi  l'eutendons-nous  tour  à  tour  rappeler 
les  malédictions  réservées  au  pasteur  infidèle  (49),  les  encoura- 
gements aux  bons  pasteurs  (74,  265),  la  piiié  dont  le  Seigneur 
fait  montre  pour  son  peuple,  en  lui  choisissant  un  guide  selon 
son  cœur  (54),  l'impossibilité  d'allier  les  ténèbres  à  la  lumière 
(92),  les  béatitudes  promises  à  ceux  qui  souffrent  pour  la  justice 
(97)  ou  aux  miséricordieux  (245),  le  pardon  garanti  aux  fautes 
d'involontaire  ignorance  (180)  et  surtout  au  cœur  contrit  (122), 
l'obligation  de  plier  la  chair  h  la  loi  de  l'esprit  (143),  la  rédemp- 
tion du  péché  par  la  charité  (247),  le  soin  de  la  justice  divine 
de  ne  point  châtier  deux  fois  la  faute  unique,  mais  de  n'en  laisser 
aucune  impunie  (382-89),  le  souvenir  constant  h  garder  du  der- 
nier jour  (293),  enfin  le  devoir  de  ne  pas  craindre  ceux  qui  tuent 
le  corps  et  ne  peuvent  atteindre  l'âme  (372).  Saint  Paul  est  plus 
particulièrement  et  nommément  cité  par  notre  auteur  (146,183, 
406-408).  Qu'on  lise  les  œuvres  d'Hucbald,  on  y  trouvera,  dans 
les  ciiations  faites,  la  même  préférence  pour  le  célèbre  apôtre. 
L'anonymat  lui-même,  lorsqu'il  s'agit  du  moine  d'Elnone,  est 
une  présomption  de  paternité.  Les  critiques  n'ont  pas  établi 
sans  peine  qu'il  était  l'auteur  d'ouvrages  qu'on  lui  attribue 
maintenant  sans  conteste  :  ainsi  l'épitaphe  de  son  oncle,  l'ex- 
horlalion  biographique  sur  S.  Jonat,  un  commentaire  inédit 
sur  la  règle  de  S.  Benoît.  —  Et  rien  de  surprenant  dans  cette 
indécision.  La  préface  dédicatoire  de  sa  Vie  de  S""  Rictrude 
aite.ste  que  si  l'évêque  Klieinie  ne  le  lui  avait  conseillé,  enjoint 
presque  «  aucloritalem  jussionis,  »  Hucbald  n'aurait  ni  daté,  ni 
signé  ce  travail.  Une  autre  préface,  sous  ce  rapport,  caractérise 
encore  mieux  sa  modestie  :  c'est  celle  de  sa  Vie  de  S'^  Alde- 
gonde.  Hucbald  termine  la  lettre  par  laquelle  il  adresse  l'œuvre 
aux  religieuses  de  iMaubeuge  par  celte  recommandation  :  «  Quod 
cumque  ucciderit,  per  amicitiam  rogu  ne  nostnnn  nomen  in  hoc 
opère  senlialur.  Quoiqu'il  arrive  de  ce  livre,  je  vous  en  conjure, 


_  441  — 

au  nom  de  l'amitié,  que  jamais  mon  nom  ne  vienne  an  jour  à 
son  sujet,  (')  !  » 

Les  témoignages  de  l'humilité  d'Hucbald,  sont, au  reste,  aussi 
nombreux  que  ses  écrits;  aucun  parmi  ceux-ci  où  il  ne  parle 
de  son  insuffisance:  il  ne  se  décide  à  prendre  la  plume  que  pour 
répondre  aux  vœux  pressants  de  ses  augustes  amis;  à  preuve, 
la  lettre  d'envoi  de  l'office  nocturne  de  S.  Thierry  aux  moines 
de  ce  nom  dont  il  sollicite  une  rémunération  en  prières;  celle 
de  la  Vie  de  S"  Rictrude  à  Etienne,  ù  qui  nous  l'avons  entendu 
soumettre  pleinement  son  œuvre;  la  biographie  de  S.  Lebwin 
qu'il  fait  examiner  à  la  lois  par  Pierre,  archidiacre  de  C;inibrai, 
et  par  Odilon,  de  S.  Médard  à  Soissons;  celle  de  S*"  Aldegonde, 
qu'il  envoie  aux  religieuses  ses  filles,  en  leur  écrivant  :  «  Si  ce 
récit  ne  vous  plaisait  pas,  ou  ne  plaisait  pas  aux  docteurs  aux- 
quels vous  pourriez  le  soumettre,  périsse  entre  vos  mains  ce 
misérable  et  vain  parchemin,  ellacez-en  le  texte  ou  le  jetez  au 
léu!  » 

Doté  de  cette  modestie  et  de  cette  passion  de  l'anonymat, 
Hucbald  ne  pouvait-il  pas  écrire,  sans  le  signer,  notre  poëme  de 
S.  Lambert  et  se  prêter  même  à  rédiger  pour  l'évoque  Etienne 
une  biographie  dont  il  aurait  su  que  celui-ci  se  contenterait  de 
détacher  les  meilleurs  vers  pour  les  noter  et  les  insérer  dans 
l'office  du  Saint? 

Une  autre  qualité  paraît  l'apanage  constant  de  ce  moine  instruit 
et  pieux  :  c'est  la  prudence,  le  tact  critique  qu'il  déploie  dans 
ses  narrations.  Les  auteurs  de  VlHstoire  Wtéraire  lui  font  un 
mérite  d'avoir,  dans  sa  relation  des  miracles  de  S.  Cyr  et  de  S*" 
Julette,  apporté  ses  soins  pour  en  exclure  les  fables  qui  se  lisaient 
(latis  la  légende  originale.  On  a  vu  par  sa  lettre  à  Etienne  que  les 
règles  élémentaires  de  la  critique  historique  lui  étaient  bien 
connues  :  l'auteur,  la  date,  le  lieu  d'édition  d'un  livre  sont  les 
premières  choses  dont  les  maîtres  s'enquièrcnl   pour  en  (léter- 

(•)  Pal.  1,11.,  C.XXXII,  p.  860. 


—  41-2   - 

miner  la  valeur.  On  a  vu  par  la  même  épître  qu'il  s'était  long- 
temps refusé  à  rédiger  Tliisloire  de  S"  Rictrude,  parce  que  les 
documents  lui  manquaient.  On  peut  s'assurer  que  dans  la  Vie 
de  S"'  Aldegonde,  il  n'a  suivi  qu'avec  trop  d'exactitude  les  récits 
interpolés  qu'il  avait  sous  les  yeux;  les  auteurs  de  l'/Zis/oir^ 
littéraire  ne  doutent  pas  qu'il  a  dû  écrire  sur  de  bons  mémoires 
la  vie  de  S.  Lebwin,  et,  d'autre  part,  les  corrections  qu'il  appela 
lui-même  sur  ce  travail  attestent  sa  réserve.  Le  poème  de  S. 
Lambert  déparerait-il  cette  galerie?  On  y  retrouve,  au  contraire, 
la  prudence  caractéristique  d'Hucbald  :  k  peu  près  partout  il 
s'aliache  à  traduire  en  vers,  avec  plus  d'exactitude  que  de  poésie 
la  vieille  version  qu'Etienne  corrigeait  d'autre  part  en  prose.  Il 
s'en  écarte,  il  est  vrai, quatre  fois,  entre  autres  pour  relater  que 
Dodon  voulut  tuer  le  messager  qui  vint  de  la  part  du  saint  lui 
annoncer  le  châtiment  providentiel.  Hors  ce  détail,  d'assez  peu 
d'importance  et  qui  pourrait  bien,  d'ailleurs,  avoir  figuré  sur  la 
vie  en  prose  qu'Hucbald  mettait  en  rimes,  les  trois  autres  écarts 
sont  autant  de  traits  propres  à  faire  reconnaître  la  main  du 
moine  d'Elnone. 

Le  souci  des  mœurs  s'affirme  en  maints  endroits  de  ses  écrits; 
tandis  que  d'autres  s'efforcent  de  cacher  dans  leurs  histoires 
certains  désordres  princiers,  il  consacre  lui,  dans  sa  Vie  de  S* 
Rictrude,  deux  chapitres  spéciaux,  le  troisième  et  le  quatrième, 
véritable  hors-d'œuvre,  à  nous  relater  les  protestations, la  lutte 
et  le  triomphe  de  S.  Amand  contre  l'oubli  que  témoignait,  des 
devoirs  conjugaux,  Dagobert,  devancier  du  maire  de  palais  de 
Hersial.  N'est-ce  pas  une  présomption  de  plus  pour  attribuer  à 
noire  auteur  le  poème  dans  lequel  Tinconduitc  de  ce  Pépin  est 
donnée  pour  la  cause  première  du  martyre  de  S.  Lambert? 

Nous  avons  déjà  indiqué  le  goût  d'Hucbald  pour  les  explica- 
tions que  nous  pourrions  nommer  numérales  ;  il  faudrait 
signaler  également  le  plaisir  qu'il  prend  à  donner  le  sens  mys- 
tique des  choses  de  l'Eglise,  par  exemple,  de  la  tonsure,  des 
vêtements  sacerdotaux  ou  du  voile  des  vierges,  dont  il  est  traité 


-  443  — 

soit  à  propos  de  S.  Lebwin,  soil  ù  propos  des  SS"  A.ldegoiide 
et  Rictrude  :  comment  ne  pas  reconnaître  ces  goûts  d'Hucbald 
dans  son  explication  des  sept  années  de  silence  qu'il  prête  à  S. 
Lambert,  h  partir  du  jour  du  martyre  ? 

L'interprétation  du  nom  même  du  patron  des  Liégeois  est  le 
dernier  détail  ajouté  parle  poëme  à  la  vie  en  prose.  Or  Hucbald 
est  précisément  un  gourmet  en  élymologie;  de  même  que  notie 
poëme  accuse  ce  goût  chez  son  auteur,  dès  l'introduction  de  la 
pièce,  par  cette  dissertation  sur  le  nom  des  principales  divinités 
païennes  (1-34),  de  même  Hucbald,  dès  le  début  des  vers 
adressés  à  Charles  le  Chauve,  joue  sur  le  nom  du  prince  : 

A  proavis  nomen  retinens  pariier  quoque  numen. 

De  même,  au  cours  de  la  vie  de  S«  Rictrude,  il  explique  par 
rétymologie,  au  chap.  l'^',  le  nom  des  Francs  ;  au  2'r-%  celui  des 
Vascons  ;  il  note,  au  4'"'",  que  S.  Sigebertfut  por'.é  au  baptême 
«  Jam  naturalis  amissurus  nominis  etymologiam;  »  au  6"'% 
l'helléniste  nous  peint  S*"  Eusebie  i<.  bona  Dei  cullrix  secundum 
interpretationem  sui  nominis.  »  Dans  la  vie  de  S.  Lebwin,  il  ne 
manque  pas  d'expliquer  (chap.  VIII)  le  nom  de  S.  Bonif'ace;  il 
nomme  (XI)  en  langue  saxonne  les  nobles,  hommes  libres  et 
serfs;  il  indique  dl)  l'origine  de  rap|)ellation  de  la  Bretagne,  et 
tout  d'abord  il  se  livre,  au  sujet  du  nom  de  son  héros,  à  une 
dissertation  complète  sur  la  multiplicité  des  noms  providen- 
tiellement donnés,  comme  présages  de  sainteté:  «  Feriiir  enim  a 
suœ  peritis  liuguœ  quod  Lebunjn  palriotice  sit  vocatus  quod  Roma- 
nis sonat  cHARUs  amicis.  » 

Un  trait  qui  révèle  une  fois  de  plus  tout  ensemble  l'helléniste 
et  l'étymologiste,  prend  h  nos  yeux,  dans  ce  poème,  la  valeur 
presque  d'une  signature  authentique.  Dans  l'épitaphe  de  son 
maître  Milon,  Hucbald,  rappelant  le  travail  biograpliiqui;  d(> 
ce  Milon  sur  8.  Âmand.  avait  écrit  : 

Tanii  pontiiïcis  palmam  capitatque  coronam. 


kXk 


Le  iiièine  souhait  lei mine  le  poëme  sur  Saiiil  Lambcil  : 

Ponlifici  Slepliaiio  sil  laus... 

Nominis  el  elaraiii  carpat  de  voce  coroiiam. 

«  Louange  et  gloire  au  pontiCe  Etienne,  sur  l'ordre  duquel  ces 
»  nobles  choses  ont  été  écrites  en  vers  :  puisse-t-il  obtenir 
»  un  jour  la  couronne  signitiée  par  son  nom  :  ^Lrecav//.  » 
Ce  vœu,  par  une  coïncidence  frappante,  est  la  répétition  for- 
melle de  celui  que  nous  trouvons  exprimé  dans  l'adresse  même 
de  la  lettre  dont  Hucbald  accompagna  l'envoi  au  même  Etienne 
de  la  biographie  de  S"  Rictrude  :  honiino  praesuii  stephano 
SECUNDUM  NOMEN  SUUM  apostolicae  reverentiae  sigiio  ah 
hamimbus  quidem  coronato,  sed  demum  ob  meritorum  insignia 
cum  eis  quorum  vices  exsequitur  a  Deo  coronatido.  Ou  nous  nous 
trompons  fort  ou  Hucbald,  à  moins  de  signer  son  œuvre  de  son 
nom,  ne  pouvait  mieux  nous  montrer  que  par  cette  répétition 
qu'il  est  l'auteur  du  poëme,  jusqu'à  ce  jour  réputé  anonyme,  sur 
notre  S.  Lambert. 

S'il  fallait  une  dernière  induction  pour  établir  celte  paternité, 
elle  nous  serait  fournie  par  ce  passage  signiticalif  d'un  de 
nos  historiens  liégeois  les  plus  anciens  et  les  plus  ?uto- 
risés,  d'où  il  ressort  qu'autrefois  nos  traditions  nationales 
attribuaient  au  moine  de  S.  Amand  d'autres  rapports  artistiques 
et  littéraires  avec  l'évèque  Etienne.  C'est  ce  passage  du  chapitre 
que  dans  l'histoire  de  nos  anciens  pontifes,  Anselme  consacre 
à  cet  Etienne  : 

«  Il  fut  aussi,  dit-il,  l'auteur  des  répons  que  l'on  chante  en 
l'honneur  de  la  Sainte  Tiinité,  ce  (jue  nous  ignorions,  croyant, 
comine  le  rapportait  la  tradition,  que  je  ne  sais  quel  Hucbald 
en  éiait  l'auteur  :  nedenles  (juod  fama  habebat  netrio  quem 
llubaldum  ipsorum  fuisse  compusilorem.  Mais,  poursuit  Anselme, 
il  n'y  a  pas  dix  ans.  comme  on  remuait  dans  une  armoire 
(|nclqucs  vi(Uix  documents,  un  d'eux  se  rencontra  qui  se  trouvait 


—  445  — 

l'œuvre  de  Richaire,le  successeui"  même  du  vénérable  Etienne, 
et  nous  ne  croyons  pas  inutile  de  le  reproduire  ici  {i).  » 

Celte  pièce  est  une  fondation  testamentaire  dont  le  passage 
essentiel  pour  nous  atteste  qu'Etienne  a  pris  soin  d'instituer  — 
stabilire  curavil  —  en  l'honneur  de  la  T.  S.  Trinité,  certains 
répons  avec  antiennes,  pour  la  nuit  ou  les  matines  avec  les 
vêpres,  de  façon  à  former  un  office  complet,  dans  un  chant 
d'une  extrême  harmonie. 

Anselme  et  tous  les  auteurs  qui  l'ont  répété  ou  commenté  — 
ainsi  les  bénédictins  de  Y  Histoire  liltéraire  —  ont  conclu  de  ce 
p;issagedu  testament  de  Richairequ'il  fallait  enlever  à  Hucbald 
la  paternité  de  cet  office  pour  la  reporter  sur  Etienne  :  nous 
croyons  qu'il  n'y  a  lieu,  au  contraire,  que  de  la  partager  entre 
les  deux  amis,  le  moine  poète  et  l'évêque  musicien.  Le  testa- 
ment ainsi  entendu  ne  détruit  pas,  il  complète,  il  éclaire  la  tra- 
dition. Celle-ci  affirmait  avec  précision  qu'Hucbald  était  le 
compositeur  de  l'office  de  la  Trinité;  celui-là  déclarait  seulement 
qu'Etienne  avait  pris  soin  d'établir  cet  office:  les  deux  versions, 
loin  de  s'exclure,  s'allient  et  se  confirment  à  merveille. 

En  voyant  que  l'office  de  Saint-Lambert,  auquel  Etienne  a 
laissé  son  nom,  ne  doit  au  prélat  que  sa  notation  musicale  et 
se  compose  de  vers  empruntés  à  la  biographie  rythmée  réputée 
jusqu'à  présent  anonyme,  comment  se  refuser  à  croire  qu'Etienne 
est  également  lauteur  de  la  musique  de  l'office  de  la  Trinité 
attribué  à  Hucbald  par  la  tradition  liégeoise  jusqu'au  temps 
d'Anselme;  —  comment  ne  pas  conclure  surtout  que  la  vie 
rimée,  les  antiennes  et  répons  de  l'office  de  S.  Lambert  écrits 
à  l'intenlion  d'Etienne  ont  pour  auteur  cet  Hucbald  qui  avait 
déjà  rédigé  pour  le  même  prélat  la  vie  de  S''  Rictrude  et  l'office 
de  la  Trinité  ? 

De  ces  détails,  des  rapprochements  que  nous  avons  établis 
entre  les  caractères  de  l'œuvre  présumée  du  moine  d'EInone  et 

(')  Anselme  ;  L»e  Stepltano  el  exemplar  tcitnmenii. 


-  446  — 

ceux  de  ses  ouvrages  les  plus  auihenliques,  résulte  donc  pour 
nous  la  conviction  que  la  seconde  biographie  de  S.  Lambert  est 
sortie  de  la  plume  d'Hucbald  dans  les  vingt  premières  années 
du  X""'  siècle. 


La  remarque  en  a  déjà  été  faite  :  la  Vie  en  vers  de  S.  Lam- 
bert par  Hucbald  n'ajoute  que  sur  quatre  points  des  détails 
nouveaux  h  la  biographie  primitive  :  le  moment  est  venu  d'exa- 
miner la  valeur  historique  de  chacun  de  ces  points. 

Le  premier  est  l'explication  étymologique  du  nom  donné  au 
saint:  Land  hertus,  soutien,  illustration  du  pays.  Signaler  cette 
interprétation  sufïit,  d'autant  plus  qu'elle  s'accorde  avec  la 
langue  nationale  du  martyr;  assez  intéressante  pour  la  linguis- 
tique, elle  n'offre  pour  l'histoire  que  l'avantage  d'apporter  une 
certaine  confirmation  à  celte  indication  du  premier  biographe  : 
que  Lambert  appartenait  à  une  vieille  famille  de  la  Hesbaye 
thioise  :  oppido  trejedense  ex  parentibus  locupletibiis,  secundum 
sœculi  dignitatem  inter  prœsides  venerandis,  et  longa  prosapia 
Christianis  (  '). 

Un  deuxième  détail  ne  nous  arrêtera  guère  plus  :  c'est  l'affir- 
mation qu'Âmalgysile  (479-480)  revut  du  saint,  non-seulement, 
comme  le  porte  la  version  primitive,  l'avis  que  le  Ciel  allait 
punir  Dodon,  mais  encore  la  mission  d'avertir  de  ce  châtiment 
Dodon  qui  voulut,  ajoute  Hucbald,  immoler  le  porteur  de  ce 
sinistre  message. 

Notre  poème  est,  entre  les  biographies  du  saint,  la  seule  à 
produire  ce  détail.  La  première  rapporte  la  vision,  mais  non 
pas  qu'Amalgysile  dût  en  faire  part  à  Dodon  :  la  version  d'Etienne 
ne  va  pas  plus  loin  (jue  les  funérailles  du  saint;  de  même  celle 
de  Nicolas,  écrite  au  XII"^^'  siècle  pour  remplacer  le  texte 
d'Etienne  dans  les  oftices  de  la  cathédrale  liégeoise,  comme 

(M  Chcsqnièrcs,  i,  131  ;  version  de  Mabillon,  revue  p^r  tes  Bollandisles. 


447 


celui  d'Etienne  avait  remplacé,  au  X"",  la  révision  de Godeschalc. 
Ce  Nicolas  nous  avait  bien  promis  une  second  livre  sur  la 
translation,  les  miracles  du  saint  et  les  châtiments  dont  ses 
bourreaux  furent  frappés  (i)  ;  mais  soit  que  Nicolas  n'ait  pas 
donné  suite  à  ce  projet,  soit  qu'on  ait  perdu  la  copie  de  cet 
ouvrage  ou  qu'elle  repose  ignorée  dans  les  manuscrits  de 
quelque  lointaine  bibliothèque,  toujours  est-il  qu'elle  n'est  pas 
arrivée  jusqu'à  nous.  Anselme  et  Sigebert  de  Gembloux  avant 
Nicolas;  après  lui, Gilles  d'Orval  et  Jean  d'Outremeuse,  le  grand 
collectionneur  de  légendes  liégeoises  au  XR"^  siècle,  ne  rap- 
portent rien  non  plus,  ni  de  la  mission  confiée  à  Amalgysile,  ni 
de  la  tentative  meurtrière  de  Dodon  :  le  détail  était  assez  pitto- 
resque pour  n'être  point  laissé  de  côté  par  ces  chroniqueurs, 
s'ils  l'avaient  connu  :  son  omission  dans  leurs  récits,  comme 
celle  de  l'explication  étymologique  du  nom  de  Lambert,  et  celle 
d'une  troisième  ajoute  d'Hucbalddont  nous  allons  avoir  à  parler, 
attestent  que  tous  ces  auteurs  ne  connaissaient  point  notre 
poëme  et  que,  par  conséquent,  c'est  d'une  autre  source  qu'ils 
devaient  tenir  ce  qu'ils  ont  raconté,  d'accord  avec  lui  à  leur 
insu,  des  causes  du  martyre  de  l'apôtre. 

Le  troisième  point  met  Hucbald  en  contradiction  complète 
avec  les  biographes,  ses  devanciers  :  c'est  l'histoire  de  la 
promesse  que  le  saint  aurait  faite  d'expier  par  sept  ans  de  péni- 
tence, s'il  échappait  au  massacre,  la  vivacité  trop  grande, 
croyail-il,  avec  laquelle  il  avait  d'abord  saisi  des  armes  pour 
opposer  la  force  à  la  force,  promesse  qu'il  aurait  tenue  même 
dans  la  vie  éternelle,  en  attendant  sept  ans  pour  châtier  ses 
bourreaux  et  révéler  le  destin  de  ses  glorieuses  dépouilles. 

Le  premier  biographe  fait  connaître  le  mouvement  de  vivacité 
du  saint,  ajoute  aussitôt  que  Lambert  ne  larda  pas  à  revenir  à 
lui  :  rien  d'un  vœu,  rien  d'une  pénitence  (2).  Des  écrivains 
postérieurs,  Sigebert  est  le  seul  à  noter  qu'après  ce  mouvement 

(*')  Chapeav.,  I,  407.  (-)  Ghesqu.,  VI,  138,  i^  18, 


448 


séante  Uei  oculos  congrucnti  addixit  pénitent iae ,mn\s  ce  mol  peut 
s'entendre  d'une  vogue  répentance  et  se  rapporter  aux  regrets 
que  le  chroniqueur  fait  exprimer  directement  par  le  saint  dans 
la  phrase  suivante  :  Te,  inquit,  bone  Jesu  ([)... 

Tout  au  plus  pourrait-on  conclure  de  ces  mois  que  Sigebert, 
bien  que  ne  connaissant  pas,  comme  nous  l'avons  dit,  le 
poëme  d'Hucbald,  avait  recueilli  néanmoins  quelque  écho  de 
la  même  tradition. 

Quoi  qu'il  en  soit,  ce  que  noire  auteur  rapporte  de  la  péni- 
tence septennale  que  se  serait  imposée  S.  Lambert  n'est  raconté 
que  par  lui;  ce  qu'il  ajoute  de  la  manière  du  saint,  d'observer 
cette  pénitence,  même  dans  l'autre  vie,  est  une  erreur  mani- 
feste. 

Le  plus  ancien  biographe  assure,  en  effet,  qu'un  an  s'étanl 
écoulé  après  la  date  du  martyre,  le  saint  apparut  à  ce  irésoiier 
Amalgysile,  autrefois  juge  du  tribunal  épiscopal  :  «  nous  avons 
été  visiter  Kome,  lui  dit-il,  et  maintenant  que  nous  voici  de 
retour,  on  nous  presse  de  nous  occuper  de  noire  ami  Dodon  el 
de  ses  compagnons;  le  moment  est  venu  pour  eux  de  payer 
leur  dette  et  de  recevoir  le  châtiment  du  mal  que  leur  impiété 
nous  a  causé.  » 

Les  faits  suivirent  aussitôt  les  meiiaces, continue  le  biographe, 
el  il  retrace  la  mort  affreuse  de  Dodon  el  de  ses  complices  : 
«  l'année  écoulée, il  n'en  survivait  quebien  peu:  tous  les  autres 
»  enlevés  par  une  mort  terrible  et  honteuse,  avaient  lini  leur 
»  misérable  existence  {-2).  » 

D'après  ce  texte,  l'annonci!  du  chàtinieni  s'est  lait  atUMidre 
un  an  et  sa  réalisation  a  pris  une  année  encore;  Anselme, Sige- 
bert et  les  auteurs  postérieurs  abrègent  le  terme  de  moitié  : 
«  Dodo...  anle  eapletum  annum  vita  privalus,  écrit  Anselme,  I, 
7.  »  Infra  anni  ipsms  spatium  vix  aliquis  evasit,  dit  Sigebert 
(vila  prior,  V,  J5  06). 

!')  Sigcl).  Vil^  prior  S.  l,;mih.,  cli;!!!.  IV  .s;  -i!)  ledit.  ilo>  IWilUunlisles).  -1  Glu'sq.. 
VI,  lli,  §?:  27.  !28. 


—  449  — 

Au  total,  Sigeberl  seul  fait  peut-être  allusion  à  l'incidenl 
d'une  pénitence  de  S.  Lambert;  mais  hors  cet  auteur  et  pour 
ce  détail  unique,  tous  les  autres  ne  nous  rapportent  rien  d'un 
vœu  du  martyr,  rien  de  la  réalisation  dont  parle  Hncbald;  ils 
attestent,  au  contraire,  qu'après  un  an  ou  deux,  justice  était 
tirée  des  meurtriers. 

L'erreur  d'Hucbald,  il  faut  se  hâter  de  le  dire  à  sa  décharge, 
peut  être  atténuée  par  une  triple  explication  : 

—  le  goût  de  l'écrivain  pour  les  interprétations  numérales  ; 

—  le  sens  obscur  du  pèlerinage  posthume  de  S.  Lambert  à 
Rome  ; 

—  les  circonstances  du  temps  où  notre  poète  tenait  la 
l)kîme. 

Nous  avons  déjà  signalé  la  manie  de  notre  auteur  de  trouver 
à  toutes  choses  un  sens  mystique,  symbolique,  et  de  multiplier 
les  jeux  d'une  sorte  d'arithmétique  sacrée;  il  aime  surtout  le 
nombre  sept;  le  début  de  ce  poème,  où  il  traite  tour  à  tour  des 
sept  Dieux  païens,  des  sept  planètes  et  des  sept  jours  de  la 
semaine,  ne  nous  prèpare-t-il  pas  à  voir  ce  chiffre  de  sept  ans 
admis,  à  la  légère,  comme  terme  de  la  pénitence  que  se  serait 
imposée  le  saint;  d'autant  plus  que  ce  terme  était  véritablement 
avec  celui  de  trois,  dont  il  est  parlé  dans  la  vie  de  S.  Hubert  (i) 
par  un  contemporain,  fort  en  usage  alors? 

La  vague  rumeur  accueillie  par  Hucbald  devait  lui  plaire  à  un 
autre  titre:  elle  pouvait  servir  à  expliquer  le  sens  véritablement 
peu  clair  de  ces  paroles  que  la  version  primitive  place  sur  les 
lèvres  de  S.  Lambert  dans  le  récit  de  la  vision  d'Amalgysile  : 
«  Nous  revenons  d'avoir  été  visiter  Rome!  » 

Sans  doute  visiter  Rome  fut  dès  les  premiers  siècles  catho- 
liques l'accoutumance  des  évoques  les  plus  zélés,  et  nous 


(,')  Kleine  denkraaier  aus  der  Merov.ngerzeit,  herausgegebjn  von  Wilheni  Arndt, 
p.  5o. —  La  Vie  de  S.  [\ubert  écrite  par  un  auteur  contemporain,  piiblif'e  par  le  P. 
Ch.  de  Sraedt,  p.    19. 


-  450  - 

voyons  par  l'histoire  de  nos  premiers  apôtres  qu'ils  se  firent  à 
peu  près  tous  un  devoir  d'accomplir  ce  pèlerinage  ;  mais  le 
respect  de  cette  coutume  ne  leur  était  pas  imposé  dès  lors  avec 
une  rigueur  telle  qu'on  put  imaginer,  qu'ils  avaient  à  s'y  con- 
former morts,  s'ils  ne  l'avaient  pratiquée  vivants:  le  règlement 
pris  un  demi-siècle  après  le  martyre  de  S.  Lambert  par  le  pape 
Zacharie,  ne  prescrit  la  visite  ad  limina  apostolorum,  qu'aux 
seuls  prélats  de  l'Italie  ou  de  l'ordination  du  Souverain- 
Pontife  (1). 

Il  est  possible  encore  que  la  plus  ancienne  relation  de  la 
vision  doive  s'entendre  en  ce  sens  que  Saiiii  Lambert  aurait 
été  demander  à  Rome,  au  prince  des  apôtres,  cette  justice  que 
Pépin  ne  lui  avait  pas  rendue  en  laissant  le  crime  impuni,  en 
ne  vengeant  pas  le  martyr  de  la  défense  des  enseignemenis 
apostoliques.  Hucbald  a  préféré,  ce  nous  semble,  interpréter 
d'une  autre  façon  les  paroles  mystérieuses  de  l'apparition. 

Un  pèlerinage  à  Rome  était  dès  son  temps  le  couronnement 
fréquent  des  pénitences  publiques  :  c'était  au  Pape  que  les 
évêques  eux-mêmes  envoyaient  les  grands  coupables  exprimer 
leur  repentir,  et  demander,  soit  de  constater  que  ces  pénitents 
avaient  accompli  leur  peine,  soit  de  leur  accorder  quittance 
anticipée  de  leur  dette  d'expiation.  Au  douzième  siècle  encore, 
nous  voyons  des  évêques  se  consulter  sur  le  point  de  savoir  si 
un  prêtre,  suspendu  pendant  sept  ans  pour  avoir  tué  d'un  coup 
de  pierre  un  voleur  qui  allait  l'égorger,  pouvait,  ce  terme  échu, 
rentrer  dans  l'exercice  des  fonctions  sacerdotales;  une  lettre 
de  Hildebert,  évêque  du  Mans  [■>),  nous  atteste  qu'au  sens 
de  ce  prélat,  le  cas  aurait  dû  être  renvoyé  au  Pape,  afin  que  le 
souverain  Pontife  en  décidât  et  pût  donner  h  l'homicide  invo- 
lontaire une  rémission  définitive. 


(')  Thomassin.  Ancienne  el  i  ouvelle  discipline  de  l'Eglise,  2'  partie,  liv.  III, 
chap.  40.  (-)  Thomassin.  Ane.  discipl.  de  l'Eglise,  i"-'  partie,  liv.  11,  chap.  43, 
VH. 


—  4ol  — 

La  version  d'Hucbald,  d'ailleurs,  ne  répondait  pas  seulement 
au  besoin  d'expliquer  le  pèlerinage  posthume  du  saint,  et  aux 
goûts  d'arithméticien  de  l'auteur,  elle  répondait  plus  encore  à 
un  souci  du  temps  où  il  écrivait. 

Une  des  règles  de  la  discipline  ecclésiastique  que  l'Eglise  eut 
le  plus  de  peine  à  faire  triompher  des  passions  humaines,  tut 
l'interdiction  intimée  à  ses  prêtres,  de  verser  le  sang  et  de 
porter  les  armes.  Unissant  pour  la  plupart  des  prérogatives 
civiles  à  leurs  fonctions  religieuses,  les  évêques  des  siècles  de 
S.  Lambert  et  d'Hucbald  devaient,  à  ce  titre,  satisfaire  à  des 
charges  militaires  envers  leurs  souverains  temporels  ;  aussi 
maints  d'entre  eux,  introduits  d'ailleurs  dans  le  sanctuaire  par 
les  rois  plutôt  que  par  l'Eglise,  oublièrent-ils  trop  souvent  pour 
payer  ce  tribut  civil  leur  mission  apostolique,  échangeant  la 
mitre  contre  le  casque,  la  crosse  contre  l'épée.  Peu  de  temps 
après  la  mort  de  S.  Lambert,  S.  Boniface  se  plaignait,  dans  ses 
lettres  au  pape  Zacharie,  de  voir  certains  prélats  de  Gaule  et 
de  Germanie  monter  h  l'autel,  couverts  encore  du  sang  versé 
sur  les  champs  de  bataille.  Sous  l'influence  du  grand  apôtre,  le 
concile  de  Leptines  renouvela  les  défenses  faites  à  tous  les  pas- 
teurs de  se  trouver  à  l'armée,  à  moins  que  pour  administre)'  les 
sacrements  :  l'abus  diminua,  mais  ne  disparut  pas  ;  il  résista  aux 
mesures  énergiques  par  lesquelles  Charlemagne  (i),  sévère  exé- 
cuteur des  décrets  de  l'Eglise,  ordonna  de  dégrader  et  de  priver 
de  toutes  fonctions  l'évêque,  le  prêtre,  le  diacre  ou  le  sous- 
diacre  qui  s'en  rendrait  coupable;  il  reprit  même  une  force 
nouvelle  sous  les  faibles  successeurs  du  grand  législateur,  et 
lorsque  les  invasions  normandes  se  i  épandirent  sur  nos  pro- 
vinces, on  put  voir  --triste  nécessité  peut-être —  marcher  tour 
à  tour  à  la  tête  des  armée^  impériales  envoyées  contre  les  bar- 
bares, deux  archevêques  de  iMayence,  Sunderolde  et,  avant  lui, 
Suitberg,  abbé  de  Malmedy,  et  à  la  tête  des  Liégeois  qui  tinrent 

iM  Thomassin,  >  partie,  liv.  111,  chap.  U,  11;  —  4.-i,  VII. 


-  432  — 

campagne  contre  eux,  Francon.  évêque  de  Liège,  le  prédéces- 
seur d'Etienne. 

Francon  toutefois,  s'il  Inal  en  croire  Folcuin  de  Lobbes  et 
Anselme  (i),  comprit  ce  qu'avait  d'irrégulier  celle  conduite,  et 
résolut  de  l'expier  à  la  façon  dont  Hucbald  prétend  que  l'avait 
voulu  faire  Saint-Lambert:  par  une  sorlede  pénitence  publique: 
il  conserva  le  titre  et  les  prérogatives  de  l'épiscopat  —  on  en  a 
donné  les  preuves  dans  un  travail  récent,  (2)  et  h  ces  preuves, 
il  faut  ajouter  que  ce  prélat  siégea  comme  évêque,  en  895,  au 
concile  de  Francfort.  Par  contre,  il  jugea  que  ses  mains  souil- 
lées de  sang  dans  tant  de  combats  n'étaient  plus  assez  pures 
pour  offrir  la  victime  sans  tache  ;  il  cessa,  dit-on,  de  célébrer 
la  messe. 

Hucbald,  on  s'en  souvient,  était  déjà  un  écrivain  de  renom 
au  temps  de  Francon  ;  il  avait  d'autant  mieux  dû  connaître  la 
conduite  guerrière,  puis  pénitente  du  prélat  que  ses  écrits,  sa 
préface  notamment  de  la  Vie  de  S''  Rictrude  adressée  à  l'évéque 
Etienne,  témoignent  des  craintes  que  lui  inspiraient  toujours  les 
Normands.  Quoi  d'étonnant  si  dans  ces  circonstances,  il  a  trop 
facilement  accueilli  cette  version  De  (ama  piorum,  ei  si  charmé 
d'évoquer  un  souvenir  agréable  aux  évèques  de  IJége,  en  pré- 
sentant S.  Lambert  comme  le  prédécesseur  de  Francon  dans  un 
repentir  de  cette  sorte,  il  a  saisi  cette  occasion  de  rappeler  du 
même  coup,  par  ce  noble  exemple,  le  clergé  de  son  temps  au 
respect  des  règles  de  la  discipline  sacrée? 

Nous  arrivons  au  dernier  et  au  plus  important  des  détails 
ajoutés  par  Hucbald  à  la  version  primitive  de  la  mort  du  saint: 
il  s'agit  de  la  cause  même  de  ce  trépas. 

Le  poète  raconte  que  les  deux  frères  Gallus  et  Riold  s'étant 
mis  à  ravager  les  biens  et  h  tourmenter,  en  toute  occasion,  les 
gens  de  legliso  de  M;iestriclit,  finirent  par  exaspérer  les  neveux 

(*)  Ans  f)e  Fiancnw  ppiscopo.  ii)  !,.  I.ali.iye.  I.cs  Normands  an  pays  île  I.i(*gp. 
p.  22. 


453 


de  l'évêque  et  par  recevoir  de  ceux-ci  la  mort,  cliûtimenl  mérilti 
de  leurs  violences.  Cela  dit,  voici  comme  il  poursuit  : 

«  Le  premier  auteur  de  ces  crimes  était  attaché  à  la  maison 
»  du  prince  Pépin  ;  il  avait  nom  Dodon  ei  c'était  en  se  fiant  sur 
»  lui  que  les  deux  frères  susmentionnés,  ses  parents,  avaient 
»  pris  l'audace  de  troubler  le  pays.  On  rapporte  et  beaucoup  ont 
»  répété  ce  bruil  sinistre  que  le  pontife  Lambert  s'était  rendu 
«  odieux  aux  amis  du  pervers  Dodon,  en  montrant  son  indi- 
»  gnation  contre  l'inconduite  de  la  sœur  de  ce  Dodon,  que  le 
»  prince,  en  violation  des  lois  de  l'iionnêtelé,  avait  prise  pour 
»  maîtresse,  du  vivant  même  de  son  épouse.  De  là  s'était  accru 
»  l'orgueil  de  Dodon:  aussi,  dès  qu'il  apprit  le  meurtre  des  deux 
»  frères,  se  souvenant  assez  du  reste  de  ce  qui  avait  été  dit  de 
»  sa  sœur,  il  se  mit  à  tramer  la  moit  du  pontife,  îi  chercher  les 
»  voies  t\  suivre  pour  le  tuer  et  tuer  avec  lui  ceux  que  la 
»  rumeur  publique  avait  signalés  à  sa  vengeance.  »  (326-340.) 

Cette  explication  du  meurtre  tire,  abstraction  faite  de  toute 
autre  considération,  une  valeur  particulière  de  ce  fait  qu'elle 
nous  est  présentée  par  Hucbald. 

Hucbald,  nous  ne  l'avons  point  caché,  peut  se  laisser  entraîner 
parfois  à  trop  aisément  accepter  des  anecdotes  dont  le  sens 
répond  à  ses  goûts  personnels,  mais  en  général  il  est  digne  d'ins- 
pirer confiance.  Nous  l'avons  prouvé  par  ses  œuvres,  il  possé- 
dait les  éléments  de  la  critique  historique  ;  il  savait  passer  les 
traditions  à  ce  crible  ;  de  là,  ses  corrections,  ses  atténuations 
apportées,  par  exemple,  à  la  légende  de  S.  Cyr  et  de  S'«  Julitte; 
de  là,  ses  hésitations  à  prendre  la  plume,  ses  refus  d'écrire  sans 
avoir  au  préalable  analysé,  épuisé  les  sources.  Il  tenait  compte 
même  de  l'importance  qu'un  seul  mot  peut  avoir  dans  un  récit  ; 
de  là,  ses  recommandations  aux  copistes  de  ne  rien  changer  à 
un  texte  dont  il  ne  voulait  tirer  d'ailleurs  aucune  gloire,  puis- 
qu'il recommandait  de  n'en  point  désigner  l'auteur. 

Comment  donc  ne  pas  ajouter  foi  à  ses  dires  lorsqu'il  nous 
donne  l'adultère  de  Pépin  comme  la  cause  originelle  du  martyre 


(ie  s.  Lambert?  Il  avait  pu  recueillir  sur  ce  sujet  plus  d'in- 
formations que  sur  aucun  ;  il  avait,  en  outre,  plus  de  motifs  de 
se  taire,  que  de  parler  avec  cette  franchise. 

On  a  vu  qu'il  était  en  relations  suivies  avec  l'évêque  Etienne  ; 
son  poëme  atteste  qu'il  a,  pour  majeure  partie,  travaillé 
d'après  le  même  texte  primitif  qu'Etienne  corrigeait  d'autre 
part  :  s'en  serait-il  écarté  sans  de  sérieuses  raisons  ?  Les 
moyens  de  s'éclairer  devaient  d'autant  moins  lui  manquer, 
d'ailleurs,  que  son  écrit  retraçait  la  vie  d'un  personnage  plus 
célèbre  ;  qu'il  n'écrivait  plus  cette  fois  pour  un  seul  couvent 
comme  celui  de  Maubeuge  ou  celui  de  Marchiennes,  mais  pour 
un  diocèse  entier  et  qu'il  était  avisé  sans  doute  de  l'usage 
qu'Etienne  voulait  faire  de  ses  vers  :  en  tirer  un  nouvel 
office. 

On  s'est  plu  à  reconnaître  les  preuves  de  prudence  qu'il  a  don- 
nées dans  la  composition  d'œuvres  de  moindre  importance  : 
cette  prudence  l'aurait-elle  abandonné  dans  cette  circonstance, 
à  propos  de  ces  incidents  délicats,  sur  lesquels  il  lui  aurait  été 
plus  aisé,  plus  avantageux  môme,  de  garder  le  silence? 

Son  couvent  d'Elnone  avait  eu  pour  chef  un  abbé  de  la  des- 
cendance de  la  malheureuse  dont  il  rappelait  l'inconduite,  sans 
la  nommer  toutefois. 

Lui-même,  —  ses  envois  de  poésie  à  Charles-le-Chauve  et  les 
diplômes  octroyés  sur  sa  demande  par  le  prince  en  font  foi  — 
lui-même  avait  entretenu  les  relations  les  plus  amicales  avec 
les  souverains  descendus  d'Alpaîde  ;  l'évêque  auquel  il  adres- 
sait son  poëme  était  de  leurs  parents,  critique  capable  d'ail- 
leurs, lilléraieur  instruit,  au  courant  des  choses  de  l'histoire, 
ot  dont  Hucbald  se  fil  un  devoir  de  prendre  l'avis,  et  jugea  sage 
de  suivre  les  conseils,  h  propos  d'autres  œuvres. 

Dans  ces  conditions,  c'eût  été,  l'on  en  conviendra,  de  la  part 
(l'un  écrivain  aussi  réservé,  aussi  renommé  que  Hucbald  un 
singulier  mépris  de  sa  propre  réputation  et  une  rare  impru- 
dence ;  c'eût  été  de  la  part  d'un  poète  aussi  bien  en  cour,  une 


458 


maladresse  étrange  ;  c'eût  été  de  la  part  d'un  protégé  des  rois 
et  d'un  ami  d'Etienne  un  acte  d'ingratitude  et  d'indélicatesse  que 
de  consigner  dans  sa  biographie  de  S.  Lambert,  une  tradition 
aussi  désagréable  à  ses  puissants  amis,  aussi  contraire  de  prime 
abord  à  la  version  officiellement  admise  jusque  là  dans  l'Église 
de  Liège  —  si  celte  tradition  ne  jouissait  d'avance  d'une  auto- 
rité bien  établie,  si  elle  n'était  déjà  passée,  auprès  du  public, 
en  force  de  chose  jugée. 

On  a  cependant  élevé  contre  la  véracité  d'Hucbald  en  ce  qui 
louche  ce  point,  un  ensemble  d'objections  que  dos  maîtres  de 
la  critique  ont  considéré  comme  fort  sérieuses. 

Abordons-les  de  front ,  et  indiquons  de  quelle  façon  nous 
croyons  pouvoir  passer  outre. 

1°  On  a  dit  que  les  lois  et  les  usages  du  temps  autorisaient 
Pépin  à  substituer  Alpaïde  à  Piectrude:  S.  Lambert  ne  pouvait 
donc  que  laisser  faire.  —  Nous  ne  contestons  ni  ces  lois  ni  ces 
usages  fâcheux,  mais  nous  répondons  que  rien  dans  l'histoire 
de  Pépin,  de  Piectrude  et  d'Alpaïde  ne  prouve  qu'ils  se  soient 
trouvés  dans  un  des  cas  prévus  par  ces  coutumes  ;  —  que  ces 
lois  et  ces  usages  étaient  d'ailleurs,  en  ce  temps  même,  abso- 
lument condamnés  par  l'Église,  par  l'enseignement  unanime  de 
ses  conciles  et  de  ses  docteurs,  comme  par  la  conduite  de  tous 
ceux  de  ses  saints  pontifes  qui  se  sont  trouvés  dans  le  cas  de 
Lambert  en  face  de  l'adullère  de  Pépin  ;  qu'enfin  le  caractère, 
l'instruction,  la  piété,  la  position  de  S.  Lambert  ne  lui  ont  pas 
permis  d'agir  autrement  que  ses  maîtres. 

2°  On  a  dit  ensuite  que,  d'après  la  meilleure  chronologie  el 
les  monuments  diplomatiques,  Pépin  et  Piectrude  étaient  récon- 
ciliés, à  la  date  généralement  admise  comme  celle  du  martyre  : 
Lambert  n'a  donc  pu  être  frappé  par  son  opposition  à  des  rela- 
tions qui  avaient  pris  tin.  —  Nous  répondons  qu'à  supposer 
vrais  ces  calculs,  Lambert  aurait  pu  périr  victime  d'un  devoir 
antérieurement  accompli,  sous  les  coups  de  la  vengeance  de 
Dodon;  qu'au  reste,  l'époque  où,  suivant  nous,  fut  perpétré  le 


—  456  - 

meurtre,  correspond  précisément  à  la  date  de  celte  séparation 
de  Pépin  et  de  Pleclrude  dont  on  prétend  déterminer  la  durée 
d'après  les  diplômes  du  temps. 

3°  On  a  dit  enfin  qu'avant  l'auteur  du  poëme  personne  n'avait 
expliqué  comme  lui  le  meurtre  du  saint;  que  le  premier  bio- 
gTa|)he  en  doimait  une  autre  cause  et  que  celle-ci  était  d'autant 
plus  acceptable  que  l'Église  de  Liège  elle-même  l'a  tenue  pour 
la  vraie  jusqu'au  douzième  siècle.  —  Nous  répondons  que  cet 
autre  cause  —  la  défense  du  patrimoine  ecclésiastique  n'a  pas 
été  étrangère  au  martyre,  mais  n'est  pas  la  principale  ;  que 
le  silence  du  premier  biographe  s'explique  par  d'assez  bonnes 
raisons,  qu'on  explique  de  même  la  conservation  prolongée 
de  son  récit  comme  version  officielle  de  l'Église  de  Liège 
que  sa  réserve,  d'ailleurs,  n'est  pas  si  complète  qu'elle  ne  per- 
mette de  discerner  la  vérité  sous  les  voiles  dont  l'enveloppe  sa 
narration;  —  qu'au  total  nulle  des  allégations  élevées  contre 
l'exposé  d'Hucbald  des  causes  du  martyre  n'échappe  à  la  réfu- 
tation, et  qu'en  conséquence  il  y  a  tout  lieu  de  tenir  cet  exposé 
pour  le  plus  fidèle. 


Et  d'abord  quelles  étaient  les  lois,  quelles  étaient  les  mœurs 
du  temps  de  S.  Lambert  ? 

L'inviolabilité  du  mariage  est  l'un  des  principes  que  l'Église 
eut  le  plus  de  peine  l\  faire  triompher  du  paganisme,  à  faire 
respecter  des  peuples  devenus  chrétiens,  des  puissants  et  des 
princes  sui'louf. 

A  l'arbitraire  de  l'époux,  au  servilisme  delà  femme,  à  l'insta- 
bilité de  la  fiimille,  h  la  tolérance  même  dont  la  loi  juive  avait 
cru  devoir  user  pour  «  la  dureté  de  cœur  »  des  fils  d'Israël, 
le  Christ  avait  substitué  un  principe  nouveau  :  «  L'homme  ne 
séparera  pas  ce  que  Dieu  a  uni.  »  Il  avait  ainsi  relevé  la  femme 
au  rang  de  compagne  soumise  mais  égale  de  son  époux,  assuré 

la  mère  une  part  imprescriptible  dans  la  royauté   du  foyer 


domestique,  aux  eiit'auls  celle  proleciiou  sure  el  tendre  que 
seule  peut  leur  donner  celle  ({ui  leur  doinia  la  vie,  à  la  famille 
entière  l'honneur  et  la  force  dans  la  stabilité. 

Autant  celte  réforme  sociale  était  nécessaire  pour  empêcher 
le  monde  de  périr  étouffé  dans  les  fanges  d'un  sensualisme  bru- 
tal, autant  les  passions  dont  le  principe  de  l'irréfragabilité 
d'une  première  union  allait  arrêter  les  ravages,  devaient  lui 
opposer  de  résistance  et,  vaincues,  essayer  fréquemmer.t  de 
reconquérir  leur  prépondérance  passée.  La  lutte  fut  donc  longue, 
semée  de  péripéties  diverses,  et  si  Rome  n'avait  toujours  el  sans 
concession  défendu  le  principe  mis  en  cause,  à  de  certains 
momeiits  la  conduite  de  certains  prélats  eût  permis  de  dire, 
en  vérité,  que  cette  lutte  divisait  jusqu'à  l'Église.  Ces  prélats 
toutefois  n'ont  jamais  figuré  parmi  nos  saints,  ni  ces  temps 
coïncidé  avec  i'époque  de  S.  Lambert. 

Tacite  (')  le  constatait  dès  le  premier  siècle  de  notre  ère  :  si 
la  plupart  des  Germains,  à  la  différence  des  autres  nalions  bar- 
bares dont  la  dépravation  plus  grande  rendit  les  triomphes  plus 
éphémères  —  si  la  plupart  des  Germains  se  contentaient 
d'une  femme,  les  chefs,  sous  le  prétexte  que  leur  alliance  était 
un  honneur  plus  recherché,  en  entretenaient  plusieurs.  Les 
Francs  importèrent  ces  coutumes  dans  nos  régions  el  les 
mœurs  de  leur  aristocratie  se  ressentirent,  longtemps  après 
leur  conversion  au  christianisme, de  ces  pratiques  payennes. 

Elles  autorisaient,  par  exemple,  le  mari  à  substituer  une 
épouse  nouvelles  fépouse  adultère.  Ce  cas  toutefois  ne  pouvait 
être  celui  de  Pépin.  Si  le  moindre  reproche  avait  [:U  être  lancé 
contre  Plectrude,  les  historiens  courtisans  des  descendants  de 
sa  rivale  n'eussent  pas  manqué  de  nous  les  rapporter.  Il  a  été 
impossible,  au  contraire,  de  découvrir  une  pièce,  un  texte,  un 
mot,  findication  du  moindre  fait  de  nature  h  entacher  l'honneur 
de  Plectrude;  l'annaliste  le  plus  rapproché  de  ce  temps,  et  le 

{')  Germania,  18. 


',r.s 


[i!us  liivorable  aux  descendants  d'Alpaïde,  à  riiilenlion  desquels 
on  le  soupçonne  d'avoir  pris  la  plume,  le  deuxième  conti- 
nuateur de  Frédégaire,  n'a  lui-même  que  des  éloges  pour 
l'épouse  abandonnée  par  Pépin  :  «  nobilis  et  prudentissima  (  i  ) 
notle  et  d'une  sagesse  parlaite  !  »  Inutile  dès  lors  de  discuter 
les  licences  laissées  [ku*  les  lois  franques  à  l'époux  victime 
d'un  adultère. 

La  loi  salique  en  consacra  d'autres  ;  elle  n'admit  plus  la 
polygamie  par  accumulation,  elle  l'admit  par  succession  :  elle 
toléra  le  divorce  par  consentement  mutuel.  La  coUeclion 
de  formules  d'un  contemporain  de  S.  Lambert,  d'un  moine 
liélas!  Marculphe,  (-)  nous  offre  plusieurs  modèles  de  ces 
contrats  étranges.  Sans  doute,  ils  s'appliquaient  parfois  à  des 
lujitiucs  de  lianrailles  :  ainsi  voyons-nous  S.  Ansbert,  pour  se 
donner  ;i  Dieu,  rompre  avec  une  fiancée  qui  devint  elle-même 
une  vierge  glorieuse  et  authentiquer  cette  rupture  par  le 
liqellns  dissociabilis  {■').  On  n'appliqua  pas  qu'aux  fiançailles 
ces  sortes  de  contrats,  mais  encore  une  fois,  pour  Plectrude, 
il  n'est  fait  mention  d'aucune  pièce  de  ce  genre. 

Quelque  soit  le  jugement  porté  sur  cette  princesse, il  est  une 
faiblesse  et  une  qualité  qu'on  ne  saurait  lui  contester  :  l'ambi- 
!ion  et  l'énergie.  Elle  les  montra  tout  ensemble,  h  coup  sûr, 
lorsqu'à  la  mort  de  Pépin  elle  entreprit  de  garder  les  rênes  du 
^'ouvernemeiu,  et  peut-être  ces  rênes  lie  lui  auraient-elles 
j.'.mais  été  ravies,  si  son  adversaire  ne  s'était  appelé  Charles 
>lartel.  Quelle  apparence  qu'avec  ce  caractère,  elle  se  lût  prêtée 
à  descendre  du  pouvoir,  à  céder  volontairement  la  place  à  une 
i  ivale?Et  si  elle  s'était  démeiiiie  à  ce  point,  comment  les  histo- 
riens de  l'époque  n'auiaient-ils  rien  su  de  ce  contrai;  comment 
l(  s  descendants  d'Alpaïde  n'auraient-ils  rien  laissé  venir  au  jour 
(riiii  acte  qui  eût  revêtu  du  moins  d'un  semblant  delégalité  l'er- 


1  \  l'alru!.  ial.  de  Mignc,  LX\I,<)71.  [i)  Id.  LXXXVII,74G;  Formula;  Sii'tuondica; 
MX.     .  787  cl  rorntuki'  Andoiravcnses  LVI,  p.  854.  ^3)  .^cla  S. S.  Bclgii,  V.    loi. 


-  459  — 

reui"  de  leur  aïeule  t  Arrière  donc  la  loi  salique,  le  divorce  par 
consentement  mutuel  et  les  formules  de  Marculplie  :  tout  cela 
n'a  que  faire  ici  ! 

Reste  l'hypothèse  d'un  renvoi  pur  et  simple,  sans  accord  et 
sans  faute  de  l'épouse  qui  put  l'expliquer.  L'exemple  des  rois 
mérovingiens  nous  atteste  que  l'idole  des  répudiations  fut  une 
des  dernières  h  garder  des  adorateurs  à  leur  cour.  Mais  encore- 
un  coup,  qu'on  nous  cite  l'historien  qui  aurait  prononcé  le  mot 
de  répudiation  au  sujet  de  Plectrude.  La  plupart  de  ceux  qui 
touchent  aux  relations  de  Pépin  avec  Alpaïde,  dénoncent  u\\ 
scandale  dans  ces  rapports  ;  les  plus  favorables  au  maire  de 
palais,  ainsi  ce  continuateur  de  Frédégaire  qu'on  dit  avoir  écrit 
à  la  demande  de  Childebrand,  le  second  fils  d'Alpaïde,  n'essaie 
pas  plus  que  les  autres  d'excuser  le  caprice  de  Pépin  ;  il  ne  se 
sépare  des  autres  annalistes  que  pour  donner  le  nom  û'épouse  à 
la  mère  de  son  Mécène  :  aliam  duxil  uxorem  iiobUem  et  elegantem  ; 
il  prit  une  autre  épouse  aussi  noble  que  distinguée  (').  Pas  un  mot 
pour  justifier  la  conduite  du  maire  depalais  ou  le  titre  que  l'au- 
teur donne  généreusement  à  la  concubine.  Au  reste,  nous  ne 
voyons  nulle  part  que  Pépin  lui-même  ait  jamais  fait  agréer 
publiquement  Alpaïde  pour  son  épouse  ;  divers  écrits  du  temps 
nous  montrent  en  des  circonstances  solennelles  Plectrude  aux 
côtés  de  son  époux  ;  sa  signature  se  lit  h  la  suite  de  celle  de  son 
mari  sur  plusieurs  diplômes  antérieurs  ou  postérieurs  à  l'inci- 
dent d'Alpaïde  (^)  :  aucune  relation,  aucun  acte  public  n'associe 
Alpaïde  à  son  amant  ;  hormis  son  )iom  et  la  naissance  de 
Charles  Martel  d'abord,  de  Childebrand  ensuite,  on  ne  connaît 
rien  d'elle  que  par  la  biographie  de  S.  Lambert,  tant  il  est  mani- 
feste que  pour  ses  contemporains,  pour  l'histoire,  pour  Pépin 
même,  loin  d'avoir  eu  le  rang  d'épouse,  elle  n'a  jamais  été  qu'une 
maîtresse  du  prince. 


(')  Palrol.  lai,  LXXI,  p.  67:2.  (s^  Alph.  Wiuiierâ.  Tuble  chronologique  dos chîirles, 
années  691,  701,  706,  715,  7-20,  etc. 


—    i'M)  — 

Tuu:>  les  érudits  entin,  quel  (lue  soit,  le  parli  qu'ils  aieiil 
embrassé  dans  cette  discussion,  se  retrouvent  d'accord  sur  ce 
point  :  Pépin  finit  par  renvoyer  Alpaïde,  et  tandis  qu'aux  der- 
nières années  de  ce  prince,  Pleclrude,  la  légitime  épouse,  repa- 
raît auprès  de  lui  triomphante  et  respectée,  on  ne  sait  pas  avec 
cerlitude  ce  que  devint  sa  compagne  des  jours  d'égarement. 
Cieux-ln  même,  dont  l'imagination  défend  la  légalité  de  son 
union  adultère,  sont  forcés  de  s'en  rapporter  aux  traditions 
liégeoises  sur  le  dénouement  de  son  aventure,  et  d'admettre,  h 
!a  suite  de  notre  chroniqueur  du  XW"'"  siècle,  Jean  d'Outre- 
meuse,  (')  qu'elle  finit  ses  jours  dans  la  retraite  du  monastère 
d'Orp-le-Grand. 

Ilest  incontestable  qu'elle  disparut  complètement  de  lascène 
du  monde.  Lors  donc  que  Plectrude  revient  partager  les  géné- 
rosités publiques,  quelque  cbose  même  du  pouvoir  de  Pépin, 
lors  donc  que  nous  la  verrons,  après  la  mort  de  son  époux,  dis- 
poser quelque  temps  de  son  héritage,  pourquoi  Alpaïde  s'elTace- 
t-elle  soudain,  pourquoi  ne  sera-t-il  même  plus  question  d'elle 
après  les  triomphes  de  son  fils  Charles  Martel?  Pourquoi  his- 
toriens, amis,  ses  fils  même,  éviteront-ils  d'attirer  l'attention  sur 
sa  vie?  C'est  qu'évidemment  rappeler  celte  femme,  eût  été  rap- 
peler l'irrégularité  originelle  de  ses  descendants  ;  c'est  que  la 
retraite  d'Alpaïde  était  l'aveu  de  ses  erreurs,  l'aveu  peut-être 
d'une  participation  à  un  crime  sanglant. 

Au  témoignage  d'écrivains  sérieux,  (-)  le  tombeau  d'Alpaïde 
aurait  été  retrouvé  en  1618  devant  l'autel  de  la  vierge  de  l'église 
d'Orp-le-Grand.  Un  incendie  détruisit  cette  église  en  1674  ;  un 
siècle  et  demi  après,  en  1828,  le  gouvernement  hollandais  fil 
•"xécuter  des  fouilles  pour  l'endre  au  jour  ce  tombeau  curieux  : 
vaines  recherches!  La  pierre  avait  péri  avec  son  inscription  : 
Mpaïs  comitissa,  couthoialis  Pippini  ditcis.  A  supposer  antique  et 

'  <  )  Gliroiiii}ue  dv.  .leaii  des  l'nis,  lonic  il.  ;'.78,  oSî-î.  (  '  )  Turlier  ol  Wauters  :  I,es 
i-Dmmuncs 'lu  Br^bîinl  :  Orplc  Grnnd,  p.  2S"2. 


-  m  — 

.'l'ilhentique  cette  épilaphe  dans  laquelle  le  terme  comitissa 
apparaîtrait  pour  la  première  fois  dans  Thistoire,  car  le  glossaire 
de  Ducange  n'en  signale  l'emploi  qu'il  partir  de  la  fin  dii  VHP 
siècle,  ce  nom  de  comtesse  conservé  à  celle  qu'on  prétend  avoir 
été  l'épouse  du  duc  Pépin,  et  cette  expression  é?,alement  appli- 
cable à  la  femme  légitime  et  à  l'autre,  cette  qualification 
équivoque  du  co?i//;ora//s— littéralement  :  concubine,  n'auraient- 
ils  pas  été  sur  la  tombe  même  de  la  pénitente  si  pas  le  témoi- 
gnage de  repentir  d'une  complice  de  l'assassinat  de  S.  Lambert, 
fi  coup  sûr,  la  reconnaissance  de  l'irrégularité  du  lien  qui  l'avait 
unie  au  maire  de  palais  et  la  justilication  de  la  réprobation 
énergique  du  pontife  martyr  ? 

Oublions  néanmoins,  si  vous  le  voulez,  qu'Âlpaïde  n'a  jamais 
ét<^  que  le  honteux  caprice  d'un  prince;  décorons-la.  contre 
toute  vérité,  du  titre  d'épouse  légale.  Eh  bien,  pour  apprécier  en 
ce  cas  la  conduite  d'un  évêque  à  son  égard,  ce  ne  sont  ni  des 
lois,  ni  des  usages  d'une  société  restée  payenne  par  plus  d'un 
côté  qu'il  faudra  s'enquérir  :  S.  Lambert  n'a  pu  se  guider  que 
d'après  les  règles  de  l'Église,  d'après  les  lois  et  la  morale  évan- 
géliques  telles  qu'on  les  entendait  de  son  temps.  Interrogeons 
sur  cette  interprétation  tous  les  pays,  tous  les  synodes,  tous 
les  docteurs  chrétiens  qui  ont  eu  à  se  prononcer  sur  la  question 
soit  du  vivant  du  Saint,  soit  aussitôt  après  sa  mort  :  tous  nous 
rendront  la  même  réponse,  fidèles  échos  de  ce  pape  dont  on 
pourrait  dire  comme  de  Charlemagne,  que  la  grandeur  a 
pénétré  son  nom,  le  Pape  Grégoire-le-Grand,  dont  l'enseigne- 
ment est  formel  :  le  devoir  des  chrétiens  est  de  mettre  au- 
dessus  des  lois  humaines  assez  aveuglées  pour  autoriser  le 
divorce,  le  commandement  divin  de  l'indissolubilité  de  l'union 
conjugale,  (i) 

En  Afrique,  un  des  recueils  de  canotis  les  plus  connus  est 
celui  de  Cresconius,  mort,  croit-on,  vers  699,  l'an   même  du 

(»)  Liv.  XI,  e|).  9o. 


—   'iG-2  — 

martyr  de  tiolre  Saint.  11  se  contente  de  copier  le  48""^  canon 
des  apôtres  ;  «  Si  un  laïc  renvoie  sa  femme  et  en  épouse  une 
autre,  fût-elle  renvoyée  par  son  mari,  qu'il  soit  privé  de  la  com- 
munion de  l'Église.  »  (i) 

En  Angleterre,  le  concile  de  Heorutfort  avait  rappelé,  en  673, 
que  «  nul  ne  peut  quitter  sa  femme,  si  ce  n'est  pour  cause  de 
»  fornication  :  en  ce  cas,  celui  qui  aura  renvoyé  sa  femme  légi- 
»  lime,  ne  peut  en  épouser  une  autre  s'il  veut  véritablement 
»  rester  chrétien  :  il  doit  garder  le  célibat  ou  se  réconcilier 
»  avec  sa  femme.  »  {^i)En  697,  un  autre  concile,  tenu  à  Bergam- 
stade,  ne  fit  qu'appliquer  cette  doctrine,  en  ordonnant  dans  la 
troisième  de  ses  résolutions,  promulguées  comme  loi  du  pays, 
de  mettre  en  pénitence  les  adultères  et  de  les  séparer  de  la 
communion  des  fidèles.  (^) 

((  Plein  de  sollicitude,  écrivait  le  roi  saxon  Ina  en  tète  de  son 
code,  publié  en  693,  pour  le  salut  des  âmes  et  le  bonheur  de 
mes  peuples,  j'ai  résolu  d'y  pourvoir  et  d'assurer  la  stabilité  de 
mes  institutions,  par  de  justes  lois  sur  le  fondement  de  légitimes 
mariages.  »Et  par  ces  mariages  légitimes,  Ina  entendait  ceux-là 
seulement  que  l'Église  approuvait.  Même  doctrine  dans  le  péni- 
tentiel  qu'Ecbert,  archevêque  d'York,  promulguait  quelques 
années  plus  lard  :  «  L'homme  qui  délaisse  son  épouse  pour  en 
prendre  une  autre,  est  adultère  ;  de  même  la  femme  qui  aban- 
donne son  époux  pour  un  autre  :  que  le  prêtre  ne  leur  accorde 
ni  l'Eucharistie,  ni  aucun  des  droits  attachés  h  la  qualité  de 
chrétiens  et  s'il  arrive  qu'ils  meurent,  qu'on  ne  les  enterre 
pas  non  plus  avec  les  chrétiens.  { 4) 

Les  conciles  et  les  lois  de  l'Espagne  chrétienne  répondent  à 
ceux  de  la  chrétienne  Angleterre  :  le  XII'""  de  ces  conciles  de 
Tolède  qui  fixèrent  à  lu  fois  la  législation  civile  et  religieuse  de 
la  Péninsule  défend  en  681,  et  dans  les  mêmes  conditions  aux 


I  '}  Mi^jne.  ['atrol.  latine  LXXXVlil  88!2.  (  ■:  )  Histoire  ecclëbiastique,  par  Henrion 
fjiigiio  ,  XVII.  (i.  bfi'i.     r,;  Id    id.  id.    p.  98"2.    ( i^  l>;ilrol.  lat.  LXXXIX,4I7. 


ïm 


maris  de  se  séparer  de  leur  femme,  sauf  le  cas  de  foniicalion,^ 
et  menace  de  les  retrancher  de  la  société  des  tîdèles  comme  de 
la  communion  de  l'Eglise,  s'ils  ne  retournent  vivre  avec  elles  (i  ). 

Cette  doctrine,  si  âpre  qu'elle  paraisse,  el  si  contraire  qu'elle 
soit  aux  usages  les  plus  constants  du  paganisme,  est  cependant 
celle  que  l'Église  ordonne  de  prêcher  dès  l'abord  aux  infidèles  : 
le  5  mars  71H,  le  Pape  Grégoire  II  met  par  écrit  les  instructions 
destinées  aux  légals  qu'il  envoie  évangéliser  la  Bavière  ;  il  leur 
prescrit  spécialement  d'expliquer  que  si  la  continence  est 
louable,  le  mariage  est  licite,  mais  celui-là  seulement  qui  ne 
s'appuie  point  sur  un  divorce  et  ne  se  prête  point  h  h  poly- 
gamie :  «  nec  reputandum  est  recle  conjugiuui  quod  duorum 
excesserit  numerum.  »  (2)  Grégoire  III  ordonne  également  de 
refuser  les  sacrements,  fût-ce  au  lit  de  mort,  aux  adultères  qui 
ne  se  convertissent  pas  (3). 

Les  questions  de  mariage  ligurent  au  premier  rang  de  celles 
dont  la  correspondance  de  S.  Boniface  entretient  les  Papes  de 
ce  temps  ;  toutes  les  solutions  données  sont  conformes  à  celles 
que  nous  avons  déjà  rapportées  ;  une  seule  concession  —  et 
encore  n'en  est-ce  pas  une  dans  l'espèce  —  est  faite  alors 
comme  aujourd'hui  :  Rome  déconseille,  mais  permet  à  l'époux 
(le  prendre  non  pas  une  nouvelle,  mais  une  véritable  épouse, 
si  la  première  n'a  pu  réyliser  le  mariage.  (26  nov.  726.) 

Point  de  dissidence,  en  cette  matière,  entre  l'Orient  et  l'Oc- 
cident ;  l'année  692  vit  les  Grecs  poser  à  Constantinople,  dans 
leur  grand  conciliabule  in  Trullo,  le  pi'incipe  du  schisme  qui 
devait  les  séparer  de  Piome,  et  entamer  la  loi  catholique  du 
célibat  des  prêtres.  Ce  fut  alors,  qu'en  dépit  du  Pape  et  tout  en 
maintenant  l'interdiction  faite  à  ces  prêtres  de  se  marier  après 
l'ordination,  ils  prétendirent  les  autoriser,  si  les  noces  avaient 
devancé  l'ordre,  à  vivre  à  la  fois  dans  le  sacerdoce  et  l'union 
conjugale. 


I  ')  Hist.  ecTlésiasl.  de  Henrion,  XVH,  808.  (')Patroi.  lat.  LXXXIX,§33.  (s)  Id, 


—  464  - 

Il  lailait  (Jonc  que  la  loi  de  l'indissolubilité  du  mariage  lui  bien 
établie  alors  pour  que  cette  assemblée,  répudiée  par  l'Église  et 
d'une  morale  si  accommodante,  se  lit  néanmoins  un  devoir  de  ^ 
maintenir  cette  loi  de  la  façon  la  plus  rigide,  de  llétrir  du  nom 
d'adultère  (can.  87)  toute  substitution  d'une  épouse  à  une  autre, 
de  condamner  même  la  conduite  des  femmes  qui,  sans  avoir  la 
certitude  absolue  de  la  mort  d'un  mari  dis}taru  dans  une  guerre 
en  acceptaient  un  autre  (93),  de  pousser  la  rigueur  enfin  jusqu'à 
interdire  h  un  homme  d'épouser  la  fiancée  d'un  autre,  aussi 
longtemps  que  celui-ci  resterait  envie  ?  (*) 

Est-il  besoin  de  dire  que  l'Église  n'avait  concédé  rien  de 
plus  aux  passions  des  Francs  qu'à  celle  des  Saxons,  des  Visi- 
goths,  des  Africains  ou  des  Orientaux  ? 

Des  conciles  tenus  dans  les  royaumes  francs,  le  dernier  qui 
se  soit  occupé  avant  le  martyre  de  S.  Lambert,  des  questions 
de  mariage,  fut  celui  de  Nantes  en  650  ;  le  premier  qui  en  ait 
traité  après,  celui  de  Leptines,  en  743. 

Tous  les  évéques  des  Gaules  —  et  sans  doute  à  leur  tête 
S.  Amand,  évêque  de  Maestricîit,  prirent  part  à  l'assemblée  de 
Nantes  :  voici  la  douzième  de  leurs  décisions  :  «  Un  homme 
»  peut  se  séparer  de  sa  femme,  pour  adultère  public,  mais  sans 
>)  pouvoir  en  épouser  une  autre  du  vivant  de  la  première  :  la 
»  femme  fera  sept  ans  de  pénitence,  et  s'il  veut  la  reprendre,  il 
»  s'associera  à  la  pénitence.  La  femme  poarra  en  user  de  même 
»  h  l'égard  du  mari  adultère,  »  (2) 

Le  concile  de  Leptines  réuni,  celui-ci,  d;ins  notre  propre  pays, 
ne  fut  pas  moins  explicite;  «  Que  chaque  prêtre,-  porte  le 
»  3o*  canon,  enseigne  publiquement  aux  fidèles  à  s'abstenir  de 
«  toute  union  illicite,  et  leur  apprenne  que  suivant  l'ordre 
»  même  de  Dieu,  une  union  légitime  ne  peut  être  rompue  en 
«  aucune  occasion,  excepté  le  cas  de  fornication,  si  ce  n'est 
»  par  consentement  mutuel,  mais  cela  pour  le  service  de 
»  Dieu.  »{■■) 

I')   Hi?t.  ecclés.  XVII,  96-2.    'jld,  id.,  «10.  (*i  Palrol.  I^l.  Migtif .l,\XXIX,  82.".. 


\ 


',t»'' 


â 


—  465  — 

Et  pour  ne  laisser  aucun  doute  sur  le  sens  de  ces  paroles, 
l'an  suivant  les  pères  du  concile  de  Soissons  donnèrent  à  cette 
doctrine  une  formule  plus  nette,  que  Pépin,  le  petit-fils 
d'Alpaïde,  enregistra,  promulgua  lui-même  dans  le  neuvième 
article  du  décret  de  publication  de  ce  concile  :  «  De  même 
»  avons-nous  statué  que  nul  ne  prenne  pour  épouse  soit  sa 
»  parente,  soit  une  femme  dont  le  mari  serait  encore  en  vie,  et 
»  que  nulle  femme  n'épouse  un  autre  homme  du  vivant  de  son 
»  mari.  »  (*) 

Les  évêques  du  temps  ne  laissaient  point  ces  doctrines  dans 
le  domaine  des  abstractions  théoriques  ;  ils  les  prêchaient,  en 
termes  exprès,  à  leurs  peuples  ;  ils  en  condamnaient  les  vio- 
lateurs, si  haut  placés  qu'ils  fussent;  ils  bravaient  toutes  les 
persécutions,  la  mort  même,  pour  les  faire  triompher  de  l'in- 
conduite  des  princes. 

Un  contemporain  de  Lambert.  S.  Ouen,  nous  a  conservé  le 
texte  de  quelques  sermons  de  son  ami,  Saint  Eloy  :  «  Que  per- 
»  sonne,  disait  Eloy  (2),  ne  songe  à  quitter  son  épouse  légitime 
«  en  quelque  occasion  que  ce  soit.  Il  vous  est  défendu  d'avoir 
»  des  concubines  soit  avant  le  mariage,  soit  après...  Que  chacun 
»  observe  à  l'égard  de  sa  femme,  la  foi  qu'il  attend  d'elle... 
«  Tout  ce  qui  n'est  pas  permis  aux  femmes  dans  le  droit  de 
»  mariage,  ne  l'est  pas  non  plus  aux  hommes.  » 

—  «  Garde,  écrivait  un  autre  évêque  au  roi  Clovis  II,  sous 
lequel  vécut  S.  Lambert,  garde,  ô  prince  la  chasteté  d'une  seule 
union.  »  (3) 

Saint  Gedde,  évêque  en  ce  temps  des  Saxons  orientaux,  avait 
frappé  d'excommunication  un  seigneur  coupable  de  s'être  uni, 
malgré  les  prohibitions  de  l'Église  à  une  de  ses  parentes  ;  il 
avait  mêm,:  interdit  aux  fidèles  d'entretenir  aucun  rapport  avec 
ces  pécheurs  publics.  Le  roi  Sigebert  méconnut  celte  défense, 


(»)  Patrol.    lat.  LXXXIX,  826.  (')  Vie  de  S.  Eloi,  liv.  II,  15.  (';  Migne.  Patrol. 
lat.  LXXXVII.  608. 


466 


puis  l'encontraiit  l'évêque,  implora  son  pardon  :  «  Prince,  lui 
répondit  le  saint,  vous  mourrez  dans  la  maison  de  cet  excom- 
munié. »  Peu  de  temps  après,  ajoute  la  légende,  Sigebert  péris- 
sait, dans  celte  maison  même  égorgé  par  ce  même  ami.  (i) 

Un  autre  contemporain  de  Lambert,  S.  Corbinien,  mort  en 
739,  premier  évêque  de  Frésingue,  évangélisait  la  Bavière  ;  le 
duc  du  pays,  Grimoald,  lui  offrit  l'hospiialilé  :  l'apôtre,  dit  son 
biographe  le  plus  ancien  «  ne  voulut  point  paraître  devant  lui, 
»  parce  qu'il  avait  épousé  une  femme  contre  les  lois  de  l'Évan- 
»  gile,  et  aima  mieux  s'exposer  à  la  mort  que  de  communiquer 
»  avec  des  personnes  dans  la  disgrâce  du  fils  de  Dieu.  »  La 
fermeté  de  Corbinien  finit  par  l'emporter,  mais  l'épouse  con- 
gédiée ne  lui  pardonna  point  ;  elle  complota  la  mort  du  mis- 
sionnaire et  sans  l'avertissement  d'un  ami,  il  tombait  aussi  sous 
les  coups  de  gens  envoyés  du  palais.  (2) 

A  la  môme  époque  Kilian  paya  de  sa  vie  sa  fidélité  à  la  même 
cause  :  Kilian  avait  conquis  la  Franconie  au  christianisme  ;  le 
prince  du  pays,  Gosbert,  se  disposait  à  imiter  son  peuple  ; 
Kilian  ne  lui  laissa  pas  ignorer  que  le  mariage  contracté  par 
lui  avec  la  veuve  de  son  fi'ère  était  contraire  aux  règles  de 
l'Évangile  ;  Gosbert  céda,  mais  la  nouvelle  Hérodiade,  aigrie 
par  un  humiliant  renvoi,  ne  tarda  pas  à  se  venger  :  elle  profita 
de  la  première  absence  du  prince  pour  faire  égorger  le  nouveau 
Jean-Baptiste.  (3) 

Et  quand  des  pontifes  risquaient  ainsi  leur  vie  pour  faire 
respecter  les  empêchements  mis  par  la  discipline  de  l'Église 
aux  mariages  entre  parents,  d'autres  auraient  reculé  dans  la 
défense  du  principe  bien  plus  strict  de  l'indissolubilité  du  lien 
conjugal  ? 

Dans  les  Gaules  seules  que  d'exemples  devaient  s'offrir  au 
souvenir  de  S.  Lambert  !  S.  Gaudin  venait  d'occuper  la  chaire 
de  Soissons  ;  il  avait  eu  le  courage  de  reprocher  la  licence  de 

})  Hist.  ecclésiast.  de  Henrion,  XVII.  704.  (*)  Id.,  id..   1082.   'i  Id.,  id.  929. 


—  467  — 

leurs  mœurs  à  certains  des  plus  redoutables  de  ses  diocésains: 
ces  gens  l'attendirent  SLir  un  chemin  public,  se  jetèrent  sur 
lui  et  le  précipitèrent  dans  un  puits  d'où  l'on  ne  retira  que  le 
cadavre  du  martyr  (i). 

Les  devanciers,  les  propres  maîtres  de  S.  Lambert  avaient- 
ils  montré  moins  de  zèle  à  repousser  les  écarts  des  puissants, 
des  princes  et  des  rois  ? 

Au  rapport  de  Grégoire  de  Tours,  S.  Germain  des  Prés,  en 
576,  avait  excommunié  le  roi  Gharibert  pour  son  mépris  des 
lois  du  mariage  chrétien  (2). 

Vers  le  même  temps,  S.  Nicet,  l'évéque  de  Trêves,  refusait 
de  poursuivre  l'office  sacré  devant  le  roi  Théodebert,  jusqu'à 
ce  que  la  compagnie  d'adultères  excommuniés  dont  ce  prince 
était  escorté  se  fût  retirée  du  temple  (3). 

Du  vivant  de  S.  Lambert,  les  reproches  qu'un  autre  évêque, 
S.  Léger,  faisait  au  roi  Childeric  sur  son  mariage  avec  Bile- 
childe,  fille  de  l'oncle  du  monarque,  fournirent  aux  ennemis  du 
saint  d'Autun  l'occasion  de  le  perdre  dans  l'esprit  du  prince 
dont  il  était  le  ministre  (*).  Avant  S.  Léger  un  autre  pontife, 
comme  lui  premier  ministre  d'un  roi  franc,  S.  Arnould  de 
Metz,  avait  abandonné  le  gouvernement  et  la  cour  de  Dagobert, 
qnand  ce  prince  jusque  là  vertueux  et  sage,  rompit,  malgré  ses 
conseillers  épiscopaux,  avec  la  reine  Gomatrude,  pour  s'allier 
à  une  chanteuse.  Mais  il  faut  entendre  un  comtemporain,  un 
diocésain  de  S.  Lambert,  le  religieux,  auteur  de  cette  première 
vie  de  Ste  Gertrude  qu'on  sait  avoir  été  écrite  avant  l'an 
707,  nous  dire  à  la  fois  les  désordres  du  prince,  l'indignation 
des  fidèles  et  l'attitude  d'un  autre  Pépin,  l'aiëul  de  celui 
de  Hersial,  en  face  de  cette  conduite  :  «  Outre  ses  concu- 
»  bines  d  >iU  le  nombre  était  considérable,  dit-il,  —  Dagobert  ~ 
»  au  mépris  de  la  loi  canonique  et  de  la  dignité  royale,  abusa 


(*)  Hist.  ecclésiast  de  Henrion,  XVII,  d041.  (*j  Grég.  de  Tours,  Patr.  lat.,LXXI, 
290.  {=)  Id.  1080.  (♦)  Histoire  de  S.  Léger,  par  Dom  Pilra,  p.  280. 


468 


»  des  embrassements  de  trois  épouses.  De  quoi  Pépin,  ému  de 
»  douleur,  le  réprimandait  avec  une  grande  liberté  de  langage, 
»  lui  reprochant  son  ingratitude  aux  grands  bienfaits  de  Dieu.» 
A  en  croire  cet  historien,  un  moment  serait  même  venu  où 
Dagoberf,  devancier  de  Dodon,  aurait  songé  ii  se  défaire  par 
un  meurtre  de  ce  ministre  trop  fidèle  ('). 

Si  Pépin  de  Landen  fut  épargné,  il  n'en  fut  pas  de  même  pour 
un  des  prédécesseurs  de  S.  Lambert  sur  le  trône  épiscopal  de 
Maestricht,  pour  l'évêque  S.  Amand.  Fidèle  écho  d'une  tradi- 
tion plus  ancienne  (2)  notre  Hucbald  n'a  pas  manqué  de  consi- 
gner ce  souvenir  dans  son  histoire  de  Ste  Rictrude  :  «  Trop 
»  livré  à  l'amour  des  femmes,  le  roi  Dagobert,  écrit-il,  quitta 
»  parce  qu'elle  semblait  devoir  rester  stérile,  l'épouse  à  laquelle 
»  il  s'était  uni,  en  prit  une  autre  en  mariage  et  prélendit  en 
»  faire  une  reine.  Les  évêques  lui  reprochèrent  ce  crime, 
»  S.  Amand  plus  vivement  qu'aucun  autre;  aussi  le  prince  saisi 
»  d'indignation  et  n'écoutant  qu'un  orgueil  trop  ordinaire  aux 
»  rois,  fit-il  ignominieusement  expulser  de  son  royaume  le 
»  vénérable  pontife.  (3) 

Au  début  du  même  siècle,  en  608,  Didier,  archevêque  de 
Vienne  en  Gaule,  avait  subi  un  châùment  plus  cruel.  Coupable 
d'avoir  ramené  le  roi  Thierry  que  sa  mère,  la  trop  fameuse 
Brunehault,  voulait  à  la  fois  maintenir  dans  la  corruption  et  le 
servilisme,  à  chasser  ses  concubines,  à  les  remplacer  par  une 
épouse  légitime,  il  avait  péri  martyr  des  vengeances  de  cette 
reine  altière.  «  Oui  martyr,  écrit  Adon  l'un  des  successeurs  du 
pontife  viennois,  car  quoique  ses  persécuteurs  ne  lui  aient  pas 
dit  :  Sacrifie  aux  idoles,  ils  lui  ont  dit  :  Consens  à  un  péché  et 
tais  la  vérité!  (  '■)  » 

S.  Columban,  enfin  n'avait-il  pas  eu  à  braver  la  colère  de 
la  même  Brunehault,  à  repousser  avec  un  égal  dédain  ses 

(•;  Acta  s.  S.  Belgii,  II,  366.  c.  Vie  de  Saint  Amand  par  Baudemond,  son  dis- 
ciple. AclaS.  s.  Belgii,  IV,  251.  (^)  Acta  S.  S.  Belgii,  IV.  491.  (*)  Hist.  eccl. 
de  HenriOD  XVII,  2%. 


469 


menaces  et  ses  présents  insidieux,  à  supporter  aussi  les  arres- 
îations,  les  violences,  l'exil,  pouîr  s'être  refusé  ù  reconnaître 
dans  les  fils  d'une  concubine  de  ce  Thierry  des  princes  royaux 
et  des  enfants  légitimes?  Ne  l'avait-on  pas  vu,  par  sa  parole  tant 
qu'il  put  aborder  le  prince,  par  ses  lettres,  quand  le  bannisse- 
ment l'eut  éloigné  lui,  «  reprocher  au  Roi  de  se  livrer  aux  adul- 
tères du  concubinage,  au  lieu  de  jouir  de  la  société  d'une  épouse 
légitime.  (^)  » 

Voilà,  puisque  l'on  a  prétendu  atténuer  la  faute  de  Pépin,  et 
contester  la  conduite  qu'elle  imposait  ti  son  évêque  en  alléguant 
les  mœurs,  les  usages  du  temps,  voilà  quelles  étaient  pour  les 
catholiques,  pour  les  évoques  surtout,  les  pratiques,  les  ti'adi- 
tions  et  les  lois  de  l'époque.  Si  Pépin  a  pu  se  laisser  entraîner  à 
les  méconnaître,  Lambert  n'a  pu  faillir  au  devoir  de  les  rappeler 
à  Pépin. 

Elève  du  prêtre  romain  Landoald,  imbu  par  lui  des  doctrines 
romaines,  disciple  ensuite  de  cette  école  du  palais  dans  laquelle 
enseignaient  les  pontifes  les  plus  éclairés,  il  ne  pouvait  ignorer 
ni  les  décrets  de  tant  de  saints  conciles  ni  les  instructio'is  de 
tant  de  saints  pontifes;  compagnon  particulièrement  chéri  et 
soigné  d'un  évêque  instruit,  Théodnrd,  il  avait  encore  étendu 
par  son  application  à  la  lecture  (2)  les  connaissances  reçues  de 
ces  maîtres  d'une  stricte  orthodoxie;  il  avait  vu  le  respect  pour 
la  discipline  ecclésiastique  empêcher  ce  Théodard  de  le  choisir, 
de  son  vivant,  pour  successeur  (3).  Lui-même  à  Stavelot  avait 
poussé  la  pratique  de  ces  règles  (4)  jusqu'à  se  soumettre  sans 
hésiter  aux  ordres  irréfléchis  de  l'abbé,  qui  par  une  nuit  d'hiver 
l'envoya  prier  à  la  croix  du  préau  ;  au  moment  du  martyre  il 
portera  ce  zèle  scrupuleux  à  ce  point  excessif  de  rejeter  loin 
de  lui  l'arme  d'abi)rd  saisie  pour  opposer  à  ses  assassins  une 
défense  légitime  (s).  Comment  admettre  que  devant  l'adultère  de 


(*)  Hist.  ceci,  de  Henrion.  296.  Patr.  lat.  LXXXVII,  p.  1029,  etc.  (^  Acta  S. S. 
Belgii,  Yl,  132.  (')  Id.,  id.,  id.  {i]  Id.,  id.,  133.  ('j  Id.,  id.  138. 


-  470    - 

PepiiK  Lambert  si  parfaiieinent  instruit  des  préceptes  de 
l'Église  et  si  empressé  d'y  coiuoriner  les  moindres  actes  de  sa 
vie,  Lambert  se  serait  tu  ! 

C'eût  été  de  sa  part  méconnaître  l'enseignement,  répudier  les 
titres  de  gloire  de  tous  les  saints  qu'il  avait  dû  vénérer  le 
plus:  Eloi,dont  il  avait  pu  entendre  Ouen  rappeler  les  leçons 
k  la  cour  du  prince  ;  Colomban  sous  la  règle  et  parmi  les  fils 
duquel  il  avait  vécu  sept  ans  à  Stavelot;Tliéodard,  son  devancier 
immédiat  dans  la  carrière  épiscopale  et  dans  la  voie  du  martyr- 
Amand  son  indomptable  prédécesseur;  tous  ces  évêques  ses 
contemporains  ou  ses  modèles  qu'il  avait  vus  avant  lui,  autour  de 
lui, opposer  d'énergiques  résistances  à  l'immoralité  des  princes, 
affronter  tous  les  tourments,  donner  leur  vie  enfin  plutôt  que 
de  rien  sacrifier  aux  passions  adultères  des  souverains  les  plus 
redoutables.  El  comme  eux,  il  n'aurait  pas  poussé  jusqu'aux 
extrémités  les  plus  sanglantes  la  fidélité  aux  lois  de  l'Eglise,  la 
défense  de  l'indissolubilité  du  mariage  chrétien! 

Ah  !  sans  doute  il  avait  la  faculté,  le  devoir  même  de  se  sou- 
venir des  sentiments  religieux  dont  le  cœur  du  maire  de  Hers- 
tal  resta  pénétré  au  milieu  des  plus  grands  écarts  de  conduite; 
du  concours  que  Pépin  prêtait  à  l'édification  des  églises  et 
des  monastères;  de  l'appui  qu'il  donnait  partout  autour  de  lui 
au  clergé,  aux  missionnaires;  du  secours  que  Lambert  lui-même 
en  avait  reçu  lorsque  la  main  du  puissant  ministre  ramena 
l'exilé  de  Stavelot  au  trône  épiscopal. 

Mais  ce  passé  glorieux,  ce  caractère  de  prolecteur  de  l'Eglise 
dont  Pépin  se  montrait  fier,  —  loin  d'étouffer  le  scandale,  le 
rendait  plus  dangereux  pour  les  populations  et  commandait  plus 
impérieusement  à  l'évêque  de  blâmer  ce  scandale  et  de  le  faire 
cesser  si  possible. 

Les  Dagobert,  les  Thierry,  les  Childéric  avaient  aussi 
comblé  les  églises  de  leurs  largesses  :  leur  inconduite  n'en 
avait  pas  été  moins  hautement  réprouvée  —  au  contraire, —  par 
les  Léger,  les  Colomban,  les  Didier,  les  Arnould  et  les  Amand! 


—  471  — 

En  ce  temps  de  pénitences  publiques,  d'excommunications  et  d'in- 
terdit, on  ne  s'accommodait  guère  d'avis  secrets,  de  prédications 
intimes,  de  réprobations  cachées  ;  mais  à  supposer  même  que 
S.  Lambert  se  fût  contenté  de  reprendre  Pépin  à  l'écart,  n'était- 
ce  pas  assez  pour  provoquer  la  vengeance  d'Alpaïde  et  de  son 
frère,  pour  les  exciter  à  se  débarrasser  d'un  censeur  redou- 
table? L'évêque  aurait-il  pu  retenir  une  protestation  publique 
si  quelque  incident,  comme  la  très-vraisemblable  aventure  de 
Jupille,  l'avait  mis  en  demeure  ou  d'éclater  devant  tous  ou  de 
ratifier  le  scandale  par  un  coupable  silence,  par  une  forfaiture 
au  devoir  ? 

Dans  le  cas  d'ailleurs,  où  Lambert  aurait  voulu  soit,  par  une 
honteuse  faiblesse,  fermer  les  yeux  sur  l'inconduite  de  Pepiti, 
soit,  par  prudence  ou  gratitude,  ne  la  lui  reprocher  que  dans 
l'intimité,  sans  prendre  publiquement  la  défense  de  l'épouse 
abandonnée,  celle-ci  ne  rencontrait-elle  pas,  dans  la  législation 
du  temps,  des  moyens  de  contraindre  l'évêque  à  sortir  de  cette 
réserve  ? 

Le  premier  empereur  chrétien,  Constantin,  avait  par  uiie 
constitution  adressée  vers  l'an  331  au  préfet  du  prétoire, Ablavius, 
attribué  officiellement  aux  évéques  un  pouvoir  judiciaire  que 
leur  avaient  librement  confié  depuis  longtemps  déjà  les  usages 
des  premiers  siècles  chrétiens  :  «que  les  sentences  des  évéques, 
sans  distinction  de  matière,  doivent  être  tenues  pour  inviola- 
bles... Tout  demandeur  donc  ou  tout  défendeur  qui,  soit  au 
commencement  du  procès,  soit  pendant  l'instance,  soit  au  mo- 
ment de  la  sentence  veut  s'en  référer  au  jugement  de  son  évéque, 
qu'il  soit  renvoyé  à  l'évêque,  même  si  l'autre  partie  s'y  refuse.  (')  » 

Cette  loi  dont  on  ne  conteste  la  paternité  h  Constantin  que  pour 
la  conférer  à  l'un  ou  l'autre  de  ses  successeurs,  ce  qui  importe 
peu  dans  le  cas  présent,  avait  été  moditiée,  et  avait  fini   par 

(*J  L'Église  et  lerapire  romain  au  IV--'  siècle  par  Albert  de  Broglie,  1"  partie  11, 
265. 


—  472  — 

tomber  v'i;  désuélude  en  Orient;  il  semble,  au  cuniraire,  que  les 
provinces  sepleiUrioualei  fie  l'empire  n'o:!t  pas  eessé  de  l'ob- 
server; toujours  est-il  que  Haëiiel  el  Periz  en  ont  découvert  des 
copies  fiiites  aux  premières  années  du  VIII"  siècle  ou  aux  der- 
nières du  VIP,  c'est  h  dire  du  temps  de  Sl-Lamberl— et  dont  se 
servaient  les  évéques  de  ce  siècle.  {\)  O.i  sait  aussi  que  les 
Francs  permirent  aux  peuples  qu'ils  avaient  vaincus,  de  con- 
server leur  ancienne  législation  el  qu'un  décret  de  Clotaire  de 
560  notamment,  proclama  que  l'église,  le  clergé  et  les  anciens 
habiianis  des  Gaules  restaient  régis  par  la  même  législation  — 
la  législation  romaine  dans  laquelle  avait  pris  place  la  constitu- 
tion de  331.  Clotaire  étendit  même  ces  attributions  judiciaires 
de  l'épiscopat;  il  accorda  aux  évêques  une  véritable  suprématie 
sur  toute  la  magistrature  civile,  en  leur  conférant  la  mission  de 
réprimer  en  l'absence  du  roi,  les  juges  qui  auraient  mal  jugé  et 
de  réformer  leurs  sentences,  f-) 

Ce  thésaurarius  qui  olim  judex  fiierat  suus,  Amalgysile  li  qui 
S.  Lambert,  d'après  sa  plus  ancienne  biographie,  a  prédit  en 
vision  le  châtiment  de  Dodon,  était-il  un  des  juges  que  le  prélat 
avait  chargé  de  le  représenter  pour  siéger  soit  au  civil,  d'après 
la  vieille  législation  romaine,  soil  dans  le  tribunal  des  affaires 
ecclésiastiques  de  l'épiscopat  ?  Nous  n'oserions  en  décider  :  la 
qualité  de  trésorier  que  lui  attribue  l'histoire  permet  tout  à  la 
foio  d'entendre  ce  mot  de  judex,  dans  le  sens  d'administrateur 
du  temporel  d'une  église  (3)  ou  dans  le  sens  de  magistrat. 

Mais  quelque  traduction  que  l'on  donne  h  ce  terme,  il  est  per- 
mis aussi  de  se  demander  si  dès  lors,  les  affaires  de  mariage  ou 
de  divorce  ne  relevaient  pas  uniquement  de  la  juridiction  ecclé- 
siastique, el  si  nos  aïeux  chrétiens  n'étaient  pas  déjà  régis  par  les 
pratiques  consacrées  dans  les  capitulaires  de  803  et  7G9  puis 
dans  ces  Assises  de  Jéiusalem,  œuvre  de  notre  Godelioid  de 


(')  Railvem,  Discours  de  rentrée  48u2,  p.  14.  (')  Id.  p.  21,  et  l'homassin.  4nc. 
discipl.  de  l'Église,  2''  partie,  liv.  111,  chap.  104.    ')  Ducange,  Verbo  Judex. 


—  473  - 

Bouillon,  où  s'affirme  si  net,tem?.nl  le  principe  :  «  Nulle  cour  ne 
sedoitentremeitre  des  faits  de  mariage,  si  ce  n'est  sainte  Église.» 

Pleclrude  n'aurait-elle  pu,  devancière  des  reines  abandonnées, 
qui  dans  lemoyea-âgene  manquèrent  point  de  confier  leur  cause 
à  ces  tribunaux  sacrés,  saisir  la  juridiction  ecclésiastique  de  ses 
démêlés  avec  Pepin?N'aurait-elle  pu  même,  en  qualité  de  gallo- 
romaine,  invoquer  les  lois  de  son  pays,  porter  sa  plainte  au 
tribunal  civil  de  l'évêque,  pour  le  contraindre  h  lui  faire  rendre 
justice?  —  Il  serait  bien  malaisé,  ce  nous  semble,  de  répandre 
par  une  dénégation  formelle  h  ces  questions;  d'autant  que  dé- 
vouée h  l'Église,  gardant  l'auréole  des  saints  jusque  dans  la 
pierre  sépulcrale  de  Cologne  sur  laquelle  elle  apparaît  calme 
et  fière,  tenant  entre  ses  mains  l'attestation  du  bien  qu'elle  fit 
aux  sanctuaires  :  Dilexl  decorem  domiis  tuœ,  —  énergique,  am- 
bitieuse même  comme  elle  le  fit  voir  dans  la  suite,  9>ant  enfin 
le  droit  pour  elle,  l'épouse  légitime  de  Pépin  n'était  pas  femme 
à  craindre  d'appeler  l'épiscopat  h  prononcer  sur  sa  cause. 

Impossible, en  tout  cas, d'admettre  qu'eu  face  de  l'irrégularité 
constatée  dans  la  conduite  de  Pépin,  Lambert  a  pu  laisser 
passer,  s'abstenir  :  il  a  dû  agir,  et  n'a  pu  le  faire  qu'en 
évêque. 

Passons  aux  objections  tirées  de  la  chronologie. 

On  s'est  livré  aux  dissertations  les  plus  savantes  et  les  plus 
variées  pour  démontrer,  par  cette  chronologie,  l'inexactitude  de 
l'explication  rapportée  par  Hucbald  de  la  mort  de  S.  Lambert  : 
tout  ce  déploiement  de  science  visait  à  établir  que  Pépin,  h 
l'époque  du  martyre,  avait  dû  renvoyer  Alpaule,  puisqu'il  vivait 
officiellement  en  bonne  intelligence  avec  Plectiude,  et  l'on 
concluait  de  là  que  les  relations  coupables  du  prince  avec  la 
concubine  n'avaient  pu  exercer  nulle  influence  sur  la  conduite 
des  assassins. 

A  supposer  les  prémisses  de  celte  argumentation  parfaitement 
justifiées,  c'était  manquer  de   logique  qu'en   tirer  ces  con^é 
quences. 


174 


Acceptons  comme  prouvé  lo  renvoi  de  la  concubine  avant 
l'époque  du  martyre  :  au  lieu  de  poursuivre  le  dessein  d'empê- 
cher l.ambert  de  faire  chasser  Alpaïde,  le  crime  ne  pouvait-il 
—  comme  l'admet,  d'ailleurs,  Thys,  un  des  collaborateurs  du 
bollandiste  Ghesquieres,  dans  les  Acta  Sanctorum  Belgii  (')  — 
avoir  pour  but  la  vengeance,  le  désir  de  punir  Lambert  d'avoir 
réussi  dans  sa  tâche  évangélique  !  Qu'on  se  rappelle  les  mœurs 
du  temps,  la  façon  violente  dont  chacun  se  faisait  alors  l'exécu" 
leur  des  condamnations  portées  par  sa  seule  passion,  le  carac- 
tère de  vengeance  individuelle  dont  la  législalion  pénale  était 
alors  pénétrée  :  la  plupart  des  pages  de  l'histoire  politique  des 
mérovingiens  ne  sont-elles  pas  ensanglantées  par  des  traits  de 
ce  féroce  besoin  de  satisfaction  personnelle  ?  Maints  évêques 
n  ont-ils  pas  péri  martyrs  de  la  même  cause  que  Lambert» 
immolés  pour  l'avoir  gagnée  auprès  de  tel  ou  tel  prince:  S.  Didier 
par  Brunehault,  pour  avoir  amené  Thierry,  le  fils  de  cette  reine 
ambitieuse,  à  renvoyer  ses  concubines;  S.  Ghilian  par  l'épouse 
irrégulière  qu'il  avait  réussi  à  faire  répudier  du  duc  Gosbert  de 
Franconie  ? 

Alpaïde,  bien  que  renvoyée,  n'en  restait  pas  moins  la  mère 
du  fils  de  Pépin  ;  n'aurait-elle  pu,  même  en  face  de  Plectrude 
triomphante,  conserver  l'espoir  de  reprendre  la  place  qu'elle 
nvait  occupée  au  palais  ?  Un  mobile  intéressé  se  serait,  dans  ce 
cas,  mêlé  au  motif  de  vengeance  pour  déterminer  Dodon  et  les 
siens  à  renverser,  en  abattant  le  prélat,  ce  qui  pouvait  leur 
paraître  le  principal  obstacle  à  la  rentrée  de  cette  femme  au 
foyer  de  Pépin,  et  par  \h  au  pouvoir  suprême. 

Ainsi,  même  après  la  réconciliation  du  maire  du  priais  et  de 
Plectrude,  la  vengeance  et  l'intérêt  eussent  encore  expliqué  le 
crime  de  Dodon. 

D'autres  (Critiques  se  sont  évertués  à  démontrer  qu'au  temps 
de  l'attentat.  Pépin  se  trouvait  absent  de  Herstal  et  guerroyait 

(«)  Acta  S.  S.  Kelgii,  VI.  p    6H8. 


-  475  - 

au  loin  :  leurs  calculs  ont  le  premier  tort  de  reposer  sur  des 
données  très-prohlématiques,  sur  des  inductions  contestables  ; 
mais  à  suppose:-  exact  et  prouvé  ce  fait  de  l'absence  du  maire 
du  palais,  bien  loin  de  rendre  inadmissible  la  participation 
d'Alpaïde  au  meurtre  de  l'apôlre,  il  lui  donnerait  au  contraire, 
un  surcroit  de  vraisemblance  :  réloignement  de  Pépin  offrait 
une  occasion  propice  pour  tenter  ce  coup  hardi  et  pour  en 
assurer  le  bénéfice  soit  à  la  concubine  seule,  soit  à  elle  et  au 
prince  à  la  fois,  sans  en  faire  trop  visiblement  retomber  la  res- 
ponsabilité sur  celui-ci,  et  sans  le  mettre  immédiatement  en 
demeure  de  punir  les  coupables. 

Tous  les  arguments  évoqués  pour  établir  qu'à  tel  moment 
précis  Pépin  vivait  en  bonne  intelligence  avec  Plectrude,  et  avait 
rompu  avec  sa  concubine,  consistent  au  surplus  en  deux  sortes 
de  faits  :  certaines  pièces  publiques  nous  attestent  que  les 
époux  ont  ensemble  apposé  leur  signature  à  divers  documents 
officiels  :  certains  récits  nous  les  montrent  accomplissant  en- 
semble où  à  peu  près  ensemble  des  actes  de  libéralité  chré- 
tienne. Est  ce  assez  pour  établir  que  dès  Inrs  l'épouse  légitime 
avait  absolument  triomphé  de  l'autre  ? 

A  ce  compte,  il  faudrait  malgré  toutes  les  naissances  irrégu- 
lières ou  tous  les  faits  immoraux  que  l'on  sait,  nier  la  persiî- 
tance  des  relations  coupables  de  Louis  XIV  avec  la  Montespan, 
de  Louis  XV  avec  la  Pompadour.  de  cent  antres  rois  hélas^!  avec 
cent  autres  Alpaïdes  —  puisque  les  cérémonies  et  les  pièces 
officielles  du  temps  ont  continué  d'associer  aux  actes  de  ces 
souverains,  les  souveraines  légitimes.  A  ce  compte,  il  faudrait 
commencer  par  nier,  par  exemple,  qu'un  autre  Pépin,  le  roi, 
petit-fils  du  maire  de  Herslal,  songeait  à  se  séparerde  Bertrade, 
la  mère  de  Charlemagne,  au  moment  de  la  venue  en  France  du 
pape  Etienne  II,  puisqu'on  le  voit  se  porter,  avec  cette  reine, 
au  devant  du  Pontife.  On  sait  pourtant  assez  bien  que  l'inter- 
vention de  celui-ci  fut  nécessaire  pour  réconcilier  les  époux  et 
arracher  le  premier  monarque  caiolingien  aux  chaînes  hon- 
teuses d'une  étrangère  ! 


476 


De  toutes  les  difficultés  cliionologiques  alléguées  contre  la 
tradition  liégeoise  des  causes  du  martyre,  aucune  ne  peut  donc 
l'entamer  :  que  Pépin  au  moment  du  crime  ait  été  absent  ou 
piésent,  reconcilié  avec  Plectrude  ou  séparé  d'elle,  retenu 
encore  dans  les  liens  d'Alpaïde  ou  délivré  de  cet  esclavage  — 
il  n'importe  :  la  date  du  crime  peut  être,  suivant  les  circon- 
stances, reportée  ou  plus  tôt  ou  plus  tard  :  on  n'en  gardera  pas 
moins  la  faculté  d'expliquer  l'aitenlat  par  la  faute  du  maire  du 
palais  et  par  la  fidélité  de  l'apôtre  à  défendre  l'Évangile. 

Cela  posé,  hàtons-nous  d'ajouter  que  pour  nous  l'époque  du 
mariyre  a  dû  précisément  se  trouver  celle  où  les  chartes  du 
temps  cessent  de  nous  montrer  l'un  à  côté  de  l'autre,  Plectrude 
et  Pépin. 

On  ne  connaît  pas  la  date  du  mariage  de  ces  époux  ;  on  sait 
seulement  que  Plectrude  était  du  midi  de  la  France,  et  la  charte 
de  fondation  d'Echtcrnach  en  706  nous  alteste  que  son  père 
poitait  le  nom  d'Hubert  —  d'où  il  est  permis  de  se  demander  en 
tenant  compte  de  l'usage  du  temps  de  conserver  les  mêmes 
noms  dans  les  familles  :  ainsi  Pépin,  Grimoald  ou  Charles 
dans  la  descendance  du  maire  de  Landen,  ainsi  Thierry, 
Chilpéric,  nombre  d'autres  dans  la  génération  de  Glovis  —  si 
Plectrude  n'était  pas  le  lien  de  parenté  qui  unissait  h  Pépin,  un 
Hubeit  plus  célèbre  —  son  neveu  peut-être  —  l'évêque  fonda- 
teur de  Liège.  Quoi  qu'il  en  soit,  deux  fils  au  moins,  Drogon  et 
Grimoald,  naquirent  du  mariage  de  Pépin  avec  la  fille  d'Hubert, 
et  comme  l'on  voit  l'un  d'eux  devenir  père  en  60o,  on  peut 
reporter  leur  propre  naissance  jusqu'en  l'an  675.  D'après 
un  chroniqueur  en  position  d'être  bien  informé,  car  il  écrivait 
dans  la  piemière  moitié  du  .^iècle  suivant  et  peut-être  sur  l'ordre 
de  Childebrand,  l'un  des  fils  d'Alpaïde,  d'après  ce  continuateur 
(leFrédégaire,  les  relations  ne  devinrent  publiques  entre  Pépin 
et  Alpaïdeque  vingt  ans  plus  tard,  entre  l'an  695  et  l'an  700  (*) 

(«)  Palrol.  lat.   LXXl,  p.  672. 


477 


et  si  la  participation  commune  à  un  acte  officiel  peut  être  invo- 
quée comme  le  signe  du  maintien  ou  du  réiablissement  de  l'ac- 
cord dans  le  ménnge  régulier  du  maire  de  Herstal,  les  chartes 
contemporaines  non  seulement  confirment  les  indications  du 
continuateur  de  Frédégaire  mais  limitent  aux  premiers  jours 
de  l'an  701  les  infidélités  de  Pépin  :  nous  voyons  en  effet,  le  20 
février  691,  celui-ci  et  Piectrude  Mve  ensemble  des  largesses  à 
l'église  des  SS.  Apôtres  à  Melz  ;  puis  dix  ans  s'écouler  sans 
qu'aucun  acte  public  mentionne  la  princesse;  celle-ci  ne  repa- 
raît aux  côtés  de  son  mari  que  le  20  janvier  701,  pour  échanger 
certaines  de  leurs  propriétés  communes  contre  des  biens  de 
l'église  de  Verdun  ;  le  13  mai  706,  pour  doter  le  monastère 
d'Eplernach;  en  708  pour  élever  celui  de  Fontenuile  ;  en  714, 
peu  avant  la  mort  de  Grimoald  et  celle  de  Pépin,  pour  donner 
Susteren  h  S.  Willebrord. 

Voilù  pour  les  chartes.  Quant  à  l'histoire,  le  Ven.  Bède  nous 
apprend  que  son  contemporain,  S.  Svvidbert,  un  des  apôtres  de 
la  Hollande,  fut  sacré  évéque  en  692,  se  transporta  aussitôt  en 
Frise,  en  l'ut  chassé,  et  se  trouva  dès  son  arrivée  en  nos  pays 
l'objet  de  la  bienveillance  de  Pépin  et  de  Piectrude  :(')  est-il 
besoin  de  faire  remarquer  que  ces  éévnements  ont  pu  se  passer 
en  moins  de  trois  ans,  avant  695  ,  et  que  les  deux  époux  ont  pu, 
d'ailleurs,  réserver  chacun  l\  part  ce  bon  accueil  h  l'apôtre? 

Le  premier  historien  de  S.  Trond  nous  raconte  de  son  côté 
que  les  miracles  du  saint  amenèrent,  neu  après  sa  mort, 
Plecirude  et  Pépin  à  son  tombeau  et  valurent  à  l'église  où 
re|)0sait  l'apôtre  les  générosité.'^  de  ces  princes.  (2)  Le  biographe 
il  est  vrai,  n'indique  pas  avec  précision  si  les  deux  époux 
accomplirent  ensemble  ie  pèlerinage;  il  rapporte  successivement 
leurs  largesses;  Pépin  donna  des  terres,  Piectrude  un  autel 
et  il  ne  paraît  pas  qu'un  accord  quelconque  ait  présidé  h  ces 
offrandes.  Encore  est-il  que   suivant  les  Bollandisies,  la  mort 

(».   Acta  s.  s.  Belgii  VI,  160.   (»,/  J<J.,  V,  16,43. 


-  478  - 

de  S,  Trond  peut  être  reportée  à  l'an  692,  et  que  si  la  visite  fut 
molivé  1  par  le  renom  croissant  du  pouvoir  du  saint,on  ne  peut 
la  placer  ni  tout  de  suite  ni  longtemps  après  cette  mort  :  quoique 
Mabillon  incline  pour  698,  on  peut  aussi  bien  admettre  encore 
694  ou  695. 

Il  est,  ce  semble,  d'autant  moins  interdit  de  faire  partir  de 
l'époque  déterminée  par  ces  inductions  et  par  le  continuateur 
de  Frédegaire,  les  relations  de  Pépin  et  d'Alpaïde,  qu'elle 
coïnciderait  avec  une  date  possible  de  la  naissance  du  plus 
célèbre  enfant  sorti  de  ces  relations,  Charles  Martel. 

Venu  au  monde  en  695,  Charles  aurait  eu  de  la  sorte  19  ans 
à  la  mort  de  son  père  en  714  et  cet  âge  expliquerait  h  la  fois  et 
que  Plectrude  ait  pu  tenir  quelque  temps  le  jeune  homme  en 
son  pouvoir  et  que  celui-ci  ait  eu  à  faire  ses  preuves  pour  être 
accepté  comme  chef  des  Fi-ancs,  héritier  du  pouvour  paternel. 

On  affirme,  nous  le  savons,  que  Charles  Marte),  mort  en 
741,  était  âgé  de  50  ans  ;  il  faudrait  reporter  en  ce  cas  sa  nais- 
sance vers  cet  an  691,  après  lequel  on  ne  rencontre  plus  pendant 
dix  ans  de  pièces  signées  h  la  fois  du  maire  du  palais  et  de 
Plectrude,  mais  il  suivrait  de  ]h  seulement  que  ce  serait  après 
la  naissance  de  ses  fils  adultérins,  pour  la  légitimer  en  quelque 
sorte  aux  yeux  des  Francs  que  Pépin  aurait  prétendu  élever  leur 
mère  au  rang  d'épouse,  et  lui  faire  prendre  publiquement  la 
place  de  Plectrude  qu'elle  occupait  déjk  en  secret  au  foyer  du 
maire  du  palais.  Ici  encore  des  exemples  de  cette  faiblesse  ne 
s'offrent  héla»  !  que  trop  fréquemment  dans  l'histoire  des 
princes  et  de  leurs  erreurs. 

Tout  nous  ramène  donc  â  placer  dans  les  deinièies  années 
du  septième  siècle  i'inconduite  de  Pt'pin,  et  â  croire  que 
s'il  est  possible  de  déterminer  le  moment  où  elle  a  pris 
fin,  c'est  avec  la  fin  de  ce  siècle. 

Cette  dernière  année,  ou  la  précédente  est  précisément  celle 
aussi  du  martyre  de  Lambert. 

La  première   biographie  du  saiul,  pas  plus  que  celle  d'Huc- 


—  479  — 

bald  ne  nous  a  ni  marqué  la  date  de  l'attentat,  ni  fourni  aucune 
donnée  chronologique  de  nature  h  nous  permettre  de  la  décou- 
vrir; mais  en  déterminant  l'époque  de  l'arrivée  de  S,  Hubert  au 
trône  épiscopal  on  s'approchera  de  beaucoup  à  coup  sûr  de 
celle  de  la  mort  de  son  prédécesseur. 

Dans  uneéludeconsacréeau  fondateur  deLiégcC)  nous  avions 
fait  observer  que  deux  chartes,  dont  on  n'avait  pas  jusqu'alors 
assez  remarqué  les  signatures,  obligeaient  de  placer  le  sacre  du 
successeur  de  S.  Lambert  entre  les  années  698  et  706:  à  la  pre- 
mière de  ces  dates,  nous  voyons  en  effet,  un  Hugoberlus  pres- 
byter ,  vraisemblablement  notre  S.  Hubert,  signer  en  se 
donnant  cette  simple  qualification  de  prélre  la  charte  de  fonda- 
tion d'Epternach  par  l'abbesse  Irmine,  et  !o  14  mai  706,  la 
même  signature  reparaître,  avec  la  mention  évêque  cette  fois 
Hugoberlus  episcopus  à  la  suite  de  l'acte  des  donations  faites  par 
Pépin  et  Plectrude  à  ce  même  monastère. 

Nous  avons  eu  la  bonne  fortune  de  voir  depuis  que  l'étude 
des  documents  avait  conduit  à  la  même  conclusion  le  savant 
occupé  en  ce  moment  de  préparer  la  Vie  de  S.  Hubert  pour 
la  collection  des  Acla  Sqnctorum,  le  R.  P.  Ch.  de  Smedt;  sa 
Note  criliquesur  l'année  de  la  mort  de  S.  Lambert  signale  le  rang 
d'honneur  donné  dans  le  second  de  ces  diplômes  h  la  signature 
de  l'évêque  Hubert,  après  celles  des  princes,  avant  celles  des 
autres  prélats,  désignation  significative  de  l'évêque  du  diocèse  : 
elle  rapproche  ce  détail  de  la  tradition  liégeoise  qui  en  attri- 
buant le  sacre  de  S.Hubert  au  Pape  Sergius  ne  permet  pas  de  le 
reculer  plus  loin  que  le  8  octobre701,date  de  la  mort  de  ce  Pape; 
elle  a  soin  de  noter  enfin  que  les  plus  anciennes  chroniques  où 
la  date  du  martyre  se  trouve  renseignée,  concordent  à  leur  insu 
ave3  la  charte  de  701  ;  les  Annales  leodienses  écrites  dans  l'on- 
zième siècle  portent  701;  Sigeberl  de  Gembloux  mentionne 
698;  la  Chronique  d'Ekkehard  mort  en  1129,  abbéd'Aurach  dans 

(',  Saint- Hubert,  sa  légende  et  son  histoirt!,  p.  19. 


—  480  — 

le  diocèse  de  Bambergf,  donne  700;  vers  la  même  époque,  le 
chanoine  Nicolas  la  fixe  sous  le  pontificat  de  Sergius,  d'après 
une  vie  de  S.  Hubert  fort  connue  de  son  temps;  les  Notce  aureœ- 
vallenses  de  la  fin  du  XII"  siècle  indiquent  699  ou  700,  et  les 
Gesta  Abbatiim  trudonensium  du  XIV'',  l'année  G98. 

Pour  trouver  une  voix  discordante,  il  faut  l'aller  chercher  en 
Autriche,  au  monastère  de  Melk,  où  un  annaliste  du  début  du 
XIV^'  siècle  fixe  i\  l'an  706  l'époque  du  martyre,  avec  une  igno- 
rance telle  qu'il  prétend  du  même  coup  que  S.  Lambert  a  été 

immolé  par  Ebroin sous  le  pontifient  de  Léon  III  et  le  règne 

du  roi  Pépin!  Celte  efflorescence  d'erreurs  suffît  sans  doute 
pour  enlever  toute  valeur  à  ce  témoignage  unique. 

Les  érudils  qui  prétendent  reporter  l'attentat  h  l'an  708  ou 
709,  pouvaient  cependant  se  prévaloir  d'un  rapprochement  qui 
de  prime  abord  paraissait  concluant. 

Une  charte  relative  h  Stavelot,  atteste  que,  à  la  date  de  sep- 
tembre 667,  S.  Théodard  occupait  encore  le  siège  épiscopal  de 
Tongrcs;  or,  la  biographie  de  S.  Hubert,  œuvre  d'un  disciple 
de  l'apôtre,  affirme  que  l'épi.scopat  de  S.  Lamltert  avait  duré 
XL  ans;  dès  lors,  impossible  de  ne  pas  l'étendre  de  l'année  668 
à  l'année  708. 

L'objection  pour  catégorique  qu'elle  semble,  touche  peu  leR. 
P.  Ch.  de  Smcdt;  il  déclare  nettement  que  !e  biographe  de  S. 
Hubert  s'c.st  iroinpé  en  ce  point,  qu'une  voix  aussi  isolt'C  ne 
peut  faire  argument  en  préstMice  du  concert  unanime  de  nos 
chroniqueurs  les  plus  anciens,  et  que  cette  voix  d'ailleurs 
manque  d'autorité  sur  ce  point  : 

«  Il  n'est  pas  dilTicile,  dit- il  du  liiographe  de  Saint  Hubert,  de  s'aper- 
cevoir que  non-seulement  il  manie  fort  péniblement  la  langue  latine,  mais 
encore  que  saufla  sincérité,  il  n'a  prescpie  aucun  des  mérites  que  nous 
sommes  habitués  à  priser  chez  un  historien.  Il  ne  sait  rien  de  tout  ce  qui 
a  précédé  la  translation  du  corps  de  Saint  Lambert  et  du  siège  épiscopal 
de  Maestiicht  à  Liège,  la  treizième  année   de  l'épiscopat  de  Saint  Hubert. 


—  481  — 

Tout  ce  qu'il  dit  relativement  aux  douze  années  qui  ont  précédé,  se  ré- 
duit à  un  éloge  qui  ne  doit  ceititinement  pas  être  restreint  à  cette  période 
particulière. 

Il  ne  nous  apprend  pas  davantage  des  grands  actes  épiscopaux  de 
Saint  llubeit,  des  statuts  ou  règlements  qu'il  a  promulgués,  des  synodes 
qu'il  a  convoqués  ou  auxquels  il  a  assisté,  de  ses  rapports  avec  Pépin 
ou  avec  d'autres  grands  personnages  de  l'époque.  Tout  se  borne  au  récit 
de  quelques  miracles  du  Saint,  à  la  mention  de  ses  travaux  apostoliques 
dans  les  Ardennes,  dans  laTaxandrie  et  dans  le  Brabant  et  enfin  à  la 
relation  de  sa  dernière  maladie,  de  sa  mort,  de  la  translation  de  son  corps 
à  Liège  et  de  l'élévation  solennelle  de  ce  corps  seize  ans  plus  lard. 

Il  y  a  dans  tout  cela  bien  des  détails  curieux  sans  doute,  mais  rien 
qui  suppose  la  moindre  recherche,  la  moindre  connaissance  historique. 
On  (lirait  d'une  espèce  de  valet  de  chambre,  entré  au  service  de  Saint 
Hubert  peu  de  temps  après  l'arrivée  de  celui-ci  à  Liège,  ayant  suivi 
partout  son  maître  jusqu'à  la  mort,  et  qui,  doué  par  la  nature,  de  quelque 
talent  liitéraiie,  a  voulu  ensuite  faire  partager  à  ses  contemporains  et  à  la 
postérité  sa  vénération  pour  le  grand  évêque,  en  mettant  par  écrit  ce 
qu'il  savait  de  ses  vertus,  des  prodiges  opérés  par  lui,  des  honneurs 
qu'on  lui  avait  rendus  après  sa  mort;  mais  tout  cela  sans  consulter 
d'autres  sources  que  ses  souvenirs  personnels  et  ceux  des  gens  de  sa 
condition.  Un  tel  homme,  on  le  conçoit,  ne  doit  pas  inspirer  une  grande 
confiance  par  rapport  aux  dates  que  ce  genre  de  sources  ne  pouvait  lui 
fournir,  et  c'est  pour  avoir  trop  aveuglément  suivi  son  témoignage  que 
tant  de  vrais  historiens  ont  été  induits  en  erreur  sur  le  point  qui  fait 
l'objet  de  nos  recherches  (p.  12). 

Rien  ne  paraît  mieux  fondé,  plus  justement  observé  que  ces 
remarques  ;  on  ne  saurait  différer  d'avis  avec  le  critique  que 
sur  un  point  peut-être — point  Irès-accessoire  d'ailleurs  :  au 
lieu  d'une  sorte  de  valet  de  chambre,  le  biographe  du  saint  ne 
pourrait-il  pas  aussi  bien  passer  pour  un  clerc  d'un  ordre  infé- 
rieur attaché  moins  au  prélat  qu'à  une  de  ses  églises,  —  moins 
mêlé  à  sa  vie  iniime  qu'aux  céi^émonies  pontificales.  Nous  ne 
voyons  pas,  en  effet,  que  le  saint  lui  ait  jamais  adressé  une 
parole  particulière  ;  les  miracles  même  qu'il  rapporte  de  son 


-  482  — 

maître  se  sont  produits  dans  des  cérémonies  publiques  :  pro- 
cessions, issue  d'offices,  ou  tout  au  moins  devant  de  nombreux 
témoins  ;  h  pnrt  la  mort  de  l'apôire,  à  laquelle  il  assiste  parce 
que  la  maladie  surprend  Hubert,  dans  l'accomplissement 
solennel  des  fonctions  épiscopales,  de  quel  événement i«?/me  de 
la  vie  de  son  héros  a-t-il  été  le  témoin  privilégié  ?  Je  viens  de 
constater  dans  son  travail  maintes  ressemblances  frappantes 
—  reproductions  textuelles  —  avec  celui  d'une  Vie  de  S. 
Arnould,  évêque  de  Metz,  adressée  par  un  anonyme  à  S.  Cloud, 
fils  et  successeur  de  cet  Arnould,  Vie  que  la  plupart  des  cri- 
tiques croient  avoir  été  écrite  par  un  contemporain  vers  l'an 
652  (*).  Noire  biographe  aurait  donc  pris  celui  de  S.  Arnould 
pour  modèle  :  présomption  de  plus  pour  conclure  qu'il  était 
étranger  au  pays  liégeois,  dans  lequel  on  n'a  jamais  révéré 
particulièrement  cet  Arnould;  qu'il  sortait  sans  doute  des  écoles 
de  Metz,  et  n'aurait  quitté  celte  ville  que  dans  les  dernières 
années  de  l'épiscopat  de  S.  Hubert.  Quoi  qu'il  en  soit,  valet  de 
chambre  ou  —  comme  nous  sommes  plus  lenlé  de  le  croire 
d'après  ce  qu'il  dit  notamment  de  ses  compagnons  dans  son 
introduction  —  clerc  inférieur  d'une  des  églises  établies  à  Liège 
par  S.  Hubert,  ce  biographe  étranger  n'a  pas  l'autorité  suf- 
fisante pour  devoir  être  cru  seul,  en  face  de  contradicteurs  aussi 
nombreux. 

On  a  fait  trop  bon  marché,  d'autre  part,  d'une  objection 
qu'opposait  dès  1670,1e  chanoine  René  de  Sluse  (*)  aux  adver- 
saires de  la  tradition  liégeoise,  sur  le  choix  de  l'année  709 
comme  date  du  martyre.  Le  second  continuateur  de  Frédégaire, 
rapporte  dans  sa  chronique  des  événements  dont  il  était  le  con- 
temporain, qu'en  714,  Grimoald  venant  rendre  visite  à  son 
père  Pépin,  malade  alors  h  Jui)ille,  fut  assassiné  dans  la  basi- 
lique de  S.  Lambert  :  «  cum  ad  oralionem  in  basiiica  sancti  Lant- 

(*)  Hist.  lilt.  de  la  France,  III,  o76.  C)  De  Tempore  et  causa  martyrii  B.  Larri' 
berti,  p.  2S. 


i 


—  483  - 

berti  martyris  processisset .  »  Or,  on  sait,  par  le  témoignage  de 
deux  autres  conlemporaiiis,  les  premiers  historiens  de  S.  Lam- 
bert et  de  S.  Hubert,  que  ce  dernier  ne  reporta  que  dans  la  trei- 
zième année  de  son  pontificat,  les  restes  de  son  prédécesseur 
de  Maestricht  à  Liège,  ce  qui  équivaudrait  à  l'an  722,  s'il  fallait 
reculer  jusqu'à  709  le  trépas  de  Lambert.  Comment,  en  ce  cas, 
Grimoald  aurait-il  pu  prier,  en  714,  «  dans  la  basilique  de  S. 
Lambert  ?  » 

On  riposte,  il  est  vrai,  en  invoquant  plusieurs  textes,  très- 
nets  d'ailleurs,  de  la  première  biographie  du  martyr,  qu'avant 
la  translation  liégeoise,  les  habitants  du  village  de  la  Légia, 
émerveillés  des  miracles  de  leur  nouveau  patron,  avaient  élevé 
une  basilique  {^)  sur  l'emplacement  où  il  avait  été  égorgé.  Cet  ora- 
toire toutefois  ne  devait  être  qu'une  construction  bien  peu  con- 
sidérable, puisque  S.  Hubert  dut  larenouveler  avant  d'y  déposer, 
dix  ans  plus  tard,  les  restes  de  l'apùtre.  Pouvait-elle  mériter  le 
nom  de  basilique,  pour  ce  continuateur  de  Frédégaire  qui,  à  la 
différence  de  nos  hagiographes,  applique  seulement  ce  nom  aux 
temples  les  plus  vastes  ?  Tandis  qu'il  désigne  sous  le  nom  d'ec- 
clesiœ,  les  églises  ordinaires  :  «  ecclesiis  igné  concrematis,  » 
dit-il,  cl  propos  de  l'invasion  des  Sarrasins,  il  appelle  basilique 
à  Metz,  le  temple  de  S.  Arnould  :  «  Drocus  sepulîus  est  in  basi- 
lica  Arnulfi  confessoris  Mettis  urbe  ;  »  à  Poitiers,  celui  de 
S.  Hilaire  :  «  basilica  Sancti  Hilarii  igné  concremata.  »  Et  de 
même  fait  le  S™"  continuateur,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  peut-être  de 
distinguer  du  second  ;  le  nom  de  basilique  ne  se  présente  aussi 
sous  sa  plume  que  trois  fois,(^)  et  toujours  à  propos  de  la  célèbre 
église  de  S.  Denis,  près  Paris.  Comment  après  cela  ne  pas  se 
demander  avec  quelque  raison  si,  chez  lui,  la  désignation  du  lieu 
de  l'assassinat  de  Grimoald  peut  s'entendre  d'une  autre  basi- 
hque  que  lâprœgraiidis  ecclesia('^  )évigée  par  S.  Hubert,  et  si  son 


(1)  Ghesqu.  VI.  143-144.  —  (2)  Patrol.  lai.  LXX,  pp.  680,  681.    (')  Ghesq.  VI. 
145.  et  Vie  de  S    Hubert;  édition  de  Sraedt,  pp. 18  et  29. 


-484  - 

témoignage  n'est  pas  une  preuve  nouvelle  dès  lors  que  la  date 
du  martyr  ne  peut  être  placée  plus  tard  qu'à  la  fin  du  Vlh' 
siècle. 

Autre  induction  :  les  Notae  aureœvallenses,  fragments  d'une 
chronique  assez  sérieuse,  arrêtée  à  l'an  119:2  et  qui  se  faisait 
en  cela  sans  doate  l'éclio  de  traditions  antérieures,  attribuent 
une  trentaine  d'années  d'épiscopat  à  S.  Hubert  et  le  font  mourir 
«  circa  annum  730.  »  (')  On  sait  d'autre  part,  que  le  saint  est 
mort  en  727,  puisqu'un  témoin  oculaire  de  l'élévation  de  ses 
reliques  raconte  qu'elle  eut  lieu  16  ans  après  son  trépas,  l'an  3 
du  gouvernement  de  Carloman,  c'est-à-dire  en  743  ou  744.  Dès 
lors,  pour  avoir  occupé  le  siège  pontifical  pendant  la  trentaine 
indiquée,  il  fallait  qu'il  y  fût  monté,  non  en  709  mais  sur  la  fin 
du  Vil"  siècle. 

Dernière  observation  :  Une  charte  du  12  décembre  721  f)  nous 
atteste  que  Herelaef,  fils  de  Badegard,  céda  sous  cette  date 
diverses  propriétés  sises  en  cet  endroit,  et  sur  les  territoires 
de  Deurne  ou  Vlierden  —  «  à  la  basilique  qu'il  avait  construite 
à  Baclaos  (Bukel)  en  l'honneur  des  S.  S.  Pierre,  Paul  et  Lam- 
bert. »  Etait-il  possible  qu'on  érigeât  des  autels  à  S.  Lambert, 
avant  que  la  sainteté  de  l'apôire  n'eût  été  reconnue  par  la  ca- 
nonisation du  temps  :  l'élévation  de  ses  reliques  ?  C'est  cepen- 
dant ce  qu'il  faudrait  admettre,  si  en  accueillant  la  date  de  709 
pour  celle  du  martyre,  on  reculait  jusqu'à  722  celle  de  cette 
canonisalion. 

En  résumé,  les  chartes  et  l'histoire  ne  nous  fournissent  donc 
aucune  preuve  du  maintien  des  bonnes  relations  entre  Pépin  et 
Plectrude  de  69o  an  commencement  de  701  ;  les  chroniques  les 
plus  autorisées  ne  nous  signaient  guère  avant  cette  même  année 
69o,  les  relations  coupables  du  maire  de  palais  et  d'Alpnïde;  le 
successeur  de  Lambert  se  qualifie  encore  prêtre  en  698;  les 


(*)  Edit.  des  bibliophiles  lidgeois,  p.  1  '»8.  (2)  Wauters.  Table  chronologique,  I, 
66. 


-  485  - 

plus  anciens  de  nos  écrivains  nationaux  varient  seulement  à 
fixer  le  martyre  de  Lambert  et  le  sacre  de  son  successeur  entre 
ces  dates,  698  et  701  ;  nous  savons  que  le  17  septembre  est  le  jour 
anniversaire  de  l'attentat  :  comment  ne  pas  s'arrêter  entre  les 
trois  dernières  années  du  septième  siècle,  pour  déterminer  la 
date  sur  laquelle  on  a  tant  disputé,  et  comment  ne  pas  recon- 
naître du  même  coup  qu'en  ce  temps  rien  n'indique  que  Pépin 
lût  réconcilié  avec  Plectrude,  rien  n'indique  qu'il  eût  rompu 
avec  Alpaïde,  et  rien,  par  suite,  ne  permet  de  rendre  celle-ci 
étrangère  au  nom  de  la  chronologie,  à  l'immolation  du  saint 
évêque. 

Ayant  de  la  sorte  déblayé  le  terrain,  des  objections  de  ceux 
qui  s'imaginent  que  les  usages  ou  les  lois  du  temps  auraient  soit 
dispensé,  soit  empêché  Lambert  de  s'élever  contre  l'inconduite 
de  Pépin  et  de  ces  autres  d'après  lesquels,  à  la  date  du  martyre, 
la  rupture  des  relations  coupables  du  maire  de  palais  avec  Al- 
païde mettait  celle-ci  hors  cause,  abordons  le  problème  en  lui- 
même  et  voyons  quelle  sorte  de  créance  peut  mériter  notre  Huc- 
bald  quand,  le  premier  parmi  les  biographes  dont  les  écrits  sont 
arrivés  jusqu'à  nous,  il  dénonce  dans  l'adultère  du  prince  la 
cause  principale  de  l'immolation  de  l'évêque. 

Un  travail  récent  nous  facilitera  notablement  la  solution  de 
la  question  ;  c'est  Y  Etude  critique  sur  S.  Lambert  et  son  premier 
biographe  par  M.  Kurth,  professeur  à  l'Université  de  Liège, 
mémoire  couronné  le  20  avril  i876  par  l'Académie  d'archéologie 
de  Belgique. 

La  valeur  de  cette  étude  nous  dispensera  d'insister  sur  cer- 
tains points  qu'elle  met  parfaitement  en  lumière  ;  elle  nous  obli- 
gera d'autre  part  à  nous  justifier  avec  plus  de  soin,  quand  nous 
croirons  pouvoir  apporter  quelque  confirmation  à  ses  arguments 
ou  quai^d  nous  aurons  la  mauvaise  fortune  de  ne  pas  partager 
l'avis  de  cet  érudit  sur  quelques  détails,  heureusement  pour 
nous  peu  nombreux. 


—  486  - 

M.  Kurth  ne  donne  à  l'attentat  de  Dodon  qu'un  mobile  :  le 
désir  des  assassins  de  faciliter  l'inconduite  de  Pépin;  nous 
estimons  avec  notre  poëte,  que  c'est  lo  pi-incipal,  mais  non  le 
seul  ;  que  S.  Lambert  a  payé  de  sa  vie  et  le  courage  avec  lequel 
il  a  défendu  la  morale  de  l'Evangile,  et  celui  aussi  avec  lequel 
il  avait  défendu  le  patrimoine  de  son  Eglise. 

M.  Kurth,  ainsi  que  l'indique  le  titre  de  sa  Dissertation,  s'at- 
tache surtout  k  l'étude  du  premier  biographe  connu  de  S. 
Lambert:  notre  point  de  départ  sera  plus  général. 

Il  convient,  en  effet,  de  le  constater  dès  l'abord  :  les  sources 
directes  de  l'histoire  de  S.  Lambert,  ses  biographies  les  plus 
anciennes,  peuvent  être  divisées  en  deux  catégories  très-dis- 
tinctes: la  catégorie  des  écrits  sans  caractère  officiel  —  et  la 
catégorie  des  monuments  liturgiques. 

Les  deux  relations  que  Sigebert  de  Gembloux  a  composées  de 
l'existence  et  de  la  mort  de  l'Apôtre  appartiennent,  par  exemple, 
à  la  première  catégorie,  celle  des  œuvres  strictement  person- 
nelles —  et  le  malheur  veut  que  nous  ne  possédions  plus  le 
texte  complet  d'aucune  histoire  de  celte  sorte,  composée 
avant  celles  de  Sigebert. 

Les  pièces  de  la  2*  catégorie,  les  compositions  ofTicielles 
sont  toutes,  au  contraire,  arrivées  jusqu'à  nous,  la  première 
avec  plus  ou  moins  d'intégrité,  il  est  vrai;  celle-ci  est  la  version 
primitive  des  offices  de  l'Eglise  de  Liège,  écrite,  ce  semble,  du 
temps  de  S.  Hubert,  citée  déjà  dans  la  vie  de  ce  saint  par  le 
lémoin  oculaire  dont  nous  avons  parlé,  éditée  entre  autres  par 
Mabillon  et  par  les  Bollandistes.  Une  rédaction  nouvelle  lui  fut 
donnée,  croit-on,  par  le  diacre  liégeois  Godeschalc,  sous  l'épis- 
copat  d'Agilfrid  vers  780,  au  commencement  peut-être  du 
règne  de  Charlemagne.  Elle  a  été  remise  à  neuf  derechef  dans 
sa  forme,  mais  non  dans  son  fond,  par  l'ami  d'Hucbald, 
révêque  Etienne  (902-920)  et  la  composition  d'Etienne,  n'aperdu 
son  autorité,  à  son  tour,  que  devant  l'œuvre,  toute  nouvelle 
celle-là,  du  chanoine  Nicolas  (11 24-1147),  au  moment  où  partout 


—  487  - 

triomphait  entiii  l'explication  qu'Hucbald  avait  accueillie  deux 
siècles  plutôt  des  causes  du  martyre. 

Par  une  exception  singulière,  le  travail  même  d'Hucbald  tient 
le  milieu  entre  ces  deux  genres  de  vies;  il  appartient  par  cer- 
tains côtés  à  la  catégorie  officielle  :  du  moins  Etienne  en  a-t-il 
extrait  la  plupart  des  répons  de  son  office  ;  par  d'autres,  il 
revêt  le  caractère  plus  personnel  des  écrits  dont  les  auteurs 
racontant  les  événements  en  toute  liberté,  n'ont  pas  craint  de 
s'écarter  des  données  de  la  première  relation. 

Mais  à  quelle  source  Hucbald  a-t-il  puisé  la  principale  des 
variantes  par  lesquelles  son  récit  s'écarte  des  versions  offi- 
cielles? 

M.  Kurth  estime  que  la  tradition  qui  faisait  retomber  sur 
l'adultère  de  Pépin  la  responsabilité  du  martyre  était  proba- 
blement écrite  dès  le  IX""  siècle  «  consignée  sans  doute  dans 
un  ouvrage  général  plutôt  que  dans  un  travail  spécial  de  la  vie 
du  saint.  »  (  •  ) 

Et  pourquoi  pas  avant  ce  IX"«  siècle,  pourquoi  pas  dans 
un  travail  spécial  ? 

M.  Kurth  lui-même  a  fait  ressortir  l'excellence  du  texte  d'An- 
selme conservé  dans  l'abbaye  d'Averbode,  et  que  dom  Pilra 
avait  recommandé  à  l'attention  des  érudits.  Ce  manuscrit  nous 
montre  que  les  diverses  copies  d'Anselme  précédemment  con- 
nues, offraient  toutes,  dans  le  chapitre  consacré  au  martyre  de 
S.  Lambert,  une  lacune,  d'après  laquelle  on  aurait  pu  accuser 
l'écrivain  liégeois  d'avoir  faussé  le  texte  du  chroniqueur  Regi- 
non,  en  prêtant  à  celui-ci  un  récit  de  l'attentat,  qu'on  ne  retrou- 
vait dans  aucun  de  ses  manuscrits.  De  fait,  Anselme  après  avoir 
cité  fidèlement  Réginon,  passait  —  (et  cette  transition  avait  été 
omise  par  un  malheureux  copiste  dont  tous  les  suivants  ont 
reproduit  l'erreur)  —  à  une  seconde  citation,  celle  d'un  auteur 
liégeois  dont  l'ouvrage  a  péri. 

(♦)  Etude  critique,  p.  89-90. 


-  488  — 

Reginoii  a  iiieritionué  les  reproches  adressés  par  Lambert  h  la 
maison  royale,  «  Quel  était,  reprend  Anselme  après  cette  citation, 
'  quel  était  V objet  de  ces  reproches  adressés  à  la  tnaison  royale? 
Voici  ce  que  7ioiis  en  apprend  la  relation  d'un  antre  écrit  que  nous 
ont  laissé  nos  devanciers»  sur  quoi  Anselme,  détachait  de  cet 
écrit  le  récit  suivant  ; 

Le  roi  Pépin  qui  gouvernait  alors  le  royaume  avait  quitté  son  épouse 
pour  prendre  comme  concubine  la  sœur  de  ce  Dodon,  et  par  les  sugges- 
tions du  diable  proférer  les  amours  coupables  aux  affections  légitimes. 
Pour  ce  fait,  Lambert  seul,  en  acquit  de  son  devoir  de  prêtre,  ne  redoutait 
pas  de  reprocher  publiquement  au  prince  son  adultère,  et  tantôt  le  mena- 
çant des  jugements  redoutables  de  la  divine  justice,  tantôt  lui  peignant 
l'honnêteté  de  l'union  légitime,  ou  la  honte  des  liaisons  adultères,  il  était 
arrivé  à  triompher  de  cette  âme  rebelle  au  point  de  le  détacher  chaque 
jour  davantage  de  sa  criminelle  folie.  Mais  dès  que  la  misérable  eut  com- 
mencé à  s'en  apercevoir,  brûlant  comme  autrefois  Jezabel  contre  Elle  ou 
Hérodiade  contre  Jean-Baptiste,  des  feux  delà  colère  et  de  la  passion,  elle 
court  gémissante  trouver  son  frère,  lui  conte  l'injure  de  l'évèque,  lui  dit 
que  par  les  suggestions  de  Lambert  le  cœur  du  prince  va  se  détourner 
d'elle,  qu'elle  préférerait  la  mort  à  la  honte  d'être  désormais  repoussée 
ignominieusement  :  il  faut  que  ce  prêtre  périsse  ;  lui  mort,  plus  rien  n'em- 
pêchera la  sœur  de  Dodon  de  régner  en  maîtresse  au  foyer  royal  !  Dodon 
avale  le  poison  que  distillait  la  langue  de  cette  vipère;  il  arme  aussitôt 
pour  l'assassinat  de  l'évèque  les  soldats  auxiliaires  du  service  de  la  maison 
royale,  et  se  précipite  pour  immoler  le  prélat,  ignorant  qu'il  va  du  même 
coup  s'assurer  à  lui-même  une  mort  éternelle,  et  procurer  au  martyr  la  lin 
de  ses  travaux,  et  leur  couronnement. 

Qu'on  rapproche  cette  explication  de  celle  que  notre  poète 
donne  des  mêmes  incidents,  on  .sera  frappé  de  la  ressemblance  : 
elle  se  retrouve  jusque  dans  les  termes  ;  Pallens  ob  stupra 
sororis  illius  {Dodonis)  ad  reyem,  dit  notre  poète  de 
S.  Lambert.  —  Pro  qua  re,  hic  solus  principem  publiée  adulterii 
arguere  non  reformidabat  avait  écrit  le  prosateur...  Le  Procul- 
cans  jura  pudoris  d'Hucbald  ne  traduit-il  pas  également  le 


—  489  - 

licitos  amores  illicitis  pcstposiierat  de  l'inconnu?  La  phrase  du 
poëte  encore  :  Pravi  Dodonis  sororem  qiiam  rex  cum  conjuge 
viva  ducebat  pellicem,  ne  rappelle-t-elle  pas  plus  encore  le 
sororem  memorati  Dodonis  legitimœ  conjugi  pellicem  induxerat 
du  vieil  auteur  cité  par  Anselme  ? 

Sans  doute,  ce  texte  dans  lequel  on  donne  le  titre  de  roi  à 
Pépin  d'Herstal,  ne  peut  pas  être  contemporain  de  S.  Lambert, 
ni  remonter  bien  avant  dans  le  VIII*  siècle,  puisque  le  petit  fils 
de  ce  Pépin  ne  prit  la  qualification  de  roi  qu'en  l'an  752.  Il  faut 
convenir  aussi  que  le  récit  reproduit  par  Anselme  est  empreint 
d'une  allure  littéraire,  d'une  couleur  qu'on  ne  connaissait  pas 
chez  nous  au  temps  où  parurent  les  premiers  travaux  hagio- 
graphiques de  notre  histoire?  Mais  qui  ne  se  souvient  des  révi- 
sions par  lesquelles  passèrent  ces  travaux;  la  vie  officielle  de 
S.  Lambert,  celle  de  S.  Hubert,  la  plupart  ûe-^  autres,  ont 
été  remaniées  à  plusieurs  reprises.  Comme  la  révision  de 
Godeschalc  revisée  elle-même  par  Etienne,  comme  la  rédaction 
du  disciple  de  S.  Hubert,  amendée  par  Jonas,  pourquoi  la 
biographie  antique  à  laquelle  Anselme  a  fait  cet  emprunt,  n'au- 
rait-elle pas  aussi  changé  plusieurs  fois  de  vêtement  littéraire? 

Anselme  écrivait  en  1048,  il  la  donne  comme  une  antiquité  : 
relicta  majoribus.  Ce  qui  nous  paraît  incontestable,  c'est  que 
190  ans  avant  Anselme,  un  écrivain  du  IX''  siècle,  Adon  l'avait 
eue  sous  les  yeux  quand  vers  858  il  consacra  dans  son  marty- 
rologe cette  note  à  S.  Lambert  : 

'(  Tungrensi  diocaesi,  in  Leodio,  villa  publica,  natalis  sancti 
»  Lamberti  episcopi,  qui  dum  regiam  domum  zelo  reli- 
»  gionis  accensus  increpasset,  cum  rediens  orationi  incum- 
»  béret,  ab  iniquissimis  viris  de  palatio  missis,  improvise 
»  conclusus,  iiitra  domum  ecclesia?  ncciditur.  — Au  diocèse  de 
»  Tongres,  à  Liège  villa  publica,  anniversaire  de  S.  Lambert, 
»  évêque  qui,  revenant  d'avoir,  dans  l'ardeur  de  son  zèle  de 
«  la  religion,  adressé  des  reproches  à  la  maison  royale,  et 
»  se  livrant  h  l'oraison,  fut  soudain  bloqué  par  des  scélérats 


-  490  — 

»  envoyés  du  palais  et  mis  à  mort  dans  la  maison  de  l'église.  » 
Impossible  de  faire  concorder  ce  texte  d'Adon  avec  la 
version  qui  prétend  nous  montrer  dans  les  luttes  suscitées  pour 
la  possession  des  terres  de  l'église,  la  cause  unique  du  martyre, 
est-ce  que  jamais  on  a  reproché  à  Pépin,  bienfaiteur  de  tant 
de  maisons  religieuses,  d'en  avoir  dépouillé  aucune?  Est-ce 
que,  d'autre  part,  les  assassins  auraient  été  expédiés  de  la  mai- 
son royale,  s'il  ne  s'était  agi  d'une  querelle  intéressant  le  maître 
de  cette  maison?  Est-ce  que  ce  terme  même  d'Adon:  domus  regia 
ne  reproduit  pas  la  qualification  royale  donnée  à  Pépin  dans  la 
citation  d'Anselme  :  n'est-ce  pas  un  euphémisme  destiné  à  dési- 
gner le  prince  en  personne?  Mais  il  eût  été  impossible,  ce  semble, 
de  résumer  l'auteur  inconnu  cité  par  Anselme  mieux  que  ne  le 
fait  dans  cette  note  le  martyrologe  d'Adon. 

Accensus  zeli  religmiis,  porte  ce  martyrologe ,  c'est  bien  le 
Lambert  dont  l'anonyme  nous  détaille  l'énergique  ardeur  en 
cette  affaire;  cmn  domum  regiam  mcrepasset,  c'est  bien  la  con- 
duite que  le  narrateur  prête  au  prélat  en  écrivant:  aucloritate 
sacerdotali  principem  publiée  aduUerii  arguere  non  reformidabat 
nunc  mini  tando...nunc  honestatem  commendando . . . .  turpitudi- 
nem  delestando.  Comment  aussi  ne  pas  reconnaître  dans  le  «  ab 
iniquissimis  viris  de  palatio  missis  »  d'Adon,  ces  indications  de 
l'anonyme  :  milites  auxiliarios  ex  domesticis  regi^  domus  —  la 
propre  expression  d'Adon  :  domum  regiam  ! 

Anselme  ne  pousse  pas  sa  citation  jusqu'aux  incidents  qu'Adon 
résume  par  les  mots  ciim  vediens  orationi  incumberet...  impro- 
vise conclusus;  mais  le  contexte  indique  assez  que  ce  fut  aussitôt 
après  quelque  effort  suprême  tenté  sur  Pépin  par  Lambert,  après 
le  départ  de  celui-ci,  qu'Ai paide  entraîna  son  frère  à  armer  sou- 
dain ses  gens:  armât  statim,  et  que  cette  troupe  partit  de  façon 
à  surprendre  le  martyr:  crudeliter  grassalur. 

Adon  pouvait  d'autant  mieux  connaître  la  relation  invoquée 
deux  siècles  après  lui  par  Anselme,  qu'il  avait  habité  sur  nos 
frontières  ce  monastère  de  Prum  dont  plusieurs  abbés  devinrent 


-  491  — 

évéques  de  notre  diocèse, qu'il  était  au  courant  de  notre  histoire; 
que  le  Pape  l'entretenait  à  cette  même  époque  du  second  et 
très-irrégulier  mariage  de  l'empereur  Lothaire,  union  fort  sem- 
blable à  celle  de  Pépin  et  d'Alpaïde(i);  et  que  le  mélange  de  pré- 
cision et  de  retenue  de  la  note  de  son  martyrologe  consacrée  à 
S.  Lambert,  atteste  une  connaissance  de  sources  assez  abon- 
dantes. 

Quoi  qu'il  en  soit,  cette  note  établit  que  la  version  dont 
Hucbald  s'est  fait  l'écho  était  bien  connue  avant  notre  poète  et 
vraisemblablement  se  trouvait  consignée  par  écrit  avant  lui. 

Certes,  l'expression  d'Hucbald  ne  marque  pas  clairement  s'il 
emprunte  ce  qu'il  rapporte  des  suites  de  l'adultère  de  Pépin,  à 
une  relation  écrite  ou  à  un  bruit  en  cours  :  vfertur  enim  trito  (ou 
telro)  multis  sermone.n  II  faut  noter  toutefois  que  le  poète  emploie 
des  expressions  analogues  pour  raconter  ce  qu'il  a  puisé  à  des 
sources  écrites  :  ainsi  à  propos  de  cette  apparition  de  S.Lambert 
au  trésorier  Amalgysile  —  incident  relaté  dès  la  première  bio- 
graphie officielle  :  Advenisse  viro  clarus  narratur  eidem  qui... 
etc.  (vers  465).  Il  faut  noter  que  le  terme  sermo  dans  son  lan- 
gage poétique,  ne  signifie  pas  nécessairement  plutôt  parole 
qu'écriture;  —  que  d'autre  part  lorsqu'il  veut  marquer  qu'il 
emprunte  son  récit  à  une  tradition  orale,  il  sait  le  dire  avec 
plus  de  précision,  en  usant  notamment  de  l'expression  «  fama, 
bruit  public.  »  Hinc,  ut  vxmxvolans,  écrit-il,  (vers  376)  à  propos 
de  l'histoire  controuvée  de  la  pénitence  septennale  que  le  saint 
se  serait  imposée  pour  se  punir  d'avoir  songé  à  se  défendre. 
De  FAMA  piorum  est  le  titre  du  chapitre  où  il  revient  sur  cet 
incident,  après  avoir  annoncé  dans  le  chapitre  précédent  qu'il 
allait  signaler:  vquod  fama  bonis  ingesserat  auribus.  » 

Ce  fertur  introductif  de  l'histoire  d'Alpaïde  peut  donc  parfai- 
tement s'interpréter  comme  un  renvoi  à  un  écrit  antérieur  —  et 
ce  sens  paraîtd'autantplus  admissible  qu'un  autre  passage,  trop 

'*)  Histoire  littéraire  de  la  France,  V.  463 


-  492  — 

peu  remarqué  du  poëme,  signale  netlemenl  un  écrit  de  cette 
sorte  tout  différent  de  ceux  dont  nous  possédons  le  texte.  Huc- 
bald  nous  raconte  longuement,  en  effet  —  et  ce  récit  n'occupe 
pas  moins  de  sept  de  ses  chapitres  —  tout  ce  que  la  biographie 
liturgique  avait  relaté  avant  lui  du  séjour  du  saint  à  Stavelot,  et 
de  la  pénitence  volontairement  accomplie  par  une  nuit  d'hiver 
devant  la  croix  du  couvent.  Rien  n'est  omis  des  détails  consi- 
gnés dans  les  diverses  relations  de  ce  séjour, et  cependant  Huc- 
bald  avait  débuté  par  nous  dire  qu'il  n'allait  rapporter  qu'une 
petite  part  de  ce  qu'on  pourrait  trouver  dans  d'autres  écrits  : 

Annos  per  septem,  sed  eosdem  qualiter  egit 

Scripturis  aWs.  lector,  sat  scire  valebis 

Nam  modo  parva  loqiiar,  metri  ralione  relentus 

«  Gagnant  Stavelot,  il  y  vécut  de  la  vie  des  moines,  pendant 
»  sept  ans,  mais  comment  passa-t-il  ces  sept  années,  c'est  ce  que 
»  tu  pourras  voir  par  d'autres  écrits;  je  n'en  dirai,  moi,  que  peu 
»  de  chose,  obligé  que  je  suis  d'abréger  par  cette  forme  mé- 
«  trique.  » 

I.es  autres  écrits  conservés  jusqu'à  ce  jour,  ne  nous  appre- 
nant rien  de  plus  que  le  poôme,  impossible  dès  lors  de  ne  pas 
conclure  de  ce  passage  qu'il  existait  dès  cette  époque  une  bio- 
gr?phie  plus  détaillée  du  saint  —  et  pourquoi  ne  pas  admettre 
que  c'est  celle  même  citée  par  Anselme,  —  antérieure  à  Adon 
aussi  bien  qu'antérieure  à  Hucbald  ! 

M.  Kurth  se  montre  très  convaincu  que  la  première  version  {*] 


!')  M.  Kurth  la  donne  pour  l'œuvre  d'un  écrivain  étranger  à  Liège  parce  qu'elle 
ne  parle  de  cette  cité  qu'en  disant:  •■  la  ville  appelée  Liège.  »  Elle  dit  bien,  quoi- 
qu'il la  croie  écrite  à  Stavelot  :  «  le  monastère  appelé  Stavelot  :  monanterium  quod 
vocatur  Stabulaus.  «  Ce  quod  vocatur  est  employé  par  les  auteurs  du  temps,  même 
en  parlant  du  lieu  où  ils  tenaient  la  iilume  :  «  i<iUa  qiiac  vocatur  Fleon,  dit  Anson 
dans  la  vie  de  son  prédécesseur  Ursmer,  abbé  à  Lobbes  (Gheq.  VI,  :245)  mona.tte- 
''ium  quod  vocatur  Malhodium  fid.  248)  qui  propric  voratiir  Sawbra  ('349)  —  wo- 
nasterium  quod  vocatur  Laubacum.  (id). 


—  493  — 

officielle  de  la  vie  du  saint  nous  vient  de  Stavelot.  Destinée  aux 
offices  de  l'Église  de  Liège,  elle  nous  semble  plutôt  sortie  de 
cette  Église  même  ;  mais  à  Stavelot  par  contre   pourrait  bien 
avoir  été  rédigée  cette  relation  privée  dont  Adon  et  Huc- 
bald   paraissent  avoir  conservé  quelques  détails  et  dont  le 
seul  Anselme  nous  livre  un  passage  textuel.  L'auteur  de  la  pre- 
mière biographie  officielle,   cite,  en  effet,  parmi  ses  sources 
d'information  un  certain  Théoduin,  compagnon  de  l'exil  du 
saint  en  Ardenneetqui  se  plaisait  à  raconter  maints  traits  de 
l'existence  de  son  maître  :  «  qui  multum  nobis  devita  et  opéra 
ejus  solitus  est  enarrare.  »  Quelque  moine  de  Stavelot,  auditeur 
de  ces  récits,  n'aurait-il  pu   les  fixer  sur  le  parchemin  et  du 
même  coup  y  marquer  ces  explications  sur  les  causes  du  mar- 
tyre que  ne  nous  off'rent  pas  les  premières  versions  liturgiques? 
Les  découvertes  de  l'avenir  donneront  peut-être  une  solution 
précise  à  cette  question.  Pour  le  présent,   il  nous  suffît  d'avoir 
constaté  que  la  version  dont  Hucbald  s'est   fait  l'écho  était 
connue  un   siècle  avant  lui,  et  vraisemblablement  enregistrée 
dans  un  écrit  spécial,  depuis  le  siècle  même  qui  suivit  la  mort 
de  S.  Lambert. 

Reste  à  savoir  s'il  suffît  pour  la  faire  repousser  par  l'histoire, 
d'argumenter  soit  des  divergences,  imaginaires  ou  réelles 
qu'elle  offre  avec  la  vieille  version  officielle  — ■  soit  du  silence 
de  cette  dernière  sur  le  principal  incident  de  la  cause. 

Nous  espérons  justifier  Hucbald,  au  contraire,  en  rappelant  le 
but  spécial  de  ces  relations  officielles  qu'on  prétend  lui  oppo- 
ser ;  —  les  détails  les  plus  significatifs  de  ces  relations  mêmes  ; 
-  la  cause  enfin  du  silence  qu'eUes  gardent  sur  les  points 
qui  nous  intéressent. 

Les  biographes  officiels  n'ont  pas  écrit  dans  un  but  d'his- 
toire, mais  d'édification  ;  bien  moins  pour  satisfaire  la  curiosité 
que  pour  exciter  le  sentiment  religieux  ;  prédicateurs,  mora- 
listes et  non  pas  chioniqueurs.  Le  premier  rédacteur,  Godes- 


—  494  — 

chalc,  Etienne  plus  encore,   entremêleni  à  leurs  récils  les  ré- 
flexions pieuses  et  les  textes  bibliques;  leur  panégyrique  tourne 
souvent  à  l'homélie.  Les  conversations  fréquentes  du  premier 
auteur  de  leur  version  avec  Théoduin  le  serviteur  du  saint,  avec 
les  nombreux  contemporains  de  Lambert  avaient  dû  lui  appren- 
dre maints  détails  qu'il  n'a  pas  songé  à  nous  transmettre  sur 
les  parents  de  l'apôtre,  son  éducation,  sa  jeunesse,  ses  voyages 
à  la  recherche  du  corps  de  S.  Théodard,  ses  missions  en 
Taxandrie  ou  ailleurs,  ses  relations  avec  les  saints  ou  saintes 
de  son  temps:   Landoald,  Landrade,  Remacle,   Willebrod.  De 
tout  cela  on  ne  nous  rapporte  rien,  parce  que  l'auteur  —  lui- 
même  le  marque  en  divers  endroits  —  ne  s'est  jamais  proposé 
de  nous  communiquer  tout  ce  qu'il  savait,  mais  seulement  un 
certain  nombre  de  détails  choisis  :  «  pauca  vero  de  vita  et  vir- 
tutibus......  aliquid  ad  œditicationem  »  quelques  bons  exemples 

propres  à  porter  au  bien  (i)  :  l'incident  de  l'adultère,  on  en  con- 
viendra, eût  peu  répondu  à  ce  but. 

On  n'en  a  pas  fait  la  remarque  jusqu'à  cette  heure,  et  ce  détail 
avtiil  pourtant  son  importance:  la  vie  officielle  a  été  composée, 
non  pour  des  lecteurs,  mais  pour  des  auditeurs.  Dix  passages 
au  moins  trahissent  cette  destination  toute  oratoire  et  nous  cer- 
tifient que  nous  ne  nous  trouvons  pas  en  présence  d'un  écrivain 
faisant  œuvre  d'histoire,  mais  d'un  prédicateur  liturgiste  (2). 
Lui-même  constate  que  son  travail  est  destiné  à  entrer  dans 
l'office  de  la  fête  patronale  de  Lambert  (3).  Et  le  plus  célèbre  de 
ses  réviseurs,  l'évêque  Etienne,  le  déclare  plus  nettement  encore 
dans  la  préface  de  sa  réédition,  adressée  à  l'archevêque  Heri- 
man  :  s'il  a  remis  à  neul  la  légende  primitive,  c'est  pour  couper 


(*)  Etude  critique  pp.  58-60.  {'^)  Cur  taceamus  —  enarrare  lenlabo  —  licet  in- 
cullo  sermone  —  ferre  conabor  in  pubiico.  —  Longum  est  enarrare  —  non  sufllcil 
evolvere  lingua  —  omnibus  auditoribus  fidem  prsslare  debent,  etc.  ('j  Quolies- 
cumque  sanctorum  solemnia  curricuio  annivcrsario  cclebramus,  ex  eorura  geslis 
aliquid  ad  jedificalionem  convenienlibus  Christianis  in  Domiiii  laudibus  debeamus 
recitare....  vilara  exordiri  procuro.  (Prologue  du  liv   I.) 


—  495  - 

court  aux  moqueries  qu'excitait  l'incorrection  de  cette  version 
quand  on  en  faisait  publiquement  lecture  à  la  fête  du  Saint  (i). 
Sa  rédaction,  comme  celles  qui  l'avaient  précédée,  formait  donc 
l'ensemble  des  leçons  d'un  office  public,  destinées  à  être  répé- 
tées solennellement  chaque  année  à  la  cathédrale  du  diocèse 
dans  la  veille  religieuse  qui  précédait  la  fête  de  l'apôtre,  au 
milieu  des  psaumes  et  des  hymnes  que  nous  signalions  au  début 
de  cette  étude  (2)  et  le  dernier  de  ces  chapitres,  comprenant 
le  récit  même  de  la  passion  de  Lambert,  était  lu  peut-être, 
suivant  la  coutume  que  nous  signale  Grégoire  de  Tours  (3)  im- 
médiatement avant  l'épître,  dans  la  messe  du  jour.  Signaler  ce 
détail,  c'est  rappeler  du  même  coup  que  plusieurs  des  descen- 
dants d'Alpaïde,  habitant  tantôt  Liège  et  tantôt  le  voisinage,  ont 
dû  plus  d'une  fois  entendre  cette  lecture.  Si  la  première  rédaction 
de  ce  récit  ne  date  pas  de  l'époque  même  du  transfert  des  reli- 
ques de  Maestrichl  à  Liège,  c'est-à-dire  du  propre  temps  de 
Pépin, elle  appartient  pour  le  moins  au  temps  de  Charles  Martel, 
du  fils  de  la  concubine.  N'est-ce  pas  plus  qu'il  n'en  faut  pour 
expliquer  le  silence  de  ce  récit  liturgique  sur  la  participation  de 
l'aïeule  des  Carolingiens  à  l'assassinat  de  Lambert  et  l'explica- 
tion n'est-elle  pas  d'autant  plus  admissible  que  toutes  les  narra- 
tions connues  exemptes  du  caractère  officiel  de  lecture  publique 
lui  attribuent,  elles,  une  part  du  crime  de  l'adultère? 

Il  est  un  dernier  caractère  de  la  version  liturgique  dont  il 
importe  de  tenir  compte  :  l'auleur  primitif  se  fiait  peu  —  et  il 
n'avait  point  tort  —  à  ses  connaissances  Httéraires,  à  son  style, 
h  sa  grammaire:  aussi,  afin  de  rendre  son  travail  moins  indigne 
de  son  héros,  il  a  le  plus  souvent  j)Ossible  recherché,  pour 
exprimer  sa  pensée,  des  formules  toutes  rédigées.  Nous  avions 


(*)  A  quibusdam  nobiscum  agenlibus  festum  sancti  Lamberti,  qui  litteraria  vide- 
bantur  sibimet  scientia  prœditi  non  minimum  sumus  despecluosis  risuum  injuriis 
laoessiti,  quandoquideui  priscorum  haud  quoquam  cato  eloquio  édita  legebatur  apud 
nos  praefati  pairis  vita  etpassio.  (*)  p.  388.  (')  Domini  Ruinarl,  praefalio  in  novam 
editionem  sancti  Gregorii  episcopi  Turoaensis,§  42. 


—  496  — 

signalé  la  fréquence  des  empiunls  faits  par  lui  h  la  meilleure 
biographie  de  ce  temps,  à  celle  que  S.  Oueri  a  donnée  de  la  vie 
de  son  ami,  S.  Eloi  :  M.  Kurlli  a  relevé  avec  soin  bon  nombre  de 
phrases,  de  réflexions,  d'appréciations  qui  ont  ainsi  passé  tex- 
tuellement de  récrit  de  S.  Ouen  dans  celui  du  premier  biographe 
de  S.  Lambert  (i).  Et  le  procédé  n'a  rien  de  surprenant;  c'est 
celui  de  toutes  les  littératures  naissantes;  il  ne  caractérisait  pas 
en  ce  temps,  d'ailleurs,  que  le  seul  art  du  style:  tous  les  actes  pu- 
blics de  la  vie  civile  étaient  alors  rédigés  d'après  des  modèles 
uniformes,  dont  Marculphe  nous  a  conservé  tant  et  de  si  curieux 
spécimens;  comme  les  lettres,  l'architecture  vivait  d'emprunts; 
ainsi  voyons-nous  employer  les  colonnes  et  les  débris  des 
temples  romains  à  soutenir  ou  à  décorer  les  nouveaux  sanc- 
tuaires du  christianisme  ;  ainsi  recueillons-nous  dans  nos 
vieilles  châsses,  les  reliques  des  saints  de  cette  époque,  enve- 
loppées des  plus  beaux  restes  d'étoffes  ornées  de  figurines  pay- 
ennes. 

Quoi  qu'il  en  soit,  l'emploi  de  ce  procédé  n'est  pas  de  nature  à 
vnloir  aux  écrivains  qui  en  ont  usé  un  surcroit  de  confiance; 
il  témoigne,  au  contraire,  de  leur  indécision,  de  leurs  hésita- 
lions,  de  la  crainte  qu'ils  avaient  de  mal  dire;  il  enlève  à  leur 
récit  une  partie  de  son  autorité. 

Qu'arrive-t-il  cependant  ?  Encore,  que  le  but  de  la  version 
liturgique  fut  un  but  d'édification  et  non  d'histoire,  encore 
qu'elle  fût  destinée  h  faire  partie  d'un  ofiice  public,  son  texte 
laisse  échapper  à  travers  les  voiles  prudents  dont  la  vérité  y 
est  entourée,  bien  des  éclats  de  son  flambeau.  Nous  pourrions 
déjà  noter  ce  qu'elle  rapporte  du  caractère  de  Lambert  in 
corrigendo  vehemens,  non  respiciebat  adpersonas  potentium  sed 
potius  ad  morum  ekgantiam,  énergique  dans  la  correction...  il 
tenait  moins  compte  du  rang  élevé  des  puissants  que  de  la  ré- 
gularité de  leurs  mœurs  >>  mais  ce  passage  est  précisément  un 

(';  Etude  critique  :  appenilicf>  p.  fOl. 


—  497  — 

de  ceux  que  le  biographe  a  littéralement  empruntés  à  la  vie  de 
Saint  Eloi. 

Rappelons,  du  moins,  les  détails  les  plus  significatifs  du  texte 
de  la  version  officielle.  On  n'y  voit  pas  clairement  pour  quel 
motif,  les  parents  de  Dodon,  se  portent  h  ravager  les  biens  de 
l'Église  et  à  poursuivre  l'évêque  de  leurs  tracasseries  ;  on  s'ex- 
plique moins  encore  qu'à  la  suite  de  ces  tracasseries  de  plus  en 
plus  violentes,  Pierre  et  Andolet,  le  neveu  du  saint,  soient  ré- 
duits à  tuer  en  légitime  défense  Gall  et  Riold,  deux  de  ces 
parents;  puis, que  Dodon  lui-même  massacre  l'évêque,  toute  une 
communauté  religieuse,  sans  que  Pépin  intervienne  ni  avant,  ni 
pendant,  ni  après.  Pépin  cependant  séjournait  ou  revenait  d'un 
instant  à  l'autre  à  Herstal,  tout  près  du  théâtre  de  ces  querelles 
et  de  ces  meurtres.  Fils  d'une  sainte,  parent  d'une  légion  de 
saints,  il  s'était  montré  en  vingt  rencontres  le  protecteur  des 
évêques:  lui-même  avait  chassé  l'intrus  de  Maestricht  pour 
rétablir  Lambert  sur  le  trône  épiscopal!  Il  laisse  néanmoins  les 
choses  aller  à  l'extrémité  sous  ses  yeux;  il  n'empêche  ni  ne 
venge  la  mort  du  martyr,  et  si  le  ciel  n'était  intervenu  pour 
punir  Dodon,  celui-ci  n'aurait  eu,  ce  semble,  qu'à  se  féliciter  de 
ses  attentats.  Comment  dans  de  telles  circonstances  ne  pas 
prendre  cette  attitude  pour  celle  d'un  complice? 

Il  y  a  plus  :  Lambert  appartenait  à  une  famille  influente  du 
pays  ;  il  y  comptait  de  nombreux  amis.  Pas  un  n'ose  se  lever 
pour  demander  justice  au  prince  :  tous  restent,  au  contraire, 
accablés  sous  le  coup.  Les  disciples  qui  relèvent  le  corps  du 
martyr,  au  lieu  d'aller  dénoncer  les  coupables  au  maire  du 
palais,  au  voisin  du  théâtre  du  meurtre,  n'ont  qu'un  souci  : 
s'éloigner  au  plutôt  de  Liège  et  de  Herstal.  Couvert  seulement 
d'un  vil  manteau,  le  corps  est  emporté  sur  une  petite  barque  à 
Maestricht  :  là  tout  le  monde  s'épouvante  :  in  pavorem  conversa 
est  umversa  regio...  les  plus  puissants,  remplis  à  la  fois  de 
crainte  et  de  douleur,  pleurent  en  silence  ;  ils  jugent  plus  sage 
d'étouffer  leurs  sanglots  que  de  les  laisser  retentir,  et  plus  ils 


498  — 

songenl  au  crime,  plus  grandit  leur  effroi  :  on  n'ose  porter  les 
saintes  dépouilles  dans  la  principale  église;  on  pense  un 
instant  à  des  funérailles  solennelles  :  on  renonce  à  les  célébrer 
avec  quelque  apparat  ;  on  renonce  à  préparer  au  saint  une 
tombe  digne  de  lui,  et  c'est  à  la  hâte,  au  contraire,  qu'on  «  le 
dépose  avec  épouvante  dans  le  sépulchre  de  son  père.  »  Quel 
pouvoir  autre  que  celui  du  maire  de  palais  était  donc  assez 
redoutable  dans  le  pays  de  sa  résidence  pour  inspirer  cette  lei- 
reur,  ce  silence,  aux  plus  puissants,  aux  plus  fidèles,  à  l'affec- 
tion, à  l'indignation  de  tout  un  peuple? 

Plus  tard  enfin,  pourquoi  faut-il  tant  de  miracles,  <-es  guéri- 
sons  et  ces  apparitions  répétées,  cette  succession  d'avis  du 
ciel,  et  outre  cela,  ces  prières,  ces  jeûnes,  ces  précautions 
préparatoires  avant  que  S.  Hubert  ose  se  décider  à  transférer  de 
Maeslricht  à  Liège  les  reliques  de  son  ami,  de  son  maître,  du 
père  spirituel,  dont  il  ambitionnait  d'imiter  les  vertus  et  souf- 
frait de  n'avoir  point  partagé  le  trépas?  N'est-ce  pas  que  la  glo- 
rification de  l'apôtre  égorgé  risquait  de  froisser  cruellement, 
non  plus  les  assassins  —  ils  avaient  péri  depuis  dix  ans  au 
moins  —  mais  la  maison  royale,  dont  leur  attentat  avait  pré- 
tendu servir  les  plus  honteux  intérêts? 

Phénomène  étrange  et  significatif!  En  dehors  de  la  version 
officielle  où  nous  signalons  ces  détails,  inexphcables  pour 
quiconque  se  refuse  à  faire  retomber  sur  Pépin  une  part  de  la 
responsabilité  du  crime,  pas  un  auteur  ancien,  pas  un,  ne 
donne  la  défense  du  patrimoine  temporel  de  l'Eglise  comme  la 
cause  du  martyre.  Aucune  chronique  liégeoise,  aucune  biogra- 
phie liégeoise  de  Lambert  ou  de  n'importe  quel  autre  saint  ne 
confirme  l'explication  embrouillée  du  liturgiste  successivement 
recopié  parGodeschalc  et  par  Etienne.  Aucun  auteur  étranger  à 
notre  diocèse  ne  nous  offre  non  plus  la  moindre  confirmation  de 
cette  version  :  les  martyrologes  les  plus  antiques,  quand  ils  ne 
nous  donnent  pas  l'interprétation  d'Hucbald,  se  tiennent  dans 
le  vague,  comme  s'ils  redoutaient  de  dégager  le  trépas  du  saint 
d'une  ombre  mystérieuse,  de  l'entourer  de  trop  de  lumière. 


—  499  — 

Bède,  le  contemporain  de  Lambert,  se  contente  de  le 
nommer;  Florus,  continuateur  de  Bède,  de  noter  qu'il  «  a 
conquis  la  palme  du  martyre  en  défendant  la  justice;  »  Wandel- 
bert  (vers 848)  n'en  dit  pas  même  autant;  Rliaban  Maur  (t  836) 
s'arrête  à  détailler  ses  vertus,  mais  il  ajoute  seulement  que 
«  Dodon,  attaché  à  la  maison  de  Pépin  le  fit  assassiner  par  une 
machination  cruelle.  »  Voilà  pour  les  martyrologes  antérieurs 
à  celui  d'Adon.  Les  biographes  ne  nous  en  apprennent  pas  plus. 
Celui  de  S.  Theodard,  ne  nous  raconte  que  la  façon  dont  Lam- 
bert s'en  vint  recueillir  les  restes  de  son  maître;  celui  de 
S.  Hubert  semble  visiblement  redouter  de  donner  la  moindre 
explication  sur  la  mort  du  prédécesseur  de  son  héros.  (')  Encore 
un  coup,  les  assassins  ayant  péri,  quelle  considération  aurait 
pu  empêcher  ces  écrivains  de  parler  plus  librement,  si  leur 
langage  n'eiît  risqué  d'offenser  d'autres  intéressés  ? 

Qu'on  veuille  le  remarquer  cependanl  :  l'Eglise  catholique 
n'honore  pas  moins  que  Jean-Baptiste,  Thomas  Becket  frappé 
pour  avoir  défendu  les  biens  de  son  Eglise  ou  le  diacre 
Laurent  martyrisé  pour  n'avoir  pas  livré  à  César  la  fortune  des 
pauvres  de  Rome;  les  écrivains  religieux  des  débuts  du  moyen- 
âge  ne  manquaient  point  surtout  de  signaler  tout  ce  qui  pou- 
vait inspirer  aux  populations  plus  de  respect  pour  la  propriété 
ecclésiastique  ;  il  est  bien  peu  de  recueils  des  miracles  de  n'im- 
porte quel  saint  qui  ne  mentionnent  un  ou  plusieurs  exemples 
du  soin  jaloux  avec  lequel  ces  divins  patrons  punissaient  tout 
vol  fait  à  leur  sanctuaire  ou  aux  patrimoines  des  monastères 
dans   lequel  on  vénérait  leur  tombe  ;  on  n'a  pour  s'en  con- 

[')  Beatissimus   Lantbertus ,  triumphum    sui    certaminis  martyrii  palmam 

adeplus,  martyrura  collegio  sociatus,  exultât  in  perpetuum.  Posl  cujus  sacro 
martyrio  Dominus,  qui  pro  suis  ovibus  aniraam  posuit,  gregem  suum  lacerare 
luporum  morsibus  venensitis  non  paciens  suscitavit  eis  pastorem...  De  eius  mar- 
tyrio, quod  nuper  acciderat  satis  intrinsecus  dolendo  ingerebat  suspiria...  ama- 
rissimo  animo  dicendo  :  non  fui  dignus  ego  miser  ut  ipso  interremptus  fuissent. 
(La  vie  de  S.  Hubert,  écrite  par  un  auteur  contemporain,  publiée  par  le  P.  Charles 
deSmedt,  pp.  IS-n.) 


—  500  — 

vaincre  qu'à  parcourir  les  divers  recueils  de  ces  prodiges  rédi- 
gés à  Slavelot,  à  St-Trond,  h  Lobbes,  à  Saint-Hubert.  Si  donc 
ils  avaient  trouvé  dans  l'histoire  de  Lambert  une  occasion 
d'accroître  la  révérence  des  peuples  pour  le  patrimoine  de 
l'Eglise,  ni  les  écrivains  étrangers,  ni  les  hagiographes  ou  les 
chroniqueurs  de  nos  couvents  ne  l'eussent  laissé  échapper  :  il 
y  avait  pour  eux,  dans  notre  pays  surtout,  un  intérêt  plus  im- 
médiat à  faire  vénérer  dans  Lambert  le  défenseur  du  temporel 
du  culte  plutôt  que  le  champion  de  l'indissolubilité  du  mariage 
chrétien  ;  s'ils  ne  l'ont  pas  fait,  leur  silence  même  n'est-il  pas 
un  argument  de  plus  pour  la  thèse  que  nous  défendons? 

Nous  l'avons  dit  toutefois  et  c'est  le  lieu  de  justifier  cette 
opinion  :  pour  établir  que  Lambert  est  mort  victime  de  son 
ardeur  apostoHque  h  défendre  l'honnêteté  des  mœurs,  il  n'est 
nullement  nécessaire  de  lui  refuser  l'honneur  d'avoir,  en  résis- 
tant aux  violences  de  larrons  sacrilèges,  sauvegardé,  dans  les 
biens  de  l'Eglise,  ce  qui  constituait  alors  le  budget  de  l'instruc- 
tion, de  la  bienfaisance,  de  la  propagande  civilisatrice,  la  dota- 
tion de  l'Evangile. 

M.  Kurth  déclare  «  contester  tout  d'abord  la  connexité  de 
cause  que  la  biographie  anonyme  (première  version  officielle) 
prétend  établir  entre  ces  faits  (la  mort  de  Gall  et  de  Riold)  et  la 
mort  de  S.  Lambert.  »  (') 

Nous  pouvons,  nous  devons  admettre  que  ce  biographe  n'a 
pas  tout  dit  :  nous  nous  refusons  à  croire  qu'il  ait  dit  ce  qui 
n'était  pas.  Les  circonstances,  la  peur,  l'amitié;  le  caractère, 
la  destination  de  son  écrit  tout  concorde  à  expliquer  qu'il  se 
soit  tu  sur  certains  points,  qu'il  ait  été  volontairement  incom- 
plet :  rien  ne  permet  de  l'accuser  d'avoir  menti.  Pareil  men- 
songe répugne  à  la  gravité,  à  la  bonne  foi  générale  de  son  récit, 
à  la  sûreté  de  ses  informations,  et  l'Eglise  de  Liège  qui  avait 
fait  entrer  cette  narration  dans  sa  liturgie,  douze  ans  peut-être 

(*)  Etude  critique  p.  73. 


—  301 

après  la  mort  du  saint  ne  doit  pas  être  accusée  non-seulement 
de  fausseté,  mais  d'ineptie,  car  c'eût  été  de  sa  part  tenter  l'im- 
possible, affronter  l'absurde  que  préîendm  imposer  aux  con- 
temporains, aux  témoins  du  martyre,  une  explication  absolu- 
ment dénuée  de  vérité. 

Saint  Lambert  a-t-il  pu  jouir  et  disposer  en  paix  de  tous  les 
biens  acquis  depuis  plusieurs  siècles  par  l'Église  de  son  diocèse? 
Il  eût  été  plus  heureux  eu  ce  cas  que  tous  les  prélaîs  du  temps 
auxquels  nous  voyons  partout  des  avides  ou  des  puissants 
disputer  quelques  propriétés;  plus  heureux  que  les  établisse- 
ments religieux  de  celte  époque  que  nous  voyons  à  î'envi 
réclamer,  obtenir,  ou  faire  renouveler  les  chartes  royales  des- 
tinées à  proléger  leurs  biens  contre  ces  revendications;  plus 
heureux  surtout  que  son  prédécesseur,  S.  Théodard  :  celui-ci 
était  tombé  sous  les  coups  des  assassins,  comme  il  allait  porter 
au  Roi  ses  plaintes  contre  les  spoliateurs  de  son  église.  L'a-t-on 
remarqué  jusqu'à  présent?  toujours  est-il  que  le  dernier  acte 
public  dans  lequel  mention  soit  faite  de  ce  Théodard  est  pré- 
cisément une  décision  royale  prise  pour  régler,  ce  semble,  un 
Htige  de  cette  sorte  :  c'est  la  charte  du  6  septembre  667  par 
laquelle  Childéric  II  confirme  les  donations  faites  à  l'abbaye  de 
Stavelot,  mais  les  réduit  de  moitié  et  confie  le  mesurage  des 
lois  ainsi  déterminés,  à  révoque  Théodard  et  à  un  noble  de  sa 
maison,  ayant  rang  d'illustre,  à  un  domeslicus  dans  lequel  il 
semble  tout  naturel  de  reconnaître  Dodon,  le  futur  assassin 
de  S.  Lambert  :  «  Jussimus  patri  noslro  Theodnrdoepiscopovel 
illustri  viro  Ouoni  noMESïico,  cum  foteslnriis  nostris  ipsa  loca 
mensurare  (').  » 

Ce  mesurage  n'a-t-ii  fait  naître  aucune  difliculté? 

Ces  difficultés  sont-elles  restées  complètement  élrangères  au 
voyage  entrepris  par  Théodard  pour  se  plaindre  des  spoliations 
dont  souffrait  l'Église,  au  martyre  dans  lequel  a  péri  cetévêque? 

(  *)  Recueil  des  ordonnances  de  la  principauté  de  Stavelot,  p.  3. 


502 


Dodon  n'a-t-il  pas  trempé  peut-être  dans  ce  premier  assassinat? 
Saint-Lambert,  de  son  côlé,  a-t-il  pu  abandonner  les  revendi- 
cations de  son  prédécesseur?  N'est-ce  peut-être  pas  à  sa 
fidélité  à  remplir  le  même  devoir  qu'il  a  dû  cette  dépossession 
et  cet  exil  de  sept  ans  auquel  mit  tin  l'arrivée  définitive  de 
Pe|»in  au  pouvoir?  Nous  aurons  l'occasion  d'examiner  ces 
quesiions  dans  un  ;iutre  travail  :  il  suffit  a  de  constater  ici 
que  dès  ce  temps,  et  dans  le  diocèse  même  du  saint,  les  libéra- 
liiés  territoriales,  recueillies  par  l'Eglise  lui  suscitaient  bien 
des  embarriis,  lui  attiraitMit  bien  des  querelles.  Rien  d'étonnant 
dès  lors  si  ces  querelles  avaient  fouini  h  Dodon  l'occasion  de 
ses  Pi  emières  aggressions  contre  l'apôtre  dans  lequel  il  pour- 
suivait au  fond  bien  plus  le  défenseur  de  la  morale  que  le  gar- 
dien du  patrimoine  ecclésiastique. 

Suivant  ce  sens,  tout  s'explique,  tout  concorde  à  merveille 
dans  l'exposé  substantiel  d'Hucbald:Gall  et  Riold  ont  bien  per- 
pétré, comme  le  rapportait  la  première  version  officielle,  des 
violences  criminelles,  des  envahissements  sacrilèges  sur  les 
gens  et  les  biens  de  l'Eglise  ;  les  neveux  du  saint,  ont  bien 
fini  par  tuer  ces  deux  bandits,  mais  l'audace  de  ceux-ci  leur 
venait  de  leur  parenté  avec  Dodon  :  «  In  qiio  fidentes  patriam 
vexasse  putautur  »  et  Dodon  lui-même  tirait  son  influence  de  la 
posiiion  lionieuse  de  sa  sœur  auprès  de  Pépin  :  «  Hinc  et  Dodo 
suiim  plus  exaUabal  honorem.  » 

Il  devait  donc  encourager  ces  déprédations  ;  peut-être  avait- 
il  njême  poussé  leurs  auteurs  à  les  commettre,  irrité  qu'il  était 
des  censures  du  pontife  contre  les  adultères  :  «  Sat  memor  in 
dictis  quœ  sunt  de  carne  soruris.  » 

Dans  ces  dispositions  il  ne  pouvait  manquer  de  saisir  le 
premier  prétexte  de  se  débarrasser  d'un  prélat  importun  :  la 
mort  de  ses  parents  lui  fournit  ce  prétexte;  —  les  reproches 
adressés  par  Lambert  à  la  maison  royale  -  soit  qu'ils  eussent 
éiésur  le  point  défaire  chasser  la  concubine,  comme  le  relate 
le  vieil  anonyme  cité   par  Anselme,  soit  qu'ils  eussent  éclaté 


-  503  — 

dans  la  publicité  de  ce  festin  de  Jupille  auquel  rien  n'interdit 
de  croire  — au  contraire -auraient  achevé  en  ce  cas,  en  provo- 
quant la  crise  suprême  d'indiquer  au  frère  d'Alpaïde,  le  mo- 
ment le  plus  opportun  pour  agir  avec  impunité  :  et  le  martyr 
aurait  été  frappé,  dans  la  nuit  de  son  arrivée  à  Liège,  comme 
l'indiquent  à  la  fois  la  première  relation  officielle  et  ce  poëme 
d'Hucbald. 

Combinés  de  la  sorte,  les  renseignements  des  deux  versions 
offrent-iis  rien  de  contradictoire?  Ils  se  complètent  et  se 
confirment ,  au  contraire,  sans  nous  obliger  d'accuser  de  falsi- 
fication aucun  des  deux  auteurs. 

Et  qu'on  n'objecte  point  (i)  le  texte  de  la  Vie  de  S.  Hubert, 
écrite  par  son  disciple  :  ses  expressions  vagues  peuvent  cadrer 
indifféremment  avec  l'une  ou  l'autre  des  causes  du  martyre 
ou  avec  toutes  deux  !  Qu'on  n'allègue  point  non  plus  que  Lam- 
bert lui-même  demande  à  ses  neveux,  au  moment  où  on  les 
attaque,  de  subir  la  mort,  en  retour  de  celle  qu'ils  ont  donnée 
à  d'autres.  Les  biographes  de  ce  temps  ne  se  faisaient  nul 
scrupule  de  prêter  k  leurs  héros  quelques  discours  édifiants; 
ce  texte  même,  à  le  supposer  historique,  n'indique  point  for- 
mellement qu'aux  yeux  du  saint,  la  mort  de  GalletRiold  tués 
par  Pierre  et  Andolet  soit  la  cause  et  surtout  la  cause  unique 
de  l'agression  de  Dodon  ;  on  peut  en  tout  temps  recommander 
l'acceptation  du  martyre  comme  une  expiation  ;  et  si  Pierre 
et  Andolet,  comme  il  est  permis  de  le  croire  en  les  voyant 
partager  la  vie, les  voyages  et  l'habitation  de  révê((ue  leur  oncle, 
se  trouvaient  engagés  dans  la  cléricature,  il  devient  tout  naturel 
qu'un  prélat,  scrupuleux  observateur  des  saints  canons,  leur  ait 
reproché  d'avoir  versé  le  sang. 

Faut-il  dire  un  mot,  ù  notre  tour,  des  motifs  qui  ont  déter- 
miné l'auteur  et  les  réviseurs  de  la  version  officielle  à  laisser 
en  dehors  de  leur  récit  tout  nom  ,  tout  incident  qui  auraient 

'*  ;   Etude  critique  sur  S.  Lambert,  p.  77. 


504 


révélé  la  part  indirecte  prise  par  Pépin  au  crime  de  Dodon? 
De  toutes  les  questions  qui  se  raitcicbent  à  ce  débat,  celle-lh 
peut-êire,  a  été  le  mieux  et  le  plus  ampU-ment  traitée;  dès  le 
XI"  siècle  Anselme  en  donnait  la  solution  péremploire,  après 
avoir  cité  le  texte  de  cet  anonyme  qui  attribuait  nettement 
l'attentat  h  l'inlerveniion  d'Alpaïde:  «  Je  pense,  écrivait-il,  que 
le  premier  biograpbe  du  saint  a  omis  de  parler  de  cette  cause 
pour  ne  pas  blesser,  (comme  il  arrive  d'ordinaire)  ceux-là  dont 
les  ancêtres  s'étaient  souillés  d'un  crime  inràme(i).  »  Tous  nos 
annalistes  qui  se  sont,  après  Anselme,  mêlés  h  cette  discussion 
n'ont  fait  que  le  répéter;  tous  les  critiques  de  la  même  opinion, 
que  justifier  ses  dires. 

Les  gouvernements  de  nos  jours  laissent  circuler  à  plaisir, 
quand  eux-mêmes  ne  les  répandent  pas,  les  nouvelles  les  plus 
fausses,  dès  qu'elles  peuvent  les  servir.  Au  VIII'"''  siècle,  on  se 
contentait  de  taire  les  détails  de  nature  h  desservir.  La  plupart 
des  écrits  de  ce  siècle  revêlent  ce  caractère  de  prudence  extrême: 
la  vie  de  S.  Théodard  atténue  singulièrement  le  crime  de  ses 
meurtriers  et  prend  soin  de  ne  les  point  laisser  connaître  ; 
celles  de  S.  Willebrord  et  de  S.  Boniface  taisent  les  difiicullés 
dont  Pépin  entrava  les  missions  de  ces  apôtres.  Impossible  à 
peu  près  de  rien  connaître  des  l;iutes  et  des  crimes  des  maîtres 
de  ce  temps,  des  usurpations  deGrimoald  ou  des  rapines  sacri- 
lèges de  Cbarles-iMarlel.  Les  rois  francs  avaient  eu  leurs  bio- 
graphes otïiciels  ;  les  maires  de  palais  eurent  les  leurs  aussi,  et 
quand  surtout  leur  dignité  héréditaire  se  fut  tranformée  en 
monarchie,  la  crainte,  l'amitié,  la  reconnaissance  ou  le  désir 
de  s'attirer  les  bonnes  giâces  du  pouvoir,  tout  engagea  les  écri- 
vains à  préférer  le  silence  aux  moindres  détails  compromettants 
pour  ces  princes  (2). 

Un  exeniple,  h  joindre  à  tous  ceux  qu'on  a  signalés  déjà, 
donnera  li  mesure  de  la  réserve  des  relations,  écrites  de  ce 

(')  Anselme,  Gexta,  liber  sccundu$,^S.  —  (•)  Etude  critique,  pp.  62-70. 


-   505  - 

temps,  même  sans  le  caractère  officiel  de  la  biographie  de 
S.  Lambeit,  ot  beaucoup  plus  loin  du  séjour  ordinaire  des 
maires  de  palais  et  des  rois  carolingiens  :  il  nous  est  fourni  par 
le  moine  Aigrade,  un  contemporain  du  saint,  dont  il  écrit  la  vie, 
Saint-Ansbert  de  Rouen.  On  y  voit  que  si  Pépin  avait  rappelé 
S.  Lambert  de  l'exil  de  Stavelot  au  siège  épiscopal  de  Maes- 
tricht,  il  ne  s'est  point  gêné  pour  arracher  Ansbert  à  son  siège 
de  Rouen  et  l'envoyer  dans  l'exil  deHautmont  ;  on  y  voit  surtout 
qu'alors  même  que  Pépin  se  conduit  en  persécuteur,  les  hagio- 
graphes  monastiques  ne  trouvent  pas  un  mot  pour  le  blâmer, 
n'osent  s'arrêter  sur  ses  torts,  les  cachent  le  plus  possible,  le 
qualifient  encore,  en  les  racontant,  des  épilhètes  les  plus  lauda- 
tivps.  Dans  l'histoire  d'Ansbert,  c'est  le  diable  qui  fait  tout  le 
mal,  en  égarant  Pépin  ;  les  conseillers  anonymes  de  celui-ci 
sont  seuls  associés  au  démon  dans  la  responsabilité  de  finjuste 
déposition  du  prélat  (i). 

Le  diable  ne  s'en  tient  pas  là  :  il  veut  pousser  Pépin  à  des 
mesures  plus  sévères  :  Ansbert  est  obligé,  dit  son  historien, 
«  d'envoyer  au  très-excellent  prince  le  vénérable  Halidulphe, 
pour  lui  donner  les  plus  humbles  satisfactions,  et  lui  rappeler 
que  ce  n'est  pas  même  \oIontairement  que  l'exilé  avait  accepté 
jadis  les  honneurs  de  l'épiscopat  (2).  »  L'envoyé  s'en  fut  donc 
«  vers  le  généreux  prince,  »ef  fliistorien  qui  vient  de  proclamer 
la  pai  faite  innocence  d'Ansbert  se  prête  à  enregistrer  néanmoins 
que  Pépin  «  voulut  bien  couvrir  de  sa  clémence  tout  ce  qu'on 


(*j  Callidus  humsni  g^neris  hoslis  malignorum  contra  Dei  famulum  saevire  fecit 
invidiara,  qui  Pippino  principi  Herslallensi  fraudulenler  suggérèrent  praefatura 
virum  sanclu  ri  adversus  eura  traclare  consilia.  Accusatus,  jussu  ejusdem  exilio 
deporlatus  in  Altum-monlem.  nntio  extanie  crimine  humiliterexilii  snbiit  aerumnas  » 
(Acla.  S.  Be.igii,  v.  141).  —  (-)  Qua  propler  venerahilem  patrem  Halidulphum.  ac- 
(îersiens  idem  prœclarus  pastor  ad  pcaedictum  excellentissimum  principem  direxit, 
salisfaciens  iiumiliter  ejus  animi  volunlati,  adjiciens  etiam  se  non  sua  sponte 
episcopatus  suscepisse  gradum...  Quapropter  perg^ns  prœdictus  cœnobii  pater 
(Halidulphus)  ad  eum  inclytum  principem,  superno  juvamine  fretiis.  petita  concite 
impeirare  meruil...  (J.,  v.  142'. 


—  o06  — 

avait  fait  contre  lui  u).»  Il  y  a  plus:  Ansbert,  mourant,  n'ose  pas 
se  choisir  un  tombeau  sans  l'assentiment  de  son  persécuteur  : 
il  envoyé  une  députation  nouvelle  «à  ce  prince  religieux,  «pour 
solliciter  humblement  la  liberté  de  sa  sépulture:  «misit  iterum 
ad  predictum  religioswn  principem,  Pepinum  htimillimam  peti- 
tionem  »  et  l'exilé  étant  mort  avant  le  retour  de  ces  envoyés, les 
moines  de  Hautmont  attendent  dix-sept  jou:'s  pour  disposer  de 
ses  dépouilles,jusqu'à  ce  que  la  licence  sollicitée  leur  soit  enfin 
parvenue  (2). 

En  voyant  des  moines  aussi  éloignés  du  séjour  de  Pépin 
aprocul  a  Jove,  procul  a  fulmine»  agir  avec  cette  réserve,  écrire 
avec  ces  réticences,  y  a-t-il  lieu  de  s'étonner  de  la  prudence  et 
des  omissions  d'un  récit  rédigé  presque  sous  les  yeux  de  ce 
prince, ou  sous  ceux  du  fils  de  son  adultère,à  l'usage  du  diocèse 
où  ils  avaient  leur  résidence  habituelle,  pour  des  offices  aux- 
quels ils  pouvaient  assister? 

Une  dernière  objection  qu'on  n'a  point  abordée  jusqu'à  cette 
heure,  nous  reste  à  rencontrer  :  pourquoi,  si  la  cause  du  mar- 
tyre a  été  l'inconduite  de  Pépin,  pourquoi  les  offices  de  l'Église 
liégeoise  se  sont-ils  si  longtemps  abstenus  de  la  mentionner  ; 
pourquoi  la  version  accueillie  par  Hucbald  ne  vient-elle  se  placer 
auprès  de  la  première  version  officielle  qu'après  deux  siècles 
de  désaccord? 

Pour  les  mêmes  raisons  qui  avaient  empêché  tout  d'abord  le 
premier  rédacteur  de  l'office  de  s'exprimer  en  toute  liberté— ou 
pour  d'autres  aussi  sérieuses. 

L'Église  catholique  ne  modifie  jamais  qu'après  de  longues  in- 
formations, avec  une  prudence  extrême,  les  récits  une  fois 
admis  dans  sa  liturgie.  Aujourd'hui  encore  le  Martyrologe  romain 
continue,  après  mille  ans,  à  reproduire  sur  notre  saint,  la  noie 
du  martyrologe  d'Adon. 

('j  Quœcunaque  perperam  gesla  luerant  clemenler  induisit  fid.,  id.).  —  *)ld.. 
id.,143). 


S07 


Puis,  quoi  d'étonnant  si,  sous  le  gouvernement  de  Charles 
Marlel,  fils  d'Alpaïde,  si  sous  ses  yeux  en  quelque  sorte,  cartel 
diplôme  du  !•"■  janvier  de  722  (i)  atteste  que  lui  aussi  prit  à  Herstal 
ses  quartiers  d'automne  —  l'Église  de  Liège  évita  de  rappeler  les 
hontes  de  l'origine  de  ce  prince  aussi  violent  que  souvent  peu 
religieux. 

Fulcaire,évéque  de  Liège,  après  Floribert,  le  fils  et  le  succes- 
seur d'Hubert, avait  probablement  d'ailleurs, pris  part  au  concile 
provincial  de  Verberie  en  753;  son  nom  figure  au  bas  des  actes 
du  Concile  deMetz,de  756,et  ces  deux  assemblées  avaient  laissé 
entamer  le  principe  de  l'indissolubilité  de  l'union  conjugale. 
Fulcaire  eiît-il  pu  sans  s'infliger  un  cruel  démenti  proclamer 
qu'un  demi-siècle  auparavant,  Lambert  avait  péri,  lui,  pour  la 
défense  du  principe  que  sacrifiait  la  faiblesse  de  son  succes- 
seur? Héritier  de  Charles  Martel.  Pépin  le  roi  eût  d'autant  moins 
goûté  qu'on  rappelât  ainsi  devant  lui  les  fautes  de  son  aïeul 
que  lui-même  brûla  quelque  temps  d'une  flamme  adultère  pour 
une  Alpaïde  anglaise;  que  le  PapeZacliarie  avait  dû  lui  rappeler 
en  748  l'excommunication  dont  l'Église  frappe  l'époux  volon- 
tairement divorcé  et  qu'il  avait  fi\llu  l'intervention  du  pape 
Etienne  pour  ramener  au  devoir  l'oublieux  mari  de  Bertrade 
comme  pour  rappeler,  par  les  réponses  données  en  754  aux 
moines  de  Breiigny,  —  les  prélats  trop  accommodants  de  son 
époque  à  l'austérité  de  la  rè,::le  évangélique,  en  matière  de 
mariage. 

Les  princes  sortis  du  sang  d'Alpaïde  continuaient  au  surplus, 
à  résider  dans  notre  diocèse,  aux  portes  mêmes  de  Liège:  Hers- 
tal était  en  752  le  séjour  du  roi  Pépin  ;  le  pieux  Carloman  son 
fils  devait  habiter  quelqu'une  des  villas  royales  dont  notre  ville 
était  entourée:  Chèvremont,  Angleur,  Herstal  ou  Jupille.  C'est 
du  moins  ce  qui  ressort  de  la  relation  donnée  par  uncontempo- 


(*)  La  date  de  ce  diplôme  et  de  ceux  cités  plus  loin  est  donnée,  sauf   ndication 
contraire,  d'après  la  Table  chronologique  de  M.  Wouters. 


—  508   - 

rain  de  l'ouverture  du  tombeau  de  S.  Hubert  et  de  l'élévation 
des  reliques  de  ce  saint  (i).  Charlem;3giie,qui  ne  le  sait,  ne  resta 
pas  moins  attaché  à  notre  territoire.  C'est  sous  le  début  de  son 
règne  qu'on  place  la  révision  faite  parGodeschalc,  à  la  demande 
de  l'évéque  Agilfrid,  du  texte  primitif  de  la  version  liturgique. 

N'eût-ce  pas  été  crunulé,  ingraiiiude  et  folle  bravade  de  re- 
toucher devant  d'aussi  généreux  bienfaiteurs  de  l'Eglise,  cette 
vieille  version  dans  un  sens  plus  hostile  aux  maîtres  du  jour? 
Et  si  Godeschalc  en  avait  eu  l'envie,  Agilfrid,  que  des  liens  de 
parenté  uuissîtient  h  Cliarlemagne,  Agilfrid  qui  obtint  du  prince, 
au  rapport  de  Gilles  d'Oi'val,  des  chartes  favorables  à  l'Eglise 
de  Liège,  et  à  qui  le  grand  empereur  confiait  la  garde  de  son 
captif  le  plus  important  Didier,  roi  des  l>ombards,  lui  aurait-il 
permis  de  suivre  ce  dessein  (2)  ? 

Gerbald,  le  successeur  d'Agilfrid,  ne  se  trouva  pas  dans  une 
position  plus  indépendante  des  circonstances  ;  sorti  des  con- 
seils du  prince  pour  monter  à  l'épiscopat,  il  essuya  les  observa- 
tions de  son  souverain  pour  avoir  parmi  les  fidèles  de  son 
diocèse  des  chrétiens  qui  ne  savaient  pas  les  prières  les  plus 
élémentaires. 

L'on  n'ignore  pas  non  plus  le  soin  avec  lequel  Gharlemagne, 
grand  amateur  d'offices  sacrés,  remplissait  parfois  lui-même 
les  fonctions  d'index,  fijisait  lire  devant  lui  les  passions  des 
martyrs,  ou  prenait  plaisir  à  diriger,  au  chœur,  les  cérémonies 
saintes  et  les  chants  ecclésiastiques.  Eh  bien,  se  représente- 
t-on  U'  plus  illustre  des  protecteurs  de  l'Eglise  asireint  à 
constater  devant  tous,  aux  pieds  de  l'autel,  l'infamie  de  son  aïeul. 
Au  retour  de  ses  innombrables  expéditions,  c'était  pourtant 
bien  dans  notre  diocèse  qu'il  passait  le  plus  souvent  l'hiver, 
revenant  ici  vers  l'automne,  c'est-à-dire  vers  la  léte  de 
Saint-Lambert,  pour  ne  reprt-ndre  la  vie  des  camps  qu'après 


^*)  La  vie  de  S.  Ifuben,  elo.,  piir  le  P.  Ch.  de    Smedt.  p.  44.    —   ('i  Chapea- 
viilc,  r,  U9. 


—  509  - 

les  solennités  de  Pâques;  en  770  ce  fut  à  Liège  même,  à  Saint- 
Lambert  «  apud  sanctum  Lantbeitum,  »  écrit  Eginhard,  qu'il 
s'établit  pour  célébrer  la  grande  fête  chrétienne;  il  ne  séjourna 
pas  moins  d'une  dizaine  d'hivers  à  Herstal  ;  nous  avons  des 
actes  signés  de  lui,  dans  cette  localité  en  mars  770,  octobre 
772,  septembre  774,  janvier  777,  janvier  778,  mars  779,  octobre 
781,  septembre  802,  et  nous  savons  qu'il  passa  dix-neiif  hivers 
bien  comptés  h  Aix,  qui  faisait  alors  partie  aussi  du  diocèse  de 
Liège  (i). 

Walcand  se  trouva  en  face  de  son  impérial  ami,  Louis  le 
Débonnaire,  dont  on  garde  aussi  des  diplômes  datés  de  Herstal 
823  et  831,  dans  la  même  situation  que  ses  p" 'iécesseurs,  en 
face  de  Charlemagne  :  il  se  tint  naturellement  dans  la  même 
abstention.  Après  l'évêque  Hircaire  qui  reçut  à  Liège  en  8o3 
et  854  les  rois  Charles  et  Lolhaire,  l'évêque  Francon  se  trouva 
dans  une  po-îition  pire  :  il  n'eut  pas  seulement  à  défendre  son 
diocèse  contre  les  incursions  normandes,  à  songer  à  sauver 
les  trésors  de  ses  églises  au  lieu  d'en  modifier  les  offices  ;  il 
eut  à  se  prononcer  sur  un  renouvellement  de  la  vieille  histoire 
de  Pépin  :  le  cas  de  son  ami  et  commensal  l'empereur  Lotliaire 
qui  voulut  comme  on  sait  répudier  Theulberge  pour  épouser 
Waldrade.  Francon  ne  se  souciait  pas  assez  de  Lambert  :  dans 
une  réunion  d'évêques  tenue  à  Metz  en  863,  il  commit  la  faute 
de  se  ranger  parmi  les  prélats  plus  courtisans  que  pontifes,  dont 
la  décision  incorrecte  prétendit  légitimer  la  substitution  d'une 
seconde  épouse  à  la  première  encore  vivante. 

Réprimandé  à  ce  sujet  par  le  pape  Nicolas  L,  il  s'excusa  de 
son  erreur  et  sans  doute,  comme  le  Souverain  Pontife  le  lui 
demandait,  employa  ses  efforts  à  retirer  Lothaire  d'une  union 
irrégulière  :  Lothaire  reconnut  sa  faute,  mais  nul  ne  sera  sur- 
pris que  sous  pareil  empereur  et  sous  pareil  évêque  on  n'ait 
rien  modifié  à  la  version  officielle  du  martyre  de  S.  Lambert. 

I*)  VetauU.  Histoire  de  Charemagne,  p.  376. 


510 


Les  souvenirs  de  l'erreur  de  Francon  et  de  l'égarement  de 
Loihaire  étaient  vivaces  encore  quand  Etienne  recueillit  en 
902  la  succession  épiscopale  du  premier.  Ces  souvenirs  fâcheux, 
ce  fait  que  les  princes  sous  lesquels  régnait  Etienne,  étaient 
les  derniers  descendants  de  l'adulière,  suffisent  à  nous  faire 
comprendre  que  ce  prélat  ait  préféré  s'en  tenir  h  la  version 
primitive;  ail  évité  de  refaire,  de  compléter  comme  il  l'aurait 
pu  sans  doute  sous  bien  des  rapports,  la  biographie  liluri^ique; 
se  soit  borné  à  révulser  le  texte  de  Godeschalc,  ait  pris  soin 
même — soin  significatif!  —  d'arréier  sa  rédaction  nouvelle 
au  récit  des  funérailles  du  Saint,  sans  plus  aborder  la  question 
du  châtiment  de  Dodon,  ni  d'aucun  des  bouireaux—  prudence, 
réserve  d'autant  moins  surprenantes  de  la  part  d'Etienne  que 
ce  prélat  était  apparenté  lui-même  aux  rois  dont  la  sœur 
de  Dodon  avait  été  la  souche,  qu'il  en  obtint  mnintes  faveurs, 
les  reçut  dans  sa  ville,  et  vit,  par  exemple, l'empereui' Charles 
séjourner  à  Herstal  en  916,  919  et  septembre  920. 

C'est  pourtant  sous  le  pontificat  d'Etienne,  que  la  véritable 
explication  de  l'assassinat  de  Lambert  ose  enfin  se  produire  à 
rencontre  du  silence  intéressé  des  uns,  des  obscurités  craintives 
de  la  narration  des  autres.  Mais  en  vérité,  pour  qu'Hucbald 
n'ait  pas  hésité  à  la  présenter  à  l'évêque  Etienne,  en  vue  de  la 
faire  entrer  dans  l'office  liégeois,  ne  fallait-il  pas  qu'elle  fût  dès 
lors  bien  répandue  et  bien  accréditée,  consignée  qu'elle  était 
déjà  sans  doute,  comme  nous  l'avons  dit,  dans  tetécrit  aujour- 
d'hui perdu,  dont  Hucbaid  semble  s'être  inspiré  avant  qu'An- 
selme n'en  vienne  plus  tard  à  le  citer  textuellement? 

Ne  peut-on  pas  se  demander  même  si  un  de  ses  échos  n'avait 
pas  pénétré  dès  ce  temps  dans  l'ofTice  du  saint.  Nous  avons  dit 
quel  évangile  on  lisait  alors  au  jour  anniversaire  de  la  mort  du 
martyr  :  «  Nolite  timere  pusillus  grev,  ne  craignez  rien,  petit 
troupeau  etc.  » 

Ce  texte  sàcré  était  on  usage  du  temps  d'Hucbald  car  il  lui  a 
fourni  plusieurs  des  images  de  sou  poème  :  les  reins  ceint^,  les 


—  511    - 

laïuernes  allumées,  la  mort  impromptue,  etc.  ;  mais  en  somme 
éloge  vague  et  général  des  vertus  apostoliques,  il  cadrait  bien 
avec  la  prudence  et  la  réserve  de  la  première  biographie 
officielle.  Faui-il  croire  que  l'homélie  explicaiive  qui  suit  ce 
texte  dans  le  manuscrit  de  Bruxelles,  et  dont  l'écriture  ne 
semble  pas  antérieure  au  XIP  siècle,  était  entrée  en  même 
temps  que  cet  évangile  dans  l'office  du  saint.  Si  oui,  c'est  la 
reconnaissance  indirecte  mais  officielle  aussi  qu'on  savait  dès 
ce  temps  que  Lambert  avait  péri  pour  la  même  cause  que  Jean- 
Baptiste. 

L'homélie  se  termine,  en  effet,  en  évoquant  le  souvenir  du 
Précurseur  du  Christ;  en  rappelant  qu'on  n'a  psj  appris  qu'il  ait 
fait  des  miracles  mais  qu'il  s'est  mortifié  et  surtout  qu'il  a  donné 
sa  vie  pour  la  défense  de  la  vérité  lorsqu'il  osa  déclarer  ù 
Hérode  :  «  il  ne  Cest  pas  permis  de  garder  celle  femme  ï  » 

«  Et  le  bienheureux  Lambert,  conclut  l'homélie,  ayant  pi'o- 
»  nonce  aussi  cette  même  parole,  au  service  de  ce  Christ  qui  a 
»  dit  :  Je  suis  la  voie,  la  véiilé,  la  vie,  a  obtenu  la  même 
»  couronne  du  marlyre  et  a  été  glorieusement  élevé  à  la  posses- 
»  sion  suprême  de  tous  les  biens  du  Seigneur  son  Dieu.  » 

Mais  le  texte  mérite  d'être  intégralement  cité  ici  : 

De  Johanne  Dominas  dixit  quod  nemo  inter  natos  mulierum  maior  eo 
surr3xit,  non  quia  eum  palriarchis  omnibus  et  propheiis  pretuleril,  sed 
maioribus  coaequavit. 

Qui  tamen  miraculum  nullum  legitur  fecisse,  sed  nuditate  et  inedla 
corpus  macérasse,  ad  ultimum  pro  veritatis  assertione  capite  diminutus 
esse. 

Quid  tandem  dixit?  Non  licet  tïbi  eam  habcre! 

Et  bealus  Landbertus  eamdem  pro  Christo  qui  dixit  :  ego  sum  via, 
Veritas  etvila  vocem  imilatus,  similem  est  martirii  coronam  indeptus,  et 
super  omnia  domini  dei  sui  bona  féliciter  exaltalus. 

N'est-ce  pas  un  curioux  indice,  un  précieux  aveu  que  ce 
rapprochement?  Et  poui  terminer  de  la  sorte  l'explication  d'un 


SI  2 


évangile  d'une  portée  aussi  peu  précise  dans  l'espèce,  ne  fallait- 
il  pas  que  dès  les  temps  les  plus  anciens  l'Église  de  Liège  en 
connût  beaucoup  plus  qu'elle  ne  voulait  le  dire  officiellement, 
sur  les  causes  du  martyre? 

Résumons  donc  et  concluons  : 

A  notre  avis, aussitôt  après  la  mort  du  saint,  deux  versions  de 
son  trépas  ont  dû  se  trouver  mises  parallèlement  en  circulation: 
la  version  liturgique,  version  prudente,  craintive,  incomplète, 
mais  trahissant  son  insuffisance  par  son  obscurité  même  :  elle 
se  contentait  de  rapporter  que  Dodon  avait  voulu  vengpr  par  la 
mort  du  saint  deux  déprédateurs  tombés  sous  les  coups  des  gens 
du  pontife;  —la  version  libre,  plus  franche,  plus  sincère,  ajou- 
tant que  le  blâme  déversé  par  le  Pontife  sur  l'adultère  de  Pépin, 
avait  bien  plus  que  la  mort  de  ses  parents  poussé  Dodon  au 
crime.  Cette  version  n'a  pas  dû  tarder  non  plus  à  être  consignée 
par  écrit,nolamment  dans  cet  ouvrage  anonyme  dont  nous  ne  con- 
naissons qu'un  extrait  conservé  par  Anselme,  mais  qu'ont  dû 
connaître  Adon  devienne  un  demi-siècle  avant Hucbald  et  notre 
Hucbald  lui-même. Encombinantlesdeuxversions, Hucbald  nous 
a  donc  donné  le  premier  l'explication  la  plus  complète  et  la  plus 
vraie  des  causes  de  l'immolation  du  martyr  :  explication  que  ne 
peut  contredire  la  chronologie,  que  confirme  l'étude  des  lois 
de  l'Église  et  de  l'histoire  de  ses  évêques  en  ce  siècle  comme 
l'examen  des  devoirs  et  du  caractère  de  Lambert  en  face  de 
l'incontestable  inconduite  de  Pépin;  explication  avec  laquelle 
concordent  à  la  fois,  le  but  d'édification  et  la  destination  litur- 
gique de  la  version  officielle;  le  texte,  les  obscurités,  l'insuffi- 
sance, les  demi-révélations  de  cette  version  :  l'elïroi  général 
causé  par  le  crime;  l'impunité  dont  Pépin  laissa  jouir  les  cou- 
pables; les  pratiques  de  prudence  et  de  réserve  extrême  des 
écrivains  du  temps;  la  peur  enfin  qu'on  dut  avoir,  au  lendemain 
du  meurtre  et  qu'on  conserva  durant  deux  siècles  d'offenser  par 
des  narrations  trop  nettes  les  princes,  causes  de  l'attentat,  leurs 
descendants,  bienfaiteurs  de  l'Eglise  ou  les  prélats  infidèles  aux 
exemples  du  n)artyr. 


-  513  ~ 

Sans  douie,  il  reste  trop  d'obscurités  encore  dans  l'histoire 
des  siècles  dont  nous  avons  eu  à  parler  pour  qu'aucune  thèse  à 
leur  sujet  puisse  s'impos(3r  à  la  croyance  de  tous  avec  une  in- 
conieslable  évidence;  nous  n'oserions  donc  nous  flatter  d'avoir 
résolu  toutes  les  questions  relatives  à  la  cause  de  l'immolation 
de  S.  Lambert.  Avons-nous,  du  moins,  sur  quelques  points  dis- 
sipé quelques  brouillards,  fait  lever  un  jour  plus  ou  moins  lumi- 
neux? Nous  le  souhaitons  et  nous  aurons  atteint  notre  but  si 
nous  avons  pu,  par  cette  étude,  faire  reconnaître  dans  l'auteur 
jusqu'à  présent  i  épuié  anonyme  de  la  Vie  en  vers  de  S.  Lambert, 
une  des  figures  les  plus  intéressantes  d'entre  les  littérateurs  du 
IX«  et  du  X"  siècle,  et  parcelle  dissertation  rendu  au  patron  du 
pays  liégeois  quelques  rayons  de  cette  auréole  qu'on  lui  a  si 
vivement  disputée:  l'auréole  du  martyre  glorieusement  subi  pour 
la  défense  des  mœurs  chrétiennes  et  de  la  chasteté  conjugale. 

Joseph  DEMARTEAU. 


Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  auquel  nous  avons 
emprunté  le  poème  qui  vient  de  faire  l'objet  de  ceite  étude, 
outre  les  poé.-ies  et  l'ofîice  reproduits  avant  ce  poëme,  nous 
offre,  à  la  suiie  de  cet  office,  la  relation  de  trois  miracles 
obtenus  de  D.eu,  par  l'inlercession  de  S.  Lambert,  <<  nostris 
lemporibus  »  à  la  même  époque  où  fut  composé  le  poëme.  Le 
premier  de  ces  prodiges  s'est  accompli,  du  temps  de  l'évéque 
Fraiicon,  aussitôt  après  l'invasion  des  Normands  ;  des  témoins 
oculaires  pouvaient  encore,  dit  le  narrateur,  en  attester  la 
vérité  quand  il  a  pns  la  plume.  Le  second  paraît  dater  aussi  de 
l'épisctipat  de  Francon;  le  troisième  a  eu  lieu  sous  celui 
d'Etienne,  successeur  de  Francon  et  rien  dans  le  texte  —  au 
contraire!  —  n'interdit  de  croire  que  ce  dernier  récit,  assez 
circonstancié,  et  le  plus  pittoresque  de  tous  —  aurait  été  mis 


—  514  — 

par  écrit  du  vivant  même  de  ce  prélat,  soit  en  920  au  plus  lard. 
En  tout  cas,  Francon  étant  mort  en  l'an  903,  le  narrateur  de  ces 
miracles,  pour  attester  que  des  contemporains  de  cet  évêque 
pouvaient  rendre  témoignage  i\  l'exactitude  de  ses  dires,  a  dû 
rédiger  son  travail  dans   la  première  moitié  du  dixième  siècle. 

Les  Normands  avaient  incendié,  en  882,  la  basilique  de 
S.  Lambert  ;  après  leur  départ,  et  le  retour  en  ville  de  la  popu- 
lation bégeoise,  lacbâsse  du  Saint  fut  sans  doute  déposée  dans 
l'église  avant  qu'on  eût  pu  achever  de  réparer,  ni  même  de 
recouvrir  cette  église;  une  nuit  la  neige  tomba  et  pénétra 
partout  dans  la  basilique  :  elle  ne  toucba  pas  toutefois  aux  voiles 
(sandalia)  qui  formaient  le  seul  abri  de  la  châsse.  Tel  est  le 
premier  prodige.  Le  second  consiste  dans  la  guérison  de  sept 
infirmes  délivrés  soud  tin  de  leurs  maux. pendant  qu'on  célébrait 
la  nuit  l'office  anniversaire  du  Saint.  Le  troisième  nous  montre 
une  mère  de  famille,  aveugle  de  naissance,  avertie  en  songe  de 
se  rendre  au  temple  de  Lambert  et  d'y  boire  d'un  breuvage, 
composé  sans  doute  d'eau  bénite  sur  son  tombeau  :  l'aveugle 
obéit,  arrive  h  Liège,  boit  le  breuvage,  retrouve  la  vue  et  ne 
sait,  toute  surprise,  ni  reconnaître  son  mari  et  ses  fils,  ni  se 
faire  une  idée  de  la  distance  h  laquelle  se  trouvent  d'elle  les 
objets  dont  elle  est  entourée. 

L'antiquité  de  cette  triple  relation,  l'avantage  qu'elle  a  de  nous 
présenter  un  spécimen  littéraire  curieux,  d'une  époque  dont  il 
nous  reste  si  peu  d'œuvres  liégeoises  ;  son  rythme  assez 
caractéristique,  les  fautes  mêmes  qui  déparent  cette  composition, 
les  commentaires  mathématiques  ajoutés  à  l'exposé  du  deuxième 
miracle,  les  héllénismes  qui  émaillent  ce  récit  (somaie,  rimate, 
agaJmate,  thamia)  tout  lui  donne  un  cachet  original,  et  lui 
mérite  d'être  reproduit,  autrement  que  par  extraits  comme 
l'ont  fait  les  Bollandisles  du  siècle  dernier.  Le  voici  tout 
entier. 


—  845  — 

INCIPIUNT  ANTIQUA    DEI    MIRACULA    IN    HONORE  LANTBERTI   MARTYRIS   NOSTRIS 
TEMPORIBUS  INNOVATA. 

I.  —  Ralum  ducilur  affore  subnexum,  in  raarginoso  priscorum  calce 
signorum,  quod  nostris  in  œvis  supera  pietas  dignanter  maluit  actum, 
uti  nulle  tempère  deficientibus  demini  beneficiis,  munia  gratiarum 
rependere,  sanctumque  suum  quem  novis  fréquenter  revisit  honoribus, 
semper  nevi  cenaminis  siudie  maturemus  amare.  Fideliter  itaque 
sollertiam  antestitii  régente,  deo  digne  ut  crediiur  episcopo  Francone, 
quam  plura  nobis  visa  sunl  miraculorum  insignia,  meritis  almifici  patris 
lantberii,  a  cunclipetente  laudabiliter  data.  Qiue  quidem  si  emnia  paginis 
ingesia  singillatim  scriplui  mandarentur,  nimiae  lengiturnitaiis  spatio 
vacaiilia,  fasiidium  irregare  haberentur.  Merum  est  tamen  solitum 
variamen,  haud  diu  in  ununi  defigere  mentes  acumen.  Que  circa  sit 
satis  audieniiura  votis,  terna  dumlaxat  edici,  ad  indisparandae  gleriam 
trinitaiis.  Erge  dum  trucl  peste  nortmaiinica  quaquaversum  quodcunque 
populande  bachata,  in  creraata  prorsus  qua  semate  quiescit  suse  sedis 
aula,  necdumque  saltem  mediestinae  reparaiienis  acceieratu  demum 
structa  de  locis  ad  quae  fugerat  relatum  sui  custodes  perneclarent  vigili 
cura,  nivium  enormis  exuberaniia,  preut  tetum  erat  palulum  fenestiis. 
afîluens,  nihll  penetralium,nisi  tantum  ejus  sandalia  dimisit  innperiens 
Atqui  neque  per  quippiam  sursum,  neque  quantum  medieias  palmae  capil 
laterersum,  his  venerabiliiatem  servans,  exlitit  accedere  audens.  Qued  e 
vestigio  mane  palam  plebela  muliitudine  sriium,  mactae  mirabilitatis 
extollentia  ubique  sonuit  inaltaium.  Cuiusque  tune  temperis  visores, 
adhuc  nobiscum  degenies,  merantur  narratercs.  En  rationis  capaces, 
dum  creaturas  nalura  iirationabiles,  famulitio  sanclerum  attendiiis  ac 
si  rationabiles;  perpendiie  vos  circum  circa  caventes  quin  quod  illse  supra 
se  mutaniur  in  polius,  subter  vos  ipsi  labando  mutemini  in  pejus. 
Convertibilem  ex  adverse  fieri  naturam  certuni  e.st  omnino  admenitionem 
fore  divinam.  Quin  eii^m  aniicipamen  sequeniium  crealurarum  cemmone- 
facit  no  desi^tamus  iniiium  esse  aliquod  earum.  Si  qnidem  id  déficientes 
desistimus  necessario  capitis  honore  prœsiiium,  quasad  ruborem  nostris, 
velimùs  nolimus  sequimur  ceu  servi.  Verum  hoc  quippe,  verum  hoc  vir 
iste,  nulla  in  se  adniisit  ratione.  Idée  presenli  et  absenii  in  carne 
obsecundant  ei  ut  famulœ.  Jam  olim  cum  vivente  luclatae  sunt  eo  et 
victae  cessere  subponentes  colla  ei,    imperio  modo  hui  :    suimet  pros- 


516 


tratae  palestrœ  memorantes  pavitando  perpétue  decorare  festinani  eura 
servilio.  Ypodamatis  occasio  ei  imflixum  iiivium  oriiciamina,  ypodamaUs 
veneratio  el  usquequaque  spargit  viiliituîi)  odoiamina.  Slanii  propter 
crucem  nix  trigoris  impegit  asperitatem  :  slanti  juxia  crucifix!  régis 
claiilaiem  nix  exsamusim  confert  ipsam  nobis  praedicans  lenitatem.  Nunc. 
nunc  coiiverso  ordine  addiscimus  gm  quidem  velut  per  quœ  peccaverif 
quis  per  haec  et  torquebiiur.  ita  et  per  quae  benefecerit  el  glorificandum 
erit. 


II.  —  Alio  deniqiie  per  multorum  temporum  in  excursu  mémorandum 
universis  se(ailorum  succursibus  taie  commun!  visu  spectantes  crevimus. 
Nocte  etenim  Naîalis  eius,  dum  vigiliarum  canlisonus  actitabatur  cultus, 
iamque  octavi  responsorii  aile  personabal  melos  ymnidicus,  uno  in 
puncto,  unoque  momento,  contractorum  nec  non  pariter  ca;corum  officia, 
virtule  membrorum  caelitus  per  dudum  suetos  poros  refusa,  septeno 
iaetantia  numéro  spiiant  reparata.  Quo  in  fado  aliquid  laudium  addere, 
magis  est  profecio  decerpere  quum  nemo  nostrum  tanto  fonte  facun- 
diae  valet  exundare  qui  non  superalus  dispareat  eius  pelagl  abrupta 
voragine.Sed  quia  juxta  psalmographi  suasumnarraboomnia  mirabilia  tua 
fatum  si  quantum  scitur  tantum  edicitur,  totum  expletum  consummatur 
affectantes  persolvere  integrum  debiti  pro  ut  quimus  loquamur  in  agalmate 
tanli  patroni  immo  qui  in  eodem  operatur  dei.  Septem  videlicei  annorum 
curriculis  malorum  impeligine  abstractus  apice  ut  priefalur  extorris 
praesulatus  striciim  vixit  inter  monachos  conversatus  ;  consequens  astat 
vellere  creantis  toi  idem  merilorum  eum  honestare  donis  et  anliqua 
probra  modernis  inter  lita  rcddere  venustameniis.  Et  ut  dicamus  de 
singulis  numerorum  ascensibus  quibus  scandens  ut  pote  gradibus  ad 
summum  est  perleciionis  exoiitus  :  in  monade  cujus  linea  insecabilisac  sine 
ulla  exleuditur  scissura  lalitudiiiis,  [tede  fidei  introilum  capiens,  unam  dei- 
talis  esseniiam  semper  insecabilem  semperque  exislentem  credidil  colens. 
In  diade  vero  prima  forma  parilaiis,  duobus  îequis  gaudente  pariter 
ponderatis,  cpia;  socielas  vinculi  quo  média  nectuntur  habetur  uirimque 
comniuiiis,  prinium  fratcriiae  diiectionis  mensuraliiati  adhaerens  iusta  lance 
semet  proximunKjue  libiavit  viscera  carilatis  cuicumque  impertiens  dein 
ad  unum  deum  volatim  ultra  supraque  se  digressus  absque  sui  trulina 
eum  in  diligendo  laboravit  fidus.  In  triade  quidem,  calculo  scilicet  prin- 


—  517  — 

cipe  imparium  atque  perfecto  inconfundendam  trinitateni  personarum 
fideliter  venerans  in  deo  principe  vero  sine  pari  ac  sine  alterius  indiga- 
mine  perfecto  cogitatione,  loculione,  operis  exliibiiione,  ipsi  percuncla 
sede  subdat  tricario.  Atneminem  animo  turbalum  moveat,utquid  aliusione 
diadis  inler  unitatem  trinitatemque  deitalis  ralio  ponendam  censuerat 
caritatem  amoris.  Nam  quod  esse  semet  dixit  hoc  intra  se  nullatenus  deas 
inserendum  contempnit.  Deus  caritasest  Johannes  inquil.  Porro  in  telra- 
da  uua  inest  soliditatiscerta  perfectio  numéro  equidem  longiludine  ac  pro- 
func^itale  composito  quo  gradatim  plicilo,  omnium  numerorum  integratur 
mulUtudo,  prudenlia,  juslitia,  forlitudine  siraulque  temperantia,  a  quibus 
abesse  nulla  novit  bonorum  aclio,  sed  ab  eis  émanât  omnis  eorum  duc- 
tio  •■  huic  sane  quadrige  insidens  nunquam  vacillavit  in  invio,  invicto  régi 
perfecte  miiitavil  suo.  In  pentade  etenim  quinque  corporis  sensus,  offi- 
cioso  sudamine  in  se  prius  exercens,  exinde  ejusdem  imitatu  computatio- 
nis,  ipsos  viris  et  mulieribus  explendo  pr^dicavit  distribuens,  constat 
namque  ex  utriusque  sexus  numéro  Tryas  sane  viriiis  est,  dyas  fœmineus 
exislimatur.  In  senario  denique  diiferentiarum  totidem  motus,  sive  prior- 
sum  sive  retrorsum,  sive  dextrorsum  sive  sinistrorsum  sive  sursum 
sive  deorsum  versu;s,  nequaquam  vafris  raundi  usibus,  sed  caeli  contri- 
buebat  utilitatibus.  In  eplade  quoque  septem  corporis  partes  homineni 
perficientes  decenter  flectens  redigebatad  conditorem  famulatu  repedantes. 
Et  quod  bis  maius  erat  sigilio  septiformis  spiritus  sancti  graliae  haec  cunc- 
ta  signata  muniebat;  iccirco  ab  omni  jure,  lutatis  claustris  et  seris  salva 
custodiebat.  His  septem  servitutum  mancipatibus  indefesse  suis  insu- 
dans  semet  ancillabatur  diebus;  nunc  quia  penitus  servili  mundo  exemp- 
tus  tempore  potitur  inrefragandae  libertatis  et  inter  fllios  in  secretis 
sortem  adeptus  participatur  inmarcescendae  hereditaiis  quatinus  adhuc 
vernaculi  eum  extra  se  suscipiant  sui  contubernio  carentem  ordinis  sep- 
tiplicibus  foris  expectantibus  eis  mandatur  signorum  vocibus. 


111.  —  Tenente  de  cetero  statim  successum  episcopii  viro  sanctitatis 
atque  generositalis  iliustri,  Slephano  pontifice  insigni,  solius  Filii  Dei 
prodigium  in  praelibati  Patris  celsitale  perspeximus  gestum,  quod 
nunquam  dealtero  nec  visu,  nec  relatu  percepimus  notum.  Quaedam  cieca 
nata,  et  quoienus  plures  proliura  genuit,  sic  muiiata,  in  hune  modum  per 
somnium  audire  meruit  a  voce  dominica,  ter  in  singulis  noctibus  ita  ad  se 


—  518  — 

exoi'sa  :  Quid  diu  in  nativa  durans  mânes  caecitate?  Surge  pernix,  limina 
lantberti  martyris  adi  :  inibi  tibi  dabitur  polio  gustus  salutigeti,  qua 
hausla  percipies  visum  lui,  quo  scia  illius  gloria  in  te  dcmonstranda 
aclenus  cassata  caïuisii.  Dumque  id  lerlio  aurium  officio  excepil,  tinitiinls 
que  iuxtlm  posilis  crebro   rimale  exposilum  edidit,   omnium  iiorlamine 
coacta,  habilaculum   liquil  et  in    Leodiciim  usque  itiner  tendens  venit. 
Tum  eadem  valvarum  foribus  gressu  propinquans  extiniplo  ac  si  Ihanata 
solo  cecidit  palpitans.  Quam  mullis  qui  assistebant,  susiinenter  prœsto- 
lantibus,  et  quidnam  fors  eventuum  fini  daret,   nosse  cupientibus,  felici 
auspioio  illa  post  multura  sensim  respirans,  et  sessu  paululum  se  erigere 
nitens,  biberem  se  porrigendum  clamoribus  increpuit,  horrendum  sonans. 
Quem  cum  procul  haud  quaquam  remoratum  funditus  epotavit,  ipsis  suis 
manibus,  tamquam  squamas  ab  ocoulis  vellere  cœpil,  ac  nisi  si  ab  aliis 
striciim  tenia  conlrairetur,   ultra   opus  ab  ipsa  fricati,  radicilus  stirpa- 
reniur.  Sic  videscens,  nec  mariium,  nec  filios  erat  cognoscens  ;  sed  velut 
quos  nondum  habueral,  qui  essent,  eis   importunantibus,  nescia  interro- 
gabat.  Crealurarum  subtantias  quas  ante  nisi  solis  agnoscebat  vocabulis, 
admodum  stupida  mirans,   iota  sequetiti  ebdomada  earum  discere  hebe- 
tando  quaerebat  distantias  ;  ita  ut  palam  cunctis  facultas  daretur  advertendi. 
quod  numquam  usa  fuisset  lumine  sui.  A  pluribus  tamen  iam  scientibus 
omni  iuraniine  testabatur,  sic  ortam  extitisse  parentibus.  Jam  quid  super 
isto    dictura  feremus?  Specialitatis  suae   proprio  Christus  eum  ditavit, 
forsan  prae  ceteris  sibi  specialem  ascivit.  Majora  suis  minoribus  miraculis 
egerunt  sui  quem  admodum  spoponderat  discipulis.  Iste  uni  ex  majoribus 
praeferens  istud  maius  suocrealoti  adh^erere  quitur  credi  propius.  Ecce 
bonus  agonizalor.  Ecce  bonus  remunerator,    Fidelis   fideli  credidit  : 
proper  ea  falli  non  potuit.  Simul  in  cœlis  coram  laetantur  angelis,  et  qui 
alias  in  terris  non  conspicimur  signis  gratulari  monendo  condiscimus. 
Invlsibiles  apud  superos  illi  adduntur  honores  qui  eliam  apud  infimos  ne 
deficiant  cessantes   sedulo  exciiati   amamur  per  miraculorum   voces.  0 
inspector  interne,  o  arbiter  aequissime,   o  retributor  largissime  qui  ea 
etiam   in   pnesentiarum   sanctis  tuis    incessando   retribuis   per  quae  lui 
amore  vigendo  fortunatetuis  inhyesere  precepiis.Undecumque  iam  cuniec- 
lum   verificatur  quod  tibi  parendo  omne  fortunium  procuratur.  Utinam 
ergoquicquidem  surgens  leveturquumnichil  est  quid  ambigetur  nisi  quod 
omnium  concinenii    voce  deus  laudetur.  Dicat  c;elum,  resonet  solum, 
succinat  atque  infelix  baratrum  ac  simul  omne  creatum  illi   benedicens 


519 


amen  respondeat  verum.  Nos  quoque  cum  ill  jiinoti  uniamur  pro  viribus 
et  tam  voce  clamorib  quam  aclionis  ipsum  in  sanciis  extollere  satagamus. 
Quandoquidem  ipse  prestat  ut  fiai,  ipse  facit  ut  rétribuât,  ipse  tribuil  ui 
se  glorificandum  reddat,  Jésus  Christus  seniper  et  ubique  benediclus, 
quera  cum  pâtre  et  spirilu  sancto  deum  regnantem  novimus  in  seculis 
seculorum  omnibus. 


SOMMAIRE. 


Le  manuscrit  146oO-S9  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles  (l^)  et  le  ma- 
nuscrit 8365  de  la  Bibliothèque  du  Vatican  (384).  Texte  de  l'Office  de  Saint-Lsm- 
bert,  par  Etienne,  évêque  de  Liège  (389)  du  poème  biographique  écrit  pour  Eiienne 
(393)  d'une  hymne,  d'une  poésie  (4-18)  et  d'une  relation  di;  miracles,  (51 4j  du  Xot" 
siècle.  L'auteur  du  poème  ne  peut  être  ni  Etienne,  ni  un  écrivain  liégeois  (42!2  . 
U  faut  le  chercher  au  monastère  d'Elnone  où  de  Saint- 4mand  (425)  et  les  travaux 
hagiographiques  d'Hucbald,  moine  de  cette  abbaye  ;426i  ?es  relations  avec  l'évoque 
Etienne  (429),  l'examen  comparatif  de  ses  procédés  littéraires  (432),  permettent 
de  lui  attribuer  la  paternité  du  poème.  Ce  poème  ne  complète  les  biographies  anté- 
rieures que  sur  quatre  points  :  l'étymologie  du  nom  du  saint,  le  message  que  Lambert 
fait  tenir  à  Dodon  (446),  la  pénitence  septennale  qu'il  se  serait  imposée  (447)  et 
les  causes  du  martyre  (452^  Ces  causes  sont  la  défense  du  patrimoine  de  l'Eglise. 
(433  et  499;  et  surtout  la  condamnation  par  S.  Lambert  des  relations  de  Pépin  et 
delà  sœur  de  Dodon  (455).  Alpaide  n'a  jamais  été  que  la  concubine  du  prince  (458). 
Les  lois  ecclésiastiques  (46t),la  conduite  des  évêques  du  temps  et  d£s  saints  (465), 
l'éducation  et  le  caractère  de  Lambert  (469;  attestent  qu'il  a  dû  réprouver  ce  concu- 
binage, si  même  l'épouse  abandonnée  n'en  a  point  porté  plainte  au  tribunal  oii  :1 
siégeait  comme  juge  (471).  Les  chartes  et  les  vies  de  saints  contemporaines 
(473),  les  chroniques  les  plus  autorisées  et  l'époque  de  l'avènement  de  .S. 
Hubert  au  trône  épiscopal,  font  concorder  la  date  de  l'assassinat  avec  celle  de  l'a- 
dultère de  Pépin  (479^.  Les  biographies  de  S.  Lambert  se  divisent  en  deux  catégo- 
ries :  les  versions  liturgiques,  venues  toutes  jusqu'à  nous  (486)  et  les  récits  sans 
caractère  officiel,  dont  le  plus  ancien  est  perdu,  mais,  cité  par  Anselme,  semble 
avoir  été  connu  d'Adon  de  Vienne  (489)  et  d'Hucbald  (491).  La  relation  de  celui-ci 
complète  donc  la  version  liturgique  (493)  en  éclaire  les  obscurités  (497),  et  la 
crainte  d'offenser  soit  les  princes  issus  de  l'adultère,  soit  des  t  vêques  infidèles  à 
l'exemple  de  S.  Lambert  (505)  explique  qu'elle  n'ait  remplacé  l'autre  qu'après  deux 
siècles,  encore  qu'elle  se  trouvât  confirmée  par  le  texte  de  l'homélie  sur  l'Evangile 
le  plus  ancien  de  la  fête  du  saint  (SU). 


TROISIÈME  SUPPLÉMENT 


AUX 


RECHERCHES  SUR  LES  CARTES  DE  LA  PRINCIPAUTÉ  DE  LIÈGE 


ET     SUR    LES    PLANS    DE     LA    VILLE. 


PRÉFACE. 

Dans  l'introduction  de  mes  listes  de  cartes  et  de  plans, 
publiées  à  Anvers  et  à  Gand,  j'ai  émis  quelques  considérations 
sur  l'opportunité  de  ces  publications  et  sur  les  principes  qui 
m'ont  guidé  dans  le  choix  des  matériaux  qui  m'ont  servi.  Je 
crois  qu'il  ne  sera  pas  inutile  de  reproduire  ici  ces  considé- 
rations, pour  répondre  d'avance  aux  observations  que  l'on 
pourrait  me  faire. 

Une  énumération  de  tout  ce  qui  existe  en  fait  de  cartes  d'un 
certain  pays  peut  d'abord  être  utile  pour  l'histoire  de  ce  pays, 
puisque  ces  cartes  en  représentent  la  configuration  à  l'époque 
où  elles  ont  été  dressées,  avec  les  villes  qui  s'y  trouvaient  alors 
et  l'orthographe  de  leurs  noms,  qui  a  été  changée  plusieurs  fois 
depuis,  jusqu'à  l'époque  moderne. 

Il  en  est  de  même  pour  les  plans  de  villes,  car  ces  plans  ne 
donnent  que  les  rues  existantes  à  l'époque  de  la  confection  du 
plan,  les  noms  de  ces  rues  avec  leur  orthographe,  les  édifices 
qui  y  étaient  construits,  etc. 


—  522  — 

(Julie  que  la  connaissance  de  ces  objets  peut  élucider  des 
questions  d'histoire,  elle  peut  aussi  aider  à  décider  des  points 
litigieux.  11  est,  en  effet,  arrivé  plus  d'une  fois  que  les  magis- 
trats d'une  commune,  les  tribunaux  même,  ont  dû  recourir  à 
ces  anciens  documents  pour  décider  des  questions  de  propriété, 
de  limite,  etc.  Si  on  ne  le  fait  pas  plus  souvent,  ce  n'est  que 
parce  que  l'on  ignore  l'existence  des  plans  qui  donnent  les 
indications  nécessaires. 

Une  semblable  énumération  peut  aussi  sauver  de  l'oubli 
les  anciennes  productions,  qui  souvent  sont  dédaignées  et 
mises  au  rebut  par  cela  même  qu'elles  sont  anciennes.  Gom- 
ment, en  effet,  expliquer  le  fait  qu'il  n'existe  plus  qu'un 
seul  exemplaire  connu  de  quelques  plans  et  de  quelques 
vues  remarquables  par  leur  étendue,  telles  que  la  vue  de 
Liège  de  1618,  en  quatre  feuilles,  qui  se  trouve  à  la  biblio- 
thèque de  Leyde,  le  plan  d'Anvers  de  1565,  en  vingt  feuilles, 
de  la  collection  Plantin,  et  la  vue  de  la  même  ville  de  1515, 
en  douze  feuilles,  dont  les  archives  d'Anvers  sont  dépo- 
sitaires, le  plan  de  Gand  de  1637,  en  huit  feuilles,  que  l'on 
rencontre  à  la  bibliothèque  nationale,  à  Paris,  le  plan  de  Paris 
de  1552,  en  huit  feuilles,  de  la  bibliothèque  de  Bàle,  etc.,  etc. 
Gomment  tous  les  autres  exemplaires  de  ces  productions  remar- 
quables ont-ils  pu  être  détruits,  si  ce  n'est  par  l'incurie  de  leurs 
propriétaires. 

Quant  aux  principes  qui  m'ont  servi  de  guides  dans  le  choix 
des  matériaux,  les  voici  :  je  me  suis  efforcé  de  rendre  mon 
travail  le  plus  complet  possible  ;  j'ai  tâché  de  ne  rien  omettre, 
de  sorte  que  j'ai  dû  citer  même  des  pièces  paraissant  peu 
importantes;  si  elles  ne  le  sont  pas  pour  une  personne,  elles 
peuvent  l'être  pour  une  autre;  si  elles  ne  le  sont  pas  mainte- 
nant, elles  peuvent  le  devenir  plus  tard.  Elles  peuvent  toujours 
être  intéressantes  sous  un  cert;iin  point  de  vue  et  la  limite  à 
assigner  entre  ce  qu'il  faudrait  cilei'  et  ce  qu'il  faudrait  rejeter 
diffère  d'après  le  point  de   vue  auquel  on  se  place.  J'ai  donc 


—  523  — 

préféré  tout  citer  atiii  que  Ton  ne  puisse  pas  me  reprocher  des 
oublis. 

Je  rappellerai  que  je  comprends  dans  les  cartes  généralement 
tout  ce  qui  est  au-dessous  de  l'échelle  de  1  à  20,000  et  dans  les 
plans  tout  ce  qui  est  à  cette  échelle  et  au-dessus. 

Gomme  je  le  disais  dans  mon  premier  travail  sur  Liège,  j'ai 
admis  dans  les  cartes,  les  cartes  partielles,  les  plans  de 
bataille,  les  cartes  donnant  les  environs  des  villes,  etc.  Il  y  en 
a  aussi  qui  s'étendent  hors  de  la  province,  mais  cependant 
dont  la  province  de  Liège  fait  le  principal  objet. 

Les  plans  sont  tous  à  l'échelle  de  1  à  20,000  ou  au-dessus  :  il 
n'y  a  que  quelques  petits  plans  oa  quelques  vues  qui  sont  à 
une  échelle  plus  petite  et  que  malgré  cela  je  n'ai  pas  pu  com- 
prendre dans  les  cartes  parce  que  les  environs  de  la  ville  ne 
s'y  trouvaient  pas. 

J'ai  dû  aussi  admettre  les  plans  ou  les  vues  partielles  de 
l'intérieur  de  la  ville,  lorsqu'ils  comprennent  une  assez  grande 
agglomération  de  maisons  et  forment  un  quartier. 


INTRODUCTION. 


Ce  troisième  supplément  comprend  la  description  de  101 
cartes  et  de  283  plans.  Ce  ne  sont  pas  cependant  toutes  nouvelles 
découvertes.  Il  faut  d'abord  en  défalquer  23  cartes  et  24  plans 
faisant  partie  du  premier  supplément.  J'ai  cru  convenable  de 
les  comprendre  dans  celui-ci  parce  que  ce  supplément  étant 
épuisé  il  devenait  impossible  aux  amateurs  de  se  procurer  mon 
travail  en  entier.  J'ai  profité  de  cette  occasion  pour  compléter 
les  descriptions  de  ce  supplément.  J'ai  également  complété  la 
description  de  6  cartes  et  de  26  plans  ou  vues  de  mon  premier 
travail  et  du  second  supplément,  de  sorte  qu'en  réalité  il  n'y  a 
que  72  cartes  nouvelles  et  233  plans.  C'est  déjà  un  assez  beau 
contingent.  Il  se  compose  des  cartes  et  plans  parus  depuis  la 
publication  de  mon  deuxième  supplément,  daté  de  1868,  et 
d'autres  que  j'ai  rencontrés  dans  les  bibliothèques  publiques  et 
chez  les  particuliers,  parmi  lesquels  je  dois  principalement 
citer  M.  le  chanoine  Henrotte  et  M.  Léonce  Digneffe,  amateurs 
;'i  Liège,  dont  les  magnifiques  collections  ont  été  mises  à  ma 
disposition  avec  la  plus  grande  complaisance.  Je  leur  en 
adresse  ici  tous  mes  reraercîments. 

J'ai  ajouté  à  ce  troisième  supplément  une  table  générale  qui 
fera  comprendre  toute  l'importance  de  mes  listes.  Elle  renvoie 
aux  pages  de  mon  premier  travail  ainsi  qu'à  celles  du  second  et 


—  526  — 

du  troisième  supplément.  J'y  ai  introduit  un  nouveau  numé- 
rotage qui  fait  voir  que  le  nombre  de  cartes  s'élève  à  255  et 
celui  des  plans  et  vues  à  404. 

Il  y  a  certainement  encore  des  vides,  mais  ils  tendent  à  se 
combler  et  je  compte  pour  cela  sur  l'appui  des  personnes  qui 
s'intéressent  à  ces  sortes  d'études. 


Liège,  le  26  septembre  1877. 


PREMIÈRE  PARTIE. 


CARTES   GRAVEES 
CHAPITRE    I*^ 
EvÊcHÉ  ET  Principauté  de  Liège. 
1500? 

W  1 .  Carte  du  pays  de  Liège  sans  titre,  gravée  sur  bois,  écri- 
ture du  IS"  siècle. 

Le  nord  est  placé  à  gauche  de  la  carte  et  le  sud  à  droite. 

Le  milieu  de  cette  carte  est  occupé  par  la  ville  de  St-Trond . 
fS.  Truyen.J 

De  ce  point  comme  centre  sont  tracées  des  circonférences  de 
cercle,  dont  l'espacement  devient  de  plus  en  plus  petit  à  mesure 
qu'on  se  rapproche  du  cadre.  Le  n"  0  étant  au  centre,  les  cer- 
cles sont  numérotés  jusqu'à  19  dans  la  largeur  de  la  carte  et 
jusqu'à  15  dans  la  hauteur,  (les  numéros  sont  reportés  sur  le 
cadre  rectangulaire  au  moyen  de  tangentes  fictives  aux  cercles, 
parallèles  aux  côtés  de  ce  cadre. 

Sur  les  limites  de  cette  carte  on  voit  les  villes  de  Limbourg, 
Aix-la-Chapelle,  Venloo,  Grave,  Ravenstein,  Calmptout,  Lou- 
vain.  Nivelles,  Rochefort,  etc..  La  ville  de  Liège  est  intitulée 
Luyck. 

Aux  quatre  coins  de  la  carte  sont  des  ligures  qui  représentent 
les  quatre  vents.  On  a  laissé  une  place  en  blanc  pour  le  titre. 

Larg.  OnS,  haut.  0™40. 

Kait  partie  de  la  colleclion  de  M.  de  Theux,  de  Montjardin, 
qui  l'a  acquise  de  M.  Lavalleye. 


528 


1570. 

N"l  his.  (^)  Carte  intitulée  :  Leodiensis  diœcesis  typus.  Theo- 
dorus  Galle  excudit  Antverpiœ.  Cum  gratia  et  privilegio 
decennali,  A.  Ort. 

Avec  trois  échelles. 

Le  nord  est  placé  à  gauche. 

Larg.  0'n47,  haut.  0°>56. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Theatrum.  orbis  terrarum, 
par  Abraham   Ortehus.  Anvers,  1570,  n''37. 

L'édition  espagnole  a  pour  titre  : 

Theatro  d'el  orbe  de  la  tierra  de  Abraham  Ortello.  El  qua- 
lantes  il  estretno  dia  de  su  vida  por  la  postrera  rez  ha  emen- 
dado,  y  con  ttuevas  tablas  y  comment ario s  augm,entado  y 
esclarescido.  En  Anveres,  se  vende  en  la  libreria  Plantiniana. 
1619.  Un  vol.  in-folio.  Pag.  42. 

1589. 

N"  'i  bis.  Carte  intitulée;  Leodiensis  diœcesis. {Hors  du  cadre.) 
Le  nord  est  à  gauche  :  il  est  mal  indiqué  sur  la  carte.  Avec 
une  échelle. 

Cette  carte  s'étend  jusqu'à  Ruremonde  au  nord,  Bouillon  au 
sud,  Marienbourg  à  l'ouest  et  Aix-la-Chapelle  à  l'est.  Elle  com- 
prend donc  les  provinces  de  Liège,  Limbourg,  Luxembourg. 
Namur  et  Brabant. 

Larg.  0"'10.  haut.  0'"07. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Epitome  iheatri  Ortelia>ii 
prœcipxiarum  Orbis  Regio7ium  delineatioxes,  etc.  :  Anvers. 
P.  Galle  et  C.  Plantin.  1589.  Un  vol.  in-12°  oblong.  Page  34. 

1603. 

N"  0.  Carte  intitulée  (*)  :  Liniburgensis  ducatus  tabula  xova 

C)  Celle  desciiptioii  doil  remplacer  celle  du  n"   1  de  mon  premier  travail 
(")  Celte  description  doit  remplacer  celle  donnée  dans  le  premier  travail. 


—  529  — 

excusa  sumptihus  Joan.  Baptistce  Vrints,  œmuli  studii  gêogra- 
phiœ  D.  Ah.  Ortelii.  P.  M.  cosmographi  regii,  etc.  : 

Les  armoiries  de  l'ancien  duché  de  Limbourg  sont  au-dessus 
du  titre. 

Avec  une  notice  conçue  ainsi  :  lllustrissimo  doctissimoque 
domino  D.  Gastoni  Spinolœ  comiti  Bruacensi,  etc.,  etc.,  hanc 
tabulam  geographicani  novissimis  dimensionibus  a  se  ad 
exactissimam  reductam  perfectioneni  Aegidius  Martini  Ant- 
verpiensis  in  utroque  jure  licenciatus  et  mathematicus  fecit 
et  dedicavit.  Anno  1603. 

Les  armoiries  de  Spinola  sont  au-dessous  de  cette  dédi- 
cace. Il  y  a  trois  échelles. 

Larg.  0™465,  haut.  0™575. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Theatro  d'el  orbe  de  la 
t.ierra  de  Abraham  Ortello,  etc.  Anvers,  1612.  Un  vol.  in-folio. 
Page  44. 

Et  dans  l'édition  latine  qui  a  pour  titre  :  Theatrum  orbis  ter- 
i-arum  Abrahami  Orteli  Antwerp.  geographi  regii.  Antverpiœ, 
extat  in  officina  Plantiniana.  1612.  Un  vol.  in-folio.  Page  45. 

Ainsi  que  dans  un  recueil  sans  titre  de  cartes  dues  à  Ber- 
tius  et  autres,  catalogué  sous  le  n"  29  à  la  Bibliothèque  de 
Gand. 

1616. 

N"  8.  Carte  hitituiée  {^)  :  Limburgensis  ducatus  nova  des- 
criptio  auctore  JEgidio  Martini.  Anno  1616.  P.  Kœrius  excud. 
1616.  O 

Avec  les  armoiries  de  l'ancien  duché  de  Limbourg,  une 
petite  vue  de  Limborck,  une  échelle  et  deux  personnages  en 
costume  du  lemps  avec  l'inscription  :  Limburgenses. 

Larg.  0"'47.  haut.  O^ôSS. 

(*)  Cette  description  doit  retnpiacer  celle  donnée  dans  le  premier  travail. 
{*)  Une  autre  édition  porte  :  Visscher  excudit.  4625. 


530 


Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Gerardi  Mercatoris,  etc., 
1607. 

Ainsi  que  dans  celui  intitulé  :  Theatriim  urhium  et  civitatum 
orhis  terrarum,  par  Georgius  Braun  et  Franciscus  Hohenber- 
gius.  Cologne  1572  à  1616.  Six  volumes  in-folio.  Le  deuxième 
volume  dans  lequel  se  trouve  cette  carte  a  pour  titre  :  De  prœ- 
cipuis  totius  universi  urbibus,  liber  secundus.  1574. 

Elle  se  trouve  également  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Pétri  Kœrii 
Germania  inferior,  id  est  XVII  provinciaruni  ejus  novœ  et 
exactœ  tabulée  geographicœ,  cum  luculentis  singularum  des- 
criptionibus  additis  a  Petro  Montano.  Amstelodatrii  impensis 
Pet.  Kœrii.  1622.  Un  vol.  in-folio. 

Enfin  elle  se  trouve  aussi  dans  :  Belgium,  sive  Germania 
inferior  continens  provincias  singulares  septem  decim  juxta 
artem  geographicam  perfectissime  descripta  variisq.  regionum 
partibus  distinctis  tabulis  aucta,  per  N.  J .  Piscatoreni.  1634. 
Un  volume  in-folio. 

1616. 

8  ter.  Carte  intitulée  :  Limburguni. 
Le  nord  est  en  haut. 

Larg.  O'^IS,  haut.  O-^OH. 

Se  trouve  dans  les  mêmes  ouvrages  que  la  précédente,  pages 

348  et  290. 

1617. 

N°  10  ter.  Carte  intitulée  :  Carte  du  Limbourg.  Amst.  ap.  Pet. 
V.  d.  Keere  ou  Kœrius.  1617. 

Larg.  0'",  haut.  0™. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  Bodel  van  Nyenhuis,  léguée 
à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Leyde. 

Larg.  O-^ST.  haut.  0n>335  sans  le  titre  et  0™56  avec  le  titre. 
1627. 

N"iOquater.  Carte  intitulée  :  Leodiensis  diœcesis  typus. iG'il. 
Avec  trois  échelles.  Le  nord  est  à  gauche. 


—  531  — 

Autour  de  cette  carte  se  trouvent  les  vues  des  villes  de  Bouil- 
lon, Couvin,  Thuin,  Visé,  Waremme,  Fosses,  Looz,  Tongres, 
St-Trond,  Hasselt,  Maestricht,  Liège,  Huy,  Dinant,  Maeseyck, 
Bilsen,  Beeringen,  Ciney,  Brée,  Stockhem,  Herck,  Peer  et 
Hamont,  ainsi  que  les  armoiries  de  ces  23  villes.  Les  vues 
occupent  le  haut  du  cadre  ainsi  que  la  droite  et  la  gauche,  et 
les  armoiries  le  bas  du  cadre.  Liège  est  au  milieu. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Theatrum  urhium  etcivitor 
tum  Orhis  terrarum,  par  Georgius  Braun  et  Franciscus  Hohen- 
bergius.  Cologne  1572-1616.  6  vol.  in-folio.  Le  2""'  volume  dans 
lequel  se  trouve  cette  carte,  a  pour  titre  :  De  prœcipuis,  toHus 
universi  urhihus,  liber  secundus.  1574. 

1649. 

N"  14  bis.  Carte  sans  titre  des  environs  de  la  ville  de  Liège. 

Avec  deux  échelles  et  une  rose  des  vents. 

Cette  carte  s'étend  depuis  Aigrement  et  Ramet  en  amont, 
jusqu'à  Visé  en  aval  de  Liège,  et  comprend  aussi  Dalhem,  Looz, 
Colonster  et  Esch  à  sa  limite.  On  voit  un  combat  à  Jupille  et  un 
autre   à  Fléron. 

Il  y  a  des  chiffres  de  1  à  28  renvoyant  à  une  légende. 
Larg.  0™15,  haut.  0™145. 

Sur  la  même  feuille  que  le  plan  de  la  ville  de  Liège  de  1649, 
n°  9  bis. 

Ce  plan  se  trouve  aux  archives  de  l'État,  à  Bruxelles. 

1650. 

N°  14  quater.  Carte  intitulée  :  Ducatus  Limburgum  auctore 
^gidio  Martini.  Amsterdami  apud  Guiljelïnwm  et  Joannem 
Blaeu. 

Avec  deux  échelles.  Le  nord  est  en  haut. 

Le  titre  est  surmonté  des  armoiries  du  Duché  de  Limbourg. 
Larg.  0™475,  haut.  0"»56. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  précèdent.  Page  15. 

Et  dans  l'édition  latine  du  même  ouvrage,  tome  IV,  l'^*'  partie, 
page  21 , 


—  532  — 

Ainsi  que  dans  l'édition  française,  tome  IV,  page  35. 

1652. 

N»  15  bis.  Carte  intitulée  :  Limburg  ducatus. 

Avec  une  échelle.  Le  nord  est  à  droite. 

Les  bords  du  cadre  à  droite  et  à  gauche  sont  en  demi-cercle. 
Larg.  0™155,  haut.  0™10. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Caert  en  Stede-boexken  van 
Nederlandt,  vertoonende  de  XVII  Proviniien  in't  geheel  en 
besonder,  als  oock  derselver  principaele  Steden,  soo  ah  die 
hedensdaechs  in  haer  Fortificatien  gesienworden.  Amsterdam 
.Tan  Janssen  Brouwer,  1652.  Un  volume  in-12,  oblong. 

1674. 

N°  26  bis.  Carte  intitulée  :  Carte  des  camps  de  Hologne  et 
de  Neuville  sur  Méhaigne  le  26  et  27  de  May  1674.  Corrigée 
et  augmentée  par  le  Ch.  de  Beaurain.  Géographe  ordinaire 
du  Roy.  N^n.  Page  30. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents. 

Au  nord  Wamont,  Waremme,  au  sud  Asche,  Longchamp,  à 
l'ouest  Jodoigne,  Glimes ,  Aluan  et  à  l'est  Bleret ,  Chapon- 
Seraing,  Beaussart. 

Larg.  0^6,  haut.  O'"305. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Histoire  de  la  Campagne 
de  M.  le  Prince  de  Condé,  en  Flandre  en  1674  ;  etc.,  par  le 
chevalier  de  Beaurain.  (Texte  par  d'Aguesseau.)  Paris  1774. 
1  vol,  in-folio.  Page  30. 

1692. 

N°  29  bis.  Carte  intitulée  :  Limburgi  ducatus  et  comitatus 
Valckenburgi  nova  descriptio  per  J.  Peters.  J.  Peeters,  ex. 
J.  Harrewyn  fecit. 

Avec  deux  échelles  et  une  rose  des  vents. 

Le  titre  est  gravé  sur  une  fontaine  dans  les  eaux  de  laquelle 
sont  des  baigneurs,  à  gauche  on  voit  des  buveurs  et  à  droite 
Diane  chasseresse.  Les  armes  de  Limbourg  sont  dans  le  coin 
inférieur  à  droite. 


—   533    - 

Cette  carte  s'étend  jusqu'à  Liège,  Maestricht,  Susteren, 
Sittard,  Aix-la-Chapelle,  Limbourg  et  Verviers. 

Elle  comprend  donc  la  partie  nord-est  de  la  province  de 
Liège  et  la  partie  sud  du  Limbourg  hollandais. 

Larg.  0"M8,  haut.  (\"'lUi. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  L'atlas  en  abreyé,  ou  nou- 
velle description  du  monde,  tirée  des  meilleurs  auteurs  de 
ce  siècle,  par  Jaques  Peeters.  A  Anvers,  chez  Vauleur,  tax 
quatre  parties  du  monde.   1692.  l  vol.  in-12.  Page  31. 

1692. 

N»  29  f«r.  Carte  intitulée  :  (')  Le  Limbourg,  oii  sont  le  duchà 
de  Limbourg,  le  comté  de  Dalem  ;  les  seigneuries  de  Fauque- 
m.ont  et  de  Roldue  dressé  sur  les  mémoires  les  pP  récents 
par  le  S'  Sanson  géographe  ord"  du  Roy.  A  Paris,  chez 
H.  Jaillot  joignant  les  Grands  Augustiiis  aux  i?  Globes. 
Avec  privilège  du  Roy.  1692  (*). 

A.vec  cinq  échelles,  une  rose  des  vents  et  une  légende. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Glabeck,  S^-Grevenbich! 
Heinsberg,  au  sud  à  Bornai,  Malmedy;  à  l'ouest  à  Hasselt. 
Gomme  et  à  l'est  à  Juliers. 

A  été  reproduite  en  1695  ?  (N"  37  bis). 

Larg.  O'"54o,  haut.  0"'41. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  ;  Atlas  Nouveau  contenanl 
Toutes  les  po/rties  du  Monde  où  sont  exactement  remarques 
les  Em,pires,  Monarchies,  Royaumes,  Estais,  Républiques  ri 
Peuples  qui  s'y  trouvent  à  présent.  Par  le  S''  SansonGéographe 
ordinaire  du  Roy  .Présenté  h  Mofiseigneur  le  Dauphin  par 
son  très-humble,  très-obéissant  et  irèi-fidèlf  serviteur  Hubert 


(')  Remplace  le  n*  '■29  sepiem  du  2-  supplénient. 
(*)  D'autres  exemplaires  portent  la  rlate  fie  i69'^>. 


534 


Jaillot  Géographe  du  Roy.  A  Paris,  chez  Hubert  Jaillot,  joi- 
gnant les  Grands  Augustins,  aux  deux  Globes.  Avec  privilège 
dit  Roy.  1692.  1  vol.  grand  in-folio,  n°  68. 

1692. 

N"  29  quater.  Carte  intitulée  :  Estât  et  seigneurie  de  l'Evesclté 
de  Lyége  ou  sont  les  comtés  de  Hasbain,  de  Lootz  et  de  Horn, 
le  marquisat  de  Franchimont  et  le  pays  de  Condroz.  Tiré  des 
Mémoires  les  plus  Nouveaux  Par  le  S'^  Sa)isoti  Géographe 
Ordinaire  du  Roy.  A  Paris  chez  H.  J  aillot  :  joignant  les  grands 
Augustins,  aux  deux  Globes.   Avec  Privilège  du  Roy.  1692. 

Avec  quatre  échelles  et  une  légende. 

S'étend  au  nord  au-delà  de  Ruremonde,  au  sud  jusqu'à  Roche- 
fort,  à  l'ouest  jusqu'à  Aerschot  et  Namur,  et  à  l'est  jusqu'à  Lim- 
bourg  et  Malmedy, 

C'est  une  reproduction  du  n°  26  de  1672  :  elle  a  encore  été 
reproduite  en  1700  (n"  37). 

Larg.  O^^OS,  haut.  0"'54. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  précédente,  n"  76. 

1695  ? 

N"  35  ter.  (^arte  intitulée  :  Carte  du  duché  de  Limbourg . 

Avec  une  échelle.  Le  nord  est  à  droite. 

(^ette  carte  est  limitée  au  nord  à  Stockhem,  Nieuwstadt, 
Randerath  ;  au  sud  à  \'erviers,  Limbourg  ;  à  l'ouest  à  Liège  et 
à  l'est  à  Geilenkirchen  et  Corneli-Munster,  en  Prusse. 

Larg.  O-'IS,  haut  0'"105. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Les  plans  et  profils  des 
principales  villes  et  lieux  considérables  du  duché  de  Lim- 
bourg. At'cc  la  carte  générale  et  les  particulières  de  chaque 
gouverna.  V-dv\Q  chevalier  de  Beaulieu.  Un  vol.  in-8,  oblong. 
(C'est  le  titre  d'une  partie  des  cartes  qui  se  trouvent  dans  un 
recueil  sans  titre  général.) 


—  535  — 

1697. 

N°  36  bis.  Carte  intitulée  :  Le  diocèse  de  Lyege.  1697. 
Avec  une  âfhelle.  Le  nord  est  placé  à  gauche. 

Larg.  0™255,  haut.  Oî^^IÔd. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  ;  Le  théâtre  de  la  guerre 
dans  les  Pays-Bas  ou  représentation  des  principales  villes 
qui  sont  en  Flandre,  etc.,  par  De  Fer.  Paris,  1696.  Deux  vol. 
in-i". 

1703  ? 

N°37  bis.  Carte  intitulée  ;  Huy  mit  der  geyend  auff  ^1  <ta,i- 
den.  Gabriel  Bodenehv  fec.lt  et  excudit.  Cxmi  gr,  pr.  sac.  crps. 
itiaj. 

Lai'K.  0"'21,  ham.  0'"I4. 

Se  trouve  dans  rouvraL',e  intitulé  :  Atla>  curieux  oder  neuer 
und  compendienser  atlas.  Gabriel  Bodenehr  kuppfersteclier  lit 
Aiigspurg.  Un  volume  in-8,  n"  91. 

1709. 

N"  39  bis.  Carte  intitulée  :  L'évôcké  de  Liège  suloant  le.-i 
nouvelles  observations  de  Messieurs  de  l' Académie  royale  des 
sciences,  etc.,  augmentées  de  nouveau  à  Amsterdam  chez 
Covens  et  Mortier. 

Avec  deux  échelles. 

C'est  la  même  carte  que  la  précédente,  moins  le  cadre  large 
et  chargé  d'ornements. 

Larg.  0,28,  haut.  0,21o. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Nourel  niht<  Irès-exaci 

et  fort  commode,  etc.  Tome  L 

1720  ? 

N<*  40  6J6\  Carte  intitulée  :  /.es  environs  de  Mastrlclil, 
Liège,  Huy,  Vlset,  Tongrcs,  Borkloen,  (Looz),  Warem  et 
Sf-Tron.  A  Paris  e//^r   .Jar.    F .    Beuard  gendre  de  X.  de  Fer 


—  536  — 

géogr.  de  sa  Majest.  Cathol.  Quay  de  l'Horloge  du  Palais  à  la 
Sphère  Royale. 

Le  nord  est  en  haut. 

(jette  carte  est  limitée  au  nord  à  Looz  et  Tongres  ;  à  l'ouest 
à  St-Trond  et  Héron  ;  au  sud  à  Huy  et  à  l'est  à  Maestricht  et 
Fléron.  Elle  comprend  donc  une  grande  partie  de  la  province  de 
Liège  et  une  partie  de  celle  de  Limbourg. 

Larg.  0'"39.  haut,  O-^SOS. 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège,  et  pro- 
vient de  la  collei-tion  de  M.  Ulysse  Capitaine. 

1725. 

.\°  40  ter.  Carte  intitulée  :  Galliœ  Uhristianœ  Germania 
Secunda  Provincia  Ecclesiastica  Coloniensis  cis  Rhenum 
Continens  Diœce.ses  dolonienseni  et  Leodiensem.  Descripta  a 
J.-B.   Nolin  géographo. 

Avec  quatre  échelles  et  une  légende  pour  les  annotations 
ecclésiastiques. 

Cette  carte  s'étend  au  nord  jusqu'à  Nimègue,  au  sud  jusqu'à 
Mézières,  à  1  ouest  jusqu'à  Valenciennes  et  Cambrai  et  à  l'est 
jusqu'à  Cologne  et  Bonn.  Tout  le  diocèse  de  Liège  s'y  trouve. 
Larg.  0,405,  haut.  0,54. 

Se  trouve  dans  Touvrage  intitulé  :  Gallia  Christiana,  iu 
provincias  ecclesiasiicas  distribula;  qua.  séries  et  historia 
archieniscorum,ej)iscoporuni  et  abbatum,  etc.  Par  D.  Sammar- 
thani.  Paris  IT'io.  Trois  volumes  in-folio.  Tome  III,  p.  620. 

1746. 

xN"47  quinque.  Carte  intitulée:  Bataille  de  Rocoux  le  \\ 
Octobre  1746.  Kryl  se. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Relation  de  la  campagne 
en  Brabant  et  en  Flandres  de  l'an  1746.  Lahaye.  Frédéric 
Henri  Scheurleer,  1748.  Un  volume  in-12. 


A 


I 


-    537  — 

1746. 

N"  47  sex.  Carte  intitulée  :  Plmi  van  de  actie  tusschen  de 
Geallieerden  en  Franse  voorgevallen  op  <len  il  october  1746. 
Tn's  Gravenhage  gedi'ukt  by  Pieter  Seroaas. 

Avec  une  rose  des  vents  et  deux  légendes,  une  pour  les 
localités  et  l'autre  pour  la  position  des  armées. 

Donne  la  partie  de  la  province  comprise  entre  Liège,  Maes- 
tricht,  Bilsen,  Tongres  et  Grausa  (au  sud  de  Liers). 
Larg.  O^Si,  haut.  O'^ll. 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université,  à  Liège. 

1747. 

N"  50  bis.  Carte  intitulée  :  Plan  de  la  Bataille  de  Laivfeld 
donnée  le  2  juillet  1747.  F.  H.  Scheurleer  excudit.  J.  Potier 
Fecit.E.  L.  Creite  Sculp. 

Avec  une  échelle. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Munster-Bilsen  et  Maes- 
tricht,au  sud  à  Tongres  et  Visé,  à  l'ouest  à  Bilsen  et  Tongres, 
et  à  l'est  à  la  Meuse.  La  position  des  armées  y  est  indiquée. 
Larg.  0,23,  haut.  0,19. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Relation  de  la  cavipagne 
en  Brabant  et  en  Flandres  de  l'an  1747,  Lahaye.  Frédéric 
Henri  Scheurleer,  1747.  Un  volume  in-l^,  page  92. 

1747. 

N"  50  ter.  Carte  intitulée  :  Bataille  gagnée  par  le  Roy  à 
Laveldt  le  2  Juillet  1747.  A  Paris  chez  Le  Rouge  rue  des 
Augustins. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Larg.  0,46,  haut.  0,505. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  DignefTe,  à  Liège. 

1756. 

^°  5b  1er.  Carte  intitulée  :  Ca rit t;  des  enolrons  de  Spo.  A 
Liège  chez  J.  F.  Desoer.  Libraire  et  fmprimeur. 

Avec  une  échelle. 


—  538  — 

Cette  carte  est  limitée  au  iioixl  à  Maestricht,  au  sud  à  Dur- 
liuy.  ;i  l"ouesl  à  Huy,  et  à  Test  à  Aix-la-Chapelle  et  Malmedy. 

Larg.  0,i9o,  haut.  O'"17o. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Traité  des  eaux  minérale.'^ 
de  Spa,  par  Jean  Philippes  de  Limbourg.  2*  édit.  Liège,  Desoer. 
1750. 

1758. 

N"  50  hls.  (larte  intitulée  :  Erivlrons.  de  Liège  et  de  Cologne. 
N»  III. 

Avec  deux  échelles. 

S'étend  au  nord  jusqu'à  lîu remonde  et  Dusseldorf  ;  au  sud 
jusqu'à  Marche  et  Ulmen,  en  Allemagne  ;  à  l'ouest  jusqu'à  Huy 
et  Hasselt,  et  à  l'est  jusqu'à  Cologne  et  Bonn. 

Larg.  O^liô,  haut.  0"'11i. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Théâtre  de  la  guerre 
présente  en  Allemagne,  par  A.  C.  Paris,  Duchesne,  1758.  vol. 
iii-8,  tome  1,  page 

1777. 

\"  00  bis.  Carte  intitulée  :  Carte  Relative  an,  Mémoire  sur 
L'histoire  ^^aturelle  d'une  Partie  du  Pays  Belgique.  Tome  l, 
pa,ge  219. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  le.'^ 
plaines,  précipices,  gouffres,  sources,  etc.,  à  côté  de  la  carte. 
En-dessous  est  une  coupe  du  nord  au  sud  passant  pai'  Mazures, 
Juslenville  et  Rahaimont. 

Cette  carte  comprend  la  majeure  partie  de  l'ancienne  commu- 
nauté de  Theux. 

Larg.  U.-iô,  liaut.  0,20. 

Se  trouve  dans  TuLivrage  intitulé:  Mémoires  de  l'Aeadémic 
i)npérial('.  et  royale  des  sciences  et  belles  lettres  de  Br)ixclles. 
Bru.\elle.<.  1777.  In  vol.  in-4.  Tom.  l,  pag.  210. 


—  539  — 

1786. 

N"  63  bis.  Carte  intitulée  :  Kaartje  van  t'Graafschap  Lim- 
burg  Volgens  de  Nieuwste  Waarneminge  XXVIII. 

Avec  une  échelle. 

Cette  carte  s'étend  de  Reckem  au  nord,  Spa  au  sud,  Huy  à 
l'ouest  et  Juliers  à  l'est. 

Larg.  O'^aaS,  haut.  0™165. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :... 

1793. 

N"  69.  Carte  intitulée  :  (')  Bataille  de  Neeroinden.  Gravé  par 
Adam.  Traité  de  tactique,  livre  II,  cliap.  VIII,  art.  III,  tome 
II,  page  4;^%.  PI.  XI. 

Echelle  de  1  à  60,000. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Léau,  au  sud  à  Landen,  à 
l'ouest  àTirlemont,  et  à  l'est  à  Duras  et  Gingelom. 

Larg.  O^ai.haut.  0"*50. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Traité  de  tactique,  par 
feu  le  colonel  marquis  de  Ternay  ;  revu,  corrigé,  augmenté 
par  Fréd.  Koch.  Paris,  1832.  2  vol.  in-8,  avec  atlas. 

1793. 

N"  69  bis.  Carte  intitulée  :  Bataille  de  Neervinden.  Traité  de 
tactique,  livre  II,  chap.  VIII,  page  Mi.  PI.  XL 

Echelle  de  1  à  60,000. 

C'est  la  même  carte  que  celle  décrite  au  numéro  précédent. 

Larg  0"'29,  haut  O^âO.a. 

Se  trouve  dans  la  ...  .  édition  de  l'ouvrage  cité  au  inmiéru 
|irécédent. 

M  Cette  (lescriplioli  doit  remplycer  celle  donnée  dan<  le  premier  travail. 


—  5i(J  — 

CHAPITRE  II. 

DOMINATION   FR.ViNÇAISE. 

1804. 

N"  74  bis.  Carte  intitulée  :  Nouvelle  carte  du  dépaHement  de 
l'Ourthe,  divisée  en  trois  arrondissemeiis  de  sous-préfecture 
et  arroiidissetnens  de  justice  de  paix;  dressée  d'après  des 
renseigriertients  exacts.  Dessinée  et  gravée  par  Ph.  J.  \fai1lari 
'•I  s'/'t//\  An  1^2  de  la  Rcpnhlique  Française. 
Eciielle  de  1  à  180,000. 
Avec  deux  échelles  et  un  indicateui-. 

En  deux  feuilles. 
A  été  reproduite  en  1814  (n"  77  bis). 

Larg.  0'"695.  haut.  0"'40d. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

1814? 

N"  77  bis.  Carte  intitulée  :  Nouvelle  carte  de  la  province  de 
Liège  divisée  en  trois  arrondissemens  de  sous-préfecture  et 
arrondissemens  de  justice  de  paix  ;  dressée  d'après  des  rensei- 
gnement exacts.  Dessinée  et  gravée  par  Ph.  J.  MaiUart.  Vil- 
corde. 

Echelle  de  1  ;i  180,000. 

Avec  deux  échelle^;  et  un  indicateur. 

En  deux  feuilles. 

'/est  la  mêinc^  carte  «(ue  le  n"  74  bis.  Le  titre  seul  est  changé. 

Larij.  0"'t)9o,  liant.  0"40.5. 
Kait  partie  de  1»  collection  de  M.  Jules  Vaust,  à  Liège. 

1814? 
.\"   77  ter.   Carte   intitulée  :  ( Uirte   de  la  province  de  Liège 
'hors  du  cadre).  Carie  du  di'-pnrleuienl  dr  rOurthe.eXc.  La  suite 
(îomnie  ;iii  n"  7<)  <]<•  1X10. 


—  541   - 

C'est  la  même  carte  que  celle  de  1810,  à  l'exception  que  les 
noms  des  provinces  ont  remplacé  les  noms  des  arrondissements. 

On  l'a  aussi  fait  paraître  sans  le  titre  ni  la  liste  des  arron- 
dissements qui  se  trouve  à  gauche,  hors  du  cadre. 
Larg.  O-^SO,  haut.  O'HSb. 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège. 

CHAPITRE  III. 

DOMINATION  HOLLANDAISE  (1814-1830). 

1830. 

N"  82  bis.  Carte  intitulée  :  Carte  des  routes  de  l'ancien  pays 
de  Liège  et  leur  étal  en  1830. 

Echelle  de  1  à  300,000. 
Les  routes  seules  sont  indiquées  sur  cette  carte,  ainsi  que  les 
villes  et  villages  qui  se  trouvent  sur  ces  routes. 
La  cai'te  est  divisée  en  carrés. 

Larg.  0'"26d,  haut.  0™20. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  De  l'état  des  routes  dans 
le  paijs  de  Liège  depuis  les  temps  les  phis  reculés  jusqu'à  nos 
jours,  par  R.  Malherbe.  Liège,  L.  de  Thier,  1870.  Un  vol.  in-8. 
A  d'abord  paru  dans  les  Mémoires  de  la  Société  libre  d'Emu- 
l'jlion  de  Liège.  Tome  IV,  1872. 

CHAPITRE  IV. 

GOUVEliNEMEXT  BELGE  (1830-1877). 

1832  ■! 

S"  84  bis.  Carte  inlitulée  :  Carte  de  i'i  Province  de  Liège. 
Etablissement  Géogra.jhique  de  Bruxelles.  Fondé  par  Ph. 
Vander)uaeleii . 

Lîirg.  0"'10.  haut  0"'07. 


—  542  — 

Derrière  cette  carte  se  trouve  le  catalogue  des  principaux 
ouvrages  publiés  par  rétablissement  géographique. 

1833. 

N"  84  quinque.  Carte  sans  titre  de  la  partie  de  la  province 
comprise  entre  Tirlemont  et  Waremme,  parcourue  par  le  che- 
min de  fer. 

Echelle  de  1  à  40,000. 

Cette  carte  comprend  les  villages  de  Wanghe,  Laer,  Neer- 
winden,  Overwinden,  Neerlanden,  Attenhove,  Landen,  Rosoux, 
Berloz,  etc.,  dans  la  province  de  Liège. 

Le  tracé  a  été  exécuté  tel  qu'il  se  trouve  ici  en  projet:  ce 
chemin  de  fer  a  été  mis  en  exploitation  le  2  avril  1838.  En 
dessous  est  le  profil  de  la  route  à  la  même  échelle  pour  les 
longueurs  et  à  l'échelle  de  1  à  2,000  pour  les  hauteurs. 

Larg.  0™f)9,  haut.  O-^IS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Description  de  la  route  eu 
fer  à  établir  d'' Anvers  à  Cologne,  en  traversant  Duffel,  Matines, 
Louvain,  Tirlemotit,  Waremme,  Liège,  etc.,  Mémoire  à  V ap- 
pui du  projet  d^un  chemin  à  ornières  de  fer,  ci  établir  entre 
Anvers,  Bruxelles^  Liège  et  Veruiers,  destiné  à  former  la  1"® 
sectio)i  delà  nouvelle  route  d'Anvers  à  Cologne.  Rédigé  d'après 
les  ordres  du  ministre  de  l'intérieur,  par  Simo7is  et  De  Ridder, 
ingénieurs  des  ponts  et  chaussées.  Bruxelles,  Lejeune,  1833. 
Un  volume  in-S".  N"  5. 

1833. 

N"  84  sex.  Carte  sans  titre  de  la  partie  de  la  province  com- 
prise entre  Waremme  et  Liège,  parcourue  par  le  chemin  de  fer. 
Echelle  de  1  à  40,000. 

Cette  carte  comprend  les  villages  de  Oleye,  Lantremange, 
Hodeige,  Fexhe-le-Haut-Glocher,  A.wans,  Ans,  Glain,  etc. 

Le  tracé  a  été  exécuté  tei  qu'il  se  trouve  ici  en  projet, excepté 
la  partie  enti'e  Loncin  et  la  Meuse  :  -x'  chemin  de  fer  ;i  été  mis 
en  exploilatiun  le  2  avril  1838. 


_  543    - 

En-dessous  est  le  profil  de  la  route  à  la  même  échelle  pour 
les  longueurs  et  à  l'échelle  de  1  à  2,000  pour  les  hauteurs. 

Larg.  O^eS,  haut.  0'"12. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  carte  précédente. 

1833. 

N"  84  septern.  Carte  sans  titre  de  la  partie  de  la  province 
comprise  entre  Liège  et  Verviers,  parcourue  par  le  chemin  de 
fer. 

Echelle  de  1  à  40,000. 

Cette  carte  comprend  les  villages  de  Seraing,  Ghênée,  Ensi- 
val,  etc. 

Le  tracé  a  été  exécuté  à  peu  près  tel  qu'il  se  trouve  ici  en  pro- 
jet. Il  fait  moins  de  sinuosités  ;  mais  aussi  le  nombre  de  tunnels 
qui  n'était  que  de  trois  dans  le  projet  a  été  porté  à  dix. 

On  a  aussi  fait  à  la  station  de  Verviers  un  rebroussement  ;  ce 
chemin  de  fer  a  été  mis  en  exploitation  le  18  juillet  1839. 

En-dessous  est  le  profl  de  la  route  à  la  même  échelle  pour 
les  longueurs  et  à  l'échelle  de  1  à  2,000  pour  les  hauteurs. 
Larg.  0"^65,  haut.  0'"I8. 

Se  trouve  dans  le  môme  ouvrage  que  les  deux  cartes  précé- 
dentes. N"  7. 

1836. 

N"  86  b'ia.  Carte  intitulée  :  Liège. 

Cette  carte  est  très-petite  et  ne  donne  que  les  villes  pi'in- 
cipales  de  la   province. 

Larg.  0"'Û6,  haut.  0'"065. 
Se  trouve  da)is  l'ouvrage  intitulé  :  Géotjraijh'e  de  la  Belgique 
ou  description  topographique  et  Iiislorique  dit  royaume  belge  ; 
ornée   de  dix  cartes  coloriée:^-.   Malineif  et  Bruxelles.   P.   ,/. 
Hanicn  et  C'^  éditeurs,  1836.  1vol.  in- 12.  Page  173. 


544 


1840. 
N°  86  quater.  Carte  intitulée  :  Carte  de  la  province  de  Liège, 
indiquant  les  routes  construites,  celles  qni  sont  en  construc- 
tion et  celles  qui  ne  sont  qu'en  projet.  Dressée  par  l'ingénieur 
en  chef.   Dessinée  par  ses  employés.  Lithographiée  et  publiée 
en  1840  à  l'établissement  géographique  de  Bruxelles. 
Echelle  de  d  à  100,000. 
Avec  une  échelle  et  une  légende. 

Larg.  0™71  ?haut.0'"60? 
Est  encore  dans  le  commerce. 

1840. 
N"  86  sexto.  Carte  intitulée  :   Section  de  Waremme  à  Liège. 
Etablissement  géograp.  de  Brux. 

Echelle  de  1  à  80,000. 
Cette  carte  représente  le  pays  parcouru  par  le  chemin  de  fer 
entre  Waremme  et  Liège,  inauguré  le  2  avril  1838,  avec  l'indi- 
cation des  lieux  jusqu'à  une  certaine  distance  des  deux  côtés. 
Elle  est  entourée  de  vues. 

Larg.  0n4,  haut.  0"Mf. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Atlas  pittoresque  des 
chemins  de  fer  de  la  Belgique.,  etc.,  par  Alph.  Wauters. 
Bruxelles.  Vandermaelen.  1840.1  vol.  in-l'iî  oblong.N"  13.  Une 
seconde  édition  de  cet  ouvrage  a  paru  en  1842  et  une  troisième 
en  1844,  mais  avec  d'autres  planches.  (Voyez  n"  92*,  92^  92*). 

1840. 
N"  >HS  sepleiti .  Carte  iiilituh'O  :  Plan  dressé  d'après  les  docu- 
ments du  cadastre. 

Pour  copie  conforme  : 
Liège,  le  il  mars  IH40. 

L'inspecteur  du  cadastre, 
(Signé)  T.  R.  Bayet. 
Lith.  des  frères  Halin  à  Veroiers. 

Kchelle  de  1  à  50,000. 
-Vvec  une  échelle. 


—  545  — 

Cette  carte  comprend  les  localités  circonscrites  par  Verviers, 
Lambermont,  Wegnez,  Gornesse,  Theux,  Hestroumont  (com- 
mune de  la  Reid),  Marteau,  la  Fontaine  de  la  Géronster  (Spa), 
Francorchamps,  Hokay,  le  chemin  de  la  Vecquée,  le  chemin  de 
Verviers  à  Malmedy  depuis  Jalhay,  enfin  Stembert.  Elle  se  rap- 
porte au  projet  de  route  de  Verviers  à  Francorchamps,  exécuté 
depuis  lors.  Il  y  a  une  remarque  sur  la  distance  de  Verviers  à 
Francorchamps  :  1"  par  Theux  et  Spa,  2°  par  Polleur,qui  est  ce 
nouveau  tracé. 

Larg.  0'"46.   haut.  0"^27. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  ;  L'administration  et  les 
électeurs  de  la  commune  de  Spa  à  Messieurs  les  m,em,bres  de 
la  Députation  permanente  du  conseil  provincial  de  Liège. 
1840.  Une  brochure  in-4». 

1843. 

N"  89  bis.  Garte  intitulée  :  Kaart  van  de  provincie  Luik. 
H.  Reding  Del.  J.  E.  Schoevers.  Az.  Sculp.  Ged*  en  Uitg"  bij 
A.  P.  van  Langenhuysen  te  s^Hage.  België.  Album  voor  de 
Aardrijkskunde.  '2^^  Série  S^^  Aflevering. 

Avec  une  échelle,  les  armoiries  de  la  province  et  une  légende 
pour  les  trois  arrondissements. 

Larg.  O'nâo,  haut.  0"il95. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Album  ooor  de  aardrijks- 
kunde, door  P.  J.  Mendel.  Atlas  van  het  koningrijk  België, 
door  H.  Reding.  Lahaye.  Van  Langenhuysen.  1843.  Un  volume 
in  4°  oblong.  Page  219. 

1843? 

N"  89  ter.  Carte  intitulée  :  Panorama  dn  chemin  de  fer  de 
la  Vesdre.  Liège  à  Aix-la-Chapelle.  Dessiné  d^ après  nature  par 
F.  Stroobant. 

Donne  tout  le  parcours  du  chemin  de  fer  avec  les  tunnels,  et 
la  vue  en  perspective  des  villes  et  villages  le  long  du  parcours. 
Larg.  l'"96,  haut.  0'"165. 


546 


Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  DigneiTe,  à  Liège. 

1843. 

N»  89  quater.  Carte  sans  titre  de  la  partie  de  la  province 
comprise  entre  la  route  de  Liège  à  Terwagne  et  l'Ourthe. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  légende  pour  les  divers  projets  de  route  et  une 
Explication  importante. 

Cette  carte  donne  un  projet  de  route  entre  Meuse  et  Ourthe, 
teinté  en  rouge,  partant  du  Rivage-en-Pot  et  passant  par  Lise 
(près  Seraing),  Plainevaux,  Houte-si-Plou,  Hody,  etc.  C'est  le 
projet  du  gouvernement  appuyé  par  le  pétitionnaire.  Elle  donne 
aussi  un  tracé  teinté  en  bleu  s'écartant  du  premier  et  passant 
par  Piotheux  et  Baugnée  pour  aboutir  à  Hody.  Le  tracé  qui  a  été 
suivi  est  intermédiaire  à  ces  deux  là  :  il  part  de  Houte-si-Plou, 
passe  par  Xavier  et  aboutit  à  Hody . 

Lai'g.  0"'5C,  liaul.  0'"42. 

Accompagne  une  lettre  adressée  :  A  Messieurs  les  président 
elrnembres  du  Conseil  provincial,  par  M.  le  baron  L.  de  Waha, 
datée  de  Plainevaux,  le  5  juillet  1843.  Une  brochure  petit 
in-4°. 

1843. 

N°  92  bis.  Carte  intitulée  :  Bassin  de  VOurthe.  PL  I.  J.  H. 
Blasseau  sculp.  Imp.  H.  Borremans  et  c'"  à  Brux.  Annales  des 
trav.  publ.  Tom.  5,  Paye  97. 

Echelle  de  1  à  375,000. 

Cette  carte  comprend  tout  le  pays  arrosé  par  l'Ourthe,  J"Ani- 
blève  et  la  Vesdre  ainsi  que  par  les  petits  ruisseaux  qui  s'y 
jettent. 

Sur  cette  carte  se  trouve  le  plan  des  Embouchures  de  VOurthe. 
(  N"  59  bis  des  plans.) 

Larti.  0"'ô7j.';.  haut.  0'"-24. 


547 


Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Rivières.  UOurthe,  par 
H.  Guillery.  Octobre  1843. 

Imprimé  dans  les  :  Annales  des  travaux  publics  de  Belgique. 
Documents  scientifiques,  etc.  Bruxelles.  Vandooren.  1847. T. 5, 
page  97. 

1843. 

N°  92  ter.  Carte  intitulée:  Carte  de  l'évêcké  de  Liège,  dédiée 
à  Monseigneur  Corn.  Rich.  Ant.  van  Bornmel.  100*  évêque  de 
Liège,  par  P.  F.  Geirnaert,  bourgmestre  de  la  commune  d'E- 
oergeni.  Gravé  par  J.  Ongers,  la  lettre  par  Ch.  E  s''Wolfs. 
Etablissement  géographique  de  Bruxelles,  fondé  par  Ph.  Van 
der  Maelen. 

Echelle  de  1  à  180,000. 

Avec  trois  échelles  et  l'indication  des  signes  conventionnels. 

Le  nombre  des  prêtres  et  la  population  de  chaque  commune 
sont  inscrits  sur  la  carte.  Projection  de  Flamsteed.  Graduation 
sexagésimale. 

Larg  0"'46?haut.  O-'TO  ? 

Fait  partie  de  l'atlas  intitulé  :  Atlas  ecclésiastique  de  la 
Belgique,  dédié  à  S.  E.  Rêvé  rendis  si  me  Monseigneur  Engle- 
bert  Sterckx,  cardinal-archevêque  de  Malines  ;  et  chaque 
diocèse  dédié  séparément  à  Messeigneurs  les  Evêques  ;  par 
P.  R.  Geirnaert,  bourgmestre  de  la  cotnmune  d'Evergem. 
Composé  de  6  feuilles  (1  par  diocèse).  Bruxelles  1841  à  1843. 

1844. 

N"  92  quater.  Carte  sans  titre  représentant  le  pays  parcouru 
par  le  chemin  de  fer  entre  Waremme  et  Liège  avec  l'indication 
des  lieu.x:  jusqu'à  une  certaine  distance  des  deux  côtés.  Elle  est 
entourée  de  vues.  L'inauguration  de  cette  partie  a  eu  lieu  le  2 
avril  1838  jusqu'à  Ans  et  le        juillet  1842  jusqu'à  Liège. 

Larg.  0™i75,  haut.  0"062. 
Se  trouve    dans  les  petites  cartes  qui  entourent    la  carte 


-  548 

intitulée:  Carte  pittoresque  des  chemins  de  fer  de  la  Belgiqiie. 
Bruxelles,  Van  derMaelen,  1844. 

Et  dans  l'ouvrage  intitulé:  Atlas  pittoresque  des  chemins  de 
fer  de  la  Belgique,  etc.,  par  A.  Wauters,  3^  édition.  Bruxelles, 
Van  der  Maelen,  1842  (').  Un  vol.  in-^i  oblong.  PI.  14. 

4844. 

N°92  qwmqwe.  Carte  sans  titre  représentant  le  pays  parcouru 
par  le  chemin  de  fer  entre  Liège  et  Verviers,  inauguré  le  18 
juillet  1839,  avec  l'indication  des  lieux  jusqu'à  une  certaine 
distance  des  deux  côtés.  Elle  est  entourée  de  vues. 
Larg.  0^175.  haut.  0"'062. 

Se  trouve  sur  la  même  carte  et  dans  le  même  ouvrage  que  la 
carte  précédente ,  n"  15. 

1844. 

N"  92  sex.  Carte  sans  titre  représentant  le  pays  parcouru 

par  le  chemin  de  fer  entre  Verviers  et  la  frontière  de  Prusse, 

inauguré  le  15  octobre  1843,  avec  l'indication  des  lieux  jusqu'à 

une  certaine  distance  des  deux  côtés.  Elle  est  entourée  de  vues. 

Larg.  0'"175,  haut.  0'"062. 

Se  trouve  sur  la  même  carte  et  dans  le  même  ouvrage  qu£' 
les  précédentes,  n"  16. 

1845. 

N*  92  duodecim.  Carte  intitulée  :  Liège.  Etablisfiement  de 
D.  Raes,  rue  de  la  Fourclte,  \M),  Bruxelles. 

Avec  les  armoiries  de  la  province,  une  échelle  et  une  légende 
pour  l'explication  des  signes  employés. 

Larg.  O-^a?.  haut.  0™20. 

Se  trouve  dans  l'atlas  intitulé  :  Atlas  de  la  Belgique,  diaprés 
le.-i  meilleurs  géographes  modernes,  à  Pusage  des  établissements 

(')  La  date  de  1844  doil  tVre  substiluée  u  celle  de  184'J. 


—  549  — 

(Vinsti'uction,  des  collèges  et  des  athénées;  dédié  à  LL.  AA. 
RR.  le  duc  de  Brabant  et  le  cotnte  de  Flandre,  par  Désiré 
Raes.  Bruxelles,  1845.  Un  volume  in-4,  oblong. 

Et  dans  la  2»  édition  de  cet  atlas  :  Bruxelles,  Renier,  1854. 
Un  volume  in-4,  oblong. 

1846. 

N»  92  tredecim.  Carte  intitulée  :  Géologie.  Terrains  des 
environs  de  Stavelot.  PL  X. 

J.  B.  Blasseau  sculp.  Imp.  H.  Borremans  et  C»  à  Brux. 
Annales  des  travaux  publ.  Tom.  6.  Page  209. 

Echelle  de  1  à  90,909. 
Avec  une  légende  pour  les  différents  terrains. 
Cette  carte  comprend  Spa,  Malmedy,  Stavelot  et  les  pays 
environnants. 

Larg.  0™35o,  haut.  0'"24. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Géologie.  Rapport  adressé 
à  M.  le  Ministre  des  travaux  publics,  sur  des  recherches  et  des 
expériences  faites  dans  le  but  d'amender,  au  moyen  de  la 
chaux,  une  partie  du  sol  de  VArdenne;  par  Guillaume  Lam- 
bert, aspirant  des  mines.  Février  1846.  Imprimé  dans  les  : 
Annales  des  travaux  publics  de  Belgique.  Documents  scienti- 
fiques, etc.  Bruxelles,  Vandooren.  1848.  Tome  6.  Page  209. 

1847. 

N"  93.  Carte  intitulée  :  Ministère  des  travaux  publics.  Ponts 
et  chaussées.  Plan  général  de  la  partie  du  cours  de  la  Meuse, 
comprise  entre  les  villages  de  Chokier  et  Herstal,  dressé  pour 
servir  à  V intelligence  du  projet  destiné  : 

1°.  A  préserver  Liège  de  IHnvasion  des  eaux  de  la  Meuse  et 
à  prévenir  les  désastres  auxquels  cette  ville  est  exposée  par 
les  crues. 

2°.  A  améliorer  la  navigation  de  cette  rivière,  à  partir  de 
Vembouchure  du  canal  latéral,  en  aval  de  la  fonderie  de 
canons,  jusqu'à  Vextrémité  du  bassin  houiller,  en  amont  du 
village  de  Chokier. 


550 


Fnit  et  dressé  par  ringénieur  des  Ponts  et  Chaussées  sous- 
signé. 

Liège,  le  17  octobre  IH47 . 

J.-G.-J.  HOUBOTTE. 

Présenté  par  VIngénieur  en  chef  eu  service  spécial. 

Hocht,  le  i8  octobre  1847. 

KUMMER. 
Lith.  J.-B.  Blasseau,  Brux*. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Cette  carte  ne  donne  que  les  parties  côtoyant  le  fleuve. 

En-dessous  se  trouve  un  profil  donnant  le  niveau  des  hautes 
eaux,  le  plan  projeté  de  flottaison,  Tétiage,  le  plafond  et  le 
thalweg. 

En  deux  feuilles. 

Larg.  0'"83,  haut.  0"'50. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ministère  des  travaux 
publics.  Projet  d'' amélioration  du  régime  de  la  Meuse,  depuis 
l'embouchure  du  canal  de  jonction  de  la  Meuse  à    l'Escaut 
jusqu'à   Chokier.   Bruxelles.    Em.    Devroye   et  G'^  1848.    Un  ^ 
volume  in-4.  m 

1847.  ^ 

N"  04.  Carte  sans  titre  de  la  partie  de  la  province  limitée 
par  de.ix  lignes  partant  de  Hannut  et  aboutissant  l'une  à  ïirle- 
mont  et  l'autre  à  St-Trond. 

Echelle  de  1  à  40,000. 

Avec  une  légende  pour  les  divers  projets  de  route. 

Cette  carte  donne  divers  projets  de  route  allant  de  Hannut  à 
St-Trond  et  passant  soit  pnr  Landen,  soit  par  Gingelom.  On  a 
construit  une  route  directe  de  Hannut  à  Landen  et  un  embran- 
cliement  partant  de  Houtain-rEvêque  va  à  St-Trond  par  Gin- 
gelom. 

Larg.  O'"3io,  haut.  O""!!. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Appel  à  la  législature,  ou 
résuiiié  des  rapports,  avis  et  pétitions  adressés  au  gouverne- 


I 


—  551  — 

ment,  en  faveur  du  projet  de  route  directe  de  Hannut  à  Si- 
Trond  et  examen  comparatif  de  ce  projet  avec  les  autres 
directions  proposées,  par  Gh.  V.  Hennequin,  propriétaire. 
Liège,  Gollardin,  1847.  Un  vol.  in-4. 

1851 . 

N*  95.  Carte  intitulée  :  Liège. 

I.,es  armoiries  de  la  province  à  la  partie  inférieure  à  droite. 

Echelle  de  1  à  700,000. 
Avec  une  indication  de  la  population  et  de  la  superlicie. 

Larg.  0,16o,  haut.  O^ISS. 
Se  trouve  dans  Tatlas  intitulé  :  Atlas  populaire  contenant  la 
mappemonde,   l'Europe,   la  carte  générale   du   royaume   de 
Belgique  et  celles  des  neuf  provinces  divisées  en  arrondisse- 
ments. A  l'usage  des  écoles  prini'rires.  Bruxelles.  B.  Landrien. 

Un  vol.  in-12,  oblong. 

1853 

N°96.  Carte  intitulée  :  Chemin  de  fer  de  Pepinster  à  Spa. 

Avec  une  légende  pour  les  terrains,  les  établissements  indus- 
triels, les  routes,  etc. 

Cette  carte  s'étend  de  Frai  pont,  Hodimont  et  Andrimont  à 
Stavelot  et  Malmedy. 

Larg.  0'M95.  haut.  0"'H8. 

Se  trouve  dans  Touvrage  intitulé  :  Société  anonyme  du  che- 
min de  fer  de  Pepinster  à  Spa.  Statuts.  Convention.  fJahier 
des  charges.  Bruxelles.  Deltombe.  1859.  Une  brochure  in-8. 

1854. 

N"  99  hls.  Carte  intitulée  :  Carte  géologique  du  bassin  de 
Theux.  Joint  au  rapport  du  16  septembre  185-^/,  n"  65S. 

Le  sous-ingénieur  des  mines. 
(Signé)  A.  Geoffroy. 
Lith.  de  X.  Van  Marche,  vindve-d'Ile,  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  20,000. 


552 


Avec  une  légende  poui-  les  terrains. 

Cette  carte  comprend Tlieux,  PoUeur,  VVessay,  Hodbomont,etc. 

Larg   0"'59,  haut  0'"2Gd. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Mémoire  pour  la  Société 

anonyme  des   hauts-fourneaux  et   fonderies  de  Dolhain    en 

réponse  à  celui  de  la  Société  d'Oneux.  Liège.  Desoer.  1854. 

Une  brochure  in-4. 

1855. 

N"  09  (jfHa^er. Carte  intitulée:  Extrait  d'une  carte  géologique 
du  bassin  de  Theux  jointe  par  M.  le  sous-ingénieur  des  mines 
A.  Geoffroy  à  son  rapport  du  14  T"''  1854.  PL  IL 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende  pour  les  terrains. 
Cette  carte  comprend  Theux,  Hodbomont  et  Oneux. 

Larg.  0"'48,  haut.  0"'25. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Mémoire  pour  la  Société 

d'Oneux,  demanderesse  en  coiicession  de  mines  de  zinc,  plotnb 

et    autres   substances    concessibles   gisant   sous   le    territoire 

des  commîmes  de  Theux  et  Polleur,  en  réponse  aux  rapports 

de  MM.  Wellekens,  ingénieur  en  chef  des  mines;  Mueseler, 

ingénieur  du  6"  district;   Geoffroy,   sous   ingénieur,  et  aux 

Mémoires  de  la  Société  de  Dolhain,  de  la  Société  du  Rocheux, 

de  M.  d' A)idrimont ,  demandeurs  e)i  concurrence.  Liège.  Desoer. 

1855.  Une  brochure  in-4. 

1855. 

N»  99  quitique.  Carte  intitulée  :  Extrait  de  la  feuille  en  date 
du  3i  Mai  i853. 

Joint  au  rapport  du  10  Mai  1855,  N"  656,  comme  preuve 
de  V incertitude  des  cartes  géologiques  à  une  petite  échelle. 

Le  Sous  Ingénieur  des  Mines, 
(Signé)  A.  Geoffroy. 
Etab^  géographique  de  Bruxelles  foiidé  par  Pli.   Vandcr 
Maelen. 


—  553    - 

Echelle  de  1  à  10,000. 
Le  nord  est  en  haut. 

Cette  carte  comprend  Dolhain,  Limbourg,  Goé,  Bilstain, 
Hèvremont,  etc.  Elle  est  coloriée  géologiquement. 
Larg.  0"'55,  haut.  0"50. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Réponse  de  la  Société 
anonyme  des  hauts-fourneaux  et  fonderies  de  Dolhain  au 
dernier  factutn  de  la  Société  dite  d'Oneux  du  12  avril  i855. 
Liège.  Desoer.1855.  Une  brochure  in-4. 

1855. 

N"  99  sex.  Carte  intitulée  :  Bassin  de  llieux. 
Joint  au  rapport  du  10  mai  1855,  n"  656. 

Le  Sous- Ingénieur  des  Mixtes, 
(Signé)  A.  Geoffroy. 
Etablissement  Géographique  de  Bruxelles. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende  pour  les  teintes  géologiques. 
Le  nord  est  en  haut. 

Cette  carte  comprend  Theux,  Oneux  et  Rocheux.  Elle  est 
coloriée  géologiquement. 

l/àvg.  O'"5o5,  haut.  0'^255. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  précédente. 

1855. 

N''99se/)tem.Garte  intitulée:  Extrait  de  la  Carte  Géologique 
de  Spa,  Theux  et  Peplnster,  par  A.  Duniont. 
Etablissement  Géographique  de  Bruxelles. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Avec  une  échelle,  une  légende  pour  les  teintes  géologiques  et 
une  coupe. 

Cette  carte  comprend  Theux  et  Oneux,  Elle  est  coloriée 
géologiquement. 


—  554  — 

Larg,  0"'24,  haut.  0'"1G. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédentes. 

1855. 

N"  100  bis.  Carte  intitulée  :  Spa  et  ses  etivirons. 

Dressé  par  A.  H.  Dufour.  Gravé  par  M"*  M.  Diifour.  Ecrit 
par  Langevin.  Spa  et  ses  eiwirons  par  Ad.  Joanne. L. Hachette 
et  C'^  Paris. 

Avec  une  échelle. 

Echelle  de  1  à  125,000. 

Cette  carte  s'étend  au  nord  jusqu'à  Pepinster;  au  sud  jusqu'à 
Ferrières  et  Stavelot  ;  à  l'ouest  jusqu'à  Tilf  et  Comblain-au- 
Pont,  et  à  l'est  jusqu'à  Sart  et  Stavelot. 

Dans  les  premières  éditions,  le  chemin  de  fer  qui  part  de  Pe- 
pinster ne  va  que  jusqu'à  Spa.  Dans  la  dernière,  il  est  prolongé 
jusque  Luxembourg;  le  chemin  de  fer  de  l'Ourthe  y  est  aussi 

indiqué. 

Larg.  0,20,  haut.  0,145. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Spa  et  ses  environs.  Itiné- 
raire descriptif  et  historique,  par  Ad.  Joanne.  Paris.  Hachette. 
1855.  Un  volume  in-12.  Pag.  114. 

Et  dans  celui  intitulé  :  Collection  des  guides-Joanne.  Itiné- 
raire descriptif,  historique,  artistique  et  industriel  de  la  Bel- 
gique, par  A.  J.  Du  Pays.  Paris.  Hachette.  1863.  Un  volume 
in-12.  Page  394. 

Ainsi  que  dans  celui  intitulé  :  Coltedion  des  guides  Joanne. 

Guides  diamant.   Belgique,  par  A.  J.  Du  Pays.  1"  éd.  Paris. 

Hachette.   186  .  '!'>  éd.  187  .  3"  éd.  1877.    Un   volume  in-18. 

Page  246. 

1855  ? 

N"  100  quater.  Carte  intitulée  :  Chemin  de  fer  de  Liège  à 
Maestricht  par  la  rioe  droite  de  la  Meuse.  Section  de  Liège  à 
la  frontière  néerlandaise. 

./.  Peelers,  soilp. 


—  555  — 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Cette  carte  s'étend  de  Liège  à  Visé  sur  la  Meuse  et  comprend 
les  villages  situés  sur  les  deux  rives  avec  leur  population. 
En  deux  feuilles  ('). 

Larg.  Om88o,  haut.  0™50. 
1856. 

N°  101.  Carte  intitulée  (*)  :  Plan  général  du  Tracé  du  Chemin 
de  fer  des  jJÏateaux  de  Heroe,  de  la  Vesdre  à  la  Meuse,  et  de 
Liège  à  Aix-la-Chapelle . 

Etablissement  géographique  de  Bruxelles  fondé  par  Ph. 
Vander  Maelen.  609. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  légende  pour  les  chemins  de  fer. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  et  à  l'est  aux  confins  de  la 
province,  à  l'ouest  à  Othée  et  au  sud  à  Tilf,  Fraipont,  etc.  Elle 
donne  donc  la  partie  nord-est  de  la  province. 

Ce  projet  comprend  deux  sections  à  peu  près  perpendiculaires, 
dont  l'une  va  de  Lixhe  à  Verviers  et  l'autre  de  Liège  à  Aix-la- 
Chapelle  :  leur  point  de  rencontre  est  au  hameau  de  Ghaineux. 

Larg.  0n7,  haut.  0'"37. 
Est  jointe  au  mémoire  intitulé  :  Chemin  de  fer  agricole  et 
industriel  des  plateaux  de  Hervé,  de  la  Vesdre  à  la  Meuse  et 
de  Liège  vers  Aix-la-Chapelle.  Mémoire  à  l'appui  du  projet. 
Par  Fr.  Capitaine,  S'-Paul  de  Sinçay  et  Forgeur.  Liège.  Car- 
manne,  1856.  Une  brochure  in-4. 

1858. 

N"  102  bis.  Carte  sans  titre  de  la  province  de  Liège. 

Cette  carte  est  entourée  des  diverses  productions  de  la  pro- 


(*)  Une  autre  carte  aussi  en  deux  feuilles  comprend  la  Section  de  la  frontière 
néerlandaise  à  Maesiricht. 

(')  Cette  description  remplace  celle  du  premier  travail. 


—  556  — 

vince  :  la  liste  de  ses  hommes  célèbres  se  trouve  à  côté.  Elle  est 
assez  petite,  les  chemins  de  fer  n'y  sont  pas  indiqués. 

Larjç.  0'"l\,  haut.  0'"06. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Analyse  géographique  des 
provinces  de  la  Belgique.  1858.  Cet  ouvrage  est  autographié  : 
il  a  été  composé  et  exécuté  par  le  major  du  génie  Demarteau. 

1859  ? 

N°  103.  Carte  intitulée  :  Carte  des  environs  de  Spa. 

Le  /)■'  Jules  Lezaack.  Exécutée  chez  C.  Callewaert  frères  à 

Bruxelles. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle  et  un  indicateur.  Le  nord  est  en  haut. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Dison  et  Limbourg,  à  l'ouest 

à  Chênée  et  Ferrière,  au  sud  à  Basse-Bodeux  et  Wanne,  et  à 

Test  à  Malmedy.  Elle  comprend  donc  la  partie  sud-est  de  la 

province. 

Larg.  0,35,  haut.  0,26. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1859. 

N°  103  bis.  Carte  intitulée  :  Province  de  Liège. 

Etah^  géographique,  L.  Mols-Marchal,  rue  St-Jean,  48,  à 
Bruxelles. 

Avec  les  armoiries  de  la  province,  trois  échelles  et  une  expli- 
cation des  signes  conventionnels. 

Larg.  O-^dOo,  haut.  0'"225. 

Se  trouve  dans  un  atlas  sans  titre.  A  été  reproduite  plusieurs 
fois  depuis  avec  les  changements  survenus. 

1859. 

N°  103  ter.  Carte  intitulée  :  Liège. 

Etab^  géographique  de  L.  Mols-Marchal,  rue  St-Jean,  48. 
Déposé. 


557 


Avec  les  armoiries  de  la  province  de  Liège,  une  échelle  et 
une  explication  des  signes  conventionnels. 

Larg.  0"M8,  haut.  0"'14. 

Se  trouve  dans  l'atlas  intitulé:  Atlas  de  poche  de  la  Belgiqtu- 
divisée  en  provinces,  arrondissements,  etc.,  etc.,  dressé  d'après 
les  documents  les  plus  officiels  par  Louis  Mols-Marchal.  Bru 
xelles.  Un  volume  in-42. 

Et  dans  celui  intitulé  :  Nouvel  atlas  géographique  de  la  Bel- 
gique àl'usage  de  l'enseignement.  Etc.  Dressé  d'après  les  docu- 
ments les  plus  récents  par  L.  Mols-Marchal,  géographe.  Bru- 
xelles. Un  volume  in-12,  oblong. 

1859. 

N"  103  quater.  Carte  intitulée  :  Liège.  9. 

Lith.  de  C.  Callewaert  frères.  Bruxelles.  Déposée. 

Avec  les  armoiries  de  la  province  de  Liège,  une  échelle,  une 

explication  des  signes  conventionnels  et  une  note  des  produits 

de  la  province. 

Larg.  0'"15,  haut.  0"'H5. 

Se  trouve  dans  l'atlas  intitulé  :  Guide  des  voyageurs  sur  tous 

les  chemins    de  fer   de   la  Belgique  :  avec  le  même  titre  en 

anglais  et  en  allemand  et  un  second  titre  :  Nouvel  atlas  de  Ui 

Belgique  dédié  à  S.  A.   B.  la  princesse  CJiarlotte.  Bruxelles. 

Callewaert.   Un  volume  in-12.  C'est  une  seconde  édition  du  n" 

99  de  1853. 

1859. 

N"  103  quinque.  Carte  sans  titre  de  la  commune  d'Aubel. 

Inip.  et  Chromolith.  L.  Severeyns  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  rose  des  vents. 

Cette  carte  ne  comprend  absolument  que  la  commune  d'Aubel. 
Un  trait  bleu  indique  la  séparation  entre  les  villages  dont  les 
noms  sont  wallons  et  ceux  dont  les  noms  sont  flamands,  et  un 
trait  rouge  indique  la  séparation  entre  ceux  où  on  parle  wallon 
et  ceux  où  on  parle  flamand. 


—  558  ~ 

Larg.  0"'45,  haut.  0">205. 

Accompagne  une  lettre  de  M.  J.-L.-J.  Nicolaï,  bourgmestre 
d'Aubel,  en  réponse  à  la  demande  faite  par  la  Société  liégeoise 
de  littérature  wallonne,  concernant  la  démarcation  entre  les 
pays  flamands  et  wallons.  {Bulletin  de  la  Société  liégeoise  de 
littérature  wallonne.  Liège,  Garmanne,  1864,  tome  VII,  p.  1.) 

1859. 

N"  103  sex.   Carte  intitulée    :  Chemin  de  fer  de   Bilsen  à 
Tongres.  Novembre  i859. 
Lith.  deJ.  Coune  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle. 

Comprend  le  pays  situé  entre  Liège,   Landen,  Hasselt  et 

Maestricht. 

Larg.  O^iS,  haut.  O-nSe. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Chemin  de  fer  de  Bilsen  à 

Tongres, première  section  de  la  ligne Liégeoise-Limhourgeoise. 

Pétition  adressée  à   la   Chambre  des  représentants  par  les 

habitants  de  Tongres,  sous  le  patronage  du  Conseil  communal. 

23  novembre  i859.  Tongres,  Demarteau-Thys.  Une  brochure 

in-8. 

1862. 

N"  225.  Carte  intitulée  :  Jonction  Belge-Grand-Ducale.  Carte 
du  Grand-Duché  de  Luxembourg  et  des  pays  voisins  avec 
l'iiidication  des  principales  usines.  i8(j2. 

Etablissement  géographique  de  Bruxelles  fondé  par  Ph. 
Mander  Maelen. 

Echelle  de  1  à  333,333. 

Avec  une  échelle. 

Cette  carte  comprend  toute  la  province  de  Liège  et  celle  de 

Luxembourg. 

Larg.  O-^eO,  haut.  O^TôS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé   :  Jonction  Belge-Grand- 


_  559    - 

Ducale.  Chemin  de  fer  destiné  à  relier  les  arrondissements  de 
Liège  et  de  Verviers  au  Grand-Duché  de  Luxembourg  'par 
Spa,  Staielot  et Ettelbruck.  Rapport  communiqué  à  la  Chambre 
de  commerce  de  Verviers  par  Lucien  Renard,  ingénieur. 
Liège,  F.  Renard,  éditeur,  1862.  Un  volume  grand  in-8.  La 
carte  a  aussi  été  publiée  séparément. 

1863. 

N°  226.  Carte  intitulée  :  Pian  général  du  Tracé  du  Chemin  de 
fer  des  plateaux  de  Hervé,  de  la  Vesdre  à  la  Meuse,  et  de  Liège 
à  Aix-la-Chapelle . 

Imp.  et  Lith.  de  L.  de  Thier  et  F.  Lovinfosse  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  160,000. 

Avec  une  légende  et  une  liste  des  noms  des  charbonnages. 
au  nombre  de  25.  Le  nord  est  en  haut. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Maestricht,  à  l'ouest  à 
Tongres,  au  sud  à  l'Ourthe  et  à  l'Est  à  Aix-la-Chapelle  et  Eupen 
en  Prusse.  Elle  comprend  donc  la  partie  nord-est  de  la  province 
de  Liège. 

C'est  le  même  projet  que  celui  du  n°  101  de  1856. 
Larg.  O-^STS,  haut.  0'"225. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Chemin  de  fer  des  plateaux 
de  Hervé.  Mémoire  sur  la  concession  accordée  le  12  août 
i862.  Liège,  De  Thier  et  Lovinfosse,  1863.  Une  brochure  in-4. 

1863. 

N"  227.  Carte  intitulée  :  Carte  des  concessions  houillères  de 
la  province  de  Liège  et  de  la  partieEst  de  la  province  de  Namur. 

Dressée  à  Vèchelle  de  1  à  100,000  par  Ph.  Vander  Maelen 
Fondateur  de  l'Etablissement  Géographique  de  Bruxelles.  i05i. 

En  vente  à  la  librairie  de  Decq,  successeur  de  Gouchon,  à 

Liège.  Déposée. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle,  un  tableau  indicatif  donnant  l'étendue  des 
concessions  en  hectares,  et  une  légende  géographique. 


560 


Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Tongres;  au  sud  à  Giney  et 
Malmedy;  à  l'ouest  à  Namur  et  à  l'est  à  Eupen. 

Sur  cette  carte,  chaque  concession  se  distingue  par  un  coloris 
spécial  :  on  y  trouve  la  limite  du  bassin  houiller. 

Un  petit  carton  à  l'échelle  de  1  à  600,000  indique  Vensemble 
des  mines  métalliques  concédées  en  Belgique. 

Une  seconde  carte  pour  le  Hainaut  et  la  partie  ouest  de  la 
province  de  Namur  s'assemble  avec  celle-ci. 
Larg.  0"'88,  haut.  0"'5G5 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1865. 

N"  228.  Carte  intitulée  :  Plan  géologique  de  la  concessio)t 
calaminaire  Vieille-Montagne  indiquant  la  direction  des 
failles  métallifères,  la  situation  et  nati'.re  des  gites  reconnus 
et  exploités  par  la  société  de  la  Vieille-Montagne.  Planche  I. 

Etab.  Lith.  et  Chrom.   de  L.  Severeyns  et  A.  Faust  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  20,000. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  les 
teintes. 

Cette  carte  est  limitée  pour  la  Belgique  aux  villes  de  Baelen, 
Dolhain,  Henri-Chapelle  et  Bleyberg  et  pour  la  Prusse  à  celle 
de  Gemereth  et  aux  villages  de  Walhorn,  Geulbach,  Ghampel- 
heide  et  Biidehen.  Le  territoire  neutre  y  est  aussi  compris. 
Larg  0"'67,  haut.  On?. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Second  mémoire  adressé 
à  MM.  les  président  et  membres  de  la  Députation  permanente 
du  Conseil  provincial  de  Liège  par  la  société  de  la  Vieille- 
Montagne  à  l'appui  de  sa  demande  en  extension  de  concession 
des  mines  de  blende,  plomb  et  pyrite  gisantes  sous  un  péri- 
mètre de  2,514  hectares  compris  dans  la  partie  belge  de  sa 
concession  calaminaire.  Et  en  réponse  aux  demandes  en 
concurrence  de  M.  le  baron  de  la  Rousselière  et  de  la  société 
de  Hont hem- Levant.  Liège,  Desoer,  1865.  Un  volume  in-folio. 
Planche  L 


—  561  — 

1866. 

N"  229.  Carte  intitulée  :  Société  anonyme  de  Bleyberg  ès- 
Montzen.  Demande  d' extension  de  concession  en  date  du  11 
Août  1862. 

Lith.  de  L.  de  Thier  et  F.  Lovinfosse,  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  les  teintes,  etc. 
Cette  carte  a  à  peu  près  les  mêmes  limites  que  la  précédente. 

Larg.  0'"95,  haut.  On85. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :   La  Société  du  Bleyherg  à 
Messieurs  les  président  et  membres  du  conseil   des  mines,  à 
Bruxelles  .Liège. Be  Thier  et  Lovinfosse.  1866.  Un  volume  in-8. 

1866. 
N"  230.  Carte  intitulée  :  Carte  itinéraire  des  environs  de  Spa. 
Publiée  par  Engel.  Dressée  par  E.  Cerveaux.  1866. 
Lith.  Anst.  v.  J.  G.  Bach,  Leipzig. 

Echelle  de  1  à  10,000. 
Avec  une  échelle. 

Elle  ne  comprend  que  la  commune  de  Spa  et  des  languettes 
des  communes  limitrophes. 
Le  plan  de  Spa  à  l'échelle  de  là  5, 000  se  trouve  sur  cette  carte. 

Larg.  0'"70,  haut.  O'"o0. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Spa,  ses  fontaines  miné- 
rales, ses  promenades,  ses  monwnents,  ses  plaisirs  et  ses  envi- 
rons, Liège,  Verviers  et  leurs  grandes  industries,  par  J.  Goffin. 
Bruxelles,  Lacroix-Verboeckhoven  et  C'",  1867.  Un  vol.  in-18. 

1867. 

N°  231.  Carte  intitulée  :  Spa  et  ses  environs. 

Dressée  par  les  soins  du  D""  Lambert  Lezaack,  hxspecteur  des 
Eaux-Minérales  de  Spa. 

Lith.  de  Thiry-Vanbuggenhout.  rue  de  VOrangerie,  22, 
Bruxelles. 


562 


Bniclt  Maréchal,  Lib.  Editeur,  Spa. 

Echelle  de  1  à  70,000. 
Avec  une  échelle. 

Cette  carte  est  limitée  au  Nord  à  Nessonvaux  et  à  Limbourg; 
au  Sud  à  Chevron,  Rahier  et  Troisponts  ;  à  l'Ouest  à  Fraipont 
et  Aywaille  et  à  l'Est  à  Malmedy,  Elle  comprend  donc  la  partie 
sud-est  de  la  province. 

Larg.  0,38,  haut.  0,395. 

Se  trouve  dans  Touvrage  intitulé  :  Guide  aux  eaux  et  aux 
jeux  de  Spa.  Spa.  Bruch-Maréchal  1867.  Un  vol.  in-12  (i). 

Et  dans  l'édition  dont  le  titre  est  :  Guide  pratique  aux  eaux 

de  Spcf,  avec  des  analyses  comparées  des  eaux  et  une  carte  de 

Spa  et   de  ses  environs.  Spa.  Bruch-Maréchal.  1873.  Un  vol. 

in-12. 

1868. 

N"  232.  Carte  intitulée  :  Projet  de  chemin  de  fer  central  du 
bassin  houiller  et  du  pays  de  Hervé  et  de  jonction  du  Luxem- 
bourg aux  Lim,hourgs  belge  et  néerlandais,  et  de  ceinture  de  la 
ville  de  Liège.  Demande  en  concession  de  M.  J.  Borguet  du  11 
Avril  1868. 

Etablissem,ent  géographique  de  Bruxelles  fondé  par  Ph, 
vander  Maelen.  242. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle,  une  légende  et  une  liste  des  concessions 
sur  la  rive  droite  de  la  Meuse  avec  leur  étendue. 

Cette  carte  s'étend  jusqu'à  Lixhe,  près  de  Visé,  au  nord; 
Harzé  et  Xhoris  au  sud;  Chokier  et  Ramet  à  l'ouest  et  Aix-la- 
Chapelle  et  Eupen  à  l'est.  Elle  comprend  donc  tout  l'est  de  la 
province  de  Liège. 

Le  projet  de  chemin  de  fer  va  d'Argenteau  à  Pepinster  en 
décrivant  une  S,  et  passe  par  Hervé. 

(')  Ce  guide  parait  chaque  année. 


—  563 

Larg.  0™49,  haut.  O^ôSo. 

1868. 

N"  233.  Carte  sans  titre  d'un  projet  de  route  avec  tunnel. 
Etah.  Lithog.  de  Ch.  Claesen,  Liège. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Cette  carte  comprend  toute  la  rive  gauche  de  la  Meuse  depuis 
Seraing  jusque  Liège.  Elle  indique  un  tracé  de  route  partant 
de  Tilleur  et  aboutissant  en  droite  ligne  au  jardin  botanique, 
en  passant  sous  la  montagne  de  St-Gilles  par  un  tunnel.  Un 
embranchement  part  du  pont  d'Ougrée  et  vient  aboutir  à  l'en- 
trée du  tunnel  du  côté  de  Tilleur. 

Sur  la  même  feuille,  il  y  a  une  coupe  du  parcours  de  la  route 
à  la  même  échelle,  et  une  coupe  du  tunnel  (transversale)  à  une 
échelle  plus  grande. 

Larg.  0™34o,  haut.  0™255. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Le  tunnel  Cockenll. 
Projet  de  communication  directe  entre  les  Bassins  de  Liège  et 
de  Seraing,  par  Simon  Deltour-Rosius.  Liège.  De  Thier  et 
Lovinfosse.  1868.  Une  brochure  in-4. 

1868-69. 

N"  234.  Carte  intitulée  :  Province  de  Liège. 

Dictionnaire  encyclopédique  de  géographie  historique  du 
royaume  de  Belgique. 

Etablissement  géographique  de  L.  Mols-Marchal,  rue  St- 
Jean,  48.  Bruxelles. 

Echelle  de  1  à  312,500. 

Avec  trois  échelles,  une  légende  et  les  armoiries  de  la  ville 
de  Liège.  Le  titre  est  en  dehors  du  cadre. 

Larg.  0"'504,  haut.  0™223. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Dictionnaire  encyclopé- 
dique  de  géographie  historique   du  royaume  de  Belgique  ou 


—  564  - 

description  de  sen  neuf  provinces  et  de  ses  2558  communes, 
etc.,  etc.,  par  Aug.  Jourdain.  Bruxelles,  F.  Vromant,  1868-69. 
Un  volume  in-8,  Page  524 

1869. 

N''235.  Carte  intitulée  :  Province  de  Liège. 

Avec  une  légende  de  1  à  4  pour  les  rivières  et  de  A  à  1  pour 
les  villes. 

C'est  une  carte  muette  où  les  cours  d'eau  et  l'emplacement 
des  villes  sont  seuls  indiqués. 

Larg.  0"'105,  haut.  0'"08. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  C'oïiecfion,  etc.  Géographie 
élémentaire  de  la  Belgique,  par  M.***  Mons.  Hector  Manceaux, 
1869.  Un  volume  in-12.  Page  68, 

1869. 

N"  236.  Carte  intitulée  ;  Spécimen  d'une  carte  de  la  produc- 
tion, de  la  Consommation  et  de  la  Circulation  des  Charbons 
belges  en  i869,  etc.,  par  Max  Gœbel,  Directeur-Gérant  d'une 
Société  anonym,e  charbonnière. 

Dessinée  par  Joseph  Vossen,  Ingénieur  civil. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claessen,  Éditeur  à  Liège. 

Avec  une  Échelle  pour  la  Consommation  et  le  Transport,  et 
une  pour  la  Production;  une  Légende  et  une  Explication. 

Cette  carte  s'étend  jusqu'à  Maestricht,  Aix-la-Chapelle  et 
Malmedy.  On  n'y  a  indiqué  que  les  voies  de  communication  qui 
sont  entourées  de  bandes  en  couleur  dont  la  largeur  indique 
l'importance  des  transports,  et  quelques  villes  entourées  de 
cercles  ou  de  carrés  indiquant  l'importance  de  la  consommation 
et  de  la  production. 

Dans  un  coin  de  cette  carte  en  est  une  autre  plus  petite, 
intitulée  :  Etendue  géographique  d'une  carte,  etc. 

Larg.  0'"465,  haut.  C^STS. 

Kst  encore  dans  le  commerce. 


565 


1869. 

N"  237.  Carte  intitulée  :  Association  des  ingénieurs  sortis  de 
V école  de  Liège.  Extrait  de  la  Carte  géologique  de  A.  Dumont, 
avec  un  tracé  des  gisements  de  minerais  de  fer  de  la  province 
de  Liège,  par  F.  Franquoy,  sous-itigénieur  au  corps  des  mines. 

Carte  jointe  au  Mémoire  couronné  au  concours  de  1868. 

Etablissement  géographique  de  Bruxelles,  fondé  par  Ph. 
oander  Maelen.  Déposée.  886. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende  pour  les  teintes  des  couches 
de  terrain. 

C'est  la  carte  de  la  province  publiée  en  1853  (n"  96)  (')  un 
peu  rognée  sur  les  bords,  et  donnant  les  nouvelles  routes  cons- 
truites depuis  et  les  teintes  géologiques. 

Larg.  0>"755,  haut.  O-^^eS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Etude  sur  les  minerais 
de  fer  de  la  province  de  Liège,  par  M.  Franquoy,  sous-ingé- 
nieur au  corps  des  mines,  f Annuaire  de  VAssociation  des 
ingénieurs  sortis  de  Vécole  de  Liège. Tome  XI.  Premier  cahier.) 
Liège.  Desoer.  1869. 

1870. 

N"  238.  Carte  intitulée  :  Carte  de  la  voirie  au  pays  de  Liège 
par  Renier  Malherbe,  Ingénieur.  [Mémoire  couronné  par  la 
Société  d'Emulation.) 

Lith.  Léon  de  Thier,  r.  du  Pot-d'Or,  41 ,  Liège. 

Echelle  de  1  à  125,000. 

A-vec  une  légende. 

Toutes  les  routes,  chemins  de  fer,  etc.  y  sont  parfaitement 
indiqués.  Il  y  a  des  côtes  de  niveau  sur  un  grand  nombre  de 
routes.  Une  seconde  édition  a  paru  en  1877.  (N°  253.) 

(i)  Dans  la  table,  c'est  le  n»  99*  de  i8S5. 


566 


Larg  0'"67,  haut.  O^SOS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  De  Vétat  des  routes  dans 
le  pays  de  Liège,  etc.,  par  R.  Malherbe.  Liège,  L.  de  Thier, 
1870.  Un  volume  in-8.  (Voir  N"  82  bis,  page  25.) 

1870? 

N"  239.  Carte  intitulée  :  Province  de  Liège.  Cartographie 
élémentaire  des   écoles. 

Dressé  et  Dessiné  par  Ch.  Périgot.  Ch.  Delagrave  et  O' 
Lib.  Editeurs.  J.  Sédille,  Gr.  Lith.,  R.  Montmartre,  78. 

Avec  une  échelle  et  une  liste  des  signes  conventionnels. 
Larg.  0"'19,  haut,  0'"I4. 

Fait  partie  de  l'ouvrage  intitulé  :  Atlas  élémentaire  de  la 
Belgique  à  Vusage  de  toutes  les  écoles  belges,  d'' après  les  mé- 
thodes les  plus  nouvelles,  par  Ch.  Périgot  et  L.  Pire.  Paris, 
Ch.  Delagrave  et  G'^  Bruxelles.  1  vol.  in-4''  avec  texte. 

1870? 

N"  240,  Carte  intitulée  :  Liège. 

Étab^  Géographique  de  G.  Callewaert,  frères,  Bruxelles. 
Déposée. 

Avec  une  échelle,  une  légende  des  signes  conventionnels, 

une  liste  des  produits  et  des  industries,  et  les  armoiries  de  la 

province. 

Larg.  0'"105,  haut.  0'»08L 

Fait  partie  de  l'ouvrage  intitulé  :  Atlas  diamant.  Petit  atlas 

théorique  et  pratique  de  la  Belgique,  contenant  en  24  planches 

la   géographie   complète    du     royaume     avec   les   leçons   en 

regard  des  cartes,  par  C.  Callewaert.  9"  édition.  Bruxelles,1870. 

Un  vol.  in-12  oblong. 

1870? 

N"  241.  Carte  intitulée  :  Carte  itinéraire  des  environs  de 
Spa,  extrait  de  la  gravide  carte  topographique  de  la  Belgique 
de  Ph.  Vandermaelen.  Dressée  à  l'échelle  de  i  à  80,000. 
Publiée  par  Engel,  à  Spa. 


567 


Établissement  Géographique  de  Bruxelles,  fondé  par  Ph. 
Vander  Maelen,  n''422. 

Avec  une  échelle. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Verviers,  etc.;  au  sud  a 
La  Roche,  Wibrin,  Gherain;  à  l'ouest,  à  Angleur,  au  chemin 
de  fer  de  l'Ourthe  jusqu'à  Gomblain-la-Tour  et  à  la  Roche,  et 
à  l'est  à  la  frontière  de  Prusse.  Elle  comprend  donc  aussi 
une  partie  de  la  province  de  Luxembourg. 

C'est  comme  son  titre  l'indique,  avec  les  pierres  de  la  carte 
de  Relgique  au  1/80,000  que  celle-ci  a  été  gravée. 

Elle  a  encore  été  reproduite  plus  tard  en  1873?  avec  le  n°  578 
et  sans  indication  de  :  Élahlissement  géographique,  etc. 

Larg.  0n9,  haut.  0™61 . 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1871. 

N"  242.  Carte  intitulée  :  Spéclmeti  d'une  carte  des  chemins 
de  fer  de  la  Belgique  et  des  pays  limitrophes.  Publié  par  Jos. 
Vossen,  Ingénieur-Géographe. 

Gravé  par  F.  Bêcher. 

Établissement  Géographique  A.-J.  Vossen,  Liège. 

Échelle   de  1  à  500,000. 

Avec  des  tableaux,  une  légende^  un  prospectus  et  un  Rulletin 
de  souscription. 

Cette  carte  s'étend  jusqu'à  Hasselt  et  Sittard  au  nord; 
Marche,  au  sud;  Saint-Trond  et  Huy  à  l'ouest,  et  Duren  à  l'est. 
Le  chemin  de  fer  des  plateaux  de  Hervé  y  est  indiqué  d'après 
le  projet  qui  a  été  exécuté. 

Larg.  0'"19,  haut.  0°'164. 

Est  encore  dans  le  commerce.  Elle  a  été  reproduite  au  verso 
du  Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège  de  1875.  N°  344. 


568 


1872? 

N"  243.  Carte  intitulée:  Carte  des  mines  et  usines  des  Bassins 
houillers  de  la  Belgique,  du  Nord  de  la  France  et  de  la  West- 
phalie.  Dressée  d'après  des  documents  officiels  par  Vossen, 
Ingénieur  civil.  Liège.  Librairie  Universelle  de  M.  Juhr- 
Henne,  Editeur. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen,  Editeur,  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  120,000. 

Avec  une  légende. 

Outre  une  grande  partie  de  la  province  de  Liège,  cette  carte 
s'étend  en  Allemagne  jusqu'à  Diiren. 

Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  carte  des  environs  d'Essen,  et 
une  de  la  Westphalie. 

Larg.  O-^GOo,  haut.  0'"U. 
Est  encore  dans  le  commerce, 

1873. 

>'"  244.  Carte  intitulée  :  Liège.  G.   V.D.  H. 

Librairie  Universelle  de  J.  Rozez,  Editeur,  Rue  de  la  Made- 
leine, 87,  Bruxelles.  Déposé. 

Atlas  de    la  Belgique,    illustré,  10  Cartes.  Prix  fr. 
Chaque  Carte  séparément  :         Centimes. 

Avec  une  échelle,  une  liste  des  signes  conventionnels  et  les 
armoiries  de  la  province. 

Cette  carte  est  entourée  de  22  petites  vues  des  villes  et  des 
monuments  de  la  province,  copiées  en  grande  partie  sur  les 
gravures  de  la  Belgique  monumentale. 

Larg.  (]'"125haut.  0'"097. 

Fait  partie  de  l'atlas  intitulé  :  Atlas  de  la  Belgique  illustré 

de  plus  de  200  vignettes.  Bruxelles,  J.   Rozez,  1873.   Un  vol. 

in-4°  oblong. 

1873. 

N"  245,  Carte  intitulée  :  Carte  du  district  industriel  de  Liège. 


—  569  — 

Mapofthe  industrial  région  of  Liège.  Lith.  Fv.  Becker,  Rue 
du  Pont,  39,  Liège. 

Avec  une  légende. 

Les  indications  sont  en  français  et  en  anglais. 

Cette  carte  comprend  les  environs  de  la  ville  de  Liège  jusqu'à 

VVandre  au  nord,  Tilff  au  sud,  Flémalle  à  l'ouest  et  Micheroux 

à  l'est. 

Larg.  0™50,  haut.  0'"18. 

A  été  publiée  à  l'occasion  du  congrès  de  l'Institut  du  fer  et  de 
Tacier. 

Se  trouve  aussi  dans  le  :  Guide  de  l'étranger  à  Liège  et  dans 
ses  environs,  par  Ph.  de  Bruyne.  Dans  cet  ouvrage,  la  légende 
se  trouve  en  français  seul.  Liège,  1873.  Un  vol.  in-1'2.  Page  46. 

Elle  se  trouve  également  au  verso  du  Nouveau  plan  de  la 
ville  de  Liège,  de  1875,  n"  344.  Seulement  il  ne  s'étend  à  l'est 
que  jusqu'à  Wandre  et  Beyne. 

1875. 

N"  246.  Carte  sans  titre  des  environs  de  la  ville  de  Liège. 
Ne  donne  que  le  tracé  des  chemins  de  fer  jusqu'à  Ans,  Jemeppe, 
Seraing,  Chènée,  etc. 

Un  chemin  de  fer  de  ceinture  entoure  presque  toute  la  ville 

depuis  la  station  de  Vivegnis  jusqu'à  la  voie  vers  Maestricht. 

La  station  de  Longdoz  entre  dans  l'intérieur  de  la  ville  et  est  à 

rebroussement. 

Larg.  0™125,  haut.  0">l9o. 

Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Carte  générale  des  chemins 
de  fer  belges.  Adoptée  par  V administration  des  chemins  de 
fer,  postes-télégraphes  et  marine  de  Vétat. 

Editée  par  A.  Boudart,  attaché  au  département  des  travaux 
publics  [service  de  V exploitation) . 

Lith.  Herman  et  Marchant,  Rue  du  Boulet,  9,  Bruxelles. 

Déposé.  2"  édition.  Janvier  18/5. 

A  cette  carte  est  joint  un  livret  ayant  pour  titre  :  Chemins 


-    570   - 

de  fer  belges.  Nomenclature  des  stations,  haltes,  etc.  et  rensei- 
gnements administratifs  complétant  la  carte  générale,  etc. 
par  A.  Boudart,  2"  édition.  Bruxelles,  Glosson.1875.  Une  bro- 
chure in- 12. 

Sur  la  même  carte  sont  encore  les  plans  des  environs  des 
villes  de  Bruxelles,  couchant  de  Mons,  Charleroi  et  Gand. 

1875. 

N*'247.  Carte  intitulée  :  VOurte  et  l'Amblève. 
Cette  carte  s'étend  de  Liège  au  nord,  à  Houffalize  au  sud, 
Marche  à  l'ouest  et  Pepinster  à  l'est. 

Larg.  0"'085,  haut.  O'^U. 
Se  trouve  au  verso  du  plan  intitulé:   Nouveau  plan  de  la 
ville  de  Liège,  etc.  Liège.  Decq.  1875.  (N»  344  des  plans.) 

1875 

N"  248.  Carte  intitulée  :  La  Meuse  de  Namur  à  Liège. 
Cette  carte  s'étend  de  Waremme  au  nord,  à  Durbuy  au  sud, 
Namur  à  l'ouest  et  Liège  à  l'est. 

Larg.  0"'U,  haut.  O-^OSB. 
Se  trouve  au  verso  du  plan  cité  ci-dessus. 

1875. 

N^  249.  Carte  intitulée  :  Spa  et  ses  environs. 
Cette  carte  s'étend  de  Pepinster  au  nord,  à  Stavelot  au  sud, 
La  Reid  à  l'ouest  et  Francorchamps  à  l'est. 
Larg.  O^OSS,  haut.  0'"14. 
Se  trouve  au  verso  du  plan  cité  ci-dessus. 

1876. 

N°  250.  Carte  intitulée  :  Carte  pratique  de  Spa  et  de  ses 
Environs.  Annexe  du  nouveau  guide  des  Etrangers.  Proprié- 
taire J.  Goffin  fils,  4S,  Avenue  du   Marteau. 

Gravé  par  Fr.  Becker,  Liège.  Imp.  J.  Goffin  fds,  48,  Avenue 
du  Marteau,  Spa. 


-  571     - 

Avec  une  légende. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Verviers  ;  au  sud,  à  Trois 
Ponts;  à  l'ouest  à  Ghaudfontaine  et  Aywaille  et  à  Test  à  Jalhay, 
Francorchamps  et  Stavelot.  On  n'y  a  renseigné  que  les  villages 
principaux.  Les  routes  pour  voitures,  les  chemins  pour  pié- 
tons, les  bois  sont  coloriés. 

Larg.  O^âlS,  haut.  0™50o. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Nouveau  guide  des  étran- 
gers à  Spa  contenant  :  tous  les  renseignements  utiles  ;  Vitiné- 
raire  des  rues  de  la  ville  et  numéros  des  maisons  garnies  qui 
portent  enseigne  ;  Vadresse  de  tous  les  commerçants  et  une 
carte  pratique  de  Spa  et  des  e7ivii'ons.  Spa.  J.  Goftin,  1876. 

Un  vol.  in-18. 

1876. 

N"  251 .  Carte  sans  titre  des  environs  de  Seraing. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Comprend  le  cours  de  la  Meuse  depuis  Ougrée  jusqu'à  Flé- 
malle-Grande  ;  c'est  un  extrait  de  la  carte  de  Vandermaelen  à 
laquelle  on  a  ajouté  le  tracé  des  failles,  etc.,  à  200"  sous  la 
Meuse,  le  tracé  de  l'allure  des  couches,  et  la  position  des  prin- 
cipaux puits. 

Larg.  O-nlSS,  haut.  O^^IST. 

C'est  un  spécimen  joint  au  prospectus  de  la  carte  géologique 
du  bassin  houiller  de  Liège  par  M.  Julien  de  Macar. 

1877. 

N°252.  Carte  intitulée:  Province  de  Liège. 

Gravé  par  A.  Verwest  Brux\ 

Propriété  de  V Indicateur  Général  Illustré  de  V Industrie  et 
du  Commerce.  En  vente  au  bureau,  24,  rue  de  Parnasse,  à 
Br^(,xelles.  Etc. 

Avec  une  échelle  et  une  légende. 

Larg.  0™52.  haut.  0"'235. 


572 


Fait  partie  de  l'atlas  intitulé  :  Atlas  des  neuf  provinces  de  la 
Belgique  à  l'usage  de  l'enseignement  primaire  et  moyen.  G. 
Lechein  et  G'*.  Ixelles,  1877.  Un  volume  in-folio. 

1877. 

N°  253.  Carte  intitulée  :  Carte  de  la  voirie  au  pays  de  Liège 
par  Renier  Malherbe,  Ingénieur.  (Mémoire  couronné  par  la 
Société  d'' Emulation),  2""'  édition. 

Lith.  Léon  de  Ihier,  rue  du  Pot-d^Or,41,  Liège. 

Echelle  de  1  à  125,000. 

Avec  une  légende. 

C'est  la  même  carte  que  le  n"  238  de  1870:  on  y  a  ajouté  le 
chemin  de  fer  de  Huy  à  Modave,  ainsi  que  tous  les  châteaux  de 
la  province  et  quelques  noms  de  lieux. 

Larg.  0™67.   haut.  0"'505. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1877. 

N»  254.  Carte  intitulée  :  Nouvelle  carte  topograpliique  et 
m,inéralogique  de  Spa. 

LitJi.  de  Bourdoux-Sody  à  Spa. 

Echelle  de  1  à  100,000. 

Avec  une  échelle  et  un  Indicateur  pour  la  manière  dont  sont 
représentées  les  villes,  etc.  :  ainsi  que  les  mines,  carrières, 
etc. 

Cette  carte  est  limitée  au  Nord  à  Verviers;  au  sud  à  Vielsalm; 

à  l'ouest  à  Chaudfontaine  et  Harre  et  à  Test  à  Malmedy    et 

St-Vith. 

Larg.  0"'38,   haut.  0n2. 

Derrière  cette  carte,  pliée  pour  former  huit  compartiments, 
on  trouve  dans  le  premier  le  titre  :  Nouvelle  Carte  des  Environs 
de  Spa.  Augmentée  de  renseignements  utiles.  Spa,  Bourdoux- 
Sody,  libraire. 


—  573  - 

Dans  le  second  compartiment  est  un  plan  intitulé:  Itinéraire 
des  Rues  et  promenades  de  Spa.  Les  six  autres  compartiments 
sont  occupés  par  une  notice  sur  la  ville  de  Spa. 

•1877. 

N°  255.  Carte  intitulée  :  Province  de  Liège. 

J.    Bartholomeiv,    Edimbourg.    Mous.    Hector    Manceaitx. 

Propriété. 

Echelle  de  1  à  555,555. 

Avec  une  échelle  et  une  explication  des  signes  employés. 

Cette  carte  est  limitée  au  nord  à  Bilsen,  Alaestricht;  au  sud 
à  Houffalize  ;  à  l'ouest  à  Tirlemont,  Namur,  Dinant  et  à  l'est  à 
Eschweiler  et  Montjoie  en  Prusse. 

Larg.  0"'19,  haut.  0™lo. 

Fait  partie  de  l'atlas  intitulé  :  Atlas  spécial  de  la  Belgique 
dressé  par  M.  John  Bartholomew  dhiprès  la  carte  de  l'état- 
major  belge,  avec  le  concours  de  MM.  Cornet,  Malaise,  etc., 
et  mis  en  rapport  avec  la  géographie  élémentaire  de  la 
Belgique  par  M***.  Mons.  H.  Manceaux.  Un  volume  petit  in-4. 

1878. 

N°  256.  Carte  intitulée  :    Carte   des   environs   de  Verviers. 

J.  Belen. 

Echelle  de  1  à  160,000. 

Avec  une  légende. 

Limitée  au  nord  à  Julémont,  Henri-Chapelle  ;  au  sud  à  Spri- 

mont,  Spa;  à  l'ouest,  à  Herstal,  Beaufays  et  à  l'est  à  la  frontière 

de  Prusse. 

Larg.  0™20,  haut.  0"1d. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Le  barrage  de  la  Gileppe. 
Guide  du  touriste,  par  Ernest  Gilon.  Verviers.  E.  Gilon.  1878. 
Un  volume  in  12.  Page  230. 

1878. 

N°  257.  Carte  intitulée  :  Spa  et  ses  environs. 


—  574  — 

Echelle  de  1  à  160,000. 

Avec  une  légende. 

Limitée  au  nord  à  Verviers,  au  sud  à  Trois-Ponts,  à  l'ouest  à 
(Jomblain-au-Pont  et  à  l'est  à  Jalhay  et  Francorchamps. 
l.arg.  O'"18o,  haut.  0"^15d. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  carte  précédente, 

page  198. 

1878. 

N"  258.  Carte  intitulée  :  Carte  de  Vabbaie  de  Val-Dieu  et  de 
ses  environs. 

Echelle  de  i  à  20,000. 

Avec  une  légende. 

Limitée  au  nord  aux  hameaux  de  St-Jean-Sart  et  Kreft;  au 
sud  à  ceux  de  Cerfonlaine,  Houleux;  à  l'ouest  à  ceux  de  Her- 
wière,  Asser  et  Hiervache  et  à  l'est  à  celui  de  Gathie  faisant 
partie  des  communes  d'Aubel  et  de  Charneux.  Le  chemin  de 
fer  projeté  de  Liège  à  Bleyberg  y  est  indiqué. 

Larg.  O-^SO,  haut.  0"'14. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  deux  cartes  précé- 
dentes, page  214. 

1878. 

N°259.  Carte  intitulée  :  Plan  à  vol  d'oiseau  du  Barrage  delà 
Giieppe,du  Lac,  des  appareils  de  la  prise  d'eau  et  du  Barrage 
de  la  Borchène,  avec  i)idication  de  Vancien  lit  de  la  Gileppe. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 

Comprend  la  partie  de  la  forêt  de  Hertogenwald  où  se  trouve 
le  cours  de  la  Gileppe  jusqu  à  l'embouc'uire   de   cette   rivière 
dans  la  Vesdre.  Le  lac  de  la  Gileppe  y  est  représenté. 
Larg.  0""20d,  haut.  0"'i55. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  trois  cartes  précé- 
dentes, p.  102. 


—  575  — 

1878. 

N°  260.  Carte  intitulée:  Chemin  de  jer  demandé  de  Visé  à 
Michuroux. 

Liège,  H.  Vaillant-Carmanne . 

C'est  un  croquis  qui  ne  représente  que  le  parcours  des  che- 
mins de  fer  partant  de  Liège  et  allant  jusqu'à  Maestricht  d'une 
part  et  jusqu'à  Verviers  de  l'autre.  Le  tracé  proposé  partant  de 
Visé  et  aboutissant  à  Micheroux,  sur  le  chemin  de  fer  des 
plateaux  de  Hervé,  est  indiqué  en  rouge  et  porte  quelques  côtes 
de  niveau . 

Larg.  0"^32,  haut.  0"'38. 
Jointe  à  la  brochure  intitulée:    Comité  des  charhonniera  et 
industriels  du  pays  de  Hervé.  Cheynin  de  fer  Visé-Micheroux . 
Documents.   Liège,  Vaillant-Carmanne  ,  1878.   Une   brochure 
in-8^ 


I 


DEUXIÈME    PARTIE 


oï*:c 


PLANS    GRAVES. 


1572. 

N"  i  bis.  Vue  intitulée;  Liegi. 

Fr'"'  Valegio. 

Avec  les  armoiries  de  Févêque  (G.  de  Groesbeck)  et  celles 
de  la  ville. 

C'est  une  vue  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 
Larg.  0'"I2,  haut.  O-^OS. 

Se  trouve  dans  un  atlas  en  italien  de  126  planches,  dont  elle 
est  la  45^ 

D'autres  planches  portent  l'indication  :  Martinus  Rota  Sibe- 
lùcensis  forniis,  ou  fecït.  i572. 

1577. 

N"  2  ter.  Vue  intitulée:  Liège,  i5. 

Anno  Dnj  MDLXXVII  im  January. 

En  dessous  sont  inscrits  douze  vers  en  allemand,  donnant 
l'explication  de  Faction  qui  se  passe  au  premier  plan.  On  y  voit 
en  effet  un  corps  de  troupes  écossaises  au  service  des  états  de 
Brabant  depuis  1576  {Die  Schotten)  qui  repousse  une  partie 
de  coureurs  espagnols  {Hispanigsche  Singoren)  près  de  Ju- 
pille. 

On  découvre  à  droite  le  village  de  Jupille  et  dans  le  fond  la 
ville  de  Liège,  où  l'on  distingue  particulièrement  le  Pont-des- 
Arches  auquel  on  n'a  pas  donné  moins  de  quinze  arches. 
Larg.  0™27,  haut.  0"'18. 

Se  trouve  dans  Fouvrage  intitulé:  Ilistoria  vM.nd  ah  coniro- 


—  578  — 

feyfung  fùrnemlich  der  Niderlendischer  geschichten  und 
krlegshendelen  mit  hôchstem  fleisz  beshriehen  diirch  Merten 
vo?î  Mancuel,  1593.  Un  volume  in-4. 

4577. 

N°  2  quater.  Vue  intitulée  :  Liège,  72. 

Avec  quatre  vers  en  latin  en  dessous.  C'est  une  réduction  de 
la  vue  précédente. 

Larg.  O'MoS,  haut.  0"'l-25. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Les  guerres  de  Nassau 
destiiptes  par  Guillaume  Baudart  de  Deinse  en  Flandre. 
Amsterdam.  Michel  Colin,  1616.  Un  volume  in-8  oblong.  Page 
225. 

Et  dans  l'édition  hollandaise  :  Nassauwe  oorloghen,  etc. 

1580. 

N°  2  quinque.  Vue  intitulée  :  Waare  beschreibung  und  ah 
confrafehlung  der  bischostichen  statt  Luttich  {hors  du  cadre). 
Avec  les  armoiries  de  l'évoque  Gérard  de  Groesbeck,à  gauche; 
celles  de  l'empire,  au  milieu  et  celles  de  la  ville  de  Liège,  avec 
le  mot  Liège,  à  droite. 

Vue  à  vol  d'oiseau  de  la  ville  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 

Gravure  sur  bois. 

Larg.  0'"155,  haut.  0"'l'2o. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Niderlands  beschreibung 
in  welcher  aller  darinn  begriffnen  Landeschaff'ten,  Fûrstens- 
chiimben,  etc.,  par  L.  Guichardin.  Bàle,  Sébastien  Henricpe- 
tri,  1580.  Un  volume  in-folio.  Page  319. 

1615. 

iN"  5  bis.  \'ue  de  la  ville  de  Liège  assez  insignifiante  et  don- 
uant  peu  de  détails. 

Larg.  0"'20,  haut.  0'"12. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Le  Petit.  Nederlandsche 
rrpubhjcki'.  Amsterdam,  1615.  Un  volume  in-4,  oblong. 


1 


—   579  - 

1615. 

N"  5  ter.  Vue  intitulée  :  Pourtrait  de  la  Ville  de  Liège. 
P.  D.  Huvges  P  (pinxit).   Mat'cette  aq.  fort.  1872.  fol.  46. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  la  Chartreuse  :  au  premier 
plan  ce  sont  les  vignes,  et  à  gauche  sur  une  hauteur  une  église, 
probablement  celle  du  couvent  de  la  Chartreuse. 

Tout  le  quartier  d'Outre-Meuse  est  entouré  d'une  fortification 
bastionnée  avec  une  tour  au  milieu  des  courtines.  On  voit  une 
quantité  d'églises  dans  ce  quartier  ;  mais  elles  sont  très- 
inexactement  représentées. 

Le  pont  des  Arches  est  vu  dans  sa  longueur  :  (*)  il  ny  a  rien 
dessus  :  la  chapelle  Ste-Barbe  devrait  s'y  trouver  :  il  n'en  est 
pas  même  question  dans  le  texte. 

La  porte  Maie  Governe  s'élève  au  commencement  du  pont 
sur  la  rive  droite. 

Sur  l'autre  rive  du  fleuve  (J/osa  (lumen)  on  voit  encore  une 
masse  d'églises  impossible  à  reconnaître,  excepté  la  cathédrale 
de  St-Lambert. 

Sur  le  quai  de  la  Batte  on  distingue  particulièrement  la 
maison  du  Poids  de  la  ville.  Le  mur  d'enceinte  de  cette  partie 
de  la  ville  est  garni  de  tours  surmontées  de  toits  pointus. 

La  citadelle  n'existe  plus. 

Lariï.  ()'"22,  haut.  0'"2G. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :    Voyage  de  Philippe  de 

Hurges  à  Liège  et  à  Maestrict  en  i615  publié  par  H.  Miche- 

lant.    Liège,    Grandmont-Donders.    1872.    Un    volume   in-8. 

Page  220. 

1618. 

N"  5  quater.  Vue  intitulée  ;  Liège.  Leuck. 
Aegidius  Marischal  pictor  Leodii  deliniaoit.  A".  i618.  Johan 
veenen  fec  :  Gerrardus  Alzenhach  exc{f)  : 

(M  Le  pont  dont  il  est  ici  question  avait  été  construit  de  14:22  à  1446.  il  a  été 
détruit  en  1643. 
[■)  D'après  M.  Bodel  ce  plan  a  paru  à  Strasbourg  où  Aizenbach  avait  une  boutir4iic. 


580 


A  la  partie  supérieure,  c'i  gauche,  sont  les  armoiries  de  Ferd. 
de  Bavière  avec  la  devise  :  Avita  fide,  et  à  droite  les  armoiries 
de  la  ville  de  Liéye. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  au  dessus  de  Saint-Maur,  ce 
qui  est  indiqué  par  l'inscription  suivante  qui  se  trouve  à  la 
partie  inférieure  :  S,  Maure  là  ou  on  a  eu  prospect  de  la  cité. 

On  y  voit  un  grand  nombre  de  monuments  de  la  ville  des- 
sinés dans  tous  leurs  détails  :  les  noms  de  quelques-uns  se 
trouvent  au-dessus  ;  ce  sont  :  Templum  S.  Laurentij.  Teni- 
plum  S.  Martini.  S.  Walburgis.  Porta  S.  Walburgis.  Teni- 
pliim  S  Lamherti.  Bouillon  (*)  Argenté.  (Argenteau).  Herstal. 

Il  y  a  en  outre  des  numéros  de  1  à  96  qui  renvoient  à  une 
légende  qui  ne  se  trouve  pas  sur  le  plan  (^). 

Le  pont  des  Arches  est  celui  qui  a  été  renversé  par  les  eaux 
en  1643  ;  il  est  couvert  de  constructions  des  deux  côtés,  avec 
la  chapelle  Sainte-Barbe  et  la  salle  de  la  compagnie  des  arbalé- 
triers au  milieu. 

Le  pont  d'Avroy  y  est  représenté  avec  la  façade  de  la 
porte. 

Les  bâtiments  de  Tabbaye  St-Laurent  sont  encore  ceux  cons- 
truits par  Reginard  en  l'an  1030.  On  voit  cependant  à  l'extré- 
mité gauche  le  pignon  des  écuries  qui  furent  construites  en 
1618,  l'an  même  de  la  confection  du  plan.  Les  autres  bâtiments 
ne  furent  reconstruits  qu'en  1727  et  1758. 

La  façade  de  l'église  Saint-Jacques  présente  deux  tours 
carrées. 


(')  Au  dessus  dos  ()00  degrtSs.  Sur  le  i>lan  de  !t>4'J  c'esl  Payenporlc  ou  Bolton- 
porte. 

;*)  11  est  probable  (jue  celle  vue  aura  clé  gravée  pour  être  annexée  à  l'ouvrage 
attribué  à  Vandenberg,  intitulé  :  Abràjù  de  t'Esial  tant  sacré  que  civii  de  la  très 
fumeuse  cité  de  Liège  en  IGl^.  En  efTet  l'ordre  dans  lequel  les  nionumenlf,  etc., 
sont  décrits  dans  cet  ouvrage,  esl  le  même  que  celui  des  n^s  gravés  sur  la  vue. 

Le  manuscrit  du  travail  de  Vandenberg  a  ^-lA  publié  par  Lavalieye  sous  le  titre  : 
Le  vieux  Liège,  ncî  monumeuis  religieux  et  civils,  etc.  :  d'abord  en  feuilleton  dans 
ht  Gazette  de  Liège,  et  ensuite  on  une  brocluiro  imprimée  chez  Dcmarteau  en  I8?)7. 


—  581  — 

La  flèche  de  l'église  St-Paul   n'est   pas  édifiée.  L'église  St- 
Pierre  existe  encore.  L'église  St-Lambert  aussi. 

Le  collège  des  Jésuites  anglais  était  achevé  depuis  deux  ans 
seulement. 
En  quatre  feuilles. 

Lai  g.  -2'"05,  haut.  0'"40. 
Cette  vue  faisait  partie  de  la  collection  de  M.   Bodel  Nyen- 
huis,  à  Leide  :  après  sa  mort  elle  passa  à  la  bibliothèque  de 
cette  ville.   Je  l'ai  décrite  d'après  une  copie  très-exacte  que 
M.  le  chanoine  Henrotte  en  a  fait  prendre. 

1625. 
N"  5  qulnque.  Vue  intitulée  :  Veiie  de  dessun  le  petit  pont 
de  la  ville  de  Liège. 

Le  Meunier  ad  vivum  deiin.  et  sculp. 

Cette  vue  est  prise  du  petit  pont,  endroit  qui  porte  actuelle- 
ment le  nom  de  pied  di(  pont  d'île.  Le  bras  de  la  Meuse  qui 
passe  sous  le  pont  paraît  avoir  une  largeur  exagérée  ;  il  est 
couvert  de  bateaux.  A  droite  est  la  place  aux  chevaux,  sur 
laquelle  est  situé  le  séminaire  de  la  Chaîne  ;  au-delà,  la  Haute- 
Sauvenière  et  l'église  Ste-Croix.  Puis  les  anciennes  maisons  à 
façades  en  pignon  à  gauche  de  l'entrée  de  la  rue  Basse-Sauve- 
nière.  Le  long  de  l'eau,  on  voit  ensuite  le  derrière  des  maisons 
de  cette  dernière  rue,  ainsi  que  les  maisons  avec  jardins  en 
terrasse  de  la  rue  Mont-St-Martin.  L'église  St-Martin  est  à 
l'extrémité  gauche  de  la  planche. 

Sur  l'autre  rive  du  fleuve  on  ne  voit  que  quelques  maisons. 

Larg.  0"498,  haut.  O"' 112. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  Henri  Duval,  à  Liège  et  se 
trouve  à  l'Université  de  Leide  (collection  Bodel-Nyenhuis). 

1625. 
N''5  sex.  (')  Vue  intitulée  :  Lûttich.  D.  97.  (-) 

(*)  Remplace  le  n»  ll^iis  du  deuxi'^rae  supplément. 

(-)  D'autres   planches   ont  les  armoiries  de   la  ville   dans  le    coin  supérieur  à 
droite. 


—  582  — 

Au  premier  plan  de  la  gravure  est  une  allégorie  représentant 
une  tour  surmontée  d'une  déesse  ;  en  avant  est  un  roi  regar- 
dant des  fleurs;  à  droite,  un  enfant  joue  avec  des  bulles  de 
savon. 

Cette  allégorie  est  expliquée  par  la  phrase  suivante,  qui  se 
trouve  inscrite  au-dessus  de  la  gravure,  en  dehors  du  cadre  : 
Quod  cito  fit,  clto  périt  ;  et  par  les  vers  suivants,  en  latin  et 
en  allemand  inscrits  en-dessous  de  la  gravure  : 

Quod  cito  sit  cito  forte  péril:  cito  dives,  egenus 

Fit  cito  :  perpetuum  fert  mora  justa  bonum 

Was  schnell  geschicht,  vergeht  schnell  iviedr 

Was  bald  aufsteigt,  fàllt  wiedr  hald  niedr 

Die  redite  zeit,  verstehe  mich, 

Bringt  das  hestendig  gut  mich  sicli. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 

On  distingue  particulièrement  le  mur  des  600  degrés,  la  rue 
Pierreuse,  le  couvent  des  Jésuites  anglais,  les  églises  de  Saint- 
Martin  et  de  St-Paul, 

Larg.  Qn'US,  haut.  0"'07. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Emblemata,  seu  mora- 
lia  politica,  figuris  artificiosis  inventa,  versibus  quoqae  la- 
thiis  ac  rhythmis  teutonicis  conscripla  et  publico  juri  tradita, 
per  Danielem  Meisneruni  Commotlioriensem  (kommotau) 
BoJiemum,  P.  L.  C.  accessit  diversaruni  regionum,  inclyta- 
runi,  urbium  et  civitatum,  necnon  aniœnissimorum  locorum 
viva  delinealio.  ï'rancfort.  p]berhardt.  1625  à  1627.  Un  volume 
in-12"  oblong. 

Et  dans  une  autre  édition  en  allemand  dont  le  titre  est  : 
Daniel  Meissners,  P.  L.  C.Sciagraphia  cosmica,  oder  :  Eigent- 
liche  Abbildung  achthundert  der  mehrentheils  vornehmsten 
Stddte,  Bestungen   und  Schlosser,    so  allenihalben  in   allen 

Theilen  der  Welt  beruhmt   si7id.  Nuremberg,  Paul  Furstens. 

1678.  Un  vol.  in-12''  oblong.  4"  partie  n"  07. 


I 


—  583  — 

1649. 

N°  9  bis.  Plan  intitulé  :  Leodium  nobilisshna  inferiovis  Ger- 
maniae  Ebui'onwm  et  totius  eeleberrima  civitas. 

Andréas  Zeldler  cap.  leut,  delineavit.  Lôffler  fecit. 

Avec  une  description  en  allemand  du  siège  de  la  ville  en  1649 
par  Ferdinand  de  Bavière,  sous  les  ordres  de  comte  de  Spaar. 

A  la  partie  supérieure  sont  les  armoiries  de  Liège,  Bouillon, 
Bavière,  Franchimont  et  Looz,  et  à  la  partie  inférieure,  au-des- 
sus de  la  notice,  celles  du  comte  de  Spaar. 

Il  y  a  en  outre  une  vue  du  palais  et  une  carte  des  environs  de 
la  ville. 

La  ville  est  attaquée  de  tous  les  côtés,  excepté  vers  la  cita- 
delle. Le  faubourg  Ste-Marguerite  est  incendié,  ainsi  que  le  fau- 
bourg St-Laurent.  Les  assiégeants  sont  postés  sur  les  hauteurs 
de  St-Gilles  :  une  bombe  tombe  sur  Tabbaye  de  St-Laurent,  une 
autre  dans  la  rue  Sur-la-Fontaine;  il  y  a  aussi  combat  dans  la 
rue  Ste-Véronique.  Le  faubourg  d'Amercœur  est  en  feu.  La 
Chartreuse  est  occupée  par  les  assiégeants.  On  tire  de  la  porte 
St-Léonard. 

Le  pont  des  Arches  est  tombé  :  il  y  a  un  pont  de  bateau.x  vis- 
à-vis  de  la  rue  St-Jean. 

Des  chiflres  renvoient  à  une  légende. 

En  deux  feuilles. 

Larg.  0"8I,  haut.  0'"38. 

Ce  plan  se  trouve  aux  archives  de  l'Etat,  à  Bruxelles. 

1658. 

N°  Il  bis.  Vue  intitulée  :  Die  stadt  LûtticJi. 

C'est  une  vue  à  vol  d'oiseau  qui  paraît  prise  des  hauteurs  de 
St-Gilles.  On  voit  le  pont  d'Avroy  au  premier  plan.  Dans  le 
fond  le  pont  des  Arches,  etc.  A  gauche  St-Laurent. 

Larg.  0™095,  haut.  0"07. 


—  584   - 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Abraham  Saiirii  Stdtte- 
Buch  ode)'  Aussfûhrliche  iind  aussvielen  hewehrten  alten  und 
neuen  scrihenten  suzammen  in  ein  Corjjus  gehrachte  hesch- 
reihung  der  fûhrnehmsten  Stàtte,  Platz  und  Bestungen  meis- 
tens  in  Europa,  anch  theih  in  andern  Theilen  ger  ganszen 
Welt,  etc. 

Francfort-sur-le-Mein.  Johann.  Bayeni;,  J.  W.  Ammon  et  "W". 
Seiiin.  1658.  Un  vol.  petit  in-4,  page  117. 

1685  ? 

N^  14  bis  {').  Vue  intitulée  :  Lûttich. 

Prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 

On  y  voit  le  pont  des  Arches,  le  pont  d'Avroi  avec  un  élar- 
gissement au  milieu, le  pont  de  Torrent  et  le  pont  des  Jésuites. 
La  citadelle  est  encore  incomplète,  quoiqu'elle  ait  été  recons- 
truite en  1650. 

Larg.  O'"!!,  haut.  0"'06. 

Fait  partie  de   la  collection   de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1685. 

N"  14/er.  Vue  intitulée  :  Liïttich. 

Prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 

On  y  voit  le  pont  des  Arches,  le  pont  d'Avroi,    le  pont  de 
Torrent  et  le  pont  des  Jésuites.  La  citadelle  est  encore  incom- 
plète, quoiqu'elle  ait  été  reconstruite  en  1650. 
Larg.  0'"115,  haut.  ()"'0o7. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ausfukrliclie  loid  Grun- 
drlchtlge  Beschreibung  des  ganzen  Rheinstroms,  darlnnen 
klârlicJi  ciiihaUen,  loo,  ivie,  und  welcher  Gesliill  selbiger 
entspriiige^  etc. 

Nuremberg,  GhristolT  Riegels  et  Andréas  Kuorzen.  1685.  Un 
vol.  in-18,  page 916. 

'    Lus  iitimtVoK  14''    et  I  '•'"'■  du  '2- sii|ipli'mciit  deviennent  14'*  et  W. 


-  585  - 

1689? 

N"  14  quater.  Vue  intitulée  :  Lyége,  Ville  de  la  Seigneurie  et 
de  VEvêché  de  m&yne  nom,  qui  est  du  Cercle  de  Westphalie  en 
Allemagne.  Fait  par  Aveline,  Rue  St-Jaque$,  Avec  Privilège 
du  Roy. 

Avec  une  légende  de  36  numéros. 

Cette  vue  est  prise  sur  la  hauteur  entre  les  églises  St-Ghris- 
tophe  et  Ste- Véronique. 

Larg.  0^51,  haut.  0™195. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Digneffe,  à  Liège. 

1694. 

N''156ts.Plan  intitulé:  Liège, Ville  forte  et  Considérable,  Ca- 
pitale de  VEvêché  et  Seigneurie  de  Liège.  Enclavée  dans  les 
Pais-Bas  et  du  Cercle  de  Westphalie.  Située  sur  la  Meuse 
entre  Mastric  et  Namur,  à  50  degrez  41  min.  de  Latitude,  et 
21  degrez  de  Longetude. 

A  Paris,  Chez  le  S'  de  Fer  dans  Vlsle  du  Palais  sur  le  Quay 
de  VOrloge  à  la  Sphère  Royalle. 

Avec  Privilège  du  Roy.  1694 . 

H,  van  Loon  fecit. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  est  le  premier  plan  géométrique  qui  ait  été  fait  de  la 
ville  de  Liège,  aussi  est-il  peu  exact.  Il  se  rapproche  un  peu 
des  vues  à  vol  d'oiseau  :  les  proportions  y  sont  très-mal  gar- 
dées. Voir  au  reste  pour  la  description  de  ce  plan,  celle  du 
n"  15,  qui  doit  devenir  le  n"  26  bis,  par  suite  du  changement  de 

date. 

Larg.  0"^245,  haut.  0'M8. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Les  forces  de  VEurope, 
etc.,  par  de  Fer.  Un  volume  in-4*' oblong. 

(*)  Aveline  iFronçois),  dessinateur  et  graveur  au  burin  et  éditeur,  né  à  Paris 
vers  1660,  fut  peut-être  élève  de  Perelle.  II  mourut  vers  1712.  (C.  Le  Blanc. 
Manuel  de  l'amateur  d'estampes.  Tome  I,  p.  409.) 


5  86 


Et  dans  l'édition  dont  la  table  a  pour  titre  :  l'able  des  forces 
de  VEurope,  avec  un  Introduction  à  la  Fortification,  com- 
pose de  i94  Plans  des  Villes  les  plus  Considérables  du  Monde, 
Augmenté  de  Onze  Plans  depuis  Vannée  1720  jusqu'îi  il 23. 
Divisés  selon  VOrdre  qu'on  a  jugé  le  plus  Convenable.  Par 
N.  de  Fer,  Géographe  de  Sa  Majesté  Catholique.  A  Paris, 
chez  J.-F.  Benar  Gendre  de  VAuteur  dans  Vlsle  du  Palais 
sur  le  Quay  de  VOrloge  à  la  Sphère  Royale  1723.  Un  \olume 
in-4°  oblong.  PI.  08. 

1694. 

N°  15  ter.  Plan  intitulé  :  Plan  de  la  Ville  et  Citadelle  de 
Liège,  Capitale  de  l'Evesché  et  Principauté  de  ce  nom,  sur  la 
Rivière  de  Meuse  avec  ses  Nouvelles  Fortifications  et  son 
Profil  Nouvellement  desseigné  sur  les  lieux. 

A  Paris,  Chez  la  Veuve  du  S"  du  Val,  Géographe  Ordinaire 
de  sa  Majesté,  sur  le  Quay  de  VOrloge,  au  Grand  Louis  d'Or. 
Avec  Privilège  du  Roy. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  16 
numéros. 

La  ville  est  entourée  de  fortifications  qui  n'ont  jamais  existé. 
Le  cours  de  la  Meuse  est  très-défectueux. 

En-dessous  est  une  coupe  du  réduit  ou  château  neuf  construit 
sur  la  hauteur  de  la  Chartreuse,  avec  ouvrage  à  couronne  et 
enceinte  en  avant,  s'appuyant  par  ses  deux  extrémités  à  la 
Meuse. 

Larg.  0"'4(>,  haut.  0'n255. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Digneflfe,  à  Liège. 

1697. 

N"21.  Plan  intitulé  :  La  ville  de  Liège.  Harreityn  fecit. 

Avecles  armoiries  de  la  ville. 

C'est  une  copie  du  n"  15  et  suivants  assez  réduite. 

Larg.  0'"I4,  haut.  0"M2.^. 


I 


—  587  — 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Les  délices  des  Pais-Pas, 
ou  description  générale  de  ses  dix-sept  provinces,  etc.,  2™® 
édition  (*).  Bruxelles,  F.  Foppens,  1697.  Un  volume  in-12". 
Pag.  447. 

Ainsi  que  dans  :  Les  délices  des  Pais-Bas,  ou  description 
générale  de  ses  dix-sept  provinces,  etc.,  troisième  édition. 
Bruxelles,  François  B'oppens.  1700.  Un  volume  in-12''.  Page 
480. 

1700? 

22  bis.  Vue  intitulée:  Leodiurn. 

Avec  les  armes  de  la  ville  dans  le  coin  supérieur  à  droite. 
Prise  des  hauteurs  de  St-Maur.  C'est  une  copie  réduite  des 
n°'  8  et  9  de  1649.  La  citadelle  n'est  pas  encore  reconstruite. 

Larg.  0™135,  haut.  0™H. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 
Liège. 

1701. 

22  ter.  Vue  intitulée:  Die  Eroberung  Luttich. 

G.  P.  liugendas  del. 

P.  Decker  Archit  :  Inv  :  et  del. 

Jer  :  Wol/f  excud  :  aug  :  vind  :  Johann  August  Corvinus 
sculpsit. 

Cum  gratia  et  Privilegio  Sac.  Cœs.  Mayestat. 

Une  longue  inscription  en  allemand  donne  la  composition  de 
l'armée  des  alliés,  etc. 

Au  premier  plan  on  voit  l'armée  du  duc  de  Marlborough. 

Dans  le  fond  est  une  vue  de  la  ville  prise  des  hauteurs  de 
Saint-Gilles  et  où  on  voit  le  Pont  d'Avroy,  le  Pont-des-Arches  et 
le  Pont  d'Amercœur. 

(•)  La  première  édition  n'a  pas  de  plans. 


—  588  — 

Larg.  O^ââ,  haut.  0™16^. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Reprœsentatio  Belli,  ob 
successionem  in  Regno  Hispanico  auspiciis  THum  Potentisti. 
Invictiss.  et  Gloriodss.  Ccesarum  LeopolcU  I ,  Josephi  I  et 
Caroli  VI  intra  14  Annos  victoriosis  armis  et  ijrogressihus 
usq.  ad  pacem  Badensein,  etc  :  Cura  atqiie  su^ntihiis  Jeremiœ 
Wolffii  h.  m.  Hœredtim,  Augustœ  Vindelicorum. 

Avec  le  même  titre  en  allemand.  Un  volume  grand  in-folio 
imprimé  vers  1720,  comprenant  56  planches. 

1701. 

N°  22  quater.  A  la  partie  supérieure  du  n"  précédent,  dans  le 
cadre  même,  composé  de  toutes  sortes  de  trophées,  est  un  plan 
de  la  ville  copié  de  celui  des  Délices  des  Pays-Bas. 

Larg.  O-^IO,  haut.  O^SS. 

1701. 

N"  22  quinque.  Vue  intitulée  :  In  terran  Leodiens.  Galli 
imniissi.  Ganiz  Lûttich  man  ivegfischet,  10  d.  22  Dec. 

Se  trouve  sur  une  même  planche  avec  neuf  autres  vignettes 
et  ayant  au  milieu  la  liste  des  grands  hommes  nés  ou  morts  en 
l'année  1701  :  le  titre  en  est: 

Memorahilia  A"  MDCCI.Gedenck  :  nnïrdigkeiten  des  1701  '«" 
Jahres. 

On  voit  au  premier  plan  des  cavaliers  de  l'armée  du  duc  de 
Mariborough.  Au-delà  la  ville  inexactement  représentée.  Dans 
le  fond  des  montagnes. 

Larg.  0™053,  haut.  O^OÔS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Faits  mémorables  de 
guerre  et  de  paix  pendant  le  XVIll'^  siècle  après  la  naissance 
de  notre  S.  J.Ch.  par  des  annales  en  taille  douce  traduittes  du 
latin  en  français  par  C.  Faudras.  Nuremberg.  Ghristophle 
Weiguel,  1722.  Un  volume  in-4. 


1 


—  :)8<»  — 

1700. 
N"  -2ù  1er.  Plan  i/il,itiilé:  Luttich. 

Ce  plan  porte  des  lettres  de  A  à  S  sur  les  édifices  ;  mais  la 
légende  ne  s'y  trouve  pas. 

C'est  une  copie  du  n"  25  bis  de  1709. 

Lai'g.  0'"i85,  haut.  0'»l-45. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 
Liège. 

1741. 

N"25  quater.  Plan    intitulé:    La  ville  de  Liège. 

Harrewyn  fecit. 

C'est  la  même  planche  que  le  n"  21  de  1697  à  laquelle  on  a 
ajouté,  hors  de  la  ville,  des  maisons,  des  champs  et  des  ani- 
maux. 

Larg.  0"14,  haut.  O^^lâS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Les  délices  des  Pais-Bas, 
contenant  une  Description  générale  des  XVII  provinces,  etc. 
Quatrième  édition,  Brusselle,  François  Foppens,  1711.  Trois 
volumes  in-12.  Tome  III.  Page  249. 

1720. 

N°  25  quinque.  Plan  intitulé:  Liège. 
Harrewyn  fecit. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  A  à  P. 
C'est  une  copie  des  n""  15  et  suivants. 

Larg.  0"'18,  haut.  0"'U. 

Se  trouve  dans  les  trois  éditions  suivantes  : 

1"  Histoire  générale  des  Pais-Eas,  contenant  la  description 
des  XVI f  proymces,etc.  Cinquième  édition.  Brusselle, François 
Foppens,  1720.  Quatre  volumes  in-12.  Tome  III.  Page  241. 

2°  Histoire  générale  des  Pais-Bas,  contenant  la  Description 
des,  XVII  provinces.  Etc:  Sixième  édition.  Brusselle,  Veuve 
Foppens,  1743.  Quatre  volumes  in-12.  Tome  III.  Page  239. 


—  590  — 

3°  Les  délices  des  Pays-Bas,  ou  description  géographique  et 

historique  des  XVII provi^ices  helgiques.  Sifième  édition  ('). 

etc:  Liège.  J.  F.  Bassompierre/1769.  Cinq  volumes  in-12. Tome 

IV.  Page  110. 

1725? 

N"  26  bis  (*).  \ne  intitulée  :  Liïttich,  au/f'  Nidcrl  :  Luyck,  zu 
l.atein   Leodiuvi  v  :   au/f  Franz:  Liège,  geheisseu.  55. 

(}.  Bodenehr  fec.  et  exe.  A.  Y. 

Avec  les  armes  de  Tévêque  G.  de  Groesbeck  dans  le  coin  su- 
périeur à  gauche  et  celles  de  la  ville  de  Liège  dans  le  coin  su- 
périeur à  droite,  et  une  légende  de  288  numéros.  Les  n"*  289  à 
295se  trouvent  sur  la  planche,  mais  ne  sont  pas  reproduits  dans 
la  légende. 

C'est  une  copie  réduite  des  n°'  8  et  9  de  1649  :  la  légende  est 
aussi  la  même.  La  citadelle  a  été  reconstruite  depuis,  en  1650, 
et  s'y  trouve  représentée  avec  ses  bastions  et  ses  demi-lunes. 

En  deux  feuilles. 

Larg.  O'dSS,  haut.  Oi'ieS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Force  d'Europe  oder  die 
Merckwûrdigst  und  Fûhrnehniste,  nieisientheils  auch  ihrer 
fortification  wegen  herûhmteste  statte,  etc.  Augsbourg,  G. 
Bodenehr.  Un  volume  in-4  oblong.  N°  55. 

1738  ? 

N°  30  bis.  Vue  intitulée:  La  résidence  du  prince  et  évêque  à 
Liège. 

Die  Fiirst  und  Bischôffliche  Residenz  in  Lûttich,  etc. 

La  résidence  du  prince  et  évêque  à  Liège  comme  elle  fui 
renouveillée   en  il31 ,   du  Prince   et  Evêque  George   Louis. 

Collection  des  Prospects. 

Gravé  par  Bergmûller. 

Se  vend   à  Augsbourg  au  Négoce  commun  de  V Académie 

(')  C'est  réellement  la  septième  édition. 

('I  Le  numéro  ^C'i^  du  !2i"e  supplément  devient  2G''"''. 


—    591  — 

Impériale  d'Empire  des  Arts  libéreaux  acec  Privilège  de  Sa 
Majesté  Impériale  et  avec  défense  iri  d'en  faire,  ni  de  vendre 
les  Copies. 

Cette  vue  est  prise  en  avant  de  l'angle  formé  par  les  deux 
façades  du  palais  ;  la  façade  de  gauche  qui  est  représentée  ici 
n'a  jamais  été  exécutée.  Dans  le  prolongement,  on  voit  les 
bâtiments  des  Anglais.  Au-dessus  du  palais,  on  aperçoit  la 
citadelle. 

Enfin  au  premier  plan  à  droite  se  trouve  l'entrée  de  la  cathé- 
drale de  St-Lambert  avec  les  deux  tours. 

Larg.  0'"59,  haut.  O'"2oo. 

Fait  partie  d'une  collection  de  vues  pour  optique. 

1738? 

N°  30  ter.  Vue  intitulée  :  Uahbaye  S''  Jaques  à  Liège. 

Die  Kostbalire  Abhtey  St  Jacob,  etc. 

L' abbaye  très  prétieuse  du  St  Jaques  de  VOrdre  du  St  Benoit 
à  Liège. 

Collection  des  Prospects. 

Gravé  par  Bergmiiller. 

Se  vend,  etc.  : 

Cette  vue  est  prise  du  coin  de  la  rue  du  Verdbois,  Dans  le 
prolongement  de  la  façade  de  l'église,  il  y  a  une  rangée  de 
maisons  qui  forment  une  rue  jusqu'à  la  Meuse  et  qui  est  ter- 
minée par  une  tour  carrée.  Sur  l'autre  rive  de  la  Meuse,  on  voit 
le  quai  d'Avroy  et  des  clochers  d'églises. 

A  gauche  on  distingue  le  clocher  de  l'église  des  Pré- 
montrés. 

Larg.  0"'59,  haut.  0™25o. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  la  précédente. 

1738  ? 

N»  30  quater.  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  grande  église 
Lambert  à  lÂége. 


—  50t>  — 

Proàpect  der  y  russe  n  St  Lambert  i  Ku'cJiett  in   Làttlch. 

Vue  de  la  grande  Eglise  de  S'  Lambert  '(  Liège. 

Collection  des  Prospects. 

Gravé  par  Bergmïdler. 

Se  vend  à  Augsbourg,  etc. 

Cette  vue  est  prise  de  la  sortie  de  la  rue  des  11,000  vierges  : 
on  voit  à  droite  la  dernière  maison  de  cette  rue  et  à  gauche 
l'église  St-Lambert  :  c'est  ce  qu'on  appelait  alors  le  Vieux 
Marché.  Au-delà  on  a  les  maisons  de  Fabry-Beckers,  etc.  sur  la 
place  St-Lambert.  Au-dessus  s'aperçoivent  les  clochers  de 
Saint-Pierre,  le  couvent  des  Jésuites  anglais  et  les  remparts 
d'Hocheporte. 

Larg.  0^395,  haut.  OmâOo. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1738? 

N°  30  quinque.  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  Maison  de  ville 
de  Liège,  du  marché  et  des  fontaines. 

Prospect  des  Rath-Hausses,  etc. 

Vue  de  la  Maison  de  ville,  de  Liège,  du  Marché  et  des 
fontaines. 

Collection  des  Prospects. 

Joseph  Xhrouuet  delin.  Gravé  par  Nabholz. 

Se  vend  à  Augsbourg,  etc. 

Cette  vue  est  prise  du  coin  de  la  rue  Royale.  Au  premier 
plan  on  voit  les  excavations  où  passe  la  Légia,  au-delà  la  pre- 
mière des  fontaines,  qui  a  été  déplacée  depuis,  et  les  deux 
autres  fontaines  ;  à  droite  la  rue  de  la  Violette  dans  sa  lon- 
gueur et  dans  le  fond  l'entrée  de  la  rue  Féronstrée. 

Larg.  O^SOS,  haut.  0'"29d. 

Fait  pai'tie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 


—  593   — 

1738. 

N"  30  sex.  Vue  intitulée:  Vue  de  la  Maison  de  ollle,  de  Liège, 
du  Marché,  et  des  Fontaines. 

Joseph   Xhrouuet  fecit. 

Prise  des  escaliers  qui  se  trouvaient  dans  l'alignement  de  la 
face  du  Marché  du  côté  de  la  place  St-Lambert.  On  voit  sur  le 
marché  les  trois  fontaines  et  les  ouvertures  au-dessus  du  cours 
de  la  Légia.  Toute  la  face  du  Marché  dans  l'alignement  de 
l'Hôtel  de  ville  est  en  entier  jusqu'à  la  rue  Féronstrée. 

Réduction  du  précédent. 

Larg.  0"'21,  haut.  OmiâS. 
1746. 

N°  33  bis.  Vue  intitulée  :  Lûttich. 

Au  premier  plan  sont  deux  emblèmes  :  l'un  à  gauche  repré- 
sentant Gérés  et  l'autre  à  droite  figurant  les  trois  grâces. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles  :  on  voit  le  pont 
d'Avroy  en  avant,  et  à  droite  le  pont  des  Arches  et  le  pont 
d'Amercœur  :  la  longueur  de  ces  ponts  est  outrée. 

La  citadelle  est  au-dessus. 

Larg.  0"M6,  liaut.0'"l5. 

Se  trouve  dans  Touvrage  intitulé  :  Schau  Plusz  von  drey 
undneunszig  heruhniten  Stadten,  so  wold  in  Holland,  Flan- 
dern  und  Brahnnt,  als  auch  in  Ober  iind  Nieder-Sachsen,  und 
dem  Reich,  imgleichen  ein  hundert  und  dreizig  pguren  oais 
der  Heydnischen  Gotfer  Historié,  etc. 

Leipzig.  Wolfïgang,  1746.  Ln  vol.  in-8"  oblong.  Page  53. 

1750? 

N°346t>>.  Vue  intitulée  :  Ancienne  cathédrale  de  iSt-Lainberi 
fi  Liège. 

Liih.  de  Palante  frères,  à  Liège. 

Avec  les  armes  de  l'évêché  et  principauté  de  Liège  entourées 
de  celles  du  Duché  de  Bouillon,  des  comtés  de  Loo/;,  de  Moha 
ut  de  Horne  et  du  marquisat  de  Franchimont. 


—  594  — 

1.  !Sé)ninai)'e  épiscopal.  "l.  Palais  du  Prince-Évêque. 

Gete  vue  représente  tout  le  pâté  de  maisons  compris  entre  la 
place  Verte,  la  place  du  Théâtre,  la  rue  de  l'Official,  la  rue 
Derrière-le-Palais,  le  Marché,  la  rue  Sous  la  Tour,  etc. 

La  façade  du  palais  est  celle  qui  a  été  reconstruite  en  1740. 
Le  séminaire  a  été  transféré  aux  Jésuites  en  1787. 
Larg.  OmSl,  haut.  O^ISS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Essai  historique  sur  l'an- 
cienne cathédrale  de  St-Lamhert  à  Liège  et  swr  son  chapitre 
de  chanoines  tréfonciers,  par X. Van  den  Steen  de  .lehay.  Liège, 
Dessain.  1846.  Un  vol.  in-8. 

1753. 

N"  35  ter.  Plan  intitulé  :  Luik. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Il  n'y  a  rien  d'exact  dans  ce  plan. 

D'un  côté  de  la  Meuse  on  voit  sur  une  hauteur  la  Citadella, 
de  l'autre  la  Chartreuse.  Les  deux  rives  sont  occupées  par  des 
habitations. 

Sur  la  même  planche  sont  les  plans  de  Gelder,  Stevenswaart 

et  Roermond. 

Larg.  0"'H5,  haut.  O'^Ol. 

Se  trouve  dans  Pouvrage  intitulé  :  Kleyne  en  beknopte  atlas, 
of  tooncel  des  oorlogs  in  Europa,  etc. 

Amsterdam,  David  Weege.  1753.  Un  volume  in-8  oblong. 
PI.  172. 

1785. 

N"  38  bis.  Plan  intitiih'  :  hiége. 
Avec  une  rose  des  vejits  et  une  légende  de  A  à  P. 
C  est  une  copie  du  n**  25  quintiue  de  1720. 
Larg.  0'"18,  haut.  0"'16. 

Se  trouve  dans  les  deux  éditions  suivantes  : 
1"  llel  schoinvburg  dcr  Nederlanden  of  te  gcographische  en 
bislorischi;  bi'st:hr>joiiirir.  dcr  A  VII  nederUuid^che  provintien. 


—  595  — 

Huitième  édition.  Anvers,  C.  M.Spanoghe,  1785.  Cinq  volumes 
in-12".Tome  IV.  Pag.  109. 

2''  Les  délices  des  Pays-Bas,  ou  description  géographique  et 
Jùstorique  des  XVII provinces  helgiques.  Septième  édition  (') 
etc.  :  Paris.  Anver.s.  Spanoghe,  1786.  Cinf[  volumes  in- 12". 
Tome  IV.  Pag.  96. 

1822. 

N°  42  bis.  Plan  intitulé  :  Plan  d'une  partie  de  la  ville  de 
Liège  indiquant  les  Projets  des  Rues  à  ouvrir. 

Fait  et  dressé  par  nous  Architecte  de  la  ville  et  de  l'Univer- 
sité de  Liège.  An  5:2.  (signé)  Chevron. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende. 

Ce  plan  s'étend  entre  la  Meuse,  les  quais  d'Avroi  et  de  la 
Sauvenière,  les  rues  Agimont,  St-Servais,  Derrière  le  palais, 
Hors-Château,  Velbruck  et  St- Jean-Baptiste. 

Les  nouvelles  rues  à  ouvrir  sont:  une  rue  à  travers  la  troisième 
cour  du  palais,  une  seconde  dans  le  prolongement  du  pont  des 
Arches  aboutissant  à  FHôtel  de  ville,  une  troisième,  qui  est  la 
rue  de  la  Régence,  une  quatrième  la  rue  de  l'Université,  et  une 
cinquième  de  la  Meuse  à  la  place  St-Paul,  parallèle  à  celle  que 
l'on  a  percée  plus  tard  dans  le  prolongement  de  la  rue  du  Dra- 
gon-d'Or,  et  qui  est  la  rue  de  la  Cathédrale. 
Larg.  0'"545,  haut.  0'"48. 

Se  trouve  à  la  Bibliothèque  de  l'Université  de  Liège,  et  dans 
la  collection  de  M.  Léonce  Digneffe. 

1825. 

N''4;2  quater.  Vue  intitulée  :  Salle  de  spectacle  de  la  ville  de 
Liège.  70. 

Madou.  Le  Gr'  Howen  del.  Lith.  de  Jobard. 

Cette  vue  est  prise  de  la  Place  Verte. 

On  voit  au  premier  plan  les  maisons  formant  le  coin  avec  la 

(')  C'est  réellement  la  !•'"-  édilioii. 


-    59t)  — 

place  du  théâtre  :  la  Jiiaison  Terwangiie  ù  gauche  et  la  maison 
Lamarchc  à  droite. 

Larg.  0"±{,  haut.  0"' 155. 

Se  trouve  daii.s   le   inèiiie  ouvrage   que  la   vue  précédente, 

u"  70. 

18'25  à  1830. 

.\"'436is.  Vue  intitulée  :   Vue  du  grand  marché  de  Liège. 

F.  Faiiton.  Lith.  Creniettl,  Editeur. 

Prise  le  long  des  maisons  de  la  face  vers  la  place  S^-Lambert. 
A  gauche  au-dessus  des  maisons  on  voit  le  dôme  de  S'-André  : 
à  droite  riiôtel  de  Ville  et  les  trois  fontaines,  La  place  est 
couverte  de  monde. 

Larj*.  0'"5G,  liaui.  0"'2G. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Dignelïe,  à  Liège  et  de 
celle  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

1825  à  1830. 

N"  43  ler.  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  place  du,  Spectacle  à 
Liège. 

F.  Fa}ito}i.  Lith.  de  C.remetti,  Editeur. 

Prise  le  long  des  maisons  à  gauche  de  la  place  Verte.  A 
gauche  la  rue  de  l'Harmonie  dont  les  deux  maisons  du  coin 
sont  seules  construites,  à  droite  la  rue  Hamal  et  au-dessus  des 
maisons  les  clochers  de  S'-Jean  (le  café  Vénitien  n'est  pas  en- 
core installé  au  coin  du  boulevard  de  la  Sauvenière).  L'église 
S'-Martin  sur  la  hauteur. 

Larj;.  U"'555,  haut.  O-'^iO. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Dignell'e,  à  Liège. 

18-25  à  1830. 

N"  4'.>  quater.  Vue  intitulée  :  Vue  du  Mont  S'-Martin  à  Liège. 
I\  h' (ml  on.  LU  II.  de  Cremetti,  Editeur. 
Prise  ihi  l'diil  (CAvroy.   Il   y  a  deux  rangées  d'arbres  sur  la 
l»roineiia(lr   dr  la  Sauvenièi'e.  A  droite  il  n'v  a  encore  aucune 


—  597  — 

maison  construite.  Sur  la  hauteur  on  voit  l'église   S'-Martin 
et  à  droite  S'-Jean. 

Larg   0'"555,  haut.  0'"2(j. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  Digneffe,  à  Liège. 
1825  à  1830. 

"S"  43  quinqiie .  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  cathédrale  de  S* - 
Paul,  à  Liège. 

F.  FantoK.  Litli.  de  Crenietti,  Editeur. 

Prise  de  la  rue  Vinàve-d'lle.  A  gauche  la  maison  De  Laminne, 
etc.,  puis  la  rue  S'-Paul.  A  droite  la  maison  du  coin  de  la  rue 
du  Pont  d'Avroy,  occupée  alors  par  la  librairiL  Polain.  La  fon- 
taine de  la  Vierge  est  entourée  d'un  grillage.  La  place  est 
plantée  d'arbres. 

Larg.  O^Se,  haut.  O^âôS. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Digneffe,  à  Liège. 

1829. 

N"  46  6i«.Vue  intitulée  :  Hôtel  de  Ville  et  le  Perron  de  Liège. 
111. 

Cette  vue  représente  la  place  du  Marché,où  s'élève  la  fontaine 
avec  le  perron  et  l'autre  fontaine  à  droite,  aujourd'hui  rem- 
placée par  celle  en  fonte  placée  un  peu  plus  loin.  Dans  le  fond 
on  voit  IHôtel  de  Ville  avec  la  rue  du  Perron  à  gauche.  A 
droite  sont  les  rues  sous  la  Petite  Tour  et  sous  la  Grande  Tour 
et  au-delà  une  porte  de  l'ancienne  cathédrale  de  S*-Lambert. 

Larg.  0,21,  haut.  0,145. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Châteaux  et  monicmens 
des  Pays-Bas.  Faisant  suite  au  Voyage  pittoresque,  dédié  à 
S.  A.  R.  la  prïn*'^  d'Orange, rédigé  par  M.  De  Cloet.TomelL 
Bruxelles.  A  la  lithographie  Royale  de  Johard  frères  éditeurs, 
plaine  S^^-Ciudule,  N"  1^19.  Un  volume  in-4",  oblong,  n"  111. 
(87). 


-   598 

1829. 

N" 46  fer.  Vue  intitulée  :  Université  de   Liège,  i'24. 

J.S.  Lith.  de  Jobard. 

Cette  vue  est  prise  de  la  place  de  l'Université.  Au  centre  est 
la  salle  académique  précédée  d'un  grillage.  A  droite  sont  les 
bâtiments  tels  qu'ils  existent  encore  actuellement.  A  gauche  le 
bâtiment  actuel  n'était  pas  construit,  de  sorte  qu'on  aperçoit 
dans  le  lointain  le  Pont  des  Arches. 

Larg.  0'"21,  haut.  0"'14.5. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  vue  précédente, 
n"  124  (88.) 

1830. 

N°47&i^\  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  ville  de  Liège  prise  de 
la  porte  de  Tongres.  iV  20. 

de  Peellaert  del.  Sturtn  lith. 

Cette  vue  est  prise  de  la  montagne  de  Hocheporte  vers  la 
houillère  de  la  Plomterie.  On  voit  la  route  avec  les  remparts  à 
gauche  et  le  fond  Pirette  à  droite.  En  avant  s'élève  l'église  de 
S'-Martin. 

Larg.  0™205,  haut.  0'»15. 

Se  trouve  dans  l'album  intitulé  :  All'um  pittoresque  des 
Pays-Bas,  pour  faire  suite  au  voyage  pittoresque  dédié  à 
S.  A.  R.  la  prin""  d'Orange,  rédigé  par  M.  De  Cloet.  Tome 
L  Bruxelles.  A  la  litliographie  Royale  de  Jobard,  etc.  Un 
volume  in-4".  oblong,  N"  20  (  '). 

1830. 

N"47  ter. Vue  intitulée:  Liège.  Le  2S  !'"''■' à  9  heures  du  matin 
le  Ch'^  Deletnme  arbore  le  Drapeau  sur  la  Fontaine. 
C'est  une  vue  du  marché  avec  la  fontaine  du  Perron,  et  celle 


(')  Ce  troisième  ouvrage  de  De  Cloet  est  composé  de  38  planches,  sans  texte. 
Il  est  devenu  trcs-rarr.  .le  dois  la  chance  d'en  avoir  eu  connaissance  à  M.  L. 
Dii^neffe  qui  le  possède. 


-  599  — 

vers  la  place  S^-LamberL  On  y  voit  l'Hôtel  de  Ville  avec  la  rue 
à  gauche,  et  à  droite  une  ancienne  porte  de  S*-Lambert. 

Larg.  0"'21,l]aul.  0"M4. 
B'ait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Dignefîe,  à  Liège. 

1830  ? 
^°  41  quater.  Plan  intitulé:  Plan  de  Liège. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  liste  de  Renvois  de  198  numéros. 
Le  canal  de  la  Sauvenière  n'est  pas  encore  comblé  ;  la  rue  de 
l'Université  et  la  rue  de  la  Cathédrale  sont  en  projet. 

Larg.  O^S?,  haut.  O-nôOS. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte  et  de 
celle  de  M.  le  capitaine  Dejardin,  à  Liège. 

1832? 

N°  48bis.  Vue  intitulée  :  Vue  du  Marché  et  de  VHôtel  de 
Ville  à  Liège. 

Lïth.  de  Cremetti,  rue  Pont-d'Ile,  N°  34,  à  Liège. 

Prise  de  l'entrée  de  la  rue  Royale,  vers  le  Marché.  On  y  voit 
ce  dernier,  couvert  de  monde,  la  fontaine  du  Perron  et  celle  en 
avant.  A  droite,  l'Hôtel  de  Ville  et  les  ruines  de  la  cathédrale  de 
S'-Lambert. 

Larg.  0'"22,  haut.  0'"I6. 

Se  trouve  dans  la  collection  de  M.  Léonce  Digneffe,  à  Liège. 

1832  •? 

N°  48 <e/'.  Vue  intitulée  :  Place  du  Spectacle  à  Liège. 

Lith.  de  Cremetti,  rue  Pont-d'Ile,  N*  2,  à  Liège. 

Prise  de  l'ancienne  place  aux  Chevaux.  A  gauche  est  la  salle 
de  Spectacle,  puis  la  rue  Haraal  au-dessus  des  maisons  de 
laquelle  on  voit  l'église  S*-Jean.  A  droite  le  quai  de  la  Sauve- 
nière, et  l'église  S*-Maitin  sur  la  hauteur.  La  place  du  Théâtre 
est  couverte  de  monde. 


600 


Larg.  O'"21o,  haut.  0'"l(j. 
Se  trouve  dans  la  collection  de  M.  L.  Digneffe,  à  Liège. 

1833  ? 

N^  4Sqiiater.  Vue  intitulée  :  Vue  du  Pont  des  Ai'ches  à 
Liège. 

F.  Renardy  del.et  litli.  Lith.  de  C.remetti,  rue  Vinave-d'Ue, 
N"  00 S,  à  Liège. 

Prise  du  bord  du  fleuve,  à  la  Goffe.  A  gauche  on  voit  quel- 
ques maisons  du  quai  Sur  Meuse,  puis  celles  de  la  Goffe  et  du 
quai  de  la  Batte  et  au  dessus  la  Citadelle.  En  avant  le  Pont  des 
Arches,  au-delà  duquel  s'élèvent  les  flèches  de  S'-Barthélemi. 
Sur  la  rive  droite  on  ne  voit  que  quelques  maisons. 
Larg.  O^SiS,  hauf.  O^ieS. 

Se  trouve  dans  la  collection  de  M.  L.  Dignefl"e,  à  Liège. 

1833  ? 

}i"  ASquinque.  Vue  intitulée:    Vue    du  Séminaire  à  Liège. 

F.  Renardy.  Lith.  de  (h-emetti,  rue  Vinave-d'Ile,N"  003,  à 
Liège. 

Prise  du  bord  du  fleuve  au  passage  d'eau  de  la  tour  en  Bêche. 
La  rive  droite  est  à  l'état  de  campagne.  Sur  la  rive  gauche,  au 
premier  plan,  on  voit  des  ouvriers,  l'arveau  du  séminaire, 
puis  le  Séminaire,  la  sortie  du  canal,  l'église  des  Augustins, 
etc.  Le  clocher  de  S'-Gilles  se  dessine  sur  la  hauteur. 

Larg.  0"'2ô,  haut.  0'"17. 
Se  trouve  dans  la  collection  de  M.  L.  Dignefle,  à  Liège. 

1835  ? 
N"  49 ^is.  Vue  intitulée  :  Liège.  PI.  /. 
Hôtel  de  ville.  —  The  town  hall. 

Ghèmar,  del.  et  lith.  Lith.  de  P.  Degobert,  à  Bruxelles, 
('.liez  D.  Aoanzo  et  G",  Editeurs.  Déposé. 
Prise  de  Centrée  de  la  rue  S'^-lJrsuIe  vers  le  ManhO.  On  v 


-  601    - 

voit  le  Marché,  la  fontaine  du  Perron,  et  celle  en  avant  qui  a 
été  enlevée  plus  tard  et  remplacée  par  une  en  fonte.  On  voit 
aussi  l'Hôtel  de  Ville  et  la  rue  de  la  Violette  à  sa  droite. 
Larg.  0"'218,  haut.  0™155. 
Fait  partie  d'une  collection  de  vues  de  la  province  de  Liège 
dont  le  titre  est  en  français  et  en  anglais. 

1835  ? 

N"  49  ter.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Salle  de  Spectacle.  —  The  play  house. 

Ghémar  del  et  lith.  lÂth.  de  P.  Degohert,  à  Bruxelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  C'%  Editeurs.  Déposé. 

Prise  du  pied  de  la  Sauvenière.  On  voit  une  grande  partie  de 
la  place  du  Théâtre,  ainsi  que  les  rues  de  l'Harmonie  et  Hamal, 
avec  l'hôtel  d'Angleterre  au  fond. 

Larg.  0™217,  haut.  O^ISS. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835  ? 

N"  49  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  PI.  iS. 

Place  de  Spectacle  et  église  S^^-Croix.  —  Play  house  square 
and  St-Crosse''s  church. 

del  et  lith.  Lith.    de  P.  Degobert  à  Bruxelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  C'^,  Editeurs.  Déposé. 

Prise  du  point  de  rencontre  des  rues  de  l'Université  et  de  la 
Régence.  Au  premier  plan  à  gauche  sont  les  maisons  du  pied 
du  Pont-d'Ile ,  plus  loin  on  voit  le  commencement  du  boule- 
vard de  la  Sauvenière,  puis  le  pied  de  la  Haute-Sauvenière  et  les 
bâtiments  de  l'Official.  Sur  la  place  Aux  Chevaux  se  trouve 
encore  la  fontaine  qui  a  été  démolie  en 

Larg.  0"'217,  haut.  0'"I55. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835? 

^^"49  quinque.  Vue  intitulée  :  Liège.   iS. 


60ii 


Vue  du  Séminaire  et  de  VÉvêché.  —  Vieio  of  the  Seminary 
and  the  hishop'splace, 

H.  Borremans  del.  et  lith.  Lith.  de  P.  Degobert,  à  Bruxelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  C'".  Editeurs.  Déposé. 

Prise  du  pont  de  la  Boverie.  On  ne  voit  que  des  arbres  sur 
la  rive  droite;  mais  sur  la  rive  gauche,  on  rencontre  d'abord 
l'arveau  qui  a  été  démoli  depuis  pour  ouvrir  la  rue  des  Pré- 
montrés, puis  le  Séminaire  et  l'Évèché  ;  plus  loin  l'église  des 
Augustins  et  un  grand  nombre  de  maisons  sur  la  même  rive. 
Sur  la  hauteur,  l'église  Saint-Gilles  et  des  houillères. 

Larg.  O-^Sâ,  haut.  0'M5. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835  ? 

N°  49  sex.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Vue  du  pont  des  ArcJies  et  de  la  Citadelle.  —  View  of  the 
pont  des  Arches  and  the  citadel. 

H.  Borremans  del.  et  lith.  Lith.   de  Degobert  à   Bruxelles. 

ChezD.  Avayizo  et  C'".  Editeurs.  Déposé. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  entre  l'ancien  collège  et  l'Uni- 
versité. Ce  quai  est  occupé  par  des  tailleurs  de  pierre.  Sur  la 
rive  droite  on  voit  l'abattoir  et  l'église  St-Pholien.  Au  dessus  du 
pont  des  Arches,  la  citadelle. 

Larg.  0'»22,  haut.  0™155. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835  ? 

N"  49  septem.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Vue  du  Mont  S^-Martin  et  promenade  de  la  Sauvenière. 
—  View  of  S'-Martin  Mountand  the  Sauvenière  promenade. 

H.  Borrem,ans  del.  et  lith.  Lith.  de  P.  Degobert,  à  Bru- 
xelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  r;'%  Edileurs.  Déposé. 

Prise  du  pont  d'Avroi.  II  y  a  deux  rangées  d'arbres  sur   la 


603 


promenade.  On  voit  à  gauche  sur  la  hauteur  l'église  Saint- 
Martin  et  à  droite  celle  de  St-Jean. 

Larg.  0'"22,  haut.  0'"155. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835? 

N"  49  octo.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Caserne  St-Laurent.  —  The  St-Laurenfs  carracks. 

Ghemar  del.   et   lith.    Lith.   de  P.   Degobert,   à  Bruxelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  C'",  Editeurs.  Déposé. 

Cette  vue  est  prise  d'une  maison  du  faubourg  St-Gilles.  Au 
premier  plan  on  voit  des  toits  de  maisons.  Dans  le  fond,  à  gauche 
la  caserne  St-Laurent  et  l'hôpital  militaire,  des  cheminées  de 
houillère,  l'église  St-Martin,  etc. 

Larg.  O-^aS,  haut.  0"4^. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835  ? 

N°  49  novem.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Palais  de  justice  et  place  St-Lambert. —  2he  guildhall  and 
the  Si-Lambert  s'' square. 

H.  Borremans  del.  et  lith.  Lith.  de  P.Degobert,  à  Bruxelles. 

ChezD.  Avanzo  et  C'",  Editeurs.  Déposé. 

Prise  de  l'extrémité  de  la  place  vis-à-vis  du  palais.  La 
rue  Notger  n'est  pas  percée.  Il  y  a  une  rangée  d'arbres  et  des 
bancs  à  gauche. 

Larg.  0"'218,  haut.  O'^lSâ. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835? 

N"  49  decem.  Vue  intitulée  :  Liège.  22. 

Pont  de  la  Boverie,  sur  la  Meuse.  —  Boverle  bridge,  upon 
Maese. 

J.  A.  Gérardot  de  Sermoise,  Ingénieur. 

H.  Borremans  del.  Lith.  de  H.  Borrem,ans  et  O'  à  Bru- 
xelles. 


-  604  — 

Chez  D.  Avanzo  et  O*,  Editeurs.  Déposé. 

Prise  de  la  rive  droite  de  la  Meuse  dans  le  prolongement  de 
la  rue  de  l'Université.  A  gauche  la  fabrique  Vanderstraten  et  à 
droite  l'hôtel  de  Belle  vue. 

Larg.  0™24,  liaul.  O^ISS. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835? 

N''49  undecim.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Vue  du  quai  de  la  Batte.  —  Vieuw  ofthe  quay  de  la  Batte. 

Ghémar,   del.  et  lith.  Lith.    de   P.   Degohert,  à    Bruxelles. 

Chez  D.  Avanzo  et  G'*,  Editeurs.  Déposé. 

On  voit  à  travers  la  première  arche  du  pont  des  Arches,  le 
quai  de  la  Goffe,  le  quai  de  la  Batte,  le  Mont  de  piété  et  la 
fabrique  linière. 

Larg.  0™225,  haut.  0"'145. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes. 

1835.  ^ 

N"  49  duodecim.  Vue  sans  titre  du  pont  des  Arches. 
C'est  une  copie  du  n"  48  quater  de  1833? 
Larg.  O^iiS,  haut.  O""!!. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  Léonce  Digneffe,  ù  Liège. 

1836? 

N»  51  bis.  Plan  intitulé  :  Liège. 
Avec  une  liste  de  renvois  de  15  numéros. 
Echelle  de  1  à  20,000. 
Larg.  0"'17,haut.  0"M9  et  0">10. 
Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Nouvelle  carie  générale  de 
la  Belgique  à  Véchelle  dei  k  200,000. 

Etablissement   géographique   de   Bruxelles  fondé   par  Ph. 
Vandermaelen  (4). 

(')  OeUe  carte  a  eu  des  (éditions  subséquentes  avec  les  modiftcalions  nécessitc^es 
par  les  changements  survenus. 


—  605   ^ 

1836? 

N"  51  ter.  Vue  intitulée:    Vue   du  Marche  et  de  VHôiel-cle- 
Ville  à  Liège. 

M.  Motizen,  fec.  Lit.  de  M.  Cremetti   rue  de  V Université  à 
Liège. 

C'est  une  copie  réduite  du  n"  43^  de  1827  à  1830. 

Urg.  O^US,  haut.  O^'IOS. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 
Liège. 

1836? 

N°  51  qualer.  Vue  intitulée  :  Vue  de  la  Place  du  Spectacle  à 
Liège. 
Lith.  de  Cremetti  rue  de  V Université  à  Liège. 
C'est  une  copie  réduite  du  n"  43'  de  1827  à  1830. 
Larg.  0"'I45,  haut.  0">!0?). 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1836  ? 

N"  51   quinque.   Vue  intitulée:    Vue  du  Mont-St-Martin  à 
Liège. 

M.  Monzen.  Lith.  de   Cremetti  rue  de  l'Université  à  Liège. 
C'est  une  copie  réduite  du  n"  43*  de  1827  à  1830. 

Larg.  O-^M^B,  haut.  0™i05. 

Fait  partie  de   la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1836  ? 

N"  51  sex.    Vue  intitulée  :   Vue  de  la  Cadèdrale  S^-Paul  à 
Liège. 

M,  Monzen  fec.  Lit.  de  M.  Cremetti  rue  de  VUniversité. 
C'est  une  copie  réduite  du  n»  43'  de  1827  à  1830. 
Larg.  0'^445,  haut.  O^IOS 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte, 
Liège. 


606 


1836  •/ 

N°  51  septem.  Vue  intitulée:  Vue  du  pont  des  arches  à 
Liège. 

Lith.  de  Cremetti  rue  de  V  Université  à  Liège. 

Prise  du  quai  derrière  l'Université.  A  gauche  le  quai  sur 
Meuse,  au-dessus  la  citadelle.  Au-delà  du  pont  le  (juai  de  la 
Batte  et  au-dessus  les  clochers  des  deux  tours  deSt-Barthélemi. 
A  droite  quelques  maisons. 

Larg.  0"'145,  haut.  O^IOS. 

Fait  partie  de  la  collection   de  M.  le   chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1836  ? 

51  octo.  Vue  intitulée:  Panorama  de  la  ville  de  Liège.  Pris 
de  la  tour  appartenant  ci-devant  au  comte  de  Méan. 

P.  Monzen.  Lith.  de  Cremetti^  rue  de  V  Université  à  Liège. 
C'est  une  copie  réduite  de  moitié  du  n°  50  de  1836. 
Larg.  0'"45,  haut.  0"405. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1838. 

N"  53  his.  Vue  intitulée  :  Liège.  Gezigt  op  Luik. 

W.  H.  Bartleit.  A.  H.  Payne.  London;  Geo.  Virtue.36.  Ivy 
Lane. 

Cette  vue  est  prise  du  haut  de  la  rue  Pierreuse,  près  de  la 
citadelle.  On  distingue  les  églises  St-Paul,  Ste-Croix,  St-Jean, 
St-Martin,  le  théâtre,  etc. 

Gravure  sur  acier, 

Larg.  0™15,  haut.  0'°10. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Vues  de  la  Hollande  et 
de  la  Belgique,  dessinées  par  W.  h.  Bartleit,  esq.  et  accom- 
pagnées d^ observations  historiques  et  topographiques  par  le 
professeur  N.  G.  Van  Kampen,  d'Amsterdam.  Londres,  Geo. 
Virtue.  Un  volume  in-8°,  page  186. 


607 


1839? 

N°  53  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  Lûttich. 
Fussell  del.  A.  Cruse  scuip.  London.  Black  et  Armatrong. 
Prise  du  quai  d'Avroy  vers  la  chapelle  du  Paradis. 
Au  premier   plan  on  voit  des  ouvriers,  bateliers,  etc.  Une 
rangée  d'arbres  à  gauche. 
Gravure  sur  acier. 

Larg.  Omis,  haut.  OmlO. 
Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège. 

1840. 

N"  54  his.  Plan  intitulé  :  Plan  of  Liège. 

Puhlished  by  Eug.  Landoy,  Longue  rue  Neuve,  67,  Brus- 
sels.  Indispensable  guide  for  travellers. 

Avec  une  légende  de  ^  à  Z  et  de  aa  à  ee  pour  les  monuments 
et  établissements  publics  et  une  de  63  numéros  pour  les  rues  et 
places,  en  français. 

C'est  une  copie  du  plan  précédent  :  les  légendes  sont  les 
mêmes . 

Larg.  0"'-25,  haut.  0™I75. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ihe  indispensable  guide 
for  travellers  on  the  railroads  of  Helgium,  etc.,  par  Duplessis 
et  Eug.  Landoy.  Bruxelles,  Un  volume  in-l'i.  Page 

1840. 

N°  54  ter.  Plan  intitulé  :  Plan  de  la  ville  de  Liège.  1840. 
Guide  Pittoresque  et  Artistique  du  voyageur  en  Belgique,  à 
Bruxelles  chez  Hauman  et  C"  Libraire,  Rue  du  Nord,  iV"  S. 
C'est  une  copie  du  précédent  :  le  nouveau  pont  y  est  indiqué. 

Larg.  OmlSS,  haut.  0'"155. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  La  Belgique.  Guide  pitto- 
resque et  artistique  du  voyageur,  par  A.  Ferrier,  4*  édition. 
Bruxelles.  Hauman.  1842.  Un  volume  in-i2.  Page  253. 


—  608  — 

1840? 

N"  55  6is.  Vue  intitulée:  Liège.  Eglise  St-Paul. 
Représente  une  partie  de  la  rue  Vinâve-d'Ile,  la  fontaine  de 
la  Vierge  et  la  rue  St-Paul. 

Larg.  0"'185,  haut.  0"455. 

Fait   partie  de  la  collection  de  M.    le  chanoine  Henrotte, 

à  Liège. 

1840? 

N°  55  ter.  Vue  intitulée  :  Liège.  Eglise  St-Jacqiies. 

Lith.  liindeli,  à  Liège.  Déposé. 

On  y   voit  toute  la  place  St-Jacques   et   l'hôtel  Whetnall, 

à  gauche. 

Larg.  0"'18o,  haut.  O-^lôS. 

Fait  partie  de  la  collection  de   M.   le  chanoine    Henrotte, 

à  Liège. 

1840? 

N°  55  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  Eglise  St-Martin. 

A  gauche  le  Trixhay. 

Larg.  0"'18,  haut.  O^Iô. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.    le  chanoine    Henrotte, 

à  Liège. 

1840? 

N"  55  quinque.  Vue  intitulée  :  Liège.  Eglise  St-Antoine. 
Lith.  Bindels-Huck.  Pont-d'Ile,  39,   Liège.  Déposé. 
A  gauche  la  rue  Moray,  à  droite  la  rue  Hors-Château. 

Larg.  O^IS,  haut.  O-^IS. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le   chanoine  Henrotte, 

à  Liège. 

1840? 

N"  55  sex.  Vue  intitulée:  Chapelle  de  Paradis. 
Lith.  Bindeis-IIuck.  Rue  Pont-cVlle,  34,  à  Liège.  Déposé. 
/i    gauche   le   quai    de   Fragnée  :   à   droite    la    route    de 
Namur. 


i 


—  609  — 

Larg.  OnMS,  haut.  O^ISS. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1840  ? 

N"  55  septem.  Vue  intitulée  :  Quai  de  la  Batte,  à  Liège. 

A.  Numans  sculp.  Imp.  de  Bizolier.  Emile  Flatau, éditeur, 
à  Bruxelles. 

On  voit  à  travers  la  première  arche  du  pont  des  Arches  le 
quai  de  la  Goffe,  le  quai  de  la  Batte,  le  Mont-de-Piété  et  la 
fabrique  linière  :  sur  la  rive  droite  les  maisons  de  la  rue  des 
Ecoliers. 

Gravure  sur  acier. 

Larg.  C"M44,  haut.  0"'097. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Digneffe,  à  Liège. 

1840. 

N"  55  octo.  Vue  intitulée:  Vue  de  Liège. 

Cette  vue  est  prise  des  Prés  St-Denis.  On  voit  à  gauche 
l'église  des  Augustins,  puis  celles  de  St-Nicolas,  de  St-Denis, 
de  St-Pholien,  la  chapelle  de  Ste-Barbe,  puis  les  bords  de  la 
Meuse. 

Fait  partie  des  vues  qui  entourent  la  carte  du  chemin  de  fer. 
(Section  de  Waremme  à  Liège)  (N"  86®  des  cartes). 
Larg.  0'"H,  haut.  0'"03. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Atlas  pittoresque  des 
chemins  de  fer  de  la  Belgique,  etc.  par  Alph.  Wauters. 
Bruxelles.  Vandermaelen,  1840.  Un  volume  in-12,  oblong. 
Carte  n"  13.  Une  seconde  édition  a  paru  en  1842  et  une  troisième 
en  1844,  mais  avec  d'autres  planches. 

1840. 

bbnooem.  Vue  intitulée  :  Rives  de  la  Meuse,  N"  16. 
Liège  (Belgique).  Heintz  lith.  Lith,  de  Cremetti  à  Liège. 
Cette  vue   est  prise  des  hauteurs  de   St-Gilles.  On   voit  à 


—  610  — 

gauche  l'église  St-Martin  et  les  remparts  de  Hocheporte;  au 
centre  la  salle  de  Spectacle  et  derrière  le  dôme  de  St-André  ;  à 
droite  l'église  St-Paul,  et  au  premier  plan  les  bâtiments  d'une 
houillère. 

Larg.  0'"25,  haut.  0'"16. 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège  et  dans 
la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte. 

1841. 

N"  55  decem.  Plan  intitulé  :  Spécimen,  du  plan  géométrique 
parcellaire  de  la  ville  de  Liège.  Dressé  en  i84i  par  M.  Bayet, 
Inspecteur  du  cadastre.  A  Véchelle  de  1  à  2,500  Mètres. 

Gravé  par  Michel  Palante.  Lithographie  par  Palante  frères 
à  Liège. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  comprend  la  place  Verte,  la  place  St-Lambert,  le 
Marché  et  le  Palais. 

Larg.  0'"195,  haut.  0"'2(). 

C'est  le  spécimen  du  n°  58. 

1841. 

N"  55  undecim.    Vue  du  quai  de  la  Batte,  sans  titre. 

Borremans .  H.  Lesestre. 

Montre  le  quai  de  la  Batte  jusqu'au  delà  de  la  fabrique  de  la 
Société  linière,  à  travers  de  la  première  arche  du  pont  des 
Arches. 

C'est  une  copie  du  n°  49'*  de  1835. 

Laig.  O-^OS,  haut.  0'"04. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  La  Belgique  en  i84i. 
Bruxelles,  Hauman,  1841.  Un  volume  in-8.  Page  109.  Sert  de 
cul  de  lampe  à  l'article  :  Liège  moderne. 

Se  trouve  aussi  dans  :  Guide  illustré  du  voyageur  en  Belgique. 
Bruxelles.  Hauman  1845?  Un  volume  in-12.  Vignette  placée  en 
des.sous  du  titre. 


I 


-  611  — 

Ainsi  que  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Chemin  de  fer  belge- 
rhénan.  Vallé"-  de  la  Vesdre,  par  Victor  Joly.  Bruxelles.  Hau- 
man.  1843.  Un  vol.  in-18.  Page  16  {'). 

Et  dans  la  seconde  édition  de  cet  ouvrage.  Bruxelles.  Hau- 
man.  1845.  Un  volume  in-18.  Page  22. 

1841. 

N"  55  duodecim.  Plan  intitulé  :  Lûttich. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  quatre 
numéros. 

Ce  plan,  quoique  très-petit,  est  cependant  exact  et  presque 
toutes  les  rues  y  sont  indiquées. 

Le  chemin  de  fer  ne  s'y  trouve  pas  encore  quoiqu'il  ait  été 
construit  en  1838. 

Larg.  0nj058,  haut.  O^OiS. 

Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Belgien  und  Luxemburg. 
1841. 

Entu\  u.  gez.  v.  Pr.    Lin.  Renner. 

Stahlstich  (Direction  v.  Kleinknecht)  ans  der  Schweinfurter 
Geographischen  Graviranstalt  des  Bibliographischen  Instituts 
zu  Hildburghausen,  Amsterdam,  u.  Philadelphia. 

Cette  carte  fait  partie  d'un  atlas  sans  titre  en  allemand.  Un 
vol.  in-S"  oblong. 

Sur  la  même  feuille  se  trouvent  les  plans  de  Bruxelles,  Gand 

et  Anvers. 

1841? 

N»  55  tredecim.  Plan  intitulé  :  Plan  de  Liège. 
Avec  une  légende  de         numéros. 
Les  coins  du  cadre  sont  coupés. 

Larg.  0"41,  haut.  0™08. 
Se  trouve  sur  une  carte  de  la  Belgique,  entourée  de  huit 
plans  de  villes  et  de  dix  vues  de  monuments. 

(':  Dans  cet  ouvrage  la  vue  a  pour  titre  :  Léguai  du  Nord,  à  Liège, 


612 


1842  ? 

N°  57  bis.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Buttura  del.  Couché  sculp. 

C'est  une  vue  du  Marché,  prise  vers  la  rue  Féronstrée.  On 
voit  à  gauche  la  façade  de  l'Hôtel  de  ville  et  au  milieu  la  fon- 
taine du  Perron,  et  la  troisième  fontaine. 

Larg.  0'"11,  haut.  0™085. 

Fait  partie  de   la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1842? 

N"57  ter.  Vue  intitulée  :  Liège.  (Belgique).  Grande  place. 

Hôtel  du  Pavillon  Anglais,  tenu  par  M'  M.  Mathioll-Custers . 

(Guide  du  voyageur  en  Europe,  par  M.  Louis  Clerc. 
Bureau  rue  de  la  Santé,  N"  il .) 

Lith.  Desportes  Pont  neuf  i5. 

Avec  une  notice  sur  l'hôtel. 

On  voit  à  gauche  un  coin  de  la  place  Verte  :  dans  le  fond  la 
façade  du  Palais. 

Larg.  0"'1M,  haut.  0'"083. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :    Guide  du   voyageur  en 

Europe. 

1842  ? 

N"  57  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  (Belgique) .  Hôtel  de 
V Angleterre  tenu  par  M.  Cluck. 

(Guide  du  voyageur  en  Europe,  par  M.  Louis  Clerc.  Bureau 
rue  de  la  Santé,  N"  il). 

Pignatel  f .  Lith.  Pignatel   et  Fayard  r.  de  VArhre-sec.  i5. 

Avec  une  notice  sur  l'hôtel. 

On  voit  à  gauche  le  théâtre  et  à  di'oite  les  maisons  bâties  par 
M.  Latour  vers  1830. 

Larg.  0"'144,  haut.  0'"08'). 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  vue  précédente. 


-    613 

1843. 

N"  59  ter.  Plan  intitulé  :  Embouchureu  de  l'Ourthe. 

Echelle  de  1  à  37,500, 

Ce  plan  ne  donne  que  la  rive  droite  de  la  Meuse  depuis  le 

pont  du  Val-Benoît  jusqu'au  Barbou,  avec  toutes  les  branches 

de  l'Ourthe. 

Larg.  O""!!,  haut.  O^O?. 

Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Bassin  de  VOurthe.  (N°  92 
bis)  jointe  au  mémoire  de  H.  Guillery,  intitulé:  Rivières. 
VOurthe,  imprimé  dans  les  :  Annales  des  travaux  publics  de 
Helgique,  etc.  Bruxelles,  1847.  Tom.  5.  Pag.  97. 

1843. 

N"  59  guaté!)*.  Vue  intitulée:  Promenade  de  la  Sativenière 
[LiégeJ.  La  Renaissance.  N°  7.  fd"  année. J 

Prise  du  pont  d'Avroy.  Il  n'y  a  qu'une  rangée  d'arbres  à 
gauche.  A  droite,  les  jardins  sont  clôturés  par  les  anciens 
remparts. 

On  voit  à  gauche,  sur  la  hauteur,  l'église  St-Martin  et  adroite 

l'église  St-Jean. 

Larg.  0'"23a,  liaiil.  0'"17. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  La  renaissance,  chronique 
des  arts  et  de  la  littérature. Publié  par  V Association  nationale 
pour  favoriser  les  arts  en  Belgique.  Bruxelles.  Imprimerie  de 
la  société  des  beaux-arts.  5"  vol.  1843-1844.  In-folio.  Page  57. 

1843. 

N"  59  quinque.  Vue  intitulée:  Gezigtop  Luik. 

Album  voor  de  Aardrijkskunde.  Tweede  Série.  N"  8. 

Prise  du  milieu  de  la  Meuse  d'un  point  difficile  à  préciser. 

On  voit  sur  les  deux  rives  du  fleuve  des  cheminées  de  fa- 
briques et  de  houillères  et  un  château  avec  deux  tours. 

Se  trouve  sur  une  mi;me  planche  avec  trois  autres  vues,  une 
de  Verviers  et  deux  de  Liège. 


614 


Larg.  0"105,  haut.  0-n07.N. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Alhuni  voor  de  Aardrijks- 

kunde  door  P.  J.  Mendel    Atlas   van  het   koningrijk   Belgie, 

door  H.  Reding.  Lahaye.  Van  Langenhuysen.  1843.  Un  volume 

in-4"  oblong.  Page  228. 

1843. 

N"  59  sex.  Vue  intitulée:  Luik. 

Alhum,  etc. 

Prise  de  la  rive  gauche  de  la  Meuse  près  de  la  chapelle  du 
Paradis.  On  y  voit  Tile  d'Avroy  et  les  quais  :  sur  la  hauteur  les 
bâtiments  de  l'ancienne  abbaye  de  St-Laurent. 

Larg.  O-^HS,  haut.  0"'075. 

Se  trouve  sur  la  même  planche  que  la  vue  précédente. 

1843. 

N°  59  septem.  Vue  intitulée:  Luik. 
Album,  etc. 

Prise  du  commencement  du  quai  de  laSauvenièrevers  Avroy: 
le  canal  existe  encore  :  la  promenade  est  plantée  d'une  rangée 
d'arbres.  Dans  le  fond  sur  la  hauteur  on  voit  l'église  St-Martin. 
Larg.  0"'105,  haut.  0'"075. 
Se  trouve  sur  la  même  planche  que  les  deux  vues  précé- 
dentes. 

1843  ? 

N"  59  ocio.  Vue  intitulée  :  Papeterie  de  la  station  de  Jos. 
Stelling  Werff  et  C'"  à  lÂége.  (Belgique  industrielle.) 

Toooey  del.  et  liih.  Ttnp.  Shnonau  et  Toovey.  Bruxelles. 
Geruzet  éditeur. 

Cette  vue  est  prise  du  viaduc  du  chemin  de  fer  près  de  la 
rue  Hemricourt  :  on  voit  cette  rue  à  gauche  ainsi  que  l'église 
S**- Véronique. 

Larg.  0n05,  haut  0n>28. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulée  : 

L'i  Hflgiqup  indu.'itrielle,  etc. 


—  615  — 

1844. 

N°  59  )ioveni.  Vue  de  la  ville  de  Liège,  sans  titre. 

L.  Ghemar. 

Cette  vue  est  prise  d'un  point  sur  le  plan  incliné  du  chemin  de 
fer,  vers  le  faubourg  St-Gilles.  On  y  voit  St-Laurent,  St-Martin, 
St-Jean  et  la  houillère  de  Bellevue,  ainsi  que  la  citadelle. 

Larg.  0"'125,  haut.  0^165. 

Sert  de  cul  de  lampe  à  l'entête  de  l'article  sur  Liège  dans 
l'ouvrage  intitulé  :  La  Belgique  monumentale,  historique  et 
pittoiresque,  par  Moke,  V.  Joly,  etc.,  etc.  Bruxelles.  A.  Jamar 
et  Gh.  Hen.  1844.  Deux  volumes  in-8.  Tome  IL  Page  143. 

1844. 

N<*  59  decem.  Vue  sans  titre  du  pont  des  Arches. 

Strohant  del.  Vermorcken. 

On  voit  à  gauche  le  quai  de  l'Université,  puis  le  quai  Sur 
Meuse.  Dans  le  fond,  l'église  St-Barthèlemi  et  la  citadelle.  A 
droite,  l'église  St-Pholien. 

Larg.  O-^'llS,  haut.  0"'10. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  vue  précédente. 
Tome  IL  Page  167. 

1844. 

N°  59  uyidecim.  Vue  intitulée  :  Rue  Pierreuse,  Liège.  {Bel- 
gique com,munale.) 

Fourmois  del.  et  lith.  Imp.  de  Simonau  et  Toooey. 

Cette  vue  est  prise  du  haut  de  la  rue  Pierreuse.  Dans  la 
percée,  on  distingue  l'église  St-Paul. 

Larg.  0™265,  haut.  0'"19. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  La  Belgique  communale, 
revue  des  intérêts  communaux.  Publiée  sous  le  patronage  et 
avec  le  concours  de  MM.  Etc.  Bruxelles. Devos  éditeur.  Briard. 
1844.  In-folio. 


—  616  ~ 

1844. 

N'^59  duodecim.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles.  Au  premier  plan 
on  voit  le  chemin  de  fer  (plan  incliné),  puis  au-delà  les  églises 
St-Jean,  St-Paul,  St-Ghristophe,  St-Barthélemi,  St-Denis,  Ste- 
Foi,  les  Augustins,  etc. 

Larg.  O^lôS,  haut.  On-OS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Les  délices  de  la  Belgique, 
ou  description  historique,  pittoresque  et  inonumentoAe  de  ce 
royaume.  Par  Alphonse  Wauters.  Bruxelles.  Froment.  1844. 
Un  volume  in-8.  Page  302. 

1844. 

N"59  tredecim.  Vue  intitulée  :  Le  pont  des  arches  à  Liège. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  Sur  Meuse,  qui  y  figure  sur  toute 
sa  longueur.  Au-delà  du  pont  des  Arches,  on  voit  l'église  St- 
Barthélemi,  et  sur  la  hauteur  la  citadelle. 

Larg.  O-^ISS,  haut.  O-^OS. 

Se  trouve  dans   le  même  ouvrage  que  la  vue  précédente. 

Page  303. 

1844. 

N°  59  quatuordecim.  Vue  intitulée  :  Promenade  de  la  Sauve- 
nière  à  Liège. 

Cette  vue  est  prise  du  pont  d'Avroy.  On  voit  à  droite  l'église 
St-Jean  et  sur  la  hauteur  l'église  St-Martin. 

Larg.  0'M5,  haut.  0i^08. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  deux  vues  précé- 
dentes. Page  316. 

Kt  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Le  guide  i^idis pensable  du  voya- 
geur sur  les  chemins  de  fer  de  la  Belgique,  par  Duplessis  et 
Landoy.  8"  année.  IS*"  édition.  Edition  royale.  Bruxelles.  Eug. 
Lsndov.  1844-1845.  Un  vol.  in-12.  Page  182. 


i 


—  617  — 

1844. 
N°  59  gujîîdecim.  Vue  intitulée  :  Pf ace  de  la  comédie  à  Liège. 
Cette  vue  est  prise  de  la  place  Verte.  On  voit  à  gauche  la  rue 
de  THarmonie  et  à  droite  la  rue  Hamal,  Téglise  St-Jean,  puis 
l'entrée  du  boulevard  de  la  Sauvenière  et  l'église  St-Martin. 
Larg.  O-nlSS,  haut.  0^085. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  trois  vues  précé- 
dentes. Page  320. 

1844. 

N°59  sedecim.  Vue  intitulée  :  Vue  de  Liège. 
Cette  vue  est  prise  du  pont  de  la  Boverie.  On  voit  les  quais, 
le  pont  des  Arches,  etc.,  et  à  gauche  l'église  du  Séminaire. 
Fait  partie  des  vues  qui  entourent  la  carte  n°  92  quater. 

Larg.  O^O?,  haut.  0m025. 

Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Carte  pittoresque  des  chemins 
de  fer  de  la  Belgique.  Bruxelles.  Vandermaelen.  1844. 

Et  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Atlas  pittoresque  des  chemins  de 
fer  de  la  Belgique,  etc.,  par  A.  Wauters.  3*  édition.  Bruxelles. 
Vandermaelen.  1842  (').  Un  volume  in-12  oblong.  PI.  14. 
La  plupart  des  vues  sont  copiées  sur  celles  de  l'édition  del840. 

1845? 

N»  61  bis.  Plan  intitulé  :  Plan  de  Liège. 

Echelle  de  1  à  6,000. 

C'est  une  copie  du  plan  de  1827  (n°  45)  avec  les  changements 
survenus  :  le  pont  de  la  Boverie  est  construit;  la  rue  Grétry  est 
percée;  les  quais  d'Avroy  et  de  la  Sauvenière  sont  comblés;  Té- 
tablissemen'  du  gaz  est  construit;  la  rue  de  la  Casquette  est 
prolongée;  les  rues  de  l'Université,  de  la  Régence  et  de  la 
Cathédrale  sont  percées;  la  place  Delcour  et  les  rues  aboutis- 
santes sont  en  projet. 

(*)  La  date  de  1844  doit  être  substituée  à  celle  de  1843. 


—  618    - 

Larg.  0">40,  haul.  U"'i9. 
Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université,  h  Liège. 

1845? 

N°  61  ter.  Vue  intitulée  :  Liège.  Marché  et  hôtel  de  ville. 

Chez  BindeU-Huck.  Lithogr.  Rue  Pont  d'ile,  34,  à  Liège. 

Prise  de  la  sortie  de  la  rue  Ste-Ursule.  On  voit  le  Marché, 
deux  fontaines,  l'Hôtel  de  ville  et  la  rue  de  la  Violette  à  droite 
de  l'Hôtel  de  ville. 

Larg.  0-^22,  haut.  O-^l-iS. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 
Liège. 

1845  ? 

N°61  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  Quai  des  Augustins. 

Lith.  Bindels-Huck,  Bue  du  Pont  d'ile,  34,  à  Liège.  Déposé. 

Prise  du  quai  d'Avroi  vis-à-vis  la  maison  Begasse.  La  Meuse 
est  couverte  de  bateaux.  Il  y  a  une  rangée  d'arbres  sur  le  quai. 
On  voit  dans  le  lointain  les  églises  St-Paul  et  St-Jacques,  la 
maison  Donnéa,  le  Séminaire,  etc. 

Larg.  0'"225,  haut.  0™145. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 
Liège. 

1845  ? 

N°  61  quinque.  Vue  intitulée  :  Liège.  Salle  de  spectacle. 

Lith.  Bindels-Huck,  Rue  du  Pont  d'Ile,  34,  à  Liège.  Déposé. 

Prise  de  l'entrée  de  la  place  Verte  :  on  a  à  gauche  la  rue  de 
l'Harmonie  et  à  droite  le  commencement  du  boulevard  de  la 
Sauvenière. 

Larg.  0'"225,  haut.  0"'U5. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  k 
Liège. 

1845  ? 

N"  61  sex.Yue  intitulée:  Liège.  Boulevard  de  la  Sauvenière. 
Chez  Bindels-Huck,  Rue  du  Pont  dHle,  34,  à  Liège. 


619 


Prise  de  la  place  du  théâtre.  Le  boulevard  est  planté  de  deux 

rangées  d'arbres.  Sur  la  hauteur  on  voit  l'église  St-Martin  et  le 

clocher  de 

Larg.  0""2ib,  haut.  0"M45. 

Fait  partie   de   la  collection  de   M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1845  '? 

N"  61  septem.  Vue  intitulée  :  Liège.  Vue  du  pont  des  arches. 

Chez  Bindels-Huck,  Rue  du  Pont  dHle,  34,  à  Liège. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  de  la  Goffe  :  elle  présente  à  gauche 

le  quai  des   Tanneurs  et  l'église  St-Pholien  et  à  droite  le  quai 

Sur  Meuse. 

Larg.  0"'22,  haut.  0'"U^. 

Fait  partie  de   la  collection  de   M.  le  chanoine   Henrotte,  à 

Liège. 

1845? 

N"  61  octo.  Vue  intitulée  :  Liège.  Vue  du  pont  neuf. 
Lith.  Bindels-Huck,  Rue  du  Pont  dHle,  34,  à  Liège.  Déposé. 
Prise  de  la  rive  droite  en  amont.  A  travers  les  arches  du  pont 
on  voit  le  pont  des  Arches  et  l'école  de  natation.  Sur  la  hauteur, 

la  citadelle. 

Larg.  O'^U,  haut.  O^IS. 

Fait  partie  de   la  collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1845? 

N°  61  nooem.  Vue  intitulée  :  Liège.  Pont  des  arches,  quai  de 
la  Batte  et  citadelle. 

Lith.  Bindels-Huck,  Rue  du  Pont  d'Ile,  34,  à  Liège.  Déposé. 

Prise  du  quai  des  Tanneurs.  On  voit  à  gauche  le  pont  des 
Arches  dans  sa  longueur.  Sur  la  rive  gauche  de  la  Meuse  on 
aperçoit  les  clochers  de  St-Denis,  St-Jean,  Ste-Groix,  Ste- 
Catherine,  St-André,  etc.  Au  dessus  la  côte  de  la  montagne 
avec  les  jardins  du  Péry. 


620 


Larg.  O^SS,  haut.  0"i5. 

Fait   partie  de   la   collection  de  M.  le  chanoine  Henrotte,  à 

Liège. 

1845. 

N°6l  decem.  Plan  intitulé  :  Liège.  Lûttich. 

Grav.  u.  gedr.  i.  d.  lith.  geogr.  Inst.  v.  Wagner  u.  Kohi 
i.  Darmstadt. 

Avec  une  légende  de  50  numéros. 

L'hôtel  du   Gouvernement  est  encore  indiqué  rue  Table  de 

pierre  :  il  a  été  incendié  le  34  mars  1845.   Le  Collège  est  mal 

placé   :    il   était   entre  le  pont  de   la  Boverie   et   la  rue   de 

l'Université. 

Larg.  0"'n2,  haut.  0"085. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Belgien.  Handbûchlein 
fur  reisende,  etc.  3''  édit.  Coblence,  Karl  Badeker.  1845.  Un 
volume  in-18.  Pag.  14. 

Et  dans  la  4*'  édit.  Coblence.  K.  Badeker.  1850.  Pag. 14. 

Et  dans  celui  intitulé  :  Le  voyageur  en  Belgique  et  sur  les 
bords  du  Rhin.  Nouveau  guide,  etc.  Anvers  et  Ostende.  Max 
Kornicker.  1847.  Un  vol.  in-12.  Pag.  244. 

Au  même  texte  on  a  donné  le  titre  suivant  :  Le  voyageur  en 
Belgique.   Nouveau  guide,  etc.  Anvers.  Max  Kornicker.  1850. 

1845  ? 

N*»  61  undecim.  Plan  intitulé  :  Plan  de  la  ville  de  Liège. 
Guide  illuatrè  du    voyageur  en  Belgique,  à  Brux.  Hauman 
et  C'«  Rue  de  Nord. 
C'est  une  copie  du  n"  53  de  1838. 

Larg.  0"M85,  haut.  0"'i.55. 

Se  trouve  dans  Vo\ivrQ,ge\ni\\M\è:  Guide  illustré  du  voyageur 
en  Belgique  (Ferrier).  Bruxelles,  Hauman.  1845?  Un  volume 
in-12.  Page  206. 


—    &2i    — 

1845  ? 

N°  61  duodecim.  Vue  intitulée  :  Le  Pont  des  Arches,  à  Liège. 

A  gauche  l'église  des  Jésuites,  en  face  le  pont  des  Arches  et 
sur  la  hauteur  la  Citadelle;  à  droite  le  quai  des  Pêcheurs. 

C'est  une  copie  réduite  du  n°  42  ter  de  1825. 
Larg   0'"075,  haut.  0"'05. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  plan  précédent, 
page  210. 

Et  dans  celui  intitulé  :  Chemin  de  fer  helge-rhénan.  Vallée 
de  la  Vesdre,  par  Victor  Joly.  2'^  éd.  Bruxelles.  Hauman.  1845. 
Un  volume  in-18.  Page  18. 

1845 1 

N"  61  tredecim.  Plan  intitulé  :  Liège.  LiUtïch. 
Avec  une  légende  de  50  numéros. 
C'est  une  copie  du  n"  61  decem  de  1845. 
Larg.  0'"ll-2,  haut.  ^""{iU. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Manuel  du  ooyageur  en 
Belgique,  itinéraire  artistique,  industriel  et  manufacturier; 
etc.,  par  Boyce  et  Richard.  6"  édition.  Paris,  L.  Maison.  1845? 
Un  volume  in-12.  Pag.  396. 

1846. 

N°  62  bis.  Vue  intitulée  :  Luik. 

Steendr.  v.  Mensing  en  Last. 

Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  St-Gilles. 

C'est  une  copie  amplifiée  du  n°  59  duodecim  de  1844. 
Larg.  0'M65,  haut.  O-^IO. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Belgie  sedert  de  omiven- 
teling  in  1830,  par  Ignace  Kuranda.  Amsterdam,  Hendrik 
Frijlink.  1846.  2  vol.  in-8.  Tome  I.  Pag.  24. 

1846. 

N*  62  fer.  Vue  intitulée  :  De  Pont  des  arrhes  le  Luik. 
Steendr.  v.  Mensing  en  Last. 


«22 


Cette  vue  est  prise  du  quai  sur  Meuse,  qui  figure  dans  toute 
sa  longueur.  Au-delà  du  pont  des  Arches  on  voit  l'église  St- 
Barthélemi,  et  sur  la  hauteur  la  Citadelle. 

C'est  une  copie  amplifiée  du  n"  59  tredecim  de  1844. 

Larg.  0"'165,  haut.  O^'IO. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  la  vue  précédente. 
Tom   I.  Pag.  1. 

1846. 

N"*  62  quater.  Plan  intitulé  :  Liège. 
Avec  une  légende  de  50  n'^*. 

C'est  une  copie  du  n°  61  decem  de  1845.  On  y  a  ajouté  le 
fardin  botanique  et  la  statue  de  Grétry. 

LarK.  0"'H,  liam.  O-^OS. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Nouveau  guide  indispen- 
sable du  voyageur  sur  les  chemins   de  fer  de  la  Belgique,  etc., 
par  J.  Duplessy  et  Eug.  Landoy.  15"  édition.  Bruxelles.  1846. 
Un  vol.  in-12.  Page  209. 

1846. 
N"  62  quinque.  Vue  intitulée  :  Place  de  la  Comédie,  à  Liège. 
C'est  une  copie  réduite  du  n°  59  quindecim  de  1844. 

Larg.  0"'061,  haut.  0'"0ô8. 
Se  trouve  dans  le  même   ouvrage   que  le   pian   précédent, 

page  215. 

1846. 

N°  62  sex.  Vue  intitulée  :  Le  Pont  des  arches,  à  Liège. 
C'est  une  copie  réduite  du  w  59  tredecim  de  1844. 

Larg.  0,065,  haut.  0,04. 

Se  trouve  dans  le   même  ouvrage  que  la  vue  précédente, 

page  216. 

1846. 

N^  62  septem.  Vue  intitulée  :    Promenade  de  la  Sauvenière, 
à  Liège. 


&1-4 


C'est  Uïie  copie  réduite  du  n"  59  quatuordcriin  de  1846. 

Larg.  ^"OBô,  haut.  0"'0-4. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  vues  précédentes, 
page  216. 

1846. 

N°  62  octo.  Vue  intitulée  :  St-Paul,  à  Liège. 

Cette  vue  est  prise  de  la  rue  Vinâve-d'Ile.  On  voit  au  premier 
plan  la  fontaine  de  la  Vierge,  puis  la  place  de  la  Cathédrale  et 
l'église  St-Paul  :  à  gauche  la  rue  St-Paul. 

C'est  une  copie  du  n"  55  his  de  1840? 

Larg.  O-nOe,  haut.  0'»Oil. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  vues  précédentes, 
page  213. 

1847? 

N°  Q'-lquatuordecim.  Plan  intitulé  :  Plan  d'Alignement  et  de 
Nivellement  des  abords  du  Palais  de  justice  de  Liège,  Destiné 
à  guider  les  artistes  prenant  part  au  Concours  institué  pour 
Vappropriation  de  ce  palais  aux  cours  de  Justice,  au  gouver- 
nement provincial  et  à  V administration  de  V enregistrement, 
timbre  et  domaines. 

Mesuré  et  dressé  par  F.  Van  Der  Rit,  Archif. 
Echelle  de  1  à  1,250. 

Avec  trois  échelles  et  une  note  pour  les  concurrents. 

Ce  plan  comprend  la  Place  St-Lambert,  la  Place  Verte,  la  rue 
Haute  Sauvenière,  les  rues  Volière,  Pierreuse,  Derrière  le  palais 
et  le  Grand  Marché.  En  dessous  est  un  profil. 

Deux  autres  feuilles  représentant  des  façades  du  palais  sont 

jointes  à  ce  plan. 

Larg.  0"'U,  hauL  0'"55 

1847. 

N"  62  quindecim.  Plan  intitulé  :  Ministère  des  travaux 
publics.  Ponts  et  Chaussées.  Plan  d'assemblage  des  travaux  à 
exécuter  dans  la  traverse  de  Liège. 


-  &u  — 

Fait  et  dressé  par  C Ingénieur  des  Ponts  et  Chaussées 
soussigné. 

Liège,  le  il  octobre  1817. 

J.   G.  J.    HOUBOTTE. 

Présenté  par  Vlngénieur  en  Chef  en  service  spécial. 
Hocht,  le  18  octobre  1847. 

KUMMER. 

Lith.  .1  .-B.  lUassean,  Brux*. 

Echelle  de  1  à  4,000. 

Ce  plan  comprend  le  fleuve  dans  son  parcours  entre  le  pont 
du  Val-Benoit  et  la  Fonderie  de  canons,  et  les  travaux  de  dériva- 
tion et  d'amélioration  à  y  exécuter.  C'est  à  peu  près  ce  qui  a  été 
fait.  Sous  le  plan  il  y  a  un  Nivellement  en  longueur  de  la 
dérivation  de  la  Meuse  et  du  redressement  du  fleuve  en  regard 
d'^Avroy. 

En  deux  feuilles. 

Laig.  1"'15,  haut.  0"'o4. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ministère   des  travaux 

publics.  Projet  d^aniélio ration   du  régime  de  la  Meuse  depuis 

Pembouchure  du  canal  de  jonction  de   la   Meuse  à  VEscaut 

jusqu'à   Chokier.    Bruxelles.    Em.    Devroye  et   C'«.  1848.   Un 

volume  in -4. 

1848. 

N»62  sedecf»*.  Plan  intitulé  :  Esquisse  d^un  projet  d^amélio- 

ration  du  cours  de  la  Meuse. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  légende  de  A  à  E. 

Ce  plan  ne  donne  que  le  cours  de  la  Meuse  depuis  le  pont  du 
Val-Benoit  jusqu'à  la  Fonderie  de  canons  et  le  cours  de  l'Ourthe 
à  partir  des  Grosses  Battes. 

Les  travaux  projetés  consistent  dans  le  creusement  d'un 
canal  de  dérivation  de  la  Meuse  prenant  naissance  à  la  pointe 
de  Tile  des  Cochons,  traversant  lepréMativa  et  venant  rejoindre 


625 


le  bras  de  l'Ourthe  près  de  File  Lulay.  Cette  île  elle-même  est 
supprimée  ainsi  que  l'île  Wérihet.  Du  pont  de  Longdoz  au  pont 
d'Amercœur  l'Ourthe  est  élargie,  et  au-delà  de  ce  pont  il  y  a 
un  canal  de  dérivation  à  travers  les  prés  St-Denis,  qui  va 
rejoindre  la  Meuse  derrière  l'île  Sur  le  Dos,  à  la  Fourchette.  Ce 
projet  a  été  exécuté  en  1854  par  M.  Kummer.  Une  partie  du 
bras  de  l'Ourthe,  dit  Fourchu  Fossé,  passant  contre  l'île  des 
Aguesses  et  l'île  des  Cochons  est  supprimée  et  remplacée  par 
une  branche  plus  directe  qui  va  se  jeter  dans  la  dérivation. 
Le  bras  dit  Gollette  et  un  autre  qui  entourent  les  prés  St-Denis 
sont  également  supprimés.  L'étranglement  de  la  Meuse  vis-à- 
vis  du  pré  Mativa  est  élargi. 

Enfin  il  y  a  en  amont  du  pont  de  la  Boverie  un  canal  de  jonc- 
tion entre  les  deux  bras  de  la  Meuse,  avec  bassin. 

Une  station  intérieure  avec  entrepôt  est  établie  rue  Grétry  à 
droite  du  pont  de  Longdoz  :  elle  communique  avec  le  chemin  de 
fer  vers  l'Allemagne  par  une  ligne  construite  sur  la  berge  de  la 
dérivation. 

Il  n'est  pas  question  de  rectification. 

Larg.  0'"40,  haut.  0'"â7. 

Se  trouve   dans   l'ouvrage  intitulé  :   Esquisse    d'un   projet 

d'amélioration  du  cours  de  la  Meuse,  par  P.  G.  D***(Dandelin). 

Officier  Supérieur  du  Génie.  Liège,  Fassin.  1848.  Une  broch. 

in-4. 

1848. 

N"  62  septemdecim.  Vue  intitulée  :  Liège. 
Cette  vue  est  prise  des  hauteurs  de  S*  Gilles  :  elle  est  petite  et 
insignifiante. C'est  une  copie  réduite  du  w^ddxiodecnn  de  1844. 
Larg.  0"'075,  haut.  0'"025. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Itinéraire  du  chemin  de 
fer  de  Paris  à  Cologne.  Bruxelles,  Meline,  Cans  et  G'".  1848. 
Un  volume  in-12.  Page  45, 

Dans    l'elui    ci-dessous    :    r>c   Pari.<:    à    Cologne,    Guide    dp 


—  «2(5  — 

Vétvanger  en  Belgique,  etc.    Bruxelles.   Meline,   Gans  et  G'". 
1848.  Un  volume  in-12.  Page  47. 

F]t  dans  celui  intitulé  :  Guide  Ph.  Hcn.  La  Belgique.  Guide 
pittoresque, monumental,  artistique, historique, géographique, 
politique  et  commercial.  Etc.  Bruxelles.  Ph.  Hen,  éditeur. 
1856.  Un  volume  in-12.  Page  47. 

1850? 

N"  63  bis.  Vue  intitulée  :  Pont  des  arches. 
On  voit  à  gauche  le  quai  Sur  Meuse  et  à  droite  le  quai  des 
Pécheurs.  Dans  le  lointain  les  montagnes  et  la  Citadelle. 

Larg,  0"'055,  haut.  0'»016. 

Se  trouve  avec  des  vues  d'édifices  sur  une  carte  d'adresse. 
Lithographie  de  P.  Bindels  graveur  lithographe,  Liège.  Rue 
du  Pont-d'Ile,  34. 

1850  ? 

N"  63  ter.  Vue  intitulée  :  Der  Marktplatz  in  Lûtticïi.  A.  T. 
Prise  de  l'entrée  delà  rue  de  Bex.  On  voit  les  trois  fontaines 
en  pierre  du  Marché  et  à  gauche  le  portail  de  l'église  St-André. 
Les  coins  supérieurs  du  cadre  sont  arrondis. 
Larg.  0>"125,  haut.  0'"17. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  Léonce  Digneffe,  à  Liège. 

1852? 

N"69  6ts.  Vue  intitulée  :  Promenade  de  la  SauDonère  et 
l^église  Sl-Mariin,  à  Liège. 

Canelle  del.  et  iith.  hnp.  Simonau  et  l'oovey. 

Prise  du  Pont  d'Avroy.  Il  n'y  a  qu'une  rangée  d'arbres  à 
gauche  :  à  droite  les  jardins  .sont  clôturés  par  les  anciens  rem- 
parts. On  voit  à  gauche  sur  la  huuleur  l'église  St-Martin  et  à 
droite  l'église  St-Jean. 

Cette  vue  a  beaucoup  d'analogie  avec  le  n"  ~)'i)<iuater  de  1843. 

Larji.  0"''24.  haut.  0""lfi. 


—  627  — 

Fait  partie  d'une  collection  de  vues  de  Belgique  dessinées  et 
lithographiées  par  Canelle  ou  Stroobant  et  imprimées  par 
Simonau  et  Toovey. 

1852. 

N"  69  ter.  Plan  intitulé  :  Liège. 

Gravé  par  Avril  p^\  L.  Maiso?i  Editeur.  Paris.  Lilh. 
Lemercier,   Paris  (l).  Librairie  de  L.  Hachette  et  O"  à  Paris. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  32  numéros.  Le 
plan  est  partagé  en  carrés  avec  des  lettres  correspondantes 
dans  la  légende. 

Larg.  0"'2i5,  haut.  0'"17. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Guide  pittoresque  du 
voyageur  e)c  Belgique.  Itinéraire  artistique,  industriel  et  ma- 
nufacturier,  etc.,  par  Richard.  1"  édition.  Paris.  1852  (2).  Un 
volume  in-12.  Pag.  413. 

1854. 

N°  72  bis.  Plan  intitulé  :  Chemin  de  fer  de  Liège  à  Utrecht. 
Plan  de  la  traverse  et  de  la  Station  intérieure  de  Liège. 
EtahP  de  E.  Noblet,  Éditeur  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  5,000. 

Ce  plan  ne  comprend  que  la  partie  de  la  ville  qui  serait  par- 
courue par  ce  chemin  de  fer,  qui  irait  d'abord  de  la  station  des 
Guillemins  à  la  caserne  St-Laurent,  en-dessous  de  laquelle  il  y 
aurait  un  tunnel;  puis  de  là  à  la  porte  Ste-Marguerite,  aux 
Anglais  et  aux  Frères  Gellites  ;  il  passerait  ensuite  en-dessous 
de  Pierreuse  par  un  tunnel  et  puis  derrière  St -Antoine,  les 
Rédemptoristes  et  les  Carmélites,  où  serait  la  station;  enfin  il 
continuerait  à  gauche  dufaubourgVivegnis  jusqu'à  la  commune 
de  Vottem. 

Larg.  0"'94o,  liaul.  O'H-l. 

{*)  Dans  les  exemplaires  de  4854,  il  y  a  :  Imp.  Kaeppelin,  Quai  Voltaire , il. Paris. 
(*)  D'aiitros  pxem plaire?  porlenl  la  date  de  IS.Sl. 


-    6128    - 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Chemin  de  fer  hollando- 
belge  de  Liège  à  Utrecht  parMaestricht  et  Bois-le-Duc.  Section 
de  Liège  à  M aestrlcht Demandée  en  Concession.  Mémoire.  Daté 
crAmay,  Décembre  1853.  Signé  :  L.  Rome.  Liège.  Desoer. 
1854.  Une  brochure  in-4. 

1854. 

N"  74  quater.  Plan  intitulé  :  Plan  annexé  au  Rapport  de  la 
Commission  spéciale  des  Égouis. 

Echelle  de  1  à  '2,500. 

Avec  une  légende. 

Ce  plan  comprend  la  partie  de  la  rive  gauche  de  la  Meuse 
limitée  à  St- Jacques,  St-Jean,  la  Salle  de  Spectacle,  le  Palais 
et  la  Halle.  Les  édifices  y  sont  seuls  indiqués,  ainsi  que  les 
égouts  existants  et  ceux  à  construire. 

Larg.  0'«38,  haut.  O-^SO. 
Se  trouve  dans  Touvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Rapport 
fait  au  conseil  communal  par  la  commission  spéciale  insti- 
tuée pour  Vexamen  du  Travail  de  M.  V Architecte  Remont, 
sur  les  égouts  de  la  ville  de  Liège.  Liège.  Redouté.  1854.  Une 

brochure  in-8. 

1855. 

N"  77  bis.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Cette  vue  est  prise  de  la  Citadelle,  comme  le  n°  69,  dont  elle 
paraît  être  une  copie. 

Larg.  0'"105,  haut.  0"'06. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Guide  sur  les  bords  du 
Rhin.  Paris.  i855.  Un  volume  in-l'i.  Pag.  61. 

Et  dans  le  suivant,  qui  fait  partie  de  la  même  collection  : 
(luide  de  la  ligne  du  Nord.  Londres.  Cologne,  Aix-la-Chapelle, 
raris.  IS.j.'j.  Un  volume  in-1t2.  Pag.  79. 

1855. 

N'^   78    his.   JM.'ui    intitulé   :    Projet    d'embarcadère    couvert. 


629 


pour  les  immondices  de  la  Ville  de  Liège,  au  portdeChéravoye. 
Liège,  le  5  juin  1855. 

J.-P.  SCHMIT. 

Echelle  de  1  à  500. 
Avec  une  échelle. 

Ce  plan  est  limité  à  la  Meuse,  aux  bâtiments  de  l'Université 
et  aux  maisons  de  la  rue  sur  Meuse  à  l'eau . 
C'est  une  autographie. 

Larg.  0™47,  haut.  0"'25. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Rapport  au  collège  des 
bourgmestre  et  échevins  de  la  ville  de  Liège,  sur  l'exploitation 
en  régie  des  services  combinés  du  balayage  public  et  de  l'en- 
lèvement des  itnniondices  pendant  Vexercice  1854,  par  le 
Directeur  de  ces  Services.  (J.-P.  Schmit.)  Liège.  N.  Redouté. 
1855.  Un  volume  in-8. 

1856. 

N"  78  ter.  Pian  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Plan  N"  ,  annexé 
au   rapport  de  M.  l'Architecte  de  la  Ville  du  12  Mars  1856. 

Annexe  B. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

.\vec  une  échelle. 

Comprend  la  partie  de  la  ville  située  entre  le  faubourg  Vivegnis, 
la  rue  des  Bayards,  la  Meuse  et  la  prison.  Les  égouts  existants 
et  Fégout  latéral  proposé  y  sont  représentés.  Donne  un  grand 
nombre  de  cotes  pour  le  niveau  du  sol  et  celui  des  égouts,  ainsi 
que  la  pente  de  ceux-ci.  Deux  courbes  de  niveau  indiquent 
['Intersection  du  plan  de  flottaison  du  bassin  de  laMeuse  avec 
les  égouts  et  V Intersection  du  plan  à  1"'25  plus  haut  que  le 
bassin  de  la  Meuse. 

Larg.  0™54,  haul.  0"'56. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  2«  rapport 
de  la  commission  spéciale  concernant  l'i'gout  latéral.  Liège. 
N.  Redouté.  1856.  Une  brochure  in-8. 


-  630  — 

1856. 

N"  78  quater.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Plan  N"  , 
annexé  à  la  note  de  M.  V Architecte  de  la  Ville,  lue  en  séance 
du  !  7  juin  i856. 

Echelle  de  1  à  2,500. 
Avec  une  légende  pour  la  désignation  des  canaux  et  des 
égouts  existants. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la   ville  comprise  entre  le  quai 
d'Avroy,les  boulevards  d'Avroy  et  de  la  Sauvenière  et  la  Meuse. 
Il  y  a  un  grand  nombre  de  cotes  pour  le  niveau  du  radier 
actuel  des  égouts  et  celui  projeté  si  l'on  relève  les  radiers. 
Larg.  0'"48,  haut.  0"'44. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  précédent. 

1856. 

N"  78  quinque.  Vue  intitulée  :  Vne  de  Liège.  F.  Stroohant. 

Cette  vue  paraît  être  prise  du  pied  de  la  montagne  de  la 
Chartreuse.  On  voit  à  l'extrême  gauche  l'église  St-.Iacques, 
derrière  laquelle  se  montre  une  partie  du  dôme  des  Augustins. 
En  avançant  vers  la  droite,  on  voit  des  cheminées  de  houillère 
(Belle- Vue,  etc.),  puis  les  bâtiments  de  St-Laurent,  l'église 
St-Martin,  et  à  l'extrême  droite,  plus  rapprochée,  l'église  St- 
Nicolas. 

Larg,  O^lâ,  liaul.  0"42. 

Sert  de  cul  de  lampe  à  l'article  intitulé  :  Une  excursion  if 
Spa,  par  0.  Squarr,  qui  se  trouve  dans  le  :  Journal  des  dûmes 
et  des  demoiselles.  Bruxelles.  Bruylant  Christophe.  1855-1856. 
Un  volume  in-8.  Page  235. 

1856. 

N°  79(*).  Vue  intitulée  :  Liège.  Vue  générale. 
Cette  vue  est  prise  de  la  citadelle  et  est  assez  exacte. 

(')  Cpltfi  desciiption  remplace  celle  du  premier  travail. 


631 


C'est  une  réduction  du  n"  69  de  1852  ?  Lithographie  à  deux 
teintes  comme  elle. 

Larg.  0"'15,  haut.  O^OTS. 

Fait  partie  d'une  collection  de  16  vues  représentant  les  mo- 
numents, places  publiques,  etc.  de  la  ville  de  Liège,  dessinés 
et  gravés  par  Bindels  à  une  échelle  moitié  moindre  que  celle 
dont  le  n"  69  fait  partie.  Elle  a  aussi  été  placée  dans  l'ouvrage 
intitulé  :  Guide  datis  Liège.  Liège.  Renard.  1859.  1  vol.  in-12. 

1856. 

N"  79  bis.  Vue  intitulée  :  Liège.  Hôtel  de  ville. 
C'est  une  copie  du  n"  61  ter  de  1845? 

Larg.  0"'i5,  haut.  O^OTS. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  la  précédente. 

1856. 

N"  79  ter.  Vue  intitulée  :  Liège.  Palais. 
On  y  voit  toute  la   place   St-Lambert  :  le  pont  Notger,  au- 
dessus  de  la  rue  Notger,  existe  encore. 

Larg.  0"il5,  haut.  0">078. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N"  79  quater.  Vue  intitulée  :  Liège.  Université. 
On  y  voit  la  place  de  l'Université  avec  la  statue  de  Grétry  :  à 
gauche  le  quai  Sur  Meuse. 

Larg.  0'"15,  haut.  0'»078. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N"  79  quinque.  Vue  intitulée  :  Liège.  Place  dit  Théâtre. 
Prise  du  pied  du  Pont  d'Ile  :  on  y  voit  l'ancienne  place  Aux 
Chevaux,  l'entrée  du  boulevard  de  la  Sauvenière,  etc. 
L;irg.  0"13.  haut,  0™078. 


-  632  — 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N°79  sex.  Vue  intitulée  :  Liège.  Théâtre. 
C'est  une  copie  du  n"  61  quinque  de  1845?  Elle  a  été  repro- 
duite en  1868  avec  quelques  changements.  (N"  299.) 
Larg.  O-^IS,  haut.  0'"078. 
Fait  partie  de  la   même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N°  79  septem.  Vue  intitulée  :  Liège.  Eglise  St  Paul. 
C'est  une  copie  du  n"  55  his  de  1840? 
Larg.  O"! 5,  haut.  0'"077. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  précédentes,  et  se 
trouve  dans  le  :  Guide  dans  Liège,  page  61 . 

1856. 

N"  79  octo.  Vue  intitulée  :  Liège.  Eglise  St  Jacques. 
C'est  une  copie  du  n''  55  ter  de  1840? 

Larg.  0™13,  haut.  O^OTg. 
Fait  partie  de  la  même  collection  (jue  les  vues  précédentes. 

1856. 
N"  79  nou'jm.  Vue  intitulée  :  Liège.  Roulecard  de  la  Sauve- 
nière. 

C'est  une  copie  du  n'^  61  sex  de  1845? 

Larg.  (rio,  haut.  0"'078. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N"  79  decem.  Vue  intitulée  :  Liège.  Mont  St  Martin. 

C'est  une  vue  prise  du  boulevard  de  la  Sauvenière  à  la  hau- 
teur de  la  rue  de  la  Casquette,  où  on  voit  l'église  St-Martin  et 
le  derrière  des  maisons  du  Mont-St-Martin. 
Larg.  (riô-2.  haïU.  (r079. 


633 


Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N°  79  undecim.  Vue  intitulée  :  Liège.  Pont  des  arches. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  de  l'Université  :  elle  présente  à 
gauche  le  quai  Sur  Meuse  et  à  droite  le  quai  des  Pêcheurs  et 
l'église  St-Pholien;  au  loin  l'église  St-Barthélemi,  le  Mont  de 
piété,  et  sur  la  hauteur  la  Citadelle. 

Elle  a  été  reproduite  en  1859  avec  la  date  :  i859. 

Larg.  O-^lô,  haut.  O-^OTS. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes, 
et  se  trouve  dans  le  :  Guide  dans  Liège,  page  102. 

1856. 

N°  79  duodecim.  Vue  intitulée  :    Liège.  Pont  de  la  Boverie. 
C'est  une  copie  du  n"  61  octo  de  1845? 
Larg.  O-^lô,  haut.  0"'078. 
Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1856. 

N"  79  tredecim.  Vue  intitulée  :  Liège.  Quai  de  la  Batte. 

C'est  une  copie  du  n°  61  novem  de  1845? 
Larg.  0'"15,  haut.  O-^OTS. 

Fait  partie  de  la  même  collection  que  les  vues  précédentes. 

1857. 

N"  84  bis.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Etablissement 
de  la  station  centrale.  Raccordement  des  diverses  Stations 
entr'elles,  et  indication  du  tracé  pour  la  traversée  de  la  Ville, 
du  projet  de  chemin  de  fer  liégeois-lim,bourgeois  et  hollando- 
belge. 

Etablissement  géographique  de  Bruxelles. 

Echelle  du  plan  terrier  1  à  10,000  /'un  centimètre  pour  iOO 
mètres) .  Echelles  des  profils  :  O^'Oi  pour  iOO  mètres  pour  les 
Longueurs  ;  0,01  id.  20  mètres  id.  Hauteurs. 


-  6H4    - 

Ce  plan  va  de  la  station  des  Guillemins  à  l'église  de  Herstal  : 
il  ne  donne  que  les  rues  voisines  du  chemin  de  fer  projeté.  Ce 
chemin  part  des  deux  extrémités  de  la  station  des  Guillemins 
par  deux  courbes  qui  se  réunissent  près  de  la  rue  du  Paradis, 
vers  le  quai  d'Avroy  :  il  traverse  l'Ile  de  Commerce  dans  sa  lon- 
gueur, et  là  se  trouve  une  station  centrale.  Il  va  ensuite  à  la  sta- 
tion de  Longdoz  ;  de  celle-ci  il  passe  au  pied  de  la  montagne  de 
la  Chartreuse  et  vient  traverser  la  dérivation  de  la  Meuse,  le 
Barbou  et  la  Meuse  elle-même  au-delà  du  pont  Maghin,puis  vient 
passer  derrière  l'usine  de  la  Vieille-Montagne,  où  il  y  a  une 
deuxième  station.  Il  traverse  ensuite  la  commune  de  Vottem  et 
la  commune  de  Herstal,  et  une  troisième  station  est  projetée 
près  de  la  place,  derrière  le  château  de  Henstal. 

Ce  plan  est  accompagné  de  profils. 

Larg.  O^S?,  haut.  O-^âS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Rapport  de  la  commission 
spéciale  pour  l'examen  des  projets  de  chemin  de  fer  aboutis- 
sant à  Liège  et  des  projets  de  station  inférieure.  Liège.  Ledoux. 

1857.  Un  volume  in-8. 

1857. 

N"  84  ter.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Rouargue  frères  del.  et  se.  Imp.  F.  Chardon  aîné,  30,  r. 
Haute-Feuille.  Paris. 

Cette  vue  est  prise  du  saillant  du  glacis  vis  à  vis  du  bastion  5 
de  la  Citadelle.  On  distingue  particulièrement  le  dôme  de  St- 
André,  l'église  St-Paul,  la  Salle  de  Spectacle. 

Gravure  sur  acier. 

Larg.  0"'165,  haut.  O^HS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Voyage  pittoresque  en 
Hollande  et  en  Belgique  par  Edmond  Texier.  Paris.  Morizot. 
1857.  Un  volume  in-8.  Page  382. 

1858. 

N°  88  (*).  Plan  intitulé  :  Liège. 

{*)  Celte  description  remplace  celle  du  premier  travail. 


635 


Atelier  de  Lith.  de  J .  Coune.  Liège.  F.  Renard,  Editeur. 

Avec  une  légende  de  27  numéros  pour  les  Edifices  Publics, 

etc.  sur  le  côté  du  plan. 

C'est  une  copie  du  n*»  61  decemde  1845  avec  les  changements 

survenus  depuis. 

Larg.  O""!!,  haut.  0'"085. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  La  Meuse  belge.  Histoire, 
Légendes.  Sites  et  Monumens.  Etc.,  par  le  docteur  Fremder 
(Morel).  Liège.  Renard.  1858.  Un  volume  in-12.  Page  160. 

Et  dans  celui  intitulé  :  Guide  dans  Liège.  Liège.  Renard. 
1859.  Un  volume  in-12.  Page  7. 

.    1859. 

N"  90  bis.  Plan  intitulé  :  Liège.  To  face  p.  394. 
Avec  une  légende  de  4  numéros  en  français.  Toutes  les  indi- 
cations du  plan  sont  en  français. 

Larg.  O-^IS,  haut.  O'^U. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Weale^s  handbooks  for 

tourists.  Belgium,  Aix-la-Chapelle  and  Cologne.  Etc.,  par  W. 

H.  James  Weale.  London.  Dawson  et  fils.  1859.    Un   volume 

in-12.  Page  294. 

1859. 

N°  94  bis.  Plan  intitulé  :  Plan  des  abords  du  pont  des  arches 

et  des  améliorations  projetées  dans  le  quartier  de  la  Magde- 

laine.  Liège. 

Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  échelle  et  une  légende. 

Ce  plan  es',  le  même  que  les  deux  plans  précédents.  11  donne 
les  projets  deM.  Houbotte, celui  arrêté  par  le  Roi, celui  examiné 
par  la  commission,  celui  présenté  par  M.  Jamar,  et  celui  arrêté 
par  le  conseil. 

Larg.  O^TIS,  haut.  O^S?. 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université, à  Liège. 


-    636 

1859. 

N*^  94   ter.    Plan  intitulé    :    Ville  de  Liège.  Théâtre  royal 
Plan  indiquant  les  abords  du  Théâtre  Royal. 

Etabli  de  E.  Noblet,  Editeur. 

Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  échelle  et  l'indication  du  noi'd  vrai  et  du  nord 
magnétique. 

Ce  plan  ne  donne  que  la  place  du  Théâtre  et  l'entrée  des  rues 

qui  y  aboutissent. 

Larg.  0'"-45.  haut.  0"'5'2. 

Fait  partie  d'une  collection  de  10  feuilles  de  dessin  publiées 

à  l'occasion  de  la  demande  de  projet   d'agrandissement  de   ce 

théâtre. 

1860. 

N°  98  bis.  Plan  intitulé  :  Liège. 

Dressé  par  A.  H.  Dufour.  Gravé  par  F.  Lefévre.  Écrit  par 
Langevin.  Itinéraire  de  la  Belgique  par  A.  J.  Du  Pays.  L. 
Hachette  et  C^^.  Editeurs.  Paris. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  24  numéros  et  a  et 
b,  à  gauche  du  cadre.  Le  plan  est  partagé  en  carrés  avec  des 
lettres  correspondantes  dans  la  légende. 

Ce  plan  est  assez  étendu  :  il  comprend  la  Chartreuse,  la  Fon- 
derie de  canons,  la  Citadelle,  les  bâtiments  de  St-Laurent,  etc. 

Gravure  sur  acier. 

Larg.  0"'15o,  haut.  0"'14. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Collection  des  Guides- 
Joanne.  Itinéraire  descriptif,  historique,  artistique  et  indus- 
triel de  la  Belgique  par  A.  J.  Du  Pays.  Paris,  Hachette.  1860. 
Un  volume  in-12.  Page  355. 

L'édition  qui  porte  la  date  de  1863  est  la  même. 

1860. 

N»  99  bis.  Plan  intitulé  :  Chemin  de  fer  Liégeois-Limbour- 
geois  et  Hollando~Belge,(:oncession  demandée  le  7  juin  1S5S. 
L.  Stevens  Ingénieur. 


—  637  — 

Etablissement   géographique    de  Bruxelles  fondé  par  Ph. 

Vander  Maelen. 

Echelle  de  1  à  20,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende. 

Ce  plan  contient  aussi  les  environs  de  la  ville  jusqu'à  Mille- 
morte,  Liers,  Voroux  et  Rocour,  au  nord  ;  Seraing,  Angleur, 
Chênée,  au  sud;  Alleur,  Loncin,  Gràce-Berleur,  à  l'ouest;  et 
Herstal  et  Jupille,  à  Test.  Il  indique  des  projets  de  chemins  de 
fer  vers  la  Hollande. 

Le  tronçon  principal  part  sans  plans  inclinés  de  la  station 
des  Guillemins,  passe  au-dessus  du  faubourg  St-Laurent  sur 
un  viaduc,  au-dessus  du  faubourg  Ste- Marguerite  à  l'aide 
d'arcades  pour  aboutir  à  Hocheporte,  où  il  y  a  une  station  cen- 
trale qui  occupe  les  terrains  jusqu'à  la  place  Ste-Claire.  De 
cette  station  centrale,  la  ligne  se  poursuit  en  passant  au-dessus 
de  la  rue  Pierreuse,  se  dirige  vers  la  cour  des  Mineurs,  où  elle 
se  bifurque.  C'est  à  peu  près  le  tracé  du  chemin  de  fer  de  cein- 
ture qui  a  été  exécuté  ;  mais  à  un  niveau  plus  bas. 

La  ligne  à  droite  se  dirige  vers  le  faubourg  Vivegnis,  puis 
continue  vers  Herstal  avec  un  embranchement  pour  le  bassin 
de  Goronmeuse  ;  ensuite  la  ligne  va  jusqu'à  Visé,  où  elle  se 
raccorde  au  chemin  de  fer  de  la  rive  droite,  en  projet, 

La  ligne  à  gauche  se  dirige  vers  les  Bayards,  puis  suit  la  côte 
du  Vallon  de  Préaile  à  Herstal,  et  se  dirige  vers  le  plateau  de 
Vottem.  De  ce  point  part  un  embranchement  allant  à  Ans.  La 
ligne  principale  se  dirige  par  Millemorte,  etc.  jusqu'à  Tongres, 
puis  va  se  raccorder  à  la  ligne  de  Maestricht  à  Hasselt. 

Il  y  a  une  variante  à  ce  tracé,  ainsi  qu'un  contre-projet  pour 
la  ligne  partant  des  Bayards,  passant  par  Millemorte  et  Liers, 
avec  un  embranchement  sur  Ans,  qui  est  à  peu  près  ce  qui  a 
été  exécuté. 

Ce  plan  est  un  extrait  des  cartes  n°*  14*,  ÎA^,  15'  et  15^  de  la 
grande  carte  de  la  Belgique  au  4/20,000  de  Vander  Maelen. 
Larg.  0"'.'i2,  haut.  0^95. 


-   638  _ 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Chemin  de  fer  liégeois- 
îinihourgeois-hoUando-belge.  Liège  à  Moerdyk  et  Gorcum,  par 
Herstal,  Glons,  Tongres,  Bilsen,  Ilasselt,  etc.  Demande  en 
concession,  formée  le  7  juin  1853,  par  L.  Stevens.  Liège. 
Lardinois.  1860.  Une  brochure  in-8. 

1860. 

N"  100.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Egout  latéral.  Plan  indiquant  la  nouvelle  direction  à  donner 
à  l'égout  latéral  aux  abords  du  canal  de  Liège  à  Maestricht 
ainsi  que  le  syphon  à  établir  sous  ce  canal  pour  faire  débou- 
cher Végout  latéral  dans  la  Meuse. 

Annexé  au  rapport  du  soussigné  en  date  de  ce  jour. 

Liège,  le  8  Décembre  1800. 

L' Ingénieur-Directeur , 

G.  BloiNDEN. 
Etabl*  de  E.  Noblet,  Editeur. 

Echelle  de  1  à  1,000. 
Avec  une  échelle, 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  depuis  la  Fonderie  de 
canons  jusqu'au-delà  de  l'écluse  de  garde.  On  y  a  indiqué  la 
direction  de  Tégout  d'après  le  projet  du  30  juin  1858,  et  la  nou- 
velle direction  proposée,  ainsi  que  le  siphon. 
Larg.  0"'52,  haut.  0™335. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 
publics.  Egout  latéral.  Rapport  de  M.  Blonden,  ingénieur- 
directeur  des  travaux  de  la  ville,  Concernant  le  projet  d'un 
siphon  à  établir  sous  le  Canal  de  Liège  à  Maestricht,  en  aval 
de  fècluse  de  garde,  près  de  la  Fonderie  de  Canons.  Liège. 
Redouté.  1861.  Une  brochure  in-8. 

1860. 

N°  101.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics.  Plan 
indiquant  :  1°  Les  emplacements  proposés  pour  le  pont  que 
MM.  Chies  et  Flechet  demandent  n  construire  sur  la  Meuse  à 


~  639  — 

St~Léonard.  2°  Vemplacement  du  pont  sur  le  Barbou.  S°  Le 

projet  de  quai  de  la  rive  droite  de  la  Meuse  depuis  le  pont  des 

Arches  jusqu^à   Vextrémité   aval    de   Vile   dit   Dos  Fanchon. 

4»  Le  projet  de  quai  le  long  du  Barhou  sur  Vile  du  Dos.  5°  Le 

projet  de  coninfunications  dans  les  Prés  St  Denis. 

Joint  aux   divers  rapports  du  soussigné  sur  les  projets  sus- 

mentionnés. 

Liège.,  Décembre  iS60. 

L  Ingénieur-Directeur, 

G.  Blonden. 
Lith.  deJ.  (Joune.  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  pont  des 
Arches,  les  quais  de  la  rive  gauche  depuis  ce  pont  jusque  vis- 
à-vis  du  Champ  de  manœuvre ,  le  Champ  de  manœuvre,  le 
Barbou  et  le  canal  de  dérivation  jusqu'au  pont  d'Amercœur,  la 
rue  Entre-deux-Ponts,  la  rue  Puits-en-Sock  et  la  Ghaussée-des- 
Prés  jusqu'au  pont  des  Arches. 

Larg.  0"'695,  haut.  On-Sl. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 
publics.  Pont  sur  la  Meuse  en  face  de  ^ancienne  porte  Sl- 
Lèonard. — Pont  sur  le  Barbou  à  Vextrémité  aval  du  Dos-Fan- 
chon. —  Quai  de  la  rive  droite  de  la  Meuse  depuis  le  Poni-des- 
Arches  jusqiVà  la  même  limite  duDos-Fanchon.  —  Communi- 
cation dans  les  Prés  St-Denis. 

Projet.  — Délibérations.  —  Observations.  —  Oppositions. 

Rapports  et  plan  de  M.  Blonden,  ingénieur-directeur  des 
travaux  de  la  ville.  Liège.  Redouté.  1861.  Une  brochure  in-8. 

1861. 

N^lOSbîs.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Dégagement  de  Vllôtel  provincial .  T^rojet  approuvé  par  arrêté 
royal  du  i6  Mai  1860. 


640 


Etabl'  de  E.  Nohlet.  Editeu,-. 

Echelle  de  1  à  200. 

Ce  plan  comprend  la  rue  Notger,  les  Degrés  St-Pierre,  et  une 
partie  de  la  place  St-Pierre  et  de  la  rue  Neuve  derrière  le 
Palais.  11  est  accompagné  de  3  profils  longitudinaux.  Le  talus 
entre  la  rue  Notger  et  la  rue  St-Pierre  est  franchi  au  moyen  d'un 
escalier  double  aboutissant  à  une  petite  place  de  niveau  avec  la 
rue  St-Pierre.  Des  bâtiments  auraient  été  construits  aux  deux 
côtés  de  l'escalier  et  une  rue  en  pente  aurait  conduit  de  la  rue 
Derrière  le  palais  à  la  rue  St-Pierre.  Ce  projet  a  été  abandonné, 
parce  que  l'Hôtel  du  Gouvernement  n'était  pas  assez  dégagé. 

Larg.  0m73,  haut.  0i"64, 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 
publics.  Nouveau  projet  pour  le  dégageinent  de  Vhôiel  pro- 
oincial  vers  In  rue  Notger.  Liège.  Redouté.  1861.  Un  vol.  in-8. 

1861. 

N"  103  ter.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 

Dégageinent  de  Vhôtel  provincial.  Nouveau  projet. 

Dressé  par    le  soussigné   le   20  Mai   i861.   Annexé  à  bOn 

rapport  du  SO  Juin  suivant. 

fj  Ingénieur-Directeur , 

G.  Blonden. 
EtnbP  de  E.  Noblet,  Editeur. 

Echelle  de  1  à  200. 

Ce  plan  a  la  même  étendue  que  le  précédent.   Il  est  aussi 

accompagné  de  trois  profils  longitudinaux.  Le  talus  entre  la  rue 

Notger  et  la  rue  St-Pierre  est  occupé  par  un  petit  square,    A 

gauche  est  un  escalier   remplaçant  les   Degrés  St-Pierre  et  à 

droite  une  rue  en  pente  conduit  de  la  rue  Derrière  le  palais  à  la 

rue  St-Pierre. 

Larg.  0"'79,  haut.  0"'62. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  précédent. 


—  641  — 

1861. 

N"  103  quater.  Plan  intitulé  :  Projet  d'une  grande  place  avec 
fontaine  et  amphithéâtre  aux  abords  de  l'Hôtel  provincial. 

Echelle  de  1  à  400. 

Avec  une  échelle  et  une  légende,  signée  : 
Liège,  5  Juin  186i. 

Le  membre  correspondant  de  la  cotnniissioh 
royale   des  monuments, 
Dewandre. 
Ce  plan  comprend    une  partie  du  Palais,  la  rue  des  Degrés- 
St-Pierre  et  la  rue  Neuve  derrière  le  palais. 

Le  talus  entre  la  place  St-Pierre  et  la  rue  Notger  est  formé  en 
amphithéâtre  avec  terrasses  étagées,  en  hémicycle.  Une  rampe 
contourne  cet  amphithéâtre  et  aboutit  à  la  place  St-Pierre  :  sa 
pente  est  de  0,066  pour  1  mètre. 

Larg.  0"'34,  haut.  O'^ii. 
Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université,  à  Liège. 

1862  ? 
Mo  -104  i)[s^  Plan  sans  titre  de  la  ville  de  Liège. 
Échelle  de  1  à  20,000. 

Ce  plan  est  dressé  à  l'appui  d'un  projet  de  station  intérieure 
sur  l'île  Franck.  Cette  station  est  reliée  à  la  station  de  Longdoz 
au  moyen  d'un  pont  sur  la  Dérivation,  et  à  celle  des  Guillemins 
par  une  voie  traversant  la  Meuse,  en  face  de  l'Evêché,  ainsi  que 
l'Ile  de  Commerce,  où  il  y  aurait  une  station,  et  le  chenal  du 
bassin,  près  de  la  chapelle  du  Paradis. 

Sur  ce  plan  est  également  indiqué  un  raccordement  entre  la 
station  de  Longdoz  et  celle  de  Vivegnis,  partant  du  pied  du 
Thier  de  la  Chartreuse  et  nécessitant  la  construction  de  trois 
ponts. 

Il  indique  aussi  le  point  de  départ  du  chemin  de  fer  du  plateau 
de  Hervé,  et  une  rectification  du  chemin  de  fer  de  l'Ourthe. 


<J4t> 


Laij;.  U"'-2-2o,  haul.  0""28. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

1862? 

N"   lui  ter.    Plan  sans  titre  d'une  partie  du  plan  précédent. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Ce  plan  comprend  la  station  de  Longdoz  et  le  projet  de 
station  sur  l'Ile  Franck. 

Larg.  0'"255,  haut.  0"'5I5. 
Sur  la  même  feuille  que  le  plan  précédent. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

•1862  ? 

iN"  104  quater.  Vue  intitulée  :  Pensionnai  des  filles  de  la 
Croix,  à  Liège. 

Lith.  J.  Crernetti,  r.  Lulay,  14,  Liège. 

Dessiné  et  gravé  par  C.  Lallemenl. 

C'est  une  vue  à  vol  d'oiseau  du  couvent  et  des  jardins  qui 
s'étendent  jusqu'à  la  citadelle. 

Larg.  0'"185,  haut.  0"'25. 

Se  ti'ouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université,  à  Liège. 

1862  1 

y>"  iOA  quinquc.  Plan  intitulé:  Plan  du  l'arc  ou  Jardin 
public  à  établir  à  la  Boverie,  à  Liège. 

Le  plan  de  Comparaison  du  nivellement,  etc. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  Meuse  et  la 
Dérivation  jus(|u"au  ]'uut  suspendu  projeté.  La  rue  Kenoz  est 
projetée. 

L'emplacement  du  parc  est  en  blanc. 

En  trois  lèuilles. 

Laii;    l"'i5,    haul.  0"'55. 


—  643  — 

Se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Université,  à  Liège. 

1862  ? 

N"  104  sex.  Plan  intitulé  :  Hospices  civils  de  Liège.  Plan  des 
parcelles  à  aliéner  dans  les  nouvelles  rues  du  Béguiiiage  St 
Christophe. 

N.  B.  Adresser  les  offres,  etc. 

Echelle  de  1  à  450. 

Ce  plan  offre  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  les  rues 

Jonfosse,  Sur  la  Fontaine  et   St-Ghristophe   et  le  Collège  des 

Jésuites. 

Larg.  0""625,  haut.  O'Hô. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Uejardin. 

1863. 

N"  104  septein.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 
publics.  Projet  de  Squares  et  de  Voies  spéciales  pour  les  Cava- 
liers et  les  Voitures  suspendues,  adopté  par  le  Conseil  Com- 
munal dans  sa  Séance  du  12  Juin  1863. 

Dressé  par  le  Soussigné  et  annexé  au  Cahier  des  Charges 
pour  Vexécution  de  ce  projet. 
Liège,  le  17  Jiàn  1863. 

L' Ingénieur-Directeur , 
G.  Blonden. 
Etab.  Lith.  et  Chrom.  de  L.  Severeyns-Michel,  Liège. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Ce  plan  ne  donne  que  le  boulevard  de  la  Sauvenière^  le  bou- 
levard et  le  quai  d'Avroy  jusqu'à  la  chapelle  du  Paradis.  Le 
square  vis-à-vis  de  la  rue  Darchis  et  celui  le  long  du  bassin  de 
Commerce  a  été  exécuté  ;  la  chaussée  macadamisée  pour  les 
cavaliers  et  les  voitures  suspendues  qui  coupait  la  promenade 
en  deux  depuis  le  pont  d'Avroy  jusqu'à  la  rue  Ste-Véronique, 
ne  l'a  pas  été. 

Larg.  î2a,02o,  haut.  0'"595. 


HVt 


Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 
publics.  Projet  de  ooies  spéciales  pour  les  cavaliers  et  les 
voitures,  le  long  des  boulevards  de  la  Sauvenière  et  d''Avroy. 
Liège.  Ledoux.  1863.  Une  brochure  in-8. 

1863. 

i\o  104  octu.  Plan  intitulé  :  Société  royale  d'horticulture  de 
Liège.  Projet  d^unjardiu  d'horticulture  et  d'' acclimatation ,  à 
exécuter  à  la  Boverie,  à  Liège. 

Etablissement  Lithographique  et  Chrom,ûlithograpJnque  de 
L.  Severeyns-Michel ,  rue  Sœurs-de-Hasque,  ii,  Liège. 

Echelle  de  1  à  3,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  Meuse,  la  Déri- 
vation et  la  rue  du  Parc,  avec  un  projet  de  parc  sur  cette  pointe 
de  terre. 

En  six  teintes. 

1863. 

N"  104  novem.  Sur  la  même  feuille  est  le  plan  de  la  partie  du 
parc  qu'on  propose  d'enclore  pour  y  créei'  un  jardin  d'acclima- 
tation, à  une  échelle  plus  grande. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  42  numéros. 

En  six  teintes. 

Ces  deux  plans  sont  dus  à  l'architecte  Remont.  père. 

Larg.  0'"575,  haut.  0'"585. 

Se  trouvent  dans  l'ouvrage  intitulé  :8ocié<t'  royale  d'horticul- 

I lire  de  Liège.  Projet  de  créer  un  jardin  d^ acclimatation  et  d'ex- 

pcrimenloAlo)!  de  plantes  et  d'iDiimaux  utiles  au  parc  de  la 

Booeri,e,  à   Liège.  Liège.    De   Thicr   et   Lovinfosse.  1863.  Une 

brochure  in-8. 

1866  ■! 

.\"'29L  l'I.iti  inliluii'    :    Xouvcau  quartier  ii    créer   n    Liège. 


—  645  — 

MeiUeui'  moyen  d'utlUser  Vile  de  Coimnerce.  (Projet  présenté 
par  M.  Inel.J 

Lith.  V^  Kirsch,  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  quai 
d'Avroy,  le  Parc  et  le  Jardin  d'acclimatation.  L'île  de  Com- 
merce est  couverte  de  bâtisses  traversées  par  des  rues  allant 
d'un  pont  à  l'autre. 

Larg.  OnO,  haut.  0"^24. 

Ce  plan  doit  être  joint  à  un  mémoire. 

1866. 

N"  292.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  de  quartier  sur 

tes  terrains  de  Vile  de   Commerce   dressé  et  proposé  par   le 

Géomètre  N.  Mulkay. 

Juillet  1866. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  comprend  la  partie  de  la  ville  limitée  aux  Bénédic- 
tines et  au  pont  de  la  Boverie,  au  nord;  les  environs  de  la  station 
des  Guillemins,  au  sud;  le  Jardin  d'acclimatation,  à  l'est,  et  les 
rues  Beckman,  Fabry,  etc.  à  l'ouest. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  un  bassin  de  refuge 
est  creusé  en  amont  du  pont  de  Commerce.  Ce  pont  est  pro- 
longé du  côté  de  la  ville  au-dessus  de  l'écluse  du  bassin.  Une 
seconde  écluse  contre  les  fermettes  sert  à  la  navigation  sur  le 
fleuve. 

Un  boulevard  de  d, 750™  de  longueur  dans  le  prolongement 
de  la  rue  des  Guillemins,  va  jusqu'à  la  place  de  l'Université. 

On  trouve  à  l'emplacement  du  bassin  comblé  et  de  l'île  une 
surface  de  terrains  à  bâtir  de  80,000  mètres  carrés. 

Larg.  0™645.  haut.  0'"il. 

Est  encore  dans  le  commerce. 


-    «46  — 

1866. 
N»  293.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet,  etc. 
C'est  le  même  plan  que  le  précédent,  modifié. 
Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  n'est  pas  remplacé.  La 
surface  de  terrain  à  bâtir  est  de  113,600  mètres  carrés. 
Larg.  0"'645,  haut.  O^ii. 
Est  encore  dans  le  commerce. 

1867. 

N°  294.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Projet  pour  l'appropriation  des  Terrains  de  Vile  dite  de  com- 
'merce.  Litta  A. 

Dressé  par  le  soussigné  Ingénieur  Directeur. 

Liège,  le  14  Février  IS67. 

G.  Blonden. 

Etablissement  Lithographique  de  Ch.  Claesen,  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue 
Darchis  et  le  pont  de  la  Boverie,au  nord;  le  parc  public,au  sud; 
les  quais  Orban  et  Mativa,  à  l'est,  et  le  quai  d'Avroy,  à  l'ouest. 

Le  bassin  reste  :  les  terrains  à  bâtir  sur  l'île  de  Commerce 
ont  une  surface  de  65,825  mètres  carrés. 
Larg.  0'"76,  haut.  0"'69. 

Se  trouve  joint  au  mémoire  intitulé:  Ville  de  Liège. Travaux 
publics.  Projet  d^ appropriation  des  terrains  de  Vile  de  Com- 
merce. Avril  1867.  Liège.  De  Thier  et  Lovinfosse.  1867.  Une 

brochure  in-8. 

1867. 

N"  295.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Projet  pour  V appropriation  des  Terrains  de  Vile  et  du  Bassin 
dits  de  commerce.  Litt"  B. 

Dressé,  etc. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  le  plan  précédent. 


—  647  — 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  reporté  contre  la 
Meuse  :  il  est  partagé  en  deux.  Le  pont  vis-à-vis  de  la  rue  de 
Fragnée  reste  :  l'écluse  près  de  l'Evêché  est  déplacée.  Il  y  a  un 
pont  fixe  entre  les  deux  bassins  dans  le  prolongement  du  pont 
sur  la  Meuse.  Les  squares  sont  agrandis  et  la  surface  des  ter- 
rains à  bâtir  est  de  67,025  mètres  carrés. 

Larg.  0'"76,  haut.  0"'i9. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  plan  précédent. 

1867. 

N"  296.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Etc.  Varianle  Litt"  a 
du  Projet  Litt"  B. 

Dressé,  etc. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  précédents. 

Le  bassin  d'amont  du  plan  précédent  est  supprimé  et  rem- 
placé par  un  chenal  :  le  pont  vis-à-vis  de  la  rue  de  Fragnée 
est  déplacé.  La  surface  des  terrains  à  bâtir  est  de  72,250  mètres 

carrés. 

Larg.  0"'76,  haut,  0'"49. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  deux  plans  précédents. 

1867. 

N"  297.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Etc.  Variante  Litt"  b 
du  Projet  Litt"  B. 

Dressé,  etc. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  précédents. 

Le  chenal  du  plan  présent  a  son  point  de  départ  plus  en  aval , 

de  sorte  que  la  surface  des  terrains  à  bâtir  est  portée  à  79,900 

mètres  carrés. 

Larg.  O'^Te,  haut.  0™49. 

Se  trouvedansle  même  ouvrageque  lestroisplans  précédents. 

1867. 

N^  298.  Plan  intitulé  :   Ville  de  Liège.  Etc.  Litf  C. 
Dressé,  etc. 


—  648  — 

Ce  plan  a  les  iiiènies  limites  que  les  précédents. 
Le  bassin  de  Commerce  est  supprimé  et  n'est  pas  remplacé. 
Le  barrage  d'aval  est  reporté  en  amont  et  à  côté  est  construite 
une  double  écluse.  La  surface  des  terrains  à  bâtir  est  donc  plus 
grande  :  elle  est  de  98,350  mètres  carrés. 
Larg.  0'"76,  haut.  OnQ. 
Se  trouve  dans  le  môme  ouvrage  que  les  quatre  plans  précédents . 

1867. 

N"  "299.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Etc.  Variante  du 
Projet  Litt"  C. 

Dressé,  etc. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  précédents. 

Il  n'y  a  de  différence  avec  le  plan  précédent  que  dans  la 

division  des  terrains  à  bâtir  dont  la  surface  e.st  portée  à  103,050 

mètres  carrés. 

Larg.  0"'7t>.  haut.  0'"49. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  cinq  plans  précédents. 

1867. 

.\"  300.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Ile  de  Commerce. 
Projets  d' approp riation  proposés  par  le  géomètre  N.  Mulkay. 

Echelle  de  1  à  6,250. 

Ce  plan  s'étend  depuis  la  place  St-Lambert  et  le  pont  des 
Arches  au  nord,  jusqu'à  la  chapelle  du  Paradis  et  la  station  des 
Guillemins  au  sud  ;  il  est  limité  à  la  Meuse  à  l'est  et  au  faubourg 
St-Gilles  et  la  rue  Louvrex  à  l'ouest. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé.  Un  boulevard  de  1,750 
mètres  de  longueur  dans  le  prolongement  de  la  rue  des  Guille- 
mins va  jusqu'à  la  place  de  l'Université.  De  là  part  une  rue  qui 
aboutit  à  la  place  St-Lambert.  Une  autre  rue  part  du  quai 
Cockerill  pour  aboutir  à  la  rue  du  Pont  d'Avroy  en  empruntant 
la  rue  du  Moulin.  Le  bassin  de  Commerce  est  reporté  contre  la 
.Meuse  en  ainonl  du   pont  de  Conmiercc.  La  surface  de  terrain 


649 


à  bâtir  sur  l'emplacement  de  l'île  et  du  bassin  est  de  78,000 

mètres  carrés. 

Larg.  OnOS,  haut.  0'"22. 

Se  trouve  joint  au  mémoire  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Appro- 
priation des  terrains  de  Vile  de  Commerce.  Plan  et  rapport 
Adressés  à  Messieurs  les  Président  et  Mem.bres  du  Conseil 
communal  de  la  ville  de  Liège.  Par  N.  Mulkay,  Géomètre. 
Liège.  A.  Faust,  1867.  Une  brochure  in-8 

1867. 

N^SOl.  Plan  intitulé  :  Hospices  civils  de  Liège.  Avant-projet 

de  reconstruction  de  VHôpital  de  Bavière.  Plan  litt"  A. 

Dressé  par  V Architecte  soussigné. 

Liège  le  '2i  Juin  1867. 

E.  Halkin. 

Etab:  Lith:  de  Ch.  Claesen,  Faub.  St  Laurent  61 ,  Liège. 
-       Echelle  de  là  1,000. 

Avec  une  échelle  et  une  rose  des  vents.  La  légende  se  trouve 
dans  le  texte. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  Meuse, 
les  rues  Ghaussée-des-Prés  et  Puits-en-Sock,  la  rue  des  Ré- 
collets, la  rue  En-Châtre,  etc. 

On  y  a  indiqué  le  tracé  d'un  nouvel  hôpital  sur  les  terrains 
de  l'hôpital  de  Bavière  actuel,  ainsi  que  divers  projets  de  rues. 

Larg.  0'"42,  haut.  0"'29. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :    Hospices  civils  de  Liège. 

Rapport    de    la   commission  spéciale  instituée  pour  Vexam,en 

des  Plany.  d' Agrandissement  et  d' Amélioration  de  l'hôpital  de 

Bavière.  21  Juin  1867 .  Liège.  De  Thier   et  Lovinfosse.  1867. 

Un  volume  in-12. 

1867. 

N°  302.  Plan  intitulé  :  Hospices  civils  de  Liège.  Avant-projet 
de  reconstruction  de  VHôpital  de  Bavière.  Plan  litt"  B. 


—  650  — 

Dressé  par  ^Architecte  soussigné. 
Liège  le  ^21  Juin  1867. 

G.    Umé. 
Etab:  Lith:  de  Ch.  Claesen,  Faub.  St  Laurent  67,  Liège. 

Echelle  de  1  à  1,000. 
Avec  une  échelle  et  une  rose  des  vents. 
Ce  plan  est  fait  dans  les  mêmes  limites  que  le  plan  urécédent. 
Le  tracé  de  l'hôpital,  ainsi  que  celui  des  rues  nouvelles  est 
autre  que  dans  le  premier  plan, 

Larg.  0™29,  haut.  0'»42. 
Se  trouve  dans  le  même   ouvrage   que  le  plan   précédent. 

1867. 
N°303.  Plan   intitulé  :  Avant-Projet   d'Emplacement  d'une 
Station  de  Marchandises  avec  Bassin  de  Conimeree,  Entrepôt, 
etc.,  etc.  Comprenant  la  suppression  du  Fourchu-Fossé  et  ren- 
dant Navigable  la  Dérivation  de  la  Meuse  à  Liège. 
Liège  le  i3  Septembre  1867. 

N.  MuLKAY,  G.  Umé. 

géomètre.  architecte. 

Etabl.  Photolithographique  de  Ch.  Claesen  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  7,400. 

Avec  une  échelle. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  station 
des  Guillemins,  celle  deLongdoz  et  l'entrée  du  canal  de  l'Ourthe 
dans  la  Meuse.  Le  bras  de  l'Ourthe  dit  Fourchu-Fossé  est  sup- 
primé et  les  eaux  de  cette  rivière  se  rendent  dans  la  Dérivation 
de  la  Meuse,  en  aval  du  pont  suspendu, par  le  bras  qui  longe  les 
îles  Jodry,  Bernimolin  et  aux  Ecorces,  qui  est  élargi.  Un 
bassin  est  creusé  sur  l'île  des  Cochons,  communiquant  avec  le 
canal  de  l'Ourthe  et  avec  la  Dérivation.  A  côté  sont  des  entrepôts. 
Sur  nie  des  Aguesses  est  une  station  pour  les  marchandises. 
Larg.  0"'r)15,  haut,0"'255. 


—  651  — 

Se  trouve  joint  au  mémoire  intitulé  :  Avant-projet  d'empla- 
cement dune  station  générale  de  marchandises  avec  bassin  de 
commerce,  entrepôt,  etc.,  comprenant  la  suppression  du 
Fourchu-Fossé  et  rendant  navigable  la  dérivation  de  la 
Meuse  à  Liège,  par  Mulkay  et  Umé.  Liège.  De  Thier  et  Lovin- 
fosse.  1867.  Une  brochure  in-8. 

1867. 

N°  304.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  d'appropria- 
tion des  terrains  de  Vile  du  Comm,erce  par  M.  E.  Halkin, 
architecte. 

Supplément  au  journal  Le  Foyer. 

Echelle  de  1  à  4,000. 

Ce  plan  s'étend  depuis  le  pont  de  la  Boverie  jusqu'au  chemin 
de  1er  de  la  houillère  du  Paradis. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  remplacé  par  un  petit 
bassin  situé  à  la  pointe  sud  de  l'île  de  Commerce.  Un  autre 
bassin  avec  entrepôt  et  chemin  de  fer  communiquant  avec  la 
station  est  creusé  à  la  pointe  nord  de  l'île.  II  y  a  6  lots 
de  terrain  à  bâtir,  d'une  contenance  de  79,314  mètres  carrés. 
Larg  0'".^65,  haut.  O'^S^. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1868. 

N"  305.  Vue  intitulée  :  Liège.  Théâtre. 

Prise  de  l'entrée  de  la  place  Verte. 

C'est  une  reproduction  du  n°  79  sex  avec  la  statue  de  Grétry 

au  centre  du  square  qui  a  été  établi  sur  la  place. 

Larg.  O-^IS,  haut.  D'ILOTS. 

Fait  partie  de  la  collection  de  16  vues  mentionnées  aux  n"* 

79  à  79  tredecim. 

1869. 

N»  306.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  pour  Vappro- 
priation  des  Terrains  de  Vile  et  du  Bassin  dits  de  commerce. 
x>7  Mai  1869. 


—  65i2  — 

Etabl.  Ijth.  de  C.h.  Claesen,  Ri(e  Jardin  Botanique  N"  26  à 
Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  n"»  294  à  299  de  1867.  Il 
est  dû  à  M.  Orban-Lamarche. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  reporté  contre  la  Meuse 
en  amont  du  pont  de  Commerce.  Le  pont  vis-à-vis  de  la  rue  de 
Fragnée  reste  ;  l'écluse  près  de  l'Evêché  est  déplacée  et  rem- 
placée par  deux  autres  :  l'une  pour  les  bateaux  à  vapeur  com- 
muniquant directement  avec  la  Meuse  en  amont  et  en  aval,  au 
moyen  du  déplacement  du  barrage,  et  l'autre  communiquant 
avec  le  bassin  par  un  chenal  passant  sous  le  pont  de  Commerce 
prolongé. 

Les  squares  sont  agrandis  et  la  surface  des  terrains  à  bâtir 
est  de  99,000  mètres  carrés. 

Larg.  O-^Te,  haut.  Oq49. 
Se  trouve  joint  à  un  mémoire  manuscrit. 

1869. 

N"307.  Plan  intitulé  :   Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège. 
Propriété    L.    Severeyns,  Imprimeur   de  V Administration 
Provinciale.  Liège. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

C'est  le  même  plan  que  celui  de  1866,  n°  108;  mais  la  légende 
n'y  est  pas.  On  a  prolongé  quelques  parties  en  dehors  du  cadre, 
pour  comprendre,  au  nord,  la  station  de  Vivegnis  ;  à  l'est,  le 
Champ  de  manœuvre  et  le  Tir  communal  ;  au  sud,  le  prolonge- 
ment de  la  station  des  Guillemins,  et  à  Touest,  l'établissement 

de  Fontainebleau. 

Larg.  0"'ôO,  haut.  0'"25. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Grand  tir  international 
et  fêtes  liégeoises  organisés  Sous  le  patronage  de  V Administra- 
tion communale,  par  la  garde  civique  et  les  habitants  de  Liège 


♦)5: 


avec  le  concours  de  la  cille  de  iSpa  El  des  gardes  cioiques  d<:. 
Verviers  et  de  Huy.  Carnet-guide  contenant  le  programme 
officiel  des  fêtes  et  du  tir  international  de  Liège  et  de  Spa;  les 
indications  nécessaires  à  Messieurs  les  étrangers;  le  plan  de 
la  ville  de  Liège,  etc.,  etc.,  etc.  Liège.  N.  Redouté,  imprimeur 
du  Comité  des  fêtes.  1869.  Une  brochure  in-18. 

1869. 

N"  308.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Chemin  de  fer  améri- 
cain. Plan  général  du  parcours  des  voies. 
Liège,  le  15  Novembre  1869. 

P.-J.  MARMONT. 

Le  mandataire, 
F.  DE  Grandvoir. 
Lithographie  de  H.  Dessain  Imprimeur  Libf. 
N"  i.   S*  tirage. 

Echelle  de  1  à  2,500. 
Avec  une  échelle. 

Ce  plan  donne  toute  la  partie  de  la  ville  parcourue  par  le 
chemin  de  fer  américain,  depuis  la  station  des  Guillemins,  en 
passant  par  la  rue  de  la  Station,  le  quai  et  le  boulevard  d'Avroy, 
le  boulevard  de  la  Sauvenière,  la  place  St-Lambert,  la  rue 
Féronstrée,  le  faubourg  St-Léonard,  jusqu'à  la  Fonderie  de 
canons,  avec  une  annexe  jusqu'à  Coronmeuse.  Un  embranche- 
ment part  de  la  place  du  Théâtre  et  va  jusqu'à  la  station  de 
Longdoz.  Cet  embranchement  est  encore  relié  à  la  ligne  prin- 
cipale le  long  de  tout  le  quai  Gockerill  ;  mais  cette  ligne  n'a  pas 
été  maintenue.  Il  y  a  en  outre  des  raccordements  ultérieurs  à 
travers  l'île  de  Commerce. 

L'appropriation  de  l'île  de  Commerce  est  indiquée  avec  un 
jardin  public,  une  partie  bâtie,  un  bassin  en  amont  du  pont  de 
Commerce  et  deux  écluses  en  aval,  l'une  pour  les  bateaux 
ordinaires  et  l'autre  pour  les  bateaux  à  vapeur,  avec  déplace- 
ment du  barrage. 
En  trois  feuilles. 


654 


Larg.  (""f-O,  haut.  O^TO. 
Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

1869. 

N°  309.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  de  l'Université.  On  voit  les  bâti- 
ments de  l'Université  au  premier  plan  à  gauche,  et  en  avant 
l'ancien  pont  des  Arches,   quoique  le  nouveau  soit  construit 

depuis  1860. 

Larg.  O^Ofii,  haut.  0'"026. 

Se  trouve  sur  la  carte  intitulée  :  Nouvelle  Carte  Illustrée  de 
la  Belgique,  in(li(jU'int  les  Chemins  de  fer,  Hautes,  Canaux  et 
Rivières, Publiée  à  la  librairie  Universelle  de  J .Rozez, Editeur, 
N"  87,  Rue  de  la  Madeleine,  Bruxelles.  1869. 

1870. 

N^SIO.  Plan  intitulé  :  Plan  de  la  ville  de  Liège.  1870. 
Lith.  de  J.  Coune  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende  donnant  les  surfaces  de  la 
Ville  ancienne,  teintée  en  noir  sur  le  plan,  de  la  Ville  nouvelle, 
teintée  en  jaune,  et  de  la  Ville  en  construction,  teintée  en  rouge. 

Ce  plan  ne  donne  que  les  rues  principales.  Il  indique  un 
projet  de  rue  allant  de  la  station  des  Guillemins  à  la  chapelle 
du  Paradis  en  ligne  droite;  là  il  y  aurait  un  pont  sur  la  Meuse 
et  puis  une  autre  rue  en  ligne  droite  irait  jusqu'à  la  rue  Crétry, 
traversant  le  Jardin  d'acclimatation,  passant  sur  le  pont  sus- 
pendu, puis  remplaçant  la  rue  d'Harscamp. 

Une  autre  voie,  intitulée  :  Boulevard  Extérieur,  partirait 
également  de  la  station  des  Guillemins,  aboutirait  en  ligne 
droite  à  la  rue  de  Fragnée  à  l'endroit  de  la  rue  St-Maur  :  de  là, 
au  moyen  d'un  coude,  elle  arriverait  à  angle  droit  sur  la  Meuse, 
qu'elle  traverserait  sur  un  pont  placé  à  l'extrémité  du  déversoir 
et  puis  par  une  troisième  ligne  droite  aboutirait  au  Beau  mur 
(ancien  casino). 


ri55 


Entin  l'île  du  Commerce  serait  translormée  en  Parc  et  1  on 
pourrait  bâtir  à  l'emplacement  du  Jardin  d'acclimatation  et  du 
Parc  public,  qui  bien  entendu  devrait  avoir  accès  sur  le  deu- 
xième pont. 

Larg.  0"'o.45.  haut.  O^ÔO. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé   :   Sur  V appropriation  de 

Vile  du  Commerce,  par  Marcellis.    Liège.  J.  Desoer.  1870.  Un 

volume  in-8. 

1870. 

N°  311.  Plan  intitulé  :  Plan  des  abords  des  Bains  St  Michel. 
Imp:  Lith:  Ed:  Protin,  Liège. 

Echelle  de  1  à  2  500. 
Ce  plan  comprend  la  partie  de  la  ville  située  entre  les  rues  des 
Dominicains,  du  Pont-d'Ile,  la  p'ace  St-Lambert  et  la  place 
St-Michel.  Tous  les  hôtels  y  sont  indiqués. 
Larg.  0"MO,haul.  O^ISS. 
Se  trouve  joint  à  l'avis  annonçant  l'ouverture  des  bains  St- 
Michel   pour  le  12  juillet  1870. 

1870. 

N° 312. Plan  intitulé:  Ville  de  Liège. Administration  des  hos- 
pices cioils.  Plan  annexé  au  programme  du  concours  ouvert 
pour  la  présentation  des  plans  d'unnouvelHàpital  à  construire 
sur  les  terrains  dits  des  Capucins,  situes  Rue  volière. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen  Editeur  à  Liège. 
Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  Note. 

Ce  plan  est  limité  aux  rues  Pierreuse,  Volière,   St-Servais, 
Ste-Glaire  et  à  la  route  de  Ste-VValburge. 
En  deux  feuilles. 

Larg.  0'"79,  haut.  O^ôO. 

Se  trouve  joint  à  la  brochure  intitulée  :  Ville  de  Liège. 
Administration  des  hospices  civils.   Programme  du  Concours 


656 


/jour  la  présentation  des  plans  relatifs  à  Vérection  d'un  hôpi- 
tal  à   Liège,  sur  les  terrains  dits  :  des  Capucins  et  situés  ru 
Volière.  Liège.  Gh.  Ledoux.  1870.  Une  brochure  in-8. 

1871. 

N"  '.M'a.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  du  charbonnage  du 
Paradis  d''Avroy  et  Boverie.  Ce  plan,  ainsi  que  les  4  coupes 
A,  B,  C,  D  /Planches  J  'a  IV)  étaient  joints  au  rapport  de  Juin 
1870  de  M.  l'Ingénieur  Pi^incipal  Hatnal.  Planche  I. 

Liège.  Etablissement  Géographique  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  les 
travaux  des  houillères. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  les  rues 
Darchis,  Fusch,  Courtois,  le  Chemin  de  fer,  la  rue  du  Plan- 
Incliné  et  la  Meuse. 

Larg.  0''445,  haut.  0"'74. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Exposé  de  la  défense  des 
charbonnages  liégeois  adressé  à  M.  le  Ministre  des  travaux 
publics  par  la  Société  anonyme  de  Charbonnages  du  Paradis- 
d''Avroy  et  Boverie.  Causes  véritables  des  lézardes  et  des 
affaissements  du  sol.  Liège.  De  Thier.  1871.  Un  volume  in-4. 

1871. 

N"  314.  Plan  intitulé  :  Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège,  des 
faubourgs  et  des  environs  d'après  les  documents  officiels. 

Librairie  générale  et  universelle  de  Charles  Gnusé  à  Liège, 
Place  du  théâtre  15  bis  et  21.  1871. 

Gravé  par  G.  Roux.  Imp.  par  F.  Van  Dam. 

Etablissement  Géographique  de  Bruxelles  fondé  en  1830 
par  Ph.  Vandermaelen. 

Propriété  de  Charles  Gnusé  [libraire.  Editeur  à  Liège.  Déposé 

Avec  une  légende  pour  les  édifices  publics,  monuments,  etc., 
les  rues  et  les  places,  hors  du  cadre,  ainsi  que  des  annonces. 


—  657  — 

Larg.  0"'47,  liaul.  0"'39. 
Est  encore  dans   le  commerce. 

1871. 

N"  315.  Plan  intitulé  :  Plan  de  la  ville  de  Liège  avec  indica- 
tion de  la  position  des  principales  couches   de  houille  à  '200'" 
de  profondeur  sous  la  Meuse.  Planche  I. 
Liège.  Etahlissement  Géographique  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  5,000. 
Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Ce  plan  s'étend  d'un  côté  jusqu'au  chemin  de  fer,  de  la  gare 
des  Guillemins  à  celle  du  Haut-Pré,  et  de  l'autre  jusqu'à  la 
Dérivation  et  la  rue  Basse-Wez.  Il  a  à  sa  limite  les  bures  du 
Rosier,  de  FAumônier,  de  Ste  Marguerite,  de  la  Plomterie,  du 
Baneux,  et  du  Paradis,  la  fabrique  d'armes  de  l'Etat,  l'église 
St-Remacle,  le  casino  du  Beau-Mur,  etc.  Il  indique  la  limite  de 
toutes  les  concessions,  ainsi  que  celle  du  terrain  non  concédé 
sous  le  centre  de  la  ville. 

Larg.  O'^SS,  haut.  0'"67. 
Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Des  affaissements  du  sol 
produits  par  l'exploitation  houillère.  Mémoire  adressé  à 
V administration  communale  de  Liège  par  Gustave  Dumont, 
ingénieur  des  mines.  Liège.  L.  De  Thier.  1871.  Un  vol.  in-4  et 
un  vol.   de  planches.  Planche  I. 

1871. 

N°  316.   Plan  intitulé  :   Houillère  Ste  Marguerite.    Fig.  I. 
Planche  IV. 

Echelle  de  1  à  ^2,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Donne  la  partie  du  faubourg  St-Laurent  depuis  la  porte  St- 
Martin  jusqu'au-delà  de  la  caserne. 

Larg.  O-^li,  liaul.  0'"50. 
Se  trouve  dans  !e  m^me  ouvr?igequp  le  plan  préiv-rleiit.  PI.  IV  . 


658 


1871. 

N"  317.   Plan  intitulé   :    Houillère  de   Belle   Vue.  Fig.    2. 
Planche  IV. 

Echelle  de  1  à '2,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Donne  la  même  partie  que  le  plan  précèdent. 

Larg.  0"' 14,  haut.  O-^SS. 
Sur  la  même  feuille  que  le  précédent. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  deux  plans  précé- 
dents. PI.  IV. 

1871. 

N"  318.   Plan    intitulé  :    Houillère   de   Belle   Vue.    Fig.  3. 
Planche  IV. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 

Donne  la  même  partie  que  les  deux  plans  précédents. 

Larg.  0"' 14,  haut.  0'"-25. 
Sur  la  même  feuille  que  les  deux  précédents. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 
PI.  IV. 

1871. 

N''319.Plan  intitulé:  Houillère  du  Baneux.  Plan  des  travaux 
dans  la  couche  5  Pieds.  Planche  V. 

Liège.  Etablissement  Géographique  de  A.J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  2,000. 
Donne  une  partie  du  faubourg  Vivegnis. 
Larg  0"'12,  haut.  O'MO. 
Sur  la  môme  planche  il  y  a  une  coupe. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  V. 

1871. 
N»320.  Plan  intituié.  Houillère  delà  Chartreuse.  Planche  VI. 

Echelle  de  1  à  1,000. 
Avec  une  légende  et  une  rose  des  ventg. 


659 


Donne  une  partie  de  la  rue  Basse-Wez. 

Lart?.  O^lô,  haul.0'"18. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  VI. 

1871. 

N"321.Plan  intitulé:  Cliarhonnage  d'Aoroy  et  Boverie.  Plan. 
Planche  VIL 
Liège.  Etablissement  Géographique  deA.J.  Vossen, 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 

Donne  la  Meuse,  le  quai  de  Fragnée,  la  rue  de  Fragnée  et 

celle  du  Paradis. 

Larg.  0'"13,  haut.  0">I8. 

Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  coupe. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  Vil. 

1871. 

N"  322.   Plan  intitulé  :  Houillère  Ste  Marguerite.  Planche 
y/7/.  Planche  IX. 
Liège.  Etablissement  Géographique  de  A.  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  en  caractères  rouges,  une  en  caractères 
noirs  et  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  comprend  la  partie  du  faubourg Ste-Marguerite  entre 
le  commencement  du  chemin  du  Bas-Rhieux  jusque  vers  l'em- 
branchement de  la  rue  Basse-Chaussée  et  de  la  chauss^'e  de 
Glain.  A  droite  il  s'étend  jusqu'à  la  houillère  Ste-Marguerite  et 
les  moulins  Streel,  Roumieux,  Watrin  et  VVéry. 

Larg.  0i>i28,  haut  O-^Ii. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  YIII 

(rouge).  PI.  IX  (noir). 

1871, 

N"  323.  Plan  intitulé  :  Houillère  de  la  Chartreuse.  Plan  des 
Travaux.  Planche  X. 


—   (ÎHO    — 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  représente  les  environs  du  carrefour  formé  par  les 
rues  Sous-l'Eau,  Queue-d'Oignon,  la  ruelle  de  Bressoux  et  la  rue 

Laid-Fossé. 

Larg.  0™15,  haut.  OmlO. 

Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  coupe. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  X. 

1871. 

N"  324.  Plan  intitulé  :  Chai'bonnacje    de    La  Hayi.  Planche 

X.I.  Fig.  I. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 
Donne  la  partie  du  faubourg  St-Laurent  entre  les  maisons  de 
Lantremange  et  Godenne. 

A  été  reproduit  en  1875  (N»  355).  PI.  XI. 

Larg.  0"il4,  haïU.  O'"lo. 

Se  trouve  dans  le   même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PL  XI. 

1871. 

N"  325.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  la  Belle-  Vue. 
Planche  XL  Fig.  2. 

Liège.  Etablissement  Géographique  de  A.  ./.   Vossen. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 

Représente  la  partie  du  faubourg  St-Gilles  comprise  entre  la 
rue  Louvrex  et  la  rue  Bassenge  ;  il  donne  donc  la  rue  Henkart, 
la  rue  Renier  et  le  commencement  de  la  rue  Louvrex. 

A  été  reproduit  en  1875  (N»  357).  PL  XIV. 

Larg.  0""  19,  haut.  0"'H. 

Sur  la  môme  feuille  que  le  précédent. 

Setronvp  dans  Ip   même  onvrag»^  que  les  précédents.  PI.  XL 


-   661   — 

1871. 

N"  326.  Plan  intitulé  :  Houillère  du  Baneux.   Planche  XIII. 
Liège.  Etahlissement  Géographique  de  A.J,  Vossen. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 
Présente   la    prison   St-Léonard    et   le   connnencement  du 
faubourg  Vivegnis. 

Larg.  O^Sô,  haut.  0'"16. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  XIII. 

1871. 

N»  327. Plan  intitulé:  Charbonnage  d'Avmy-BoveHe.Pl.XV. 
Lith,  de  H.  Dessain,  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Avec  une  légende. 

Ce  plan  est  limité  à  la  rue  de  Sluse,  au  Jardin  botanique,  à  la 
rue  des  Augustins,  au  quai  Gockerill,  aux  établissements  Mar- 
cellis,  au  quai  Orban  jusqu'au  moulin  à  tan,  à  la  ruelle  Fran- 
cotte,  au  chemin  de  fer  et  à  la  houillère  de  Paradis  et  au 
chemin  de  fer  de  l'Etat. 

Larg.  O^iS,  haut.  OmSo. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  XV. 

1871. 

N**  328.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  la  Haye.  Planche 
XVIII. 

Liège.  Etablissement  Géographique  de  A.  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 
Limité  aux  rues   Bassenge,  Fuscli,   Louvrex,  des  Anges,  du 
Laveu  et  le  chemin  de  fer  de  l'Etat. 

I,ars.  O^^O,  haut.  0'"24.. 


—  6  ;2  — 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PL  XVIIl. 

1871. 
N**329.  Plan  intitulé  ;  Charbonnage  du  Val  Benoit.  Planche 
XX. 

Liège,  Etablissement-Géographique  A .  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  3,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Donne  lé  pont  du  Val-Benoît  et  la  rive  gauche  de  la  Meuse 

depuis  l'ancien  couvent  du  Val-Benoît  jusqu'au-delà  de  la  rue 

Neuf-Pavé. 

Larg.  0"'2i,haui.  O^âO. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  XX, 

1871. 

N^  330.  Plan  intitulé  ;  Houillère  de  la  Plomterie.  Planche 
XXI.  Planche  XXII. 

Liège. Etablissement  Géographique  de  A.  J.  Vossen. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  légende  en  caractères  rouges  et  une   en  caractères 
noirs,  et  une  rose  des  vents. 

Donne  la   partie  du  faubourg   Ste-Walburge  s'étendant  en 
deçà  de  la  rue  VieilIe-Voie-de-Tongres  et  au-delà  de  l'église. 
A  été  reproduite  en  1875  (N"  360). 

Larg.  0'"-25,  haut.  O'-'âS. 
Se  trouve  dans  le  môme  ouvrage  que  les  précédents.  PL  XXI 
(rouge).  PI    XXII  (noir). 

1871. 

N"  331.   Plan   intitulé  :  Houillère  de   Laumonier.  Planche 
XXI V. 

Liège.  Etablissement  Géographique  de  A.  J.    Vossen. 

Echelle  de  1  à  1,250. 
Avec  une  légende  et  une  rose  de.s  vents. 


663 


Donne  la  rue  de  l'Ouest,  la  rue  Got'fin  et  une  partie  du  fau- 
bourg Ste-Marguerite. 

A  été  reproduit  en  1875  (N"  361). 

Larg.  O-^â?,  haut.  0'"'20. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  XXIV. 

1871. 

N°  332. Plan  intitulé  .Houillère  de  Belle  Vue.  Planche  XXV. 
Lith.  de  H.  Dessain,  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 
Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  l'église  St -Chris- 
tophe, la  place  du  Béguinage,  la  rue  Jonfosse,  la  rue  Louvrex, 
la  rue  des  Augustins  et  le  boulevard  d'Avroy. 
Larg.  0"'56,  haut.  O-^SS. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  précédents.  PI.  XXV. 

1872. 

N°  333.  Vue  intitulée  :  Le  pont  des  Arches  à  Liège.  {Dessin 
original. J  A.  Doms.  H.  V. 

Cette  vue  est  prise  du  quai  de  l'Université  avant  que  les 
murs  de  quai  ne  soient  construits.  On  voit  au-dessus  du  pont 
les  tours  de  St-Barthélemi  et  le  Mont-de-Piété.  A  droite  s'étend 
le  quai  des  Pêcheurs,  au-dessus  des  maisons  duquel  s'élève  la 
tour  de  St-Pholien. 

Larg.  0™21,  haut.  O-^IG. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé;  L'illustralion  européenne. 
Deuxième  année.  iS71-i87S.  Bruxelles.  In-folio.  Page  65. 

Et  dans  le  :  Guide-album  du  voyageur ,  bystème  de  publicité 
breveté  en  Belgique  et  à  V étranger.  S.  G.  D.  G..  Deuxième 
édition.  Bruxelles,  L.  Jourdain,  éditeur.  E.  Guyot.  1877.  Un 
vol.  in-4.  Page  126  (•). 

(^)  \,p  titre  dans  re  dernier  ouvrage  est  :  Vue  (tu  Pont  (tes  Arches,  à  l.iép» . 


—  664  — 

1872  •! 

N"  334.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Plan  général  du 
Parcours  des  voies  du  Chemin  de  fer  américain.  Indication 
des  haltes  et  tarif  des  péages  liour  voyageurs  et  marchandises . 

Etablissement  Géographique  A.  J.  Vosse^i,  Liège. 

Imp.  Lithog.  L.  Severeyns,  Liège.  Déposé. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Avec  une  échelle  et  une  légende. 

C'est  une  copie  réduite  du  plan  de  1869,  N"  308. 

Larg.  O-^SS,  haut.  O-^aô. 

Sur  la  même  feuille  est  le  Tableau  des  distances  et  le  tarif 
pour  les  voyageurs  et  les  marchandises,  ainsi  que  la  Carte  des 
chemins  de  fer  des  environs  de  Liège  publiée  en  1871.  (N" 242.) 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1872. 

N"  335.  Plan  intitulé  :  Nouveau  plan  linéaire  de  la  ville  de 
Liège.  Nouveau  plan  linéaire  instantané  de  la  ville  de  Liège. 
4872.  Septembre.  Propriété. 

Lith.  de  P.  Hahn  à  Liège. 

Avec  une  légende  et  une  liste  des  rues  et  édifices,  hors  du 
cadre,  correspondant  à  des  carrés  numérotés  de  A  à  Jet  de  1  à  4. 

Dans  ce  plan  les  rues  sont  indiquées  par  une  seule  ligne. 
Larg.  0"H3,  haut.  0'"M. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

Se  trouve  aussi  dans  le  :  Guide  de  l'étranger  à  Liège  et  dans 
ses  environs,  par  Ph.  de  Bruyne.  Liège.  Léon  De  Thier.  1873. 
Un  volume  in-12. 

1872  V 

N"  336.  Plan  intitulé  :  Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège, 
Edité  par  L.  Severeyns,  Imprimeur. 
Im.p.  LitJi.  L.  Severeyns,  Liège. 

Echelle  de  1  à  10,000. 


-   665   - 

Avec  une  légende  dans  le  cadre,  et  hors  du  cadre  une  liste 
des  rues,  impasses,  avenues,  boulevards,  faubourgs,  quais, 
places,  édifices  publics  et  monuments,  par  ordre  alphabétique 
et  avec  indication  de  leur  position  sur  le  plan.  Il  y  a  de  plus 
des  annonces  dans  les  quatre  angles. 

Ce  plan  est  divisé  en  carrés  de  0,05  de  côté. 

Larg.  0™o05,  haut.  O^iG. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1873. 

N"  337.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  de  la  Cité  du  Haut- 
Pré.  36  Maisons.  PL  I. 

Liège.  H.  Vaillant-Carmanne  et  C'". 

Echelle  de  1  à  400. 

Donne   la  partie   de   la  ville   comprise   entre  les   rues   de 

l'Ouest, du  Haut-Pré  et  des  propriétés  particulières.  Les  maisons 

ouvrières  sont  situées  des  deux  côtés  des  rues  de  Waremme  et 

de  Fexhe. 

Larg.  0'"44,  haut.  0n2. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Société  anonyme  liégeoise 
des  maisons  ouvrières  fondée  à  Liège,  Belgique,  le  2i  Sep- 
tembre iS67.  Notice  sur  les  travaux  de  la  société.  Plans, 
devis,  cahier  des  charges.  Liège.  Vaillant-Carmanne.  1873.  Un 

volume  in-8. 

1873. 

N^  338.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  des  SI  maisons  de  la 
cité  de  la  rue  Kinet,  à  Grivegnée.  PI.  IL 
Liège.  H.  Vaillant-Carmanne  et  C'". 

Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  légende. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue  Basse-Wez, 
la  ruelle  Henvard  et  les  propriétés  particulières.  Les  maisons 
ouvrières  sont  bâties  des  deux  côtés  de  la  rue  Kinet. 


H66 


Larg.  0"44.  haut.  O^IS. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le   plan   précédent. 

1873. 

N»  339.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  des  27  maisons  de 
la  cité  de  la  rue  de  Meuse.  Nord. 

Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  légende. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  faubourg  St- 
Léonard  et  la  rue  Morinval.  Les  maisons  ouvrières  sont  bâties 
d'un  côté  de  la  rue  de  Meuse. 

Larg  on*,  haut.  0"'155. 
Sur  la  même  feuille  que  le  plan  précédent. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

1873. 

N"  340.  Plan  intitulé  :  Plan  d''ensemble  des  25  maisons  de  la 

cité  de  Loigdoz. 

Echelle  de  1  à  500. 

.\vec  une  légende. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue  Basse-Wez, 
la  rue  Ansiaux  et  les  propriétés  particulières. Les  maisons  sont 
bâties  des  deux  côtés  de  la  rue  de  Mulhouse. 

Larg.  0n4,   haut.  0"' 135. 

Sur  la  même  feuille  que  les  deux  précédents. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

1873. 

N"  341.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  des  Maisons  à  cons- 
truire Rue  du  Ras-Lnveu.  132  habitations.  PI.  Uf. 
Liège.  H.  Vaillant- Car  manne  et  O". 

Echelle  de  1  à  500. 

Donne   la  partie  de  la    ville   comprise  entrela  rue  du  Bas- 


667 


Laveu,  la  rue  Ambiorix  et  les  propriétés  particulières.  Les 
maisons  ouvrières  sont  situées  des  deux  côtés  de  la  rue  Jacob- 
Makoy,  de  la  rue  des  Wallons,  de  deux  rues  sans  nom  et  d'un 
côté  de  la  rue  du  Bas- Laveu  et  de  la  rue  Ambiorix. 

Larg.  Om,  haut.  0H± 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

1873. 

N"  342.  Plan  intitu'é  :  Liège.  Luik.  Lûttich. 

Uitgave  van  P.  Plantenga  Hzn.  te  Zutfen. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  de  30  numéros  pour 
les  édifices  remarquables.  Le  plan  est  partagé  en  carrés  avec 
des  lettres  et  des  chiffres  correspondants  dans  la  légende. 

C'est  une  copie  du  n-9Q  de  1859  et  du  n"  105  de  1864. 
Larg.  0"18,  haut.  0"'13o. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Relgie  met  de  reizen  tôt 

Parys.    Handboek  voor  reizigers  met  relskaarten  en  platte- 

gronde)!.  3^  édition.    Zutphen.   Plantenga.   1873.    Un  volume 

in-12.  Page  136. 

1873. 

N"  343.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Prise  du  bois  de  Kinkempois  au-dessus  de  l'embranchement 
des  deux  chemins  de  fer.  On  y  voit  le  pont  du  Val-Benoît,  le 
parcours  du  chemin  de  fer  qui  passe  sur  ce  pont  et  l'embran- 
chement qui  va  à  Longdoz  :  la  ville  e.st  dans  le  fond. 
Larg  0"'055et0'"0.54,  haut.  0"'017. 

Est  comprise  dans  la  série  de  vues  formant  l'encadrement  de 
la  carte  du  royaume  et  de  celle  de  la  province  de  Liège  dans 
l'ouvrage  mi\lu\ô:  Atlas  de  la  Belgique  illustré  de  plus  de  200 
vignettes.  Bruxelles.  J.   Rozez.  1873.   Un  volume  in-4  oblong. 

1873  ? 

N°  344.  Vue  intitulée  :  Hôtel  de  ViUe  et  place  du  Marché. 
Liège. 


—  «6«  — 

Dessiné  et  Grave  p  H.  Hasserz. 

Prise  de  l'entrée  de  la  rue  Ste- Ursule.  On  y  voit  presque  tout 
le  Marché,  avec  la  fontaine  du  perron  et  celle  en  fer,  ainsi  que 
la  rue  du  Perron  à  droite  de  l'Hôtel  de  ville. 
Larg.  C'ûQ,  haut.  0"255. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  L.  Digneffe,  à  Liège. 

1874. 

N"  345.  Plan  sans  titre  d'une  partie  de  la  ville. 

Echelle  de  i  à  200. 

Donne  le  plan  du  bras  de  l'Ourthe  compris  entre  la  Meuse  et 

le  pont  St-Nicolas,  avec  les  rues  qui  y  aboutissent.  Ce  cours 

d'eau  est  aujourd'hui  comblé  et  est  devenu   le  boulevard  de 

Saulcy. 

Larg.  O^ee,  haut.  0"'42. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux 

du  quartier  de  VEst.  Rapport  de   MM.  les  Professeurs  Chan- 

delon  et  de  Koninck  sur  V analyse  des  terres  recueillies  dans 

le  principal  biez  d'Outre-Meuse.   Liège.  Pirard  frères.  1874. 

Une  brochure  in-8. 

1874. 

N°  346.  Plan  intitulé  :  A^ottueaw  plan  guide  de  la  ville  de 
Liège  et  de  ses  environs  indiquant  tous  les  édifices,  monu- 
ments et  places  publiques  et  tous  les  nouveaux  projets  de  rues, 
places  et  stations  limitrophes  à  la  ville. 

Dressé  et  publié  par  Dosseray,  Rue  de  Prusse  10,  à  Cure- 
ghem-lez- Bruxelles,  le  1  Mai  1874. 

Lith.  Léon  Mertens,  Brux*. 

Dépôt  chez  M.  Dosseray,  rue  Grétry  à  Liège. 

Avec  une  légende. 

Les  angles  sont  occupés  par  quatre  vues.  1°  La  station  des 
Guillemins.  2°  L'hôtel  du  gouverneur  et  le  palais  de  justice. 
3"  La  statue  de  Charlemagne,  et  4°  la  statue  de  Grétry. 


-  669    - 

Ce  plan  s  étend  jusqu'à  Ans,  Jupille  et  Angleur. 
Il  manque  d'exaotitude. 

Larg.  0"'675,  haut.  0"'585. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1874. 

N''347.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  ^oar  l'appro- 
priation des  Terrai)is  de  Vile  et  du  Bassin  de  Commerce  avec 
les  Modifications  admises  par  le  Département  des  Travaux 
publics. 

Dressé  le         Janvier  1874  par  le  soussigné. 

L"" Ingénieur  Directeur, 
G.  Blonden. 

Diaprés  la  Convention  intervenue  entre  le  Gouvernement  et 
la  Ville,  le  Bassin  doit  être  raccordé  à  la  Station  des  Guille- 
m,i7is  par  une  voie  ferrée. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen,  Rue  Jardin  Botanique  N°  26  à 

Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  n"*  294  à  299  de  1867  et 
que  le  n°  306  de  1869. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  et  reporté  contre  la  Meuse 
en  amont  du  pont  de  Commerce.  Le  pont  vis-à-vis  de  la  rue  de 
Fragnée  est  déplacé,  ainsi  que  l'écluse  vis-à-vis  de  TEvèché. 
Celle-ci  est  remplacée  par  deux  autres  comme  dans  le  plan  de 
1869,  n"  306.  Un  embranchement  de  chemin  de  ier  partant  de 
la  voie  allant  actuellement  à  la  Meuse  vient  jusqu'au  nouveau 
bassin  en  suivant  la  rue  de  Fragnée. 

Les  squares  sont  agrandis  et  la  surface  des  terrains  à  bâtir 
est  de  78,500  mètres  carrés. 

Larg.  0"'76d,  haut.  0"'49. 

Est  encore  dans  le  commerce. 


—  670  — 

1874. 

N°  348.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Plan  pour  r Etablissement  d'un  Parc  sur  Vile  de  Commerce. 

Dressé  par  le  soussigné  conformément  à   la  délibératioti  du 

Conseil  Communal  en  date  du  33  Octobre  1874. 

Liège,  le  31  Décembre  iS74. 

L Ingénieur  Directeur, 

G.  Blonden. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen,  Rue  Jardin  Botanique  N"  26  à 

Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  a  les  mômes  limites  que  le  plan  précédent. 

Le  bassin  de  Commerce  est  conservé  :  deux  passerelles  sont 
établies  aux  deux  extrémités  du  chenal  longeant  le  quai  d'Avroy. 
Toute  l'île  est  convertie  en  parc  entouré  d'un  macadam  pour 
les  voitures  et  les  chevaux  de  luxe  et  traversé  par  des  voies 
charretières.  Un  pont  fixe  est  établi  entre  les  deux  ponts  tour- 
nants du  quai  Cockerill. 

On  construit  aussi  une  écluse  contre  la  Meuse  en  aval  de  l'île 
et  on  prolonge  le  déversoir. 

Larg.  0"'765,  haut.  0n9. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1875. 

N**  349.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  a,vec  parc, 
adressé  le  31  janvier  i875  et  avec  bassin  au  parc  de  la 
Boverie  le  3  février  suivant,  par  Lambert  D.  (Demany), 
Architecte. 

Appropriation  de  Vile  de  commerce.  Plan  du  3i  Janvier 
i875. 

Liège.  Lith.  Léon  de  ïhier. 

Echelle  de  1  à  2,000. 
Avec  une  note  de  la  contenance  des  cinq  lots  à  vendre. 


671 


Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  quai 
d'Avroy,  le  quai  de  Fragnée,  la  Dérivation  de  la  Meuse  et  le 
quai  Gockerill. 

Ce  projet  consiste  à  remblayer  le  bassin  de  Commerce  et  à 
faire  un  boulevard  de  32"'  de  largeur  allant  de  la  rue  Ste-Marie 
au  pont  de  Commerce.  A  droite  de  ce  boulevard  est  un  parc  de 
40  i/2  hectares,  et  à  gauche  cinq  pâtés  de  terrains  à  bâtir.  Le 
barrage  est  reporté  en  aval  du  pont,  et  une  ou  deux  écluses 
sont  à  côté.  Il  y  a  un  bassin  à  l'endroit  du  parc  public  et  un 
pont  sur  la  Meuse  vis-à-vis  de  la  chapelle  du  Paradis. 
Larg.  0"'!%  haut.  0"'oO. 

Fait  partie  de  la  collection  de  M.  le  capitaine  Dejardin. 

1875. 

N°  350.  Plan  intitulé  :  Plan  d'ensemble  di<  3  février    1H75. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  chemin 

de  fer  de  raccordement  de  la  station  des  Guillemins  à  celle  de 

Longdoz.  On  indique  une  nouvelle  ligne  de  raccordement  avec 

le  bassin  projeté. 

Larg.  O-^ôO,  haut.  O^aâ. 

Sur  la  même  feuille  que  le  plan  précédent. 

1875. 

N"  351.  Plan  sans  titre  de  la  ville  de  Liège. 

Avec  une  légende  dans  le  cadre  et  une  liste  des  ponts,  mo- 
numents, édifices  et  hôtels  de  la  ville  hors  du  cadre. 

Le  nord  est  en  haut.  Il  est  divisé  en  carrés. 
Larg.  0"'425,  haut.  O'^i^b. 

Se  trouve  sur  une  feuille  ayant  au  verso  des  cartes  de  géo- 
graphie des  environs  de  Liège  et  la  liste  alphabétique  des  rues 
de  Liège,  ayant  pour  titre  :  Nouveau  plan  de  la  Ville  de 
Liège  avec  les  nouveaux  changements  de  Vile  de  Commerce, 


—  G72  — 

rue  Léopold,  etc., etc.,  accompagné  d'une  Carte  avec  les  Houil- 
lères, Ilauts-Foumeaux,  Fonderies  de  fer  et  de  Cuivre,  Stations 
des  Bateaux  à  Vapeur,  d'une  Carte  des  chemins  de  fer,  des 
environs  de  Liège,  etc.  Liège.  E.  Decq. 

1875. 

N°  352.  Plan  intitulé  :  Houillère  de  Belle-Vue.  Fig.  i.  Zone 
normale  influencée  par  Vexploitation  de  la  couche  Quatre- 
Pieds  en  1867. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploitation  houillère. 
Planche  X. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker,  Liège. 

Echelle  de  là  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  ne  donne  que  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le 
faubourg  St-Laurent  et  le  puits  d'extraction  de  Belle-Vue.  La 
caserne  St-Laurent  et  l'hôpital  militaire  y  sont  en  entier.  Les 
parties  lézardées  de  ces  bâtiments  sont  indiquées. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Des  affaissements  du  sol 

attribués  à   Vexploitation  houillère.  Réponse  de   VUnion  des 

charbonnages ,  mines  et  usines  métallurgiques  de  la  province 

de  Liège  au  mémoire    de  M.  Gustave  Dumont  intitulé  :  Des 

Affaissements  du  Sol   produits  par    VExploitation  houillère. 

Liège.  Léon  De  Thier.  1875.  Un  volume  in-4  de  texte  et  un  de 

planches.   PI.    X. 

1875. 

N"  353.  Sur  la  même  feuille:  Fig. 3. Zone  normale  influencée 
par  Vexploitation  de  la  couche  Cinq-Pieds  en  1858-59. 

Echelle  de  1  à  2,000. 
Avec  une  rose  des  vents. 
Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  le  précédent. 

1875. 

N"  354.  Sur  la  même  feuille: Fig.  3. Zone  normale  influencée 
par  Vexploitation  de  la  couche  Blanche- Veine. 


-  673  - 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  est  le  même  que  les  deux  précédents;  mais  il  s'étend 
jusqu'à  l'hospice  Ste- Agathe. 

Sur  la  même  feuille  se  trouve  une  4*  figure  de  coupe. 
Dimensions  de  la  feuille  : 

Larg.  Om,  haut.  O^aS. 

1875. 

N"  355.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  la  Haye.  Affaisse- 
ment de  la  propriété  Godenne.  Fig.  1.  Plan. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  ^exploitation  Jiouillère. 
Planche  XI. 

Imp.  Lith.  Fr.  Decker,  Rue  du  Pont  39  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Donne  la  partie  du  faubourg  St-Laurent  entre  les  propriétés 
Lantremange  et  Godenne. 
Copie  du  n"  324  de  1871. 
Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  coupe. 

Larg.  0'"27,  liant.  O'":20. 
Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents .  PI .  XI . 

1875. 

N"  356.  Plan  intitulé  :  Houillère  Ste  Marguerite.  Plan  des 
Travaux  exécutés  sous  la  Rue  du  Bas-PJdeux  et  le  Faubourg 
Ste  Marguerite. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploitatio)i  houillère. 
Planche  XII. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker  Rue  du  Pont  39  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 
Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 


—  674  - 

Donne  la  partie  du  faubourg  Ste-Marguerite  comprise  entre 
le  chemin  du  Bas-Rhieux  et  la  rue  Basse-Chaussée.  Il  s'étend 
à  droite  jusqu'au  chemin  du  Bas-Rhieux. 

Larg.  Ol'il.haut.  0'"275. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 
PL  XII. 

1875. 

N"*  357.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  Belle-Vue.  Fig.  2. 
Plan  des  Travaux  exécutés  sous  le  Faubourg  Saint-Gilles. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  l'exploitation  houillère. 
Planche  XIV. 

Imp.  Lith.  Fr.  Bêcher,  Rue  du  Pont  39  Liège. 

Échelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 

Représente  la  partie  du  faubourg  St-Gilles  comprise  entre  la 
rue  Louvrex  et  la  rue  Bassenge,  avec  les  terrains  à  droite  et  à 
gauche. 

Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  coupe. 

Copie  du  n»  325  de  1871. 

Larg.  0'"273,  haut.  O^âO. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 
PL  XIV. 

1875. 

N°  358.  Plan  intitulé  :  Fig.  3.  Plan  des  travaux  de  Ste 
Marguerite  et  de  Bellevue  dans  le  Voisinage  de  l'esponte. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploitation  houillère. 
Planche  XV. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker  Rue  du  Pont,  39,  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 
Avec  une  rose  des  vents. 

Comprend  la  partie  du  faubourg  St-Laurent  environnant 
l'hospice  Ste- Agathe. 


—  675  — 

Sur  la  même  feuille  il  y  a  trois  coupes. 

Dimensions  de  la  feuille  entière  : 

Larg.  0™585,  haut.  0"'4I5. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PI.  XV. 

1875. 

N°  359.  Plan  intitulé  :  Houillère  du  Bàneux. 
Des  affaissements  du  sol  attribués  à  V exploitation  houillère. 
Planche  XVI. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker  Liège. 

Echelle  de  1  à  1 ,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 

Donne  la  partie  du  faubourg  Vivegnis  comprise  entre  la  rue 
Mathieu-Laensberg  et  la  rue   des   ï'ranchimontois,  avec  une 
grande  partie  du  terrain  à  droite  de  ce  faubourg. 
Larg.  0'«50,  haut.  0'"54. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PI.  XVI. 

1875. 

N^SôO.  Plan  intitulé  :  Houillère  de  la  Plomterie.  Fig.  i. 
Plan  des  travaux  exécutés  dans  les  couches  Maret  et  4  Pieds. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  V exploitation  houillère. 
Planche  XVII. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker  Liège. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 
Donne  la  partie  du  faubourg  Ste-W^alburge  s'étendanten-deça 
de  la  rue  Vieille- Voie-de-ïongres  et  au-delà  de  l'église. 
Sur  la  même  feuille  il  y  a  une  coupe. 
Copie  du  n»  330  de  1871. 

Larg.  0'H3,  haut  0"50 


fivrs 


Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PI   XVII. 

1875. 

N"  361.  Plan  intitulé: /iouiiière  de  l'Aumoniei'.  Affaissement 
de  la  rue  de  l'Ouest. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploilation  houillère. 
Planche  XV lU. 

Imp.  Lith.  Fr.  Decker,  Liège. 

Echelle  de  1  à  1,250. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende. 

Donne  une  partie  du  faubourg  Ste-Marguerite  avec  la  rue  de 
rOuest  et  la  rue  Goffin. 

Copie  d  un"  331  de  1871. 

Larg.  On'285,  liaul.  C^^io. 

ï^e  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PI.  XVIII. 

1875. 

N"  362.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  d'Aoroy-Boverie.  Fig. 
1.  Plan  des  travaux  du  dressant  Nord  de  la  couche  St 
Lambert  diaprés  M .  G.  Dumont. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploilation  houillère. 
Platœhe  XIX. 

ittip.  Lith.  Fr.  liecker,  Rue  du  Pont  39,  Liège. 
Echelle  de  1  à  2,500. 

Avec  une  légende. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  les  rues  du  Plan- 
Incliné,  de  Chestret,  de  la  Paix,  la  Dérivation,  les  rues  des 
Vingt-Deux  et  Sohet. 

Se  trouve  dans  le  même   ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PL  XIX. 

1875. 

N"  363.  Sur  la  môme  feuille  :  Fig.  '2.  Plan  des  travaux  du 
dressant  Nord  de  St  Lambert  d'après  les  plans  du  Char- 
honnage. 


677    -^ 

Echelle  de  1  à  2,500. 
Avec  une  légende. 

Donne  la  même  partie  de  la  ville  que  le  plan  précédent. 
Dimensions  de  la  feuille  entière  : 

Larg.  0'"55,  haut.  0'"4i. 
1875. 

N"  364.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  la  Haye.  Affaisse- 
ments des  rues  Nysten,  Courtois  et  du  Jardin  Botanique. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  V exploitation  houillère. 
Planche  XX. 

Imp.  Lilh.  Fr.  Becker,  Rue  du  Pont  39,  Liège. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  légende  et  une  rose  des  vents. 
Comprend  la  partie  de  la  ville  entre  les  rues  des  Anges,  du 
Laveu,  le  chemin  de  fer,  les  rues  Bassenge,  Fusch  et  Louvrex, 

Larg.  0"'54,  haut.  0'"-i05. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 
PI.  XX. 

1875. 

N"  365.  Plan  intitulé  :  Charbonnage  de  Belle-vue.  Fig,  i. 
Plan  de  la  Concession  de  Belle-vue. 

Des  affaissements  du  sol  attribués  à  Vexploitation  houillère. 
Planche  XXII. 

Imp.  Lith.  Fr.  Becker  Rue  du  Pont  39,  Liège. 

Echelle  de  1  à  5,000. 

Comprend  la  partie  de  la  ville  entre  le  chemin  de  fer,  les  rues 
des  Anges,  du  Jardin-Botanique,  les  églises  St- Jacques  et  St- 
Paul,  le  boulevard  de  la  Sauvenière,  Téglise  St-Martin,  le  fau  - 
bourg  Ste-Marguerite,  la  rue  Goffin,  etc. 

Sur  la  môme  planche  il  y  a  une  coupe. 

Lsrg.  O'"ol5,  haul.  O^SO. 


—  678  — 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  les  plans  précédents. 

PI.  XXII. 

1875. 

N"  366.  Plan  intitulé  :   Plan  pour  V Appropriation  des  Ter- 
rains de  Vile  et  Bassin  du  Commerce  et  la  Création  d'un  Parc. 
Etahl.  Lith.  de  Ch.  Claesen,  Rue  Jardin  Botanique  N°  26  à 

Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Ce  plan  a  les  mêmes  limites  que  les  n°*  294  à  299  de  18 '37,  le 
n»  306  de  1869  et  les  n»»  347  et  348  de  1874. 

Le  bassin  de  Commerce  est  comblé  :  les  squares  actueis  sont 
conservés  et  dans  leur  prolongement  est  créée  une  promenade 
de  50™  de  largeur  qui  va  presque  jusqu'à  la  rue  des  Vingt-Deux. 
Le  terrain  contre  la  Meuse  est  réservé  pour  une  promenade  ou 
un  parc  :  la  surface  en  est  de  onze  hectares.  Entre  les  deux 
promenades,  sur  l'emplacement  du  bassin,  il  y  a  trois  pâtés  de 
terrains  à  bâtir  d'une  surface  totale  de  48,330  mètres  carrés. 

Le  déversoir  est  reporté  en  aval  du  pont  de  Commerce  et  une 
écluse  est  établie  contre  la  Meuse. 

Ce  plan  est  de  M.  Demoor,  conseiller  communal. 

Larg.  O-^TOS,  haut.  onOo. 
1875. 

N"  367.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Amélioration  et  assai- 
nissement du  quartier  du  Chafour. 

Demande  en  concession  en  date  du  4  et  14  Mars  1815  par 
J.  Borguet;  accusé  de  réception  les  2  et  13  Avril  1875. 

Les  Parties  hachurées  en  rouge  sont  à  exproprier.  Celles  en 
bleu  sont  affectées  aux  Halles. 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  est  limité  à  la  place  du  Conservatoire,  aux  rues  de 
la  Régence,  de  la  Cathédrale,  Sur  Meuse  et  Nagelmackers,  et  à 
la  Meuse. 


679 


Toutes  les  bâtisses  comprises  entre  les  rues  Ghéravoie,  de  la 

Cathédrale,  de  la  Régence  et  la  place  du  Conservatoire  sont 

démolies,  excepté  celles  ayant  façade  à  la  rue  de  la  Cathédrale 

et  à  la  rue  de  la  Régence,  et  on   perce  deux  rues  partant  du 

carrefour  de  la  rue  Chéravoie  et  de  la  rue  de  la  Cathédrale,  et 

aboutissant  l'une  à  la  rue  de  la  Régence  et  l'autre  à  la  place  du 

Conservatoire. 

Larg  0"^38,  haut.  O^^iSo. 

1875 

N"  368.  Plan  intitulé  :  Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège, 
revu  et  corrigé.  Edité  par  E.  Severeyns,  Imprimeur. 
Imp.  Lith.  L.  Severeyns,  Liège.  Déposé. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

C'est  la  reproduction  du  plan  de  1872?  N"  336.  Il  y  a  en  plus 
sur  celui-ci  l'appropriation  de  l'Ile  de  Commerce,  etc.  On  a  in- 
diqué les  nouveaux  noms  donnés  à  im  grand  nombre  de  rues. 
Les  cités  ouvrières  s'y  trouvent  aussi. 

Larg.  O^SOS,  haut.  C^ioo. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1875. 

N**  369.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  publics. 
Projet  pour  le  percement  de  laRueLéopold  et  V assainissement 
du  quartier  de  la  Madeleine. 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue 
Souverain-Pont,  la  rue  de  Rex,  le  Marché,  la  rue  du  Pont,  la 
Ribuée  et  le  quai  Sur-Meuse. 

Il  indique  le  tracé  de  la  rue  Léopold  dans  Taxe  du  Pont-des- 
Arches,  aboutissant  place  St-Lambert  à  l'angle  de  la  rue  Sou- 
verain-Pont et  de  la  rue  Grande-Tour.  De  cette  rue  partent  à 
droite  et  à  gauche  d'autri  s  rues  qui  établissent  une  communi- 
cation avec  les  parties  des  anciennes  rues  que  l'on  conserve. 


—  680  — 

D'abord  à  droite  par  une  rue  qui  vient  retrouver  la  rue  Sainte- 
Catherine,  vers  le  milieu  de  sa  longueur.  La  partie  de  cette  rue 
que  l'on  conserve,  jusqu'à  la  rue  du  Stalon,  est  élargie  du  côté 
gauche. 

A  gauche  la  partie  de  la  rue  des  Tourneurs  conservée  est 
élargie,  et  forme  avec  la  rue  de  Gueldre  et  la  rue  Jamin-St- 
Rock  élargie,  une  rue  en  ligne  droite  qui  va  jusqu'à  la  rue 
Souverain-Pont. 

La  rue  de  l'Hôtel-de-Ville  est  presqu'entièrement  supprimée: 
on  ne  conserve  que  la  partie  qui  se  rend  derrière  l'Hôtel-de- 
Ville. 

Après  cela  la  rueLéopold  coupela  rue  de  la  Madeleine  sous  un 
angle  très-aigu. Vis-à-vis  de  cette  intersection  est  un  embranche- 
ment qui  arrive  obliquement  sur  FHôtel-de-Ville. 

En  outre  les  rues  du  Stokis,  de  la  Cloche  et  Ma-tante-Sara 
sont  supprimées.  La  rue  Grande-Tour  est  élargie. 

Larg.  0'"51,hau!.  0"'503. 
1875. 

N"  370.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Quartier  de  la  Made- 
leine. Terrains  à  vendre. 

S'adresser  à  M.  Pierquin  3  Place  Verte. 

Echelle  de  1  à  200. 

A  les  mêmes  limites  que  le  plan  précédent.  Il  ne  donne  plus 

que  les  nouvelles  rues  avec  la  division  du  terrain  par  lots,  pour 

la  revente. 

Larg.  l"'O0,  haut.  0'"10. 

1875. 

N»  371.  Plan  intitulé  :  Pla)i  de  lotissement  des  terrains  à 
vendre  de  M"  Marcellis  e4  Vaparl. 

Dressé  à  VEchelle  de  i  à  i,000,  par  le  Géomètre  soussigné 
à  Liège. 

N.    MULKAY. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen  à  Liège. 


-  681  — 

Avec  un  tableau  indicatif  des  lots  teintés  en  vert,  apparte- 
nant à  M.  Marcellis  et  un  des  lots  teintés  en  jaune,  appartenant 
à  M.  Vapart. 

Ce  plan  est  limité  au  Quai  Gockerill,  aux  ponts  de  la  Boverie 
et  de  Longdoz,  au  quai  Orban,  et  aux  ponts  Orban  et  du  Com- 
merce. 

Il  donne  le  tracé  d'une  rue  partant  de  la  place  de  l'Acclimata- 
tion et  aboutissant  à  l'intersection  des  quais  de  l'Industrie  et  de 
la  Boverie,  et  d'une  autre  coupant  celle-ci  vers  le  milieu .  Il  y  a 
en  outre  un  quai  le  long  de  la  Meuse.  Sur  l'autre  rive  du  fleuve, 
on  a  indiqué  les  travaux  à  exécuter   pour    remplacer  le  bassin 

de  Commerce. 

Larg.  0'"77,  haut.  O-^Se. 

1876. 

N°  372.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  d'Expropriation 
Coinprenant  Couverture  dune  voie  réunissant  le  Fau^  Vive- 
gnis  au  centre  de  la  ville  l'Etablissement  de  Halles  Ce)itrales, 
ouverture  d^une  Rue  partant  de  VHôtel  de  Ville  et  aboutissant 
au  quai  de  Maestricht  et  la  création  des  abords. 

Premier  Projet  déposé  le  3i  cc*^'  1875. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Ce  plan  est  limité  au  nord  à  la  rue  Hors-Chàteau,  au  sud  à  la 
Meuse,  à  l'ouest  aux  rues  Nagelmackers  et  de  l'Hôtel-de-Ville  et 
à  l'est  à  la  rue  Mathieu-Laensberg. 

Dans  ce  projet,  une  rue  formant  le  prolongement  de  la  rue  de 
la  Cité  aboutit  au  commencement  du  faubourg  Vivegnis  ;  une 
autre  rue  part  de  derrière  l'Hôtel-de-VilIe  et  remplace  les  rues 
de  l'Epée,  ùa  Carré,  de  la  Boucherie,  Pécluse  et  sur  les  Foulons 
en  traversant  les  bâtiments  de  l'Académie.  Une  partie  de  la  rue 
Féronstrée  est  rectifiée.  Enfin  il  y  a  plusieurs  petites  rues 
transversales,  l'une  remplaçant  les  rues  de  la  Rose  et  Potiérue, 
une  autre  partant  vis-à-vis  de  l'église  Notre-Dame  et  aboutis- 
sant au  quai  de  Maestricht. 


682 


Les  Halles  proposées  sont  situées  quai  de  la  Batte  et  occupent 

l'emplacement  de  la  rue  Barbe-d'Or  et  de  la  moitié  de  la  rue 

sur  les  Foulons. 

Larg.  0'"34,  haut.  O^ISS. 

1876. 

N^STS.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Projet  d^ Expropriation, 
/Déposé  le  2  Mai  i816)  comprenant  Vouverture  d'une  voie 
réunissant  le  faubourg  de  Vivegnis  au  centre  de  la  Ville  ; 
V établissement  de  quatre  Pavillons  pour  Halles  Centrales  ; 
Vouverture  dhine  voie  partant  de  VHôtel-de- Ville  et  aboutis- 
sant  au  Quai  de  Maestricht  ;  la  Création  des  Abords. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Avec  une  échelle,  une  rose  des  vents,  les  armoiries  de  la  ville 
de  Liège  dans  le  titre  et  une  légende. 

Ce  plan  est  limité  au  nord  à  la  rue  Hors-Château,  au  sud  à  la 
Meuse,  à  l'ouest  à  la  rue  Souverain-Pont  et  à  l'est  à  la  rue 
Mathieu-Laensbergh. 

Les  rues  en  projet  sont  à  peu  de  chose  près  les  mêmes  que 
dans  le  plan  précédent;  seulement  ici  les  Halles  forment 
quatre  pavillons  à  l'intersection  des  deux  grandes  rues,  occu- 
pant tout  l'espace  entre  le  quai  de  la  Batte,  les  rues  Féronstrée, 
St-Jean-Baptiste  et  Sur-le-Mont. 

Larg.  O^QSS,  haut.  O-^SOS. 

Ces  deux  plans  se  trouvent  sur  la  même  feuille  et  ont  pour 
titre  commun  :  Plans  déposés  le  3i  x^'  i815  par  MM.  G. 
Garvin  et  0.  Brixhe^Stelnbach. 

Id.         le  2  Mai  'Î876  (avec  variante)  par      id.         id. 

1876. 

N°  374.  Plan  intitulé  :  Société  Liégeoise  des  Maisons  Ouvrières. 
Plan  des  Cités  de  la  Société.  i876. 

Cité  du  Haut-Pré,  Quartier  de  l'Ouest.  38  maiso7is. 

Echelle  de  là  1,000. 


683 


C'est  une  copie  réduite  du  n"  337  de  1873,  avec  deux  maisons 

en  plus, 

Larg.  C^IOS,  haut.  O^ISS. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé:  Société  anonyme  liégeoise 
des  maisons  ouvrières.  Notice  sur  les  travaux  de  la  Société. 
Liège.  J.  Desoer.  1876.  Une  brochure  in-8. 

1876. 

N"  375.  Plan  intitulé  :  Cité  de  la  rue  Kinet  à  Grivegnée.  37 

maisons. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

C'est  une  copie  réduite  du  n"  338  de  1873. 

Larg.  0'"185,  haut.  O-^lSl. 

Sur  la  même  feuille  que  le  plan  précédent. 

1876. 

N**  376.  Plan  intitulé  :  Cité  de  la  rue  de  Meuse,  Quartier  du 
Nord.  28  maisons. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

C'est  une  copie  réduite  du  n°  339  de  1873,  avec  une  maison 

en  plus. 

Larg.  O-^IQS,  haut.  0^121. 

Sur  la  même  feuille  que  les  plans  précédents. 

1876. 

N°  377.  Plan  intitulé  :  Cité  de  la  rue  de  Mulhouse,  Quartier 
de  VEst,  25  m,aisons. 

Echelle  de  1  à  1,000. 
C'est  une  copie  réduite  du  n"  340  de  1873, 

Larg.  0"'185,  haut.  O-^ISS. 
Sur  la  même  feuille  que  les  plans  précédents. 

1876. 

N^  378.  Plan  intitulé  :  Cité  du  Laveu,  Quartier  du  Sud.  58 
m^aisons  construites.  6  maisons  en  constructioti.  ii 4  maisons 
à  construireo 


-   684   - 

Echelle  de  1  à  -1,000. 
C'est  une  copie  réduite  du  n°  341  de  1873,  avec  46  maisons 

en  plus. 

Larg.  0'd21,  haut.  0'n245. 

Sur  la  même  feuille  que  les  plans  précédents. 

1876. 

N°  379.  Plan  intitulé  :  Cité  de  Cornillon,  Quartier  de  VEst. 
208  maisons  dont  6i  construites,  52  en  construction. 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  route  de  Liège  à 
Jupille,  le  chemin  de  fer  de  Liège  à  Maestricht  et  la  rue  de 
Visé,  à  partir  du  faubourg  d'Amercœur. 

Les  maisons  ouvrières  sont  situées  des  deux  côtés  d'une  rue 
qui  coupe  le  terrain  en  deux  dans  sa  longueur,  ainsi  que  le  long 
de  la  route  de  Liège  à  Jupille  et  le  long  d'un  chemin  longeant 
le  chemin  de  fer.  Ces  trois  rues  sont  reliées  entr'elles  par  trois 
rues  transversales. 

Larg.  0"'59,  haut.  0'"123. 

Sur  la  même  feuille  que  les  plans  précédents. 

1876. 

N"  380.  Plan  intitulé  :  Cité  de  Bas-Rhieux^  Quartier  de 
l'Ouest.  Projet  pour  la  construction  de  199  maisons. 

Echelle  de  là  1,000. 

Donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue  de  Hesbaye, 
la  rue  Naniot  et  les  propriétés  particulières. 

Les  maisons  sont  situées  le  long  de  la  rue  Naniot,  d'une  rue 
sans  nom  et  des  deux  côtés  des  nouvelles  rues  à  créer. 
Larg.  0"'59,  haut.  O-'^liô. 
Sur  la  même  feuille  que  les  plans  précédents. 

1876. 
N»381.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Direction  des  travaux 


>    —  685  — 

communaux.  Projet  d'appropriation  des   terraina   de   file   at 
du  bassin  de  commerce. 

Approuvé  par  le  Conseil  Communal  dans  sa  séance  du  19 
Mai  1876. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen,  Rue  du  Jardin  Botanique  N^ 
?()  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,000. 

Avec  une  échelle. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  le  quai 
Cockerill  et  le  pont  de  la  Boverie  au  Nord;  le  Parc  public  et  la 
Chapelle  du  Paradis  au  Sud  ;  le  quai  Orban  et  la  Dérivation  à 
l'Est,  et  le  quai  d'Avroy  à  l'Ouest. 

Le  projet  adopté  est  une  combinaison  des  plans  Litt'  B  avec 
ses  variantes  de  1867  et  du  plan  de  1869  (n»»  295,  296,  297  et 
306). 

Le  bassin  du  Commerce  est  comblé  et  n'est  pas  remplacé.  La 
navigation  se  fait  par  un  chenal  longeant  la  rive  gauche, 
prenant  naissance  vis-à-vis  de  la  Chapelle  du  Paradis,  et 
passant  sous  le  pont  de  Commerce  prolongé.  Le  pont  vis-à-vis 
de  la  rue  de  Fragnée  est  supprimé  ;  Técluse  vis-à-vis  de 
l'Evêché  est  déplacée  et  remplacée  par  deux  autres  :  Tune  pour 
les  bateaux  à  vapeur,  communiquant  directement  avec  la  Meuse 
en  amont  et  en  aval  au  moyen  du  prolongement  du  barrage 
et  l'autre  communiquant  avec  le  chenal. 

Les  squares  sont  agrandis  et  la  .surface  des  terrains  ù  bâtir 
est  de  47,000  mètres  carrés  environ. 

C'est  ce  projet  qui  a  été  exécuté. 

Larg.  0'"7I,  haut.  O'"505. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1876. 

N"  382.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Direction  des  travaux 
communaux.  Projet  d'appropriation  des  terrains  de  Vile  et  du 
bassin  de  commerce. 


—  686  — 

Dressé  à  la   demayide  de  l'Administration  Communale  par 

le   Soussigné,    en   congé  y   à   Aix-la-Chapelle ,   le  20  Juillet 

i875  (i). 

L'Ingénieur  Directeur, 

Blonden. 

Etabl.  Lith.  de  Ch.   Claesen,   Rue  du  Jardin  Botanique  N" 

26  à  Liège. 

Echelle  de  4  à  2000. 

Avec  une  légende  de  4  à  D  et  aaa. 

C'est  le  même  plan  que  le  précédent  sur  lequel  un  projet  de 
tracé  pour  le  Parc  a  été  ajouté  :  il  consiste  en  un  cercle  auquel 
on  a  accolé  deux  ellipses. 

Larg.  O"»?!,  haut.  O'"o05. 
1876. 

N°  383.  Vue  intitulée  :  Place  du  Théâtre,  le  Théâtre,  statue 
Grétry,  les  boulevards  et  église  S*  Martin. 

Prise  du  milieu  de  l'ancienne  Place  aux  chevaux. 
Larg.  0"'092,  liaut.  OmOSS. 

Fait  partie  d'un  album  intitulé  :  Souvenir  du  Liège,  composé 
de  18  planches.  Sur  la  dernière  se  trouve  lindication : 

6'.  Straus,  Liège,  4  Rue  Pont  d'Ile. 

Imprimerie  Lith.  Kaiser.  Leipsic. 

Est  encore  dans  le  commerce, 

1876. 

N"  384.  Vue  intitulée  :  La  Meuse  et  le  pont  Léopold. 

Prise  du  quai  de  halage  en  dessous  du  pont  de  la  Boverie. 

On  voit  à  gauche  le  quai  de  l'Université,  en  avant  le  pont  des 

Arches  et  les  quais  de  la  Balte  et  de  Maestricht,  puis  l'église 

St-Barthélemi,   et  à  droite  le  quai  des  Pécheurs  et  l'église 

St-Phulien. 

Larg.  0"'092,  haut.  0'"057. 

Se  trouve  dans  le  même  album  que  la  vue  précédente. 

(*)  Ce  doit  èlre  1S76. 


—  687  -  - 

1876. 

N°  385.  Vue  intitulée  :  Panorama. 

Prise  du  derrière  d'une  des  maisons  du  Trihay,  près  de 
l'église  St-Marlin. 

Représente  une  partie  du  quartier  du  Sud.  A  gauche  le 
manège,  l'église  St-Ghristophe  dont  on  ne  voit  que  la  partie 
antérieure,  l'église  St-Jacques,  les  Bénédictines,  puis  le  cours 
de  la  Meuse  dans  le  lointain, pour  se  terminer  h  droite  à  l'église 
des  Augustins  et  au  collège  des  Jésuites. 

Larg.  0"'095,  haut.  0"'055. 

Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  deux  vues  précé- 
dentes. 

1876. 

N°  386.  Vue  intitulée  :  Panorama  de  Liège. 

Prise  de  la  rue  du  Péry  en-dessous  de  la  citadelle. 

Au  premier  plan  on  voit  le  toit  de  l'église  St-Antoine.  A 
gauche  la  Halle  à  la  viande,  la  Halle  des  Drapiers,  l'église 
St-Pholien  et  le  pont  des  Arches,  puis  tout  le  quai  des  Pêcheurs 
jusqu'au  pont  de  la  Boverie,  que  l'on  ne  voit  pas.  Plus  près 
l'église  Ste-Catherine  et  une  partie  du  dôme  de  St-André,  tout- 
à-fait  sur  la  droite. 

Larg.  O^OQS,  haut.  0'"055. 

Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  vues  précédentes. 

1876. 

N°  387.  Vue  intitulée  :  Boulevard  de  la  Sauvenière  et  église 
St  Martin. 

Prise  du  milieu  du  boulevard  vis-à-vis  de  la  rue  de  la  Cas- 
quette. 

Le  boulevard  a  deux  rangées  d'arbres.  L'église  St-Martin  se 
voit  au-dessus  des  maisons. 

I.arg;.  0"'092,  haut.  O'^OSe. 

Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  vues  précédentes. 


-     688  — 

1876. 

N"  388.  Vue  intitulée  :  Place  du  Grand  Marché  et  VHàtel  de 
Ville. 

Prise  du  débouché  de  la  rue  Royale.  On  voit  la  fontaine  en 
fer  et  celle  du  Perron,  ainsi  que  tout  le  côté  droit  du  Marché. 
Larg.  0"'095,  haut.  0"0o5. 
Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  vues  précédentes. 

1876. 

N"  389.  Vue  intitulée  :  Le  jardin  d''Accli7natation  et  le  pano- 
rama de  la  ville. 

Prise  de  la  butte  au-dessus  de  la  fosse  aux  ours.  On  voit  au 
premier  plan  le  jardin  d'Acclimatation  dont  le  restaurant  se 
trouve  à  gauche.  Derrière  se  déroulent  les  quais  d'Avroy  et 
Cûckerill.  La  caserne  st-Laurent  est  dans  le  lointain  et  l'église 
St-Jacques  tout-à-fait  à  droite. 

Larg.  O-^OaS,  haut.  0"'0.">5. 
Se  trouve  dans  le  m'me  album  que  les  vues  précédentes. 

1876. 

N"  390.  Vue  intitulée  :  La  Meuse  et  le  Mont  de  Piété. 
Prise  du  quai  de  la  Batte  près  de  l'escalier  qui  se  trouve  vis- 
à-vis  de  la  rue  St-Jean-Baptiste.  On  voit  les  maisons  du  quai  de 
Maestrichtà  partir  de  la  rue  Hongrée,le  Mont-de-Piété,  puis  le 
quai  St-Léonard  jusqu'à  la  filature  de  lin.  Le  pont  St-Léonard 
n'y  ligure  pas  quoique  construit  depuis  1869. 
Larg.  0"'0d%  haut.  0"'055. 
Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  vues  précédentes. 

1876. 

N"  391.  Vue  intitulée  :  La  Meuse   et  le  pont  du  Commerce. 

Prise  du  bord  de  Teau  près  de  l'entrée  du  jardin  d'Acclima- 
tation. On  voit  le  pont  du  '.Commerce  et  une  partie  du  barrage. 
A  gauche  dans  le  lointain  le  quai  d'Avroy. 


689 


Larg.  0™092,  haut.  O^OBS. 
Se  trouve  dans  le  même  album  que  les  vues  précédentes. 

1876. 

N"  392.  Pian  intitulé  :  ijuide  Album  du  Voyageur.  Plan  de 
la  ville  de  Liège. 

N.-B.  Les  exemplaires  sur  papier  blanc  ne  s-î  trouvent  pas 
dans  le  commerce. 

Le  nord  est  en  haut. 

C'est  une  reproduction  des  carrés  w"  23  à  28,  33  à  38,  43  à 
48,  53  à  58  et  63  à  68  du  plande  1875,(n°368).  Seulement  ici  ils 
sont  devenus  des  rectangles  qui  ont  0'"04sur0'"0435  et  l'échelle 
est  moindre  que  dans  le  plan  de  1875. 

Larg.  0'"190,  haut.  O^SG. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Guide-album  du  voyageur. 
Système  de  publicité  breveté  en  Belgique  et  à  l'étranger.  S. 
G.  D.  G.  Bruxelles.  L.  Jourdain,  éditeur.  E.  Guyot.  1876.  Un 
volume  in-4". 

Il  y  a  une  édition  sur  papier  blanc  qui  n'est  pas  dans  le  com- 
merce, et  une  édition  sur  papier  jaune  spéciale  pour  le  com- 
merce. 

Et  dans  la  seconde  édition  de  cet  ouvrage,  1877  (i). 

1876. 

N°  393.  Vue  intitulée  :  Liège. 

Prise  du  chemin  de  fer  de  Namur,  sur  la  rive  droite,  à  Kin- 
kempois.  On  voit  la  branche  du  chemin  de  fer  qui  traverse  le 
ponldu  Val  Benoit  et  celle  qui  se  dirige  ^  ers  la  station  de  Long- 
doz.  On  voit  également  le  chemin  de  fer  sur  la  rive  gauche,  et 
à  mi-côte  les  plans  inclinés.  Parmi  les  édifices  de  la  ville  on 
distingue  St-Laurent,  St-Martin,  St-Jacques  et  St-Paul. 
Larg.  0"M5,  haut.  0'»06. 

Se  trouve  dans  le  même  ouvrage  que  le  précédent,  l"^*  édition 
page  80  ;  2«  édition  page  124. 

(•)  Sur  le  plan  cie  cette  édition  il  y  a  la  mention  :  Liik.  E.Guyoi 


—  690    - 

1877. 

N"  394.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Travaux  du  Quartier 

de  la  Madeleine.  Terrains    à   vendre,  s^adresser  aux  Bureaux 

3, Place  verte,  tous  les  jours  de  9  h.  à  5  h.  Le  lotissement  n''est 

fait  qu'à  titre  de   renseignement  et  peut   être  tnodifié  au  gré 

des  acquéreurs. 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  comprise  entre  la  rue 
Souverain-Pont,  la  rue  de  Bex,  la  rue  du  Perron,  la  rue  Ste- 
Catherine,  le  quai  Sur  Meuse  et  la  rue  de  la  Madeleine. 

C'est  le  même  projet  que  celui  du  n"  369 de  1875  à  l'exception 
que  le  bloc  de  maisons  entre  la  rue  de  Bex  et  la  rue  Grande- 
Tour  est  élargi  pour  avoir  une  maison  avec  large  façade  sur  la 
place  St-Lambert,  et  que  la  rue  allant  de  la  rue  Léopold  à  la 
place  derrière  l'Hôtel  de  ville  a  une  autre  direction  dans  la 
prévision  de  l'agrandissement  de  celle-ci. 

Lar|^^  0'"52,  haut.  O'^iO. 
1877. 

N°  395.  Plan  intitulé  :  Nouveau  plan  de  la  ville  de  Liège 
indiquant  par  ordre  alphabétique  les  Edifices  publics,  les 
Monuments,  etc.,  et  donnant  la  liste  complète  des  rues,  im- 
passes, boulevards, places,  quais,  etc.  Avec  indication  de  leur 
position  sur  ce  Plan.  Déposé. 

E.  Severeyns,  imprimeur-éditeur,  rue  de  V  Université,  32, 
à  Liège. 

Echelle  de  1  à  10,000. 

Le  nord  est  à  droite. 

Avec  une  légende  pour  \es.Edipces  publics,  Monuments, etc., 
une  pour  les  Rues  et  Iiupasses,dCaiUtves  pour  les  Bains  publics, 
Boulevards,  Cités  ouvrières.  Cloîtres,  Cours,  Degrés  ou  Esca- 
liers, Houillères,  Marchés,  Monts  ou  Montagnes,  Parc,  Pas- 
sage, Places,  Quais,  Squares,  Stations,  2 hier,  et  une  des 
Diverses  localités  de  la  ville  et  des  environs. 


—  691   — 

Le  titre  et  les  légendes  soî:c  imprimés  autour  du  plan,  comme 
sur  celui  de  1866.  (n»  108). 

Ce  plan  est  partagé  en  carrés  numérotés  de  1  à  30  ;  les 
articles  des  diverses  légendes  renvoient  à  ces  numéros. 

C'est  une  reproduction  des  carrés  n'"'23  à  28,33  à  38,43  à  48, 
53  à  58,63  à  68,  du  plan  de  1875,  (n"  368),  avec  les  changements 
survenus  depuis,  entr'autres  le  percement  de  la  rue  Léopold. 
Larg.  0"'50,  haut.  O^âS. 

Est  encore  dans  le  commerce. 

1877. 

N°  396.  Plan  intitulé  :  Liège. 

Dressé  par  A.  H.Dufour.  Etc..  (Comme  au  n"  OShis  de  1860.) 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  les  églises,  etc. 
de  24  numéros  et  a  et  b,  plus  A  et  le  signe  pour  les  tramways, 
à  gauche  du  cadre. 

C'est  le  même  plan  que  le  w  98 bis  avec  les  changements 
survenus  depuis  1860,  entr'autres  le  chemin  de  fer  de  ceinture, 
le  chemin  de  fer  vers  Maestricht,  les  nouveaux  boulevards  de 
l'Est,  le  pont  Maghin,  le  jardin  d'Acclimatation,  la  transforma- 
tion de  l'ile  de  Commerce  et  les  nouvelles  écluses.  La  rue 
Léopold  n'y  est  encore  qu'en  projet,  quoiqu'elle  soit  déjà  exé- 
cutée. 

Le  parcours  des  tramways  y  est  indiqué. 
Larg,  0'"155,  haut.  O'^li. 

Se  trouve  dans  l'ouvrage  intitulé  :  Collection  des  guides 
Jeanne.  —  Guides  diamant.  —  Belgique,  par  A.  J.  Du  Pays. 
3«  édition.  Paris.  Hachette.  1877.  Un  volume  in-18.  Page  224. 

1877. 

N"  397.  Plan  sans  titre  de  la  ville  de  Liège. 

Avec  une  rose  des  vents. 

A  ce  plan  est  annexée  une  Table  alphabétique  des  rues, 
imprimée  à  part.  Il  y  a  en  outre  pour  chaque  rue  une  liste  de  ses 
habitants,  et  on  doit  tracer  cette  rue  en  jaune  sur  le  plan. 


—  692  — 

Le  plan  est  divisé  en  carrés  numérotés  et  la  table  des  rues 
renvoie  aux  numéros. 

Les  modifications  apportées  à  Tîle  de  Commerce  y  sont  indi- 
quées :  le  tracé  de  la  rue  Léopold  ne  Test  pas. 
Larg.  O^ôô,  haut.  0"'28. 

Ce  plan  est  destiné  à  être  affiché  en  ville  au  coin  de  chaque 
rue  importante,  pour  servir  de  guide  aux  étrangers. 

1877. 

N"  398.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Ile  de  Commerce. 
Plan  du  lotissement  des  terrains  à  vendre  par  Annuités.  (En 
66  annuités  à  4  Ij^  "/o.  Amort^  Compris./  Feuille  N"  i. 

Légende.   Ce  lotissement  peut  être  modifié  au  gré  des  ama- 

Echelle  de  1  à  1,000. 

Ce  plan  comprend  la  partie  de  Pile  de  Commerce  située  entre 
la  Meuse,  le  quai  Cockeri]l,le  nouveau  Parc, et  la  rue  formant  le 
prolongement  du  pont  de  Commerce.  Les  deux  pâtés  réservés 
pour  la  bâtisse  sont  partagés  en  lots  de  1  à  80  avec  la  conte- 
nance de  chacun,  s'élevant  en  somme  à  25,000  mètres  carrés. 
Larg.  0"^55,  haut.  O^ôT. 

Ce  plan  et  les  suivants  sont  annexés  à  une  brochure  ayant 

pour  titre:  Ville  de  Liège.  Cahier  des  charges  pour  la  vente  des 

t-irrains  appartenant    '    la  ville.   Liège.  Vaillant-Carmanne. 

1877.  Une  brochure  in-8. 

1877. 

N°  399.  PUtn  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Ile  de  Commerce.  Plaii 
du  lotissement  des  terrains  à  voidre  par  Anniùtés.  (En  66  an- 
nuités à  4  H'-2  "/o.  Amorl^  Cotnpris./ Feuille  iV"  2  (').  Légende. 
Ce  lotissemetit  peut  être  modifié  au  gré  des  amateurs. 
Echelle  de  1  ù  1,000. 

Ce  plan  comprend  la  partie  de  l'île  de  Commerce  située  entre 


•    Les  feuilles  n»»  i  et  2  peuvent  s'a.ssembler. 


693 


laMeuse,le  boulevard  d'Avroy, le  nouveau  Parc  et  la  rue  formant 
le  prolongement  du  Pont  de  Commerce.  Les  deux  pâtés  réser- 
vés pour  la  bâtisse  sont  partagés  en  lots  de  81  à  159,  avec  la 
contenance  de  chacun,  s'élevant  en  tout  à  20,000  mètres  carrés. 
Larg.  O^oO,  haut.  0""56. 
Annexé  à  la  môme  brochure  que  le  précédent. 

1877. 

N"  400.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.    Plan  du  lotissement 
des  terrains  à  vendre  rue  Latour  (Est).  Feuille  N°  3. 
Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  donne  les  terrains  compris  entre  les  rues  Dothée, 
d'Harscamp,  les  établissements  de  l'Espérance  et  rOurthe,près 
de  la  station  de  Longdoz.  La  ville  a  formé  là  9  lots  dont  une 
partie  est  déjà  vendue. 

Larg.  O^dI,  haut.  0"'52. 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N"  401.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Quartier  de  V Est.  Plan 
du  lotissement  des  terrains  à  vendre  par  Annuités.  {En  66  an- 
nuités  à  4  i/5  %.  Amort*^  Compris.)  Feuille  N"  4. 
Echelle  de  1  à  500. 
Ce  plan  donne  le  terrain  compris  entre  la  rue  de  Bavière, 
THôpital  de  Bavière,  la  rue  Chaussée-desPras,  la  rue  Capitaine 
et  le  quai  des  Pêcheurs.  Les  terrains  à  vendre  sont  situés  bou- 
levards du  Saucy  et  de  la  Constitution  et  rue  St-Eloi,  et  parta- 
gés en  lots  de  1  à  40  et  101  à  103. 

Larg.  0"\=.2,  hau!.  0"^56. 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N°402.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Quartier  de  l'Est.  Plan 
du  lotissement  des  terrains  à  vendre  par  Annuités.  (En  66 
annuités  à  4  //2  "/o.  Amo'^t*^  Compris./  Feuille  N"  5. 


-  694  ~ 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  donne  le  terrain  compris  entre  la  rue  Capitaine,  la 
rue  St-Nicolas,  l'Hôpital  de  Bavière,  la  rue  St-Pholien  et  le  quai 
des  Pêcheurs.  Les  terrains  à  vendre  sont  situés  quai  des  Pê- 
cheurs, boulevard  de  la  Constitution,  rue  St-Pholien  et  rue  St- 
Eloi,  et  partagés  en  lots  de  2  bis  à  4  bis,  37  à  61,112  à  114,118, 

A  à  F  et  S  à  Y. 

Larg.  O^oô,  haut.  0'"36. 

Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N"  403.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Quartier  de  VEst.Plan 
du  lotissement  des  terrains  à  vendre  par  Annuités.  (En  66 
annuités  à  4  i/3  "/«.  Aniort^  Compris./  Feuille  N"  6  ('). 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  donne  le  terrain  compris  entre  le  boulevard  de  la 
Constitution,  la  rue  St-Pholien  ert  la  rue  des  Ecoliers,  jusqu'à  la 
caserne  des  Ecoliers.  Les  terrains  à  vendre  sont  situés  rue  St- 
Pholien,  rue  du  Paquier,  rue  du  Moulin  et  boulevard  de  la 
Constitution,  et  partagés  en  lots  de  56  à  67,  76  à  100,  124  à  128 

et  A  à  R. 

Larg.  0">39,  haut  0"'54. 

Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N"  404.  Plan  intitulé:  Ville  de  Liège.  Plan  du  lotissement 
des  terrains  à  vendre.  Fond  Plrette  (Ouest).  Feuille  N°  7. 

Echelle  de  1  à  500. 

Ce  plan  comprend  les  terrains  situés  entre  la  rue  Montagne- 
Ste-Walburge  et  la  rue  Fond-Pirette  rectifiée  et  élargie.  Les 
terrains  à  vendre  sont  situés  à  droite  de  cette  dernière  rue  et 
comprennent  les  lots  32  et  38  à  47. 


(•)  Les  feuilles  n"»  4,  5  et  ^^  peuvent  s'assembler. 


Larg.  O^Si,  haui.  0"56. 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 
N"  405.  Plan  intitulé:  Rues  des  Champs  et  de  Mulhouse. Est. 
2"  Sect". 
Sur  la  même  feuille  que  le  précédent. 
Echelle  de  1  à  500. 
Ce  plan   donne  les  terrains  à  l'intersection   des  rues  des 
Champs,  GnHry  et  de  Mulhouse.  Les  lots  A  à  F   à  vendre  sont 
situés  rue  des  Champs  et  de  Mulhouse. 

I.arg.  O-^ôG,  haut.  0'"18. 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N"  406.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Plan  du  lotissemetit 
des  terrains  à  vendre  rue  Hullos  (Ouest).  Feuille  N"  8. 
Echelle  de  1  à  500.  * 
Ce  plan  renferme  les  terrains  compris  entre  les  rues  Eracle, 
Goftin,  Ste-Marguerite  et  Hullos,  près  de  l'église  Ste-Margue- 
rite.  Les  terrains  à  vendre  sont  situés  à  droite  de  la  rue  Hullos 
et  comprennent  les  lots  IG  et  21  à  32. 

Larg.  0"'58,  haut.  O^ST. 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N**  407.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Plan  du  lotissement 
des  terrains  à  vendre  Rue  Firket  (Ouest) ,  et  Quai  des  Pêcheurs 
(Est).  Feuille  N"  9. 

Echelle  de  1  à  500. 

Sur  cette  feuille  se  trouvent  deux  plans. 

Le  premier  représentant  le  quai  des  Pêcheurs  avec  le  com- 
mencement du  boulevard  de  Saucy  et  de  la  rue  de  Pitteurs.  Il 
n'y  a  là  qu'un  lot  à  vendre  :  il  est  situé  à  l'angle  de  la  rue  de 
Pitteurs  et  du  quai  des  Pêcheurs. 


—  696   - 

Larg.  O-^SO,  haut.  O^ôO 
Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 
N»  408. 

Le  second  plan  qui  se  trouve  sur  cette  feuille  comprend  le 
terrain  entre  la  rue  Hocheporte,  la  rue  Firquot  et  le  commen- 
cement des  rues  Goqraimont  et  des  Cloutiers,  qui  abou- 
tissent à  la  rue  St-Séverin.  II  n'y  a  que  deux  lots  à  vendre  (7  et 
8)  :  ils  sont  situés  à  gauche  dans  la  rue  Firquet.  Il  y  a  de  plus 
dans  cette  rue  quelques  parcelles  à  rétrocéder  se  trouvant  vis- 
à-vis  de  maisons  qui  ne  sont  pas  sur  l'alignement. 

Larg.  0"'21,  haut.  0"'21l. 

Annexé  à  la  même  brochure  que  les  précédents. 

1877. 

N"  409.    Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Projet  d'Assainiss^.- 

meni  des  Quartier -i  de  la  Boucherie  et  des  Foulons,  et  Création 

d'un  Marché  d'Approvisionnement. 

Dressé  par  V Architecte  Soussigné. 

G.  Garvin. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Avec  une  rose  des  vents  et  une  légende  pour  les  teintes. 

Ce  projet  est  analogue  à  celui  du  même  auteur  déposé  le  31 
décembre  1875  (n"  37-2).  Le  tracé  des  deux  rues  principales  est 
à  peu  près  le  môme;  quant  aux  petites  rues  transversales, 
le  projet  est  différent  :  les  rues  Potiérue,  St-Jean-Baptiste, 
St-Georges,  de  la  Poule,  Hongrée,  des  Brasseurs  et  St  Barthé- 
lemi,  sont  élargies  :  les  rues  de  la  Goffe,  de  la  Halle,  de  la 
Clef,  Sur-le-Mont  et  Barbe-d'Or,  sont  supprimées,  ainsi  que  le 
Marché  aux  fruits,  la  Halle  à  la  viande  et  l'Académie. 

Les  nouvelles  halles  occupent  l'emplacement  de  la  rue  Sur- 
les-Foulons  et  sont  au  nombre  de  trois. 

Larg.  (►'"54,  haut.  0">19. 


697  — 

Se  trouve  joint  à  une  brochure  intitulée  :  Ville  de  Liège. 
Assainissement  desQuarliers  de  la  Boucherie  et  des  F'oulons. 
Demande  en  Concession  faite  par  G.  Garoin,  Architecte,  le  5 
Décembre  1877.  Mémoire.  Une  brochure  in-folio  autographiée. 

1878. 

N"  410.  Plan  sans  titre  du  pâté  de  maisons  compris  entre  les 

rues  Léopold,  de  la  Madeleine  et  de  Gueldre. 

Echelle  de  1  à  200. 

Le  terrain  est  divisé  par  lots  pour  la  vente. 

Larg.  O^Sd,  hnut.  0'"22. 

Ce  plan  se  trouve  derrière  l'affiche  de  la  mise  en  vente  par 

la  ville  de  Liège  de  sept  lots  de  terrains  à  bâtir  situés  rue  de  la 

Madeleine. 

1878. 

N"'411.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liégi.  Quartier  de  l'Est. 
Boverie.  Plan  de  lotissement  de  parcelles  de  terrains  à  vendre 
avec  grande  facilité  de  paiement. 

N.  B.  Ce  lotissement,  etc. 

Par  N.  Mulkay,  Géomètre,  1S78. 

Echelle  de  1  à  500. 

Avec  une  rose  des  vents. 

Ce  plan  donne  les  terrains  compris  entre  la  Dérivation, la  rue 
des  Vennes,  la  rue  de  P^étinne  et  les  terrains  au-delà  de  la  rue 
Hock. 

Les  terrains  à  vendre  sont  divisés  en  30  lots. 
Larg.  0"62,  haut.  0"^4o. 

Ce  plar;  a  été  publié  par  M.  Aug.  Hock,  à  qui  appartiennent 
les  terrains  à  vendre. 

1878. 

N°  412.  Plan  intitulé  :  Ville  de  Liège.  Direction  des  travaux 
communaux.  Plan  indiquant  les  emplacements  desponts  pro- 
jetés pour  relier  les  quartiers  de  Fetinne  et  des  Vennes  au 
quartier  de  Longdoz. 


—  698  - 

Annexé  au  rapport  du  Soussigné  en  date  du  i2  Mars  i878. 

L' Ingénieur-Directeur , 
G.  Blonden. 
Etabl.  Lith.  de  Ch.  Claesen  Editeur  à  Liège. 

Echelle  de  1  à  2,500. 

Avec  une  note  concernant  les  divers  projets. 

Ce  plan  donne  la  partie  de  la  ville  située  entre  la  Meuse,  le 
Parc  public,  le  jardin  d'Acclimatation,  le  quai  de  la  Boverie,  la 
rue  Grétry,  le  cours  du  bras  de  l'Ourthe  passant  à  la  Bonne- 
Femme  et  aux  Grosses-Battes  et  le  chemin  de  fer  de  Verviers. 
Il  comprend  donc  aussi  une  partie  des  communes  de  Grivegnée 
et  d'Angleur. 

Il  représente  divers  projets  de  voies  de  communication  et  de 
ponts  :  Tune  dans  le  prolongement  de  la  rue  Dothée  aboutit  au 
pont  suspendu  ;  la  seconde  dans  le  prolongement  de  la  rue 
Natalis  aboutit  à  la  rue  de  Fétinne,  et  la  troisième  partant  de 
l'extrémité  de  la  rue  Grétry  aboutit  à  la  rue  des  Venues  près 
du  viaduc  du  chemin  de  fer  de  Namur.  Ce  sont  les  deux  der- 
nières qui  ont  la  préférence.  On  admet  aussi  l'élargissement  du 
bras  de  l'Ourthe  aboutissant  près  des  établissements  de  l'Espé- 
rance et  la  suppression  des  autres  bras  ainsi  que  des  moulins  à 
tan,  Waroux  et  Despa. 

En  deux  feuilles. 

Larg.  I^OO,   haut.  0"'66. 

Se  trouve  joint  à  la  brochure  intitulée  :  Ville  de  Liège. 
Direction  des  travaux  coinmunaux.  Projet  de  construction  de 
ponts  aux  quartiers  des  Vernies  et  de  Fétinne.  Rapports  de 
M.  Vingénieur-direoieur  des  Iraoavx  cotnmunaux.  Liège. 
L.  De  Thier.  1878.  L  ne  brochure  in-8». 


TABLE    GENERALE. 


Première   partie.    —    Cartes   gravées. 


CHAPITRE     I.     —     ÉVÊCHÉ     ET     PRINCIPAUTÉ     DE     LIEGE. 


t.lV  t.VUI  t. XIII 

i     i  15e  siècle  Pays  de  Lidge B27 

2  Ibis  4570       EvêchédeLii'ge.ORTEiJUS.  Ed.  de  1570,  1371,4587, 

1592,   1596,   1603,  1612,  1612, 

in-folio 528 

3  2  1682  Id,  GDiCHARDiN.Ed.de  1582,1588,1612, 

1613,  1623,  1646,  in-folio   .     .  213 

Id.  ORTEUUs.Ed.del5«9.in-12,oblong  S28 

Id.  M.QvAVVM.  Fascicutus  geofiraphicus  214 

Id.  Bebtius.  Ed.  de  1600  (en  4  livres), 

in-12,  oblong 306 

Id.  Ortelius.  Ed.del601,in-12,oblong  214 

Duché  de  Liinbourg.ORTELitJS.Eil.de  1612,16 12,in-fol.  528 

Id.  Mercator.  Ed.  de  1607,  in  folio.  215 

Evôché  de  Liège.  Id.        Ed.  de  1607,  in-4.  obi.  308 

Id.  Id.        Ed.  de  1607,  in- folio.  215 

Id.  Ortelius.  Ed.  de  1609,  in-12,  obi.  307 

Duché  de  Limbourg.       Id  Id  307 

Pays  de    Liège.   Guichardin.  Ed.  de  1613,  1613  et 

1617,  in-4,  oblong 307 

15    8  1616      Duché  de  Limbourg.  Mercator.  Ed.  de  1607,  in-folio. 

— Braun  et  UouENBERG,  t.  IL— KoERius,  Germaiiia 
inferior,  et  PiSCATOR,  Belgium  sive  Germania.     .  Ki9 


4 

^bis 

1589 

5 

3 

1592 

6 

3  bis 

1600 

7 

4 

1601 

8 

6 

1603 

9 

7 

id. 

10 

7  Lis 

16û: 

11 

9 

id. 

12 

9U15 

1609 

13 

9"^=- 

id. 

14 

lOl^'s 

1613 

700  — 


t.iv  t.Via  t.XlIl 
46    S^»''  1616      Evêché  de  Liège.  Bertil's,  Ed.  de  1616  (en  7  livres), 

in  1^,  oblong.  —  Guichardin.  Ed.  de  1635,  in-12.  307 

17     8'^''  id.         Duché  de  Limbourg.     id.  Id.  Id.  .  53C 

48  401"  1617  Id.  KoERius .  53C 

49  40'  1627       Evôché  de  Liège.  Buaun   el  Hohenberg,  toni.  il.     .  53C 
20  40»             1630                Id.               MKRCATOR.Ed.de463ùetl632,in  4, 

oblong. — Van  Vii aesbehg,  Nieuwe  en  beknopte, eic.  308 

2140»  1632       Duché  de  Lirabourg.  Id.  Ed.  de4632.         id.     Id.     .  309 

22  10'(')         1633       Evêché  de  Liëge.  Mercator.  Ed.    de  1633   el   1638, 

io-fol.,el  Le  nouveau  ihéaire  du  monde.  309 

23  41  1634  Id.  Id.       Ed.  de  163'*,  in-4,  oblong  216 
2*  1 1 'j''^  (*)      1636       h\xc.\iéA&  L\mhQnTg.  L'ardanie  eijlatnboijaute  colonne 

et  Kle.jne  en  beknople  allas,  etc.,  in-12,  oblongs.  310 

25  11  ter  vî)       id.         Comté  de  Dalhem.  Id.  l.t.  310 

26  41*  (*)       4638      Duché  de  Liinbourg.  Mercator.  Ed.  de  4638,  in-fdio, 

ei  Le  nouveau  lliéàlre  du  inonde 311 

27  42  4639       Principaulii   de   Liège  et  Comté  de  Looz.  Mantelius.  216 

28  44iji»  4649      Euviioiii   de    Liège.    A.  Zeidler.    Sur   un   plan   de 

Liège,  .n"  81'=-.) 531 

29  14'«' C)        Jd.         Evôché  de  Liège.  Blaeu,  2'ooH«fie/(ie5aerd;/jcx,  etc., 

in-folio 311 

30  44*  1630       Duché  de  Limbourg.  Id.  Id.  .  534 

31  44*  1652  Id.  P.  Verbist.  .'Voj;hs /a/)«/(/>Hm,  etc. 

in  12,  oblong 311 

32  15  id.        Evôeliè  de  Liège.  Guichardin.  Ed.  de  1632,  in-12     .  217 

33  15'''=*  id.         Duché  de  Limbourg  C(ie;7  e;/ S/c(/e-Z'oej;/.fH,  elc  .     .  632 

34  15'^''  1636  Id.  Martin  ZtlLl.ER,  ï'o/;oyyY/;;/;;a     .  312 
33  16              1637       Evôché  de  Liège.  Partie  septentrionale.  N.  Sanson     .  217 

36  17  id.  Id.  Partie  méridionale.  Id.  .  217 

37  48  4660  Id.  217 

38  23  4662       Duché  de  Limbourg.  F.  de  WiT 219 

39  23  4670?     Evêché  de  Liège.  Id.  ......  218 

40  24  id.  ?  Id.  T.  Danckerts 248 

44  26  0  1672  Id.  Sanson 219 

42  26''''         1674      Partie  de    la   province  au  nord-ouest.  De  Beaurain, 

Campagne  du  prince  de  Condé .'i32 

43  27  4675       Duché  de  Lirabourg.  Evêché  de  Liège.  Duval  .     .     .  249 

44  291''-  1692  Id.  J.  Peeters.  LV/(/a.$  en  aèré^é,  etc.  532 

45  29ter  id.  Id.  Sanson.  Allas  nouveau    ....  333 

46  29*  id.        Evôché  de  Liège.       Id.  Id.  ....  334 

(*)  C'est  le  II"  13  du  premier  travail.  —  (*)  C'est  le  n*  21  du  premier  travail.  —  (')  C'e.-;t 
le  n"  22  du  premier  travail.  —  (*)  C'est  le  n"  14  du  premier  travail.  —  (')  C'est  le  n"  49  du 
premier  travail.  —  'j  Les  u»*  28  et  29  doivent  se  rapporter  k  celte  carte. 


—  701  — 


47  29»  (•) 

48  29* 

49  29' 

50  29* 

r;i  29« 

32  30 


58  31 

54  31  i'''^ 

55  31  tel- 

56  31* 

57  31» 

58  31* 

59  31' 
«0  31* 

61  31» 

62  31" 

63  31" 

64  31'» 

65  31" 

66  32 

67  33 

68  34 

69  35 

70  SSi'is 

71  35ter 

72  37  Ws 
,73  36 

74  36L'i3 

75  37 

76  37ier 

77  38 

78  39 


1692 

1693 
i(l. 
id. 
id. 
id. 


id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
1694 

id. 

id. 

id. 

1693-96 

1695 

id. 

id. 

id. 

id. 

id.? 
1696 
1697 

1700 
1703? 

1709? 

id. 


Partie  de  la  prov.  à  l'ouest.  De  Beaurain.  Hist.  mil.  de 

Flandre 

Id.  au  nord-ouest.  Id.  Id. 

Id.  à  l'ouest.  Id.  Id. 

Id.  id.  Id.  Id. 

Id  au  nord-ouest.  Id.  Id. 

Id.  Bataille  de  Neei'winden.  De  Fer.  Les  forces 
de  l'Europe. — Le  théâtre  de  la  guerre  dan 
les  P.  B. —  La  galerie  agréable  du  monde 
îd.     Carte  en  allemand  .... 
M.     Hist.  abrégée  des  prov.    unies 

l'ÉRF,  Placide 

De  Beaurain.  Risi.  mil.  de  Ft 


t.tV  t.VUI  t.XIII 

312 
313 
313 
314 
314 


Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
!d. 
Id. 
Id. 


Id. 
!d. 
Id. 
Id. 
Id. 


Id.  au  nord-ouest 
Id.  à  l'ouest 
Id.  au  nord  ouest 
Id.  au  nord 
Id.  à  l'ouest 
Id.      id. 
Evêchi;  de  Liège. 
Id. 
Id. 
Id. 


Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

Id.  Id. 

De  Fer 

N.  VisscHER.  Dans  difft^rents  allas 
Partie  septentrionale.     Id.     Id. 
Partie  médiane.  Id.     Id. 

Duché  de  Limbourg.      Id.      Allas  minor,  etc  .     . 
Id.    .     .    Î)E  Bekvlizv.  Les  plans  et  profils,  elc 
Id.  Sanson.  Ma'jnum  theatrum  belli,  etc 

Evèché  de  Liège.  Theatrum  Belgii  fœderati,  etc     . 

Id.  De  Fkr.  Le  théâtre  de  la  guerre  dans 

les  P.  B.,  etc 

Id.  Sanson    

Partie   de  la   province  au  sud-ouest.  G.  Bodenehr 

Atlas  curieux,  etc 

Evêché  de  Liège.  Allard.    La   galerie   agréable    du 

monde,  etc 

Id        Van  der  Aa.  Id.     Gueudeville 

Le  nouveau  théâtre  du  monde,  etc.,  et 
A.  Dubois.  La  géographie  mod.,  etc. 


220 
220 


220 


315 
315 
315 
315 
316 
316 
316 
317 
317 
317 
318 
318 

318 
320 
320 
320 

321 


221 


221 


222 


321 


(•)  Les  nos  29»  à  29*  sont  les  n""  29''i=>  à  29*  du  deu.xième  supplément. 


79 

39l^K^ 

80  40 

81 

40  l'i-^ 

82 

40'"- 

—  702  — 

®  ~  -  f   5 

UV  t.VUl  t.Xllt 

1T09       Evêché  de  Liège.  Covens  el  Mortiek.  Nouvel  allas 

très-exact,  etc 535 

id.  Duché  de  Limbourg.VAN  der  Aa.  La  galerie  agréable 
du  motule,elc. — Gueudeville.  Le  nouveau  théâtre 
du  monde,  elc,  et  A.  Dubois,  ia  géog.  mod.,  etc.  322 

1720?      Parlio  de  la  province  au  nord-ouest.  F.  Benard.     .  S35 

1725      Evéché  de  Liège.  NOLiN.  Sammartini.    Gallia  chrix- 

liana,  elc 536 

83  40*  («)         4729  Id.  D.  DE  LA   Fei'ille.    Les    tablettes 

guerrières  et  Kleyne  en  heknopie  atlas,  etc     .     .  322 

84  4)  4740?      Principauté  de  Liège.  N.  Le  Clerc 223 

85  41  bi^  1744?  Id.         M.  Seutter.  .ir/as  noi;«s,  etc    .     .           323 

86  42                 id.  Id.  T.C.  LotJEn.  A  lias  g  eograpfiicus,e\c  224 

87  43  id.  Id.         E.  H.  Fricx 224 

88  44  1740      Bataille  de  Ror.our.  F.  Harrewïn 225 

89  45                 id.  Id.     Journal  hist.  de  la  dernière  campagne,  eic  226 

90  46                 id.  Id.     Ly^VkOVGF..  Recueil  contenant  des  car  tes, &\.c  "l'i^ 

91  47  id.  Id.     G.  Demf.use 227 

92  47l"s            id.                 id.     (en  hollandais) 323 

93  47^*                id.  Id.     Kleyne  en  beknopte  atlas,  etc    ...     .  324 

94  47*               id.                Id.     Le  Rouge 324 

98  47^  id.  id.  Kr\t.  Relation  de  la  camp,  en  Brabant,elc                   536 

96  47»  id.  Id.  (en  hollandais).  P.  Servaas 537 

91  48  id.  Id.  Ckumm. Itinéraire  ou  le  guide  liégeois,elii  227 

98  481^'^  id.  Id.  h'Espagnxc.  Hisi.  du  maréchal  de Sa.ve,elc           324 

99  49  id.  Id.  Fk\è.  Hist.  et  lactique  des  trois  armes,elc  'i'il 

100  49 1^:"  id.  Id.  De  Beaurain 324 

401  49""  id.  Id.  Brouard 324 

•102  50  1747       Bataille  de  Lawfeldt.  F.  H   Everard  Kints     .     .     .227 

403  50'''-  id.  Id.  PoiiEH.CnEyiE.  Rel"  de  la  camp,  en Braù., eic                   537 

404  50t«>  id.  Id.  Le  Rouge 537 

405  51  id.  !d.           Id.       Recueil  contenant  des  caries,  elc.  228 

406  51  i'''^  id.  Id.  De  Beaurain 325 

107  54 1«'  id.  Id.  Brouard 325 

408  62  (')  id.  Id.  Potier.  Campagne  de  l'armée  du  roi,  etc    .  228 

109  53  (')  id.  Id.  CxhRQ^iT.  Itinéraire  ou  le  guide  liégeois,  etc.  228 

140  54  (*)  !748  Cours  de  la  Meuse.  Le  l'ouGE. /îec.co»i««de.s  car/e.f.etc  228 

144  55         1748-4763  Principauté  de  Liège.  N.  Le  Cleic 229 

112  Sol»"         4754      Evéché  de  Liège  et  duché   de   Limbourg.  Robert. 

Atlas  universel,  etc 325 

(')  C'est  le  n"  20  du  premier  travail.  —  (*)  C'est  le  n"  53  du  preniier  travail. 
(»)  C'est  le  D»  54  id,  —  [i)  C'est  le  n"  62  id. 


703 


f.iv  t. vin  (xui 

17S6  Partie  de  la    province  à  l'Est..    De  Limbodrg.  Traité 

des  eaux  m'mérales 537 

1758  Evéché  de  Liège.  Expu.ly 229 

id.  Partie  de  la  province  à  l'Est.   Théâtre   de   la  guerre 

présente  en  Allemagne ,');-{8 

■1763  Id.     Id.    De  LiMBOURG.  ]Vo«('.  a/nM.se/«e7/rs,etc  230 

i7fi8  Cours  de  la  Meuse.  Morand.  .■lrfrf'e.r/)/r/^«  )/j)«es-,etc  230 

id.  Id.                    Id.                        Id.              .  230 

177,-)  Priiicipaiitd  de  Liège.  Serriès.  Hist.  ccclésiasc,  etc.  23i 

1777  Partie  de  la  prov.  à  l'Est.  Mém.de  l'acad.imp.  eiroy.                   ?,?)S. 

178'2  Marquisat  de  Franchiniont.  H.  Godin.  De  Limbourg. 

Les  amiisoiicnts  de  Spa 231 

iii.  Evêché  de  Lfégc.  Delà  Fosse 231 

178S  Id.             Dezaijche 231 

178t)  Duché  de  Limbourg 339 

1788  Prne.  de  Liège.  Hénaux.  Mist.  du  pays  de  Liége^e\c  23i 

1789  hl.  Id,                        Id.                     .  233 

1790  Id.         DessAIX 233 

id.  Iii.         CAiHHoyi.  liinér.  ou  le  guide  liég.,elc.  233 

id.  Id.         GûssEFELO 234 

1791  Id.  Von  Kully.  Schauplaiz,  elc  .  .  .  32.S 
id.  Id.  (partie  sud)  Id.  Id.  .  .  326 
id.  Id.  (partie  médiane)  Id.  Id.  .  .  326 
id.  Id.  (partie  nord)  Id.  Id.  .  .  326 
Id.  Duché   de   Limbourg.                  id.             Id.     .     .           327 

1793  Bataille  de  Neerwinden.  De  ÏERNAV.Ï'mi/<;(/cfrt67.,etc                  339 

id.  Id.                            Id.                  Id.              .                  33ft 

id.  Id.     Vxwi.Hist.  et  tncltq.  dm  trois  armes,elc  234 

id.  Id.     JoMiNl.  Hist.  critique  et  militaire,  etc.   234 

139  72       1793-4794  Partie  de  la  province  à  TEii.     Id.                 Id.         .  ->3o 

CHAPITRE    IL    —    DOMINATION    FRANÇAISE    (l79o-lSl4). 

Dép.  de  rOurlhe.WOLFF.  Le  guiile  (/es  curieux,  etc.   236 

Id.  ^Ri.TOV.Voyage dans  la  ci-devant  Bet'j., cl(^  236 

Id.  Waillart 54(» 

Id.  WOLFF 237 

Id.  Desoer.  Almanach  du  départ,  de  l'Ourtlie  237 

Id.  Tardieu.  Allas  national  de  France.     .     .  23T 

Id.  Maillakt o*" 

Id.  Dk.sokb S'iO 


113 

^Oter 

114 

56 

113 

S6bi< 

116 

57 

117 

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59 

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134 

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135 

69 

136 

69  l'i" 

137 

70 

138 

71 

440  73 

1801 

141  74 

1802 

142  741'i« 

1804 

143  73 

1807 

144  76 

1810 

143  77 

1812? 

146  77lji> 

1814? 

147  77'er 

id. 

—  704  — 

CHAPITRE    m.    —    DOMINATION    HOr, LANDAISE    (  1814-1830). 


t. IV  t.VIH  t.XIIf 

i'tS  78  i816       I*ai'lie  de  1h  province  à   l'est   (t'2  numéros).  Wolff. 

Itinéraire  curieux  d<is  environs  de  Spa,  etc.      .      .   '238 
M9  78b>^  1818?      Prov.  fleLiége.VAN  BA.ARSEL.  /l(/as  du  royaume  des 

Pays-Bas,  etc.  327 

ISO  79  -ISl'O  Id.     HoFFMKisTRR 239 

if)l   80  4824  Id      Castf.p.man.  Lecocq.  Nouvelle  géogr.,  eic.  239 

452  81  -1828  Id.     Firket 239 

i.'iS  82  id.        Partie  de  la  pr.  Env.  de  Linge.  Avanzo.  (PI.  de  Liège)  240 

154  82ti's  -(830       Prov  Ae  Liège.  R.  ^IXLUERBE.  De  l'étal  des  rouCes,&lc  541 

CHAPITRE   ÏV.    —    GOUVERNEMENT   BELGE    (^1830-1878). 

Pi'ûv.  de  Liège. Vandermaelen.  Allas  de  ta  Belgique 

pour  l'iii  SI  motion 243 

Id.     JUUENNE 327 

Id.     Vakdermaelen 240 

Id.      A.  DuMONT.iUt'm.siO'  la  constit.  géologique  241 

kl.     Vandermaelen 541 

Partie  de  la  province  à  Touen.  Roulez.  Mémoire  sur 

les  campagnes  de  César 327 

Province  de  Liège.  Charles.  Atlas  de  la  Belg.,  etc.  328 

Partie  de  la  pr.  au  nord  ouest.  Simons  et  Deridder. 

Desc.  de  la  route  enj'er,e[e  542 

Id.  au  nord.  Id.  Id.       .  84a 

Id.  a  l'est.  Id.  Id.        .  543 

Prov.  de  Liég«.  Blaisot.  Petit  atlas  national,  etc.  241 
Id.     Vandermaelen.  Atlas  de  la  Belg.  en  10 feuil.  243 

Id.     La  Belgiifue  pittoresque 241 

Id.     Géographie  de  la  Belgique 543 

Id.     Vandermaelen.  Nouvel  atlas  de  la  Belgique.  243 

Id.  Id.  "    .     .  544 

Id.  Id.      Havard.  Dictionnaire  géngraphiq.  328 

Partie  de  la  pr.  au  nord.VVAUTERs.  Atlas  pittor.,  etc.  544 

Id.     à  l'est.  Hayet.  Vadm,  et  les  électeurs,  etc  544 

(*)  C'est  le  n"  93  du  premier  travail.  —  (2)  C'est  le  n"  83  l'i»  du  premier  travaiL 
(••)  C'est  le  n"  8'f  l'i^  id.  —  (*)  C'est  le  n»  84' ■••  id. 

(")  C'est  le  n"  04  id.  —  ^•)  C'est  le  n"  'Jr.  id. 

(')  C'est  le  n"  8G*  du  deuxième  supplément. 


155  83i'i-(') 

1831 

156  «Sier  (-) 

id. 

157  83 

1832 

158  84 

id. 

159  84l'i« 

id.'/ 

IbO  84ter  (=>) 

1833 

itil  84*(*) 

id. 

162  84" 

id. 

163  84« 

id. 

164  84' 

id. 

Wô  85 

1834 

166  85bi»0 

id. 

167  86 

id. 

168  86i'i-^ 

1836 

169  86tef  n 

1838 

170  86* 

1840 

171  8(1"  Cj 

id. 

172  86» 

id. 

173  86' 

id. 

—  705  — 


7;  r:     —      a. 

a  »    >.      3         3 

Q  —   a       m  'n 

t.iv  t.vui  t. .vin 

1842  Province  de  Litige.  Raks 242 

id.         Partie  de  la  province  à  l'est.  Dérive 24Si 

id.  Id.  Id 242 

1843  Province  de  Liège.  Rkding.  Mendél.  Album  voor  de 
aardrijkskiinde,  etc 545 

id.         Couis  de  la  Vesdre.  (Chemin  de  ter).  Stroobant.     .  845 

id.         Partie  de  la  pr  au  sud.  De\Vaha..4  Hl M.  les  présida, elc  546 

id.  Id.  à  l'est.  IIahn 242 

id.  Id.  id.       Id 242 

id.         Cours  do  la  Vesdre.  (Chemin  de  fer).  Vandermaelen  243 
id.         Partie   de   la    province  au   sud-est.    H.   Guillery. 

liirières.  L'Oirlhe 546 

id.         Evêché  de  Liège. r,EiRNAERT.^?/as  ecilév'asiique,elc.  547 

-1844       Partie  de  la  pr.de  Waremrae  à  Liège.  Wauters.   Allas 

pittoresque,  elc 547 

id.  fd,     de  Liège  à  Verviers.  Id.         Id.     .  548 

id.  Id.     de  Vervicrs  à  la  frontière.     Id.         Id.     .  548 

id.  Id.     de  Tirlemoni  à  Waremme.  Vandermaelen. 

Allas  des  cliemms  de  fer 329 

id.  Id.     rie  Waremme  a  Liège.  Id.         Id.     .  330 

id.  Id.     de  Lii^ge  à  Verviers.  Id.         Id.     .  330 

id.  Id.     de  Verviers  à  la  frontière.     Id.         Id.     .  330 

I       1845       Prov.  de  Lii'gH.  M EKKTS.  D/cn'o«.  f/éof/rap/i/fji/e,  etc.  329 

id.  Id.  Raes.  Allas  de  la  Belgique,  etc.     .  548 

1846  Partie  de  la  province  à  l'est.  G.  Lambert.  Géologie. 
Rapport,  etc 549 

1846-1847   Prov.  de  Liège.  Marc  Elgé.  Histoire  et  géogr.,  etc.  329 

1847  Cours  de  la  Meuse.  HouBOTTE.  Pro/e<c('a»ié//or.,  etc.  549 
id.         Partie  de  la    province   au   nord-ouest.  Henneqcin. 

Appel  à  la  législature,  etc S50 

1851       Province  de  Liège.  Landrien.  ^f/as  poj9!</a»-e,  etc   .  o51 

1853       Partie  de  la  pr.  à  l'est.  Soc.  anonyme  du  ch.  de  fer  de 

Pepinster  à  Spa S51 

id.  Id.     au  nord.  C//e;/î(H  de/i?)' /)é(/eo2«-/^mft.,  etc  244 

id.  Id.     Envir.  de  Chaudfontaine.  Grandgagnage. 

Chaudfoniaine 244 

202  99  id.         Province  de  Liège.  Coppens.  Atlas,  elc    ...     .  245 

(')  C'est  le  n"  92'' du  premier  travail.  —  (*)  C'est  le  n"  92^  du  premier  travail. — 
(')  Le  n°  93  du  premier  travail  est  duv.'mi  le  n"  83^1.  —  (*)  Le  n"  94  du  premier  travail 
est  devenu  le  n»  80'"'.  —  {^^)  Le  n»  95  du  premier  travail  est  devenu  le  n"  86'.  —  (*)  Le 
a"  96  du  premier  travail  est  devenu  le  n"  99*. 


174 

87 

175 

88 

176  89 

177 

89l'i- 

178 

89tti- 

179 

89* 

180 

90 

181 

91 

182 

92 

183 

92  l^i^ 

184 

92ler 

185 

92' 

186 

92=^ 

187 

96'= 

188 

92' 

189 

92» 

190 

92" 

191 

92'» 

192 

92"  (' 

193 

92" 

194 

92*5 

195 

92"  (« 

196 

93(3) 

197 

94(*) 

198 

95  0 

199 

96  0 

200 

97 

201 

98 

706  — 


Papes 


203  99  bis 

1854 

204  99te'' 

(*)  1855 

-205  99* 

id. 

206  99' 

id. 

207  99« 

id. 

208  99' 

id. 

209  99»  (*) 

id. 

210  100 

id. 

211  lOOl'i-^ 

id. 

212  lOOter  ( 

')   id. 

213  100* 

id.? 

214  104 

1856 

215  -102 

id. 

216  1021^'^ 

1858 

217  i03O 

1859 

218  ■lOSl'i" 

id. 

219  403te'' 

id. 

220  103* 

id. 

221  103'' 

id. 

222  103« 

id. 

223  104 

1860 

225 

1862 

226 

1863 

227 

id. 

228 

1865 

229 

1866 

230 

id. 

231 

1867 

232 

1868 

233 

id. 

234 

1868-1869 

Partie  de  la  pr.à  l'est.  Environs  de  Theux. Geoffroy 

Mémoire,  etc 

Id.                    Id.     A.  DuMONT.     .     .     . 
Id.                   Id.     Geoffroy.  Mémoire,  etc 
Id.     Env.  de  Limbourg     Id.  Répo7ise,  etc 
Id.     Environs  de  Tlieux.    Id.         Id. 
Id.                Id.         A.  DuMONT.     Id. 
Proviiice   de    Liège.  Vandermaelen.  Atlas  hydro- 
graphique, routier,  elc 

Partie  de  la  pr.  au  .'<ud-est.  Collin 

Id.  id.  JoANNE.  Spa  et  ses  environs 

Province  de  Litige.  Avanzo 

Partie  de  la  pr. Cours  de  la  Meuse.  J.  Peetehs     . 
Id.  au  nord-est. Vandbrmaei. EN. C/i.rfe/e/-  agric.  etc 
Id.         id.      J.  HoDSON.  Projet  de  ch.  de  fer,  etc 
Province  de  Li(!ge.  Demarteau.  Analyse  géograph 
Partie  de  la  province  au  sud-esl.  J,  Lezaack     . 
Province  de  Liège.  Mots  Marchal     .... 
Id.  Id,     Allas  de  poche,   etc.  e 

Nouvel  atlas  géographique  . 

Id.     Callewaert.   Guide  des  voyageurs,  etc 

Partie  de  la  pr. Commune  d'Aube!. NiCOLAi.Le/oe,etc 

Id.  aunord.CouNE.C/2.(/e/.  de  Bilsenà  Tongres,elC 

Id.     i(i.     Clals  et  Flechet.  Id.  d'Ans  à  Tongres 

Pr.de  Liège.  L. Renard. Johc^  Belge  (iiand-Ducale 

Partie  de  la  province  au  nord-est.  Chemin  de  fe 

des  plateaux  de   Hervé 

Province  de  Liège.  (Concessions  houillères.)     . 
Partie  de  la  pr.  a  l'est.  Sevekeyns   et   Faust.  Soc 

de  la  Vieille-Montagne 

Id.     id.     L.  DE  Thiek.  Société  du  Dleyberg   . 
Id.  Env.de  Spa.  E.ngel.Goffin.  Spa,  ses  font., elc 
Id.  à  l'est.  L.  Lezaack.  Guide  aux  eaux  et  aux 

jeux  de  Spa 

Id.     id       BtiRGVtVl:.  Projet  de  chemin  de  fer  .      . 
Id.  Env.  de  Li('gc.  Deltour  — Rosius.  Le  tunnel 

Cockerill 

Pr.  de  Liège.  Jourdain.  Dtct.  encyclopédique,  etc. 


t.IV  t.VIII  t.XIII 

551 


328 


244 
245 

246 


246 


246 


552 
552 
553 
553 


554 

554 
555 

555 
556 
556 

556 
557 
557 
S58 

558 

559 
S59 

560 
561 
561 

561 
S62 

563 
563 


(*)  C'est  le  n''86'ordu  premier  travail.  —  (»)  C'est  le  n"  96  du  premier  travail.  — 
(")  C'est  le  n"  103  du  premier  travail.  —  (^)  Le  n"  103  du  premier  travail  est  devenu  le 
D»  I00i>;'. 


235 

1869 

236 

id. 

237 

id. 

238 

1870 

239 

id.? 

240 

id.? 

241 

id.? 

242 

1871 

243 

1872? 

244 

1873 

245 

id. 

246 

1875 

247 

id. 

248 

id. 

249 

id. 

260 

1876 

251 

id. 

252 

1877 

253 

id. 

254 

id. 

258 

id. 

266 

1878 

257 

id. 

258 

id. 

259 

id. 

260 

id. 

707  — 


t.XIII 

Pr.  de  Liège. (jéographie  élémentaire  de  ta  Belyiq.  564 

Id.     Max  Goebel.  (Cliarbons.) 564 

Id.     Franquoy.  Etude  sur  les  minerais  de  fer  .  666 
id.     R.    Malherbe.   De  l'état  des  routes  dans 

le  pays  de  Liège 565 

Id.     PÉRIGOT  et  Pire.  Atlas  élémentaire,  etc     .  566 

Id.     Cali.ewaert.   Atlas   diamant,  etc.     .     .  566 

Partie  de  la  province  à  l'est.  Engel 666 

Province  de  Liège.  Vossen.  (Chemins  de  fer.)    .     .  567 

id  Id.      Mines.}    .....  568 

Id.  ïiOSEl.  Atlas  de  la  B'ilgique.      .  668 

Partie  de  la  pr.  Env.  de  Liège.  Becker.  Clndnstrle  )  568 

Id.     Id.  BOVUXRT. Carte  générale  des  cli.de  fer.  569 

Id.an  sud.  Decq.  Nouv.  plan  de  lu  ville  de  Liège.  570 

Id.  à  l'ouest.  Id.  Id 570 

Id.  Environs  de  Spa.     Id.     Id 570 

Id.     Id    GoFFlN.  Nouveau  guide  des  étrangers.  570 

Id.  Env.  de  Seraing.  J.  de  J>ïkC\R. Carte  géolog.  571 

Pr.  de  Liëge.  Lechein.  Atlas  des  neufpr.  de  la  Belg.  571 
Id.     R.  Malherbe.  De  l'état  des  routes  dans 

te  pays  de  Liège 672 

Partie  de  la  prov.En, irons  de  Spa.  Bourdoux-Sody.  572 

Pr.de  Litige. BARTnOLOMEW..l//ass/7écia/  de  laBelg.  573 
Partie  de  la  prov.  au  nord-est.  Gilon.   Le   barrage 

de  ta  Gileppe 573 

Id.  au  sud-est.  Id.  Jd.     .  573 

Id.  Commune  de  Cliarneux.Id.  Id.     .  574 

Id.  Cours  de  la  Gileppe.     Id.  id.     .  574 

Id.  a[inorà-est.  Cil.  de  fer  Visé-3IicheroHx   .  575 


Deuxième  partie.  -    Pians  gravés. 


>rt 


.-    a     a.       eu 


t.iv  t.vn[  t.xiM 
Vue  prise  du  pont  Maghin.GuiOHARUiN.Ecl.de  1867  et  1368.  23-1 
Vue  prise  deSt-Gilles.  F.  Vai.egio.  .Ulas  en  italien     .     .  577 

Id.  Braun  et  HOGENBERG. 3'/(ea/rHî?«  !<rZ)non.  251 

Iii.  Copie  du  précédent 331 

Vue  prise  de  la  Cliartrcusc.   Mehten  von  Mancuel.   His- 

toria,  etc. 577 

[d.  Baudaut.    Les  (juerrcs,  de  Nassau.  578 

Vue  prise  de  St-Gilles.  Guigiiahdin.  Editiorj  de  1S80  .     .  578 

Id.         Iil.     Ed.  de  1581,  lf;82,  lo88,  1612,1613, 

1624,  1625,  1646,  1648.  252 

Id.         Copie  du  précédent 253 

Id.         Adi'.ikn  lîOMAlN.  Parvinn  ihealrum,  etc.     .  331 

Id 331 

Id 332 

Id.         GuiCHAHDiN.  Edilion.s  de  1613,  1616,1617.  253 
Id.         Le  Petit.  Nedcrlavdsclie  republi/ckc      .     .  578 

Vue  prise  de  la  Chartreuse.  Ph.  de  Hurges.  Voyage,  etc.  579 

Vue  prise   de  St-Maur.    G.    Marischal.    J.  Veenen.  G. 

Alzenbach 579 

Vue  prise  du  pied  du  Pont-d'Ilc.  Le  Meunier    ....  581 

Vue   prise   de    St-Gilles.  D.    Meissner.  Emblemaia   seu 

moralia,  etc 581 

Id.  G.Rraun  et  F.  H0HENBF;KG.77?(?a«j!U)i  urbiitm,elc.  253 

Vue  prise  de  St-Maur.  G.  Alzenbacfi 254 

Id.  tîr.AEU.   Novran  ac  luagiinm  ihcatrnm,  etc.   2.')4 

Id.  W.IIOLI.AR.  La  galerie  arp-éobte  du  monde.   255 

Vue  prise  de  St-Gilles  (siège).  A.  Zeidler 583 

Id.  ^M.nw^.Topograpbia  Wcstphaliœ.     .     .   256 

Id.  Id.  Id 256 

Id.            Abraham  Sauhu.  .S/iïHc-/jHcft,  etc    .     .  583 

id.  G.  ai.tz!;nrach 256 


(')  Le  n"  lll's'  du  deuxième  supplément  est  devenu  lo  n"  5®. 


1 

1 

1567 

2 

4l.is 

i:i72 

3 

2 

1574 

4 

21>i^ 

id. 

5 

2ter 

1577 

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2* 

id. 

7 

2' 

1580 

8 

J5 

1581 

9 

4 

1582 

10 

4l,l.s 

1595 

11 

4fer 

1 600? 

12 

4* 

id.? 

13 

5 

1613 

14 

gbis 

1615 

13 

5e; 

id. 

16 

5* 

1618 

17 

J'5 

1623 

18 

5» 

id. 

19 

6 

1627 

20 

7 

1 640? 

21 

8 

1649 

22 

9 

id. 

23 

gi.is 

id. 

24 

10 

1 650? 

25 

11 

id.? 

2u 

\\hi, 

(')1658 

27 

12 

1663 

70^> 


t.iv  t.vnrt.xni 
1676       Plan  de  l'areui;  de  lïi  Cité.   M.  uk  Ghati.  fJt.scours  de 

droit  moral 257 

id.  Id.     de  Gierson-Fonlaine.     M.  Id.       .  258 

1685?     Vue  prise  de  St  Gilles   . Îi84 

id.             Id.  Ausfïikrliche  und  Grundrichtine  Brschreibung  o84 

1689  Id.  AvELixK 585 

1693  Id.  Perelle.  OEuvre  de  Beaulieu ,332 

1694  l'Ian  complet.  De  Beauiuin.  ^/.«.   miUt.  de  Flandre.  .333 
id.              Id.     De  Ker.  Les  forces  de  l'Europe.  Ed.  de  1690 

et  172:2 585 

id.  Id.     Veuve  du  Val ,186 

1695  Id.     De  I'er.  l.cn  forces  de  l'Karopc.  Editions  de 
\m?,,  IGltn,  1695,  169(3 259 

1697  Id 259 

id.?  Id.     E.  II.  Fricx.  Cane  du  duché  de  Brabant     .   260 

id.  Id.     Harrewyn,  Délices  des   Pat/s-Bas.  Editions 

de  1697  et  1700 386 

1700  Vue  prise  de  St-Maur -''.87 

1701  Vue  prise  de  St-GiUes  {s'iôge).  i  AVoLfF.  Reprcesentatio 
betli,  etc 587 

id.         Plan  complet        (id  )  Id.  Id.     .  588 

id.         Vue  prisede..  (id.)  Fauûras.  Faits  mém.  de  yuerre,etc.  588 

1702  Plan  compl.(id.)  C.Allard.  Lagaler.  agr.  du  monde.  261 

id.         Vue  prise  de  St-Gilles.  (id.).  Médaille 262 

id.         Pians  de  la  Citadelle  et  de  la  Chartreuse  (id.\  Pelet. 

Collection  de  documents 262 

1709       Plan  complet.  P.  ScHENK.  JAeatrMm  6e/pjcum,  etc.     .  333 

id.  Id ,589 

1711  M.  E\ïiKï:\\\».  Délices  des  Pays  Bas.  Eâ.àe  m  \.  589 

1720  Id.  Id.  Id.  Ed.  de  1720,1743  et  1769.  .589 

1721  l'hin    du   cours  de   la  Legia.    Louvrkx.    Recueil  con- 
tenant tes  édits,  etc ^63 

1725       Vue  prise  de  St-Maur.  ti.  Bode>ehr.  Force  d'Europe.  590 

1729       Plan  complet.  Les  ra6/e«fe.s   guerrières   et    Kleyne  en 

beknoptc  atlas 334 

55  28  1730  M.     L.  Thonus 264 

['j  C'est  le  r'i"  'l\^"-  du  premier  travail.  —  (-)  C'est  le  n"  14i''''  du  premier  travail.  — 
(■"')  l/C  n°  13  du  premier  travail  est  devenu  le  n"  26'"'*.  —  (')  Le  n"  17  du  premier  travail 
HSi  devenu  le  n"  35"-  du  deuxième  supplément.  —  ("!  Le  niJ  20  du  premier  travail  est, 
devenu  le  n«  26'»''  du  deuxième  supplément.  —  ■*)  Le  n"  22  du  premier  travail  est  deve 
II'  11''  2.'i-'.  —  (')  C'est  le  u"  22  du  promifr  tr:ivnii.  —  (*)  C'est  le  n"  15  du  premier  trav.' 
—  /"j  i^est  le  n"  90  th-,  premier  iravHi!. 


enu 

M. 


710  — 


f  '  r:     a-       o. 

.c  ia  2    "      " 

t.iv  t.vm  t.xiK 

îS()  ti7  1738  Vue  prise  de  St-Gilles.F.  DESTAIN.i4/m.</e4  <re/bncier«.  263 

>>7  29  17,^7  Id.     R.  LE  Loup   Les  délices  du  pays  de  Ltége.  265 

58  30                id.  Id.     (Copie  du  précédent.)  0.  Henrotte.     .     .  265 

»9  30bi-  1738r  Vue  delà  pi.  dev.  le  Palais.  Bergmùller. Vues  p'optiq.                   590 

60  30'e'             id.?  Vue  de  la  place  Sl-Jacques.  Id.  Id.         .                   891 

61  3'i*               id.?  Vue  du  Vieux-Marché.  Id.  Id.                           591 

62  30»               id.?  Vue  du  Marché.  Xhrouukt.  Id.  .                  592 

63  30'               id.?                  Id.                Id 593 

64  32  1740?  nmcompl.  Le  P>0VGE.  liée,  coni^  des  caries  nouvelles.  266 

65  31  1746  Id.  CBmsiOPHE  Mmhe. Carte  de  la  princ.de  Liège.  266 

66  33         1744-1763   Vue  prise  de  Si  Gilles.  B.  Andkez 266 

67  33l>i'^  1746  Id.     Schaii  Plasz  ion  9?,  beruhmten  Stadcen,  etc.  698 

68  34  1748  Vue  prise  de  Cointe.  J.  Dr.  Beïer.  C.  Schulz  .     .     .267 

69  341'!-  17on?  Vue  des  env.de  St-Lamb.  Van  denStcen. Essai  Aist.,etc.  593 

70  3S  id.?      Vue  prise  de  Si- Gilles.  Werner.  Prorst 267 

71  33''  t7o3  Plan  complet. /iC/e^ne  en  ^e^nopfé  a(/as,  etc     .     .     .  334 

72  35t"             id.                 Id.                            Id o94 

73  36  1781  Plan  du  quartier  de  l'Ile.   Renoz.  Notes  relatives  au 

plan  d'embellissement 268 

74  37  178:i      Vue  prise  de  Sl-Gilles.  A   Leloup.  De  Limbourg.  Les 

amusements  de  Spa 268 

75  38  1783      Vue  prise  du  pont  des  Arches.  Fayn 268 

76  38!'i^  1785       Pian  complet.  Dé/,  de.s  Pflj/.s  Bas.Ed.de  1783  et  1786.  594 

77  39  1789       Plan  de  la  citadelle,etc.  BovY. P/-ome?mdes /»sfor., etc.  269 

78  40  1802       Vue  pr.  de  Sl-G;lles.  Breton.  Foy.dans /a  ci-tiey.Ce/yr.  269 

79  41  l804       Vuedu  pontd'Amercœur.JEHOTTE.JVapo/éoH/Jonapar/c. 

(portrait) 269 

80  42  1822       Plan  du  quartier  de   l'Ile.  Devvandre.   Procès-verbal 

de  la  Société  d'Emulation .  270 

81  42l>is  id.        Plan  du  quartier  du  Centre.  Chevron 595 

82  42tcr(«)      1825       Vue  du  pont  des  Arches.  De  Cloet.  Foj/agfe  pi«or., etc  334 

83  42*  id.        Vue  de  la  place  du  Théâtre.     Id.  Id.  .  598 

84  43  1827  ?      Vue  du  pont  d'Araercœur.  F.  FANTON.ro/n/».  deGrétry.  270 

85  43'"'   1827  à  1830  Vue  du  ^rand  Marché.  Id 696 

86  43101  id.         Vue  de  la  placeduThé.'.tre.  Id 596 

87  43*  id.      ■  Vue  du  Mont-St-Marlin.        Id 596 

88  43*  id.         Vue  de  la  place  St-Paul.       Id 597 

89  44  1827       Plan  complet.  Bayet 271 

90  4o  id.  Id.  JoBAim .  271 

91  46  1828  Id.  Avanzo 271 

(')  C'est  le  n'  42i'!5  du  deuxième  supplément. 


—  711 


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t.IV  t.VIl!  l.Xlll 

Vue  du  Marché.  De  CLotx.ChiUeaux  et  »Ron«m.,  etc.  597 

Vue  de  la  place  de  l'Université.     Id.         Id.          .  r>98 

Plan  complet.  Boyens.  Collon 27â 

Vue  prise  de  la  route  de  Tongres,  De  Peeixaert  398 

Vue  du  Marché.  lUévolulion) S98 

Plan  complet 599 

Id.     Vandermaelen.  Atlas  de  Ferraris.     .     .  212 

Vue  du  Marché.  Crejietti 599 

Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Cbemetti 599 

Vue  du  pont  des  Arches.  Renardy.  Cremetti.     .     .  600 

Vue  de  la  rive  g.  de  la  Meuse  derr.  St-Jacq.  Id.  Id.  600 
Plan  complet  avec  les  env.  H.  Beaulieu.  M.  Franck.          338 
Plan  des  quart.de  l'tst  et  du  Nord  avec  les  environs. 

Vbeurick 273 

Vue  du  Marché.  Ghémar.  Degoberï 600 

Vue  de  la  place  du  Théâtre.       Id.     Id 601 

Id.                           Id.     Id.     .     .     .     .  601 

Vue  de  la  rive  g.de  la  Meuse  d' ^  St-Jacq.  Borremans.  Id.  60< 

Vue  du  pont  des  Arches.               Id.                Id.     .  60i* 

Vue  du  boulevard  delà  Sauvenière.ld.                Id.     .  602 

Vue  prise  du  faubourg  St-Gilles.  Ghéuar.        Id.     .  60o 

Vue  de  la  place  St-Lambert.  Borremans.          Id.     .  608 
Vue  du  pont  de  la  Boverie.  GEt  ardot  de  Serhoise. 

Borremans 60iî 

Vue  du  quai  de  la  Balte.  Ghémar.  Degobert  .    .     .  604 

Vue  du  pont  des  Arches 604 

Vue  prise  de  la  tour  de  Méan.  Ch.  Mozin.  Martens  .  273 
Plan  couplet.  M.  Franck .  273 

Id.  Vandermaelen.  Nouvelle  carte  gén.  de  la  Belg.  604 

Vue  du  Mouché.  Mokzen.  Cremetti 605 

Vue  de  la  plare  du  Théâtre.     Id 605 

Vue  du  Mont-St-Martin.  Monzen.     Id 605 

Vue  de  la  place  St-Paul.        Id.        Id 608 

Vue  du  pont  des  Al  ches.                    Id 606 

Vue  prise  de  la  tour  de  Méan.  Mokzen.     Id.     .     .  606 

Plan  du  quariier  de  l'Est.  Avanzo 336 

Plan  complet.  Id 274 

Id.         FEBRiER.G'wîde  pittoresque  du  voyageur 

en  Belgique.  Editions  de  1838,  1839,  1840,  etc.  274 
Vue   prise   de   Pierreuse.    Bartlett,    Vues    de    la 

Hollande  et  de  la  Belgique 606 

(')  C'est  le  n*  48bi9  du  deuxième  supplément.  —  («)  C'est  le  n'  5lWsdu  deuxième  suppi". 


92  46biB 

1829 

93  46'ei 

id. 

94  47 

1830? 

95  47bi* 

id.? 

96  47tei 

id.? 

97  47» 

id.? 

98  48 

1831 

99  iS^i^ 

1832? 

100   48tor 

1832? 

101  48» 

1833? 

102  48" 

id.? 

103  48*(«) 

id. 

104  49 

1835 

105  491>'R 

id.? 

106  49tef 

id.? 

107  49» 

id.? 

i08  49» 

id.? 

109  49* 

id.? 

140  49^ 

id.? 

m  49» 

id.? 

112  49» 

id.? 

113  49" 

id.? 

H4  49" 

id.? 

115  49"» 

id.? 

116  50 

1836 

117  61 

id. 

!18   61  bis 

id. 

119  51ter 

id.? 

120  51* 

id.? 

121  51" 

id.? 

122  51« 

id.? 

123  51' 

id.? 

124  51» 

id.? 

125  51»  O 

1837 

126  52 

1838 

127  53 

id. 

128  53bi5 

id. 

712  — 

P»C«K 


t.tV  t.VIII  t.XIU 


o3iKi'(i)      1839       Vue  du  poiU  des  Arches.    Lacïkhs.  Van  Hasselt. 

Voyage  aux  bords  de  la  Même 336 

Vue  prise  du  quoi  d'Avroy.  Fussell.  A.  Crusk     .     .  g607 

Plan  complet.  Dcples&is.  Landois.   Guidt  indispens. 
duvoyageur.    Ed.  de  1840,  1841,  1844,  184a     .  275 

Id.           Id.         Id.   Tlie  indispensable  ijuide,  etc.  607 

Id.  Yzwmï-^.Gitide pilt.  cl  art,  du  voy.YA.  de  1842,  607 
Plan  du  quartier  des  Aiiguslins   .......  275 

Vue  de  la  place  Je  la  Cathédrjil.e.  P.indels,     .     .     .  608 

Id,         .St-Jacques.                   Id.           ...  608 

Id.         devant  Sl-M;irtiij.         Id 608 

Id,         devant  St-Antoine.       Id 608 

Vue  de  la  rue  et  duquai  deFragni-f.  Id 608 

Vue  du  quai  de  la  Balte.  A.  Numans.  E.  Flatau  .     .  60f) 

Vue  prise  des  Prés  St-Uenis.WAUTEKS.  Allas  piiioi .  60y 

Vue  prise  de  St-Gilles.  Heintz.  CiîMinn  ....  609 

Plan  partiel.  Bavet,  Palante 610 

Vue  du  quaide!;i  Batte.  BoRnEM.\Ns.  La  Uelg.en  1841.  610 

IMan  complet.  PiENNER,  Bclgien  and  l.uxenibnnrg     .  611 

Id,             Carte  de  Belgique 61 1 

Id.  \}u.sKV\.  Guide  dans  i  lige  .  .     .  275 

l'ian  du  cours  de  la  Meuse.  Dubois.  Mottahd  et  DE 

Bassompieure.  Exposé,  etc 275 

Vue  du  Marché.  BuTTUiiA .  6iii 

Vue  de  la  pl.St-Lamb.  L.CLKRcGuidc  du  voy.  en  Eur.  612 

Vue  de  la  rue  tiaraal.         Id.                   Id.     .     .     .  612 

Pian  complet  parcellaiie.  Bâyet 276 

Plan  du  cours  de  la  Meuse.   Léonard 276 

Plan  du  cours  de  la  Meuse  et  de  rOurtho.  Guillery. 

Rivières.  LOiirthe 6lo 

Vue  du  boulevard  de  la  Sauveniére.  La  Renaissance.  61  ;> 
Vue  prise  d'un  point  indéterminé.  Mendel.  Beding. 

Atlas  van  het  kon.  Relgic 6i-^< 

Vue  prise  de  la  Chapelle  du  Paradis.     Id.     Id.     Id.  614 

Vue  du  boulevard  de  la  Sauvenière,       Id.     IJ.     Id.  614 

Vue  de  la  rue  Hemricourl.ToovEY.  Belgique  industr.  614 

Vue  prise  du  plan  incliné. Ghemak.  La  Belg.  monum.  615 

Vue  du  pont  des  Arches.  Stroorast.          Id.  615 

Vue  prise  de  Pierreuse.  Foi;rsiois.  La  Belg.  commun.  615 

Vue  prise  du  plan  inclini<.W.\!  TF,K?.A.r,',  iWl.deln  Belg.  6I'i 

Vue  '!i!  [jont  des  Arrhes.          hi.                  Id.             .  tilti 

(*)  C'est  le  n"  5;'.  fin  dcuxièuie  suppl-'incnt. 


130  53* 

id.? 

131  84 

1840 

132  54b  i'^ 

id. 

133  54t«'- 

id. 

134  55 

1840? 

135  53^i^ 

id.? 

136  55*6'- 

id.? 

137  55* 

id,? 

138  55-' 

id,? 

139  55" 

id.? 

140  55' 

id.? 

141  58» 

id. 

'42  55» 

id.? 

143  55'» 

1841 

144  55" 

id. 

145  55'- 

id. 

146  85«' 

id.? 

147  56 

1842 

148  57 

id. 

149  57 1"- 

id.;^ 

150  57>-"' 

id.? 

151  57* 

id,? 

152  58 

1843 

15:5  59 

id. 

155  59!'-' 

id. 

156  59* 

id. 

157  .50'' 

id. 

1.^8  59* 

id. 

159  59' 

id. 

160  59» 

id. 

161  59" 

1844 

162  ri9'» 

id. 

163  59»' 

id. 

164  59" 

id. 

165  59«" 

•  id. 

713  — 


Pages 


166  59" 


1844 


167  89" 

id 

168  59'» 

id 

169  62 

id 

170  60 


1845? 


171  61 

id. 

172  eiL'i- 

id.? 

173  61'e' 

id.? 

174  61* 

id.? 

175  61" 

id.? 

176  61' 

id.? 

177  61' 

id.? 

178  61» 

id.? 

179  61' 

id.? 

180  61" 

id. 

181  61" 

id.? 

182  61" 

id.? 

183  61«î 

id.? 

184  62bis 

1846 

185  62te. 

id. 

186  62' 

id. 

187  62' 

id. 

188  62» 

id. 

189  62' 

id. 

190  62» 

id. 

191  62''(«) 

1847 

192  62'»  (') 

id. 

193  62««(') 

id. 

194  62"  (») 

id. 

193  62"  0 

id. 

196  62" 

id.? 

197  62*' 

id. 

198  62»« 

1848 

199  62»' 

id. 

200  62»»  >'"•: 

id. 

201  62>»;'.i 

id. 

Vue  du   boulevard  de  la  Sauvenière.  Wauters.  Les 

délices  de  la  Belgique. 
Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Id.  Id 

Vue  pr.  du  pont  de  la  Boverie. Carie  pitt.  des  ch.  def. 
Plan  complet  avec  les  environs.  Mohren.  (Conces 

sions  de  mines  de  houille.) 

Plan  du  cours  de  la  Meuse.  Franck.  De  la  dérivation 

de  la  Meuse 

Plan  complet.  Id.  Id 

Id 

Vue  du  Marché.  Bindels  .... 
Vue  du  quai  d'.Wroy.  Id.  .  .  . 
Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Id.  . 
Vue  du  boulevard  de  la  Sauvenière.  Id 
Vue  du  pont  des  Arches.  Id.  . 
Vue  du  pont  de  la  Boverie.  Id.  . 
Vue  du  pont  des  Arches.  Id.  .  . 
Plan  complet.  BAËDEKER.Be/jî'e»,  Handbuchlein,ete 
Id.  FERHlER.Gw/de ///.  du  voyaçieur  en  Belgique 
Vue  du  pont  des  Arches.         Id.  Id. 

Plancompl.BoYCE  et  Richard.  Man.du  voy.en  Belg 
Vue  pr.  du  plan  incliné.  Ignace  KuRANDA.Be/<72e,etc 
Vue  du  pont  des  Arrhes.  Id.  Id. 

PI.  complet.  DuPLESSY  et  Landoy.  Nouv.  guide  indisp 
Vue  de  la  place  du  Théâtre.     Id.  Id.     . 

Vue  du  pont  des  Arches.  Id.  Id.     . 

Vue  du  boulevard  de  la  Sauvenière.  Id.      Id. 
Vue  de  la  place  de  la  Cathédrale.        Id.      Id. 
Plan  complet.  Rubens.  Handbuch  fur  reisende 
Vue  de  la  place   du  Théâtre.     Id.  Id. 

Vue  du  pont  des  Arches.  Id.  Id. 

Vue  du  boulev.  delà  Sauvenière.  Id.  Id. 

Vue  de  la  place  St-Paul.  Id.  Id. 

Plan  des  environs  du  Palais.  Van  Der  Rit,  . 
Plan  du  cours  de  la  Meuse. IIouBOTTE.Pco/etd'amé/jor 
Id.  Dandelin,  Esquisse  d'un  projet  d'amélior 
Vue  pr.  du  plan  incl.Gfude  de  t'éir. — hEy.Guide  pit 
Vue  du  boulevard  de  la  Sauvenière.  Id.  IJ.  Id 
Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Id.     Id.       Id 


(.IV  t.viii  t.xm 

616 
617 

617 


278 

277 
277 


617 
618 
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336 
337 
337 
337 
337 


623 
623 
624 
626 


338 
339 


(')  C'est  len»  ti2i<'»du  deux!(!nie  supplément.  —  (*)  C'est  le  n"  62'ti'  d,,  deuxième  suppl' 
(')  C'est  le  n"  62'                        id.                  —  (*)  C'est  le  n"  62''  id. 

C)  C'est  !e  n»  62"  id.  —  (*)  C'est  le  n"  79''>^^'-  id. 

(')  C'est  le  n"  79*  id. 


20a  63"^"^ 

id.? 

•204  63te> 

id.? 

•208  64 

i851 

714  — 


^  ^  ë.     ^ 

t.IV  t.VIIt  t.XIII 

•20!2  63  IS.HO       Plan  complet.  Renier.    Guillkaime.  Nouveau  guide 

dans  ta  ville  de  Liège 278 

Vue  du  pont  des  Arches.  Bindlls.  (Carte  d'adresse.)  626 

Vue   du  Marché.  A.  F 626 

Plan  complet.  Vandermaelen.  Mémoire  sur  ta  station 

de  Lon^doz,  elc 278 

'206  65  id.         Plan  du  cours  de   la   Meuse.  Rorguet.  Des   moyens 

les  ptus  éco?iomiq lies,  elc 279 

-07  66  id.         Plan  complet.  Gai.opin.  Notes  pnbl.  à  l'occasion,  e'c.  279 

208  67  1852  Id.  Avanzo.  (Dérivation.) 280 

-09  68  id.        Vue  prise  du   pont  du   Val-Benoit.  Elien  Wardy. 

Guide  du  voyageur 280 

"2i0  69  id.?       Vue  prise  de  la  Citadelle.  r.ANELLB 280 

211  69W»  id.?       Vue  du   boulevard  delà  Sauvenière.     Id.     .     .     .  626 

:î)2  69t<''  id.         PI.  complet.  R\CHki\D.Guidepiti.du  voyag.  en  Belg.  627 

213  70  1853  Id.        Avanzo .281 

214  71  id.  Id.       avec  les  environs. Vandermaelen.  Grande 

carte  topographique  de  la  Belgique 281 

"215  72  id.  Id.  id.  F.  de  Bruyne     .     .     .281 

:il6  72l'i>  1854      Plan  du  chemin  de  fer  de  ceinture.   Rome,  Chemin 

de  fer  hollando-belge 627 

^17  73  id.        Plan  du  cours  de  la  Meuse.  Egout  latéral.    Bapport 

de  la  Commission 281 

'218  74  id.        Plan  des  environs  du  pont  d'Amercœur.  ifecoMsirwc- 

tion  du  pont  d'Amercœur 282 

219  74'''-  id.         Plan  des  faubourgs  Si-Léonard  et  Vivegnis.  Mémoire 

de  la  Société  de  la  Vieille-Montagne 337 

"220  74'"»  id.         Plan  d'une  partie  du  faubourg  Si-Léonard.       Id.     .  338 

221  74*  id.        Plan  du  quartier  de  l'Ile.   Egouts.  Bapport,   etc.     .  628 

222  75  1855  PI.  du  cours  de  la  Meuse.GRASs.  i>/od//ic.pro/>05.,etc.  282 
î!23  76  id.  Id.  Id.  Id.  .  .  .  283 
•224  77                id.                        Id.                        Id.                Id.    .     .     .  283 

•225  771"-  id.         Vue  prise  de  la  Citadelle. Cjorfe  sur /es /;ori/s  du  R/i!w.  628 

226  78  id.        PI. compl.  avec  les  eav.SPLiNGARD.. Wém.  S!»- j<Mp/o;.  284 

227  78''i"  id.         Plan   du   port   de   Cheravoie.    Schmit.  Bapport  sur 

l'exploitation  en  régie,  etc •  628 

228  78t«'  1856       Plan   du   faubourg  St-Léonard.   2«    rapport   de  la 

Commission.  (Egout  latéral. j 629 

•229  78*  id.         Plan  du  quartier  de  l'Ile.         Id 630 

■230  78"  id.         Vue  prise  de  la  Chartreuse.  Stroobanï,  Journal  de» 

dames  et  des  demoiselles 630 

1*3»   79  id.         Vue  prj.se  df:  la  Citadelle.  Bindels 630 


—  715  ~ 

Paze« 


UV  t.VIlt  t.XIIf 

Vue  du  Marché.   Bindels 634 

Vue  de  la  place  St- Lambert.         Id 634 

Id.  de  l'Université.     Id 634 

Id.  du  Théâtre.  Id 634 

Id.  id.  Id 632 

Id.  de  la  Cathédrale.  Id 632 

Id.  St-JHcques.  Id 632 

Vue  du  boulevard  de  la  Sauveniëre.       Id.     .     .     .  632 

Id.  Id.     .     .     ,  632 

Vue  du  pon(  des  Arches.     Id 633 

Vue  du  pont  de  la  Boverie.  Id 633 

Vue  du  quai  de  la  Batte.      Id 633 

Plan  de  la  rive  gauche  avec  les  environs.  G.  Dumont. 

Des  eaux  alimentaires 284 

Plan  complet  avec  les  environs.            Id.            Id.  285 
Plan  du  quartier  de   la  Madeleine.  Remont.  Recons- 
truction du  pont  des  Arches 285 

Plan  des  abords  du  pont  des  Ar.bes.        Id.        Id.  285 
Id.  Id.        Id.  286 

Plan  du  chemin  de  fer  des  Guillemins  à  Herstal. 

Rapport  de  la  Commission  spéciale 633 

Vue  prise  de  la  Citadelle.  E.  Texier.  Voyage pittor. 

en  Hollande  et  en  Rel'jique 634 

Plan  du  quartier  de  la  Madeleine 286 

Id.  HOUBOTTE.      .      .   286 

Plan  de  la  rive  gauche  de  la  Meuse.  (Egouts.)  Blonden. 

Rapport  fait  au  Collège 287 

Pian  complet.  Morel.  La  Meuse  belge 634 

Id.  ÂVANZO.  (Dérivation.)    ....  28T 

Id.  Id 288 

Id.               Weale  's  handbooks     ....  635 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Blonden.  Rapport  sur  le 
projet  de  station  centrale 288 

259  92  id.        Plan  du  quartier  du  Nord  avec  les  environs.  G.  Du- 

mont. Rapport  sur  les  eaux  alimentaires    .     .     .  288 

260  93  id.        Plan  du  quartier  de  la  Madeleine.  Neuville.  (Abords 

du  pont  des  Arches.) 289 

Id.  Id 289 

Id.  Houbotte.        Id 635 

Plan  de  la  place  du  Théâtre.  E.  Noblet    ....  636 

Plan  complet.  J.  Coune.  V.  Renard.     .....  289 

Id.     BaedëKër.  La  Belgique  et  la  Hollande.  290 


^32  79')''* 

4856 

233  79t«' 

id. 

■234  79* 

id. 

235  79» 

id. 

236  79» 

id. 

237  79' 

id. 

238  79' 

id. 

239  79» 

id. 

240  79"' 

id. 

241  79'» 

id. 

242  79«' 

id. 

243  79" 

id. 

244  80 

id. 

245  84 

id. 

246  82 

id. 

247  83 

id. 

248  84 

id. 

249  84bi^ 

1857 

250  84ter 

id. 

251  85 

4858 

252  86 

id. 

253  87 

id. 

254  88 

id. 

255  89 

id. 

256  90 

id. 

257  goi^it 

4859 

258  91 

id. 

26  i  94 

id. 

262  94i''s 

id. 

263  94ter 

id. 

264  95 

id 

265  96 

id. 

—  716  — 


t.TV  t.VUI  t.XIII 

266  97  1860      ï>\an  comp\cl.  Dossï:hky.Nou v.  carte  de  la  Belgique.  i9Q 

267  98  id.        Vue  pr.du  quai  des  Tanneurs.  DELHAXHE.(Carled'adr.)  290 

268  98'"^  id.        Plan  complet.  Du  Pays.  Itinéraire  descriptif  .     .     .  636 

269  99  id.  Id.     parcellaire.  Blonden 290 

270  99^'^  id.  Id.     Stevens.C/î.  de  f.  liég.-limbour.-holl. -belge.  636 

271  dOO  id.         Plan  des  environs   de   l'écluse    de   la  Fonderie  de 

canons.  Blonden 638 

272  lOt  id.        Plan  du  quartier  des   près  St-Denis,  etc.  Blonden. 

Pont  sur  la  Meuse,  etc 638 

Plan  complet  parcellaire.  Blonden 339 

Id.  id.         cadastral 340 

PI.  des  env.  de  la  pi.  Noiger.  Dégag.  de  l'hôtel prov.  639 

Id.  Blonden.  id.     .     .     .  640 

Id.  Dewandre.  Id.     .     .     .  641 

Plan  des  terrains  de  l'hospice  des  aliénés.  Mélotte. 

Création  d'un  nouveau  quartier 340 

Croquis  de  la  ville.  (Station  intérieure) 641 

Plan  des  en virous  de  la  station  de  Longdoz.  (Id.)  642 

Vue  du  couvent  des  Filles  de  la  Croix.  Lallement. 

CriEMtTTi 642 

Plan  du  parc  de  la  Boverie 642 

Plan  des  terrains  du  béguinage  Sl-Christophe     .  643 

Plan    des  boulevards   et  du  quai  d'Avroy.  Blonden. 

Projet  de  voies  spéciales 643 

285  104*  id.         Plan  du  parc  de  la  Boverie.  PiEMONT.  Projet  de  créer 

un  jardin  d'acciimatalion,elc 644 

Id.  Id.  Id.     .  644 

Plan  complet.  E.  d'Auriac.  Nouv.  guide  général,elc.  341 

Douze   plans    de  rues.    (Expropriations.)  Blonden. 

(Kapporl  de  Clochereux.) 341 

Plan  complet.  Ch.  Wigny 342 

Id.       Severeyns 343 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Inel.  (Projet.).     .     .     .  644 

Id.     MuLKAY.     (Id.) 646 

Id.        Id.  (Id.) 646 

Id.     Blonden.  Projet  d'appropr.  des  terrains.  646 

Id.  Id.  Id 646 

Id.  Id.  Id 647 

Id.  Id.  Id 647 

Id.  Id.  Id 647 

Id.  Id.  Id 648 

Plan  du  quartier  d'Avroy  et  du  Centre.  (Ile  de  Com- 
merce.) MuLKAY.  Appropriation  des  ter<ains     .     .  (j48 


273  102 

1861 

274  103 

id. 

275  103bis 

id. 

276  103ter 

id. 

277  d03* 

id. 

278  104 

■1862 

279  104bi'' 

id.? 

280  104'" 

id.? 

281  104* 

id.? 

282  104" 

id.? 

283  lOi" 

id.? 

284  104' 

1863 

286 

104» 

id. 

287 

105 

1864 

288 

106 

1865 

289 

107 

id. 

290 

108 

1866 

291 

id.? 

292 

id. 

293 

id. 

294 

1867 

295 

Id. 

296 

id. 

2&7 

id. 

298 

"   id. 

299 

•  -id. 

300 

id. 

—  717  — 


Page^ 


304 


1867 


302 

id. 

303 

id. 

304 

id. 

305 

1868 

306 

1869 

307 

id. 

308 

id. 

309 

id. 

310 

1870 

311 


312 

id. 

313 

1871 

314 

id. 

31S 

id. 

316 

id. 

317 

id. 

318 

id. 

319 

id. 

320 

id. 

321 

id. 

322 

id. 

323 

id. 

324 

id. 

32S 

id. 

326 

id. 

327 

id. 

328 

id. 

329 

id. 

330 

id. 

331 

id. 

332 

id. 

333 

1872 

334 

id.? 

335 

id. 

336 

id.? 

337 

)873 

Plan   des  environs  de  l'hôpital  de  Bavière.  Ualkin 

Rapport  de  la  Commission  spéciale   .... 
Id.  Umé.  id. 

Plan  du  quartier  des  Vennes.  Mulkav  et  Umé.  Avatu 

projet  d'emplacement,  elc 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Halkin 

Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Bindels    .... 
Plan  de  l'île  de  Commerce.  Orban-Lauarche.     . 

Plan  complet.  Srvereyns 

Croquis  de  la  ville.  (Ch.  de  fer  américain.)  Marmont 
Vuepr.  du  quai  de  l'Université.  ROZEZ.  Nouv.  carte  ill 
Croquis  de  la  ville.  Marcellis.  Sur  t appropriation 

de  l'île  du  Commerce 

Plan  des  environs  de  la  place  du  Théâtre.  Protin 

Ouverture  des  bains  St-Michel 

Pl.des  ter.  de  l'hosp. des  aliénés. Prof^d^^concoMr5, elc 
Plan   du   quartier  d'Avroy.    Hamal.    Exposé  de  la 

défense  des  charbonnages,  etc 

Plan  complet.  Gnusé.  Vanderm\elen 

Id.         G.  DUMONT.  Des  affaissements  du  sot 


Id. 
id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

id. 

Id.  Id 
Id.  Id 
Id.  Id 


Plan  du  faubourg  St-Laurent 
Id. 
Id. 
Plan  du  faubourg  Vivegnis. 
Plan  de  la  rue  Basse-Wez 
Plan  du  quartier  de  Fragnée 
Plan  du  faubourg  Ste-Marguerite.  Id. 
Plan  des  environs  de  Bressoux.     Id. 
Plan  d'une  partie  du  faubourg  St-Laurent. 

Id.  St-Gilles. 

Plan  des  environs  de  la  prison. 
Plan  des  quartiers  d'Avroy  et  de  la  Boverie. 
Plan  des  environs  du  Jardin  botanique. 
Plan  des  environs  du  pont  du  Val-Benoit. 
Plan  du  faubourg  Ste-Walburge. 
Plan  des  environs  de  la  rue  de  l'Ouesi. 
Plan  des  environs  du  faubourg  St-Gilles. 
Vue  du  pont  des  Arches.  Doms.  L'illustr.  européenne 
Plan  partiel.  (Chemin  de  fer  américain.)  Vossen  , 

Plan  linéaire.  Hahn 

Plan  complet.  Severeyns 

Plan  des  environs  de  la  rue  de  Waremme.  Société 
anonyme  liégeoise  des  maisons  ouvrières 


Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


665 


718 


H«Kes 


338 

1873 

339 

id. 

340 

id. 

34i 

id. 

342 

id. 

343 

id. 

344 

id.? 

345 

1874 

346 

id. 

347 

id. 

348 

id. 

349 

1875 

3S0 

id. 

3S1 

id. 

332 

id. 

3S3 

id. 

3S4 

id. 

3S5 

id. 

356 

id. 

357 

id. 

358 

id. 

359 

id. 

360 

id. 

36  i 

id. 

362 

id. 

363 

id. 

364 

id. 

365 

id. 

366 

id. 

367 

id. 

368 

id. 

369 

id. 

370 

id. 

371 

1876 

372 


373 

i'-. 

374 

id. 

375 

id. 

Plan  de  1»  rue  Kinet.  .Sue.  an,  tiêy.  des  maisons  ouvr. 
Plan  de  la  rue  de  Meuse.  Id.     .     .     .     . 

Plan  de  la  rue  de  Mulhouse    .  Id 

Plan  du  quartier  du  Bas-Laveu  .         Id 

PI.  compl.  Plantenga.  Belgie  tntl  de  reizen  lot  Parys. 
Vue  prise  de  Kinkempois.  RozEZ.  Atlas  de  la  Belgiq. 

Vue  du  Marche.  Hasserz 

Plan  du  boui.  de  Saulcy.  Chandelon  et  De  Koninck. 

Rapport,  etc.     . 

Plan  complet.  DosiERAY 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Blonden 

Id.  Id 

Id.  Lambert  Demany  .     .     . 

Plan  de  la  partie  sud  de  la  ville.        Id 

Plan  complet.  Oecq 

Plan  des  environs  de  la  caserne  St-Laurent.  Union 

des  charbonnages.  Réponse 

Id  Id. 

Id.  Id. 

Plan  d  une  partie  du  faubourg  St-Laurenl.  Id. 

Plan  des  environs  du  faubourg  Sle-Marguerite.     Id. 

Plan  d'une  partie  du  faubourg  St- Gilles.  Id. 

Id.  St-Laurent.  Id. 

Id.  Vivegnis  et  environs.      Id. 

Plan  du  faubourg  Ste-Walburge.  Id. 

Plan  des   environs   de  la   rue   de   l'Ouest.         Id. 

Plan  du  quartier  d'Avroy.  W. 

Id.  Id. 

Plan  des  environs  du  Jardin  botanique.  Id. 

PI.  des  f.  St-Gilles,  St-Laurent, Slt;-Marguorite,etc.  Id. 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  De  Moor 

Plan  du  quartier  du  Chafour.  Borguet 

Plan  complet.  Severeyns 

Plan  des  environs  de  la  rue  Léopold 

Id.  

Plan  des  terrains  entre  les  quai.s  de  l'Industrie  et  de 

la  Boverie.  Mulkay 

Plan  des  environs  de  la   rue  Féronstrf'c.  G.  Garvin 

et  0.  Brixhe-Steinbach 

Id.  Id.  Id. 

Plan  des  environs  de  la  rue  de  Waremme.  Société 

anonyme  liigeoise  des  maisons  ouvrières 
Plan  de  la  rue  Kinei.  Id 


t.  XIII 

665 
666 
666 
666 
667 
667 
667 

668 

m 

670 
671 
671 


672 
672 
673 
673 
674 
674 
676 
'67S 
é76 
676 
6^6 
677 
677 
678 
678 
679 
679 
680 

680 

681 
682 


719 


4876 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
1877 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
:d. 
id. 
id 
id. 
id. 

1878 
id. 
id. 


Plan  de  la  rue  de  Meuse.  Soc.  an.  liég.  des  mais,  ouvr 

Plan  de  la  me  de  Mulhouse.  Id. 

Plan  du  quartier  du   Bas-Laveu.  Id. 

Plan  de  la  cilé  de  Cornillon.  Id. 

Plan  de  la  cité  de  Bas-Rhieux.  Id. 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Claesen.     .     . 

Id.  Blonden.  Claesen 

Vue  de  la  place  du  Théâtre.  Straus.  Souvenir  de  Liège 

Vue  du  pont  des  Arches.  Id. 

Vue  de  la  ville  prise  de  Sl-Martio. 
Id.  prise  de  la  Citadelle. 

Vue  du  boulevard   de   la  Sauvenière 

Vue  du  Marché. 

Vue  du  Jardin  d'acclimatation. 

Vue  du  quai  de  la  Batte. 

Vue  du  pont  de  Commerce. 

Plan  complet.  Jourdain.  Guide-album  du  voyageur 

Vue  de  la  ville  prise  de  Kinkempois.      Id.  Id 

Plan  de  la  rue  Léopold  et  envir.  (Terrains  à  vendre. 

Plan  complet.  Severeyns 

Id.  Du  Pays.  Guides-Diamant.  Belgique 

Id.  (Plan  à  aflicher.) .     ..... 

Plan  de  l'île  de  Commerce.  Cahier  des  charges  poui 
la  vente  des  terrai7u 


Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
id. 
Id. 


Id. 
Plan  de  la  rue  Latour. 
Plan  des  boulev.  du  Saucv  et  de  la  Coristitiition 


id. 
id. 


Plan  de  la  rue  Fond-Pirelte. 

Plan  de  la  rue  des  Champs. 

Plan  de  la  rue  Hullos. 

Plan  du  quai  des  Pêcheurs. 

Plan  de  la  rue  Firket. 

Plan  de  la  rue  Féronstrée   et  environs.  G 

Assainissement,  etc 

Plan  de  la  rue  Léopold  et  envir.  (Terrains  à  vendre. 
Plan  d'une  partie  de  la  Boverie.  Mulkay     .     .     . 
Plan  des  quartiers  des  Vennes  et  de  Fétinne.  Blonden 

Projet  de  construction  de  ponts,  etc. 


Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Id 
Garvin 


'tr-'SZr  i- 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


Page525.  Dans  cette  page,  les  ii-  101,  283,  26,  72,  233,  255  et 
404  doivent  être  respectivement  remplacés  par  les 
n-  108,  290,  5,  79,  261,  260  et  412. 
»  530.  La  4"  ligne  en  remontant  doit  être  placée  la  dernière. 
»  536.  Ligne   4  en  remontant  :  Intercaler  les  mots  : 

Larg.  O-^ôS,  haut.  0"'\9. 
I)  539.         n     S.  Xiouter:  Compleete  zakratlas  van  de  Zeven- 
tien  Nederlandsche  provinciën^  etc.  Ams- 
terdam.   Elwe   et  Langeveld.   1786.    Un 
volume  in  8°.  N°  28. 
»  558.        T>  23.  N"  225.  Ajouter  en  note  :   Ce  numéro  et  les 
suivants  sont  ceux  dunumérotagegénéral. 
»  586.         »     4  en  remontant.  Ajouter  en  note  :  Cette  des- 
cription remplace  celle  du  premier  travail. 
»  589.         »  21.  Ajouter  en  note  :  Cest  le  n°  22  du  premier 

travail. 
»  644.        »  dernière.  N°  29J .  Ajouter  en  note  :  Ce  numéro 

et  les  suivants  sont  ceux  du  numérotage  général. 
T>  709.  Ajouter:  53*".  56""".  1725.  Plan  compte/. Bodenehr. 
Force  d'Europe,   en  allemand.  Page  r)4  di.i  premier  travail. 
(La  note  8  se  rapporte  à  ce  n".) 
Le  n''26**^'' devient  26*. 


TABLE     DES     MATIERES 


DU     XIII*     VOLUME. 


Statuts  constitutifs v 

Tableau  des  membres xi 

J.  DE  Chestret.  Jean  de  Wilde i 

J.-G.  ScHOONBROOD.  Miscellanées 21 

N.  Henrotte.  Ancien  plan  et  vue  de  la  ville  de  Liège 85 

Ph.  de  Limbourg.  Fouilles  de  Juslenville,  cinquième  rapport 89 

N.  Henrotte.  Pierres  sépulcrales  de  JenefFe 118 

A.  Kempenekrs.  La  torabede  Blehen 422 

D.  Van  de  Casteele.  Fonts  baptismaux  à  Huy,  à  Seraing  et  à  Esneux.     .     .  195 
D.  Van  DE  Casteele.  Sur  l'Orphée  aux  enfers  de  Gérard  Lairesse  ....  215 
Jules  Helbig.  Les  châsses  de  Saint  Domitian  et  de  Saint  Mengold  à  Huy.     .  '221 
•l.-S.  Renier.  Lambert  Suavius,  de  Liège,  graveur  en  taille  douce,  typographe- 
éditeur,  peintre,  poète  et  architecte 245 

Hugo  loeksoh.  Traité  de  paix  conclu  entre  Hugues,  abbé  de  Stavelol  et 

M;.lmeJy,  et  Jean,  seigneur  de  Scbieyden,  le  18. juin  1350.  327 

.■» Age  des  villas  et  luœulus  romains  de  la  Hesbaye 333 

Albîn  Body.  De  la  Noue  Bras  de  fer  au  château  de  Limbourg 359 

(■aumartin.  Tongres  et  Honthem 371 

.J.  Demarteac.  Saint-Lambert,  V.' en  vers 383 

4.  Dejardin.  Troisième  supplénifit  aux  Recherches  sur  les  cartes  de  la  prin 

cipautè  de  Lié^t- 521 


—  722  - 

PLANCHES. 

Pages. 

Planche       I.  Extrait  du  plan  intitulé  Bassin  de  Theux 98 

r          II.  Pierre  tombale  d'ErraenIrus,  dame  de  Geneffe H8 

»         m.  Pierre  tombale  de  Maroie,  dame  de  Geneffe,  épouse  du  Sagnor 

Butor H8 

IV.  Tombe  de  Blehen 126 

»           V.  Fouilles  de  la  tombe  de  Blehen ' .     .     .     .  426 

»         VI.  Famille  de  Blehen,  armoiries. 190 

»        Vil.                Id.                   id 190 

V       VIII.  Fonts  baptismaux  de  l'église  Notre-Dame  à  Seraing  ....  190 

>          IX.  Fonts  baptismaux  de  l'église  St-Pierre  à  Huy 190 


GETTY  CENTER  LINRARY 


3  3125  00672  1142